Revision sheet: Gestion et Transformation de la SARL

Plan du Cours

  1. Constitution SARL
  2. Apports en nature
  3. Gérance SARL
  4. Cession parts sociales
  5. Augmentation capital
  6. Transformation SARL
  7. Dissolution SARL
  8. SARL unipersonnelle (EURL)

1. Constitution SARL

Notions clés & Définitions

  • SARL : SociĂ©tĂ© commerciale par forme juridique, instituĂ©e par une ou plusieurs personnes qui ne supportent les pertes qu'Ă  concurrence de leurs apports. Elle peut ĂȘtre constituĂ©e par une seule personne, dĂ©nommĂ©e "associĂ© unique". La responsabilitĂ© des associĂ©s est limitĂ©e aux apports (art. L 223-1 Code de commerce).
  • Conditions de fond : Ensemble des Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  la validitĂ© du contrat constitutif de la SARL, comprenant le consentement rĂ©el et exempt de vices, la capacitĂ© civile, et un objet social licite (art. 1128, 1162 du Code civil).
  • Nombre d'associĂ©s : Minimum de 2 et maximum de 100, sauf pour l’EURL qui ne comporte qu’un seul associĂ©. Les associĂ©s doivent ĂȘtre des personnes physiques ou morales ayant la capacitĂ© civile (art. 1832 CC).
  • Nature des parts sociales : Parts non nĂ©gociables, non librement cessibles, reprĂ©sentant la contribution des associĂ©s dans la sociĂ©tĂ©. Leur valeur nominale est fixĂ©e librement par les associĂ©s et elles ne peuvent pas ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es par des titres nĂ©gociables (art. L 223-2, L 223-12 Code de commerce).
  • Capital social : Somme des apports en numĂ©raire et en nature. La loi ne fixe pas de minimum lĂ©gal, le montant Ă©tant dĂ©terminĂ© par les statuts. Il est divisĂ© en parts sociales dont la valeur nominale est fixĂ©e par les associĂ©s (art. L 223-2).
  • Formalismes de constitution : RĂ©daction et signature des statuts par tous les associĂ©s, mentionnant notamment la dĂ©nomination sociale, le siĂšge social, l’objet social, le capital, et la rĂ©partition des parts. La publicitĂ© lĂ©gale (publication au BODACC, inscription au RCS) est obligatoire dans les 8 jours suivant la signature (art. L 210-2, L 223-4, L 223-16 Code de commerce).

Points essentiels

  • La SARL est une sociĂ©tĂ© hybride, ni de capitaux ni de personnes, Ă  mi-chemin entre les deux, caractĂ©risĂ©e par la responsabilitĂ© limitĂ©e aux apports (art. L 223-1).
  • La constitution repose sur le contrat de sociĂ©tĂ©, qui doit respecter les conditions de validitĂ© du contrat civil (consentement, capacitĂ©, objet licite).
  • Le nombre d’associĂ©s doit ĂȘtre compris entre 2 et 100, sauf pour l’EURL, qui ne comporte qu’un seul associĂ©. Les associĂ©s peuvent ĂȘtre des personnes physiques ou morales, avec capacitĂ© civile.
  • La nature des parts sociales est non nĂ©gociable et leur cession nĂ©cessite souvent un agrĂ©ment, sauf exceptions prĂ©vues dans les statuts.
  • Le capital social, somme des apports, peut ĂȘtre constituĂ© en numĂ©raire, en nature ou en industrie, sans minimum lĂ©gal, et doit faire l’objet d’une Ă©valuation en cas d’apports en nature (voir section 2).
  • La constitution doit respecter un formalisme prĂ©cis : rĂ©daction et signature des statuts, mentions obligatoires, publicitĂ© lĂ©gale dans les 8 jours, et inscription au RCS.

À retenir

La SARL est une société à responsabilité limitée, constituée par un contrat respectant des conditions de fond et de forme strictes, avec un capital librement fixé et des parts non négociables, permettant une responsabilité limitée aux apports.

2. Apports en nature

Notions clés & Définitions

  • Apports en nature : Biens meubles, immeubles, corporels ou incorporels, que les associĂ©s apportent Ă  la sociĂ©tĂ© en Ă©change de parts sociales, conformĂ©ment Ă  l’article L. 223-7 du Code de commerce. Ces apports doivent ĂȘtre intĂ©gralement libĂ©rĂ©s Ă  la souscription.

