Ficha de revisão: Les fondamentaux de l'entretien en psychologie

📋 Plan du Cours

  1. Deux subjectivités au cœur de l’entretien
  2. Inter-subjectivité et asymétrie relationnelle
  3. Transfert, contre-transfert et résonnances
  4. Cocréation d’un lien et circularité de l’entretien
  5. Préconceptions, premières impressions et confiance
  6. Cadre de l’entretien : définition et fonction
  7. Dispositif de l’entretien : visée et repères
  8. Enjeux de communication : consentement et secret
  9. Entretien clinique : parole libre et premier entretien
  10. Durée et fin des entretiens cliniques
  11. Entretien de recherche : discours et stabilité
  12. Évaluation et expertises : cadre institutionnel et comptes

📖 1. Deux subjectivités au cœur de l’entretien

🔑 Notions clés & Définitions

  • Subjectivités en entretien : Une situation d’entretien met en interaction deux subjectivités, celle du professionnel et celle de la personne, qui co-construisent l’échange.
  • Imbrication du discours : L’entretien ne se réduit pas au récit de l’autre : il résulte aussi des recadrages, questions et relances du professionnel.
  • Asymétrie de l’entretien : L’entretien est structurellement inégal, car les rôles et positions des interlocuteurs ne sont jamais symétriques.
  • Espace d’interlocution non objectivable : L’échange en entretien comporte des zones où rien n’est totalement vérifiable ou objectivable, ce qui laisse place au flou et aux non-dits.
  • Dispositif de l’entretien : Le dispositif organise concrètement la rencontre (cadre, espace, temps, modalités), et influence directement ce qui peut émerger et être compris.

📝 Points essentiels

  • Deux interlocuteurs entrent en interaction et produisent un échange qui n’est pas uniquement le discours de la personne.
  • Un entretien « bien mené » favorise le sentiment d’être en lien avec l’autre, alors qu’un entretien raté donne l’impression que la rencontre n’a pas eu lieu.
  • L’entretien comporte toujours une asymétrie : on ne parle pas dans un cadre égal et l’espace d’interlocution n’est jamais entièrement objectivable.
  • Le dialogue contient des zones de flou, de non-dits et parfois de mal-dits, ce qui rend la compréhension dépendante du contexte et des subjectivités.
  • La table et plus largement l’organisation de l’espace/du temps modifient la dynamique de la rencontre et la manière dont l’entretien vise ses objectifs.
  • Chercher à « éteindre » la subjectivité est contre-productif : on rencontre toujours l’autre avec ce qu’on est, et cette présence se manifeste dans la façon de se comporter.

💡 Astuce mémo

Deux bulles qui s’imbriquent : une parole + des recadrages = une rencontre jamais totalement objectivable.

📖 2. Inter-subjectivité et asymétrie relationnelle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Endophasie : L’endophasie est le dialogue intérieur qui accompagne l’écoute et soutient l’attention pendant l’entretien.
  • Inter-subjectivité : L’inter-subjectivité désigne l’expérience vécue d’un échange de sens entre deux personnes en entretien, où l’un influence l’autre.
  • Cadre portatif : Le cadre portatif regroupe des éléments intégrés qui guident l’entretien sans qu’on ait à y penser en continu.
  • Dispositions légales : Les dispositions légales sont des exigences juridiques et déontologiques qui encadrent la pratique de l’entretien.
  • Discrétion : La discrétion est une attitude de prudence dans le partage d’informations, distincte du secret professionnel.

