📋 Plan du Cours
- Mers et espace, nouveaux espaces de conquête
- Enjeux scientifiques, militaires et économiques
- Ressources marines et pêche hauturière
- Droit de la mer, de mare liberum à Montego Bay
- Traité de l’espace et principes juridiques
- Guerre des étoiles et tensions spatiales
- Acteurs émergents et montée en puissance
- Chine et conquête spatiale
- Souveraineté chinoise et revendications maritimes
- Collier de perles et stratégie d’accès aux routes
- Mer de Chine méridionale, rivalités et points chauds
- Gouvernance de la haute mer et biodiversité au-delà
📖 1. Mers et espace, nouveaux espaces de conquête
🔑 Notions clés & Définitions
- Vision géostratégique : Approche des relations internationales qui relie la puissance d’un État à sa capacité d’influence et d’expansion à l’échelle mondiale.
- Espace extra-atmosphérique : Espace situé au-delà de l’atmosphère terrestre, devenu un théâtre d’affirmation scientifique, militaire et économique.
- Triade océanique : Découpage du monde en trois grands océans, utilisé pour structurer la compréhension géographique à l’échelle mondiale.
- Bureau hydrographique international : Institution internationale chargée de la reconnaissance et de la normalisation des données maritimes, dans la continuité de la SDN.
- Nodules polymétalliques : Agglomérats riches en métaux situés sur les fonds marins, susceptibles d’alimenter une future exploitation minière.
📝 Points essentiels
- Après la domination des espaces terrestres, les mers et océans puis l’espace extra-atmosphérique deviennent des espaces majeurs de rivalités et de tensions internationales.
- Les logiques géopolitiques de l’océan et de l’espace sont présentées comme des prolongements de l’organisation multipolaire terrestre.
- La Chine est décrite comme une puissance de premier plan dans ces deux domaines, avec un rattrapage économique, technique et stratégique au début du XXIe siècle.
- La conquête spatiale s’inscrit dans l’histoire de la connaissance de l’univers, avec des jalons comme Copernic, Galilée et Newton.
- Les missiles à longue portée apparaissent au début du XXe siècle en Russie et en Allemagne, puis sont réorientés vers des usages civils et scientifiques dans les années 1950-1960.
- La conquête spatiale est associée à des étapes clés : orbite en 1957, vol habité en 1961, premier pas sur la Lune en 1969, puis limites liées aux distances du système solaire et au caractère immense de l’univers.
💡 Astuce mémo
Terre→Mers→Espace : même logique de puissance, nouveaux terrains de rivalité.
📖 2. Enjeux scientifiques, militaires et économiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Mare liberum : Principe juridique attribué à Grotius selon lequel les mers sont ouvertes à la navigation.
- Mare claustrum : Idée issue de conférences internationales qui tend à encadrer l’accès aux mers par des règles territoriales et de gestion.
- Plateau continental : Notion du droit de la mer qui désigne un espace sous-marin dont l’exploration et la cartographie progressent avec les techniques.
- Traité de l’espace (1967) : Traité-cadre signé en 1967 qui définit l’espace extra-atmosphérique et fixe des règles de non-appropriation et de paix.
- Traité de 1979 sur la Lune : Traité qui considère la Lune comme un espace non appropriable et s’inscrit dans la continuité du traité de 1967.
📝 Points essentiels
- Les progrès techniques transforment océans et espace extra-atmosphérique en ressources stratégiques, combinant opportunités militaires et potentialités économiques.
- L’appropriation des espaces maritimes commence aussi par leur dénomination, car des mers, détroits ou îles peuvent faire l’objet de litiges malgré un consensus sur les océans.
- Les conventions de 1958 (liées notamment à la pêche) contribuent à définir mer territoriale, haute mer et plateau continental.
- Le traité de l’espace de 1967 interdit l’installation d’armes nucléaires ou de destruction massive en orbite, tout en laissant des usages militaires et commerciaux possibles.
- Le traité de 1967 pose trois principes : liberté d’explorer, liberté d’utiliser et principe de recherche scientifique.
- Le traité de 1979 sur la Lune qualifie la Lune de res nullius, donc non appropriable, et n’est signé que par une poignée d’États (avec États-Unis, Russie et Chine cités comme exceptions notables).
💡 Astuce mémo
Océan + espace = même logique : techniques → stratégie (militaire) + valeur (économie), puis droit → appropriation disputée et négociée.
