📋 Plan du Cours
- Motricité et perception en interaction
- Composantes du développement psychomoteur
- Habiletés psychomotrices et praxies
- Intention, programmation et ajustement moteur
- Motricité globale et ses fonctions
- Composants de la motricité globale
- Séquence développementale de la motricité globale
- Motricité fine et coordination œil-main
- Développement de la préhension visuelle
- Praxies, automatisation et apprentissages
- Modèle cognitif de la réalisation de gestes
- Schéma corporel et développement en étapes
📖 1. Motricité et perception en interaction
🔑 Notions clés & Définitions
- Motricité : La motricité désigne la façon de bouger, de se positionner et de manipuler pour agir.
- Perception : La perception correspond à l’organisation des informations sensorielles par rapport aux objets, au corps, à l’espace, au temps et au rythme.
- Schéma corporel : Le schéma corporel est la perception et la représentation du corps permettant de s’y repérer dans l’action.
- Latéralité : La latéralité renvoie à l’organisation préférentielle des côtés du corps dans le contrôle et l’action.
- Organisation temporelle et perception rythmique : L’organisation temporelle et la perception rythmique regroupent la façon dont l’enfant perçoit le temps et le rythme pour coordonner ses mouvements.
📝 Points essentiels
- Motricité et perception évoluent en interaction constante : les actions enrichissent les perceptions et les perceptions guident l’ajustement moteur.
- La perception organise les informations sensorielles en lien avec le corps, l’espace, le temps et le rythme, ce qui soutient l’évolution motrice.
- Le développement psychomoteur se décrit via plusieurs composantes : motricité globale, motricité fine, schéma corporel, latéralité, organisation perceptive, organisation de l’espace, organisation temporelle et perception
- Le développement psychomoteur correspond au progrès de ces composantes à travers les activités quotidiennes.
- La motricité et la perception s’appuient sur la maturation du système nerveux et sur les expériences antérieures de l’enfant.
- Le développement psychomoteur est présenté comme une première forme d’évaluation de l’intelligence de l’enfant.
💡 Astuce mémo
Action → perception → ajustement : on bouge, on sent, puis on affine.
📖 2. Composantes du développement psychomoteur
🔑 Notions clés & Définitions
- Praxie : La praxie est une action motrice apprise et organisée, rendue efficace par l’entraînement et l’intériorisation d’un modèle d’action.
- Automatisation motrice : L’automatisation motrice correspond au passage d’une séquence de mouvements coûteuse en attention à un geste expert exécuté avec moins d’effort.
- Motricité globale : La motricité globale regroupe les réponses motrices assurant l’harmonie et l’aisance du corps dans les activités de la vie courante et du jeu.
- Dissociation : La dissociation est la capacité à activer une partie du corps de façon isolée sans mobiliser l’ensemble.
- Coordination : La coordination est la combinaison de mouvements de membres déjà dissociés pour produire une action cohérente.
📝 Points essentiels
- La praxie se construit par répétitions : la séquence est exercée et affinée jusqu’à une efficacité progressivement intériorisée.
- L’intériorisation passe par l’élaboration d’un modèle d’action, ce qui soutient la réalisation de la praxie.
- La réussite d’une praxie exige un entraînement avec effort cognitif et nombreuses répétitions pour obtenir un geste expert sans fatigue.
- Trois critères de qualité des praxies sont l’économie attentionnelle, l’efficacité du geste selon le but et la situation, et la rentabilité de l’énergie investie.
- Les praxies peuvent être facultatives pour l’espèce mais rendues nécessaires par l’environnement culturel (ex : écrire, s’habiller).
- Certaines praxies dépendent davantage de facteurs socio-culturels et familiaux (ex : jouer du piano, football).
💡 Astuce mémo
Praxie = Répéter → Modèle d’action → Geste expert (moins d’attention, plus d’efficacité).
📖 3. Habiletés psychomotrices et praxies
🔑 Notions clés & Définitions
- Hypertonie des membres : L’hypertonie des membres correspond à un niveau de tension musculaire élevé, visible notamment par des postures de flexion et des allongements rares.
- Hypotonie du tronc : L’hypotonie du tronc correspond à un faible niveau de tension dans les muscles du tronc, avec une tête et une nuque moins soutenues.
- Réflexe de Moro : Le réflexe de Moro est un réflexe moteur archaïque déclenché par un stimulus (bruit ou lumière) et caractérisé par une ouverture symétrique des bras puis un retour vers la poitrine.
