📋 Plan du Cours
- Invention progressive de la diplomatie moderne
- Institutionnalisation et professionnalisation diplomatique
- Congrès de Vienne et Concert européen
- Conférences de paix de La Haye et juridicisation
- Montée en puissance et dépolitisation du droit international
- Genèse et héritages institutionnels de la SDN
- Secrétariat et Cour permanente de justice internationale
- OIT et justice sociale comme socle
- Organes de l’OIT et tripartisme
- Charte de l’ONU et objectifs fondamentaux
- Organes de l’ONU et rôle du Conseil de sécurité
- Acteurs de l’ONU et maintien de la paix
📖 1. Invention progressive de la diplomatie moderne
🔑 Notions clés & Définitions
- Diplomatie moderne : Ensemble de pratiques diplomatiques qui se structurent progressivement autour d’États souverains, de représentants spécialisés et de négociations plus régulières.
- État souverain : Forme politique où un pouvoir se considère indépendant et capable de conclure des relations et traités avec d’autres pouvoirs.
- Ambassade permanente : Représentation diplomatique installée durablement dans un autre pays, qui remplace des contacts ponctuels par une présence continue.
- Professionnalisation diplomatique : Processus par lequel la diplomatie devient un métier organisé, avec des formations et des recrutements plus structurés.
- Congrès multilatéral : Réunion diplomatique rassemblant de nombreux États pour négocier et régler collectivement des questions de paix ou d’organisation internationale.
📝 Points essentiels
- Diplomatie et relations régulières entre États ne sont pas une évidence historique : l’invention est progressive et dépend des formes d’État et des pratiques de contact.
- Plusieurs inspirations schématiques sont citées : Rome antique pour l’annonce de nouvelles, papauté pour ses relations avec ses États et des États étrangers, cités-États italiennes (ex. Venise) au XVe siècle pour des nég
- En France, le premier ministre des Affaires étrangères est le comte Louis de Revol nommé en 1589 par Henri III, puis au XVIIe siècle des cardinaux occupent ce rôle.
- Le secrétariat des Affaires étrangères se stabilise sous Richelieu, ce qui contribue à structurer durablement l’administration diplomatique en France.
- À l’étranger, des jalons institutionnels sont donnés : Espagne (ministère en 1714), Grande-Bretagne (Foreign Office en 1782), USA (Département d’État en 1789).
- En France aujourd’hui, le MAE compte environ 14 000 agents et s’organise par division du travail en directions géographiques et thématiques.
💡 Astuce mémo
Progression = Institutions (ministères) → Présence (ambassades) → Métier (concours) → Négociation (congrès).
📖 2. Institutionnalisation et professionnalisation diplomatique
🔑 Notions clés & Définitions
- Concert européen : Système diplomatique multilatéral né après 1815, fondé sur la négociation entre puissances pour garantir la paix en Europe.
- Quadruple Alliance : Pacte diplomatique conclu le 20 novembre 1815 à Paris par quatre grandes puissances contre la France, puis élargi en 1818.
- Europe des Congrès : Ensemble de pratiques de réunions internationales qui diversifient la diplomatie au-delà du politique, avec des congrès scientifiques, techniques et culturels.
- Conférences de La Haye : Conférences de paix tenues en 1899 et 1907, qui renforcent la gestion collective de la paix et accélèrent la juridicisation des relations internationales.
- Cour permanente d’arbitrage : Institution basée à La Haye chargée de l’arbitrage international, distincte de plusieurs autres cours et juridictions internationales.
📝 Points essentiels
- Le Congrès de Vienne (hors l’Espagne) produit 121 articles et 17 annexes, complétés par 250 articles supplémentaires.
- Le Concert européen s’appuie sur la négociation multilatérale (7 congrès et 35 conférences d’ambassadeurs entre 1815 et 1914) et sur l’équilibre des puissances.
- Les grandes puissances du Concert européen décident pour les autres États, présentées comme garantes de la paix (France, Royaume-Uni, Prusse, Russie, Autriche-Hongrie).
