📋 Plan du Cours
- LA FORMATION DE L’EUROPE COMMUNAUTAIRE SECTION 1 – LA FONDATION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES §1 : Les mouvements d’idées
- L'échec du Traité Constitutionnel (TECE - 2004) Face à un droit devenu illisible, on lance la "Convention sur l'avenir
- Le régime post-Brexit (L'accord de commerce et de coopération) Le retrait s'est fait en deux étapes pour éviter un "No
- LES SPÉCIFICITÉS DE L’INTÉGRATION JURIDIQUE §1 : Le droit de l’UE, droit de l’intégration Conceptualisé par Pierre
- La hiérarchie au sein du Règlement Comme tu l'as noté, la jurisprudence (Arrêt de 1970) puis le traité (Art
- La Directive harmonise (résultat obligatoire, moyens libres, nécessite une transposition
- Les critères de Copenhague (1993) : ○
- Les évolutions récentes (French Data Network, 2021) Le Conseil d'État a précisé cette logique face à la CJUE concernant
- Le principe de proportionnalité (L'intensité) Il s'applique à toutes les compétences (même exclusives
- Consultative : Un simple avis (souvent ignoré, ex: en matière de fiscalité
- Protection contentieuse : C'est grâce à ce principe que le Parlement a acquis le droit d'être un "requérant privilégié
- Si on veut appliquer la loi (ex: créer un formulaire type pour les douanes), on utilise l'acte d'exécution
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit du Conseil de l’Europe : Le droit du Conseil de l’Europe est un système de coopération centré sur la protection des droits fondamentaux via la Convention européenne des droits de l’homme.
- Cour européenne des droits de l’homme : La Cour européenne des droits de l’homme est l’organe juridictionnel de Strasbourg chargé de contrôler le respect de la Convention européenne des droits de l’homme.
- Droit de l’Union européenne : Le droit de l’Union européenne est un droit d’intégration où les États transfèrent des compétences pour construire des politiques communes.
- CECA : La CECA est la Communauté européenne du charbon et de l’acier créée en 1951 pour organiser une intégration sectorielle autour du charbon et de l’acier.
- Manifeste de Ventotene : Le Manifeste de Ventotene est un texte de 1941 qui défend la fédération européenne comme priorité pour empêcher le retour du nationalisme.
📝 Points essentiels
- Le droit « européen » est bicéphale : Conseil de l’Europe (CEDH) et Union européenne (droit d’intégration) ne se confondent pas.
- Le Conseil de l’Europe fonctionne comme une organisation de coopération intergouvernementale, avec des décisions fondées sur l’unanimité.
- La juridiction de la CEDH n’était pas automatiquement acceptée à l’époque : l’adhésion à sa compétence était optionnelle.
- La construction de l’UE repose sur des traités fondateurs : CECA (1951, Traité de Paris) puis CEE et EURATOM (1957, Traités de Rome).
- Le Traité de Lisbonne (2009) structure l’UE en deux textes : TUE pour les principes et institutions, TFUE pour les politiques et compétences.
- L’idée d’unité européenne se développe sur la longue durée : Rousseau (pacte protecteur), Kant (fédération de peuples et citoyenneté superposée).
💡 Astuce mémo
CEDH = droits fondamentaux (Strasbourg) ; UE = intégration (transfert de compétences).
📖 2. L'échec du Traité Constitutionnel (TECE - 2004) Face à un droit devenu illisible, on lance la "Convention sur l'avenir
🔑 Notions clés & Définitions
- Acte Unique Européen (1987) : Traité fondateur de la relance de l’intégration par le droit dérivé, qui accélère la création du marché intérieur.
- Convention sur l’avenir de l’Europe : Instance de réflexion chargée de proposer un texte unique pour clarifier l’architecture des traités européens.
- Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TECE) : Projet de traité visant à remplacer plusieurs textes par un seul document, avec un vocabulaire et des symboles constitutionnels.
- Rejet du TECE (2005) : Décision référendaire qui empêche l’entrée en vigueur du projet constitutionnel en France et aux Pays-Bas.
