Revision sheet: Introduction au droit administratif

Plan du Cours

  1. DĂ©finition et double logique de l’administration
  2. Organes de l’administration et personnes publiques
  3. Déconcentration et décentralisation territoriale et fonctionnelle
  4. CompĂ©tences et organisation de l’État
  5. Collectivités territoriales et établissements publics
  6. Pourquoi un droit administratif et son champ
  7. Branches du droit administratif
  8. Juridictions administratives de premier ressort
  9. Juridictions d’appel et juridiction de cassation
  10. Organisation interne des juridictions administratives
  11. Tribunal des conflits et conflits de compétence
  12. Recours contentieux : recours pour excĂšs de pouvoir

1. DĂ©finition et double logique de l’administration

Notions clés & Définitions

  • Administration (droit administratif) : En droit administratif, l’administration dĂ©signe Ă  la fois les organes qui exĂ©cutent les missions publiques et l’action menĂ©e pour gĂ©rer les affaires publiques.
  • Organes de l’administration : Les organes de l’administration sont les agents et services chargĂ©s d’exĂ©cuter les missions publiques.
  • Action administrative : L’action administrative correspond Ă  la gestion concrĂšte des affaires publiques par l’administration.
  • Personne morale : Une personne morale est une entitĂ© regroupant des personnes physiques, distincte d’un individu pris isolĂ©ment.
  • DĂ©concentration : La dĂ©concentration est l’implantation locale de reprĂ©sentants ou services de l’État, dĂ©pendant directement de l’État et sans autonomie.

Points essentiels

  • En langage courant, « administration » peut viser des rĂ©alitĂ©s variĂ©es, mais en droit administratif le terme a un sens technique prĂ©cis.
  • En droit administratif, « administration » renvoie Ă  deux logiques distinctes : les organes (exĂ©cution des missions) et l’action administrative (gestion des affaires publiques).
  • L’administration est toujours reprĂ©sentĂ©e par une personne morale : les agents publics agissent au nom des institutions.
  • La dĂ©concentration consiste Ă  installer localement des reprĂ©sentants de l’État qui dĂ©pendent directement de lui et restent dĂ©pourvus d’autonomie.
  • La dĂ©centralisation implique, Ă  cĂŽtĂ© de l’État, l’existence d’autres personnes morales distinctes dotĂ©es d’une autonomie.
  • La dĂ©centralisation prend deux formes : territoriale (collectivitĂ©s territoriales) et fonctionnelle (Ă©tablissements publics pour une activitĂ© dĂ©terminĂ©e).

Astuce mémo

Double sens = Double logique : Organes (qui agissent) + Action (ce qu’ils font).

2. Organes de l’administration et personnes publiques

Notions clés & Définitions

  • DĂ©centralisation territoriale : La dĂ©centralisation territoriale correspond Ă  une rĂ©partition des compĂ©tences selon un dĂ©coupage gĂ©ographique, au niveau des collectivitĂ©s.
  • DĂ©centralisation fonctionnelle : La dĂ©centralisation fonctionnelle consiste Ă  crĂ©er des Ă©tablissements publics chargĂ©s de gĂ©rer une activitĂ© dĂ©terminĂ©e.
  • CompĂ©tences rĂ©galiennes : Les compĂ©tences rĂ©galiennes sont des compĂ©tences de souverainetĂ© qui relĂšvent exclusivement de l’État.
  • Administration centrale : L’administration centrale regroupe les autoritĂ©s Ă©tatiques nationales qui pilotent l’action gouvernementale.
  • Administration dĂ©concentrĂ©e : L’administration dĂ©concentrĂ©e correspond Ă  des services de l’État agissant localement au nom de l’État.

Points essentiels

  • La dĂ©centralisation territoriale vise un territoire et concerne les collectivitĂ©s territoriales : communes, dĂ©partements, rĂ©gions.
  • La dĂ©centralisation fonctionnelle crĂ©e des Ă©tablissements publics pour gĂ©rer une activitĂ© prĂ©cise.
  • La PrĂ©fecture de la Haute-Garonne illustre une administration dĂ©concentrĂ©e.
  • Le DĂ©partement de la Haute-Garonne illustre une administration dĂ©centralisĂ©e.
  • Le centre hospitalier universitaire de Toulouse est un Ă©tablissement public.
  • L’État dĂ©tient exclusivement les compĂ©tences rĂ©galiennes : faire les lois, Ă©mettre la monnaie, lever les impĂŽts.