  • Évaluation des apports en nature : Obligation d’évaluer la valeur des biens apportĂ©s par un commissaire aux apports (CAA), sauf si la valeur de chaque apport n’excĂšde pas 30 000 € et si la valeur totale des apports en nature ne dĂ©passe pas la moitiĂ© du capital social (art. L. 223-9 al. 2, C. com.). La mission du CAA est de garantir une Ă©valuation fiable.

  • LibĂ©ration des apports en nature : Les apports en nature doivent ĂȘtre libĂ©rĂ©s intĂ©gralement lors de la souscription, c’est-Ă -dire que le bien doit ĂȘtre transfĂ©rĂ© Ă  la sociĂ©tĂ© dĂšs la constitution, conformĂ©ment Ă  la rĂšgle gĂ©nĂ©rale. En cas de dĂ©saccord sur la valeur, la sociĂ©tĂ© peut demander une nouvelle Ă©valuation ou une contre-expertise.

  • ResponsabilitĂ© en cas de surĂ©valuation frauduleuse : En cas de surĂ©valuation intentionnelle des apports en nature, la responsabilitĂ© civile et pĂ©nale des associĂ©s peut ĂȘtre engagĂ©e. Selon PERROUX (date), la responsabilitĂ© civile est solidaire, et la responsabilitĂ© pĂ©nale peut entraĂźner une amende de 375 000 € et jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.

  • ModalitĂ©s d’évaluation et dĂ©saccord : La valeur des apports en nature doit faire l’objet d’un rapport du CAA annexĂ© aux statuts. En cas de dĂ©saccord sur la valeur proposĂ©e, les associĂ©s peuvent retenir une autre Ă©valuation, mais leur responsabilitĂ© civile ou pĂ©nale peut ĂȘtre engagĂ©e en cas de fraude ou de prĂ©judice.

Points essentiels

  • La loi impose une Ă©valuation par un commissaire aux apports (CAA) pour garantir la fiabilitĂ© de la valeur des biens apportĂ©s, sauf si la valeur de chaque apport ne dĂ©passe pas 30 000 € et si la valeur totale des apports en nature ne dĂ©passe pas la moitiĂ© du capital social (art. L. 223-9 al. 2, C. com.).

  • La mission du CAA est d’établir un rapport annexĂ© aux statuts, qui doit ĂȘtre adoptĂ© Ă  l’unanimitĂ© des futurs associĂ©s ou, Ă  dĂ©faut, par une dĂ©cision de justice (ordonnance du PrĂ©sident du TC).

  • La libĂ©ration intĂ©grale des apports en nature doit intervenir lors de la souscription, et toute surĂ©valuation frauduleuse expose les associĂ©s Ă  des sanctions civiles (responsabilitĂ© solidaire pour prĂ©judice aux tiers, art. L. 223-9) et pĂ©nales (amende, emprisonnement).

  • En cas de dĂ©saccord sur la valeur, les associĂ©s peuvent dĂ©cider d’écarter le rapport du CAA, mais leur responsabilitĂ© peut ĂȘtre engagĂ©e en cas de fraude ou de prĂ©judice.

À retenir

Les apports en nature doivent ĂȘtre Ă©valuĂ©s par un commissaire aux apports sauf seuils spĂ©cifiques, afin d’assurer leur juste valeur et de prĂ©venir la fraude. La responsabilitĂ© des associĂ©s peut ĂȘtre engagĂ©e en cas de surĂ©valuation frauduleuse, avec des sanctions civiles et pĂ©nales.

