Robotiques : Ensemble des techniques et études visant à concevoir des systèmes mécaniques, informatiques ou mixtes capables de se substituer à l’homme dans ses fonctions motrices, sensorielles et intellectuelles. (Source : Robotiques ENSAM, Clovis Francis, S-2ENSAM)
Robot : Appareil automatique capable de manipuler des objets ou d’exécuter des opérations selon un programme fixe ou modifiable. (Source : Petit Larousse)
Systèmes mécaniques, informatiques ou mixtes : Structures combinant des composants physiques, logiciels ou leur intégration pour réaliser des tâches automatisées. (Source : Robotiques ENSAM, S-2ENSAM)
La robotique couvre la conception, la fabrication, la programmation et la commande de robots, intégrant des techniques variées pour leur permettre de remplacer l’homme dans diverses fonctions.
La définition du Petit Larousse insiste sur la nature automatique du robot, capable d’exécuter un programme, ce qui souligne l’aspect programmable et autonome.
La robotique ne se limite pas à la mécanique, mais inclut également l’informatique et l’électronique, permettant la création de systèmes hybrides.
La capacité à se substituer à l’homme concerne aussi bien ses fonctions motrices (mouvement), sensorielles (perception) que intellectuelles (prise de décision).
La robotique est un domaine pluridisciplinaire qui conçoit des systèmes automatisés, mécaniques, informatiques ou mixtes, destinés à remplacer l’homme dans ses fonctions motrices, sensorielles et intellectuelles, selon la définition du Petit Larousse et la perspective technique de l’ENSAM.
Les caractéristiques fondamentales d’un robot — polyvalence, auto-adaptativité, précision et répétabilité — déterminent son aptitude à répondre efficacement aux exigences spécifiques d’une application donnée.
Articulation : Liaison entre deux corps successifs limitant leur mouvement relatif, caractérisée par un nombre de degrés de liberté (mobilité) m, avec 0 ≤ m ≤ 6. Selon AUTEUR (date), elle permet de contrôler ou restreindre le mouvement entre deux solides.
Articulation simple : Articulation avec un seul degré de liberté (m=1). Elle est fréquemment rencontrée en robotique, permettant un mouvement unidirectionnel entre deux corps. Selon AUTEUR (date), elle simplifie la modélisation et le contrôle.
Articulation rotoïde (R) : Articulation de pivot, notée R, qui limite le mouvement à une rotation autour d’un axe commun aux deux corps. La situation relative est donnée par un seul angle de rotation. AUTEUR (date) précise que ce type est essentiel pour les joints rotatifs.
Articulation prismatique (P) : Articulation de translation, notée P, qui limite le mouvement à une translation le long d’un axe commun. La position relative est mesurée par une distance. Selon AUTEUR (date), elle est utilisée pour les joints glisseurs.
Degré de liberté (m) : Nombre de mouvements indépendants possibles entre deux corps liés par une articulation. La mobilité est comprise entre 0 (articulation rigide) et 6 (liberté totale). AUTEUR (date) souligne que m=1 correspond à une articulation simple.
La mobilité d’une articulation est définie par le nombre de degrés de liberté m, avec 0 ≤ m ≤ 6. La majorité des articulations en robotique sont simples, c’est-à-dire avec m=1, ce qui facilite leur modélisation et leur contrôle.
Une articulation rotoïde (R) limite le mouvement à une rotation autour d’un axe unique, caractérisée par un seul angle (θ). Elle est représentée par un pivot ou un joint rotatif.
Une articulation prismatique (P) limite le mouvement à une translation le long d’un axe, caractérisée par une seule distance (d). Elle correspond à un joint glissière.
La distinction entre rotoïde et prismatique repose sur la nature du mouvement qu’elles permettent : rotation ou translation.
La configuration relative entre deux corps liés par une articulation simple est entièrement déterminée par un seul paramètre (angle ou distance).
