📋 Plan du Cours
- Notion de droits de l'homme
- Origines et objet des droits de l'homme
- Droits liés à la dignité humaine
- Libertés d'expression, d'opinion et de réunion
- Égalité et non-discrimination
- Libertés syndicales et droit de grève
- Légalité des peines et présomption d'innocence
- Constitutionnalisation des droits humains
- Institutions nationales de protection
- Contrôle juridictionnel et accès à la justice
🔑 Notions clés & Définitions
- Droits de l’homme : Ensemble des règles qui organisent les relations entre les personnes au nom de la dignité humaine en reconnaissant les droits nécessaires à l’épanouissement de chacun.
- Juridicisation des droits de l’homme : Mouvement par lequel des droits de l’homme deviennent de véritables normes juridiques, intégrées et protégées dans les ordres internes et internationaux.
- Droits naturels : Idée selon laquelle certains droits sont inhérents à la qualité humaine et ne proviennent pas d’une loi positive en vigueur.
- Universalité des droits de l’homme : Caractère selon lequel la condition d’être humain suffit pour être titulaire des droits, sans considération de contexte ni de discrimination.
- Inaliénabilité des droits de l’homme : Caractère selon lequel les droits ne peuvent être supprimés de façon définitive car personne ne peut en être privé, malgré des restrictions possibles en cas précis.
📝 Points essentiels
- Les droits de l’homme placent les individus au cœur de l’ordre juridique en faisant d’eux des sujets de droit titulaires de droits et tenus à des obligations.
- Les droits de l’homme se rattachent à une histoire marquée par une consécration et une protection renforcée par des garanties juridictionnelles.
- Les origines philosophiques associent l’émergence à l’école moderne du droit naturel et à l’idée d’un contrat social chez Grotius, Hobbes et Locke.
- Les grands textes fondateurs cités incluent le Bill of Rights britannique de février 1689, la Déclaration d’indépendance américaine de juillet 1776 et la Déclaration française du 26 août 1789.
- Les droits de l’homme sont universels, inaliénables et indivisibles, interdépendants et solidaires : respecter certains droits n’autorise pas à en ignorer d’autres.
- Même si une restriction peut exister dans un cas précis (par exemple en cas de condamnation), les droits de l’homme ne peuvent pas être privativement supprimés en eux-mêmes.
💡 Astuce mémo
Triade à mémoriser : dignité humaine → universels, inaliénables, indivisibles (donc aucun droit isolément).
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit naturel moderne : Courant philosophique où les droits tiennent à la nature humaine, indépendamment des lois positives, et servent de fondement à la vie en société.
- Contrat social : Convention issue de la volonté mutuelle par laquelle des individus acceptent de se regrouper en société afin d’assurer cohésion et sécurité.
- Première génération : Catégorie des droits civils et politiques formant le noyau dur des droits de l’homme et garantissant notamment l’intégrité physique et certaines libertés.
📝 Points essentiels
- Les origines des droits de l’homme sont à la fois philosophiques et historiques, mêlant des idées de droit naturel et l’adoption de grands textes de référence.
- Grotius rattache l’organisation sociale à la nature humaine plutôt qu’au cosmos, Hobbes fonde l’existence du pouvoir sur la nature belliqueuse, et Locke justifie l’État par la nécessité de protéger des droits individuels.
- Le Bill of Rights britannique date de février 1689 et sert de source d’inspiration à d’autres textes de protection des libertés.
- La Déclaration d’indépendance américaine proclame en juillet 1776 l’égalité des hommes et des droits inaliénables liés à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur, complétée par les 8 premiers amendements adoptés en novembre 1791.
- La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 consacre des droits à caractère abstrait et universaliste, avec une présentation individuelle, absolue et privatve.
- Les droits de l’homme sont des droits inhérents à la personne visant à protéger de la violence arbitraire et à éviter la négligence des besoins fondamentaux, avec des droits civils et politiques (1re génération), économiques, sociaux et culturels (2e), et de solidarité (3e).
💡 Astuce mémo
Philo + textes : droit naturel et contrat social, puis 1689 (Bill of Rights) → 1776 (Déclaration) → 1789 (Droits du citoyen) → 1948 (Déclaration universelle).