3. Gérance SARL

Notions clés & Définitions

  • Nomination du gĂ©rant : Processus par lequel un ou plusieurs gĂ©rants sont dĂ©signĂ©s, soit statutairement lors de la constitution, soit par dĂ©cision des associĂ©s en cours de vie sociale. La nomination en cours de vie sociale requiert une majoritĂ© des associĂ©s reprĂ©sentant plus de la moitiĂ© des parts sociales (art. L 223-18 et L 223-29, C. Com.).
  • Conditions pour ĂȘtre gĂ©rant : Personne physique, capable juridiquement, sans incapacitĂ© ou incompatibilitĂ© (ex : mineur non Ă©mancipĂ©, majeur sous tutelle ou curatelle). Le gĂ©rant peut ĂȘtre Ă©tranger, sous rĂ©serve de titre de sĂ©jour si hors UE. La capacitĂ© civile suffit, la capacitĂ© commerciale n’est pas exigĂ©e (source : CH 14).
  • DurĂ©e et renouvellement du mandat : La durĂ©e du mandat est fixĂ©e lors de la nomination ou lors de la constitution. Elle est renouvelable, et Ă  dĂ©faut, le mandat dure jusqu’à la fin de la sociĂ©tĂ©. La cessation intervient Ă  l’expiration du mandat ou par rĂ©vocation, dĂ©cĂšs, ou incapacitĂ© (source : CH 14).
  • RĂ©vocation du gĂ©rant : En principe, Ă  la majoritĂ© ordinaire, sauf clause statutaire plus forte. La rĂ©vocation peut aussi intervenir pour cause lĂ©gitime via une procĂ©dure judiciaire. La dĂ©cision doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e au greffe dans un dĂ©lai d’un mois (art. L 223-29, C. Com.). La rĂ©vocation n’affecte pas la validitĂ© des actes passĂ©s avant, sauf faute grave.
  • ResponsabilitĂ©s civile et pĂ©nale du gĂ©rant : Civilement, il peut ĂȘtre tenu responsable des prĂ©judices causĂ©s Ă  la sociĂ©tĂ© ou aux tiers (responsabilitĂ© sĂ©parĂ©e en cas de faute lourde). PĂ©nalement, il peut ĂȘtre poursuivi pour infractions commises dans l’exercice de ses fonctions (source : CH 14).
  • Cumul des mandats et rĂ©munĂ©ration : Le gĂ©rant peut cumuler plusieurs mandats sociaux sauf incompatibilitĂ© statutaire. La rĂ©munĂ©ration n’est pas rĂ©glementĂ©e par la loi, elle est dĂ©cidĂ©e par les associĂ©s lors d’une assemblĂ©e, et participe au vote si le gĂ©rant est associĂ© (source : CH 14).

Points essentiels

  • La nomination du gĂ©rant peut se faire lors de la constitution (gĂ©rant statutaire) ou ultĂ©rieurement par dĂ©cision des associĂ©s reprĂ©sentant plus de la moitiĂ© des parts sociales (art. L 223-18 et L 223-29, C. Com.).
  • La capacitĂ© du gĂ©rant est limitĂ©e Ă  ĂȘtre personne physique, sans incapacitĂ© ou incompatibilitĂ©. La loi autorise la nomination d’un Ă©tranger, sous rĂ©serve de titre de sĂ©jour si hors UE. La jurisprudence prĂ©cise que un mineur non Ă©mancipĂ© ou un majeur sous tutelle ne peut ĂȘtre gĂ©rant (source : CH 14).
  • La durĂ©e du mandat est gĂ©nĂ©ralement fixĂ©e lors de la nomination ou lors de la constitution, renouvelable. La fin du mandat survient Ă  son terme, par rĂ©vocation, dĂ©cĂšs ou incapacitĂ©. La rĂ©vocation requiert une majoritĂ© ordinaire, sauf clause statutaire plus forte. La dĂ©cision doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e au greffe dans un dĂ©lai d’un mois, et elle est opposable aux tiers si elle est connue d’eux (art. L 223-29).
  • La rĂ©vocation judiciaire peut intervenir en cas de cause lĂ©gitime, notamment en cas de mauvaise gestion ou de mĂ©sentente grave. La jurisprudence considĂšre que la rĂ©vocation doit respecter la majoritĂ© lĂ©gale ou statutaire, et que tout associĂ© peut saisir le tribunal en cas de difficultĂ© (source : CH 14).
  • La responsabilitĂ© du gĂ©rant est engagĂ©e civilement pour tout prĂ©judice causĂ© Ă  la sociĂ©tĂ©, aux associĂ©s ou aux tiers, et pĂ©nalement en cas d’infractions. La responsabilitĂ© civile peut ĂȘtre engagĂ©e sĂ©parĂ©ment en cas de faute lourde (source : CH 14).
  • La rĂ©munĂ©ration du gĂ©rant, s’il est associĂ©, est dĂ©cidĂ©e par l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Elle n’est pas rĂ©glementĂ©e par la loi, mais doit respecter le principe de transparence et de conformitĂ© aux statuts (source : CH 14).