Astuce mémo

Territoriale = territoire (communes/départements/régions) ; Fonctionnelle = fonction (établissements publics).

3. Déconcentration et décentralisation territoriale et fonctionnelle

Notions clés & Définitions

  • Maire : Le maire est l’exĂ©cutif local Ă©lu par le conseil municipal pour une durĂ©e de 6 ans.
  • IndĂ©pendance du maire : L’indĂ©pendance du maire signifie que le conseil municipal ne peut pas le dĂ©mettre de ses fonctions.
  • Conseil municipal : Le conseil municipal est l’assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante locale composĂ©e de conseillers Ă©lus pour 6 ans.
  • DĂ©centralisation fonctionnelle : La dĂ©centralisation fonctionnelle consiste Ă  crĂ©er une entitĂ© chargĂ©e de gĂ©rer un service public dĂ©terminĂ©.
  • Établissement public : L’établissement public est une structure autonome pouvant gĂ©rer un service public, notamment dans le cadre d’une dĂ©centralisation fonctionnelle.

Points essentiels

  • Le maire est Ă©lu par le conseil municipal pour une durĂ©e de 6 ans et exerce ses fonctions comme exĂ©cutif local.
  • Le conseil municipal ne peut pas dĂ©mettre le maire de ses fonctions, ce qui garantit son indĂ©pendance.
  • Les fonctions du maire se distinguent entre celles exercĂ©es seul et celles exercĂ©es avec le conseil municipal.
  • Le conseil municipal est compĂ©tent pour gĂ©rer les affaires locales, notamment via le vote du budget et la gestion des biens de la collectivitĂ©.
  • Les dĂ©partements et les rĂ©gions ont une structure similaire : un exĂ©cutif Ă©lu, une assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante Ă©lue et des agents administratifs recrutĂ©s majoritairement comme fonctionnaires.
  • Les dĂ©partements exercent des missions notamment en Ă©ducation et tourisme, ainsi que dans le secteur social, tandis que les rĂ©gions interviennent notamment dans le scolaire et la formation professionnelle.

Astuce mémo

Maire = exécutif local élu (6 ans) et « non démissible » ; Conseil municipal = budget et biens ; Décentralisation fonctionnelle = « un service, une entité ».

4. CompĂ©tences et organisation de l’État

Notions clés & Définitions

  • Principe de laĂŻcitĂ© : Principe constitutionnel imposant la neutralitĂ© de l’État et des administrations vis-Ă -vis des religions.
  • LibertĂ© du commerce et de l’industrie : Principe garantissant la libertĂ© d’entreprendre et de pratiquer des activitĂ©s Ă©conomiques, sans entrave injustifiĂ©e.
  • Biens publics insaisissables : RĂšgle selon laquelle les biens et deniers publics ne peuvent pas faire l’objet de mesures d’exĂ©cution classiques.
  • Mandatement d’office : ProcĂ©dure permettant de forcer l’exĂ©cution d’une dĂ©cision de justice contre l’administration en cas de non-respect des dĂ©lais.
  • Prescription quadriennale : DĂ©lai spĂ©cial de 4 ans au-delĂ  duquel les crĂ©anciers de l’administration ne peuvent plus rĂ©clamer le remboursement de leur crĂ©ance.

Points essentiels

  • Une administration ne peut pas faire l’objet d’une procĂ©dure de redressement ou de liquidation judiciaire.
  • Les procĂ©dures d’exĂ©cution classiques (ex. saisie par huissier) ne peuvent pas ĂȘtre engagĂ©es contre l’administration.
  • Les biens et deniers publics sont qualifiĂ©s d’insaisissables.
  • En cas de non-exĂ©cution d’une dĂ©cision de justice dans les dĂ©lais, un mandatement d’office peut ĂȘtre dĂ©clenchĂ©.
  • Le dĂ©lai de non-exĂ©cution mentionnĂ© est de deux mois en matiĂšre administrative.
  • L’administration peut recouvrer ses crĂ©ances par l’émission d’un titre exĂ©cutoire sans saisir le juge.

