Revision sheet: Les fondements du droit international public

Plan du Cours

  1. Formation du droit international public
  2. Poids de la volontĂ© des États
  3. Engagement international et politique juridique
  4. Coutume internationale : reconnaissance et opposabilité
  5. Traité : construction, entrée en vigueur et étendue
  6. Actes unilatéraux : conditions et effets juridiques
  7. Contingence et équivalence des normes
  8. Effet relatif des normes et opposabilité aux tiers
  9. Reconnaissance d’État : thĂ©orie dĂ©clarative et critĂšres
  10. Autodétermination et décolonisation en droit international
  11. Acteurs privés : personnalité et protection diplomatique
  12. Coutume internationale : formation et relation avec les traités

1. Formation du droit international public

Notions clés & Définitions

  • Droit international public : Ensemble de normes qui rĂ©gissent les relations entre sujets des relations internationales, avec des effets permissifs, prohibiteurs et organisateurs.
  • Ordre juridique horizontal : Structure du DIP oĂč aucune autoritĂ© supranationale ne s’impose aux États sans leur consentement.
  • VolontĂ© souveraine des États : IdĂ©e selon laquelle la validitĂ© et l’opposabilitĂ© du droit international reposent sur l’accord des États.
  • Cour internationale de Justice : Juridiction internationale qui rappelle, dans sa jurisprudence, le rĂŽle central du consentement Ă©tatique en droit international.
  • Direction juridique du MAE : Service de l’État chargĂ© de suivre, interprĂ©ter et dĂ©fendre les positions françaises en droit international.

Points essentiels

  • Le DIP est un ordre consensuel : aucune rĂšgle ne s’impose Ă  un État sans son consentement.
  • Le DIP se distingue du droit interne hiĂ©rarchisĂ© par une structure horizontale plutĂŽt que pyramidale.
  • La CIJ (affaire Nicaragua c. États-Unis, 1986) souligne que le droit international repose sur la volontĂ© souveraine des États.
  • En France, la direction juridique du MinistĂšre des Affaires Ă©trangĂšres (MAE) coordonnĂ©e par le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du gouvernement intervient dans le suivi et la dĂ©fense des positions françaises.
  • L’exĂ©cutif est l’acteur principal du DIP : nĂ©gociation, signature, ratification des traitĂ©s et prise de position sur l’évolution coutumiĂšre.
  • Les engagements internationaux rĂ©sultent d’un calcul coĂ»t-avantage et d’une stratĂ©gie politique avant acceptation de la norme.

Astuce mémo

Consentement d’abord : DIP = pas de contrainte sans accord de l’État.

2. Poids de la volontĂ© des États

Notions clés & Définitions

  • Lex mercatoria : Ensemble de pratiques et usages privĂ©s du commerce qui peuvent fonctionner comme un corpus normatif parallĂšle au droit international public classique.
  • Article 53 de la Constitution de 1958 : Dispositif constitutionnel français qui soumet certains traitĂ©s Ă  une autorisation parlementaire avant ratification.
  • Conseil constitutionnel : Juridiction française compĂ©tente pour contrĂŽler, avant ratification, la compatibilitĂ© d’un traitĂ© avec la Constitution.
  • Objecteur persistant : ThĂ©orie selon laquelle un État peut Ă©viter d’ĂȘtre liĂ© par une rĂšgle coutumiĂšre en formation s’il la conteste expressĂ©ment et de façon constante.
  • Opinio juris sive necessitatis : ÉlĂ©ment psychologique de la coutume selon lequel les États considĂšrent la pratique comme obligatoire et juridiquement contraignante.