- L’Europe des Congrès regroupe des congrès scientifiques, techniques/professionnels, artistiques/littéraires et politiques/idéologiques, avec une hausse des réunions internationales au fil des années.
- La Conférence de La Haye de 1899 est lancée par le tsar Nicolas II et vise des moyens efficaces pour une paix réelle et durable.
- La Conférence de La Haye de 1899 propose 8 points, dont la limitation des budgets militaires, l’interdiction d’armes particulièrement meurtrières et le recours à la médiation/arbitrage pour prévenir les conflits.
💡 Astuce mémo
Concert européen = «parler souvent + décider à plusieurs» ; La Haye = «paix gérée collectivement + droit qui avance».
📖 3. Congrès de Vienne et Concert européen
🔑 Notions clés & Définitions
- Congrès de Vienne : Réunion diplomatique européenne du début du XIXe siècle qui organise l’ordre politique après les guerres napoléoniennes.
- Concert européen : Système de coordination entre grandes puissances visant à gérer les crises et à maintenir l’équilibre européen.
- Droit international public : Branche du droit international centrée sur les règles applicables entre États et sur leur mise en œuvre.
- Revue de droit international et de législation comparée : Revue juridique fondatrice servant de lieu de rencontre pour les juristes travaillant sur le droit international.
- Institut du droit international : Institution créée à Gand en 1873 pour promouvoir le progrès du droit international par une action à la fois savante et politique.
📝 Points essentiels
- Le droit international se renforce à la fin du XIXe siècle par la multiplication des normes internationales, la création d’une juridiction à La Haye et l’essor comme discipline savante.
- Le droit international reste encore très politique : son contenu et son application reflètent surtout les intérêts des États, ce qui le rapproche de la « loi du plus fort » plutôt que de la « loi du droit ».
- La crédibilité du droit international passe par une dépolitisation, surtout après la Première Guerre mondiale.
- La dépolitisation s’appuie sur la multiplication des organisations internationales (SDN et OIT) et sur de nouvelles institutions à La Haye.
- La création d’institutions internationales contribue à détacher partiellement le droit international des États en le rendant plus maniable par des acteurs institutionnels.
- La SDN revendique une portée universelle et un mandat généraliste, préfigurant l’ONU et les pratiques multilatérales de nombreuses organisations internationales.
💡 Astuce mémo
Concert européen = « grands États en réunion » pour stabiliser l’Europe ; droit international = « normes + juges + savoir », mais d’abord « intérêts d’États » avant dépolitisation.
📖 4. Conférences de paix de La Haye et juridicisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Pacte de la SDN : Le Pacte de la Société des Nations est le texte fondateur qui organise l’institution et fixe ses principes et articles.
- Preambule de la SDN : Le préambule de la SDN expose les objectifs et engagements généraux qui justifient la création de la Société des Nations.
- Société des Nations : La Société des Nations est une organisation internationale créée après la Première Guerre mondiale pour maintenir la paix et appliquer le droit international.
- Assemblée de la SDN : L’Assemblée de la SDN est l’organe politique où chaque État membre est représenté et peut traiter les questions de l’organisation.
- Conseil de la SDN : Le Conseil de la SDN est l’organe exécutif à composition inégale, dominé par les grandes puissances, chargé des décisions majeures.
📝 Points essentiels
- Le Pacte de la SDN est élaboré rapidement avec un projet achevé le 13 février 1919 puis adopté en plénière le 28 avril 1919.
- Le Pacte comprend un préambule et 26 articles, alors que la Charte de l’ONU compte un préambule et 111 articles.
- Le préambule engage à refuser la guerre, à rejeter la diplomatie secrète et à appliquer rigoureusement le droit international ainsi que les obligations des traités.
- La structure des articles du Pacte est répartie ainsi : 1 à 7 structure, 8 à 17 moyens de garantir la paix, 18 à 21 primat de la SDN, 22 mandats, 23 à 25 missions techniques, 26 amendements.
- La SDN compte à l’origine 32 États signataires et 13 États invités à adhérer sans délai, notamment des États européens neutres et d’Amérique du Sud.
