📋 Plan du Cours
- Ventilation et échanges gazeux
- Rôle global de l’appareil respiratoire
- Anatomie fonctionnelle des voies aériennes
- Fosses nasales, pharynx et larynx
- Zone de conduction et conditionnement de l’air
- Zone respiratoire et barrière alvéolo-capillaire
- Surfactant alvéolaire et stabilité pulmonaire
- Circulations pulmonaire et bronchique
- Mécanique de la ventilation et pressions
- Volumes, débits et espace mort
- Lois des échanges gazeux et diffusion
- Contrôle neurobiologique de la ventilation
📖 1. Ventilation et échanges gazeux
🔑 Notions clés & Définitions
- Ventilation : Ensemble des phénomènes qui permettent les échanges gazeux entre le milieu extérieur et l’organisme.
- Diffusion : Mécanisme d’échange passif dû à l’agitation moléculaire, guidé par le gradient de concentrations.
- Calcul de Krogh : Résultat reliant la diffusion à la taille maximale des organismes pouvant être alimentés en cas de métabolisme élevé.
- Système fermé : Organisation où l’air circule dans un pseudo-milieu extérieur, permettant des échanges au niveau capillaire.
- Convection ventilatoire : Transport de l’air vers les poumons par mouvement global, distinct de l’échange moléculaire par diffusion.
📝 Points essentiels
- La ventilation correspond à l’entrée de l’air extérieur dans les poumons (inspiration) puis à son rejet.
- Chez les unicellulaires, l’échange gazeux se fait par diffusion, mécanisme passif dépendant du gradient de concentrations.
- Le calcul de Krogh (1941) indique qu’avec un métabolisme élevé, la diffusion ne suffit que jusqu’à un diamètre d’environ 1 mm.
- Chez les pluricellulaires, la diffusion simple devient insuffisante pour assurer les échanges gazeux à l’échelle de l’organisme.
- Chez les mammifères, les échanges se réalisent au niveau d’un réseau capillaire grâce à un appareil respiratoire à l’interface milieu externe/sang.
- Le rôle global de l’appareil respiratoire est d’apporter l’O2 vital, d’éliminer le CO2 et de contribuer au maintien du pH sanguin normal.
💡 Astuce mémo
Diffusion = gradient (unicellulaire) ; quand c’est trop grand, on ajoute convection + capillaires (mammifères).
📖 2. Rôle global de l’appareil respiratoire
🔑 Notions clés & Définitions
- Oxygénation tissulaire : Processus par lequel l’oxygène passe du sang vers les tissus pour permettre leur fonctionnement.
- Élimination du CO2 : Mécanisme d’évacuation du dioxyde de carbone produit par les tissus vers l’air expiré.
- Maintien du pH sanguin : Rôle de la respiration qui contribue à garder le pH du sang dans une plage normale.
- Filtre aérien et circulatoire : Fonction de protection assurée par l’appareil respiratoire en limitant l’entrée et la circulation de certains éléments.
- Thermorégulation et balance hydrique : Rôle respiratoire participant à la régulation de la température et de l’équilibre hydrique de l’organisme.
📝 Points essentiels
- Le système respiratoire assure l’oxygénation des tissus, l’élimination du CO2 et contribue au maintien d’un pH sanguin normal.
- L’appareil respiratoire a aussi une fonction métabolique en plus de ses fonctions d’échanges gazeux.
- Il agit comme filtre aérien et circulatoire pour l’organisme.
- Il peut servir de réservoir sanguin.
- Il participe à la thermorégulation et à la balance hydrique.
- Il intervient dans la phonation et dans la défense de l’organisme.
💡 Astuce mémo
3E + 3F : Échanges (O2, CO2, pH) puis Fonctions (métabolique, filtre/réservoir, thermorégulation/phonation/défense).
📖 3. Anatomie fonctionnelle des voies aériennes
🔑 Notions clés & Définitions
- Épiglotte : L’épiglotte est un clapet cartilagineux qui obture le larynx pendant la déglutition pour empêcher le passage des aliments vers les voies inférieures.
- Larynx : Le larynx est un organe de la parole dont les cordes vocales produisent les sons.
- Glotte : La glotte est l’orifice entre les deux cordes vocales, qui s’ouvre et se ferme de façon volontaire ou involontaire.
- Trachée : La trachée est un conduit aérien intra-thoracique d’environ 12 cm, soutenu par une armature cartilagineuse et se divisant en deux bronches souches.