Astuce mémo

Insaisissable pour protĂ©ger l’État : pas de saisie ni de faillite, mais mandatement d’office pour exĂ©cuter la justice.

5. Collectivités territoriales et établissements publics

Notions clés & Définitions

  • DĂ©cisions administratives implicites : Les dĂ©cisions administratives implicites sont des dĂ©cisions qui naissent du silence de l’administration pendant un dĂ©lai aprĂšs une demande de l’administrĂ©.
  • Silence de l’administration : Le silence de l’administration dĂ©signe l’absence de rĂ©ponse formelle Ă  une demande, qui peut produire une dĂ©cision implicite au terme d’un dĂ©lai.
  • DĂ©lai de deux mois : Le dĂ©lai de deux mois est la durĂ©e, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, pendant laquelle l’administration doit rĂ©pondre formellement Ă  une demande pour Ă©viter une dĂ©cision implicite.
  • DĂ©cision implicite de rejet : La dĂ©cision implicite de rejet est la consĂ©quence, par principe, du silence de l’administration lorsque celle-ci ne rĂ©pond pas dans le dĂ©lai.
  • MarchĂ© public : Un marchĂ© public est un contrat administratif conclu par l’administration avec une entreprise privĂ©e Ă  l’issue d’une procĂ©dure de mise en concurrence.

Points essentiels

  • En principe, le silence de l’administration pendant le dĂ©lai fait naĂźtre une dĂ©cision implicite de rejet.
  • Le dĂ©lai est, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, de deux mois aprĂšs une demande formulĂ©e par un citoyen.
  • Exemple de dĂ©cision implicite : aprĂšs un recours adressĂ© Ă  la mairie, le silence pendant deux mois vaut rejet du recours.
  • Dans certains domaines (notamment l’urbanisme), des dĂ©cisions implicites peuvent valoir acceptation de la demande au lieu d’un rejet.
  • Les marchĂ©s publics sont conclus avec des entreprises privĂ©es aprĂšs une procĂ©dure de mise en concurrence (ex. appel d’offres).
  • La mise en concurrence est obligatoire sous condition de montant afin d’assurer transparence et bon usage des deniers publics.

Astuce mémo

Silence = dĂ©lai : 2 mois → par principe Rejet ; en urbanisme, Silence peut basculer vers Acceptation.

6. Pourquoi un droit administratif et son champ

Notions clés & Définitions

  • IncompĂ©tence temporelle : L’incompĂ©tence temporelle est un vice de compĂ©tence oĂč l’administration dĂ©cide Ă  un moment oĂč elle n’a plus le pouvoir de le faire.
  • IncompĂ©tence gĂ©ographique : L’incompĂ©tence gĂ©ographique est un vice de compĂ©tence oĂč l’administration intervient hors du ressort territorial qui dĂ©limite sa compĂ©tence.
  • Vice de procĂ©dure : Le vice de procĂ©dure est un dĂ©faut qui apparaĂźt quand l’administration mĂ©connaĂźt une rĂšgle qui organise la façon d’élaborer la dĂ©cision.
  • Vice de forme : Le vice de forme est un dĂ©faut qui affecte la validitĂ© d’une dĂ©cision quand les exigences matĂ©rielles de l’acte ne sont pas respectĂ©es.
  • IllĂ©galitĂ© interne : L’illĂ©galitĂ© interne est l’illĂ©galitĂ© qui tient au contenu mĂȘme de la dĂ©cision, notamment quand elle mĂ©connaĂźt une rĂšgle de droit ou ses motifs.

Points essentiels

  • Un acte administratif peut ĂȘtre illĂ©gal en raison d’un vice de compĂ©tence, notamment par incompĂ©tence temporelle ou incompĂ©tence gĂ©ographique.
  • Un vice de procĂ©dure existe quand l’administration ne respecte pas une rĂšgle encadrant l’élaboration de la dĂ©cision administrative.
  • La publicitĂ© des actes administratifs conditionne leur entrĂ©e en vigueur et leur opposabilitĂ© aux administrĂ©s.
  • En l’absence de publication, la dĂ©cision est illĂ©gale et les administrĂ©s ne sont pas tenus de l’appliquer s’ils n’en ont pas connaissance.
  • Pour ĂȘtre lĂ©gale, une dĂ©cision doit ĂȘtre signĂ©e, identifier l’auteur et sa fonction, et ĂȘtre motivĂ©e par l’exposĂ© des motifs.