- Les vaincus de la Première Guerre mondiale sont exclus au départ : Autriche, Allemagne, Turquie, et la Russie ne participe pas non plus à la fondation de la SDN.
💡 Astuce mémo
Pacte = 26 articles : 1-7 structure, 8-17 paix, 18-21 primat, 22 mandats, 23-25 technique, 26 amendements.
📖 5. Montée en puissance et dépolitisation du droit international
🔑 Notions clés & Définitions
- Secrétariat de la SDN : Organe administratif de la Société des Nations qui emploie un personnel croissant au fil des années.
- Directeur de section : Fonction dirigeant une section du Secrétariat, placée parmi les plus hauts responsables après le secrétaire général et ses adjoints.
- Rachel Crowdy : Directrice unique citée pour illustrer la réalité genrée de l’administration de la SDN.
- Cour permanente de justice internationale : Juridiction créée avant la SDN, siégeant à La Haye, chargée de trancher des différends et de rendre des avis.
- Article 22 du Pacte de la SDN : Disposition du Pacte qui fonde le système des mandats confiés à des puissances.
📝 Points essentiels
- Le personnel du Secrétariat passe d’environ 120 personnes en 1919 à 400 en 1922 puis 700 en 1931-1932.
- Chaque section du Secrétariat est dirigée par un directeur, parmi les plus hauts fonctionnaires après le secrétaire général, le secrétaire général adjoint et les sous-secrétaires généraux.
- L’administration de la SDN est très genrée : sur le papier l’article 7 garantit l’accès aux postes aux hommes et aux femmes, mais dans les faits plus de la moitié des postes sont occupés par des femmes, surtout à des éti
- Au début, les directeurs sont majoritairement de la même nationalité que les membres permanents du Conseil, puis la nationalité se diversifie mais reste limitée aux pays occidentaux.
- La Cour permanente de justice internationale est finalisée en décembre 1920, entre en vigueur en 1921 et fonctionne réellement à partir de 1922.
- La Cour compte 15 membres élus pour 9 ans par l’Assemblée et le Conseil à partir d’une liste issue de la Cour permanente d’arbitrage, et ses magistrats sont indépendants à La Haye.
💡 Astuce mémo
Administration qui grossit (120→400→700) + justice à La Haye (15 juges/9 ans) : “plus de monde, plus de droit”.
📖 6. Genèse et héritages institutionnels de la SDN
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 23 du Pacte de la SDN : Article du Pacte qui attribue à la SDN une compétence pour agir dans des domaines dits « techniques » aux contours très variés.
- Organes techniques de la SDN : Dispositifs créés par la SDN pour traiter des sujets spécialisés, prolongeant des sections techniques du Secrétariat.
- Organisation internationale du travail : Organisation multilatérale créée en 1919 à Paris en même temps que la SDN, centrée sur les enjeux sociaux et le tripartisme.
- Tripartisme de l’OIT : Mode de gouvernance de l’OIT associant gouvernements, syndicats et patronat dans la prise de décision.
- Réseaux réformateurs transnationaux : Réseaux d’acteurs qui, avant l’OIT, internationalisent progressivement les politiques sociales et la production de normes.
📝 Points essentiels
- L’article 23 du Pacte autorise la SDN à intervenir dans des domaines « techniques » comme conditions de travail, traite des femmes et des enfants, trafic d’opium, libertés de communication et transport, commerce et hygié
- La SDN crée parfois des organes dédiés, prolongeant des sections techniques du Secrétariat, avec des exemples datés : communications et transit (1921), organisation économique et financière (1923), hygiène (1923)
- Les enjeux qualifiés de « techniques » sont souvent politiques, notamment dans les affaires économiques et financières et dans le droit humanitaire/protection des réfugiés
- L’OIT est créée en même temps que la SDN à Paris en 1919 et constitue la plus vieille organisation du système onusien, avec un centenaire célébré en 2019
- Le fonctionnement de l’OIT repose sur le tripartisme, c’est-à-dire une gouvernance associant gouvernements, syndicats et patronat
- L’OIT illustre que les enjeux sociaux ont longtemps été centraux dans les relations internationales, ce qui explique son rôle dans l’internationalisation de la question sociale
💡 Astuce mémo
SDN = « technique » mais agenda politique ; OIT = tripartisme (gouvernements + syndicats + patronat) pour la justice sociale.