- Zone de conduction : La zone de conduction correspond à la partie des voies aériennes qui assure le trajet de l’air et crée un espace mort anatomique.
📝 Points essentiels
- Lors de la déglutition, l’épiglotte bascule en arrière pour bloquer le passage du bol alimentaire vers les voies aériennes inférieures.
- Pendant la déglutition, le larynx se déplace vers le haut, ce qui permet à l’épiglotte de se refermer sur le larynx.
- La trachée mesure environ 12 cm et se divise en deux bronches souches.
- Dans la trachée, l’air continue d’être filtré, humidifié et réchauffé.
- La zone de conduction correspond à un espace mort anatomique d’environ 150 mL.
- La zone de conduction fournit un passage à l’air, humidifie et réchauffe l’air, et filtre les corps étrangers au niveau des voies supérieures.
💡 Astuce mémo
Déglutition = ÉPIGLOTTE en ARRIÈRE + LARYNX en HAUT : clapet fermé, aliments bloqués.
📖 4. Fosses nasales, pharynx et larynx
🔑 Notions clés & Définitions
- Épithélium cilié : Épithélium tapissant les voies aériennes supérieures dont les cils participent au piégeage des particules inhalées.
- Zone de conduction : Zone des voies aériennes où l’air est conditionné avant d’atteindre la partie où se font les échanges gazeux.
- Zone respiratoire : Zone pulmonaire spécialisée dans les échanges vitaux entre l’air alvéolaire et le sang.
- Plèvre : Séreuse à deux feuillets qui entoure le poumon et forme une cavité pleurale contenant un liquide lubrifiant.
- Barrière alvéolo-capillaire : Interface entre l’épithélium alvéolaire et l’endothélium capillaire, au niveau de laquelle se réalisent les échanges de gaz.
📝 Points essentiels
- L’air entrant est conditionné dans la zone conductrice : il est réchauffé, débarrassé de la plupart des impuretés et humidifié par la vapeur d’eau.
- La zone conductrice correspond à une progression de la structure : les anneaux cartilagineux disparaissent progressivement.
- Dans la zone conductrice, l’épithélium s’amincit et la proportion de muscle lisse dans la paroi augmente.
- La zone respiratoire comprend des bronchioles avec des alvéoles et, au niveau des alvéoles, a lieu l’échange O2/CO2.
- La plèvre comporte deux feuillets, pariétal et viscéral, séparés par une cavité pleurale contenant du liquide pleural lubrifiant.
- L’unité morpho-fonctionnelle des échanges est l’acinus pulmonaire, organisé autour d’une bronchiole respiratoire menant à des sacs et alvéoles.
💡 Astuce mémo
Conduction = « C-R-H » : Chauffe, Retire, Humidifie ; Respiration = « A-C » : Alvéoles–Capillaires.
📖 5. Zone de conduction et conditionnement de l’air
🔑 Notions clés & Définitions
- Barrière alvéolo-capillaire : Barrière d’échanges entre l’air alvéolaire et le sang, formée par l’épithélium alvéolaire, l’endothélium capillaire et l’interstitium.
- Épithélium alvéolaire : Tissu tapissant les alvéoles, constitué de pneumocytes de type 1 et de type 2, qui participent aux échanges et à la production de surfactant.
- Endothélium capillaire : Couche interne des capillaires pulmonaires, au contact de l’interstitium, qui permet la diffusion des gaz vers le sang.
- Interstitium : Espace interposé entre l’épithélium alvéolaire et l’endothélium capillaire, servant de support à la barrière alvéolo-capillaire.
- Surfactant : Mélange produit au niveau alvéolaire, riche en phospholipides et protéines tensio-actives, qui réduit la tension de surface et stabilise les alvéoles.
📝 Points essentiels
- La structure arborescente du système respiratoire va d’une bronche vers des bronchioles, avec environ 30 000 bronchioles chez l’Homme.
- Les zones d’échanges gazeux reposent sur une grande surface alvéolaire (≈140 m²) et un très grand nombre d’alvéoles (≈300 millions).
- La barrière alvéolo-capillaire comprend épithélium alvéolaire, interstitium et endothélium capillaire, disposés en membrane en coupe.
- Pneumocyte de type 1 : il représente environ 1/3 des pneumocytes et couvre ~95% de la surface alvéolaire pour les échanges.
- Pneumocyte de type 2 : il représente environ 2/3 des pneumocytes et couvre ~5% de la surface alvéolaire, avec un rôle majeur via le surfactant.