- Réflexe d’agrippement : Le réflexe d’agrippement est un réflexe archaïque où la stimulation de la paume provoque une fermeture très serrée de la main.
- Réflexe cutané plantaire : Le réflexe cutané plantaire (Babinski) est un réflexe archaïque où la stimulation de la plante du pied entraîne une extension et un écartement des orteils.
📝 Points essentiels
- Hypertonie des membres : sur le dos, flexion caractéristique des membres et allongements rares.
- Hypotonie du tronc : faible niveau de tension dans les muscles, avec tête et nuque peu toniques.
- Réflexe de succion : déclenché par une légère pression sur les lèvres du bébé.
- Réflexe de Moro : sur le dos, ouverture/écartement symétrique des bras puis retour au milieu en arc de cercle, déclenché par un simple bruit ou une lumière, et il disparaît vers 4-5 mois.
- Réflexe d’agrippement : fermeture très serrée si on stimule la paume avec un doigt ou un objet, et il disparaît vers 3 mois remplacé par la préhension volontaire vers 4 mois.
- Réflexe cutané plantaire (Babinski) : extension et écartement des orteils si on stimule la face plantaire, et il disparaît vers 6 mois remplacé par la flexion des orteils après le début de la marche.
💡 Astuce mémo
Moro = Bruit/Lumière → Bras s’ouvrent puis reviennent; Agrippement = Paume serrée; Babinski = Plante → Orteils s’ouvrent.
📖 4. Intention, programmation et ajustement moteur
🔑 Notions clés & Définitions
- Intention motrice : Capacité à viser un but précis dans l’action, avant et pendant l’exécution du mouvement.
- Programmation motrice : Organisation planifiée des commandes motrices qui prépare la séquence d’un mouvement.
- Ajustement moteur : Réajustement en cours d’action pour corriger le mouvement selon l’équilibre, l’environnement et les résultats observés.
- Coordination intermembres : Mise en relation des membres supérieurs et inférieurs pour produire une action efficace et stable.
📝 Points essentiels
- Le développement vise l’autonomie de déplacement, sans dépendre d’une seule forme (ex. ne pas rester au « 4 pattes »).
- La dissociation et la coordination des membres supérieurs et inférieurs soutiennent l’amélioration du tonus et de l’équilibre.
- Entre 10-12 mois, l’enfant se hisse debout, se tient debout avec appui d’une main et change facilement de position.
- Entre 12-18 mois, l’enfant marche seul, pousse ou tire des jouets en marchant, et peut monter quelques marches avec aide sans alternance.
- Entre 12-18 mois, les mouvements non locomoteurs s’enrichissent (ex. frapper du pied dans un ballon) et les locomoteurs aussi (ex. course malhabile, marche à reculons ou de côté en tirant un jouet).
- Entre 18-24 mois, l’enfant maîtrise davantage des sauts (ex. saut à 2 pieds sur place sans décoller les pieds) et progresse vers des déplacements plus variés.
💡 Astuce mémo
Intention → programme → ajustement : viser, ordonner, corriger en temps réel.
📖 5. Motricité globale et ses fonctions
🔑 Notions clés & Définitions
- Motricité globale : La motricité globale regroupe les capacités de tonus, dissociation, coordination et équilibre qui permettent progressivement des mouvements plus stables et efficaces.
- Coordination œil-main : La coordination œil-main est l’ajustement des mouvements des mains guidé par la vision, puis la vision guidée par les mouvements des mains.
- Coordination œil-doigt : La coordination œil-doigt correspond au placement successif des doigts sur des cibles repérées visuellement.
- Motricité fine : La motricité fine regroupe des mouvements précis et minutieux nécessitant contrôle localisé et perception pour guider l’action.
- Familiarisation avec l’eau : La familiarisation avec l’eau désigne l’exposition précoce à l’eau qui permet d’apprendre progressivement des comportements aquatiques.
📝 Points essentiels
- La familiarisation avec l’eau commence dès la naissance et l’enfant peut apprendre à flotter très tôt en se mettant sur le dos.
- Vers 4 ans, la nage est souvent désorganisée, puis elle devient plus structurée avec l’âge.
- Entre 5 et 6 ans, l’enfant peut commencer la brasse, sous réserve de capacités motrices suffisantes.
- Entre 6 et 7 ans, l’apprentissage de techniques de natation en contexte scolaire nécessite une maturité de la motricité globale pour coordonner membres supérieurs et inférieurs.