📖 3. Droits liés à la dignité humaine
🔑 Notions clés & Définitions
- Principe de dignité : Principe juridique qui reconnaît que chaque personne appartient à l’humanité et dispose d’un droit au respect de sa dignité.
- Dignité absolue : Caractère du principe de dignité qui implique une exigence maximale de protection, notamment contre les traitements atteignant l’être humain.
- Dignité intangible : Caractère du principe de dignité qui interdit que l’individu en dispose, et empêche toute cession ou mise en commerce.
- Inviolabilité du corps humain : Principe selon lequel le corps humain ne peut être “disponible” au point qu’un simple consentement rende licites les atteintes commises par un tiers.
- Indisponibilité du corps humain : Principe qui place le corps humain hors du commerce juridique, interdisant les conventions portant sur sa valeur patrimoniale.
📝 Points essentiels
- La dignité est qualifiée d’absolue et sert de base aux droits égaux et inaliénables, notamment contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants.
- La dignité est intangible : elle ne peut ni être cédée ni faire l’objet de commerce, et elle ne doit pas dépendre de décisions arbitraires portant sur son titulaire ou son étendue.
- L’intangibilité vise l’atteinte issue d’un tiers utilisant une personne à un intérêt étranger, ce qui justifie par exemple la répression du proxénétisme plutôt que la prostitution.
- Le principe de dignité s’applique à toutes les étapes de la vie, de son début à sa fin, impliquant inviolabilité et indisponibilité du corps humain.
- Le consentement du sujet ne suffit pas à rendre licites les actes d’un tiers : les conventions conférant une valeur patrimoniale au corps ou à ses éléments sont nulles (art. 16-1 code civil).
- Le droit à la “mort provoquée” n’existe pas : l’euthanasie active, où un tiers provoque délibérément la mort, n’est pas admise et la vie demeure sacrée.
💡 Astuce mémo
A-I pour la dignité : Absolue et Intangible ; I-I pour le corps : Inviolable et Indisponible, du début à la fin.
🔑 Notions clés & Définitions
- Liberté d’expression : La liberté d’expression est un droit de formuler et diffuser librement ses idées, principalement encadré pour éviter les abus prévus par la loi.
- Liberté d’opinion : La liberté d’opinion protège les convictions intérieures, puis leur expression dans la sphère sociale, sous réserve d’un encadrement garantissant l’égalité et la neutralité de l’État.
- Liberté de réunion : La liberté de réunion permet de s’assembler et d’organiser ou participer à une rencontre, publique ou privée, selon la forme de l’invitation.
- Liberté de manifestation : La liberté de manifestation est l’expression publique d’une opinion ou revendication, qui peut être restreinte fortement lorsqu’elle se déroule sur la voie publique.
📝 Points essentiels
- En Côte d’Ivoire, la Constitution consacre la liberté d’expression et la liberté d’opinion ainsi que la liberté de réunion et la liberté d’association.
- La liberté d’expression couvre surtout la presse et les médias, et doit éviter des atteintes telles que la diffamation injuste, la divulgation de secrets de défense nationale ou l’incitation à la haine.
- La liberté d’opinion est un droit « négatif » dans son aspect interne (for intérieur), mais son expression externe impose un encadrement lié à la neutralité de l’État et des services publics.
- La liberté de réunion impose à l’État de ne pas entraver sans raison valable les réunions pacifiques et d’assurer leur protection, tout en lui permettant d’interdire les réunions non pacifiques dangereuses.
- Une manifestation est une affirmation publique rattachée à l’expression, et lorsqu’elle a lieu sur la voie publique elle est très souvent soumise à restrictions avec distinction entre manifestations préparées et attroupements spontanés.
💡 Astuce mémo
Expression = ce que tu dis (presse, idées) ; Opinion = ce que tu crois (for intérieur) ; Réunion/Manifestation = comment tu t’assembl es (pacifique vs risque d’ordre public).
🔑 Notions clés & Définitions
- Principe d’égalité : Approche constitutionnelle imposant que tous les individus soient traités comme égaux, notamment en matière de droits et de traitement juridique.
- Égalité devant la loi : Principe selon lequel la loi s’applique de la même façon à tous, qu’elle protège ou qu’elle punisse.
- Discrimination constitutionnellement condamnée : Atteinte à l’égalité interdite par les textes constitutionnels lorsqu’elle repose sur des critères explicitement visés.
