Revision sheet: Droit de la famille et filiation

📋 Plan du Cours

  1. Droit de la famille et statuts familiaux
  2. Mariage et alliance hors mariage
  3. NullitĂ©s du mariage et possession d’état
  4. Devoirs conjugaux et cohabitation
  5. Conceptions et formes du divorce
  6. Séparation de corps et effets du divorce
  7. Logement familial et prestation compensatoire
  8. Établissement de la filiation naturelle
  9. Filiation par PMA
  10. Adoption pléniÚre

📖 1. Droit de la famille et statuts familiaux

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit de la famille : Le droit de la famille regroupe les rĂšgles juridiques qui organisent la constitution, la vie et la dissolution de la famille.
  • Famille : La famille est un groupement humain de nature institutionnelle, caractĂ©risĂ© par la diversitĂ© de ses membres et l’absence de personnalitĂ© morale.
  • Lien d’alliance : Le lien d’alliance est un lien horizontal qui relie le conjoint aux membres de la famille de l’autre et contribue Ă  construire la famille.
  • Lien de parentĂ© : Le lien de parentĂ© est un lien vertical fondĂ© sur l’existence d’un auteur commun et organise les relations familiales selon les degrĂ©s.

📝 Points essentiels

  • Le droit de la famille articule des questions extrapatrimoniales (statut familial) et patrimoniales via des passerelles avec successions et rĂ©gimes matrimoniaux.
  • La famille n’est pas un groupe juridiquement organisĂ© : elle ne dispose pas de personnalitĂ© morale et repose surtout sur des usages entre membres.
  • Le droit de la famille interagit avec l’état civil, qui reflĂšte notamment nom, mariage, filiation et empĂȘchements au mariage, puis influe en retour sur la famille.
  • La CEDH irrigue le droit de la famille par les articles 8 (vie familiale), 12 (droit au mariage) et 14 (non-discrimination), en sanctionnant discriminations et ingĂ©rences.
  • La CEDH influence aussi par un contrĂŽle de proportionnalitĂ© in concreto : la rĂ©ponse varie selon les donnĂ©es factuelles du litige, pas seulement selon l’abstraction des normes.
  • Exemples d’apports CEDH citĂ©s : Marckx c/ Belgique (13.06.1979) sur l’égalitĂ© des filiations, Mazurek (1.02.2000) sur l’égalitĂ© successorale des enfants adultĂ©rins et Goodwin (11.07.2022) sur la libertĂ© de se marier des personnes trans.

💡 Astuce mĂ©mo

Famille = Alliance (horizontal) + Parenté (vertical) ; et la CEDH garde la rÚgle du jeu en vérifiant discrimination et proportionnalité.

📖 2. Mariage et alliance hors mariage

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Alliance : L’alliance est un lien familial horizontal créé par l’existence d’un lien de couple entre des personnes et ses effets sur l’entourage du conjoint.
  • PACS : Le PACS est un contrat entre deux personnes physiques majeures organisant une vie commune et prĂ©sentant une singularitĂ© par rapport au mariage.
  • Concubinage : Le concubinage est une union de fait stable et continue entre deux personnes vivant en couple, dĂ©finie par l’article 515-8 du code civil.

📝 Points essentiels

  • Le mariage crĂ©e le lien d’alliance, tandis que le PACS ne crĂ©e pas de lien d’alliance et ne s’assimile pas au mariage.
  • Le membre d’un PACS peut ĂȘtre traitĂ© comme membre de la famille au sens d’un texte qui vise « la famille » (arrĂȘt Cour de cassation 25.03.2004), mais n’est pas un « conjoint » au sens du mĂȘme texte (arrĂȘt 05.03.2008).
  • En matiĂšre de testaments, la qualitĂ© de partenaire de PACS n’entraĂźne pas, par elle-mĂȘme, l’incapacitĂ© Ă  ĂȘtre tĂ©moin lors de l’établissement d’un acte authentique (arrĂȘt 28.02.2018).
  • Le concubinage au sens de l’article 515-8 du code civil n’exige pas une cohabitation sous le mĂȘme toit : la stabilitĂ© prime sur la seule rĂ©sidence.
  • Le droit de la CEDH reconnaĂźt une « vie familiale » au concubinage, mĂȘme sans mariage, au regard de l’article 8 de la ConventionEDH.