- La séquence du développement moteur suit des étapes globalement similaires d’un enfant à l’autre, malgré une forte variabilité inter-individuelle.
- L’évolution de la motricité globale concerne le tonus, la dissociation, la coordination et l’équilibre, rendant possible une position stable puis des mouvements locomoteurs et non locomoteurs.
💡 Astuce mémo
Motricité globale = TONUS + DISSOCIATION + COORDINATION + ÉQUILIBRE → stabilité puis locomotion; en natation: dos tôt, brasse vers 5-6 ans, techniques vers 6-7 ans.
📖 6. Composants de la motricité globale
🔑 Notions clés & Définitions
- Motricité globale : Ensemble des habiletés motrices qui mobilisent de grandes parties du corps pour agir et se coordonner dans l’espace.
- Coordination oculo-manuelle : Coordination entre la vision et l’action des mains permettant d’ajuster le geste pendant l’exploration et les activités.
- Praxies : Habiletés motrices apprises qui deviennent de plus en plus automatiques grâce à la pratique et à l’ajustement par essais-erreurs.
- Contrôle proximo-distal : Organisation du développement du geste où le contrôle progresse du proche vers le distal (épaule/bras vers poignet/doigts).
- Boucles de rétroaction : Mécanismes de correction continue qui comparent le résultat du mouvement aux attentes pour ajuster l’exécution.
📝 Points essentiels
- Entre 1 et 2 ans, l’enfant a un besoin intense d’exploration et de manipulation qui soutient la coordination oculo-manuelle dans les activités spontanées.
- Entre 1 et 2 ans, l’exploration des objets contribue à l’acquisition de nouvelles praxies comme griffonner, gribouiller, manipuler fourchette et cuillère, manger seul avec une cuillère (18 mois), boire au verre (18-24),
- Entre 1 et 2 ans, des actions typiques incluent lancer après avoir terminé (21 mois) et dévisser le bouchon d’un flacon (18-21 mois).
- À 2 ans, l’enfant réalise des encastrements de formes simples et progresse dans les tours de blocs (au moins 4 blocs) avec insertion de pièces dans de très petits trous.
- Entre 3 et 6 ans, le contrôle du geste suit une loi proximo-distale : l’épaule guide d’abord, puis la dissociation s’affine et l’amplitude diminue.
- Entre 3 et 6 ans, la précision s’améliore jusqu’à l’usage de mouvements surtout au niveau du poignet et des doigts, avec des repères vers 3 ans (≥6 cubes, grosses perles, ciseaux grossiers) et vers 3,5 ans (déboutonner,
💡 Astuce mémo
Proximo→Distal : l’épaule mène, puis le poignet et les doigts prennent le relais.
📖 7. Séquence développementale de la motricité globale
🔑 Notions clés & Définitions
- Intention motrice : L’intention motrice est le projet de modifier l’environnement, issu d’un but préalable, qui déclenche la planification et la programmation du geste.
- Planification du geste : La planification du geste est l’organisation du plan général et de la structure temporelle des séquences d’action pour atteindre le but.
- Programmation du geste : La programmation du geste est la mise au point automatique des paramètres moteurs et spatiaux nécessaires à l’exécution précise du mouvement.
- Décision d’agir : La décision d’agir est la phase préparatoire finale qui tranche entre agir ou ne pas agir, sous l’influence des régions frontales et de la motivation.
- Exécution effective : L’exécution effective correspond à la réalisation réelle du mouvement avec contraction musculaire, après les phases de préparation et de contrôle.
📝 Points essentiels
- La séquence suit une logique but→intention→planification→programmation→décision→exécution effective, avec des boucles de rétroaction et des ajustements possibles.
- L’intention préalable d’agir est consciente: le sujet se représente le résultat et les effets de son acte.
- L’intention motrice dépend fortement de la motivation et des facteurs émotionnels, via des fonctions exécutives et le système limbique.
- La planification établit le plan général et l’organisation temporelle des séquences, sans encore intégrer les paramètres spécifiques de la situation.
- Les actions non routinières exigent une organisation temporelle et une conception/hiérarchisation de séquences, avec un lien préfrontaux↔ganglions de la base.
- Les actions routinières s’appuient sur la recherche de schémas dans une mémoire procédurale, puis leur assemblage ajustable au contexte.
💡 Astuce mémo
But conscient → Plan (temps) → Programme (paramètres) → Décide (agir) → Exécute (muscle).