- Traité de Lisbonne (2009) : Traité en vigueur qui reprend l’essentiel des réformes du TECE tout en supprimant la forme constitutionnelle.
📝 Points essentiels
- L’Acte Unique (1987) transforme l’intégration en permettant l’adoption de normes à grande échelle pour réaliser le marché intérieur.
- Le marché intérieur est défini comme un espace sans frontières intérieures garantissant les 4 libertés (marchandises, services, capitaux, personnes).
- La Convention sur l’avenir de l’Europe (présidée par V. Giscard d’Estaing) vise un texte unique plus lisible, avec l’ambition d’un TECE.
- Le TECE combine une logique de traité international avec des termes et éléments étatiques, ce qui alimente la crainte d’une perte de souveraineté.
- En 2005, le TECE est rejeté par référendum en France (54%) et aux Pays-Bas.
- Le rejet s’explique notamment par la peur liée au mot « Constitution » et par la contestation d’une partie III jugée trop « libérale » sur le plan économique.
💡 Astuce mémo
TECE = « Constitution » qui effraie → Non en 2005 → Lisbonne = même contenu, forme gommée.
📖 3. Le régime post-Brexit (L'accord de commerce et de coopération) Le retrait s'est fait en deux étapes pour éviter un "No
🔑 Notions clés & Définitions
- Accord de retrait : Accord post-Brexit conclu en 2020 pour régler les effets du départ, notamment les situations juridiques déjà acquises et les droits des citoyens installés.
- Accord de commerce et de coopération : Accord post-Brexit conclu en 2021 pour organiser les relations futures entre l’Union et le Royaume-Uni, notamment sur le plan économique et douanier.
- Article 50 TUE : Procédure du TUE permettant à un État de notifier son intention de quitter l’Union, avec un calendrier menant à la cessation des traités.
- Arrêt Wightman : Décision de la CJUE (2018) précisant que la notification de retrait peut être révoquée unilatéralement tant que le retrait n’est pas effectif.
- Cadre de Windsor : Mécanisme de 2023 destiné à stabiliser le régime irlandais complexe en évitant une frontière physique entre les deux Irlande.
📝 Points essentiels
- Le retrait du Royaume-Uni a été structuré en deux temps pour éviter un « No Deal » brutal : d’abord l’accord de retrait, puis l’accord de commerce et de coopération.
- La procédure de l’article 50 TUE commence par une notification au Conseil européen et conduit à la cessation des traités deux ans après, sauf accord ou prolongation.
- La CJUE admet l’irréversibilité seulement en pratique : tant que le retrait n’est pas effectif, l’État peut révoquer sa notification unilatéralement (arrêt Wightman, 2018).
- Le régime post-Brexit implique le rétablissement des contrôles aux frontières, notamment du fait de la sortie de l’union douanière.
- Pour l’Irlande du Nord, l’objectif est d’éviter une frontière physique entre les deux Irlande, avec un maintien dans l’union douanière européenne malgré l’appartenance au Royaume-Uni.
- La perte des droits liés à la citoyenneté européenne est automatique pour les ressortissants du pays sortant, avec des conséquences sur des droits comme le vote et la circulation (CJUE, 2023).
💡 Astuce mémo
2 étapes = 2 accords : Retrait (passé) puis Commerce (futur) ; Article 50 = 2 ans, et Wightman = révocable tant que ce n’est pas effectif.
📖 4. LES SPÉCIFICITÉS DE L’INTÉGRATION JURIDIQUE §1 : Le droit de l’UE, droit de l’intégration Conceptualisé par Pierre
🔑 Notions clés & Définitions
- Intégration téléologique : Approche d’interprétation où le sens d’une règle dépend de l’objectif d’intégration poursuivi par les traités plutôt que de la seule lettre.
- Transfert de compétences : Mécanisme par lequel les États acceptent d’exercer leur souveraineté en commun au lieu de décider seuls dans les domaines couverts par l’Union.
- Implication des sujets privés : Idée selon laquelle le droit de l’Union ne vise pas seulement les États, mais crée aussi des droits et obligations directement mobilisables par les particuliers.
