Revision sheet: Introduction au droit commercial

Plan du Cours

  1. Qualité de commerçant : conditions
  2. Conceptions du droit commercial
  3. Commerçant de fait et opposabilité
  4. Tribunal de commerce : composition et électorat
  5. Actes de commerce : articles L110-1 et L110-2
  6. Sources du droit commercial et usages
  7. Usages secundum legem, praeter legem et contra legem
  8. Injonction de payer et référé en urgence
  9. Compétence du tribunal de commerce et compétence territoriale
  10. Actes de commerce par la forme et par nature
  11. Commercialité : emprunt, conditions et limites
  12. Sociétés commerciales : qualité, formes et cessions

1. Qualité de commerçant : conditions

Notions clés & Définitions

  • Actes de commerce : Notion dĂ©signant les actes que le droit commercial rattache Ă  une activitĂ© commerciale, et qui servent de base Ă  l’application des rĂšgles commerciales.
  • QualitĂ© de commerçant : Notion correspondant au statut juridique d’une personne qui exerce des activitĂ©s commerciales de maniĂšre habituelle, ce qui dĂ©clenche l’application du droit commercial.
  • Conception subjective du droit commercial : Notion reliant le droit commercial aux commerçants eux-mĂȘmes, donc Ă  des rĂšgles entre sujets de droit commerçants.
  • Conception objective du droit commercial : Notion reliant le droit commercial Ă  l’activitĂ© de commerce, donc aux actes plutĂŽt qu’aux personnes.
  • Commerçant de fait : Notion dĂ©signant celui qui exerce en pratique une activitĂ© commerciale sans remplir les exigences formelles permettant d’opposer directement la qualitĂ© de commerçant.

Points essentiels

  • Deux conditions pour avoir la qualitĂ© de commerçant : exercer des actes de commerce et les exercer au titre de sa profession habituelle.
  • Les exigences de l’article L110-1 du code de commerce excluent notamment les activitĂ©s de production, de nutrition, les activitĂ©s intellectuelles, les professions libĂ©rales et les activitĂ©s extractives sauf mines, charb0
  • Deux conceptions du droit commercial existent : subjective (liĂ©e aux commerçants) et objective (liĂ©e aux actes de commerce).
  • Le commerçant de fait ne peut pas opposer sa qualitĂ© de commerçant pour bĂ©nĂ©ficier des rĂšgles commerciales contre autrui.
  • En revanche, le crĂ©ancier peut demander l’application des rĂšgles commerciales au litige contre le commerçant de fait, par exemple pour le redressement judiciaire.
  • Le tribunal de commerce siĂšge en formation collĂ©giale : 3 juges consulaires, avec le parquet et le greffier.

Astuce mémo

Conception subjective = Sujets (commerçants) ; conception objective = Objet (actes).

2. Conceptions du droit commercial

Notions clés & Définitions

  • Loi du 24 juin 1807 : La loi du 24 juin 1807 est un texte fondateur citĂ© dans le cours pour l’organisation du droit commercial.
  • Loi du 24 mai 1807 : La loi du 24 mai 1807 est un texte fondateur citĂ© dans le cours pour l’organisation du droit commercial.
  • ArrĂȘt Civ 1Ăšre, 21 avril 1976, Hospice de Beaune : Cet arrĂȘt de la chambre civile 1Ăšre du 21 avril 1976 est mobilisĂ© pour distinguer vente de production personnelle et activitĂ© commerciale.
  • ProcĂ©dure ordinaire devant le Tribunal de commerce : La procĂ©dure ordinaire devant le tribunal de commerce est dĂ©crite par l’article 860-1 du Code de procĂ©dure civile dans le cours.
  • Injonction de payer : L’injonction de payer est une procĂ©dure permettant d’obtenir, via une ordonnance du prĂ©sident, le paiement d’une crĂ©ance relevant de la juridiction compĂ©tente.