📖 8. Motricité fine et coordination œil-main
🔑 Notions clés & Définitions
- Simulation motrice : La simulation motrice consiste à préparer mentalement un geste avant de l’exécuter afin de tester sa faisabilité et d’engager des ajustements proactifs.
- Modèle interne de l’action : Le modèle interne de l’action est une représentation interne qui permet d’anticiper le geste et d’orienter la régulation avant le mouvement.
- Neurones miroirs : Les neurones miroirs sont des neurones activés quand on exécute une action, quand on observe la même action, et aussi quand on l’imagine.
- Sélectivité des neurones miroirs : La sélectivité des neurones miroirs décrit leur spécialisation à répondre à un type d’action plutôt qu’à toutes les actions.
- Schéma corporel : Le schéma corporel est la connaissance immédiate du corps en statique ou en mouvement, incluant les rapports entre ses parties et avec l’espace et les objets.
📝 Points essentiels
- L’action peut être préparée sans contraction musculaire via une simulation mentale répétée du geste.
- La simulation mentale active des voies nerveuses liées au geste, ce qui facilite l’exécution ultérieure.
- La régulation proactive intervient avant l’action pour ajuster le geste à venir.
- La régulation rétroactive intervient pendant l’action pour corriger en temps réel selon l’environnement.
- Les informations internes comprennent kinesthésiques, proprioceptives et vestibulaires.
- Les informations externes comprennent visuelles, tactiles et auditives.
💡 Astuce mémo
Simulation mentale = répétition sans muscles, pour préparer la régulation avant/après le geste.
📖 9. Développement de la préhension visuelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Schéma corporel : Le schéma corporel est la représentation organisée du corps qui guide la perception, l’action et l’ajustement des mouvements.
- Corps vécu : Le corps vécu correspond à la période où l’enfant construit son rapport au corps surtout à partir des sensations intéroceptives et proprioceptives.
- Corps perçu : Le corps perçu désigne l’image mentale du corps qui se forme grâce à la pensée symbolique et à l’observation des mouvements.
- Corps représenté : Le corps représenté est la forme tridimensionnelle du corps construite par la pensée opératoire, permettant d’anticiper et coordonner mentalement des actions.
- Latéralité : La latéralité est la prise de conscience et la représentation interne des deux côtés du corps, avec identification d’un côté dominant.
📝 Points essentiels
- La prise de conscience des possibilités d’action et le sentiment de sécurité dans les activités motrices soutiennent l’organisation de la personnalité via la conscience de soi.
- La conscience de soi et l’image de soi se construisent à travers le vécu corporel et l’enrichissement du schéma corporel.
- Le passage à la position debout modifie les sensations proprioceptives et kinesthésiques, ce qui change la perception du corps.
- Le développement du schéma corporel suit 3 étapes : corps vécu (0-2 ans), corps perçu (2-7 ans), corps représenté (7-12 ans).
- Le corps vécu (0-2 ans) repose sur des sensations intéroceptives et proprioceptives (faim, soif, température, positions, mouvements).
- Entre 0-2 ans, l’enfant découvre visuellement son corps segment par segment et se familiarise avec ses sensations en lien avec les objets et l’entourage.
💡 Astuce mémo
0-2 = sensations (corps vécu) ; 2-7 = image (corps perçu) ; 7-12 = mental 3D (corps représenté).
📖 10. Praxies, automatisation et apprentissages
🔑 Notions clés & Définitions
- Ambidextre : L’ambidextre utilise indifféremment la droite et la gauche avec une habileté comparable.
- Droitier/gaucher mixte : Le droitier/gaucher mixte réalise certains gestes avec la droite et d’autres avec la gauche.
- Gaucher contrarié : Le gaucher contrarié est un enfant dont l’usage de la main droite a été imposé par l’influence sociale.
- Faux gaucher/faux droitier : Le faux gaucher ou faux droitier correspond à un développement des habiletés du côté non préférentiel après un accident.
- Latéralité vécue : La latéralité vécue est la dominance latérale établie sans encore de prise de conscience explicite.
📝 Points essentiels
- La latéralité sert de repères spatiaux pour localiser les objets (ex. « la chaise est à ma droite ») grâce à la conscience des deux côtés du corps.
- L’écriture bénéficie d’une latéralisation stabilisée, ce qui améliore l’efficacité; on vise l’affermissement de la latéralité avant de commencer.