📖 3. Ressources marines et pêche hauturière
🔑 Notions clés & Définitions
- Pêche hauturière : La pêche hauturière désigne la capture de poissons au large, loin des côtes, nécessitant des moyens et une organisation adaptés.
- Ressources marines : Les ressources marines regroupent les espèces et ressources exploitables de l’océan, dont la disponibilité dépend des milieux et des pressions humaines.
- Cosmodrome : Un cosmodrome est une base de lancement d’engins spatiaux, dont la localisation et le rôle s’inscrivent dans une logique géographique et géopolitique.
- New Space : Le New Space désigne l’essor d’acteurs privés qui complètent ou remplacent partiellement l’action des États dans l’accès à l’espace.
📖 4. Droit de la mer, de mare liberum à Montego Bay
🔑 Notions clés & Définitions
- Mare liberum : Notion juridique du droit de la mer qui défend l’idée que les espaces maritimes doivent rester libres d’accès pour tous.
- Sea power : Concept géostratégique qui désigne la capacité d’un État à contrôler la mer et à y projeter une influence, directement ou indirectement.
- Porte-avion : Navire de guerre conçu pour projeter et appuyer des avions de chasse depuis un pont d’atterrissage en haute mer.
- Sous-marins lanceurs : Sous-marins équipés de missiles, utilisés comme outil de dissuasion nucléaire capable de frapper depuis les profondeurs.
- Cosmodrome de Baïkonour : Site spatial historique ouvert en 1956, devenu un lieu clé de coopération pour les missions habitées vers l’ISS.
📝 Points essentiels
- Le sea power vise à contrôler des points stratégiques comme détroits, îles et canaux, ainsi que les ressources et routes maritimes en cas de rivalité ou de conflit.
- Le sea power peut s’exercer directement par des forces propres ou indirectement via d’autres nations ou des institutions internationales.
- La domination maritime est renforcée par la maritimisation des économies : l’approvisionnement en matières premières et l’essentiel des exportations passent par la voie maritime.
- Le porte-avion sert de base flottante mobile en haute mer, sans violer la souveraineté d’un État lorsqu’il se trouve dans les eaux internationales.
- Les porte-avions sont accompagnés de forces de protection, notamment sous-marins et frégates/destroyers, formant une task force.
- Les sous-marins lanceurs et SNLE constituent un pilier de la dissuasion nucléaire : ils sont présentés comme capables de frapper n’importe quel État depuis les profondeurs.
💡 Astuce mémo
Sea power = Mer + Influence : contrôler routes et points clés, puis projeter (directement ou via alliances).
📖 5. Traité de l’espace et principes juridiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Traité de l’espace : Traité international encadrant l’usage pacifique et la coopération dans l’espace extra-atmosphérique.
- Station spatiale internationale : Projet orbital coopératif rassemblant plusieurs agences spatiales pour mener des activités en orbite.
- Skylab : Station spatiale américaine lancée pendant la guerre froide, destinée à des missions habitées.
- Mir : Station spatiale soviétique devenue la seule station habitable après la désintégration de Skylab.
- Soyouz : Vaisseau russe utilisé pour transporter des équipages vers la Station spatiale internationale.
📝 Points essentiels
- Les États-Unis et l’URSS ont d’abord rivalisé en orbite avec deux stations : Skylab côté américain et Mir côté soviétique.
- Skylab se désintègre en 1979, ce qui laisse Mir comme station habitable unique.
- Un projet de « station internationale » est proposé aux Européens, puis le traité est signé à Washington le 29 janvier 1984.
- Les États-Unis renoncent à une nouvelle station dès 1984 sous Ronald Reagan, en privilégiant la dimension balistique et militaire plutôt que la science.
- La participation russe est cruciale car les deux premiers caissons lourds, Zarya et Zvezda, sont mis en orbite par le lanceur Proton, et les équipages sont acheminés par Soyouz.
- Le cosmodrome de Baïkonour reste le point de décollage pour accéder à la station.
💡 Astuce mémo
Guerre froide → Rivalité (Skylab/Mir) puis Coopération → ISS (traité signé à Washington le 29 janvier 1984) avec Soyouz depuis Baïkonour.
📖 6. Guerre des étoiles et tensions spatiales
🔑 Notions clés & Définitions
- Station spatiale internationale ISS : La Station spatiale internationale est un laboratoire orbital habité, construit par plusieurs pays, pour mener des expériences en microgravité.
- Microgravité : La microgravité est un état où la gravité ressentie est très faible, permettant d’étudier le comportement de la matière dans l’espace.