Points essentiels

  • La loi du 24 juin 1807 est citĂ©e comme rĂ©ponse possible Ă  une question sur les textes fondateurs du droit commercial.
  • La loi du 24 mai 1807 est citĂ©e comme rĂ©ponse possible Ă  une question sur les textes fondateurs du droit commercial.
  • L’arrĂȘt Civ 1Ăšre, 21 avril 1976, Hospice de Beaune retient que la vente de sa propre production n’est pas une activitĂ© commerciale.
  • La procĂ©dure ordinaire devant le tribunal de commerce (art. 860-1 CPC) se fait par assignation dĂ©livrĂ©e 15 jours avant l’audience par huissier.
  • La procĂ©dure ordinaire devant le tribunal de commerce (art. 860-1 CPC) est une procĂ©dure simple et orale.
  • La procĂ©dure ordinaire devant le tribunal de commerce (art. 860-1 CPC) commence gĂ©nĂ©ralement par l’instruction de l’affaire.

Astuce mémo

Hospice de Beaune = propre production ≠ commerce.

3. Commerçant de fait et opposabilité

Notions clés & Définitions

  • OpposabilitĂ© : L’opposabilitĂ© dĂ©signe le fait qu’un acte ou une situation peut ĂȘtre invoquĂ© contre un tiers, selon les conditions prĂ©vues par le droit.
  • Commerçant de fait : Le commerçant de fait est une personne qui exerce en pratique une activitĂ© commerciale, sans forcĂ©ment avoir la qualitĂ© formelle attendue.
  • Usage contra legem : L’usage contra legem est une pratique qui contredit une rĂšgle lĂ©gale en vigueur et conduit Ă  Ă©carter la loi qu’elle contredit.
  • Usage lĂ©gitimĂ© par la loi : L’usage lĂ©gitimĂ© par la loi est une pratique autorisĂ©e par le texte lui-mĂȘme, notamment quand le Code de commerce renvoie Ă  un usage.
  • Titre exĂ©cutoire : Un titre exĂ©cutoire est un document ou une dĂ©cision qui permet de poursuivre l’exĂ©cution forcĂ©e d’une crĂ©ance.

Points essentiels

  • Les actes juridiques portant sur une somme ou une valeur excĂ©dant 1500€ nĂ©cessitent un Ă©crit.
  • Les actes juridiques portant sur une somme ou une valeur excĂ©dant 1600€ nĂ©cessitent un Ă©crit.
  • La preuve n’est libre qu’à l’égard des commerçants.
  • Les conventions nĂ©cessitent obligatoirement un Ă©crit, par exemple les conditions gĂ©nĂ©rales d’utilisation.
  • Les cessions de contrĂŽle nĂ©cessitent obligatoirement un Ă©crit.
  • Les cessions d’activitĂ©s nĂ©cessitent obligatoirement un Ă©crit si elles entrent dans le champ visĂ© par la rĂšgle d’écrit.

Astuce mémo

Écrit = seuils (1500/1600) ; preuve = libre seulement contre les commerçants.

4. Tribunal de commerce : composition et électorat

Notions clés & Définitions

  • CollĂšge Ă©lectoral : CollĂšge Ă©lectoral : ensemble des personnes habilitĂ©es Ă  participer Ă  l’élection des juges consulaires du tribunal de commerce.
  • Listes Ă©lectorales : Listes Ă©lectorales : registre sur lequel il faut ĂȘtre inscrit pour pouvoir voter et ĂȘtre candidat aux Ă©lections consulaires.
  • Statut de commerçant : Statut de commerçant : pĂ©riode d’activitĂ© commerciale prise en compte pour remplir les conditions d’éligibilitĂ© au tribunal de commerce.
  • Greffiers des tribunaux de commerce : Greffiers des tribunaux de commerce : officiers de justice rattachĂ©s au tribunal de commerce, distincts des greffiers des tribunaux judiciaires.
  • Juridiction d’exception : Juridiction d’exception : tribunal compĂ©tent seulement dans les cas prĂ©vus par la loi, et non dans tous les domaines.