📖 7. Secrétariat et Cour permanente de justice internationale
🔑 Notions clés & Définitions
- Secrétariat de l’OIT : Le secrétariat permanent de l’OIT est le Bureau international du travail, chargé d’assurer le fonctionnement quotidien de l’organisation.
- Bureau international du travail : Le Bureau international du travail (BIT) est l’organe administratif permanent de l’OIT, dirigé par un directeur général.
- Directeur général du BIT : Le directeur général du BIT dirige l’administration permanente de l’OIT et pilote son fonctionnement.
- Albert Thomas : Albert Thomas est le premier directeur général du BIT, en fonction de 1919 à 1932.
- Gilbert Houngbo : Gilbert Houngbo est le directeur général actuel du BIT, depuis octobre 2022.
📝 Points essentiels
- Le BIT compte environ 3 500 fonctionnaires, dont environ 2 700 à Genève.
- Le budget du BIT pour 2023-2024 est d’environ 854 millions de dollars.
- Le BIT est dirigé par un directeur général (DG).
- Albert Thomas a été directeur général du BIT de 1919 à 1932.
- Gilbert Houngbo est directeur général du BIT depuis octobre 2022.
- Le siège du BIT a changé : 1920-1926 à Genève, puis 1926-1974, puis depuis 1974 à Genève.
💡 Astuce mémo
BIT = « Bureau » permanent : 3 500 agents (≈2 700 à Genève) et DG à la tête.
📖 8. OIT et justice sociale comme socle
🔑 Notions clés & Définitions
- Protection internationale du travail : Cadre de normes visant à garantir des droits sociaux aux travailleurs à l’échelle internationale.
- Ratification des conventions OIT : Acte par lequel un État accepte d’appliquer une convention de l’OIT dans son droit et ses pratiques.
- Assistance technique de l’OIT : Activité de coopération où l’OIT aide des pays à concevoir et mettre en œuvre des politiques sociales et des réformes.
- Programme Manpower : Programme phare lancé en 1948 pour améliorer la formation professionnelle et la productivité des travailleurs.
- Better Work : Programme centré sur l’amélioration des conditions de travail dans le secteur textile.
📝 Points essentiels
- La protection du travail par l’OIT a des limites car l’organisation ne dispose pas d’un pouvoir réel de sanction en cas de non-respect.
- Les conventions OIT sont ratifiées de façon très inégale selon les pays.
- La France compte 130 conventions ratifiées sur 192, tandis que la Chine en a ratifié 28 et les États-Unis 14.
- L’assistance technique de l’OIT prend une place croissante et ressemble à une logique d’agence de développement.
- L’OIT intervient notamment pour construire des politiques sociales, réformer l’administration et former les entreprises.
- Entre 1950 et 1965, environ 2000 experts du BIT réalisent plus de 3000 missions d’assistance technique.
💡 Astuce mémo
Sanctions faibles, ratifications inégales, puis “aide au terrain” : OIT = normes + assistance technique.
📖 9. Organes de l’OIT et tripartisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil de sécurité de l’ONU : Organe politique de l’ONU chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, avec des décisions pouvant aller jusqu’à des mesures coercitives.
- Assemblée générale de l’ONU : Organe où tous les États membres disposent d’une voix, compétent pour débattre de tout et adopter des recommandations.
- Conseil économique et social (ECOSOC) : Organe de coordination des activités onusiennes sur les sujets économiques, sociaux et relatifs aux droits humains, principalement via des recommandations.
- Conseil de tutelle : Organe politique créé pour accompagner la transition vers l’autodétermination et l’indépendance des territoires sous tutelle.
- Secrétariat de l’ONU : Administration dirigée par le secrétaire général, qui pilote les services de l’ONU et contribue aussi à la vie politique internationale.