Points essentiels

  • Le poids de la volontĂ© Ă©tatique se manifeste aussi dans la formation des normes, car les États restent les acteurs centraux du DIP mĂȘme si des acteurs non Ă©tatiques influencent les pratiques.
  • En France, l’article 53 vise notamment les traitĂ©s touchant la paix, le commerce, les finances de l’État, ou le statut des personnes, avec autorisation parlementaire.
  • Le contrĂŽle politique varie selon les systĂšmes : en France le Parlement ne peut pas modifier le traitĂ©, tandis qu’aux États-Unis le SĂ©nat peut modifier ou conditionner la ratification.
  • Le Conseil constitutionnel peut ĂȘtre saisi avant ratification pour vĂ©rifier la compatibilitĂ© d’un traitĂ© avec la Constitution, et une inconstitutionnalitĂ© impose une rĂ©vision constitutionnelle avant ratification.
  • La coutume exige deux Ă©lĂ©ments cumulatifs : pratique rĂ©itĂ©rĂ©e et gĂ©nĂ©rale (consuetudo) et conviction d’obligation juridique (opinio juris sive necessitatis).
  • En matiĂšre d’opposabilitĂ©, un État peut se soustraire Ă  une rĂšgle coutumiĂšre en formation via la contestation constante (objecteur persistant), tandis qu’un silence peut valoir consentement implicite.

Astuce mémo

VolontĂ© = deux filtres : politique (Parlement) puis juridique (Conseil constitutionnel) ; pour la coutume, c’est pratique + obligation ressentie, et l’objecteur persistant dit non en continu.

3. Engagement international et politique juridique

Notions clés & Définitions

  • Objecteur persistant : ThĂ©orie selon laquelle un État peut Ă©chapper Ă  une rĂšgle coutumiĂšre en formation s’il la conteste expressĂ©ment et de façon constante.
  • Consentement implicite : IdĂ©e selon laquelle le silence d’un État peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une acceptation tacite d’une rĂšgle en cours de formation.
  • Convention de Vienne sur le droit des traitĂ©s : Charte fondamentale du droit des traitĂ©s adoptĂ©e le 23 mai 1969, qui encadre notamment la formation et les effets des traitĂ©s.
  • RĂ©serve au traitĂ© : DĂ©claration unilatĂ©rale faite lors de la signature, ratification ou adhĂ©sion, par laquelle un État exclut ou modifie l’effet juridique de certaines clauses Ă  son Ă©gard.
  • Effet relatif des traitĂ©s : Principe selon lequel un traitĂ© ne crĂ©e de droits et obligations qu’entre les États parties, sans lier les États tiers.

Points essentiels

  • Un État peut se soustraire Ă  une rĂšgle coutumiĂšre en formation en la contestant expressĂ©ment et de maniĂšre constante : c’est l’objecteur persistant.
  • Le silence peut valoir consentement implicite, d’oĂč l’obligation de vigilance contre une rĂšgle coutumiĂšre en cours de formation.
  • L’opposabilitĂ© d’une rĂšgle coutumiĂšre suppose de dĂ©montrer que l’État visĂ© l’a acceptĂ©e d’une façon ou d’une autre.
  • Dans l’affaire Plateau continental de la mer du Nord (CIJ, 1969), la Cour refuse d’opposer Ă  l’Allemagne l’équidistance car l’Allemagne s’était constamment opposĂ©e Ă  son application et n’avait pas ratifiĂ© la Convention (
  • Le traitĂ© est dĂ©fini comme tout accord Ă©crit entre sujets de droit international destinĂ© Ă  crĂ©er des obligations juridiques.
  • La seule signature n’engendre pas les obligations du traitĂ©, tandis que la ratification transforme l’engagement en obligations juridiques pour l’État.

Astuce mémo

Objecteur persistant = « contester tout le temps » ; silence = « consentement possible » ; traité = « obligations seulement entre parties ».

4. Coutume internationale : reconnaissance et opposabilité

Notions clés & Définitions

  • Coutume internationale : Source du droit international issue d’une pratique gĂ©nĂ©rale acceptĂ©e comme Ă©tant le droit, opposable aux États concernĂ©s.
  • Consensualisme du droit international : Principe selon lequel l’engagement des États fonde l’opposabilitĂ© des normes internationales.
  • Objecteur persistant : État qui s’oppose de façon constante Ă  la formation ou Ă  l’application d’une coutume, ce qui limite son opposabilitĂ©.
  • Convention de Vienne de 1969 : TraitĂ© codificateur qui consacre notamment l’effet relatif des normes internationales et encadre leurs rĂšgles d’application.
  • Jus cogens : Ensemble de normes impĂ©ratives du droit international gĂ©nĂ©ral auxquelles aucune dĂ©rogation n’est permise.