📝 Points essentiels

  • L’écoute en entretien n’est pas une écoute passive : elle implique un dialogue intérieur constant en plus du dialogue avec l’autre.
  • Les capacités d’endophasie varient selon les personnes et se développent avec la pratique pour soutenir l’entretien.
  • Pendant l’entretien, la parole de l’interviewé est mise en sens en temps réel, ce qui participe à l’inter-subjectivité vécue.
  • Le cadre portatif combine des dispositions légales, des dispositions éthiques et des appuis théoriques pour soutenir l’écoute et l’intervention.
  • La théorie sert à orienter l’entretien (origine, direction, visée) mais peut aussi devenir un obstacle si elle devient une grille rigide.
  • La parole de l’interviewer et son écoute sont interdépendantes : une parole non enracinée dans l’écoute et une écoute sans parole pertinente rendent l’entretien incorrect.

💡 Astuce mémo

Endophasie = « double écoute » : je t’écoute + je me parle pour tenir le fil.

📖 3. Transfert, contre-transfert et résonnances

🔑 Notions clés & Définitions

  • Résonances systémiques : Les résonances sont les effets internes que l’entretien produit chez le professionnel, car il modifie le système en présence.
  • Ambiance : L’ambiance est un ressenti immédiat et non objectivable qui se manifeste pendant l’entretien avant toute justification rationnelle.
  • Transfert : Le transfert est la répétition, dans la relation au thérapeute, d’une scène ou d’un mode relationnel issu de l’histoire du patient.
  • Contre-transfert : Le contre-transfert correspond aux réactions vécues par le thérapeute sous l’effet du transfert du patient et à la manière d’y répondre.
  • Interférence : L’interférence est une zone de recouvrement où les subjectivités du patient et du thérapeute se télescopent, perturbant l’écoute.

📝 Points essentiels

  • En perspective systémique, les résonances servent à mieux comprendre le système rencontré car la présence du professionnel le transforme aussi.
  • Le ressenti d’ambiance apparaît d’abord comme non rationnel, puis peut être rationalisé après coup sans perdre sa source subjective.
  • Le transfert se repère quand le patient rejoue avec le thérapeute une relation ou une scène qui se répète.
  • Le contre-transfert est une donnée d’observation : ce que le thérapeute vit éclaire ce qui se rejoue chez le patient.
  • L’interférence peut venir de l’activation d’une expérience personnelle du thérapeute par ce que le patient évoque.
  • Le déni des interférences (les faire taire) peut interrompre le fil de l’énonciation et parasiter la relation en train de se créer.

💡 Astuce mémo

Transfert = le patient rejoue ; contre-transfert = le psy ressent ; résonances = ça vibre en soi ; interférence = ça se télescope.

📖 4. Cocréation d’un lien et circularité de l’entretien

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cocréation du lien : Le lien d’entretien se construit dans l’interaction, comme un espace intersubjectif où chacun influence l’autre.
  • Circularité de l’entretien : La compréhension de ce qui se passe dépend des effets réciproques entre les protagonistes, pas d’un seul moment isolé.
  • Interférences : Les réactions internes du thérapeute ou de l’évaluateur (valeurs, émotions, irritations) qui peuvent orienter l’entretien si elles sont extériorisées.
  • Jugement de la personne : Le fait de distinguer l’évaluation des faits et des contraintes de la condamnation morale de la personne en elle-même.
  • Enjeux de la demande : Les motivations et attentes qui amènent la personne à l’entretien, et qui colorent la relation qui se crée.

📝 Points essentiels

  • Le thérapeute doit gérer ses interférences sans les extérioriser pour ne pas orienter l’échange, tout en gardant une relation durable.
  • On peut exprimer une opposition à des propos inappropriés sans rompre le lien, car la confiance ne se construit pas sur le mensonge.
  • Le racisme peut être abordé comme un symptôme révélant quelque chose du patient, ce qui impose de ne pas refuser d’écouter si on accepte de travailler.
  • Dire qu’on n’est pas d’accord vise à maintenir une relation autrement, pas à créer une cassure entre les deux parties.
  • L’entretien doit être pensé comme une cocréation : l’affect du thérapeute ou du recruteur n’est pas un motif d’embauche, mais un signal à analyser.
  • On ne peut pas comprendre une réaction (irritation, énervement) sans la resituer dans la circularité globale de l’entretien.