- Discriminations positives : Mesures favorables pouvant être admises pour réduire des inégalités, à condition qu’elles soient justifiées et limitées à des situations comparables.
📝 Points essentiels
- Le texte constitutionnel proclame que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits, et l’égalité s’exprime aussi devant la loi en la même règle pour tous.
- Les discriminations fondées sur le sexe ou les opinions politiques, religieuses ou philosophiques doivent être censurées par le juge en raison de leur interdiction expresse.
- Des discriminations dites positives peuvent être autorisées pour favoriser notamment les femmes, mais seulement pour des personnes dans des situations identiques ou pour la satisfaction de l’intérêt général.
- Le principe d’égalité n’a pas de domaines d’application limités et régit l’exercice de l’ensemble des droits et libertés en empêchant toute discrimination injustifiée.
- Le principe d’égalité est décliné constitutionnellement en 6 domaines : égal accès à la santé, à l’instruction et à l’emploi, droit de propriété, droit d’entreprendre, droit à un environnement sain, égal accès à la justice (articles 7, 15-20, 19).
💡 Astuce mémo
Egalité = même loi, même traitement ; pas de discriminations interdites ; et seulement exceptions « positives » justifiées — puis 6 terrains à connaître : santé, instruction/emploi, propriété, entreprendre, environnement, justice.
🔑 Notions clés & Définitions
- Section syndicale : La section syndicale est un regroupement de salariés créé par un syndicat représentatif dans l’entreprise, sans personnalité juridique propre.
- Délégué syndical : Le délégué syndical est un salarié mandaté par un syndicat représentatif pour représenter le syndicat dans l’entreprise, notamment auprès de l’employeur.
- Droit de grève : Le droit de grève est la faculté de cesser le travail de façon collective et concertée afin d’appuyer des revendications professionnelles.
- Préavis de grève : Le préavis de grève est la formalité préalable imposée dans certains contextes, déposée avant le mouvement pour permettre la négociation.
- Faute lourde : La faute lourde est une faute d’une gravité particulière pouvant entraîner, en cas de participation à la grève, des conséquences disciplinaires et la suspension de la rémunération.
📝 Points essentiels
- La constitution d’un syndicat ne nécessite pas d’autorisation préalable, mais impose notamment la rédaction des statuts et leur dépôt à la mairie avec la liste nominative des dirigeants.
- Le droit de grève exclut la grève perlée et la grève du zèle, et l’occupation des lieux de travail est illicite et constitutive d’une faute lourde.
- La grève surprise est interdite : les salariés choisissent le moment de la cessation après dépôt d’un préavis permettant la négociation, au moins dans les services publics soumis à préavis.
- Le préavis de grève doit être déposé par les représentants des salariés, notifié par écrit à l’autorité compétente, et sa durée est de six jours ouvrables.
- La grève ne rompt pas le contrat de travail, mais la sanction à raison d’un fait commis pendant la grève suppose une faute lourde et, en cas de grève, les grévistes perdent leur salaire.
- Le lock-out est interdit, mais peut être admis seulement s’il est justifié par un impératif de sécurité ou si la procédure de la grève n’a pas été respectée.
💡 Astuce mémo
Préavis obligatoire : six jours ouvrables pour éviter la grève surprise et permettre la négociation.
🔑 Notions clés & Définitions
- Légalité des délits et des peines : Principe pénal exigeant que seules les infractions définies par la loi et les peines prévues par la loi puissent fonder une condamnation.
- Non-rétroactivité des peines : Principe pénal interdisant d’appliquer à des faits antérieurs une loi qui aggrave la sanction ou crée une nouvelle infraction.
- Présomption d’innocence : Principe judiciaire imposant de considérer toute personne accusée comme innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une procédure offrant les garanties de défense.
📝 Points essentiels
- En Côte d’Ivoire, l’article 71 de la Constitution réserve au législateur la détermination des crimes et délits ainsi que des peines applicables.
- Le principe de légalité impose au juge une interprétation stricte des textes, excluant toute méthode qui en déforme le sens ou en étende la portée au détriment de l’accusé.
- En Côte d’Ivoire, l’article 21 de la Constitution interdit de poursuivre ou d’inculper sur la base d’une loi promulguée après les faits reprochés.