💡 Astuce mĂ©mo

Mariage = alliance ; PACS = famille sans ĂȘtre conjoint ; Concubinage = vie familiale (stabilitĂ©, pas forcĂ©ment mĂȘme toit).

📖 3. NullitĂ©s du mariage et possession d’état

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Possession d’état : La possession d’état est la situation de fait oĂč des personnes se comportent et sont perçues comme les Ă©poux envers les tiers, sans garantir Ă  elle seule la validitĂ© du mariage.
  • Mariage putatif : Le mariage putatif est le mariage nul que les Ă©poux ont cru valable, ce qui permet de prĂ©server certains effets produits jusqu’à la dĂ©cision de nullitĂ©.
  • NullitĂ© du mariage : La nullitĂ© du mariage est une sanction qui efface juridiquement l’union pour l’avenir, tout en amĂ©nageant les effets passĂ©s selon le vice et la bonne ou mauvaise foi.

📝 Points essentiels

  • La possession d’état ne dispense en principe pas de reprĂ©senter l’acte de cĂ©lĂ©bration devant l’officier d’état civil (art 195), contrairement Ă  la seule apparence.
  • La nullitĂ© se fonde sur des vices de fond et de forme, avec des dĂ©lais diffĂ©rents selon l’hypothĂšse (exemples : 30 ans pour plusieurs empĂȘchements, 5 ans pour incapacitĂ© et erreur, 30 ans pour dĂ©faut d’intention matrimoniale).
  • Les effets de la nullitĂ© sont cantonnĂ©s : la situation antĂ©rieure est maintenue pour l’essentiel, et la nullitĂ© ne produit pleinement effet qu’en particulier Ă  l’égard de l’époux de mauvaise foi (art 202).
  • Le mariage nul produit des effets Ă  l’égard des enfants mĂȘme si aucun Ă©poux n’a Ă©tĂ© de bonne foi (art 202).
  • Le mariage putatif conserve les effets passĂ©s lorsque l’un au moins des Ă©poux a cru valablement conclure, et Ă©teint les effets pour l’avenir.

💡 Astuce mĂ©mo

Acte et apparence : l’acte prouve (art 194/195) ; l’apparence protĂšge les consĂ©quences (enfants + putatif).

📖 4. Devoirs conjugaux et cohabitation

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • CommunautĂ© de vie : La communautĂ© de vie dĂ©signe la rĂ©alitĂ© de la vie commune conjuguant dimension matĂ©rielle et affective, et non un simple partage d’un lieu.
  • Cohabitation : La cohabitation est le fait de vivre sous le mĂȘme toit, en principe, mais qui peut ĂȘtre compatible avec la communautĂ© de vie selon les circonstances.
  • Devoir de fidĂ©litĂ© : Le devoir de fidĂ©litĂ© impose des comportements conformes Ă  l’engagement matrimonial, indĂ©pendamment des sentiments Ă©prouvĂ©s.

📝 Points essentiels

  • La fin de la communautĂ© de vie ne se dĂ©duit pas de la seule sĂ©paration du logement : la jurisprudence exige d’examiner aussi les composantes affectives, matĂ©rielles, les motifs et la durĂ©e.
  • Vivre sĂ©parĂ©ment peut rester compatible avec la communautĂ© de vie lorsque des raisons objectives expliquent l’éloignement et que le couple conserve une rĂ©alitĂ© conjugale apprĂ©ciĂ©e au cas par cas.
  • Le consentement au mariage n’emporte pas un consentement aux relations sexuelles futures, et l’existence de relations sexuelles entre Ă©poux n’implique pas une obligation de les avoir.
  • La jurisprudence retient que le manque d’affection ne suffit pas Ă  caractĂ©riser une violation des devoirs conjugaux : seuls les comportements sont pris en compte.
  • Le devoir de fidĂ©litĂ© subsiste mĂȘme pendant l’instance de divorce et peut ĂȘtre caractĂ©risĂ© par une infidĂ©litĂ© dite « intellectuelle » via des Ă©changes ou relations Ă©quivoques.