À retenir

La gérance de la SARL repose sur une nomination claire, des conditions strictes de capacité, une durée renouvelable, et une révocation majoritaire ou judiciaire, avec des responsabilités civiles et pénales précises. La légitimité et la responsabilité du gérant sont essentielles pour assurer la gestion conforme de la société.

4. Cession parts sociales

Notions clés & Définitions

  • Conditions de fond de cession : La cession des parts sociales Ă  des tiers nĂ©cessite l’agrĂ©ment de la majoritĂ© en nombre des associĂ©s reprĂ©sentant plus de 50% du capital social (double majoritĂ©). La double majoritĂ© implique que plus de la moitiĂ© des associĂ©s, dĂ©tenant au moins la moitiĂ© du capital, doivent approuver la cession (art. L 223-12, Code com).
  • ProcĂ©dure d’agrĂ©ment : Elle consiste en une dĂ©cision collective des associĂ©s, gĂ©nĂ©ralement prise lors d’une assemblĂ©e ou par consultation Ă©crite, selon les modalitĂ©s prĂ©vues dans les statuts. En cas de refus, les statuts ou la loi prĂ©voient des modalitĂ©s de recours ou d’indemnisation (tableau 13, 14).
  • Effets de la cession : La cession non agréée est nulle, sauf exceptions (parts dĂ©tenues depuis au moins 2 ans donnent droit au rachat). La transmission aux hĂ©ritiers est libre sauf clause d’agrĂ©ment, mais en cas de refus d’agrĂ©ment, les hĂ©ritiers doivent ĂȘtre indemnisĂ©s par rachat ou annulation des parts (tableau 16).
  • FormalitĂ©s de publicitĂ© : La cession doit faire l’objet d’un acte Ă©crit (sous seing privĂ© ou notariĂ©), notifier la sociĂ©tĂ©, et faire l’objet d’une publicitĂ© lĂ©gale (enregistrement, insertion dans le BODACC, dĂ©pĂŽt au greffe du RCS). Ces formalitĂ©s garantissent la publicitĂ© de la transmission (art. 1690 C. civ., conditions gĂ©nĂ©rales).
  • Restrictions statutaires : Les statuts peuvent prĂ©voir des clauses limitant ou encadrant la transmission des parts sociales, notamment en exigeant un agrĂ©ment ou en limitant la transmission aux membres de la famille ou entre associĂ©s (tableau 15, 16).

Points essentiels

  • La cession des parts sociales est soumise Ă  une double majoritĂ© d’associĂ©s (plus de 50%) pour ĂȘtre agréée, conformĂ©ment Ă  l’art. L 223-12, Code com.
  • La procĂ©dure d’agrĂ©ment doit respecter les formalitĂ©s lĂ©gales et statutaires : dĂ©cision collective, notification, et publicitĂ© lĂ©gale. En cas de refus, la sociĂ©tĂ© doit indemniser les hĂ©ritiers ou procĂ©der Ă  un rachat des parts, selon leur durĂ©e de dĂ©tention (tableau 13, 14).
  • La transmission aux hĂ©ritiers est en principe libre, sauf clause d’agrĂ©ment dans les statuts. En cas de refus d’agrĂ©ment, la sociĂ©tĂ© doit racheter les parts ou les annuler, ce qui peut entraĂźner une rĂ©duction du capital social (tableau 16).
  • La formalisation de la cession doit respecter les conditions de forme : acte Ă©crit, notification Ă  la sociĂ©tĂ©, et publicitĂ© lĂ©gale pour assurer la validitĂ© et la publicitĂ© de la transmission (art. 1690 C. civ.).
  • Les clauses statutaires peuvent prĂ©voir des restrictions ou conditions spĂ©cifiques Ă  la transmission, limitant la libertĂ© de cĂ©der ou imposant des procĂ©dures particuliĂšres (tableau 15, 16).