Astuce mémo

CompĂ©tence = Quand + OĂč ; ProcĂ©dure = Comment on fabrique ; Forme = Comment l’acte est prĂ©sentĂ© ; Interne = Ce que l’acte contient.

7. Branches du droit administratif

Notions clés & Définitions

  • Droit des collectivitĂ©s territoriales : Le droit des collectivitĂ©s territoriales regroupe les rĂšgles qui encadrent le fonctionnement des administrations locales.
  • Code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales : Le CGCT est le recueil qui compile, pour l’essentiel, les rĂšgles du droit des collectivitĂ©s territoriales.
  • Droit de la santĂ© : Le droit de la santĂ© regroupe les rĂšgles relatives Ă  l’organisation et au fonctionnement des activitĂ©s menĂ©es dans l’intĂ©rĂȘt de la santĂ© des personnes.
  • Droit des services publics : Le droit des services publics encadre les rĂšgles applicables aux services publics et Ă  leur traitement des usagers.

Points essentiels

  • Le droit administratif s’applique uniquement Ă  l’administration (dans son fonctionnement ou dans l’action administrative) et au rapport entre l’administration et les administrĂ©s.
  • Le droit des collectivitĂ©s territoriales vise le fonctionnement d’une administration locale et ses rĂšgles juridiques correspondantes.
  • Les rĂšgles du droit des collectivitĂ©s territoriales sont, pour l’essentiel, compilĂ©es dans le CGCT.
  • Le droit de la santĂ© est un ensemble particuliĂšrement large portant sur l’organisation et le fonctionnement d’activitĂ©s liĂ©es Ă  la santĂ© des personnes.
  • Le droit de la santĂ© comprend notamment le droit de la santĂ© publique, le droit de la sĂ©curitĂ© sociale, le droit des professionnels de santĂ© et le droit des patients.
  • Dans les services publics, les usagers doivent ĂȘtre traitĂ©s de maniĂšre Ă©gale, sans empĂȘcher des discriminations positives pour atteindre une forme d’égalitĂ©.

Astuce mémo

Collectivités = CGCT ; Santé = santé publique + sécurité sociale + pros + patients ; Services publics = égalité (avec discriminations positives possibles).

8. Juridictions administratives de premier ressort

Notions clés & Définitions

  • Juridictions administratives : Les juridictions administratives sont les tribunaux chargĂ©s de trancher les litiges relevant du droit administratif.
  • Premier ressort : Le premier ressort dĂ©signe le niveau de jugement oĂč l’affaire est examinĂ©e pour la premiĂšre fois avant d’éventuels recours.
  • Contentieux administratif : Le contentieux administratif regroupe les procĂ©dures permettant de contester une dĂ©cision ou une action de l’administration devant les juridictions compĂ©tentes.
  • Droit des services publics : Le droit des services publics encadre les obligations de l’administration envers les usagers, notamment l’égalitĂ© et la neutralitĂ©.

9. Juridictions d’appel et juridiction de cassation

Notions clés & Définitions

  • Cour administrative d’appel : La cour administrative d’appel est la juridiction d’appel de droit commun du contentieux administratif.
  • Conseil d’Etat : Le Conseil d’Etat est la juridiction de cassation de droit commun en matiĂšre administrative.
  • Tribunal administratif : Le tribunal administratif est la juridiction de droit commun qui statue en premier ressort sur les litiges administratifs.
  • Recours en cassation : Le recours en cassation est la voie de contestation dirigĂ©e contre les arrĂȘts rendus par les cours administratives d’appel.
  • DĂ©lai d’appel : Le dĂ©lai d’appel est la durĂ©e Ă  respecter pour contester un jugement rendu par un tribunal administratif.