Points essentiels

  • Toute norme internationale n’est opposable qu’aux États qui l’ont acceptĂ©e, ce qui dĂ©coule du consensualisme du droit international.
  • Un traitĂ© ne peut lier un tiers, car l’opposabilitĂ© suppose l’acceptation par l’État concernĂ©.
  • Une coutume ne peut ĂȘtre opposĂ©e Ă  un objecteur persistant, en raison de son refus constant.
  • L’article 34 de la Convention de Vienne de 1969 consacre le principe d’effet relatif des normes internationales.
  • En DIP, il n’existe pas de hiĂ©rarchie gĂ©nĂ©rale entre normes : traitĂ© bilatĂ©ral, traitĂ© multilatĂ©ral et coutume ont la mĂȘme valeur normative.
  • Le jus cogens constitue l’exception Ă  l’absence de hiĂ©rarchie : tout traitĂ© contraire est nul, mais la liste des normes impĂ©ratives n’est pas officiellement Ă©tablie et la question de la nullitĂ© reste discutĂ©e.

Astuce mémo

Effet relatif = « acceptĂ© ou rien » : traitĂ© et coutume n’opposent que si l’État a acceptĂ© (ou pas d’objecteur persistant).

5. Traité : construction, entrée en vigueur et étendue

Notions clés & Définitions

  • Article 103 de la Charte des Nations Unies : RĂšgle de la Charte qui Ă©tablit une primautĂ© des obligations issues de la Charte sur celles d’un autre accord international en cas de conflit.
  • PrimautĂ© de la Charte : Principe de hiĂ©rarchie en droit international gĂ©nĂ©ral qui fait prĂ©valoir les obligations de la Charte des Nations Unies lorsqu’elles entrent en concurrence avec celles d’un autre traitĂ©.
  • Consentement des États : MĂ©canisme central du droit international selon lequel la compĂ©tence des organes internationaux dĂ©pend de l’accord des États concernĂ©s.
  • InterprĂ©tation d’un traitĂ© : OpĂ©ration juridique qui vise Ă  dĂ©terminer le sens d’un texte conventionnel, en mobilisant notamment les mĂ©thodes prĂ©vues par la Convention de Vienne.

Points essentiels

  • En cas de conflit entre obligations issues de la Charte et obligations d’un autre accord international, les obligations de la Charte prĂ©valent en vertu de l’article 103.
  • La primautĂ© de la Charte est la seule hiĂ©rarchie explicitement consacrĂ©e en DIP gĂ©nĂ©ral et elle lie tous les États membres de l’ONU.
  • L’absence de pouvoir lĂ©gislatif universel en DIP signifie que l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ne peut que recommander, sans imposer.
  • L’absence de pouvoir judiciaire contraignant implique que la compĂ©tence des juridictions internationales dĂ©pend du consentement des États.
  • L’absence de pouvoir exĂ©cutif de sanction signifie qu’une condamnation internationale peut ne pas ĂȘtre effectivement suivie d’exĂ©cution dans les faits.
  • Le sens d’un traitĂ© n’est pas figĂ© : il peut ĂȘtre construit par l’interprĂ©tation, notamment via les approches littĂ©rale, tĂ©lĂ©ologique (objet et but) et pragmatique (pratique ultĂ©rieure des parties).

Astuce mémo

Article 103 = « Charte d’abord » : si ça heurte un autre traitĂ©, la Charte gagne.

6. Actes unilatéraux : conditions et effets juridiques

Notions clés & Définitions

  • Acte unilatĂ©ral dĂ©claratoire : Acte juridique Ă©mis par un État seul, qui se limite Ă  constater ou manifester une position sans dĂ©pendre de l’accord d’autres États.
  • Reconnaissance d’État : Manifestation par laquelle un État admet l’existence d’une entitĂ© comme État, en exprimant sa volontĂ© de traiter avec elle.
  • ThĂ©orie dĂ©clarative de la reconnaissance : ThĂšse selon laquelle la reconnaissance ne crĂ©e pas l’État, mais constate l’existence de ses critĂšres factuels.
  • ThĂ©orie constitutive de la reconnaissance : ThĂšse selon laquelle la reconnaissance par les autres États serait crĂ©atrice de l’existence juridique de l’État.
  • SouverainetĂ© territoriale : Situation juridique liĂ©e Ă  l’indĂ©pendance d’un État, permettant l’exercice exclusif des fonctions Ă©tatiques sur un territoire.