À retenir

La cession des parts sociales dans une SARL est encadrĂ©e par une procĂ©dure d’agrĂ©ment Ă  la double majoritĂ©, avec des formalitĂ©s strictes de publicitĂ©, et peut ĂȘtre limitĂ©e par des clauses statutaires pour prĂ©server l’équilibre de la sociĂ©tĂ©.

5. Augmentation capital

Notions clés & Définitions

  • Apport en numĂ©raire : Somme d’argent versĂ©e par un associĂ© pour augmenter le capital social, libĂ©rĂ©e partiellement ou intĂ©gralement lors de la souscription, conformĂ©ment Ă  l’article L. 223-7 du Code de commerce.
  • Apport en nature : Biens meubles ou immeubles, corporels ou incorporels, apportĂ©s par un associĂ© pour augmenter le capital social, Ă©valuĂ©s par un commissaire aux apports (CAA) selon L. 223-9 du Code de commerce.
  • ProcĂ©dure d’augmentation : DĂ©cision collective des associĂ©s lors d’une AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale Extraordinaire (AGE), modification des statuts, et respect des formalitĂ©s lĂ©gales telles que publicitĂ© et dĂ©pĂŽt au greffe, conformĂ©ment aux art. L. 223-13 et suivants du Code de commerce.
  • LibĂ©ration des apports : MĂ©canisme par lequel les associĂ©s versent leurs apports, en numĂ©raire partiellement lors de la souscription (au minimum 1/5), et le reste dans un dĂ©lai de 5 ans aprĂšs immatriculation, selon L. 223-7 du Code de commerce.
  • Augmentation de capital variable : Forme d’augmentation oĂč le capital est fixĂ© avec un plafond et un plancher, permettant d’adapter librement le montant du capital dans ces limites, tout en mentionnant cette caractĂ©ristique dans les statuts, conformĂ©ment Ă  L. 223-40 du Code de commerce.

Points essentiels

  • La dĂ©cision d’augmentation de capital doit ĂȘtre prise en AGE, avec respect des rĂšgles de quorum et majoritĂ© (voir tableaux 9, 10, 11).
  • Lors d’un apport en numĂ©raire, la libĂ©ration partielle doit ĂȘtre d’au moins 1/5 Ă  la souscription, le reste Ă©tant libĂ©rĂ© dans les 5 ans, sous peine de nullitĂ© (L. 223-7).
  • La procĂ©dure d’agrĂ©ment pour les apports en nature ou la cession des parts sociales doit respecter la majoritĂ© en nombre des associĂ©s reprĂ©sentant plus de 50% du capital, sauf clauses statutaires plus restrictives.
  • La modification des statuts doit faire l’objet d’un dĂ©pĂŽt et d’une publicitĂ© lĂ©gale, notamment dans le BODACC et au greffe du RCS.
  • La crĂ©ation d’un capital variable permet une flexibilitĂ© dans la gestion du capital, avec un plafond fixĂ© dans les statuts, et une mention obligatoire dans ceux-ci.

À retenir

L’augmentation de capital, qu’elle soit en numĂ©raire ou en nature, doit respecter une procĂ©dure prĂ©cise, notamment la dĂ©cision collective, la modification des statuts, et la libĂ©ration progressive des apports, tout en permettant d’adapter la structure financiĂšre de la sociĂ©tĂ© selon ses besoins.

6. Transformation SARL

Notions clés & Définitions

  • Transformation de la SARL : OpĂ©ration juridique par laquelle une sociĂ©tĂ© change de forme juridique sans cesser son existence, impliquant une modification de sa structure juridique tout en conservant son patrimoine et sa personnalitĂ© morale (voir Conditions et procĂ©dure de transformation).
  • Conditions de transformation : NĂ©cessitent l’accord unanime ou majoritĂ© renforcĂ©e des associĂ©s, selon les statuts, ainsi que le respect des formalitĂ©s lĂ©gales, notamment la publicitĂ© et l’inscription au RCS (voir Conditions et procĂ©dure de transformation).
  • Effets juridiques de la transformation : La sociĂ©tĂ© conserve sa personnalitĂ© morale, ses droits et obligations, mais ses associĂ©s peuvent voir leurs droits et responsabilitĂ©s modifiĂ©s, notamment en matiĂšre fiscale et sociale (voir Effets juridiques).
  • FormalitĂ©s de publicitĂ© et inscription : La transformation doit faire l’objet d’un avis publiĂ© dans un journal d’annonces lĂ©gales, d’un dĂ©pĂŽt au greffe du tribunal de commerce, et d’une inscription modificative au RCS, pour assurer la publicitĂ© lĂ©gale de la transformation (voir FormalitĂ©s de publicitĂ© et inscription).
  • ConsĂ©quences fiscales et sociales : La transformation peut entraĂźner des consĂ©quences fiscales, notamment en matiĂšre de plus-values, et sociales, notamment en ce qui concerne le rĂ©gime des salariĂ©s et des dirigeants, selon les modalitĂ©s de la nouvelle forme juridique (voir ConsĂ©quences fiscales et sociales).