📝 Points essentiels
- Le Conseil de sécurité peut décider d’actions militaires et de sanctions économiques, et peut aussi proposer des solutions pacifiques comme la médiation.
- Le Conseil de sécurité compte 15 membres aujourd’hui, dont 5 permanents (Chine, France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis) et 10 non permanents.
- Les 10 non permanents sont élus pour deux ans par l’Assemblée générale à la majorité des deux tiers, au scrutin secret, avec renouvellement par moitié chaque année.
- Les non-permanents actuels incluent Bahreïn, Colombie, Lettonie, Libéria, RDC (jusqu’en 2027), ainsi que Danemark, Grèce, Pakistan, Panama et Somalie (jusqu’en 2026).
- Les sièges non permanents suivent un équilibre géographique : 3 Afrique, 2 Asie, 2 Amérique latine et Caraïbes, 1 Europe orientale, 2 Europe occidentale.
- Le Conseil de sécurité est présidé en rotation mensuelle selon une présidence tournante par ordre alphabétique, et le président fixe l’ordre du jour du Conseil.
💡 Astuce mémo
CS = « 5 permanents + 10 tournants » : 9 voix pour agir, veto seulement pour les décisions de fond.
📖 10. Charte de l’ONU et objectifs fondamentaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Avis consultatifs CIJ : Procédure de la CIJ permettant de donner une interprétation juridique à la demande de l’ONU ou d’une organisation spécialisée de l’ONU.
- Clause compromissoire : Clause d’un traité qui prévoit la saisine de la CIJ en cas de litige entre États pour l’application du traité.
- Cour internationale de Justice : Juridiction principale des Nations unies chargée de trancher des différends entre États et de rendre des avis consultatifs.
- Composition de la CIJ : Organisation interne de la CIJ fondée sur un collège de juges élus pour une durée déterminée selon des règles de majorité et de renouvellement.
- Organisations spécialisées de l’ONU : Entités liées à l’ONU qui traitent de domaines techniques spécifiques et coopèrent avec elle selon des modalités prévues.
📝 Points essentiels
- La CIJ peut rendre des avis consultatifs lorsqu’elle est saisie par l’ONU ou par une organisation spécialisée de l’ONU pour interpréter un traité.
- Depuis 1946, la CIJ a rendu 30 avis consultatifs dans ce cadre.
- Plus de 200 traités contiennent une clause prévoyant la saisine de la CIJ en cas de litige entre États pour appliquer le traité.
- Au total, 201 affaires sont traitées ou en cours devant la CIJ (chiffres de septembre 2025).
- La CIJ compte 15 juges élus pour 9 ans, avec élection à la majorité absolue de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.
- Le mandat des juges est renouvelable et un tiers des juges est renouvelé tous les trois ans pour assurer une continuité partielle de la Cour.
💡 Astuce mémo
Avis consultatifs = interpréter un traité à la demande de l’ONU/organisations spécialisées ; clause compromissoire = litige entre États → CIJ.
📖 11. Organes de l’ONU et rôle du Conseil de sécurité
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil de sécurité : Organe central de l’ONU chargé de maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales, notamment via des mesures coercitives.
- Paix et sécurité collective : Mission première de l’ONU visant à prévenir les conflits et à restaurer la paix à l’échelle internationale.
- Chapitre VII de la Charte : Dispositif de la Charte qui encadre les actions du Conseil de sécurité en cas de menace contre la paix, rupture de la paix ou acte d’agression.
- Résolution 377 Union pour le maintien de la paix : Résolution du 3 novembre 1950 permettant à l’Assemblée générale de recommander des mesures quand le Conseil est paralysé par l’absence d’unanimité des membres permanents.
- Comités des sanctions : Organes rattachés au Conseil de sécurité chargés de gérer les régimes de sanctions décidés au titre du chapitre VII.
📝 Points essentiels
- La mission centrale et première de l’ONU est la paix et la sécurité collective.