- La non-rétroactivité admet une exception : seules les lois pénales plus favorables à l’accusé s’appliquent rétroactivement.
- En Côte d’Ivoire, l’article 22 de la Constitution prévoit que tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie à l’issue d’une procédure offrant les garanties indispensables à sa défense.
- En cas de charges insuffisantes, la charge de la preuve incombe à la partie poursuivante et le juge doit prononcer la relaxe de l’intéressé.
💡 Astuce mémo
Loi d’abord, peine ensuite : pas de condamnation sans texte préalable, et accusé innocent tant que la culpabilité n’est pas prouvée.
📖 8. Constitutionnalisation des droits humains
🔑 Notions clés & Définitions
- Constitutionnalisation des droits humains : Processus juridique consistant à inscrire dans la Constitution des principes et libertés relatifs aux droits de l’homme afin de leur donner une valeur suprême.
- Titres constitutionnels des libertés : Dispositif constitutionnel qui consacre dans le texte fondamental une section ou un titre dédié à la déclaration des droits de l’homme et aux libertés fondamentales.
- Déclaration universelle de 1948 : Référence internationale souvent reprise dans les Constitutions africaines pour fonder la liste et l’orientation des droits garantis.
- Effectivité symbolique : Idée selon laquelle l’inscription constitutionnelle peut rester surtout affichée si les pratiques réelles de protection ne suivent pas.
📝 Points essentiels
- Depuis la dernière décennie du XXe siècle, les Constitutions issues de la démocratisation en Afrique détaillent avec précision les droits et libertés qu’elles entendent garantir.
- Beaucoup de Constitutions structurent leurs droits par un titre entier consacré à une déclaration des droits de l’homme et des libertés fondamentales, souvent au début du texte.
- Le processus se poursuit après les indépendances en faisant référence à la Déclaration universelle de 1948 ainsi qu’aux chartes de l’ONU et de l’Union africaine.
- L’inscription constitutionnelle est présentée comme favorable aux droits, car le préambule et les titres révèlent une orientation idéologique vers la protection de la personne et des libertés publiques.
- Malgré ces inscriptions, l’effectivité peut être contestée: des violations graves observées rendent douteuse la capacité réelle des Constitutions à protéger au quotidien.
- Le texte constitutionnel peut répondre à des considérations politiques de “séduction” plus qu’à une adhésion de fond, sans empêcher l’existence d’un cadre normatif stimulant.
💡 Astuce mémo
Inscrire dans la Constitution = vitrine ; vérifier l’application = véritable effectivité.
🔑 Notions clés & Définitions
- Commission nationale des droits de l’homme : Organisme étatique chargé, au niveau national, de contribuer à la promotion, à la protection et au suivi des droits de l’homme.
- Principes de Paris : Ensemble de recommandations élaborées pour guider les commissions nationales officielles des droits de l’homme vers un fonctionnement crédible et indépendant.
- Autonomie financière : Caractéristique des institutions nationales des droits de l’homme qui leur permet de financer leurs actions sans dépendre du pouvoir exécutif.
- Organes de régulation : Institutions spécialisées visant à limiter l’emprise de l’Administration sur des secteurs sensibles comme les élections et les médias.
📝 Points essentiels
- Les Principes de Paris ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993 pour encadrer les commissions nationales officielles des droits de l’homme.
- En Côte d’Ivoire, la CNDHCI a été créée par la décision n° 2005-08/PR du 15 juillet 2005 avec des missions de concertation, consultation, évaluation et proposition pour la protection et la défense des droits de l’homme.
- L’indépendance des institutions nationales est fragilisée lorsque les membres sont nommés par le chef de l’exécutif et lorsque leurs ressources financières sont limitées.
- Les institutions nationales des droits de l’homme sont dotées de la personnalité morale et d’une autonomie financière afin de garantir leur indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif qui les crée.
- Le Bénin a créé la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication par la loi organique n° 92-021 du 21 août 1992.
- En Côte d’Ivoire, la CNCA (Conseil national de la Communication et de l’Audiovisuel) a été créée par le décret n° 278-2006 du 23 août 2006 pour réguler le secteur de l’audiovisuel.
💡 Astuce mémo
Paris 1993 = boussole des commissions nationales des droits de l’homme.