💡 Astuce mémo

Lien = interaction (je réagis ↔ tu réagis) ; Circularité = aucun moment isolé.

📖 5. Préconceptions, premières impressions et confiance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Préconceptions : Les préconceptions sont des représentations anticipées de ce qui va se passer, qui peuvent être positives, négatives ou neutres.
  • Première impression : La première impression est l’évaluation immédiate qu’on se fait à partir d’indices limités, qui peut être juste ou totalement à côté.
  • Impression réciproque : L’impression réciproque désigne le fait que chacun interprète l’autre, ce qui produit une dynamique d’interprétations croisées.
  • Transfert : Le transfert est le risque de projeter sur une personne des sentiments ou repères issus d’une autre relation passée.
  • Confiance réciproque : La confiance réciproque est un lien mutuel où le patient peut parler honnêtement et le clinicien peut écouter sans suspicion permanente.

📝 Points essentiels

  • Les préconceptions et les premières impressions se construisent dès le premier contact à partir d’indices visibles et de la manière de parler.
  • On ne peut pas éviter d’interpréter l’autre : on invente parfois faute d’informations, puis on ajuste au fil des rencontres.
  • Les préconceptions peuvent différer entre les deux personnes (et aussi entre clinicien et patient), d’où l’intérêt de les confronter.
  • Une première impression peut être erronée : il faut pouvoir reconnaître l’erreur et comprendre pourquoi elle s’est formée.
  • Le clinicien doit limiter ses interprétations pour découvrir l’autre, tout en sachant que le phénomène existe malgré tout.
  • En thérapie de couple, la posture d’écoute ne doit pas chercher le mensonge : la confiance est une condition de l’expression honnête.

💡 Astuce mémo

Indices → interprétation : vérifier, ajuster, éviter la projection (transfert).

📖 6. Cadre de l’entretien : définition et fonction

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cadre de l’entretien : Le cadre de l’entretien désigne l’organisation qui fixe le rôle de chacun, la manière de conduire l’échange et les finalités visées.
  • Dispositions éthiques : Les dispositions éthiques sont des exigences de jugement qui s’appliquent au cas par cas pour choisir l’action la plus adéquate.
  • Dispositions déontologiques : Les dispositions déontologiques sont des règles issues de textes qui encadrent les pratiques professionnelles de façon relativement figée.
  • Confidentialité : La confidentialité impose de ne pas divulguer des informations obtenues dans le cadre de l’entretien, sauf cadre légal ou nécessité justifiée.
  • Secret professionnel : Le secret professionnel est une obligation qui limite la divulgation d’informations médicales, notamment pour les personnes participant au dispositif de soin.

📝 Points essentiels

  • Le cadre sert à clarifier pourquoi on est là, comment on mène l’entretien et à quoi il doit aboutir.
  • L’éthique et la déontologie coexistent : l’éthique évalue la situation, la déontologie fixe le cadre des obligations.
  • La déontologie renvoie au légal, tandis que l’éthique consiste à décider au cas par cas de ce qui est le plus adéquat.
  • La loi peut autoriser une divulgation, mais l’éthique peut recommander de ne pas raconter certaines informations.
  • La confidentialité se relie au secret professionnel et à des exceptions précises, tandis que la discrétion relève d’une exigence éthique de protection des personnes.
  • Une faute déontologique peut exister si une personne soumise au secret médical répond à des questions sur des patients en salle d’attente.

💡 Astuce mémo

Cadre = Pourquoi + Comment + Finalité ; Éthique = cas par cas, Déontologie = texte fixe ; Confidentialité = ne pas divulguer, Discrétion = protéger les personnes.