- DECLIC : DECLIC est un dispositif utilisé à bord de l’ISS pour étudier la croissance et les liquides critiques.
- CARDIOMED : CARDIOMED est un programme de recherche mené pour mesurer l’impact d’un séjour en orbite sur le corps humain, notamment cardio-vasculaire et immunitaire.
- Convention des Nations unies sur le droit de la mer CNDUM : La CNDUM est un traité international qui fixe des règles pour l’organisation des espaces maritimes et la création de zones comme la ZEE.
📝 Points essentiels
- L’ISS a une masse d’environ 115 tonnes au début des années 2000 et atteint 420 tonnes en 2019, pour 108 m de long, 74 m de large et 30 m de hauteur.
- Le coût de l’ISS est estimé à 150 milliards de dollars, ce qui en fait un défi financier et surtout technique.
- La participation russe est centrale car les deux premiers caissons lourds Zarya et Zvevda sont mis en orbite par le lanceur Proton, et Soyouz transporte les premiers équipages.
- La NASA supervise les travaux et fournit notamment des poutrelles, des panneaux solaires, un module d’habitation et un laboratoire, tandis que l’ESA fournit Colombus et gère aussi l’informatique de la station.
- L’ISS réunit quinze pays, sans la Chine à cause de la méfiance américaine liée aux risques de transfert technologique, alors que la Chine développe Tiangong 1 puis Tiangong 2.
- Le projet a nécessité 140 lancements pour convoyer matériel et équipages, dont 91 assurés par la Russie, 37 par les États-Unis, 7 par le Japon et 5 par l’Europe.
💡 Astuce mémo
ISS = « Lego » orbital : Russie lance les briques lourdes (Zarya/Zvevda), NASA assemble et équipe, ESA ajoute Colombus, et la Chine reste à l’écart.
📖 7. Acteurs émergents et montée en puissance
🔑 Notions clés & Définitions
- CNDUM : La CNDUM est la convention issue de Montego Bay qui sert de cadre juridique et institutionnel pour la territorialisation des espaces maritimes.
- ZEE : La ZEE est une zone maritime où l’État riverain dispose de droits exclusifs d’exploitation des ressources, tout en laissant la circulation aux navires étrangers.
- Haute mer : La haute mer désigne les eaux internationales situées au-delà de la limite fixée par la CNDUM, hors souveraineté étatique directe.
- Tribunal international du droit de la mer : Le Tribunal international du droit de la mer est une juridiction créée pour trancher les différends liés à l’application de la CNDUM.
- Autorité internationale des fonds marins : L’Autorité internationale des fonds marins contrôle les activités relatives aux ressources minérales des fonds marins en eaux internationales.
📝 Points essentiels
- La CNDUM entre en vigueur en 1994 et organise la mer en trois zones distinctes : mer territoriale, ZEE et haute mer.
- La mer territoriale s’étend sur 12 milles marins et relève de la souveraineté de l’État riverain.
- La ZEE s’étend de 12 à 200 milles marins et donne à l’État riverain un droit exclusif d’exploiter les ressources, sans souveraineté politique.
- La liberté de circulation des navires étrangers est maintenue en ZEE.
- Au-delà de 350 milles marins, la haute mer correspond aux eaux internationales.
- La ZEE est présentée comme un compromis entre la non-appropriation et l’idée ancienne de liberté des mers, sous pression des pays du tiers monde pour protéger leurs ressources.
💡 Astuce mémo
ZEE = 12→200 : exploitation exclusive, circulation libre ; au-delà 350 : haute mer internationale.
📖 8. Chine et conquête spatiale
🔑 Notions clés & Définitions
- Tsien Hsue-Shen : Tsien Hsue-Shen est le fondateur de l’astronautique chinoise, formé au MIT et impliqué dans les programmes de fusées avant de poursuivre ses travaux en Chine.
- Lanceurs longue marche : Les lanceurs longue marche sont les fusées chinoises issues du développement de missiles à longue portée, utilisées ensuite pour les missions spatiales.
- Dong Fang Hong : Dong Fang Hong est le premier satellite chinois de télécommunication mis en orbite en 1970, diffusant un chant patriotique.
- Shenzhou : Shenzhou est le nom des stations et vaisseaux habités chinois, associé à l’idée de « vaisseau céleste ».
- Tiangong : Tiangong est le laboratoire spatial chinois qui sert de base aux expériences en orbite et à l’accueil de taïkonautes.