Points essentiels

  • Pour ĂȘtre Ă©lecteur, il faut faire partie du collĂšge Ă©lectoral et ĂȘtre inscrit sur les listes Ă©lectorales.
  • L’électorat exige d’avoir au moins 22 ans et d’ĂȘtre immatriculĂ©, avec 5 ans de statut de commerçant.
  • Ne peuvent pas ĂȘtre Ă©lecteurs ceux qui font l’objet d’une procĂ©dure collective ou d’une dĂ©chĂ©ance.
  • Pour ĂȘtre juge, il faut avoir au minimum 30 ans (condition d’ñge distincte de celle de l’électorat).
  • Les greffiers des tribunaux de commerce sont des officiers publics et ministĂ©riels, et peuvent exercer Ă  titre individuel ou en sociĂ©tĂ©.
  • Devant le tribunal de commerce, la prĂ©sence d’un avocat n’est pas obligatoire : la rĂ©forme de 2019 a abrogĂ© l’article 835 alinĂ©a 1 du CPC, avec une dispense possible selon l’alinĂ©a 3 pour une demande ≀ 10 000 €.

Astuce mémo

Électorat = 22 ans + listes + collĂšge + immatriculation (5 ans) ; Juges = 30 ans ; Avocat = pas obligatoire (rĂ©forme 2019) sauf dispense ≀ 10 000 €.

5. Actes de commerce : articles L110-1 et L110-2

Notions clés & Définitions

  • Actes de commerce : Notion du droit commercial regroupant des actes soumis Ă  un rĂ©gime spĂ©cifique, notamment parce qu’ils sont rattachĂ©s Ă  l’activitĂ© commerciale.
  • SpĂ©culation : Notion utilisĂ©e pour caractĂ©riser certains actes de commerce par la recherche de profit avec la possibilitĂ© de subir des pertes.
  • Entreprise : Notion servant de critĂšre pour rattacher le droit commercial Ă  une activitĂ© organisĂ©e, mĂȘme si la dĂ©finition gĂ©nĂ©rale a Ă©chouĂ©.
  • Actes de commerce par nature : CatĂ©gorie d’actes de commerce dĂ©terminĂ©e par l’objet de l’acte, indĂ©pendamment du lieu ou de la procĂ©dure.

Points essentiels

  • Les actes de commerce Ă©numĂ©rĂ©s par le code de commerce ne sont pas des actes juridiques au sens strict : ils correspondent Ă  une sĂ©rie d’activitĂ©s analysĂ©es factuellement.
  • Plusieurs critĂšres gĂ©nĂ©raux ont Ă©tĂ© tentĂ©s pour dĂ©finir les actes de commerce (spĂ©culation, entreprise, profit, commerce), mais cette tentative a conduit Ă  un Ă©chec.
  • Il existe trois catĂ©gories d’actes de commerce terrestre : par la forme, par la procĂ©dure, et par nature (en raison de l’objet).
  • Des catĂ©gories supplĂ©mentaires sont aussi Ă©voquĂ©es : par territoire (en raison du lieu) et jurisprudentiel (hypothĂšse d’emprunt de commercialitĂ©).
  • La spĂ©culation est prĂ©sentĂ©e comme la recherche de profit avec le risque de subir des pertes, et le profit est prĂ©sentĂ© de façon similaire dans les critĂšres proposĂ©s.

Astuce mémo

Spéculation = Profit + Risque de pertes (SP-RP).

6. Sources du droit commercial et usages

Notions clés & Définitions

  • Tribunal judiciaire : Juridiction de droit commun compĂ©tente pour de nombreux litiges, notamment ceux liĂ©s au fonctionnement ou Ă  la dissolution de certaines sociĂ©tĂ©s selon le droit positif.
  • Tribunal de commerce : Juridiction spĂ©cialisĂ©e compĂ©tente pour les litiges relevant du droit commercial, notamment selon la qualification de l’activitĂ© exercĂ©e.
  • Actes de commerce par nature : CatĂ©gorie d’actes dĂ©terminĂ©s par leur nature commerciale, visĂ©s par le Code de commerce et apprĂ©ciĂ©s sans se limiter Ă  la qualitĂ© des parties.
  • Achat pour revendre : OpĂ©ration caractĂ©ristique de l’acte de commerce par nature, oĂč l’achat est destinĂ© Ă  une revente ultĂ©rieure.
  • SpĂ©culation sur le travail d’autrui : CritĂšre jurisprudentiel utilisĂ© pour distinguer artisanat et commerce selon l’exploitation du travail d’autrui.