🔑 Notions clés & Définitions
- Garantie juridictionnelle constitutionnelle : La garantie juridictionnelle constitutionnelle désigne la possibilité de faire contrôler par un juge la conformité de la Constitution, y compris vis-à-vis des lois.
- Contrôle par voie d’exception : Le contrôle par voie d’exception est un contrôle incident soulevé au cours d’un procès ordinaire, quand l’inconstitutionnalité est discutée à titre préalable.
- Contrôle par voie d’action : Le contrôle par voie d’action permet d’attaquer directement une loi présumée inconstitutionnelle, ce qui peut renforcer la protection tout en augmentant le risque d’encombrement.
- Exception d’inconstitutionnalité : L’exception d’inconstitutionnalité est un moyen permettant à un plaideur de contester l’application d’une loi en arguant qu’elle serait contraire à la Constitution.
- Délais de décision constitutionnelle : Le délai de décision constitutionnelle correspond au temps accordé au juge constitutionnel pour statuer après la saisine.
📝 Points essentiels
- La protection juridictionnelle des droits relève des juridictions, avec en sommet la juridiction constitutionnelle.
- Quand une inconstitutionnalité est soulevée, le juge ordinaire doit surseoir et renvoyer au juge constitutionnel si la question dépend de sa compétence.
- S’agissant du contrôle par voie d’exception, la loi reste en principe applicable hors du litige en cours.
- En Côte d’Ivoire, la Constitution de 2000 prévoit que tout plaideur peut soulever l’exception d’inconstitutionnalité d’une loi devant toute juridiction.
- Le juge constitutionnel se prononce dans un délai de trois (3) mois à compter de la saisine.
- Les difficultés d’accès à la justice en Afrique tiennent notamment à l’organisation judiciaire, à la méconnaissance ou complexité du procès et au coût.
💡 Astuce mémo
Exception = litige en cours : la loi vit ailleurs ; Action = attaque directe : risque d’encombrement.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| février 1689 | Bill of Rights britannique |
| juillet 1776 | Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique |
| novembre 1791 | Adoption des 8 premiers amendements (Bill of Rights) |
| 26 Août 1789 | Déclaration des droits de l’homme et du citoyen |
| 10 décembre 1948 | Déclaration Universelle des droits de l’homme |
| 4 novembre 1950 | Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales |
| 27 juin 1981 | Charte africaine des droits de l’homme et des peuples |
| 07 décembre 2000 | Charte européenne des droits fondamentaux |
| 1993 | Adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies des Principes de Paris |
| 15 juillet 2005 | Décision n° 2005-08/PR portant création de la CNDHCI |
📊 Tableaux de synthèse
Générations et finalités des droits de l’homme
| Catégorie | Finalité / contenus clés | Exemples dans le cours |
|---|
| 1re génération (droits civils et politiques) | Noyau dur des droits, protection de l’intégrité physique et satisfaction des besoins vitaux ; jouissance des libertés civiles et politiques | Protection de l’intégrité physique ; libertés civiles et politiques |
| 2e génération (droits économiques, sociaux et culturels) | Droit de propriété et liberté professionnelle (libérale/individualiste) ; protection sociale minimale et protection du travailleur (solidarité) ; | Droit de propriété ; liberté professionnelle ; protection sociale minimale ; éducation ; progrès scientifique |
| 3e génération (droits de la solidarité) | Développement, paix/solidarité, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, environnement sain et durable | Droit au développement ; droit à la paix et à la solidarité ; disposer de soi-même ; environnement sain et durable |
Contrôle de constitutionnalité : exception vs action
| Type de contrôle | Moment / logique | Effet sur la loi |
|---|
| Par voie d’exception | Incident au cours d’un procès ordinaire, quand l’inconstitutionnalité est discutée à titre préalable | La loi reste en principe applicable hors du litige en cours |
| Par voie d’action | Attaque directe d’une loi présumée inconstitutionnelle | Peut renforcer la protection mais augmente le risque d’encombrement |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre droits de l’homme et libertés publiques : les libertés publiques exigent le rôle du droit positif et de l’État, alors que les droits de l’homme sont inhérents à la personne humaine.
- Croire que l’inaliénabilité supprime toute limitation : le cours admet des restrictions dans des cas précis (ex. condamnation) sans privation définitive du droit.