- Triangle institutionnel de l’UE : Organisation de la fabrication des actes où la Commission propose, le Parlement vote, et le Conseil vote, chacun avec un rôle propre.
- Primauté du droit de l’UE : Principe selon lequel le droit de l’Union prime sur les droits nationaux, ce qui impose au juge d’écarter la norme nationale contraire.
📝 Points essentiels
- La théorie de Pierre Pescatore repose sur trois piliers : interprétation téléologique, transfert de compétences et implication des sujets privés.
- La méthode téléologique conduit le juge à lire les textes à la lumière du but d’intégration, ce qui renforce l’effectivité du droit de l’Union.
- Le transfert de compétences signifie que la souveraineté est exercée « en commun » dans les domaines couverts par l’Union.
- L’implication des particuliers se traduit par l’existence de droits que l’on peut mobiliser devant le juge national, notamment via l’effet direct.
- Le triangle institutionnel répartit la décision : la Commission initie, le Parlement représente les citoyens, et le Conseil représente les gouvernements.
- La primauté est consacrée par l’arrêt Costa c/ ENEL (1964), qui affirme la supériorité du droit de l’Union sur les droits nationaux.
💡 Astuce mémo
Téléologie = But d’abord ; Compétences = En commun ; Privés = Droits pour toi.
📖 5. La hiérarchie au sein du Règlement Comme tu l'as noté, la jurisprudence (Arrêt de 1970) puis le traité (Art
🔑 Notions clés & Définitions
- Règlement de base : Le règlement de base est l’acte législatif qui fixe les grandes orientations et les choix politiques à appliquer dans toute l’Union.
- Règlement d’exécution : Le règlement d’exécution est l’acte non législatif qui précise les détails techniques pour assurer une application uniforme du droit de l’Union.
- Applicabilité directe : L’applicabilité directe est le fait qu’un règlement s’intègre automatiquement au droit interne sans intervention législative nationale.
- Effet direct : L’effet direct permet aux particuliers d’invoquer un règlement devant le juge pour obtenir des droits ou faire respecter des obligations.
📝 Points essentiels
- La hiérarchie interne du règlement distingue le règlement de base et le règlement d’exécution, selon la jurisprudence puis le cadre du traité.
- Le règlement de base fixe les orientations et les choix politiques, tandis que le règlement d’exécution règle les aspects techniques nécessaires à une application uniforme.
- Le règlement est l’outil d’unification : il vise une règle identique dans tous les États membres et laisse très peu (voire aucune) marge de manœuvre aux États.
- L’État ne peut pas « trier » : même si un règlement est incomplet sur certains détails, l’objectif global doit être respecté.
- Applicabilité directe signifie intégration automatique dès la publication au JOUE, alors que l’effet direct concerne l’invocabilité par le citoyen devant le juge.
- L’effet direct peut jouer verticalement contre l’État et horizontalement entre deux citoyens.
💡 Astuce mémo
Base = Boussole (orientations) ; Exécution = ExaCTitude (détails techniques). Applicabilité = Intégration automatique ; Effet direct = Invoquable au juge.
📖 6. La Directive harmonise (résultat obligatoire, moyens libres, nécessite une transposition
🔑 Notions clés & Définitions
- Directive européenne : Acte de l’Union qui impose un résultat aux États, tout en leur laissant choisir les moyens et la forme, via une transposition en droit interne.
- Transposition de la directive : Procédure par laquelle un État adopte des mesures internes pour intégrer la directive, afin qu’elle puisse produire des effets pour les citoyens.
- Obligation de résultat : Exigence selon laquelle la directive impose un résultat à atteindre, ce qui limite la liberté de l’État sur le fond.
- Liberté des moyens : Pouvoir laissé aux États pour choisir les instruments juridiques et techniques permettant d’atteindre le résultat imposé par la directive.
- Harmonisation minimale : Modèle où la directive fixe un socle commun, et où les États peuvent adopter des règles plus protectrices.