La conception de robots repose souvent sur l’utilisation combinée de ces articulations simples pour réaliser des mouvements complexes.
Une articulation simple est un mécanisme à un degré de liberté, rotatif ou glissant, qui limite le mouvement relatif entre deux corps à une seule variable, facilitant la modélisation et le contrôle des robots.
Modèle géométrique direct (MGD) : Représente la position de l’organe terminal en fonction de la configuration articulaire q, en utilisant des relations géométriques basées sur la cinématique du robot. Selon PERROUX (date), il s’agit d’un ensemble d’équations reliant les paramètres articulaires aux coordonnées spatiales de l’outil ou de la pièce.
Modèle géométrique inverse (MGI) : Permet de déterminer les variables articulaires q à partir de la position souhaitée de l’organe terminal X. PERROUX (date) précise que c’est la résolution du problème inverse, souvent plus complexe, qui consiste à retrouver q à partir de X.
Problème de multiplicité des solutions : La situation où plusieurs configurations articulaires q peuvent conduire à la même position de l’organe terminal X. PERROUX (date) indique que cette non-unicité peut poser des problèmes dans la planification de trajectoires, notamment en présence d’obstacles ou de contraintes.
Exemple du robot SCARA : Modèle géométrique direct et inverse spécifique à ce robot, illustrant la relation entre ses paramètres articulaires (q1, q2, q3, q4) et la position de l’organe terminal (x, y, z). La démarche analytique permet d’établir ces modèles pour la planification et la commande.
Référentiels multiples et référentiel commun : La nécessité d’un référentiel unique pour rassembler et transformer les différentes informations (proprioceptives, exteroceptives) issues de divers repères liés aux solides du robot ou à l’environnement, afin d’assurer une cohérence dans la commande (voir aussi la section 6 sur les matrices de transformation).
Le MGD exprime la position de l’organe terminal en fonction des variables articulaires q, souvent par des relations trigonométriques ou géométriques (exemple du robot SCARA). Il est généralement formulé à partir de paramètres géométriques comme les longueurs des liens et les angles d’articulation.
Le MGI consiste à résoudre le problème inverse : à partir de la position X du point terminal, déterminer q. La résolution analytique peut conduire à plusieurs solutions (multiplicité), notamment dans le cas de configurations où la géométrie permet plusieurs postures équivalentes.
La multiplicité des solutions du MGI peut poser des problèmes pratiques, notamment pour éviter des collisions ou respecter des contraintes mécaniques. La sélection de la posture optimale nécessite souvent des critères additionnels.
L’exemple du robot SCARA illustre la démarche : en utilisant la géométrie du bras, on établit les relations directes et inverses, permettant de calculer la configuration articulaire à partir de la position de l’outil.
La gestion des référentiels multiples est cruciale pour la cohérence des données provenant de différentes sources (capteurs, environnement). La transformation entre ces référentiels est assurée par des matrices de rotation et de translation, permettant d’unifier les informations dans un référentiel commun.
Les modèles géométriques direct et inverse sont fondamentaux pour la cinématique des robots, permettant de relier la configuration articulaire à la position de l’organe terminal. La résolution du problème inverse, souvent multiple, nécessite une gestion précise des référentiels pour assurer la cohérence et la faisabilité des trajectoires.
Les matrices de transformation homogène unifient rotation et translation en une seule opération matricielle 4×4, simplifiant la modélisation et le calcul des changements de repère dans la robotique.
αj (alpha j) : Angle de rotation entre les axes Zj-1 et Zj autour de l’axe Xj-1.
Selon Denavit et Hartenberg (1955), il permet de définir l’orientation relative entre deux axes z successifs dans la chaîne cinématique.
dj (distance j) : Distance mesurée le long de l’axe Xj-1 entre les intersections des axes Zj-1 et Zj.
Ce paramètre représente la translation entre deux repères successifs selon la direction de l’axe Xj-1.
θj (theta j) : Angle de rotation entre les axes Xj-1 et Xj autour de l’axe Zj.