Points essentiels

  • La reconnaissance d’État est prĂ©sentĂ©e comme purement dĂ©claratoire : elle constate l’existence juridique sans la produire.
  • La reconnaissance est indiffĂ©rente Ă  la rĂ©action des autres États : elle ne dĂ©pend pas de leur accord pour produire ses effets diplomatiques.
  • La reconnaissance n’a pas pour effet de crĂ©er l’État reconnu, mais elle renforce sa lĂ©gitimitĂ© dans les relations internationales.
  • La souverainetĂ© territoriale implique l’indĂ©pendance et l’exercice exclusif des fonctions Ă©tatiques sur le territoire, Ă  l’exclusion des autres États.
  • L’existence de l’État est rattachĂ©e Ă  des critĂšres de fait (territoire, population, gouvernement effectif) plutĂŽt qu’à la reconnaissance elle-mĂȘme.
  • En pratique, la reconnaissance peut ĂȘtre mobilisĂ©e comme outil de politique Ă©trangĂšre : lĂ©gitimer, rĂ©compenser ou conditionner des comportements Ă©tatiques.

Astuce mémo

DĂ©claratif = « je constate » ; constitutif = « je crĂ©e » : la reconnaissance change surtout la pratique diplomatique, pas l’existence juridique.

7. Contingence et équivalence des normes

Notions clés & Définitions

  • Reconnaissance d'État : La reconnaissance d'État est l'acte par lequel un État admet l'existence d'un autre comme sujet international, avec des effets surtout pratiques.
  • ThĂ©orie dĂ©clarative : La thĂ©orie dĂ©clarative considĂšre que l'État existe indĂ©pendamment de la reconnaissance, qui n'est pas constitutive de son existence.
  • ThĂ©orie constitutive : La thĂ©orie constitutive affirme que la reconnaissance joue un rĂŽle dĂ©terminant dans l'existence juridique effective de l'État dans les relations internationales.
  • PersonnalitĂ© juridique internationale des OI : La personnalitĂ© juridique internationale des organisations internationales leur permet d'ĂȘtre titulaires de droits et d'obligations et d'agir sur le plan international.
  • PersonnalitĂ© fonctionnelle et dĂ©rivĂ©e : La personnalitĂ© fonctionnelle et dĂ©rivĂ©e signifie que la personnalitĂ© d'une OI dĂ©coule de ses buts et fonctions assignĂ©s par les États fondateurs.

Points essentiels

  • La reconnaissance d'État illustre une tension : elle est indiffĂ©rente en droit (l'État existe sans elle) mais fondamentale en pratique (accĂšs aux relations diplomatiques et aux organisations internationales).
  • La CIJ (avis 1949) qualifie l'ONU de personne internationale, sans en faire un État ni un « super-État ».
  • La personnalitĂ© des OI est dite fonctionnelle et dĂ©rivĂ©e : elle provient des buts et fonctions fixĂ©s par les États fondateurs.
  • L'approche tĂ©lĂ©ologique permet d'interprĂ©ter les compĂ©tences en regard de l'objectif poursuivi et d'admettre des compĂ©tences implicites.
  • Principe de spĂ©cialitĂ© : une OI n'exerce que les compĂ©tences attribuĂ©es par le traitĂ© constitutif, en cohĂ©rence avec ses objectifs statutaires.
  • ThĂ©orie des pouvoirs implicites : une compĂ©tence peut ĂȘtre dĂ©duite si elle est nĂ©cessaire Ă  l'exercice des fonctions assignĂ©es, mĂȘme si elle n'est pas expressĂ©ment prĂ©vue.

Astuce mémo

DĂ©claratif = l’État existe dĂ©jĂ  ; Constitutif = la reconnaissance « fait exister » dans les relations ; OI = personnalitĂ© dĂ©rivĂ©e (buts → pouvoirs).