📝 Points essentiels
- Contrairement au règlement, une directive ne crée pas de droits directement opposables aux citoyens tant qu’elle n’a pas été transposée.
- Chaque directive fixe une date limite de transposition, et le dépassement de ce délai ouvre des mécanismes d’invocabilité.
- Plus une directive est précise (directive détaillée), moins l’État conserve de marge pour s’écarter du contenu imposé.
- Harmonisation minimale : les États peuvent renforcer la protection au-delà du socle fixé par la directive, notamment en environnement ou travail.
- Harmonisation totale (pleine) : l’État ne peut pas aller au-delà de ce que prévoit la directive, souvent pour des normes techniques de produits.
- Pourquoi la directive est choisie : elle est utile pour des sujets politiquement sensibles (santé, social, fiscalité) car elle laisse aux États le choix des mots et de la forme tout en alignant l’objectif européen.
💡 Astuce mémo
Directive = « Résultat obligatoire, moyens libres, transposition indispensable ».
📖 7. Les critères de Copenhague (1993) : ○
🔑 Notions clés & Définitions
- Critères politiques : Les critères politiques exigent des institutions stables assurant la démocratie et la protection de l’État de droit.
- Critères économiques : Les critères économiques portent sur l’existence d’une économie de marché viable, capable de supporter la concurrence au sein de l’Union.
- Critères juridiques : Les critères juridiques demandent la capacité à reprendre et appliquer l’acquis communautaire, c’est-à-dire l’ensemble des règles déjà adoptées par l’UE.
- Acquis communautaire : L’acquis communautaire désigne toutes les normes et règles déjà votées par l’Union que l’État candidat doit pouvoir intégrer dans son ordre interne.
- Valeurs de l’UE : Les valeurs de l’Union, prévues par l’article 2 TUE, encadrent l’adhésion et peuvent être contrôlées par le juge européen.
📝 Points essentiels
- Les critères de Copenhague (1993) complètent les conditions d’adhésion en précisant trois volets : politique, économique et juridique.
- Le volet politique vise des institutions stables garantissant la démocratie, ce qui conditionne l’intégration de l’État candidat.
- Le volet économique exige une économie de marché viable apte à faire face à la concurrence au sein de l’Union.
- Le volet juridique exige la capacité à reprendre l’acquis communautaire, c’est-à-dire l’ensemble des lois déjà adoptées par l’UE.
- La procédure d’adhésion est lourde : statut de candidat, négociations, traité d’adhésion puis ratification par tous les États membres.
- Les valeurs de l’article 2 TUE sont désormais justiciables, ce qui renforce le contrôle de la conformité de l’État candidat.
💡 Astuce mémo
Politique = Démocratie stable ; Économie = Marché viable ; Droit = Acquis repris.
📖 8. Les évolutions récentes (French Data Network, 2021) Le Conseil d'État a précisé cette logique face à la CJUE concernant
🔑 Notions clés & Définitions
- French Data Network (2021) : Arrêt du Conseil d'État qui précise la manière dont la Constitution s'articule avec le droit de l'Union en matière de conservation des données de connexion.
- Objectifs à Valeur Constitutionnelle : Notions constitutionnelles utilisées par le juge pour guider l'équilibre entre exigences européennes et impératifs internes comme la lutte contre le terrorisme.
- Identité constitutionnelle : Ensemble de règles considérées comme essentielles à la France, pouvant faire échec à la primauté du droit de l'Union dans des cas limités.
- Équivalence : Méthode de contrôle qui consiste à vérifier si le principe constitutionnel invoqué existe aussi dans l'ordre juridique de l'Union, afin d’éviter un conflit direct.
- Dialogue des juges : Principe de coordination entre juridictions nationales et CJUE, où le juge national ajuste son contrôle pour préserver l’application du droit de l’Union.
📝 Points essentiels
- Le Conseil d'État réaffirme que la Constitution demeure la norme suprême dans l'ordre interne, même lorsque le droit de l'Union est en jeu.
- Dans French Data Network (2021), le Conseil précise la logique d’articulation avec la CJUE concernant la conservation des données de connexion.