Points essentiels

  • Les actes relatifs Ă  la crĂ©ation, au fonctionnement ou Ă  la dissolution de la sociĂ©tĂ© relĂšvent du tribunal judiciaire dans le droit positif dĂ©crit.
  • Les tribunaux judiciaires sont compĂ©tents pour les actes non commerciaux et sans influence ni incidence sur la sociĂ©tĂ©.
  • La loi permettant aux professions libĂ©rales de se constituer en sociĂ©tĂ©s commerciales est celle du 30 dĂ©cembre 1990.
  • Selon la JP Com du 16 novembre 2004, la compĂ©tence dĂ©pend de la conception retenue (large ou stricte) et de la qualification de l’activitĂ©.
  • Selon la conception large, dĂšs lors que la sociĂ©tĂ© commerciale exerce une activitĂ© civile (mĂȘme sans ĂȘtre soumise Ă  la loi de 1990), la compĂ©tence va aux tribunaux de commerce.
  • Selon la conception stricte, si la sociĂ©tĂ© relĂšve de la loi de 1990, la compĂ©tence va aux tribunaux civils (et non aux tribunaux de commerce).

Astuce mémo

Compétence = tribunal judiciaire pour la société (création/fonctionnement/dissolution) ; puis conception large vs stricte pour les professions libérales.

7. Usages secundum legem, praeter legem et contra legem

Notions clés & Définitions

  • Usages secundum legem : Les usages secundum legem sont des pratiques qui complĂštent l’application d’une rĂšgle dĂ©jĂ  prĂ©vue par la loi, sans la contredire.
  • Usages praeter legem : Les usages praeter legem sont des pratiques utilisĂ©es pour combler un silence de la loi lorsque celle-ci ne rĂšgle pas directement la situation.
  • Usages contra legem : Les usages contra legem sont des pratiques qui contredisent une rĂšgle lĂ©gale et ne peuvent donc pas prĂ©valoir sur elle.
  • HiĂ©rarchie des sources : La hiĂ©rarchie des sources organise la prioritĂ© entre la loi, les usages et les autres normes, afin d’éviter qu’un usage contraire l’emporte.

Points essentiels

  • Les usages secundum legem servent Ă  interprĂ©ter ou appliquer la loi, car ils restent compatibles avec la rĂšgle lĂ©gale.
  • Les usages praeter legem interviennent seulement quand la loi ne fournit pas de solution directe au litige.
  • Les usages contra legem sont Ă©cartĂ©s car ils ne peuvent pas neutraliser une rĂšgle de droit.
  • La qualification d’un usage dĂ©pend de sa relation avec la loi : conformitĂ©, complĂ©ment ou contradiction.
  • En cas de conflit entre loi et usage, la loi prime et l’usage ne peut pas fonder la solution contraire.

Astuce mémo

Secundum = “avec la loi”, Praeter = “en plus quand la loi se tait”, Contra = “contre la loi donc rejet”.

8. Injonction de payer et référé en urgence

9. Compétence du tribunal de commerce et compétence territoriale

Notions clés & Définitions

  • Tribunal de commerce : Juridiction compĂ©tente pour connaĂźtre de certains litiges liĂ©s aux activitĂ©s commerciales et aux commerçants.
  • CompĂ©tence territoriale : RĂšgle qui dĂ©termine quel tribunal gĂ©ographiquement doit ĂȘtre saisi pour un litige donnĂ©.
  • RCS : Registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s oĂč s’enregistre le commerçant pour rendre sa qualitĂ© et son activitĂ© opposables.
  • PrĂ©somption de qualitĂ© de commerçant : Effet juridique selon lequel l’immatriculation d’une personne physique au RCS fait prĂ©sumer sa qualitĂ© de commerçant.