8. Effet relatif des normes et opposabilité aux tiers

Notions clés & Définitions

  • Effet relatif des traitĂ©s : Principe selon lequel un traitĂ© ne crĂ©e en principe d’obligations et de droits qu’entre les États parties, sans lier directement les tiers.
  • OpposabilitĂ© aux tiers : CaractĂšre d’une norme permettant de produire des effets juridiques Ă  l’égard de personnes ou d’entitĂ©s qui ne sont pas parties Ă  l’acte.
  • PersonnalitĂ© internationale des particuliers : CapacitĂ© des personnes physiques ou morales Ă  disposer de droits ou de mĂ©canismes en droit international, de façon fonctionnelle et souvent conventionnelle.
  • Protection diplomatique : MĂ©canisme par lequel un État fait valoir la rĂ©clamation d’un ressortissant lĂ©sĂ©, en exerçant un droit propre.
  • Protection consulaire : MĂ©canisme prĂ©vu notamment par la Convention de Vienne de 1963, permettant Ă  l’État d’envoi d’assurer des garanties au profit de ses ressortissants dĂ©tenus.

Points essentiels

  • Les particuliers n’ont pas, en droit positif, de personnalitĂ© internationale fondĂ©e sur le droit coutumier gĂ©nĂ©ral.
  • La personnalitĂ© des particuliers est fonctionnelle et dĂ©pend de conventions spĂ©cifiques qui leur confĂšrent des capacitĂ©s ponctuelles.
  • En protection diplomatique, la conception traditionnelle fait de la rĂ©clamation un droit de l’État, le prĂ©judice individuel se fondant dans le prĂ©judice Ă©tatique.
  • Dans LaGrand (2001) et Avena (2004), la CIJ admet que la rĂ©clamation Ă©tatique peut viser Ă  faire valoir les droits individuels tirĂ©s de l’article 36 de la Convention de Vienne.
  • En protection consulaire, les garanties de l’article 36 s’appliquent Ă  toute privation de libertĂ©, quelle qu’en soit la nature, avec une intensitĂ© accrue en cas de dĂ©tention arbitraire.
  • Dans la requĂȘte France c. Iran, la France invoque des violations rĂ©pĂ©tĂ©es des obligations consulaires (notification sans dĂ©lai, visites consulaires, entrave Ă  la reprĂ©sentation par avocats choisis) et demande constat, c.

Astuce mémo

RelativitĂ© + tiers : traitĂ© lie surtout les parties, mais l’article 36 (LaGrand/Avena) fait “remonter” des droits individuels dans la rĂ©clamation Ă©tatique.

9. Reconnaissance d’État : thĂ©orie dĂ©clarative et critĂšres

Notions clés & Définitions

  • ThĂ©orie dĂ©clarative de la reconnaissance : Approche selon laquelle un État existe dĂšs qu’il remplit ses conditions, et la reconnaissance ne crĂ©e pas l’État mais le constate.
  • CritĂšres de l’État : Ensemble de conditions permettant de dĂ©terminer si une entitĂ© peut ĂȘtre qualifiĂ©e d’État en droit international.
  • Reconnaissance constitutive : Approche selon laquelle la reconnaissance par les autres États serait un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant pour l’existence juridique de l’État.
  • Effet relatif des traitĂ©s : Principe selon lequel un traitĂ© ne produit en principe ni droits ni obligations pour un État tiers sans son consentement.

Points essentiels

  • La reconnaissance est prĂ©sentĂ©e comme une opĂ©ration de constat plutĂŽt que comme une crĂ©ation de personnalitĂ© juridique, ce qui correspond Ă  la logique dĂ©clarative.
  • Les critĂšres de l’État servent de test pour qualifier une entitĂ©, indĂ©pendamment du fait qu’elle soit reconnue par d’autres États.
  • La thĂ©orie constitutive inverse la logique en faisant dĂ©pendre davantage l’existence juridique de l’État de l’acte de reconnaissance.
  • Le principe d’effet relatif des traitĂ©s (art. 34 CVDT) illustre le rĂŽle du consentement des sujets de droit, y compris pour les États tiers.
  • Les tempĂ©raments de la CVDT (art. 35, 36, 38) montrent que des droits ou obligations peuvent naĂźtre pour un tiers seulement dans des hypothĂšses prĂ©cises et encadrĂ©es.
  • La jurisprudence (CIJ Nicaragua c. Colombie, 2011) confirme que l’absence d’intĂ©rĂȘt juridique justifie l’impossibilitĂ© d’intervention d’un État tiers contre un traitĂ© bilatĂ©ral qui ne le lie pas.