Points essentiels

  • La transformation doit respecter une procĂ©dure prĂ©cise : dĂ©cision des associĂ©s selon les rĂšgles statutaires, rĂ©daction d’un procĂšs-verbal, approbation unanime ou majoritĂ© renforcĂ©e, selon la forme initiale et la nouvelle (voir Conditions et procĂ©dure de transformation).
  • La sociĂ©tĂ© conserve sa personnalitĂ© morale, ses droits, ses obligations, et son patrimoine, Ă©vitant ainsi la dissolution ou la liquidation (voir Effets juridiques).
  • La formalitĂ© de publicitĂ© doit ĂȘtre effectuĂ©e dans un dĂ©lai fixĂ©, avec publication dans un journal d’annonces lĂ©gales, puis dĂ©pĂŽt au greffe, et inscription au RCS, pour rendre la transformation opposable aux tiers (voir FormalitĂ©s de publicitĂ© et inscription).
  • La transformation peut avoir des incidences fiscales, notamment en cas de changement de rĂ©gime, avec possibilitĂ© de plus-values ou de dĂ©calages fiscaux, et doit ĂȘtre analysĂ©e au cas par cas (voir ConsĂ©quences fiscales et sociales).
  • Sur le plan social, la transformation peut modifier le rĂ©gime des dirigeants et des salariĂ©s, notamment si la nouvelle forme juridique implique une nouvelle organisation ou un changement de statut (voir ConsĂ©quences fiscales et sociales).

À retenir

La transformation de la SARL est une opération juridique complexe qui doit respecter une procédure stricte pour préserver la continuité de la société, tout en ayant des implications importantes sur le plan fiscal et social.

7. Dissolution SARL

Notions clés & Définitions

  • Causes de dissolution : ÉvĂ©nements entraĂźnant la fin de la personnalitĂ© morale d'une SARL, telles que l'arrivĂ©e du terme prĂ©vu dans les statuts, la dĂ©cision des associĂ©s, ou une liquidation judiciaire (voir aussi "Effets de la dissolution sur la personnalitĂ© morale").
  • ProcĂ©dure de dissolution et liquidation : Ensemble des Ă©tapes lĂ©gales Ă  suivre aprĂšs la dĂ©cision de dissoudre une SARL, comprenant la nomination d’un liquidateur, la rĂ©alisation des actifs, le paiement des dettes, et la rĂ©partition du solde entre les associĂ©s.
  • Nomination du liquidateur : Acte par lequel les associĂ©s dĂ©signent une personne chargĂ©e de rĂ©aliser la liquidation de la sociĂ©tĂ©, conformĂ©ment Ă  l’article L. 223-30 du Code de commerce.
  • RĂ©partition de l’actif net entre les associĂ©s : OpĂ©ration de partage du solde de l’actif de la sociĂ©tĂ© aprĂšs paiement des crĂ©anciers, selon la quote-part de chaque associĂ© dans le capital social, conformĂ©ment Ă  la procĂ©dure prĂ©vue par la loi.
  • Effets de la dissolution sur la personnalitĂ© morale : La dissolution ne met pas fin immĂ©diatement Ă  la sociĂ©tĂ© ; celle-ci conserve sa personnalitĂ© morale jusqu’à la clĂŽture de la liquidation, moment oĂč elle est Ă©teinte par la radiation du RCS.