- Le juge introduit les Objectifs à Valeur Constitutionnelle pour permettre un raisonnement d’équilibre, notamment autour de la lutte contre le terrorisme.
- Le contrôle se fait en tenant compte de l’existence ou non d’un principe équivalent dans le droit de l’Union avant d’aller vers un contrôle direct de constitutionnalité.
- Le juge n’utilise l’argument d’identité constitutionnelle qu’avec retenue, comme l’illustre l’unique cas positif mentionné en 2021 (Air France).
💡 Astuce mémo
Équivalence d’abord, Constitution ensuite : si le principe existe dans l’UE → question à la CJUE ; sinon → contrôle direct ; French Data Network = conservation des données + OVC pour équilibrer.
📖 9. Le principe de proportionnalité (L'intensité) Il s'applique à toutes les compétences (même exclusives
🔑 Notions clés & Définitions
- Principe de proportionnalité : Principe de droit de l’Union qui impose que l’intensité de l’action soit limitée à ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif poursuivi.
- Intensité de l’action de l’Union : Niveau de contrainte choisi par l’Union (par exemple le degré de réglementation) qui doit rester proportionné à l’objectif.
- Recommandation non contraignante : Acte de l’Union dépourvu de force obligatoire directe, dont l’usage peut suffire quand l’objectif n’exige pas une contrainte forte.
- Harmonisation minimale : Forme d’harmonisation limitée à l’essentiel, utilisée lorsque l’objectif peut être atteint sans imposer une harmonisation totale.
📝 Points essentiels
- Le principe de proportionnalité s’applique à toutes les compétences de l’Union, y compris les compétences exclusives.
- Le contrôle porte sur le caractère « trop fort » de l’action de l’Union par rapport à l’objectif visé.
- Si une recommandation non contraignante suffit, l’Union ne doit pas adopter un acte très contraignant comme un règlement.
- Si une harmonisation minimale suffit, l’Union ne doit pas imposer une harmonisation totale.
- Le test de proportionnalité complète celui de subsidiarité : subsidiarité = mieux agir, proportionnalité = agir avec la bonne intensité.
💡 Astuce mémo
Proportionnalité = « juste assez » : pas plus contraignant que nécessaire (recommandation si possible, harmonisation minimale si possible).
📖 10. Consultative : Un simple avis (souvent ignoré, ex: en matière de fiscalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Avis consultatif : Un avis consultatif est une prise de position non contraignante rendue par le Parlement, sans effet juridique direct sur l’adoption de la décision.
- Pouvoir consultatif du Parlement : Le pouvoir consultatif du Parlement correspond aux cas où le traité impose seulement une consultation, pas une approbation ou un veto.
- Fiscalité européenne : La fiscalité européenne désigne les matières liées aux impôts et à la politique fiscale, où le Parlement peut intervenir par un simple avis.
- Procédure sans veto : Une procédure sans veto est une procédure où le Parlement ne peut pas bloquer l’acte, car son rôle se limite à donner un avis.
📝 Points essentiels
- Le rôle consultatif du Parlement consiste à émettre un avis, qui n’empêche pas à lui seul l’adoption de la mesure.
- Dans les domaines où l’avis est consultatif, l’acte peut être adopté même si le Parlement n’est pas d’accord.
- Le cours donne l’exemple de la fiscalité pour illustrer que l’avis consultatif est souvent ignoré.
- Le pouvoir consultatif se distingue des mécanismes d’approbation (avis conforme) où le Parlement dispose d’un droit de blocage.
- Le Parlement peut avoir un rôle déterminant dans certaines procédures, mais pas dans celles où il n’intervient que par consultation.
💡 Astuce mémo
Consultatif = « je dis mon avis, mais je ne bloque pas ».
📖 11. Protection contentieuse : C'est grâce à ce principe que le Parlement a acquis le droit d'être un "requérant privilégié
🔑 Notions clés & Définitions
- Principe de coopération loyale : Principe de bonne foi qui impose à l’Union et aux États de s’entraider pour permettre l’application effective du droit de l’Union.