Astuce mémo

DĂ©claratif = « je constate » (l’État existe par ses critĂšres) ; Constitutif = « je crĂ©e » (la reconnaissance fait exister juridiquement).

10. Autodétermination et décolonisation en droit international

Notions clés & Définitions

  • AutodĂ©termination des peuples : Principe de droit international selon lequel les peuples disposent d’une libertĂ© de dĂ©cider de leur statut politique et de leur dĂ©veloppement.
  • DĂ©colonisation : Processus juridique et politique par lequel les territoires non autonomes accĂšdent Ă  l’indĂ©pendance, en transformant leur statut international.
  • Effet relatif des traitĂ©s : RĂšgle selon laquelle un traitĂ© ne crĂ©e d’obligations qu’entre les États parties, sans lier les États tiers en principe.
  • Extension aux peuples : Évolution du raisonnement en droit international qui tend Ă  reconnaĂźtre une place accrue des peuples dans l’argumentation juridique, au-delĂ  du seul cadre interĂ©tatique.

Points essentiels

  • L’effet relatif des traitĂ©s (art. 34 CVDT) signifie que les États tiers ne sont pas liĂ©s par un traitĂ© sans base juridique propre.
  • Les tempĂ©raments Ă  l’effet relatif existent dans la CVDT (art. 35, 36 et 38) et permettent, dans des cas prĂ©cis, de produire des effets Ă  l’égard d’États non parties.
  • L’évolution jurisprudentielle discutĂ©e vise Ă  dĂ©passer le cadre strictement interĂ©tatique en Ă©tendant l’argumentation aux peuples.
  • La pratique de formation rapide de normes (liĂ©e aux États dĂ©colonisĂ©s) peut nourrir des dĂ©bats sur la soliditĂ© du consensus juridique.
  • Les rĂ©solutions de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale peuvent jouer un rĂŽle dans la formation de rĂšgles coutumiĂšres, mais la rapiditĂ© de formation interroge l’authenticitĂ© de l’opinio juris.
  • En matiĂšre de coutume, l’opposabilitĂ© dĂ©pend du comportement de l’État visĂ© : un État objecteur persistant peut empĂȘcher l’application de la rĂšgle Ă  son Ă©gard.

Astuce mémo

AutodĂ©termination = dĂ©cision du peuple ; dĂ©colonisation = passage Ă  l’indĂ©pendance ; traitĂ©s = effet relatif (États tiers en principe non liĂ©s) ; coutume = preuve + opposabilitĂ© (objecteur persistant).

11. Acteurs privés : personnalité et protection diplomatique

Notions clés & Définitions

  • PersonnalitĂ© juridique internationale : La personnalitĂ© juridique internationale dĂ©signe l’aptitude d’un sujet Ă  ĂȘtre titulaire de droits et d’obligations en droit international.
  • Acteurs privĂ©s : Les acteurs privĂ©s regroupent les personnes physiques et entitĂ©s non Ă©tatiques susceptibles d’interagir avec le droit international.
  • Protection diplomatique : La protection diplomatique est l’intervention d’un État au bĂ©nĂ©fice de ses ressortissants pour faire valoir leurs droits en droit international.
  • Contingence des normes : La contingence des normes renvoie Ă  l’idĂ©e que des rĂšgles peuvent coexister et s’influencer sans se confondre totalement.
  • Équivalence des normes : L’équivalence des normes signifie que des obligations issues de sources diffĂ©rentes peuvent produire des effets comparables tout en restant distinctes.