💡 Astuce mĂ©mo

Cohabitation = Toit + CƓur : quitter le toit n’efface pas la communautĂ© si le lien conjugal (affectif + matĂ©riel) continue.

📖 5. Conceptions et formes du divorce

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Divorce sanction : Le divorce sanctionne une faute d’un Ă©poux, avec une logique accusatoire oĂč la rupture est justifiĂ©e par des manquements au mariage.
  • Divorce faillite : Le divorce par faillite du lien repose sur l’échec du mariage, sans recherche centrale des responsabilitĂ©s, et vise surtout la rupture.
  • Divorce dĂ©dramatisĂ© : Le divorce dĂ©dramatisĂ© cherche Ă  rĂ©duire le rĂŽle de la faute et les tensions de procĂ©dure pour favoriser une sortie pacifiĂ©e du mariage.
  • Divorce Ă  la carte : Le divorce Ă  la carte dĂ©signe un droit offrant plusieurs voies procĂ©durales adaptĂ©es aux situations et aux conceptions des Ă©poux.
  • Pluralisme des formes de divorce : Le pluralisme correspond Ă  la coexistence de plusieurs types de divorce, chacun structurant diffĂ©remment l’accord, la rupture ou la faute.

📝 Points essentiels

  • Le divorce se comprend par rapport Ă  trois conceptions du mariage : institution (peu de place aux volontĂ©s), contractualisme (rĂŽle central du dĂ©saccord), individualisme (rupture possible par volontĂ© d’un seul).
  • Une conception rĂ©pressive du divorce accepte la rupture comme rĂ©ponse Ă  une faute, tandis qu’une conception remĂšde ou constat vise l’échec du mariage sans chercher les responsabilitĂ©s.
  • Le droit français a basculĂ© en 1975 vers des divorce pluralisĂ©s et moins centrĂ©s sur la faute, avec une volontĂ© de dĂ©dramatiser la procĂ©dure.
  • Historiquement, l’admission du divorce varie avec religion et politique : divorce permis Ă  Rome, indissolubilitĂ© imposĂ©e par le christianisme, divorce admis par accords des parties lors de la RĂ©volution française.
  • Les formes contemporaines de divorce reposent sur une hiĂ©rarchie : le consentement mutuel est privilĂ©giĂ©, puis l’acceptation du principe, ensuite l’altĂ©ration du lien, et la faute en dernier.

💡 Astuce mĂ©mo

Sanction = faute, Faillite = Ă©chec, DĂ©dramatisĂ© = moins de faute, À la carte = plusieurs chemins.

📖 6. SĂ©paration de corps et effets du divorce

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • SĂ©paration de fait : La sĂ©paration de fait est une situation oĂč les Ă©poux cessent de vivre ensemble et produit des effets juridiques tirĂ©s par le droit, sans ĂȘtre organisĂ©e directement.
  • SĂ©paration de corps : La sĂ©paration de corps est une sĂ©paration organisĂ©e par le droit, prononcĂ©e ou constatĂ©e dans des conditions proches de celles du divorce.
  • SĂ©paration de biens : La sĂ©paration de biens est l’effet patrimonial liĂ© Ă  la sĂ©paration de corps, prĂ©vu par le code civil.