Points essentiels

  • Le tribunal administratif tranche en premier ressort les contentieux administratifs.
  • Il existe 42 tribunaux administratifs, avec des compĂ©tences gĂ©ographiques soit limitĂ©es (ex. Paris), soit Ă©tendues Ă  plusieurs dĂ©partements (ex. Toulouse).
  • Le dĂ©lai pour faire appel d’un jugement rendu par un tribunal administratif est de 2 mois.
  • Il existe 9 cours administratives d’appel : Paris, Lyon, Nancy, Nantes, Bordeaux, Marseille, Douai, Versailles et Toulouse (depuis 2022).
  • Le dĂ©lai pour exercer un recours en cassation contre les arrĂȘts rendus par les cours administratives d’appel est de 2 mois.
  • Le Conseil d’Etat siĂšge Ă  Paris et connaĂźt des recours dirigĂ©s contre les arrĂȘts des cours administratives d’appel.

Astuce mémo

TA = 1er ressort (2 mois pour appeler) ; CAA = appel ; CE = cassation (2 mois contre les arrĂȘts de CAA).

10. Organisation interne des juridictions administratives

Notions clés & Définitions

  • DĂ©clinatoire de compĂ©tence : Le dĂ©clinatoire de compĂ©tence est la notification par le prĂ©fet Ă  la juridiction pour contester sa compĂ©tence sur un litige.
  • ArrĂȘtĂ© de conflit : L’arrĂȘtĂ© de conflit est la dĂ©cision du prĂ©fet permettant de saisir le Tribunal des conflits si la juridiction maintient sa compĂ©tence.
  • Conflit de compĂ©tence nĂ©gatif : Le conflit de compĂ©tence nĂ©gatif est la situation oĂč deux ordres de juridiction, saisis successivement du mĂȘme litige, se dĂ©clarent incompĂ©tents.
  • Renvoi direct pour difficultĂ© sĂ©rieuse : Le renvoi direct pour difficultĂ© sĂ©rieuse est le mĂ©canisme par lequel une juridiction renvoie une question de compĂ©tence jugĂ©e particuliĂšrement dĂ©licate.
  • DĂ©ni de justice : Le dĂ©ni de justice est l’hypothĂšse oĂč deux ordres de juridiction rendent des dĂ©cisions contradictoires sur une mĂȘme affaire.

Points essentiels

  • En cas de dĂ©clinatoire de compĂ©tence, si la juridiction maintient sa compĂ©tence, le prĂ©fet prend un arrĂȘtĂ© de conflit pour saisir le Tribunal des conflits.
  • En cas de conflit de compĂ©tence nĂ©gatif, le Tribunal des conflits est saisi par le demandeur si le premier jugement d’incompĂ©tence n’est pas dĂ©finitif.
  • En cas de conflit de compĂ©tence nĂ©gatif, le Tribunal des conflits est saisi par le tribunal qui veut rendre la seconde dĂ©cision d’incompĂ©tence si le premier jugement est dĂ©finitif.
  • Le renvoi direct pour difficultĂ© sĂ©rieuse intervient quand la juridiction estime devoir trancher une question de compĂ©tence soulevant une difficultĂ© particuliĂšre.
  • Le dĂ©ni de justice vise des dĂ©cisions contradictoires sur le fond entre ordres de juridiction, et non une simple difficultĂ© de compĂ©tence.

Astuce mémo

DĂ©clinatoire → ArrĂȘtĂ© de conflit → Tribunal des conflits ; NĂ©gatif = deux incompĂ©tences ; DĂ©ni = deux dĂ©cisions contradictoires.

11. Tribunal des conflits et conflits de compétence

Notions clés & Définitions

  • Tribunal des conflits : Juridiction chargĂ©e de trancher les conflits de compĂ©tence entre les ordres de juridictions, notamment lorsque la question du juge compĂ©tent est incertaine.
  • Conflit de compĂ©tence : Situation oĂč deux juridictions ou deux ordres de juridiction peuvent se dĂ©clarer compĂ©tentes ou au contraire s’estimer incompĂ©tentes pour connaĂźtre d’un mĂȘme litige.
  • Ordre administratif : Ensemble des juridictions compĂ©tentes pour connaĂźtre des litiges relevant du droit administratif.
  • Ordre judiciaire : Ensemble des juridictions compĂ©tentes pour connaĂźtre des litiges relevant du droit privĂ© et de certaines matiĂšres relevant du juge judiciaire.