Points essentiels

  • La CIJ distingue l’existence propre des normes conventionnelles et des normes coutumiĂšres en matiĂšre climatique, sans fusion automatique des sources.
  • Les traitĂ©s peuvent Ă©clairer le contenu du droit international coutumier, notamment en aidant Ă  interprĂ©ter ce que recouvre la coutume.
  • Des principes coutumiers peuvent se dĂ©velopper sous l’influence d’un traitĂ©, ce qui montre une interaction dynamique entre sources.
  • Le respect des obligations conventionnelles climatiques tend Ă  indiquer que l’État satisfait aussi Ă  des obligations coutumiĂšres, sans que cette implication soit systĂ©matique.
  • Les obligations coutumiĂšres climatiques peuvent s’imposer mĂȘme aux États non parties aux traitĂ©s climatiques, illustrant l’indĂ©pendance de la coutume.
  • La reconnaissance de l’indĂ©pendance des sources implique que les obligations conventionnelles et coutumiĂšres ne se recoupent pas nĂ©cessairement, mĂȘme si elles peuvent converger.

Astuce mémo

TraitĂ©s = â€œĂ©clairent” la coutume ; coutume = “s’imprĂšgne” du traitĂ© : deux existences distinctes, effets parfois convergents.

12. Coutume internationale : formation et relation avec les traités

Notions clés & Définitions

  • Coutume internationale : RĂšgle de droit international issue de la pratique des États et de la conviction qu’elle est juridiquement obligatoire.
  • Opinio juris : Conviction des États que leur comportement est imposĂ© par une obligation juridique, et non seulement par convenance ou habitude.
  • Pratique des États : Ensemble des comportements observables des États (actes, abstentions, dĂ©clarations) qui peuvent fonder une coutume.
  • TraitĂ© international : Accord Ă©crit entre États rĂ©gi par le droit international, crĂ©ant des obligations pour les parties.
  • HiĂ©rarchie coutume-traitĂ© : Rapport juridique entre coutume et traitĂ©, notamment quand ils se recouvrent ou se contredisent.

Points essentiels

  • La coutume se forme par la combinaison d’une pratique Ă©tatique et d’une opinio juris, qui doivent ĂȘtre Ă©tablies pour la rĂšgle invoquĂ©e.
  • La pratique doit ĂȘtre suffisamment constante et gĂ©nĂ©rale, sans exiger une unanimitĂ© des États.
  • L’opinio juris se dĂ©duit d’élĂ©ments comme les dĂ©clarations officielles et la maniĂšre dont les États justifient leurs actes.
  • Un traitĂ© peut codifier une coutume existante ou, inversement, contribuer Ă  sa formation selon la maniĂšre dont les États l’appliquent et l’accompagnent d’une opinio juris.
  • En cas de conflit, la relation coutume-traitĂ© dĂ©pend du champ d’application et de la volontĂ© des États (parties au traitĂ©, portĂ©e de la rĂšgle coutumiĂšre).
  • La jurisprudence du TD (notamment LaGrand, Avena, Diallo) est un repĂšre frĂ©quent pour illustrer l’articulation entre obligations conventionnelles et mĂ©canismes de protection en droit international.

Astuce mémo

Pratique + opinio juris = coutume (le “faire” + le “croire que c’est obligatoire”).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1986CIJ, Nicaragua c. États-Unis : rappel du rĂŽle central du consentement Ă©tatique en DIP
23 mai 1969Adoption de la Convention de Vienne sur le droit des traités
14 dĂ©cembre 1960RĂ©solution 1514 (XV) : droit Ă  l’autodĂ©termination dans le contexte de la dĂ©colonisation

Tableaux de synthĂšse

Sources du DIP (article 38 du Statut de la CIJ)

SourceContenuIdée clé
Conventions internationalesAccords internationauxObligations issues du consentement
Coutume internationalePratique + opinio jurisOpposabilitĂ© conditionnĂ©e par l’acceptation
Principes généraux de droitPrincipes reconnusComplÚtent le systÚme