📝 Points essentiels
- La Chine devient une grande puissance économique et scientifique, avec un rôle majeur dans les dépôts de brevets et une adhésion à l’OMC en 2001.
- Le programme spatial chinois s’appuie sur Tsien Hsue-Shen, expulsé vers la Chine en 1955 après des accusations d’espionnage pendant le maccarthysme.
- Dès 1956, les autorités chargent Tsien Hsue-Shen de développer des missiles à longue portée à des fins militaires et civiles, à l’origine des lanceurs « longue marche ».
- Après la rupture avec l’URSS, une première fusée sonde est lancée en 1960 et les travaux portent sur des modèles de satellites et de lanceurs.
- En 1970, le satellite Dong Fang Hong est mis en orbite et diffuse le chant patriotique L’Orient est rouge.
- En 1975, la Chine envoie une première sonde récupérable, puis perfectionne ses appareils dans les années suivantes.
💡 Astuce mémo
Tsien → 1955 retour en Chine ; 1956 missiles ; 1960 sonde ; 1970 Dong Fang Hong ; 1975 sonde récupérable.
📖 9. Souveraineté chinoise et revendications maritimes
🔑 Notions clés & Définitions
- Ligne en neuf traits : La ligne en neuf traits est une revendication maritime chinoise qui sert de base à l’extension de sa souveraineté en mer de Chine méridionale.
- Taïwan : Taïwan est un territoire dont la Chine mobilise la question dans sa stratégie de gouvernance et de contrôle maritime.
- Îles Paracels : Les îles Paracels sont un archipel revendiqué par la Chine et le Vietnam, avec des arguments historiques et géographiques.
- Îles Spratleys : Les îles Spratleys sont un ensemble de récifs et hauts fonds au cœur de rivalités, où la Chine mène une politique d’artificialisation.
- Base de sous-marins d’Hainan : La base de sous-marins d’Hainan est une installation chinoise destinée à renforcer la dissuasion et la capacité de projection en mer proche.
📝 Points essentiels
- La Chine revendique une large partie de la mer de Chine méridionale via la ligne en neuf traits, en s’appuyant sur des droits historiques et une logique de gouvernance maritime.
- La Chine utilise aussi des moyens de pression concrets, notamment la force armée, pour soutenir ses revendications dans la région.
- En 1974, l’invasion des îles Paracels contre le Vietnam illustre l’usage de la force dans le cadre des revendications chinoises.
- En 2013, un traité est ajouté pour englober les îles Spratleys, ce qui élargit le périmètre revendiqué par la Chine.
- La Chine pratique l’artificialisation des îles Spratleys en remblayant et aménageant des hauts récifs et atolls pour créer des usages à la fois civils et militaires.
- Cette artificialisation est associée à l’expression « grande muraille de sable » et inquiète les États-Unis et les pays de la région depuis plusieurs années, selon le cours fourni.
💡 Astuce mémo
Ligne en neuf traits + sable artificiel = « contrôle par le périmètre puis par le terrain ».
📖 10. Collier de perles et stratégie d’accès aux routes
🔑 Notions clés & Définitions
- Collier de perles : Expression désignant la présence de la marine chinoise dans des ports d’Asie et du Moyen-Orient pour sécuriser l’approvisionnement pétrolier via des escales.
- BRI Belt and Road Initiative : Projet géostratégique chinois des « nouvelles routes de la soie » lancé à partir de 2013 par Xi Jinping pour faciliter les échanges mondiaux.
- ZEE : Zone économique exclusive définissant des droits d’exploitation au-delà de la mer territoriale, à partir de 200 milles marins.
- Maritimisation : Dépendance des économies des États aux mers et aux océans, visible notamment par l’essor des ports et des flux maritimes.
📝 Points essentiels
- Le « collier de perles » vise à sécuriser la route d’approvisionnement pétrolier en s’appuyant sur des ports considérés comme des « perles ».
- La BRI combine des routes maritimes et des ceintures terrestres de communication (routes et chemins de fer) pour relier Europe, Afrique et autres régions.
- La ZEE commence à 200 milles marins et sert de repère pour situer l’espace au-delà des juridictions nationales.
- La maritimisation se manifeste par l’augmentation des ports et par des échanges maritimes (importations de matières premières et exportations de produits finis).
- La Chine s’appuie sur une marine récente et moderne et sur une politique de revendication plus offensive, notamment en mer de Chine méridionale.