Points essentiels

  • Le tribunal des conflits intervient lorsque la compĂ©tence entre ordres de juridiction est contestĂ©e ou incertaine.
  • Un conflit de compĂ©tence peut naĂźtre d’une divergence sur le juge compĂ©tent entre juridictions de l’ordre administratif et de l’ordre judiciaire.
  • La finalitĂ© est d’éviter qu’un litige soit traitĂ© par le mauvais juge ou qu’il reste sans juge compĂ©tent.
  • Le tribunal des conflits sert de mĂ©canisme de coordination pour garantir la bonne rĂ©partition des compĂ©tences entre ordres de juridiction.
  • La compĂ©tence du tribunal des conflits se rattache Ă  la question « qui juge ? » plus qu’au fond du litige lui-mĂȘme.

Astuce mémo

Conflit = « qui juge ? » : le Tribunal des conflits tranche entre administratif et judiciaire.

12. Recours contentieux : recours pour excĂšs de pouvoir

Notions clés & Définitions

  • RequĂȘte au fond : La requĂȘte au fond est l’action principale demandant au juge administratif d’annuler ou de modifier la dĂ©cision contestĂ©e.
  • RĂ©fĂ©rĂ©-suspension : Le rĂ©fĂ©rĂ©-suspension est une procĂ©dure d’urgence visant Ă  obtenir la suspension de l’exĂ©cution d’une dĂ©cision administrative.
  • Doute sĂ©rieux : Le doute sĂ©rieux est l’élĂ©ment qui permet au juge des rĂ©fĂ©rĂ©s d’estimer qu’il existe une contestation sĂ©rieuse de la lĂ©galitĂ© de la dĂ©cision.
  • TĂ©lĂ©recours : TĂ©lĂ©recours est la plateforme permettant de dĂ©poser certaines requĂȘtes contentieuses devant les tribunaux administratifs.

Points essentiels

  • Le rĂ©fĂ©rĂ©-suspension exige trois conditions cumulatives : requĂȘte au fond, urgence, et doute sĂ©rieux sur la lĂ©galitĂ©.
  • Le rĂ©fĂ©rĂ©-suspension permet d’obtenir, en urgence, la suspension de l’exĂ©cution d’une dĂ©cision administrative.
  • Le rĂ©fĂ©rĂ©-instruction (mesure utile) peut ĂȘtre demandĂ© mĂȘme sans dĂ©cision administrative, pour obtenir une mesure d’expertise ou d’instruction.
  • La requĂȘte introductive d’instance n’a pas de formalisme particulier mais doit ĂȘtre en français, identifier les parties, et ĂȘtre signĂ©e par le requĂ©rant ou son avocat.
  • La requĂȘte doit joindre en annexe la dĂ©cision attaquĂ©e et contenir faits, moyens et conclusions (annulation, condamnation, etc.).
  • La procĂ©dure administrative est en principe Ă©crite, sauf exceptions dĂ©rogatoires comme les rĂ©fĂ©rĂ©s, qui sont oraux.

Astuce mémo

RĂ©fĂ©rĂ©-suspension = 3 “U” : Urgence + Un doute sĂ©rieux + Une requĂȘte au fond.

Tableaux de synthĂšse

Déconcentration vs décentralisation

CritÚreDéconcentrationDécentralisation
Personnes moralesReprĂ©sentants/Ă©manations de l’ÉtatAutres personnes morales distinctes de l’État, dotĂ©es d’autonomie
AutonomieDépourvus de toute autonomieAutonomie reconnue
Ancrage territorialImplantation locale de reprĂ©sentants de l’ÉtatDĂ©coupage gĂ©ographique via collectivitĂ©s territoriales (territoriale) ou entitĂ©s pour une activitĂ© (fonctionnelle)