Points essentiels

  • La section source ne donne pas de rĂšgles prĂ©cises sur la compĂ©tence du tribunal de commerce ni sur la compĂ©tence territoriale, donc aucun mĂ©canisme territorial ne peut ĂȘtre extrait ici.
  • L’enregistrement au RCS sert Ă  informer les tiers sur la qualitĂ© et l’activitĂ© du commerçant.
  • L’immatriculation permet d’opposer le statut de commerçant aux tiers et Ă  l’administration publique.
  • L’immatriculation d’une personne physique emporte une prĂ©somption de sa qualitĂ© de commerçant.
  • L’immatriculation d’une personne morale au moment de son enregistrement lui fait acquĂ©rir la personnalitĂ© juridique.
  • Le contenu fourni indique qu’il faut distinguer les actes de commerce selon qu’ils sont conclus entre commerçants ou avec une personne non commerçante.

Astuce mémo

RCS = Publicité + opposabilité : tiers informés, statut présumé (personne physique), personnalité acquise (personne morale).

10. Actes de commerce par la forme et par nature

Notions clés & Définitions

  • Acte de commerce : Acte qualifiĂ© de commercial, soumis Ă  un rĂ©gime juridique propre, notamment pour ses effets et ses rĂšgles de preuve.
  • SolidaritĂ© passive : SolidaritĂ© oĂč plusieurs dĂ©biteurs sont tenus envers un mĂȘme crĂ©ancier, qui peut rĂ©clamer la totalitĂ© Ă  l’un d’eux.
  • SolidaritĂ© active : SolidaritĂ© oĂč plusieurs crĂ©anciers peuvent rĂ©clamer chacun l’intĂ©gralitĂ© de la dette aux dĂ©biteurs.
  • Anatocisme : MĂ©canisme de capitalisation des intĂ©rĂȘts, consistant Ă  intĂ©grer des intĂ©rĂȘts Ă©chus au capital productif d’intĂ©rĂȘts.
  • Capitalisation des intĂ©rĂȘts : OpĂ©ration qui transforme des intĂ©rĂȘts en capital, ce qui permet qu’ils produisent Ă  leur tour des intĂ©rĂȘts.

Points essentiels

  • Les effets des actes de commerce se rattachent Ă  deux familles de rĂšgles : celles de procĂ©dure et celles propres aux actes de commerce.
  • Les effets des actes de commerce se rattachent aussi Ă  des rĂšgles relatives aux marchandises et aux rĂšgles relatives aux obligations.
  • Les rĂšgles relatives aux obligations se regroupent en trois sĂ©ries : libertĂ© de la preuve, modalitĂ©s et accessoires, et spĂ©cificitĂ©s.
  • Les registres et documents professionnels servent Ă  la preuve et ont une force probante comparable Ă  un acte sous seing privĂ©.
  • Les registres et documents professionnels servent contre leur auteur et ne peuvent pas ĂȘtre utilisĂ©s en sa faveur.
  • Les registres et documents professionnels doivent ĂȘtre conservĂ©s pendant 9 ans (et non 10 ans).

Astuce mémo

Procédure + Acte + Marchandises + Obligations : P-A-M-O.

11. Commercialité : emprunt, conditions et limites

Notions clés & Définitions

  • Capitalisation prĂ©sumĂ©e : RĂšgle de droit commercial selon laquelle la capitalisation est supposĂ©e acquise en matiĂšre de comptes courants.
  • Compte courant : Contrat ou situation de gestion de crĂ©ances rĂ©ciproques qui peut relever de la prĂ©somption de capitalisation en droit commercial.
  • RĂ©faction de la vente commerciale : RemĂšde en matiĂšre de vente commerciale consistant Ă  rĂ©duire proportionnellement le prix, avec acceptation du dĂ©biteur.
  • DĂ©fĂ©remment : RemĂšde Ă  l’inexĂ©cution d’actes commerciaux qui consiste Ă  dĂ©caler l’exĂ©cution ou ses effets selon les conditions prĂ©vues.
  • Clause compromissoire : Clause contractuelle prĂ©voyant le recours Ă  l’arbitrage en cas de litige.