- La lecture s’appuie sur des repères G/D, liés à la direction du regard et à la position des lettres.
- Le choix de la main n’affecte pas le potentiel global de l’enfant, mais influence l’acquisition de certaines praxies.
- Les outils et instruments « latéralisés » (ciseaux, couteau, stick de golf, hockey, instruments de musique) sont souvent conçus pour les droitiers, ce qui oblige les enseignants à inverser leur geste.
- Les conventions sociales favorisent les droitiers, ce qui peut créer des ajustements pédagogiques nécessaires pour les gauchers ou profils mixtes.
💡 Astuce mémo
Latéralité = repères (droite/gauche) → efficacité (écriture/lecture) ; outils = adaptation du geste (inversion).
📖 11. Modèle cognitif de la réalisation de gestes
🔑 Notions clés & Définitions
- Schéma corporel : Le schéma corporel correspond à la conscience du corps propre, utilisée comme premier repère spatial pour relier soi aux objets et à l’environnement.
- Organisation perceptive : L’organisation perceptive regroupe les connaissances des objets et de leurs relations, notamment leurs positions et dimensions dans l’espace.
- Organisation spatiale : L’organisation spatiale désigne la capacité à prendre conscience et à structurer différents types d’espaces pour guider l’action.
- Espace perceptif : L’espace perceptif est l’organisation spatiale dominante de 0 à 7 ans, construite à partir du vécu sensoriel et moteur immédiat.
- Espace projectif : L’espace projectif est l’organisation spatiale dominante de 7 à 12 ans, plus objective, permettant de représenter et combiner des trajets.
📝 Points essentiels
- Toute activité adaptée nécessite une interprétation d’informations spatiales pour estimer distances, directions et dimensions des objets.
- L’organisation spatiale s’appuie sur la prise de conscience de plusieurs types d’espace : espace occupé, espace-position et espace relatif.
- L’espace occupé correspond à l’espace « à l’intérieur » des objets, tandis que l’espace-position correspond à l’espace « extérieur » à l’objet.
- L’espace relatif regroupe des relations qui changent avec les déplacements, comme proximité-éloignement, superposition et inclusion.
- L’organisation spatiale comprend des notions d’espace (à côté, devant, derrière, près, loin, sur, sous, gauche, droite, parallèle, croisé) pour décrire et agir.
- L’adaptation spatiale est la capacité d’ajuster un mouvement ou une position à un espace donné, en contrôlant le mouvement face à des limites spatiales.
💡 Astuce mémo
Espace = dedans (occupé) / dehors (position) / entre-deux qui bouge (relatif).
📖 12. Schéma corporel et développement en étapes
🔑 Notions clés & Définitions
- Décentration du point de vue : Capacité à décrire une scène en se détachant de son propre point de vue pour adopter un point de vue plus objectif.
- Tâche des 3 montagnes : Épreuve utilisée pour évaluer la décentration et la capacité de l’enfant à représenter correctement le point de vue d’autrui.
- Orientation spatiale : Capacité à se repérer et à organiser un trajet en combinant plusieurs parcours représentés.
- Organisation temporelle : Ensemble des capacités qui permettent de percevoir, structurer et utiliser le temps pour ajuster ses actions.
- Temps subjectif : Perception personnelle du temps, influencée par la dimension affective et l’expérience vécue.
📝 Points essentiels
- Dès 7-8 ans, les rapports spatiaux sont abordés de façon plus objective grâce à la décentration du point de vue.
- La tâche des 3 montagnes sert de repère pour observer la décentration dans les descriptions.
- L’orientation spatiale implique de représenter un trajet et de combiner différents parcours.
- La structuration spatiale débute par une représentation graphique plus réaliste, avec découpage de l’espace et prise en compte des rapports topologiques, lignes et angles.
- Le temps est une donnée abstraite perçue à travers la succession des événements de la vie.
- Le temps subjectif varie selon la personne et peut prendre une coloration affective, contrairement au temps objectif qui mesure la durée entre deux événements.
💡 Astuce mémo
Décentration = « je me décale » ; 3 montagnes = « je vois comme l’autre ».