Points essentiels

  • La dissolution peut rĂ©sulter de causes lĂ©gales (arrivĂ©e du terme, dĂ©cision des associĂ©s, liquidation judiciaire) ou conventionnelles (clause de dissolution dans les statuts).
  • La procĂ©dure dĂ©bute par une dĂ©cision formelle des associĂ©s ou une dĂ©cision judiciaire, suivie de la nomination d’un liquidateur (art. L. 223-30). La sociĂ©tĂ© continue d’exister durant la liquidation, pour rĂ©aliser ses actifs et apurer ses passifs.
  • La rĂ©partition de l’actif net doit respecter l’ordre de prioritĂ© : paiement des crĂ©anciers, puis distribution du solde aux associĂ©s en proportion de leurs parts sociales.
  • La personnalitĂ© morale de la SARL subsiste jusqu’à la clĂŽture de la liquidation, moment oĂč la sociĂ©tĂ© est radiĂ©e du RCS, mettant fin Ă  son existence juridique.
  • La liquidation peut ĂȘtre volontaire (dĂ©cision des associĂ©s) ou judiciaire (liquidation judiciaire), chaque cas ayant ses rĂšgles spĂ©cifiques (voir aussi "Liquidation judiciaire").

À retenir

La dissolution d'une SARL marque le dĂ©but de sa liquidation, processus durant lequel la sociĂ©tĂ© conserve sa personnalitĂ© morale jusqu’à la clĂŽture, aprĂšs laquelle elle disparaĂźt officiellement.

8. SARL unipersonnelle (EURL)

Notions clés & Définitions

  • DĂ©finition de l'EURL : La SARL unipersonnelle, ou EURL, est une sociĂ©tĂ© Ă  responsabilitĂ© limitĂ©e constituĂ©e par un seul associĂ©, qui ne supporte les pertes qu’à hauteur de ses apports, conformĂ©ment Ă  CH 14 (date). Elle possĂšde la nature juridique d’une SARL, mais avec un seul membre.

  • Conditions spĂ©cifiques de constitution d'une EURL : La crĂ©ation d’une EURL requiert la rĂ©daction de statuts, la rĂ©alisation d’apports en numĂ©raire ou en nature, et l’immatriculation au RCS. L’associĂ© doit ĂȘtre une personne physique ou morale capable, avec une capacitĂ© civile suffisante, conformĂ©ment Ă  CH 14.

  • RĂ©gime juridique particulier de l'associĂ© unique : L’associĂ© unique bĂ©nĂ©ficie d’un rĂ©gime simplifiĂ©, notamment en matiĂšre de fonctionnement et de prise de dĂ©cision. La gestion est allĂ©gĂ©e, avec une procĂ©dure de dĂ©cision plus souple, tout en conservant la responsabilitĂ© limitĂ©e aux apports, comme le prĂ©cise CH 14.

  • Fonctionnement simplifiĂ© par rapport Ă  la SARL pluripersonnelle : La gestion de l’EURL est plus souple : pas d’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale obligatoire, dĂ©cisions prises par l’associĂ© seul, formalitĂ©s allĂ©gĂ©es, notamment en matiĂšre de tenue de comptabilitĂ© et de dĂ©cisions sociales, conformĂ©ment Ă  CH 14.

  • PossibilitĂ© de transformation en SARL pluripersonnelle : L’EURL peut Ă©voluer vers une SARL avec plusieurs associĂ©s via une transformation juridique, en respectant les conditions de forme et de procĂ©dure prĂ©vues par la loi, tout en conservant la responsabilitĂ© limitĂ©e aux apports, selon CH 14.

Points essentiels

  • La crĂ©ation de l’EURL nĂ©cessite la rĂ©daction de statuts, la rĂ©alisation d’apports (numĂ©raire, nature ou industrie) et l’immatriculation au RCS, conformĂ©ment Ă  CH 14.
  • L’associĂ© unique peut ĂȘtre une personne physique ou morale, avec une capacitĂ© civile suffisante. La responsabilitĂ© est limitĂ©e aux apports, ce qui protĂšge le patrimoine personnel, comme indiquĂ© dans CH 14.
  • La gestion de l’EURL est simplifiĂ©e : pas d’obligation d’organiser une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, dĂ©cisions prises par l’associĂ© seul, ce qui facilite la prise de dĂ©cisions rapides.
  • La transformation en SARL pluripersonnelle est possible Ă  tout moment, sous rĂ©serve du respect des formalitĂ©s lĂ©gales, permettant une Ă©volution flexible de la structure juridique.
  • La responsabilitĂ© limitĂ©e de l’associĂ© unique est une garantie essentielle, tout en permettant une gestion souple adaptĂ©e aux petites structures.