Il indique la rotation articulaire propre à chaque articulation rotative dans la chaîne, selon Denavit et Hartenberg (1955).
rj (distance r j) : Distance mesurée le long de l’axe Zj entre le point d’intersection de Zj-1 et Zj et la projection de l’origine du repère Rj sur Zj.
Ce paramètre permet de définir la position relative selon l’axe Zj, complétant la description de la transformation entre repères.
Numérotation des corps et articulation :
Les corps C0,...,Cn sont numérotés de bas en haut, le corps C0 étant la base, et chaque articulation j connecte Cj-1 à Cj. La configuration est décrite par les paramètres (αj, dj, θj, rj) pour chaque articulation j, permettant d’établir la transformation homogène entre repères successifs.
Les modèles cinématiques direct et inverse, exprimant respectivement la vitesse de l'organe terminal en fonction des vitesses articulaires et inversement, sont fondamentaux pour la planification et la commande précises des robots manipulateurs, en reliant la configuration mécanique aux mouvements spatiaux.
Équations du mouvement : Ensemble d'équations décrivant la relation entre les forces ou couples appliqués aux actionneurs et la réponse dynamique du robot (positions, vitesses, accélérations). Lagrange (1788) : formalise ces équations en utilisant l'énergie cinétique et potentielle du système.
Relations couples/forces et états articulaires : Formules établissant comment les couples ou forces exercés par les actionneurs influencent les mouvements (positions, vitesses, accélérations) des articulations. Ces relations sont essentielles pour la commande précise du robot.
Modèles dynamiques : Représentations mathématiques intégrant la masse, l'inertie, la gravité, et les forces de frottement pour décrire le comportement du robot en mouvement. Utilisés pour la simulation, la planification et la commande.
Formalisme de Lagrange : Méthode permettant de dériver les équations du mouvement en utilisant l'énergie cinétique et l'énergie potentielle , aboutissant à une expression compacte des équations du système (S-76, S-77).
Relations entre couples/forces et positions, vitesses, accélérations : La matrice de masse , le vecteur de Coriolis et centripète , et le vecteur gravitationnel composent le modèle dynamique, exprimant la loi du mouvement sous la forme .
Les équations du mouvement du robot sont généralement dérivées par la méthode de Lagrange (1788), qui utilise l'énergie cinétique et l'énergie potentielle pour obtenir une formulation compacte :
où .
La relation entre couples/forces et états est exprimée par la formule :
avec la matrice de masse, les forces de Coriolis et centrifuges, et le vecteur gravitationnel.
Ces modèles sont fondamentaux pour la commande dynamique, permettant de prévoir la réponse du robot face à des commandes, et pour la simulation de comportements complexes.
La dérivation de ces équations nécessite la connaissance précise des propriétés inertielles de chaque lien, souvent modélisées simplifié comme des masses ponctuelles ou des corps rigides.
La méthode de Lagrange facilite la prise en compte des interactions entre liens, notamment dans des robots à plusieurs degrés de liberté, en évitant la complexité du formalisme de Newton-Euler.
Les modèles dynamiques, dérivés par la méthode de Lagrange, relient les couples exercés par les actionneurs aux positions, vitesses et accélérations du robot, et sont essentiels pour la commande précise et la simulation réaliste de son comportement.
Génération de mouvement (source : PERROUX : l'augmentation pendant une ou plusieurs périodes d'un indicateur de dimension) : processus de calcul des consignes articulaires ou opérationnelles pour réaliser une tâche spécifique en définissant une succession de positions ou de trajectoires.
Trajectoire point à point : type de mouvement où le robot s’arrête à chaque point intermédiaire, permettant une précision élevée mais avec des accélérations et vitesses variables, souvent modélisées par des splines cubiques ou quintiques.
Trajectoire continue : mouvement fluide sans arrêt aux points intermédiaires, assurant la continuité de la vitesse et de l’accélération, essentiel pour des tâches nécessitant une dynamique contrôlée.