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 4-5 mois | Disparition du réflexe de Moro |
| 3 mois | Disparition du réflexe d’agrippement, remplacé par la préhension volontaire (vers 4 mois) |
| 6 mois | Disparition du réflexe cutané plantaire (Babinski), remplacé par la flexion des orteils après le début de la marche |
| 10-11 ans | Maturité seulement vers 10-11 ans pour l’adaptation/gestion du temps |
| 7-8 ans | Début de l’espace projectif et décentration (rapports spatiaux plus objectifs) |
📊 Tableaux de synthèse
Habiletés psychomotrices vs praxies
| Critère | Habiletés psychomotrices | Praxies |
|---|
| Automatisation | Pas toujours très automatisées | Nécessitent un certain degré d’automatisation (via répétitions) |
| Apprentissage | Souvent appris de manière incidente/implicite | Peuvent être implicites ou plus explicites, avec apprentissages orientés vers un but |
| Définition fonctionnelle | Ensemble de mouvements coordonnés volontairement en fonction d’un but et d’un résultat précis | Coordination volontaire, dans le temps et dans l’espace, d’une séquence de mouvements dirigée vers un but (geste intentionnel) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre motricité et perception : la motricité concerne bouger/se positionner/manipuler, la perception organise les informations sensorielles par rapport au corps, à l’espace, au temps et au rythme.
- Croire que la praxie est le premier essai : au départ, l’enfant produit un mouvement volontaire peu efficace nécessitant beaucoup d’attention, la praxie émerge avec répétitions et automatisation.
- Mélanger régulation proactive et rétroactive : la proactive ajuste avant l’action (simulation/modèle interne), la rétroactive corrige pendant l’action selon l’environnement.
- Interpréter l’espace projectif comme “plus tôt” : le cours situe l’espace perceptif 0-7 ans et l’espace projectif 7-12 ans.
- Penser que la latéralité est innée : le cours insiste sur des facteurs génétiques et environnementaux, avec dominance et latéralité vécue puis prise de conscience.
- Oublier que la motricité fine dépend de la motricité globale : tonus, dissociation (bras/tronc) et perception (coordination œil-main) sont présentés comme déterminants.
- Confondre organisation temporelle et temps subjectif : le temps subjectif est personnel/affectif, tandis que l’organisation temporelle inclut repères, structuration et adaptation au rythme/durée.
✅ Checklist Examen
- Définir motricité, perception, schéma corporel, latéralité, et organisation temporelle/perception rythmique, puis expliquer l’interaction action↔perception.
- Lister les 7 composantes du développement psychomoteur et rappeler que le développement se décrit via leur progrès dans les activités quotidiennes.
- Expliquer ce qu’est une habileté psychomotrice et ce qu’elle suppose (intention, programmation, ajustement), puis distinguer habiletés psychomotrices vs praxies selon l’automatisation et le type d’apprentissage.
- Définir praxie et décrire le passage mouvement volontaire initial → répétitions → intériorisation d’un modèle d’action → geste expert.
- Citer les 3 qualités des praxies (économie attentionnelle, efficacité selon but/situation, rentabilité de l’énergie) et donner l’idée praxies et culture (facultatives biologiquement mais nécessaires culturellement).
- Reconnaître les réflexes archaïques vus : Moro (bruit/lumière, ouverture puis retour, disparition vers 4-5 mois), agrippement (paume, fermeture serrée, disparition vers 3 mois), cutané plantaire/Babinski (extension/écart
- disparition vers 6 mois).
- Décrire l’intention motrice, la programmation motrice et l’ajustement moteur, puis relier la dissociation/coordination des membres à l’amélioration tonus/équilibre.
- Maîtriser les repères locomoteurs du cours : 10-12 mois (se hisse debout, se tient avec appui), 12-18 mois (marche seule, monter quelques marches avec aide sans alternance), 18-24 mois (sauts à 2 pieds sur place).
- Expliquer la motricité globale : définition, 3 catégories (non locomoteurs, locomoteurs, position stable) et ses 4 composants (dissociation, coordination, équilibre, contrôle du tonus avec régulation réflexe vs contrôle/
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- Donner les repères de développement de la motricité globale (0-2 mois : hypertonie/hypotonie et réflexes; 2-4 mois : premiers mouvements non locomoteurs; 7-9 mois : ramper/4 pattes; 10-12 mois : verticalité; 12-18 mois :
- marche; puis 18-24 mois et au-delà selon la séquence).
- Définir motricité fine et expliquer sa dépendance à la motricité globale, puis décrire la coordination œil-main/œil-doigt et les étapes de préhension visuelle (2-4 mois, 4-6 mois, 6-7 mois, 8 mois, 9-10 mois, 1-2 ans, 2-
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