- La stratégie d’accès aux routes s’inscrit dans la montée en puissance régionale de la Chine en Asie-Pacifique avec des prétentions de plus en plus mondiales.
💡 Astuce mémo
Collier de perles = ports = perles, donc pétrole = route sécurisée.
📖 11. Mer de Chine méridionale, rivalités et points chauds
🔑 Notions clés & Définitions
- Thalassocratie : Puissance politique fondée principalement sur la maîtrise des mers pour peser sur les rapports de force.
- ZEE : Zone économique exclusive où un État exerce des droits sur l’exploration et l’exploitation des ressources marines, sans souveraineté politique.
- Convention de Montego Bay : Convention de l’ONU qui encadre le droit de la mer et fait naître le régime des ZEE.
- Liberté des mers : Principe affirmant que la navigation en mer ne doit pas être indûment contrôlée par un seul État.
- Collier de perles : Concept décrivant une stratégie chinoise d’implantations et de points d’appui pour sécuriser ses routes maritimes.
📝 Points essentiels
- La thalassocratie est associée au projet géostratégique américain porté par l’amiral Alfred Mahan.
- La ZEE s’étend sur 200 milles marins à partir du littoral et porte sur une souveraineté économique.
- Dans une ZEE, l’État dispose de droits d’exploration et d’exploitation des ressources marines, mais pas d’autorité politique sur le territoire maritime.
- Le principe de « liberté des mers » est affirmé dans la Charte de l’Atlantique entre Roosevelt et Churchill.
- La naissance des ZEE est liée à la Convention de l’ONU sur le droit de la mer à Montego Bay (Jamaïque).
- La Chine contrôle des îles Paracels et, plus tard, l’occupation militaire chinoise dans les îles Spratleys apparaît dans la chronologie comme un point chaud régional.
💡 Astuce mémo
Thalasso = mer + pouvoir ; ZEE = 200 milles = ressources (éco) sans pouvoir politique.
📖 12. Gouvernance de la haute mer et biodiversité au-delà
🔑 Notions clés & Définitions
- Sea power : Notion de puissance navale qui relie la stratégie d’un État à l’usage de la mer comme levier d’influence et de sécurité.
- Géostratégie maritime moderne : Approche stratégique centrée sur la mer, qui organise l’action d’un État au-delà du seul volet militaire.
- Convention de Montego Bay : Traité des Nations unies sur le droit de la mer qui fixe des règles juridiques pour les espaces maritimes et leurs usages.
- Convention des Nations unies sur le droit de la mer : Acronyme CNUDM/UNCLOS désignant le texte signé à Montego Bay et structurant notamment ZEE et libertés en haute mer.
- ZEE : Zone économique exclusive définie par la CNUDM comme une bande jusqu’à 200 milles marins à partir des lignes de base, avec des droits d’exploitation.
📝 Points essentiels
- Sea power est présenté comme un concept clé pour les États-Unis, associé à l’idée d’une influence fondée sur la puissance navale.
- L’auteur cité insiste sur le rôle des facteurs économiques dans la stratégie globale, au-delà des seuls aspects militaires.
- La CNUDM est signée à Montego Bay le 10 décembre 1982 et entre en vigueur le 16 novembre 1994 après ratification/adhésion de 60 États.
- La CNUDM prévoit la liberté de la haute mer pour tous les États (navigation, survol, pose de câbles et tubes, pêche, recherche scientifique).
- La CNUDM crée la ZEE à 200 milles nautiques et encadre les droits d’exploitation, dont la construction d’îles artificielles.
- La CNUDM impose aux États riverains de ne pas entraver le passage dans les détroits et d’en faciliter la navigation par une signalisation adéquate (art. 44).