Décentralisation territoriale vs fonctionnelle

FormeOrganisationExemples
TerritorialeCompétence par référence à un territoire donnéCollectivités territoriales : Communes, Départements, Régions
FonctionnelleCrĂ©ation d’établissements publics chargĂ©s d’une activitĂ© dĂ©terminĂ©eCentre hospitalier universitaire (ex. Ă©tablissement public)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre organes de l’administration (agents et services) et action administrative (gestion des affaires publiques).
  2. Croire que la dĂ©concentration donne une autonomie locale : les reprĂ©sentants de l’État dĂ©pendent directement de l’État et restent sans autonomie.
  3. Mélanger les deux formes de décentralisation : territoriale = découpage géographique (communes/départements/régions) ; fonctionnelle = établissement public pour une activité déterminée.
  4. Penser que l’administration peut ĂȘtre saisie comme un particulier : les biens et deniers publics sont insaisissables et l’administration ne fait pas l’objet de redressement/liquidation judiciaire.
  5. Inverser la logique du silence : en principe deux mois de silence = dĂ©cision implicite de rejet, sauf certains domaines comme l’urbanisme oĂč le silence peut valoir acceptation.
  6. Confondre vice de procĂ©dure et vice de forme : procĂ©dure = rĂšgles d’élaboration de la dĂ©cision ; forme = exigences matĂ©rielles de l’acte (signature, identitĂ©/fonction, motivation).
  7. Se tromper sur le REP : il n’a pas d’effet suspensif et ne permet pas de contester un contrat administratif (seulement un acte administratif).

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’administration en droit administratif comme double logique : organes (agents/services) et action administrative (gestion des affaires publiques).
  2. Expliquer pourquoi l’administration est toujours reprĂ©sentĂ©e par une personne morale et distinguer personne physique/personne morale.
  3. Distinguer dĂ©concentration et dĂ©centralisation, en prĂ©cisant l’autonomie et la prĂ©sence d’autres personnes morales distinctes de l’État.
  4. Identifier les deux formes de décentralisation : territoriale (communes/départements/régions) et fonctionnelle (établissements publics pour une activité déterminée).
  5. Citer les compĂ©tences rĂ©galiennes de l’État et distinguer administration centrale et administration dĂ©concentrĂ©e (rĂŽle des prĂ©fectures).
  6. DĂ©crire l’organisation des collectivitĂ©s territoriales (communes/dĂ©partements/rĂ©gions) : exĂ©cutif Ă©lu, assemblĂ©e dĂ©libĂ©rante Ă©lue, agents administratifs recrutĂ©s majoritairement comme fonctionnaires.
  7. Expliquer le rĂŽle de l’administration : intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, missions de souverainetĂ©, exclusion du profit personnel, et limites (principe de laĂŻcitĂ© et libertĂ© du commerce et de l’industrie).
  8. MaĂźtriser les privilĂšges liĂ©s aux deniers et biens publics : insaisissabilitĂ©, mandatement d’office en cas de non-exĂ©cution dans les dĂ©lais (2 mois), titre exĂ©cutoire, prescription quadriennale.
  9. ConnaĂźtre les dĂ©cisions administratives : actes administratifs (dĂ©crets/arrĂȘtĂ©s/dĂ©libĂ©rations), portĂ©e gĂ©nĂ©rale vs individuelle, et dĂ©cisions implicites par silence (dĂ©lai de 2 mois, rejet par principe).
  10. Savoir définir le marché public et la logique de mise en concurrence obligatoire sous condition de montant (transparence et bon usage des deniers publics).
  11. Classer les causes d’illĂ©galitĂ© : illĂ©galitĂ© externe (vice de compĂ©tence : matĂ©rielle/temporelle/gĂ©ographique ; vice de procĂ©dure ; vice de forme) et illĂ©galitĂ© interne (violation d’une rĂšgle de droit, motifs de fait/dro
  12. détournement de pouvoir).
  13. Présenter le contentieux administratif : juridictions (TA en premier ressort, 9 CAA, CE en cassation), organisation interne (formation collégiale/juge unique, rapporteur public), et Tribunal des conflits (4 hypothÚses +
  14. dĂ©clinatoire de compĂ©tence/arrĂȘtĂ© de conflit).

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1. Dans le sens juridique, que désigne le terme « administration » ?

2. Quelle affirmation décrit le mieux la déconcentration ?

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Administration — dĂ©finition ?

Organisation gĂ©rant l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral par l’action publique.

Double logique de l’administration ?

Organes (agents/services) et action (gestion).

Personne morale — rîle ?

ReprĂ©sente l’administration, agents agissent en son nom.

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