📖 7. Dispositif de l’entretien : visée et repères

🔑 Notions clés & Définitions

  • Communication complémentaire rigide : La communication complémentaire rigide est une interaction où les positions haute et basse restent fixes, ce qui signale souvent un dysfonctionnement relationnel.
  • Communication digitale : La communication digitale est la communication verbale, structurée par des codes partagés, qui transmet surtout le sens explicite.
  • Communication analogique : La communication analogique est la communication non verbale non codifiée, qui doit être interprétée comme une hypothèse.
  • Axiomes de l’entretien : Les axiomes de l’entretien sont des postulats relationnels à repérer dans le discours, utiles pour comprendre la logique implicite de l’échange.
  • Pré-transfert : Le pré-transfert est la projection que le patient fait sur le thérapeute ou la relation avant la rencontre, à partir de ses attentes.

📝 Points essentiels

  • En entretien, la visée est de maintenir le cadre de l’échange en apportant une complémentarité plutôt que de laisser une escalade de positions figées.
  • Une complémentarité rigide avec toujours la même personne en position haute et l’autre en position basse peut renvoyer à des situations de type harcèlement ou relation toxique.
  • Les êtres humains communiquent à la fois en mode digital (verbal) et en mode analogique (non verbal), et le non verbal peut aussi être codé.
  • Le non verbal analogique non codifié ne correspond pas à un code culturel précis, donc son interprétation doit rester prudente et hypothétique.
  • En examen, affirmer qu’un geste comme les bras croisés signifie « fermeture » est une erreur car cela revient à traiter l’analogique comme du digital.
  • On ne peut pas ne pas communiquer, donc on interprète toujours le non verbal de l’autre, volontairement ou non, même si l’on se trompe parfois de cause (timidité, maladie, etc.).

💡 Astuce mémo

Digital = mots; Analogique = non codé → interprétation = hypothèse (prudence).

📖 8. Enjeux de communication : consentement et secret

🔑 Notions clés & Définitions

  • Consentement : Le consentement est l’accord du patient sur ce qui est fait et dit dans la relation clinique, en tenant compte de sa place de sujet.
  • Secret professionnel : Le secret professionnel est l’obligation de ne pas divulguer ce que le patient confie, sauf cadre légal, pour protéger la confiance.
  • Relation dissymétrique : La relation dissymétrique est une relation entre deux humains où l’un est en position de fiabilité et l’autre en position de dépendance.
  • Attentes magiques : Les attentes magiques sont des attentes du patient d’une solution rapide et immédiate, comme si l’entretien pouvait fournir des réponses toutes faites.
  • Parole subjective : La parole subjective est une parole qui déploie le vécu singulier du patient, en articulant ce qu’il ressent et ce qu’il comprend de sa propre histoire.

📝 Points essentiels

  • Un entretien clinique vise un mieux-être, mais ce mieux-être ne peut pas être défini à l’avance par le thérapeute : il se construit dans la relation.
  • Les premiers entretiens reposent sur un non-savoir partagé : le patient sait ce qu’il ressent et le clinicien explore avec lui ce que cela peut signifier.
  • Le thérapeute doit désamorcer la tension entre temporalité de la solution immédiate et temporalité du déploiement progressif de la parole.
  • Le clinicien doit maintenir le lien sans mentir : il ne promet pas qu’il ne reviendra jamais sur l’histoire, car le travail thérapeutique doit rester possible.
  • Une bonne intervention favorise l’émergence d’une parole surprenante et inédite, pour que le patient fasse l’expérience que quelque chose se mobilise en lui.
  • Le principe central est l’ignorance de départ : comme on ne sait rien du patient, tout peut être interrogé et devenir pertinent, sans confondre interrogation et jugement.

💡 Astuce mémo

Non-savoir partagé → parole surprenante → lien tenu (sans promesse de silence).