📝 Points essentiels

  • La sĂ©paration de fait cesse la communautĂ© de vie, mais elle n’empĂȘche pas tous les effets du mariage et laisse notamment subsister certains devoirs.
  • La sĂ©paration de fait peut influencer la demande de divorce, la PMA (rĂ©vocation du consentement), la nationalitĂ© et peut faire remonter certains effets dans le temps, notamment via l’art 262-1.
  • La sĂ©paration de corps est prononcĂ©e ou constatĂ©e dans les mĂȘmes cas et conditions que le divorce, et il n’y a pas de sĂ©paration de corps sans homologation judiciaire.
  • La sĂ©paration de corps entraĂźne la sĂ©paration de biens selon l’art 302 et constitue une passerelle avec le divorce via les demandes reconventionnelles de l’art 297.
  • La sĂ©paration de corps met fin au devoir de cohabitation et fait cesser la prĂ©somption de paternitĂ©, tout en maintenant certains devoirs (ex. fidĂ©litĂ©, secours).

💡 Astuce mĂ©mo

Fait = seulement des effets; Corps = organisé + biens (séparation de biens) + fin cohabitation/paternité.

📖 7. Logement familial et prestation compensatoire

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit au logement familial : Le droit au logement familial protĂšge l’occupation du domicile aprĂšs le divorce, en tenant compte notamment des enfants et de leurs besoins.
  • Bail rĂ©putĂ© appartenir aux deux Ă©poux : Le bail du logement louĂ© est rĂ©putĂ© appartenir Ă  chacun des Ă©poux mĂȘme si le logement a d’abord Ă©tĂ© pris par un seul, sauf cas du bail professionnel ou commercial.
  • Bail forcĂ© : Le bail forcĂ© est une mesure qui impose Ă  l’époux propriĂ©taire de consentir un bail au profit du conjoint lorsque l’intĂ©rĂȘt des enfants le commande.
  • Prestation compensatoire : La prestation compensatoire est une somme ou une attribution destinĂ©e Ă  compenser autant que possible la disparitĂ© créée par la rupture du mariage.

📝 Points essentiels

  • En matiĂšre de logement familial, le droit vise Ă  limiter les conflits et Ă  prĂ©server l’équilibre de la vie familiale, surtout au profit des enfants, malgrĂ© des situations patrimoniales hĂ©tĂ©rogĂšnes.
  • Pour un logement initialement louĂ© par un seul Ă©poux, le droit au bail est rĂ©putĂ© appartenir aux deux Ă©poux en vertu de l’art 1751, disposition d’ordre public, sauf si le bail est professionnel ou commercial.
  • Lorsque les enfants rĂ©sident habituellement dans le logement et que leur intĂ©rĂȘt le commande, le juge peut imposer un bail forcĂ© Ă  l’époux propriĂ©taire, pour une durĂ©e fixĂ©e puis renouvelable jusqu’à la majoritĂ© du plus jeune enfant.
  • La prestation compensatoire met fin au devoir de secours et peut ĂȘtre due par un Ă©poux Ă  l’autre si la rupture du mariage crĂ©e une disparitĂ© dans les conditions de vie.
  • La prestation compensatoire est dĂ©tachĂ©e des torts, avec une possibilitĂ© de refus seulement Ă  titre exceptionnel pour l’époux fautif dans le divorce pour faute.
  • Le juge fixe la prestation compensatoire selon des critĂšres tels que la durĂ©e du mariage, l’ñge et l’état de santĂ©, les qualifications et consĂ©quences professionnelles, et les patrimoines respectifs des Ă©poux, au regard de la situation et d’un avenir prĂ©visible.

💡 Astuce mĂ©mo

Logement = bail protégé (1751) ; Prestation = capital pour compenser (270-271).

📖 8. Établissement de la filiation naturelle

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • PrĂ©somption de paternitĂ© : MĂ©canisme lĂ©gal qui rattache automatiquement la paternitĂ© au mari lorsque l’enfant est conçu et nĂ© pendant le mariage.
  • Reconnaissance : Acte juridique volontaire par lequel un parent dĂ©clare ĂȘtre le parent de l’enfant, ce qui Ă©tablit le lien de filiation.
  • Accouchement sous X : Accouchement oĂč l’identitĂ© de la mĂšre est tenue secrĂšte afin de protĂ©ger sa situation, ce qui encadre la mise en place judiciaire du lien.