- Le surfactant contient surtout des lipides (~85%) et des protéines (~13%), avec de faibles fractions d’hexose, hexosamine et acide nucléique (<1,7 ; <0,5 ; <0,7).
💡 Astuce mémo
P1 = 95% surface (échanges) ; P2 = 5% surface (surfactant). Surfactant = Lipides 85% + Protéines 13%.
📖 6. Zone respiratoire et barrière alvéolo-capillaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Réseau de capillaires pulmonaires : Réseau vasculaire du poumon qui entoure les alvéoles et permet les échanges gazeux.
- Artère pulmonaire : Vaisseau qui amène au poumon du sang pauvre en O2 et chargé en CO2.
- Veine pulmonaire : Vaisseau qui ramène du poumon du sang riche en O2 et pauvre en CO2.
- Circulation bronchique : Circulation nourricière qui irrigue les voies aériennes conductrices jusqu’aux bronchioles terminales.
- Loi de Boyle-Mariotte : Loi reliant pression et volume d’un gaz, où le produit pression×volume reste constant à température donnée.
📝 Points essentiels
- Le sang arrivant par l’artère pulmonaire au niveau du poumon est non hématosé, donc pauvre en O2 et chargé en CO2.
- Dans le poumon, l’artère pulmonaire forme un réseau de capillaires qui entoure les alvéoles.
- Après échanges, le sang repart par les veines pulmonaires en étant hématosé, donc riche en O2 et pauvre en CO2.
- La circulation bronchique correspond à une circulation nourricière qui irrigue les voies aériennes conductrices jusqu’aux bronchioles terminales.
- Le sang de la circulation bronchique part du cœur gauche, arrive aux poumons par l’artère bronchique, puis revient au cœur par les veines bronchiques.
- La ventilation pulmonaire est un processus mécanique où l’inspiration et l’expiration modifient le volume, donc la pression, ce qui entraîne un écoulement des gaz.
💡 Astuce mémo
Artère pulmonaire = CO2, Veine pulmonaire = O2 ; Boyle-Mariotte = P×V constant.
📖 7. Surfactant alvéolaire et stabilité pulmonaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Pression atmosphérique : La pression atmosphérique est la référence externe qui sert de point d’équilibre pour les pressions mesurées au niveau respiratoire.
- Pression intra-alvéolaire : La pression intra-alvéolaire est la pression régnant dans les alvéoles, qui s’ajuste à la pression atmosphérique quand l’équilibre est atteint.
- Pression intra-pleurale : La pression intra-pleurale est la pression dans l’espace pleural, maintenue négative par rapport à l’atmosphère pour garder le poumon appliqué.
- Diaphragme : Le diaphragme est le principal muscle respiratoire, composé d’une partie musculaire périphérique et d’une partie tendineuse centrale.
- Inspiration active : L’inspiration active correspond à un processus nécessitant une contraction musculaire qui augmente le volume de la cage thoracique.
📝 Points essentiels
- Une pression respiratoire de 0 correspond à une pression égale à la pression atmosphérique.
- Une pression intra-alvéolaire s’équilibre avec la pression atmosphérique, ce qui conditionne l’entrée ou la sortie d’air.
- Quand la pression est négative, le poumon est tiré et maintenu dilaté, ce qui favorise son expansion.
- La pression intra-pleurale est d’environ -4 mmHg, ce qui contribue à maintenir le poumon ouvert.
- Le diaphragme possède une capacité oxydative élevée, avec environ 75% de fibres résistantes à la fatigue.
- Le diaphragme est innervé par le nerf phrénique et s’insère en avant sur le xiphoïde, latéralement sur les 6 dernières côtes et en arrière sur L1-L2-L3.
💡 Astuce mémo
Négatif pleural = poumon collé et dilaté ; 0 respiratoire = atmosphère.
📖 8. Circulations pulmonaire et bronchique
🔑 Notions clés & Définitions
- Expiration passive : Processus respiratoire où l’expiration se fait sans contraction active, grâce au retour élastique des structures thoraciques.
- Volume courant : Volume d’air inspiré ou expiré à chaque respiration au repos.
- Capacité vitale : Volume maximal d’air expiré après une inspiration maximale.
- Volume mort anatomique : Volume d’air restant dans la zone de conduction qui ne parvient pas jusqu’aux alvéoles.
- VEMS : Volume maximal expiré pendant la première seconde d’une expiration forcée.