À retenir

L’EURL est une forme juridique simplifiĂ©e de la SARL, conçue pour un seul associĂ©, offrant une gestion allĂ©gĂ©e et une responsabilitĂ© limitĂ©e, avec la possibilitĂ© d’évoluer vers une SARL pluripersonnelle si nĂ©cessaire.

Tableaux de SynthĂšse

ThÚmePoints clésAuteur / Référence
Constitution SARLSociété à responsabilité limitée, minimum 2 associés, maximum 100 (sauf EURL), responsabilité limitée aux apports, formalismes strictsCode de commerce, art. L 223-1, L 223-4, L 223-16
Apports en natureÉvaluation par commissaire aux apports sauf seuils, libĂ©ration intĂ©grale, responsabilitĂ© en cas de surĂ©valuation frauduleuseCode de commerce, art. L 223-7, L 223-9, PERROUX (date)
Gérance SARLNomination, durée, révocation, responsabilités civiles et pénales, cumul des mandatsCode de commerce, art. L 223-18, L 223-29, CH 14

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre SARL et EURL : la SARL nĂ©cessite au minimum 2 associĂ©s, l’EURL un seul.
  2. Omettre la nĂ©cessitĂ© d’un commissaire aux apports pour les apports en nature si seuils dĂ©passĂ©s.
  3. Croire que la cession de parts sociales est libre : elle nécessite souvent un agrément, sauf exceptions.
  4. Confondre responsabilité civile et pénale en cas de surévaluation frauduleuse des apports.
  5. Ignorer que la responsabilitĂ© du gĂ©rant peut ĂȘtre engagĂ©e mĂȘme en dehors de la sociĂ©tĂ© pour faute personnelle.
  6. Penser que la révocation du gérant nécessite toujours une décision judiciaire : souvent, décision des associés suffit.
  7. Confondre les conditions de fond et de forme lors de la constitution de la SARL.

Checklist Examen

  1. ConnaĂźtre la dĂ©finition de la SARL selon l’article L 223-1 du Code de commerce.
  2. Savoir que la SARL peut ĂȘtre constituĂ©e par une seule personne dans le cadre de l’EURL.
  3. Maßtriser les conditions de fond pour la validité du contrat de société (consentement, capacité, objet licite).
  4. ConnaĂźtre le nombre d’associĂ©s requis pour une SARL et la diffĂ©rence avec l’EURL.
  5. Savoir que les parts sociales ne sont pas négociables et leur cession nécessite souvent un agrément.
  6. ConnaĂźtre la composition du capital social et l’absence de minimum lĂ©gal.
  7. Comprendre le rĂŽle du commissaire aux apports dans l’évaluation des apports en nature (art. L 223-7, L 223-9).
  8. Savoir que la libĂ©ration des apports en nature doit ĂȘtre intĂ©grale lors de la constitution.
  9. Connaßtre les responsabilités civiles et pénales en cas de surévaluation frauduleuse des apports (PERROUX).
  10. Maßtriser la procédure de nomination, de révocation et les responsabilités du gérant (art. L 223-18, L 223-29).
  11. ConnaĂźtre les conditions pour qu’un gĂ©rant puisse ĂȘtre Ă©tranger ou mineur.
  12. Savoir que la publicitĂ© lĂ©gale et l’inscription au RCS sont obligatoires lors de la constitution.

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Test your knowledge on Gestion et Transformation de la SARL with 8 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quelle est la définition correcte de la SARL selon le Code de commerce ?

2. Selon l’article L. 223-9 du Code de commerce, dans quelles conditions l’évaluation des apports en nature peut-elle ĂȘtre dispensĂ©e d’un commissaire aux apports ?

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Memorize the key concepts of Gestion et Transformation de la SARL with 16 interactive flashcards.

SARL — dĂ©finition ?

Société à responsabilité limitée, entre 2 et 100 associés.

Apports en nature — obligation ?

Évaluation par commissaire aux apports sauf seuils.

GĂ©rance SARL — nomination ?

Décidée par les associés, majorité requise.

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