📖 9. Entretien clinique : parole libre et premier entretien

🔑 Notions clés & Définitions

  • Reflet : Technique d’intervention où le clinicien renvoie au patient ce qu’il vient de dire, afin de lui faire entendre son propos autrement.
  • Interprétation : Intervention qui propose au patient un sens possible de ce qu’il exprime, en allant au-delà de la simple reprise de ses mots.
  • Parole performative : Forme de parole qui modifie le statut du sujet en s’énonçant, avec des effets sur son rapport à lui-même et aux autres.
  • Supervision : Dispositif collectif de travail clinique qui permet de reprendre ce qui s’est joué en séance pour lui donner du sens.
  • Cadre du cadre : Idée selon laquelle la supervision constitue un second cadre, distinct des entretiens, pour élaborer ce qui s’est produit en séance.

📝 Points essentiels

  • Le reflet est l’intervention la moins risquée car elle consiste à redire le patient à l’identique, ce qui évite souvent les erreurs de sens.
  • Un reflet peut devenir problématique s’il sonne faux ou s’il n’est pas suffisamment ancré dans le lien relationnel avec le patient.
  • Des mélanges existent : certains reflets peuvent surprendre le patient et fonctionner comme une interprétation pour lui.
  • Une intervention clinique peut à la fois interrompre un moment du discours et introduire un élément nouveau, en décalant l’attention vers ce qui se joue réellement.
  • Les interventions « sauvages » sont à éviter : toute interprétation doit rester précise, juste et reliée au fil de ce que le patient dit, surtout sans lien thérapeutique solide.
  • La supervision n’aboutit pas forcément à des recommandations directes : elle vise surtout l’exploration du cas, ce qui transforme ensuite la manière d’aborder les séances suivantes.

💡 Astuce mémo

Reflet = miroir sûr ; interprétation = pari de sens ; supervision = 2e scène pour donner du sens.

📖 10. Durée et fin des entretiens cliniques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Interprétation consécutive : Forme d’interprétation où l’interprète prend des notes pendant que la personne parle, puis traduit après qu’elle a terminé.
  • Interprétation simultanée : Forme d’interprétation où l’interprète traduit en même temps que la personne s’exprime.
  • Contact visuel : Comportement de communication consistant à regarder la personne sourde pour établir et maintenir l’échange.
  • Contre-jour : Effet d’éclairage qui rend la compréhension plus difficile en masquant le visage ou les signes.
  • Langue des signes : Langue visuo-gestuelle utilisée par certaines personnes sourdes, avec des variantes selon les pays ou communautés.

📝 Points essentiels

  • L’interprète doit rester fidèle au message sans ajouter, omettre ou exprimer d’opinion personnelle.
  • Un léger décalage de traduction est normal et fait partie du processus d’interprétation.
  • L’interprétation consécutive est souvent privilégiée avec des personnes sourdes en situation de fragilité ou d’origine étrangère.
  • Le choix du type d’interprétation dépend des besoins de la situation et des personnes concernées, pas d’une règle unique.
  • Pendant l’échange, adressez-vous directement à la personne sourde, pas à l’interprète.
  • Parlez de façon naturelle, sans crier, avec un rythme ni trop rapide ni trop lent, et prévoyez des pauses régulières pour suivre correctement l’échange.

💡 Astuce mémo

Consécutif = « après » (notes puis traduction) ; Simultané = « en même temps » (traduction simultanée).

📖 11. Entretien de recherche : discours et stabilité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Entretien libre : L’entretien libre est un entretien non directif, surtout utile en phase exploratoire quand la question de recherche n’est pas encore stabilisée.
  • Entretien semi-directif : L’entretien semi-directif repose sur un guide de thématiques, permettant à la personne de développer son discours tout en gardant une trame d’analyse.
  • Entretien directif : L’entretien directif fonctionne comme un questionnaire, avec des questions fermées qui ne produisent pas plus d’information qu’un questionnaire.
  • Sujet idiosyncrasique : Le sujet idiosyncrasique désigne une personne unique dont le discours reflète une singularité non réductible à une catégorie.
  • Consigne d’entretien : La consigne est l’élément qui ouvre l’entretien et conditionne en partie le déroulement, notamment via les mots employés.