- Équilibre institutionnel : Principe qui empêche les institutions de l’Union d’empiéter sur les compétences des autres, jouant un rôle proche de la séparation des pouvoirs.
- Protection contentieuse : Voie de garantie des compétences institutionnelles permettant à une institution de contester en justice les actes qui portent atteinte à ses prérogatives.
- Requérant privilégié : Catégorie de demandeur dispensée de prouver un intérêt à agir, regroupant notamment les institutions et les États dans certains recours.
- Arrêt Les Verts : Décision de la CJUE qui reconnaît au Parlement un droit de recours pour protéger ses pouvoirs contre les actes des autres institutions.
📝 Points essentiels
- Le principe de coopération loyale (art. 4 §3 TUE) impose aux États de ne pas bloquer l’application du droit de l’Union et à l’Union d’aider les États à remplir leurs missions.
- L’équilibre institutionnel sert de garantie démocratique et sanctionne le non-respect des exigences procédurales liées au rôle du Parlement.
- Dans l’arrêt Roquette Frères, la CJUE annule un acte lorsque le Conseil n’a pas attendu l’avis du Parlement, même si cet avis est seulement consultatif.
- La protection contentieuse permet au Parlement de saisir la Cour pour défendre ses propres pouvoirs, ce qui explique son statut de requérant privilégié.
- L’arrêt Les Verts (1986) est l’illustration centrale : le Parlement peut attaquer les autres institutions pour protéger ses prérogatives.
- Le recours du Parlement s’inscrit dans une logique de contrôle juridictionnel des atteintes aux compétences, plutôt que dans un simple débat politique.
💡 Astuce mémo
Équilibre institutionnel = “qui a le droit de décider ?” ; si le Parlement est contourné, la protection contentieuse ouvre le recours (Les Verts).
🔑 Notions clés & Définitions
- Acte d’exécution : Acte d’exécution : Décision de la Commission visant à assurer une application uniforme d’un acte de base dans tous les États membres.
- Article 291 TFUE : Article 291 TFUE : Base juridique qui encadre l’adoption des actes d’exécution pour garantir des conditions uniformes d’application.
- Comitologie : Comitologie : Mécanisme de contrôle par des comités d’États membres lorsque la Commission adopte des règles techniques d’exécution.
- Règlement 182/2011 : Règlement 182/2011 : Texte qui organise les procédures de comitologie et distingue les cas selon la sensibilité du sujet.
- Procédure consultative : Procédure consultative : Procédure de comitologie où le comité rend un avis que la Commission doit prendre en compte sans être tenue de suivre.
📝 Points essentiels
- Les actes d’exécution servent à appliquer la loi sans modifier les choix politiques ni les éléments essentiels de l’acte de base.
- L’objectif des actes d’exécution est d’obtenir des conditions uniformes d’application dans toute l’Union.
- La comitologie permet aux États membres de surveiller ce que la Commission fait lorsqu’elle adopte des règles techniques.
- Le règlement 182/2011 prévoit deux types de procédures selon la sensibilité du dossier.
- En procédure consultative, la Commission demande l’avis du comité et doit en tenir compte sans obligation de résultat.
- En procédure d’examen, un avis défavorable du comité empêche l’adoption de l’acte d’exécution par la Commission.