📝 Points essentiels

  • La filiation est Ă©tablie par l’effet de la loi, par la reconnaissance, par la possession d’état constatĂ©e par acte de notoriĂ©tĂ©, ou par jugement en justice.
  • À l’égard de la mĂšre, la filiation rĂ©sulte de sa dĂ©signation dans l’acte de naissance et la dĂ©claration de naissance doit ĂȘtre faite dans les 5 jours suivant l’accouchement.
  • Pour le pĂšre, la loi prĂ©sume que la conception a eu lieu entre le 300e et le 180e jour inclus avant la naissance, pĂ©riode qui peut ĂȘtre combattue par la preuve contraire.
  • La prĂ©somption de paternitĂ© peut ĂȘtre Ă©cartĂ©e notamment si l’acte de naissance ne dĂ©signe pas le mari en qualitĂ© de pĂšre, en cas de sĂ©paration lĂ©gale, ou si l’enfant naĂźt 300 jours aprĂšs la sĂ©paration, tout en pouvant ĂȘtre rĂ©tablie par la possession d’état.
  • La possession d’état doit ĂȘtre continue, paisible, publique et non Ă©quivoque et elle repose sur des indices comme le nom, le comportement (tractatus) et la rĂ©putation (rĂ©putation).
  • L’acte de notoriĂ©tĂ© constatant la possession d’état ne peut plus ĂȘtre demandĂ© 5 ans aprĂšs la cessation de la possession ni 5 ans aprĂšs le dĂ©cĂšs du parent prĂ©tendu, et l’établissement judiciaire est subsidiaire quand aucun titre ni possession d’état n’existent.

💡 Astuce mĂ©mo

300-180 : la “fenĂȘtre” lĂ©gale qui, pour le pĂšre mariĂ©, fait prĂ©sumer la conception.

📖 9. Filiation par PMA

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • PMA : La procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e est un recours mĂ©dical Ă  des techniques de conception avec intervention et actes mĂ©dicaux visant la naissance d’un enfant.
  • Projet parental : Le projet parental est la dĂ©marche qui consiste Ă  vouloir devenir parent, condition de l’accĂšs aux techniques de PMA prĂ©vues par le Code de la santĂ© publique.
  • Consentement prĂ©alable : Le consentement prĂ©alable est l’accord Ă©crit donnĂ© par les personnes recourant Ă  la PMA, qui conditionne juridiquement la filiation de l’enfant Ă  naĂźtre.
  • Tiers donneur : Le tiers donneur est la personne qui fournit des Ă©lĂ©ments ou produits du corps utilisĂ©s pour la PMA, sans que ce don ne crĂ©e un lien de filiation avec l’enfant.

📝 Points essentiels

  • Le recours Ă  la PMA vise un projet parental et est ouvert notamment aux couples formĂ©s d’un homme et d’une femme, aux couples de deux femmes, et aux femmes non mariĂ©es sans diffĂ©rence liĂ©e Ă  la situation patrimoniale ou Ă  l’orientation sexuelle.
  • Pour l’ñge, la PMA est encadrĂ©e par des limites de 45 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes, l’ñge Ă©tant apprĂ©ciĂ© Ă  la date du recueil et non au dĂ©but du processus (CE 2019).
  • AprĂšs consentement Ă  la PMA, celui qui ne reconnaĂźt pas l’enfant engage sa responsabilitĂ© envers la mĂšre et l’enfant et sa paternitĂ© est juridiquement consacrĂ©e, rendant la filiation non contestable (art 342-13).
  • Le consentement et les rĂšgles sur les dons garantissent l’absence de lien de filiation entre le donneur et l’enfant, et l’absence d’action en responsabilitĂ© contre le donneur (art 342-9), dans un cadre d’anonymat (art 16-8) avec accĂšs Ă  des donnĂ©es non identifiantes et Ă  l’identitĂ© seulement une fois majeur.
  • La PMA n’est pas possible aprĂšs le dĂ©cĂšs de l’un des membres du couple et cesse en cas de divorce, de sĂ©paration de corps ou de cessation de communautĂ© de vie, car la demande dĂ©pend du maintien du couple.