📝 Points essentiels

  • L’entretien directif correspond à un équivalent de questionnaire et s’appuie sur des questions fermées sans gain d’information supplémentaire.
  • L’entretien libre vise surtout un discours modal et suppose une absence de question de recherche précise, ce qui en fait un type rare.
  • Le guide de l’entretien semi-directif contient des thématiques plutôt que des questions, et une structuration trop rigide rapproche l’entretien du questionnaire.
  • La consigne doit être standardisée quand c’est possible pour limiter les effets de l’introduction, mais son impact exact n’est pas toujours conscient.
  • Des formulations peuvent activer des stéréotypes et biaiser les résultats, par exemple en précisant l’appartenance avant une mesure ou le genre avant un test d’aptitude.
  • L’espace et le lieu ne sont jamais neutres : ils produisent des effets sur la personne et sur le chercheur, qui doivent être repérés et notés pour l’analyse.

💡 Astuce mémo

Consigne + lieu = biais possibles : mots et espace “réglent” le discours.

📖 12. Évaluation et expertises : cadre institutionnel et comptes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rapport subjectif au temps : Le rapport subjectif au temps désigne la manière personnelle dont chaque participant vit la temporalité de l’entretien, ce qui rend la standardisation horaire imparfaite.
  • Cadre institutionnel : Le cadre institutionnel est un ensemble de règles et de repères qui organisent les interactions dans une institution, entre professionnels et bénéficiaires, et entre bénéficiaires.
  • Règles objectives explicites : Les règles objectives explicites sont des règles formulées clairement qui structurent le fonctionnement d’un collectif et les interactions attendues.
  • Règles objectives implicites : Les règles objectives implicites sont des normes non dites mais partagées qui orientent les comportements et limitent certaines actions entre acteurs.
  • Position d’évaluation : La position d’évaluation correspond à la place du professionnel dans l’institution, qui détermine son rôle, son autorisation d’agir et le sens de ses interventions.

📝 Points essentiels

  • La durée ne doit pas être standardisée par défaut, car elle doit rester cohérente avec l’objectif de l’évaluation et avec ce que l’on veut observer.
  • Un entretien d’environ 10 minutes est difficile à comparer avec un entretien pouvant aller jusqu’à deux heures, d’où l’intérêt de repères.
  • Un entretien de moins de 20 minutes peut être considéré comme court, tandis qu’environ 1h15 apparaît comme relativement long.
  • Le cadre institutionnel sert de boussole : il aide à éviter les confusions et à situer clairement chaque acteur dans l’institution.
  • Les règles explicites sont celles fixées par des responsables (ex. cadre d’un TP), tandis que les règles implicites sont des évidences partagées (ex. ne pas attaquer un camarade sur sa manière de mener un entretien).
  • Dans un dispositif d’évaluation, il faut éviter d’inverser la hiérarchie : des personnes non évaluées ne doivent pas disposer d’un pouvoir absolu sur des personnes évaluées, sinon le dispositif peut dégénérer en conflit.

💡 Astuce mémo

Cadre = boussole : explicite = écrit, implicite = “tout le monde sait” ; durée = outil, pas uniforme.

📊 Tableaux de synthèse

Méthode vs technique vs pratique (entretien)

TermeIdée centraleCe que ça implique
MéthodeObtenir quelque chose (methodos)L’entretien n’est jamais purement gratuit : il vise une intention (info, recrutement, etc.)
TechniqueArt/habilité (technê)Difficulté liée aux contraintes d’exécution : précision, patience, contrôle du cadre/dispositif, lâcher-prise
PratiqueExécution vécue et ajustementOn apprend par l’exercice : écoute orientée, expérience incorporée, improvisation à partir d’un moment

Cadre vs dispositif (et place de l’éthique)