📝 Points essentiels
- L’expiration passive correspond au relâchement des muscles respiratoires et au retour du système respiratoire sur lui-même.
- Lors de l’expiration passive, le volume de la cage thoracique diminue, ce qui augmente la pression et chasse l’air.
- La courbe de mesure est un tracé temps/volume (ml) pour analyser les volumes respiratoires.
- Le volume courant (VC/VT) vaut 500 ml chez l’adulte au repos.
- La capacité vitale (CV) vaut 4800 ml et correspond à l’air maximal expiré après une inspiration maximale.
- Le volume résiduel (VR) vaut 1200 ml et représente l’air restant après une expiration forcée.
💡 Astuce mémo
Expiration passive = Relâchement → Retour élastique → Volume thoracique ↓ → Pression ↑ → Air sort.
📖 9. Mécanique de la ventilation et pressions
🔑 Notions clés & Définitions
- Volume minute (VE) : Le volume minute correspond au volume d’air ventilé par minute, égal au produit du volume courant par la fréquence respiratoire.
- Volume courant (VT) : Le volume courant est le volume d’air déplacé à chaque inspiration, utilisé pour calculer la ventilation minute et la ventilation alvéolaire.
- Fréquence respiratoire (FR) : La fréquence respiratoire est le nombre de cycles respiratoires par minute, intervenant dans le calcul du volume minute et de la ventilation alvéolaire.
- Espace mort anatomique (VMA) : L’espace mort anatomique est le volume d’air présent dans la zone de conduction qui ne participe pas à l’hématose.
- Espace mort physiologique (VMP) : L’espace mort physiologique regroupe l’espace mort anatomique et l’espace mort alvéolaire, et devient plus grand quand les échanges sont altérés.
📝 Points essentiels
- Chez l’adulte au repos, VE = 0,5 × 12 = 6 L·min−1 et à l’exercice, VE = 1,5 × 30 = 45 L·min−1.
- Le VE maximal indiqué est de 140 L·min−1.
- Le volume mort anatomique (VMA) vaut environ 150 mL chez l’adulte.
- La ventilation alvéolaire VA se calcule par VA = (VT − VD) × fR, et aussi VA = VT × fR − VD × fR.
- Le volume mort physiologique (VMP) = VMA + volume mort alvéolaire, et le volume mort alvéolaire est normalement négligeable.
- Quand les échanges pulmonaires sont atteints, VMP > VMA car une partie des alvéoles est peu ou pas perfusée.
💡 Astuce mémo
VE = VT × FR ; VA = (VT − VD) × FR : même VE, VA change si VD augmente.
📖 10. Volumes, débits et espace mort
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi de Henry : La loi de Henry relie, à température constante et à saturation, la quantité de gaz dissous dans un liquide à la pression partielle du gaz.
- Pression partielle inspirée : La pression partielle inspirée de l’oxygène dépend de la fraction inspirée, de la pression atmosphérique et de la vapeur d’eau.
- Volume de conduction : Le volume de la zone de conduction correspond à l’air restant piégé à la fin de l’expiration et limite les pressions alvéolaires.
- Diffusion alvéolo-capillaire : La diffusion alvéolo-capillaire est le passage des gaz entre alvéoles et sang, contrôlé par les gradients et les propriétés de la membrane.
- Équation de Fick : L’équation de Fick exprime la diffusion d’un gaz à partir de la surface, de l’épaisseur, du coefficient de diffusion et du gradient de pression.
📝 Points essentiels
- À l’air inspiré, la vapeur d’eau est prise à PH2O ≈ 42 mmHg, ce qui modifie la pression partielle d’O2 disponible.
- PIO2 = FIO2 × (Patm − PH2O) ; avec Patm = 760 mmHg et FIO2 = 0,209, on obtient PIO2 ≈ 150 mmHg.
- PAO2 est inférieure à PIO2 car une partie de l’air reste piégée dans la zone de conduction (volume ≈ 150 ml chez l’adulte).
- Les valeurs alvéolaires données sont PAO2 ≈ 104 mmHg et PACO2 ≈ 40 mmHg.
- La diffusion alvéolo-capillaire dépend de 3 facteurs : gradients/solubilités, caractéristiques structurales de la membrane, et adéquation ventilation–perfusion.
- La diffusion dépend de la surface S, de l’épaisseur E et du coefficient D, via l’équation de Fick (D = coefficient de diffusion, S = surface, E = épaisseur).