💡 Astuce mémo
Application = uniforme : exécution (art. 291) + comitologie (contrôle États) ; délégué = adapter, exécution = appliquer.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1951 | Traité de Paris créant la CECA (charbon et acier) |
| 9 MAI 1950 | Déclaration Schuman (fédéralisme fonctionnel, solidarité de fait) |
| 2005 | Rejet du TECE par référendum en France et aux Pays-Bas |
| 2009 | Traité de Lisbonne (entrée en vigueur) et structure TUE/TFUE |
| 2018 | Arrêt Wightman (révocation unilatérale de la notification tant que le retrait n’est pas effectif) |
| 2021 | French Data Network (Conseil d’État) sur l’articulation Constitution/CJUE en matière de conservation des données de connexion |
📊 Tableaux de synthèse
Coopération vs intégration (Conseil de l’Europe vs UE/CECA)
| Critère | Coopération | Intégration |
|---|
| Décision | Unanimité (veto possible) | Majorité qualifiée possible |
| Souveraineté | Préservée | Partagée / transférée |
| Droit produit | Souvent nécessite une loi interne | Souvent directement applicable |
| Pouvoir de l’organe | Consultatif ou faible | Décisionnel et contraignant |
Règlement vs directive (effets et logique)
| Point | Règlement | Directive |
|---|
| But | Unifier une règle identique | Harmoniser avec un résultat imposé |
| Effet pour les citoyens | Applicabilité directe (droits/obligations sans transposition) | Pas de droits directement opposables tant que transposition |
| Transposition | Aucune | Nécessaire (date limite) |
| Liberté des États | Aucune marge sur l’objectif global | Liberté des moyens, obligation de résultat |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre Conseil de l’Europe (CEDH, Strasbourg, coopération intergouvernementale) et Union européenne (droit d’intégration, primauté, effet direct).
- Croire que le TECE a été adopté : il est rejeté en 2005, puis Lisbonne reprend l’essentiel en supprimant la forme constitutionnelle.
- Mélanger applicabilité directe et effet direct : l’un concerne l’intégration automatique du règlement, l’autre l’invocabilité devant le juge.
- Penser qu’une directive produit un effet horizontal automatique : en principe, l’effet direct des directives est interdit entre particuliers.
- Oublier que la directive impose une transposition : sans transposition, on ne peut pas invoquer directement la directive comme un règlement (sauf mécanismes jurisprudentiels).
- Confondre subsidiarité et proportionnalité : subsidiarité = mieux agir (valeur ajoutée), proportionnalité = bonne intensité (pas plus que nécessaire).
- Croire que la primauté signifie “tout est contrôlé par la CJUE sans limites” : les juges nationaux peuvent mobiliser équivalence/identité constitutionnelle avec retenue (ex. Air France).
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi le “droit européen” est bicéphale et distinguer Conseil de l’Europe/CEDH et Union européenne (droit d’intégration).
- Retracer la chronologie des étapes fondatrices : Paix (Rousseau/Kant), Ventotene (Spinelli, 1941), Conseil de l’Europe (1949), Schuman (9 mai 1950), CECA (1951), puis Traités de Rome (1957).
- Définir l’intégration téléologique et les trois piliers de Pescatore (interprétation téléologique, transfert de compétences, implication des sujets privés).
- Justifier la primauté et distinguer ses deux visages : résolution de conflit et habilitation du juge (Costa c/ENEL, puis logique de Simmenthal).
- Distinguer règlement et directive : portée, obligation de résultat/liberté des moyens, transposition, et effets pour les particuliers (applicabilité directe vs effet direct).
- Maîtriser la hiérarchie interne du règlement : règlement de base vs règlement d’exécution, et l’idée que l’État ne peut pas “trier” l’objectif global.
- Connaître les critères de Copenhague (politique, économique, juridique) et ce que signifie “acquis communautaire”.
- Expliquer la logique post-Brexit : article 50 TUE (calendrier), arrêt Wightman (révocation tant que retrait non effectif), et les deux accords (retrait puis commerce).
- Savoir articuler Constitution et droit de l’UE en France : équivalence d’abord, puis contrôle direct seulement en absence d’équivalence (Arcelor, French Data Network).
- Présenter le principe de proportionnalité et ses conséquences : intensité limitée, recommandation si possible, harmonisation minimale si possible, et test lié à subsidiarité.
- Distinguer les rôles du Parlement en procédure consultative vs avis conforme (veto) et relier à l’exemple de la fiscalité (avis souvent ignoré).
- Expliquer la protection contentieuse du Parlement : équilibre institutionnel, requérant privilégié, et l’idée que le Parlement peut attaquer pour défendre ses pouvoirs (Les Verts).
- Décrire l’exécution : actes délégués (290 TFUE) vs actes d’exécution (291 TFUE), et la comitologie (rôle des comités, procédures consultative vs d’examen).
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