📖 10. Adoption plĂ©niĂšre

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Adoption plĂ©niĂšre : Filiation adoptive qui se substitue Ă  la filiation d’origine et entraĂźne la rupture du lien prĂ©existant avec l’enfant.
  • DĂ©tournement de l’adoption : Utilisation frauduleuse de l’adoption pour intĂ©grer, Ă  l’étranger, un processus impliquant une mĂšre porteuse et un abandon organisĂ© Ă  la naissance.
  • Consentement Ă  l’adoption : Acte de volontĂ© libre, Ă©clairĂ© et sans contrepartie qui, une fois donnĂ© dans les formes, rend l’adoption irrĂ©vocable.

📝 Points essentiels

  • L’adoption plĂ©niĂšre sert notamment Ă  remĂ©dier Ă  l’infertilitĂ© du couple, et n’exige pas l’absence d’enfant pour ĂȘtre possible.
  • L’ouverture Ă  l’adoption des couples de mĂȘme sexe a Ă©tĂ© validĂ©e par la dĂ©cision 669 DC du 17.05.2013, en l’absence d’obstacle tirĂ© de l’identitĂ© de sexe des adoptants.
  • L’adoption plĂ©niĂšre peut ĂȘtre exposĂ©e Ă  un risque de fraude lorsque l’institution sert de mĂ©canisme d’issue Ă  un schĂ©ma contractualisĂ© d’abandon, qualifiĂ© de dĂ©tournement par la dĂ©cision de l’Ass. plĂ©n. du 31.05.1991.
  • L’adoptant doit en principe ĂȘtre ĂągĂ© d’au moins 26 ans, et l’absence de droit subjectif Ă  l’adoption a Ă©tĂ© rappelĂ©e par la dĂ©cision CEDH du 26.02.2002.
  • Le consentement Ă  l’adoption doit ĂȘtre donnĂ© par acte authentique (notaire français/Ă©tranger, agents diplomatiques/consulaires ou service de l’aide sociale Ă  l’enfance) et ĂȘtre libre, sans contrepartie, aprĂšs la naissance, pour une adoption plĂ©niĂšre.
  • Le tribunal judiciaire prononce l’adoption, aprĂšs vĂ©rification en un dĂ©lai de six mois Ă  compter de la saisine, et le jugement n’est attaquable que pour dol, fraude ou tierce opposition.

💡 Astuce mĂ©mo

Substitution totale : on remplace la filiation d’origine, donc le lien antĂ©rieur est rompu (penser “plĂ©niĂšre = pleine substitution”).

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
13.06.1979CEDH Marckx c/ Belgique : égalité des filiations
1.02.2000CEDH Mazurek : égalité successorale des enfants adultérins
11.07.2022CEDH Goodwin : liberté de se marier des personnes trans

📊 Tableaux de synthùse

Conceptions du mariage et du divorce

ConceptionIdée du divorceLogique dominante
InstitutionRupture encadrĂ©e par l’échec du lien, avec peu de place aux volontĂ©sInstitutionnalisme (mariage-droit)
ContractualismeDésaccord des époux fonde la ruptureAccord/ désaccord pÚse sur la rupture
IndividualismeVolontĂ© d’un seul possible pour rompreRupture par initiative individuelle

Formes de filiation par PMA

Type de PMARĂŽle du tiers donneurContestation de filiation
PMA sans tiersAucun tiers donneur n’intervientContestation biologique en principe non
PMA avec tiers donneurTiers donneur intervient (éléments/produits du corps)Filiation sécurisée aprÚs consentement ; action en filiation et responsabilité contre le donneur exclues