💡 Astuce mémo
Henry : Dissous ∝ Pression partielle ; Fick : Diffusion ∝ (S/E) × Gradient.
📖 11. Lois des échanges gazeux et diffusion
🔑 Notions clés & Définitions
- Diffusion alvéolo-capillaire : Processus de passage des gaz entre alvéole et sang capillaire par mouvement moléculaire selon un gradient de pression.
- Équation de Fick : Relation reliant le débit de diffusion à la constante de diffusion, à la surface d’échange et à l’épaisseur de la membrane, sous l’effet d’un gradient de pression.
- Constante de diffusion D : Paramètre qui caractérise la facilité de diffusion d’un gaz à travers une membrane donnée.
- Surface de diffusion S : Aire disponible pour les échanges alvéolo-capillaires, dépendante notamment de l’adéquation ventilation/perfusion.
- Rapport VA/Q : Rapport entre ventilation alvéolaire (VA) et perfusion (Q) qui détermine l’efficacité des échanges gazeux régionaux.
📝 Points essentiels
- La diffusion alvéolo-capillaire suit l’équation de Fick : D=Econstante de diffusion×S×dP, avec E l’épaisseur de la membrane et dP le gradient de pression.
- Pour l’O2, le débit d’oxygène suit une forme du type VO2=DO2×(PAO2−PVO2)×ES, montrant l’effet direct du gradient et de la surface, et l’effet inverse de l’épaisseur.
- L’épaisseur de la membrane de diffusion limite la diffusion : une membrane très fine (≈0,5 à 1 µm) favorise le passage par diffusion, tandis qu’une membrane plus épaisse le freine.
- La surface de diffusion dépend de l’adéquation ventilation/perfusion via le rapport VA/Q, et des zones hétérogènes rendent les échanges non optimaux.
- Quand VA/Q est bas, l’apport d’O2 est mauvais et la libération de CO2 est aussi dégradée, car la ventilation ne suit pas la perfusion.
- En moyenne au repos, environ 23 mL d’O2 traversent pour chaque différence de 1 mmHg du gradient alvéolo-capillaire de pression en O2, avec D(A−v)O2=104−40=64 mmHg et un ordre de grandeur 64×23≈1472 mL d’O
💡 Astuce mémo
Fick = Surface/Épaisseur : plus S est grand et E petit, plus la diffusion augmente; VA/Q bas = O2 bas + CO2 mal éliminé.
📖 12. Contrôle neurobiologique de la ventilation
🔑 Notions clés & Définitions
- Œdème pulmonaire : Atteinte pulmonaire où un excès de liquide dans l’espace alvéolo-capillaire gêne les échanges gazeux.
- Emphysème pulmonaire : Maladie pulmonaire caractérisée par la rupture des parois alvéolaires adjacentes, réduisant la surface d’échange.
- Diffusion anormale : Altération du passage des gaz entre alvéoles et sang capillaire, modifiant les pressions partielles mesurées.
- Shunt (effet shunt) : Situation où une partie du sang ne se ventile pas correctement, ce qui dégrade l’oxygénation artérielle.
- Chémorécepteurs centraux : Capteurs du système nerveux qui détectent principalement les variations de CO2 et de pH et ajustent la ventilation.
📝 Points essentiels
- L’efficacité des échanges dépend de la surface alvéolo-capillaire et de l’intégrité des parois alvéolaires.
- L’œdème pulmonaire diminue la diffusion en perturbant la membrane alvéolo-capillaire.
- L’emphysème réduit la surface d’échange par rupture des parois alvéolaires adjacentes.
- Des causes comme tumeurs, mucus et substances inflammatoires peuvent entraîner une diffusion anormale.
- La solubilité du CO2 est environ 20 fois supérieure à celle de l’O2, ce qui influence la diffusion.
- Le temps de contact entre sang capillaire et alvéole conditionne la diffusion de l’O2 et du CO2 vers le sang veineux puis artériel.