💡 Astuce mémo
Mer = droits + libertés : ZEE jusqu’à 200 milles, puis haute mer libre (navigation, survol, câbles, pêche, recherche).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1957 | Premier vol en orbite |
| 1967 | Signature du traité de l’espace |
| 1969 | Premier homme pose le pied sur la Lune |
| 1979 | Traité de 1979 sur la Lune |
| 1982 | Convention de l’ONU sur le droit de la mer à Montego Bay (naissance des ZEE) |
| 1994 | Entrée en vigueur de la CNDUM |
| 2003 | Premier taïkonaute dans l’espace |
| 2013 | Lancement du projet des routes de la soie (BRI) |
📊 Tableaux de synthèse
Rivalités et bascule dans l’espace (guerre froide puis détente)
| Période | Acteurs | Logique |
|---|
| 1957-1969 | États-Unis / URSS | Rivalité scientifique aux enjeux militaires (lanceurs/missiles) |
| 1975 | États-Unis / URSS | Coopération (amarrage Apollo-Soyouz) |
| 1980-1988 | États-Unis (Ronald Reagan) / URSS | Tensions avec l’IDS (« guerre des étoiles »), projet mis en sommeil après la chute du communisme |
Droit de la mer : trois zones (CNDUM)
| Zone | Étendue | Régime |
|---|
| Mer territoriale | 12 milles marins | Souveraineté de l’État riverain |
| ZEE | 12 à 200 milles marins | Souveraineté économique : droit exclusif d’exploiter les ressources, circulation maintenue |
| Haute mer | au-delà de 350 milles marins | Eaux internationales : liberté pour tous (navigation, survol, câbles/tubes, pêche, recherche) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre « liberté d’explorer » et « liberté d’utiliser » dans le traité de l’espace : ce sont deux principes distincts.
- Croire que la ZEE donne une souveraineté politique : la CNDUM prévoit une souveraineté économique, sans autorité politique sur le territoire maritime.
- Penser que la haute mer commence à 200 milles : dans le cours, elle correspond au-delà de 350 milles marins.
- Mélanger mare liberum et mare claustrum : le premier défend l’accès libre, le second vise à encadrer l’accès par des règles territoriales.
- Oublier que le traité de l’espace interdit les armes nucléaires/destruction massive en orbite, mais n’interdit pas tous les usages militaires.
- Dire que la Lune est appropriable : le traité de 1979 la qualifie de res nullius (non appropriable).
- Croire que la Chine participe à l’ISS : le cours indique qu’elle n’y participe pas à cause du refus américain et développe des projets unilatéraux (Tiangong).
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi mers/océans et espace extra-atmosphérique deviennent des espaces de rivalités et de tensions (vision géostratégique, affirmation scientifique/militaire/économique).
- Relier la conquête spatiale à l’histoire de la connaissance (Copernic, Galilée, Newton) et montrer le lien lanceurs/missiles (Russie/Allemagne, réorientation 1950-1960).
- Citer les jalons de la conquête spatiale donnés dans le cours (orbite 1957, vol habité 1961, Lune 1969) et expliquer la prise de conscience des limites par les distances.
- Présenter les enjeux « exploiter » : ressources (pêche hauturière, hydrocarbures offshore, nodules polymétalliques) et la mer comme route de commerce (conteneur/porte-conteneurs).
- Décrire comment l’appropriation maritime commence par la dénomination et donner des exemples de litiges de mers/détroits/îles (mer de l’Est/mer du Japon, golfe Arabo-Persique).
- Expliquer l’évolution du droit de la mer : mare liberum (Grotius), mare claustrum (conférences de 1958) et ce que ces conventions définissent (mer territoriale, haute mer, plateau continental).
- Exposer le traité de l’espace (1967) : non-appropriation, paix, trois principes (explorer/utiliser/recherche scientifique) et interdiction d’armes nucléaires/destruction massive en orbite.
- Expliquer le traité de 1979 sur la Lune : res nullius, non appropriable, et le fait qu’il n’est signé que par une poignée d’États (exceptions notables citées).
- Raconter la logique de la course à l’espace pendant la guerre froide : rivalité États-Unis/URSS, puis détente (Apollo-Soyouz 1975) et retour des tensions avec Reagan/IDS (« guerre des étoiles »).
- Présenter la multipolarité de l’espace à partir des années 1960 : Europe (ASE, Ariane, Kourou), Japon (Mu), Inde (puissance spatiale), et logique multipolaire des cosmodromes.
- Définir sea power et en donner les outils : porte-avion (base flottante), task force (sous-marins + frégates/destroyers) et sous-marins lanceurs/SNLE comme pilier de dissuasion.
- Expliquer la territorialisation de l’océan par la CNDUM : mer territoriale (12 milles), ZEE (12-200, droits exclusifs ressources sans souveraineté politique), haute mer (au-delà de 350) et libertés associées.
- Maîtriser les institutions liées à la CNDUM mentionnées dans le cours (OMI, Tribunal international du droit de la mer, Commission des limites du plateau continental, Autorité internationale des fonds marins).
- Présenter la gouvernance durable : menaces (marée noire, surpêche, acidification, pollution plastique, biodiversité) et rôle des aires marines protégées + conférences BBNJ (2018-2020).
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