Points essentiels

  • Le juge peut accorder des dommages et intĂ©rĂȘts en cas d’inexĂ©cution d’actes commerciaux, comme en droit civil.
  • En vente commerciale, le crĂ©ancier peut demander la rĂ©faction : le prix est baissĂ© proportionnellement et le dĂ©biteur doit accepter.
  • Le droit commercial prĂ©voit aussi des remĂšdes spĂ©cifiques Ă  l’inexĂ©cution, dont le dĂ©fĂ©remment et le remplacement pour des choses de genres pĂ©rissables.
  • Les litiges entre commerçants et artisans relĂšvent normalement des tribunaux de commerce, mais des dĂ©rogations existent via clauses d’attribution de compĂ©tence, clauses de choix, ou clauses compromissoires.
  • Pour dĂ©roger Ă  la compĂ©tence territoriale, la clause doit ĂȘtre conclue entre deux personnes ayant la qualitĂ© de commerçants et ĂȘtre stipulĂ©e de façon trĂšs apparente dans l’engagement entre les parties.
  • La clause compromissoire est valable si elle est acceptĂ©e par les deux parties, et elle n’a pas d’effet si elle est conclue en dehors du cadre professionnel, mĂȘme si elle reste valable ; l’autre partie peut alors s’en «

12. Sociétés commerciales : qualité, formes et cessions

Notions clés & Définitions

  • Patrimoine : Le patrimoine est l’ensemble des biens apprĂ©ciables en argent dont une mĂȘme personne est titulaire, avec un actif (crĂ©ances) et un passif (dettes).
  • Patrimoine professionnel : Le patrimoine professionnel regroupe les biens affectĂ©s Ă  l’activitĂ©, de sorte que les crĂ©anciers ne peuvent en principe poursuivre que ce patrimoine-lĂ .
  • Fonds de commerce : Le fonds de commerce est un ensemble organisĂ© de biens et droits servant Ă  l’exploitation d’une activitĂ© commerciale, notamment la clientĂšle et certains Ă©lĂ©ments juridiques.
  • ClientĂšle : La clientĂšle est l’élĂ©ment Ă©conomique du fonds de commerce, correspondant Ă  la valeur des relations probables ou possibles avec les personnes qui demandent des biens ou services.
  • Bail commercial : Le bail commercial est le contrat de location encadrant l’exploitation d’un fonds, et constitue un Ă©lĂ©ment du fonds de commerce lorsque le commerçant en bĂ©nĂ©ficie.

Points essentiels

  • Le patrimoine est distinct et se constitue sans formalitĂ©, ce qui modifie la logique de sĂ©paration des poursuites entre crĂ©anciers.
  • Le patrimoine comprend des biens monĂ©tisables, c’est-Ă -dire des Ă©lĂ©ments apprĂ©ciables en argent.
  • Le patrimoine professionnel est constituĂ© des biens indispensables Ă  l’activitĂ©, ce qui limite en principe l’action des crĂ©anciers Ă  ce patrimoine.
  • Les crĂ©anciers peuvent attaquer le patrimoine professionnel du commerçant, et non le patrimoine personnel (rĂ©sidence principale exclue dans les choix proposĂ©s).
  • Le fonds de commerce comprend notamment des Ă©lĂ©ments incorporels comme la clientĂšle et le bail commercial, et des Ă©lĂ©ments corporels comme le matĂ©riel et les marchandises.
  • La clientĂšle est dĂ©finie par l’administration fiscale comme la valeur correspondant aux rapports probables ou possibles avec les personnes demandant des biens ou services Ă  l’exploitant.

Astuce mémo

Patrimoine = Actif + Passif ; Professionnel = Biens indispensables Ă  l’activitĂ© ; Fonds = ClientĂšle + Bail + (MatĂ©riel/Marchandises).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
14 et 16 juin 1791Loi Darmanin corrĂ©lative au dĂ©cret d’Allarde (libertĂ© de commerce)
2 et 17 mars 1791DĂ©cret d’Allarde sur la libertĂ© de commerce (corrĂ©latif Ă  la loi Darmanin)
21 avril 1976ArrĂȘt Civ 1Ăšre, Hospice de Beaune (vente de propre production ≠ activitĂ© commerciale)

Tableaux de synthĂšse

Conceptions du droit commercial

ConceptionPoint d’ancrageIdĂ©e centrale
SubjectiveSujets de droit (commerçants)Droit des commerçants, rÚgles entre commerçants
ObjectiveActivité de commerceDroit rattaché aux actes de commerce