- Interpréter la dignité intangible comme une absence totale de sanction : le cours précise que l’intangibilité interdit l’abus de dignité né de l’intervention d’un tiers.
- Confondre inviolabilité et indisponibilité du corps : l’inviolabilité vise les atteintes par autrui malgré le consentement, l’indisponibilité exclut le corps du commerce juridique.
- Égalité et discrimination : penser qu’une différence de traitement suffit à constituer une discrimination constitutionnellement condamnée, alors que seules certaines discriminations sur critères interdits sont visées, et les discriminations positives peuvent être admises si justifiées et limitées.
- Mélanger exception d’inconstitutionnalité et contrôle par voie d’action : l’exception concerne le litige en cours (la loi « vit ailleurs »), l’action vise une attaque directe.
- Penser que la grève rompt le contrat de travail : le cours dit que non, sauf faute lourde, et que les grévistes perdent leur salaire pendant la cessation de travail.
✅ Checklist Examen
- Définir les droits de l’homme (définition de René Cassin) et expliquer leur place comme sujets de droit titulaires de droits et tenus d’obligations.
- Citer les origines philosophiques : école moderne du droit naturel ; expliquer le contrat social chez Grotius, Hobbes et Locke et le rôle des droits individuels chez Locke.
- Présenter les origines historiques et au moins trois « grands textes » du cours, avec leurs dates mentionnées (ex. Bill of Rights 1689, Déclaration d’indépendance 1776, Déclaration de 1789, Déclaration universelle de 1948).
- Expliquer l’objet des droits de l’homme : protection contre la violence arbitraire et prévention de la négligence des besoins fondamentaux ; puis distinguer les trois catégories (1re, 2e, 3e générations) et leurs droits majeurs.
- Donner les trois caractères des droits de l’homme : universalité, inaliénabilité (avec l’idée de restrictions possibles dans des cas précis), indivisibilité/interdépendance/solidarité.
- Définir les libertés publiques à partir du rapport homme/pouvoir : rôle de la loi (prééminence) et intervention du juge, puis distinguer les trois systèmes d’aménagement (répressif, préventif, déclaration préalable).
- Définir les droits fondamentaux : notion plus précise que droits de l’homme/libertés publiques, consacrée à un niveau constitutionnel et impliquant indisponibilité ; rappeler la place du juge constitutionnel telle que décrite dans le cours.
- Lister les droits consubstantiels : ceux relevant de la dignité (caractère absolu et intangible ; champ d’application du début à la fin) et expliquer inviolabilité et indisponibilité du corps humain (avec le consentement et le commerce juridique).
- Expliquer les libertés/ droits liés à la liberté et à l’égalité : liberté d’expression et limitations ; liberté d’opinion comme droit négatif (for intérieur) et neutralité ; liberté de réunion/association et liberté de manifestation (manifestations organisées vs attroupements).
- Présenter le principe d’égalité : égalité devant la loi et discriminations constitutionnellement condamnées, puis les 6 domaines d’application cités (santé, instruction/emploi, propriété, entreprendre, environnement sain, justice).
- Expliquer les libertés syndicales et le droit de grève selon le cours : section syndicale vs délégué syndical ; grève perlée/zèle et occupation illicite ; préavis (et six jours ouvrables) ; grève ne rompt pas le contrat (sauf faute lourde) et lock-out interdit (sauf conditions).
- Expliquer la légalité et la non-rétroactivité en matière pénale (articles constitutionnels cités) puis la présomption d’innocence, la charge de la preuve et le rôle du juge en cas de charges insuffisantes.
- Expliquer la constitutionnalisation des droits humains : logique de titres consacrant une déclaration et débat sur l’effectivité ; puis décrire les institutions nationales (CNDHCI et Principes de Paris) et les organes de régulation (ex. CNCA) selon les éléments donnés.
- Décrire le contrôle juridictionnel : contrôle par voie d’exception vs voie d’action ; exception d’inconstitutionnalité devant toute juridiction ; délai de décision constitutionnelle (trois mois) ; et les difficultés d’accès à la justice en Afrique (organisation, méconnaissance/complexité, coût).
Erstelle deine eigenen Lernzettel
Importiere deinen Kurs und die KI erstellt in 30 Sekunden Lernzettel, Quizze und Karteikarten.
Lernzettel-Generator