Méthode de spline cubique : technique de génération de trajectoire utilisant des fonctions polynomiales de degré 3, permettant de satisfaire des contraintes de position, vitesse, mais pas toujours d’accélération, avec des coefficients calculés pour respecter ces contraintes (exemple : coefficients a, b, c, d).
Approche dans l’espace articulaire vs espace opérationnel : deux méthodes complémentaires pour la génération de trajectoires ; la première contrôle directement les consignes des actionneurs, la seconde vise à définir la trajectoire de l’outil dans l’espace cartésien.
La génération de trajectoires peut s’effectuer dans l’espace articulaire ou dans l’espace opérationnel, en utilisant des données cinématiques ou dynamiques, selon la précision et la fluidité souhaitées (source : PERROUX).
La trajectoire point à point, souvent modélisée par des splines cubiques, doit respecter des contraintes de vitesse et d’accélération pour assurer la sécurité et la performance des actionneurs. La durée du mouvement doit être adaptée pour respecter ces contraintes, avec des durées minimales calculées en fonction des limites de vitesse et d’accélération (source : PERROUX).
La continuité de l’accélération est un enjeu crucial pour éviter des sollicitations mécaniques excessives. Elle peut être assurée en utilisant des splines quintiques, qui imposent des contraintes supplémentaires aux points de départ et d’arrivée (source : PERROUX).
La méthode de spline cubique, bien que simple, ne garantit pas la continuité de l’accélération, ce qui peut poser problème dans des tâches dynamiquement exigeantes. La solution consiste à augmenter le degré du polynôme ou à imposer des contraintes supplémentaires dans la conception de la trajectoire.
La planification de trajectoire doit prendre en compte les limites mécaniques du robot, notamment la vitesse maximale, l’accélération, et la durée optimale du mouvement pour assurer la faisabilité et la sécurité de l’opération (source : PERROUX).
La génération de trajectoires efficaces repose sur l’utilisation de méthodes polynomiales, comme les splines, pour assurer la précision, la fluidité et la sécurité des mouvements, en respectant les contraintes mécaniques et dynamiques du robot.
Les profils de vitesse trapézoïdal et sinusoïdal sont des méthodes classiques pour générer des trajectoires fluides et précises, la méthode de Paul permettant de les optimiser selon contraintes mécaniques et dynamiques, avec une importance particulière pour la continuité de l’accélération afin de préserver la performance et la longévité des actionneurs.
La synchronisation des mouvements est essentielle pour assurer la cohérence, la sécurité et la précision dans la coordination de plusieurs articulations ou robots, en ajustant finement vitesses et trajectoires selon les contraintes mécaniques et dynamiques.
| Thème | Notions clés | Définition / Fonction | Auteur / Source |
|---|---|---|---|
| Définition robotique | Robot | Appareil automatique capable de manipuler ou exécuter des opérations selon un programme | Petit Larousse |
| Systèmes mécaniques, informatiques ou mixtes | Structures combinant composants physiques et logiciels pour automatisation | ENSAM, S-2ENSAM | |
| Caractéristiques | Polyvalence | Exécution de diverses tâches ou méthodes | ENSAM |
| Auto-adaptativité | Ajustement en environnement changeant | ENSAM | |
| Précision | Revenir à une position avec erreur minimale (~1 mm) | ENSAM | |
| Répétabilité | Reproduire une tâche avec erreur maximale (~0,1 mm) | ENSAM | |
| Articulations simples | Articulation | Liaison limitant le mouvement relatif, m degrés de liberté | AUTEUR (date) |
| Rotoïde (R) | Pivot, rotation autour d’un axe | AUTEUR (date) | |
| Prismatique (P) | Translation le long d’un axe | AUTEUR (date) | |
| Modèles géométriques | MGD | Position de l’organe terminal en fonction de q | PERROUX |
| MGI | Détermination de q à partir de la position souhaitée | PERROUX |
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