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre DIP horizontal/consensuel avec une hiĂ©rarchie type droit interne : en DIP, aucune autoritĂ© supranationale ne s’impose sans consentement.
  2. Croire que la seule signature d’un traitĂ© crĂ©e les obligations : la signature n’engage qu’à ne pas nuire au but du traitĂ©, la ratification transforme l’engagement.
  3. MĂ©langer opposabilitĂ© et formation de la coutume : la coutume suppose pratique + opinio juris, mais l’opposabilitĂ© dĂ©pend aussi de l’absence d’objecteur persistant.
  4. Penser que les traitĂ©s lient les États tiers : en principe, res inter alios acta (art. 34 CVDT) ; les tempĂ©raments (art. 35, 36, 38) sont exceptionnels et encadrĂ©s.
  5. Inverser la logique de la reconnaissance d’État : la thĂ©orie dĂ©clarative dit que la reconnaissance constate l’existence (critĂšres de fait), la constitutive la ferait dĂ©pendre de la reconnaissance.
  6. Traiter la protection diplomatique comme un droit de l’individu : la conception traditionnelle fait de la rĂ©clamation un droit de l’État, mĂȘme si LaGrand/Avena admet une dimension des droits individuels via l’art. 36.
  7. Oublier l’absence de hiĂ©rarchie gĂ©nĂ©rale en DIP : traitĂ© bilatĂ©ral/multilatĂ©ral et coutume ont la mĂȘme valeur normative, sauf exception jus cogens et primautĂ© de la Charte (art. 103).

Checklist Examen

  1. DĂ©finir le DIP et expliquer pourquoi il est horizontal et consensuel (absence d’autoritĂ© supranationale sans consentement).
  2. Expliquer le rĂŽle de l’exĂ©cutif (nĂ©gociation, signature, ratification, positions sur la coutume) et celui de la direction juridique du MAE.
  3. MaĂźtriser le double contrĂŽle avant ratification en France : contrĂŽle politique (art. 53) puis contrĂŽle juridique (Conseil constitutionnel).
  4. Citer et utiliser l’article 38 du Statut de la CIJ comme rĂ©fĂ©rence des sources (conventions, coutume, principes gĂ©nĂ©raux) et situer les actes unilatĂ©raux.
  5. Pour la coutume : établir les deux éléments cumulatifs (consuetudo + opinio juris) et distinguer pratique universelle vs régionale.
  6. Pour l’opposabilitĂ© de la coutume : exposer objecteur persistant, silence/consentement implicite, et l’idĂ©e que l’État doit avoir acceptĂ© la rĂšgle.
  7. Pour le traitĂ© : dĂ©finir le traitĂ© (accord Ă©crit crĂ©ant des obligations), distinguer actes concertĂ©s et actes unilatĂ©raux, et rappeler l’effet de la signature vs la ratification.
  8. Pour l’entrĂ©e en vigueur : expliquer la possibilitĂ© de seuil de ratifications (ex. art. 126 Statut de Rome) et la possibilitĂ© d’adhĂ©sion ultĂ©rieure.
  9. Pour l’étendue : maĂźtriser les rĂ©serves (effets possibles et objection grave) et l’effet relatif des traitĂ©s (art. 34 CVDT).
  10. Pour les conflits de normes : rappeler l’absence de hiĂ©rarchie gĂ©nĂ©rale, l’exception jus cogens (nullitĂ© du traitĂ© contraire, dĂ©bat sur la liste) et la primautĂ© de la Charte (art. 103).
  11. Pour les actes unilatéraux : donner les trois conditions (imputation claire, volonté cohérente, destination à produire des effets juridiques) et distinguer autonomes vs liés, déclaratoires vs demandés.
  12. Pour les organisations internationales : expliquer personnalité fonctionnelle et dérivée (CIJ 1949), spécialité et pouvoirs implicites (approche téléologique).
  13. Pour les particuliers : rappeler l’absence de personnalitĂ© fondĂ©e sur la coutume gĂ©nĂ©rale, la mĂ©diation de l’État, et la protection diplomatique/consulaire (LaGrand/Avena, art. 36).
  14. Pour la reconnaissance d’État : exposer thĂ©orie dĂ©clarative vs constitutive et les critĂšres de l’État (territoire, population, gouvernement effectif).

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1. Quelle condition est nĂ©cessaire pour qu’un acte unilatĂ©ral dĂ©claratoire produise des effets juridiques ?

2. Quelle affirmation décrit le mieux la personnalité juridique internationale des particuliers ?

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Droit international public — dĂ©finition ?

Normes régissant relations entre sujets du DIP.

Ordre juridique horizontal — rîle ?

Pas d’autoritĂ© supranationale sans consentement.

VolontĂ© souveraine — importance ?

Base de la validité du DIP.

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