NotionFonctionCaractéristiques
CadreRendre possible le jeu et borner l’actionJeu potentiel : contrainte interne/portative, défini en amont, doit être solide mais pas trop rigide
DispositifConcrétiser le cadreMise en œuvre des moyens (espace, temps, modalités) ; plus flexible et dépendant de contraintes contextuelles
Éthique vs déontologieChoisir l’action adéquateDéontologie : règles figées issues de textes ; éthique : décision au cas par cas ; confidentialité vs discrétion

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Croire que l’entretien consiste uniquement à recueillir le discours de la personne : on oublie les recadrages, questions et relances du professionnel.
  2. Confondre cadre et dispositif : le cadre est interne/portatif et rend possible le jeu, le dispositif concrétise les moyens et varie davantage.
  3. Interpréter l’analogique comme du digital (ex. bras croisés = fermeture) : en analogique non codifié, l’interprétation reste hypothèse et doit rester prudente.
  4. Dénier ou faire taire les interférences : cela coupe le fil de l’énonciation et parasite la relation en train de se créer.
  5. Chercher à “éteindre” la subjectivité : en entretien, on rencontre toujours l’autre avec ce qu’on est ; il faut la reconnaître et la travailler.
  6. Confondre jugement de la personne et évaluation des faits/contraintes : on peut rappeler des valeurs et la loi sans condamner la personne en elle-même.
  7. Dans l’entretien clinique, confondre “faire parler” et “faire dire” : on risque de canaliser et de perdre la parole subjective inédite.

✅ Checklist Examen

  1. Identifier les deux subjectivités en interaction et expliquer pourquoi l’entretien n’est jamais totalement objectivable (flou, non-dits, mal-dits).
  2. Expliquer l’endophasie et le rôle du dialogue intérieur dans l’écoute active, ainsi que l’interdépendance parole/écoute de l’interviewer.
  3. Repérer transfert, contre-transfert, résonances systémiques et interférence, et dire comment l’ambiance apparaît d’abord comme non rationnelle.
  4. Analyser la cocréation du lien et la circularité : montrer qu’on ne comprend pas une réaction sans la resituer dans les effets réciproques.
  5. Décrire comment préconceptions et premières impressions orientent l’interprétation, et comment confronter/ajuster une première impression erronée.
  6. Distinguer cadre, dispositif, dispositions déontologiques et éthiques, puis relier confidentialité et secret professionnel à la discrétion (et à leurs exceptions).
  7. Dans la communication, mobiliser les axiomes (impossibilité de ne pas communiquer, contenu/relation, ponctuation, symétrie/complémentarité, digital/analogique) et justifier pourquoi l’analogique non codifié s’interprète.
  8. Expliquer consentement, attentes magiques et parole subjective, puis montrer comment le clinicien désamorce la tension solution immédiate vs déploiement progressif.
  9. Maîtriser les interventions “bien senties” : expliquer pourquoi le reflet est la moins risquée, et quand/ pourquoi contredire sans rompre le lien.
  10. Pour l’entretien de recherche, distinguer entretien libre/semi-directif/directif, discours modal vs référentiel, et expliquer le rôle de la consigne (standardisation, biais, stéréotypes) et du lieu/temps.
  11. Pour l’évaluation, définir cadre institutionnel et règles explicites/implicites, analyser la position d’évaluation (hiérarchie/instance) et éviter l’inversion de la hiérarchie.
  12. Conclure par l’articulation clinique/évaluation en contextes sous contrainte : distinguer sanction vs évaluation vs suivi thérapeutique et repérer les cadres mixtes ambigus.

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1. Quelle idée résume le mieux la place des deux subjectivités dans un entretien ?

2. Pourquoi un entretien ne se réduit-il pas au simple récit de l’autre ?

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Deux subjectivités — définition ?

Interaction entre professionnel et personne, co-construisant l’échange.

Imbrication du discours — rôle ?

Influence des recadrages et questions du professionnel.

Asymétrie — caractéristique ?

Inégalité structurelle des rôles et positions.

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