💡 Astuce mémo
CO2 diffuse mieux que O2 : « CO2 = 20× plus soluble » donc il suit plus facilement la diffusion.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1941 | Calcul de Krogh : la diffusion ne suffit qu’aux organismes de diamètre ~1 mm maximum quand le métabolisme est élevé |
| 1803 | Loi de Henry (William Henry) : quantité de gaz dissous ∝ pression partielle à température constante et à saturation |
| 2006 | Référence Feldman et del Negro, 2006 (présentation du rôle/organisation de l’appareil respiratoire et du contrôle neurobiologique) |
📊 Tableaux de synthèse
Zones des voies aériennes : conduction vs respiration
| Zone | Fonctions principales | Lieu des échanges |
|---|
| Zone de conduction | Fournit un passage à l’air ; humidifie et réchauffe ; filtre et débarrasse des corps étrangers | Pas d’échanges gazeux vitaux (espace mort anatomique ~150 mL) |
| Zone respiratoire | Bronchioles avec alvéoles ; échanges au niveau des alvéoles | Échanges O2/CO2 au niveau des alvéoles (barrière alvéolo-capillaire) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre ventilation et diffusion : la ventilation est un processus mécanique (inspiration/expiration) alors que la diffusion est un échange passif guidé par le gradient.
- Croire que PAO2 = PIO2 : PAO2 est plus faible car une partie de l’air reste piégée dans la zone de conduction (volume ~150 mL).
- Inverser les rôles des pressions : une pression intra-pleurale négative maintient le poumon appliqué/dilaté, alors qu’une pression respiratoire de 0 correspond à la pression atmosphérique.
- Mélanger VMA et VMP : VMA correspond à la zone de conduction (~150 mL) tandis que VMP = VMA + volume mort alvéolaire (peu ou pas perfusé).
- Penser que la diffusion dépend seulement du gradient : elle dépend aussi de la surface, de l’épaisseur et de l’adéquation ventilation/perfusion (VA/Q).
- Oublier que l’emphysème réduit la surface d’échange par rupture des parois alvéolaires adjacentes, donc diminue la diffusion.
- Confondre pneumocyte 1 et 2 : P1 couvre ~95% de la surface pour les échanges, P2 ~5% avec un rôle majeur via le surfactant.
✅ Checklist Examen
- Définir la ventilation et expliquer le mécanisme par lequel l’air pénètre dans les poumons puis est rejeté.
- Expliquer pourquoi chez les unicellulaires l’échange gazeux se fait par diffusion et ce que montre le calcul de Krogh (1941).
- Décrire le principe du « système fermé » chez les mammifères et le rôle du réseau capillaire pour permettre la diffusion.
- Lister le rôle global de l’appareil respiratoire : oxygénation tissulaire, élimination du CO2 et maintien du pH, puis les fonctions supplémentaires (métabolique, filtre/réservoir, thermorégulation, phonation, défense).
- Décrire l’épiglotte, la glotte et le rôle du déplacement du larynx pendant la déglutition (aliments bloqués vers la trachée).
- Donner la longueur de la trachée (~12 cm), sa division en deux bronches souches, et préciser que l’air y est filtré/humidifié/réchauffé.
- Définir la zone de conduction et préciser l’espace mort anatomique (~150 mL) ainsi que ses fonctions (passage, humidification/réchauffement, filtration).
- Décrire la zone respiratoire : bronchioles respiratoires, alvéoles, acinus pulmonaire, et la barrière alvéolo-capillaire (épithélium, interstitium, endothélium).
- Relier pneumocyte P1 (~95% surface) et P2 (~5% surface) au rôle des échanges et du surfactant, puis donner la composition du surfactant (lipides ~85%, protéines ~13%).
- Expliquer la circulation pulmonaire : artère pulmonaire (sang non hématosé, CO2), veine pulmonaire (sang hématosé, O2) et le rôle du réseau capillaire autour des alvéoles.
- Expliquer la circulation bronchique : sang part du cœur gauche, arrive aux poumons par l’artère bronchique, revient par les veines bronchiques, et irrigue les voies aériennes conductrices jusqu’aux bronchioles terminales
- Calculer/raisonner les volumes et débits : VC/VT (~500 mL), CV (~4800 mL), VR (~1200 mL), VE = VT×FR (au repos et à l’exercice), et distinguer VMA (~150 mL) de VMP (VMA + volume mort alvéolaire).
- Utiliser les équations de base des échanges : PIO2 = FIO2×(Patm−PH2O) avec PH2O ~42 mmHg, PAO2 < PIO2 à cause du volume de conduction (~150 mL), et la diffusion selon Fick (dépend de S, E, D et du gradient).
- Décrire les déterminants de la diffusion alvéolo-capillaire (gradients/solubilités, caractéristiques structurales, adéquation ventilation/perfusion VA/Q) et les conséquences d’une membrane épaissie (œdème) ou d’une perte
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