- Le Conseil de sécurité dispose de moyens comme le règlement pacifique (médiation, négociations, bons offices, conciliation) et l’interdiction du recours à la force ou de sa menace.
- Le désarmement peut passer par des traités élaborés par l’Assemblée générale, dont le TNP signé en 1968.
- Le Conseil peut agir en cas de « menace contre la paix », « rupture de la paix » ou « acte d’agression » afin de maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales (art. 39, chap. VII).
- Le blocage du Conseil vient du pouvoir des P5 et de leur droit de veto, ce qui a empêché de traiter plusieurs grands conflits pendant la guerre froide.
- Entre 1946 et février 2022, 210 propositions de résolution ont fait l’objet d’au moins un veto (263 vetos au total), avec une répartition marquée : URSS/Russie 117, USA 86, UK 29, France 16, Chine 16.
💡 Astuce mémo
Chapitre VII = Qualification (art. 39) puis Coercition (sanctions/force). P5 + veto = blocage, AG 377 = contournement.
📖 12. Acteurs de l’ONU et maintien de la paix
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil de sécurité : Organe principal de l’ONU chargé de décider des mesures pouvant aller jusqu’à la coercition en cas de menace contre la paix.
- Comité d’état-major : Organe militaire lié au Conseil de sécurité qui réunit des conseillers militaires des ambassadeurs, sans disposer de forces propres.
- Article 52 chapitre VIII : Disposition de la Charte permettant de mandater aussi des organisations internationales pour des actions sous mandat de l’ONU.
- Opérations de maintien de la paix : Opérations onusiennes menées par des contingents multinationaux, généralement entre règlement pacifique et recours limité à la force.
- FUNU : Première opération de maintien de la paix, autorisée en 1956 dans un contexte de blocage du Conseil de sécurité.
📝 Points essentiels
- Les États membres sont censés fournir au Conseil de sécurité des contingents nationaux dirigés par un comité d’état-major, mais le système n’a jamais réellement fonctionné à cause des oppositions USA-URSS.
- L’ONU n’a jamais disposé de moyens militaires propres sur toute son histoire, même si un comité d’état-major existe aujourd’hui comme organe subsidiaire du Conseil de sécurité.
- Les actions armées sous mandat de l’ONU peuvent être menées par des États et/ou des organisations internationales, avec des exemples comme la Corée (1950) ou la coalition contre l’Irak (début 1990).
- L’aval du Conseil de sécurité est parfois contourné par les États (ou régularisé a posteriori), comme pour l’intervention américaine en Irak en 2003.
- Les OMP sont situées entre le règlement pacifique du chapitre VI et la coercition du chapitre VII, ce qui explique leur position “entre deux” cadres juridiques.
- Depuis la 2e GM, les “casques bleus” sont l’élément le plus visible des OMP, avec une montée en ampleur jusqu’à environ 60 000 personnes aujourd’hui.
💡 Astuce mémo
Chapitre VI → paix; chapitre VII → force : les OMP “se placent au milieu” avec des casques bleus.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1589 | Nomination du comte Louis de Revol comme 1er ministre des Affaires étrangères en France |
| 1714 | Création du ministère des Affaires étrangères en Espagne |
| 1782 | Création du Foreign Office en Grande-Bretagne |
| 1789 | Instaurations du Département d’État aux USA par le Congrès |
| 20 novembre 1815 | Conclusion de la Quadruple Alliance à Paris |
| 1815 | Congrès de Vienne et naissance du Concert européen (repère chronologique du cours) |
| 1899 | Conférence de La Haye (première conférence) |
| 1907 | Conférence de La Haye (seconde conférence) |
| 13 février 1919 | Projet achevé du Pacte de la SDN |
| 28 avril 1919 | Adoption en plénière du Pacte de la SDN |
📊 Tableaux de synthèse
Pacte de la SDN vs Charte de l’ONU
| Texte | Articles | Preambule |
|---|
| Pacte de la SDN | 26 | Oui |
| Charte de l’ONU | 111 | Oui |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la Cour permanente d’arbitrage (CPA) avec la Cour permanente de justice internationale (SDN) ou la CIJ (ONU) : elles n’ont ni la même fonction ni le même cadre.