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre lien d’alliance et lien de parentĂ© : l’alliance est horizontal (couple), la parentĂ© est verticale (auteur commun).
  2. Croire que le PACS crĂ©e un lien d’alliance au mĂȘme titre que le mariage : il relĂšve de la famille mais n’est pas un « conjoint ».
  3. Penser que la possession d’état remplace l’acte : en principe, il faut reprĂ©senter l’acte de cĂ©lĂ©bration (art 195), sauf exceptions.
  4. RĂ©duire la communautĂ© de vie Ă  la cohabitation sous le mĂȘme toit : la jurisprudence examine aussi composantes affectives, matĂ©rielles, motifs et durĂ©e.
  5. Confondre les délais de prescription des nullités : ils varient selon le vice (ex : 30 ans, 5 ans), et ne sont pas interchangeables.
  6. Croire que la CEDH impose un modÚle familial unique : elle sanctionne surtout discrimination/ingérences et pratique un contrÎle de proportionnalité in concreto.
  7. Imaginer que la filiation issue de PMA est contestable comme une filiation « classique » : le consentement préalable sécurise la filiation (responsabilité du non-reconnaissant, art 342-13).

✅ Checklist Examen

  1. Savoir dĂ©finir le droit de la famille, la famille (groupement sans personnalitĂ© morale) et distinguer lien d’alliance (horizontal) / lien de parentĂ© (vertical).
  2. Expliquer l’articulation droit de la famille ↔ Ă©tat civil, et citer les articles CEDH pertinents (8, 12, 14) et l’idĂ©e de proportionnalitĂ© in concreto.
  3. Distinguer mariage, PACS et concubinage : dire si chacun crĂ©e un lien d’alliance et rappeler les points sur « conjoint » vs « membre de la famille ».
  4. MaĂźtriser la possession d’état et le mariage putatif : rĂŽle de l’acte de cĂ©lĂ©bration, effets passĂ©s/cantonnement, et prise en compte des enfants (art 202).
  5. ConnaĂźtre l’approche de la communautĂ© de vie : fin non dĂ©ductible du seul logement, et prĂ©ciser la place des comportements (fidĂ©litĂ©) vs sentiments.
  6. Savoir présenter les trois conceptions du mariage (institution, contractualisme, individualisme) et associer divorce sanction/faillite/remÚde (dédramatisé, pluralisme, hiérarchie).
  7. Comparer sĂ©paration de fait vs sĂ©paration de corps : effets, passerelles, exigence d’homologation judiciaire, et consĂ©quences (paternitĂ©/cohabitation).
  8. Expliquer le logement familial et la prestation compensatoire : bail rĂ©putĂ© appartenir aux Ă©poux (art 1751), bail forcĂ© (en lien avec l’intĂ©rĂȘt des enfants), et logique de compensation dĂ©tachĂ©e des torts.
  9. Savoir les 4 modes d’établissement de la filiation naturelle (effet de la loi, reconnaissance, possession d’état, jugement) et la « fenĂȘtre » 300e-180e jours pour la prĂ©somption de paternitĂ©.
  10. MaĂźtriser la PMA : projet parental, consentement prĂ©alable Ă©crit, limites d’ñge (45/60) et effets sur la filiation (art 342-13, anonymat/donnĂ©es).
  11. ConnaĂźtre l’adoption plĂ©niĂšre : finalitĂ©s, risque de dĂ©tournement, consentement libre et sans contrepartie (acte authentique), dĂ©lai/contrĂŽle judiciaire, et effets de substitution totale.
  12. Savoir distinguer adoption plĂ©niĂšre vs adoption simple : substitution/rupture du lien d’origine vs addition, et logique des effets.
  13. Exposer l’autoritĂ© parentale comme ensemble de droits/devoirs pour l’intĂ©rĂȘt de l’enfant (art 371-1), et distinguer dĂ©volution (lien de filiation) vs retrait/amĂ©nagement (art 378 et suiv.).

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Famille — caractĂ©ristique ?

Groupe humain sans personnalité morale

Lien d’alliance — rîle ?

Relie conjoint aux membres de la famille de l’autre

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