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre les deux conditions de la qualitĂ© de commerçant : il faut des actes de commerce et les exercer au titre d’une profession habituelle.
  2. Croire que le commerçant de fait peut opposer sa qualité pour bénéficier des rÚgles commerciales contre autrui : en principe non, sauf demande du créancier contre lui.
  3. Mélanger usages secundum legem et praeter legem : secundum complÚte/interprÚte une rÚgle existante, praeter comble un silence de la loi.
  4. Se tromper sur la procĂ©dure ordinaire devant le tribunal de commerce : elle est simple et orale, et l’assignation est dĂ©livrĂ©e 15 jours avant l’audience par huissier.
  5. Inverser la logique de la preuve : la preuve n’est libre qu’à l’égard des commerçants, et certains actes exigent un Ă©crit (conventions, cessions de contrĂŽle/activitĂ©s).
  6. Confondre compĂ©tence et territorialitĂ© : la source indique que la compĂ©tence du tribunal de commerce est une juridiction d’exception, mais ne donne pas de mĂ©canisme territorial exploitable ici.
  7. Penser que les actes de commerce Ă©numĂ©rĂ©s par le code sont des « actes juridiques » au sens strict : le cours insiste sur une sĂ©rie d’activitĂ©s analysĂ©es factuellement.

Checklist Examen

  1. Énoncer les deux conditions de la qualitĂ© de commerçant et distinguer actes de commerce et profession habituelle.
  2. Lister les activitĂ©s exclues des exigences de l’article L110-1 (production, nutrition, intellectuelles, professions libĂ©rales, extractives sauf mines/charbons/hydrocarbures).
  3. Expliquer les deux conceptions du droit commercial (subjective vs objective) et leur rattachement (sujets vs actes).
  4. Dire si le commerçant de fait peut opposer sa qualité et préciser le rÎle du créancier (ex. redressement judiciaire).
  5. DĂ©crire la composition du tribunal de commerce Ă  l’audience (formation collĂ©giale : 3 juges consulaires, parquet et greffier du tribunal de commerce).
  6. Rappeler la procĂ©dure ordinaire devant le tribunal de commerce (art. 860-1 CPC) : assignation par huissier 15 jours avant, procĂ©dure simple et orale, dĂ©butant gĂ©nĂ©ralement par l’instruction.
  7. DĂ©finir l’injonction de payer et prĂ©ciser le mĂ©canisme (ordonnance du prĂ©sident, crĂ©ance relevant de la compĂ©tence de la juridiction, procĂ©dure non contentieuse/non contradictoire).
  8. Classer les usages : secundum legem (complÚte/interprÚte), praeter legem (silence de la loi), contra legem (écarté).
  9. Expliquer l’effet de l’immatriculation au RCS : publicitĂ©/opposabilitĂ© et prĂ©somption de qualitĂ© de commerçant pour la personne physique.
  10. Identifier les catĂ©gories d’actes de commerce terrestres (par la forme, par la procĂ©dure, par nature) et rappeler l’idĂ©e d’échec des critĂšres gĂ©nĂ©raux (spĂ©culation/entreprise/profit/commerce).
  11. Expliquer l’emprunt de commercialitĂ© : conditions et limites (notamment l’idĂ©e de finalitĂ©/usage personnel vs activitĂ© du commerçant).
  12. Décrire les notions de patrimoine et fonds de commerce (patrimoine professionnel vs personnel ; fonds = clientÚle + bail commercial + éléments corporels) et le bail commercial (durée 9 ans, renouvellement).

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1. Quelles sont les deux conditions cumulatives pour obtenir la qualité de commerçant ?

2. Quelle activitĂ© est Ă©cartĂ©e, en principe, de la qualification d’acte de commerce servant Ă  fonder la qualitĂ© de commerçant ?

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Review with flashcards

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QualitĂ© de commerçant — conditions ?

Exercer des actes de commerce habituellement et professionnellement.

Conception subjective — rîle ?

LiĂ©e aux commerçants eux-mĂȘmes, rĂšgles entre sujets.

Conception objective — rîle ?

Liée aux actes de commerce, indépendamment des personnes.

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