- Croire que le droit international devient automatiquement « neutre » : le cours insiste sur une dépolitisation surtout après la Première Guerre mondiale, pas dès le départ.
- Mélanger Concert européen et Europe des Congrès : le Concert repose sur l’équilibre des puissances et la négociation entre grandes puissances, tandis que l’Europe des Congrès élargit aux congrès (scientifiques, etc.).
- Penser que la SDN sanctionne réellement les États : le cours souligne l’absence de pouvoir de contrainte dans plusieurs mécanismes (ex. mandats) et, pour l’OIT, l’absence de sanctions réelles.
- Confondre les organes de l’ONU : le Conseil de sécurité peut décider de mesures coercitives, alors que l’Assemblée générale adopte surtout des recommandations.
- Croire que les opérations de maintien de la paix relèvent uniquement du chapitre VII : le cours les situe « entre » chapitre VI (règlement pacifique) et chapitre VII (coercition).
- Oublier que le veto ne s’applique pas aux décisions de procédure : au Conseil de sécurité, les décisions de procédure se prennent avec 9 voix affirmatives sans veto.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi la diplomatie moderne est une invention progressive (relations irrégulières avant, inspirations Rome/papauté/cités-États).
- Citer les jalons français de l’institutionnalisation (comte Louis de Revol en 1589, stabilisation du secrétariat sous Richelieu) et donner 3 exemples étrangers (Espagne 1714, Foreign Office 1782, Département d’État 1789)
- Décrire le passage aux ambassades permanentes (processus progressif, exemple du 1er ambassadeur permanent au milieu du XVe siècle) et les fonctions diversifiées en ambassade.
- Présenter la professionnalisation du métier de diplomate : théorisation (du Rosier 1436, Hotman 1603, Callières 1716) puis concours à partir du XVIIIe siècle et entrée en carrière consulaire (1877 en France).
- Maîtriser les congrès de paix : Westphalie (1643-1648, Münster/Osnabrück, 3 types de clauses) puis Vienne (1814-1815 : commissions, « Commission des Quatre/Cinq », traité multilatéral du 9 juin 1815).
- Expliquer le Concert européen : deux piliers (négociation multilatérale et équilibre des puissances) et la Quadruple Alliance (pacte du 20 novembre 1815, élargissement en 1818).
- Décrire la Conférence de La Haye 1899 : initiative du tsar Nicolas II, 8 points, commissions, résultats (CPA et règles de guerre) et échec sur limitation des armées/budgets.
- Décrire la Conférence de La Haye 1907 : dates, diversification des participants, résultats (humaniser la conduite de la guerre) et échec sur le recours obligatoire à l’arbitrage.
- Expliquer l’essor du droit international comme discipline : Revue de droit international et de législation comparée (1869), Institut du droit international (septembre 1873) et Association de droit international (octobre
- Présenter la logique de dépolitisation : multiplication des organisations internationales (SDN/OIT) et création d’institutions à La Haye (Cour de justice internationale 1923, Académie du droit international 1913).
- Maîtriser la SDN : genèse (Pacte : projet 13 février 1919, adoption 28 avril 1919, 26 articles), organes (Assemblée, Conseil, Secrétariat) et Cour permanente de justice internationale (finalisée décembre 1920, en vigueur
- Expliquer la SDN au travail : « esprit de Genève », succès/échecs de la paix (ex. Mandchourie 1931, sortie de l’Allemagne 1933, invasion de l’Éthiopie fin 1935-début 1936), et le système des mandats (article 22).
- Présenter l’OIT : création en 1919, tripartisme, organes (CIT, Conseil d’administration, BIT) et limites (pas de pouvoir réel de sanction, ratifications inégales).
- Décrire l’ONU : création (San Francisco 25 avril-25 juin 1945, entrée en vigueur 24 octobre 1945), objectifs (art. 1 et égalité/droit des peuples), et organes (Conseil de sécurité, AG, ECOSOC, Conseil de tutelle, Secrét.
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