Revision sheet: Droit de la libre circulation en UE

📋 Plan du Cours

  1. Droit du marché intérieur et libertés de circulation
  2. Interdiction des droits de douane et taxes d’effet Ă©quivalent
  3. DĂ©finition jurisprudentielle de la taxe d’effet Ă©quivalent
  4. Interdiction de la surimposition des produits similaires
  5. Similarité, rapport de concurrence et effet protectionniste
  6. Complémentarité entre article 30 et article 110 TFUE
  7. Réglementations indifféremment applicables et entraves
  8. Conditions de produits et modalités de vente
  9. Justifications par l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et distinction des entraves
  10. Déroger par les articles 34 et 35 TFUE
  11. Exceptions de la directive 2006/123/CE et champ d’application
  12. Notion de capitaux et paiements et effet direct de l’article 63

📖 1. Droit du marchĂ© intĂ©rieur et libertĂ©s de circulation

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit matĂ©riel de l’UE : Le droit matĂ©riel regroupe les rĂšgles substantielles applicables dans l’Union, par opposition au droit institutionnel qui organise le fonctionnement des institutions.
  • Droit institutionnel de l’UE : Le droit institutionnel concerne l’organisation et le fonctionnement des institutions de l’Union, plutĂŽt que les rĂšgles de fond imposĂ©es aux acteurs.
  • LibertĂ© de circulation : La libertĂ© de circulation est le socle du projet europĂ©en, et le marchĂ© intĂ©rieur s’y rattache directement comme cadre juridique de circulation sans entraves.
  • MarchĂ© intĂ©rieur : Le marchĂ© intĂ©rieur dĂ©signe l’espace commun sans frontiĂšres intĂ©rieures, rĂ©alisĂ© par l’action de l’Union et des États dans les domaines de compĂ©tence pertinents.
  • Principe d’attribution : Le principe d’attribution encadre l’action de l’Union en limitant ses pouvoirs aux compĂ©tences que les traitĂ©s lui confĂšrent.

📝 Points essentiels

  • Le droit du marchĂ© intĂ©rieur appartient au droit matĂ©riel de l’Union et vise les rĂšgles de fond qui structurent les grandes libertĂ©s de circulation.
  • Le droit du marchĂ© intĂ©rieur est indissociable de la libertĂ© de circulation, prĂ©sentĂ©e comme le socle du projet europĂ©en.
  • La matiĂšre est marquĂ©e par des tensions Ă©conomiques, sociales et politiques, ce qui la rend sensible et Ă©volutive.
  • L’Union ne peut agir que dans les limites des compĂ©tences attribuĂ©es par les traitĂ©s, faute de quoi elle ne dispose pas de pouvoir.
  • Dans les domaines non exclusifs, l’intervention de l’Union se justifie notamment par la subsidiaritĂ© et la proportionnalitĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Marché intérieur = Libertés de circulation (sans frontiÚres intérieures) ; Union = seulement ce que les traités lui attribuent.

📖 2. Interdiction des droits de douane et taxes d’effet Ă©quivalent

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Union douaniĂšre : L’union douaniĂšre est un rĂ©gime de l’UE qui supprime les droits de douane entre États membres et organise un tarif extĂ©rieur commun.
  • MarchĂ© intĂ©rieur : Le marchĂ© intĂ©rieur est un espace sans frontiĂšres intĂ©rieures oĂč la libre circulation des marchandises est assurĂ©e.
  • Taxe d’effet Ă©quivalent : La taxe d’effet Ă©quivalent est une charge pĂ©cuniaire imposĂ©e du fait du franchissement d’une frontiĂšre, assimilĂ©e Ă  un droit de douane.
  • Droit de douane : Le droit de douane est une charge liĂ©e au passage de la frontiĂšre, calculĂ©e selon un tarif douanier appliquĂ© Ă  la valeur du bien.
  • Article 30 TFUE : L’article 30 TFUE consacre l’interdiction, entre États membres, des droits de douane et des taxes d’effet Ă©quivalent.

📝 Points essentiels

  • L’interdiction de l’article 30 TFUE vise les droits de douane Ă  l’importation ou Ă  l’exportation et les taxes d’effet Ă©quivalent entre États membres.
  • L’interdiction est absolue : les États ne peuvent pas rĂ©introduire des droits de douane sous une autre forme, notamment via des taxes d’effet Ă©quivalent.
  • Dans l’affaire Firma Much (1968), la taxe d’effet Ă©quivalent est dĂ©finie comme une charge pĂ©cuniaire qui, sans ĂȘtre formellement un droit de douane, produit le mĂȘme rĂ©sultat.
  • Un droit de douane est une charge dĂ©clenchĂ©e par le passage de la frontiĂšre et Ă©tablie sur la base d’un tarif douanier appliquĂ© Ă  la valeur du bien.
  • La CJCE (Commission c/Luxembourg, 14 dĂ©cembre 1962, « pain d’épices ») a d’abord visĂ© des mesures prĂ©sentĂ©es comme des droits de douane ou sous d’autres appellations aboutissant au mĂȘme rĂ©sultat discriminatoire ou de « l
  • protecteur ».

💡 Astuce mĂ©mo

Douane = frontiĂšre + tarif; Taxe effet Ă©quivalent = frontiĂšre + charge pĂ©cuniaire, mĂȘme si le nom change.

📖 3. DĂ©finition jurisprudentielle de la taxe d’effet Ă©quivalent

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Taxe d’effet Ă©quivalent : Charge pĂ©cuniaire imposĂ©e par une autoritĂ© nationale du seul fait du franchissement d’une frontiĂšre, sans effet discriminatoire ou protecteur requis.
  • Charge pĂ©cuniaire : Somme d’argent due Ă  l’autoritĂ© nationale, qui conditionne l’entrĂ©e dans le champ de l’interdiction des taxes d’effet Ă©quivalent.
  • Charge imposĂ©e par l’autoritĂ© publique : Charge dont la source est une autoritĂ© nationale, qui permet d’envisager la qualification au regard de l’article 30 TFUE.
  • Franchissement de frontiĂšre : Fait gĂ©nĂ©rateur liĂ© au passage d’un produit Ă  travers une frontiĂšre, dĂ©terminant l’application de l’article 30 TFUE plutĂŽt que l’article 110 TFUE.
  • ÉlĂ©ments indiffĂ©rents : CaractĂ©ristiques sans incidence sur la qualification, comme le nom de la taxe ou le moment de perception, sauf rĂšgles spĂ©cifiques comme les minimis.

📝 Points essentiels

  • La CJCE (Commission c/ Italie et « Diamantaires belges », 1er juillet 1969) dĂ©finit la taxe d’effet Ă©quivalent comme toute charge pĂ©cuniaire unilatĂ©ralement imposĂ©e, quelle que soit son appellation ou technique, frappant
  • L’absence de charge pĂ©cuniaire fait basculer l’analyse vers l’interdiction des restrictions quantitatives plutĂŽt que vers l’article 30 TFUE (logique de qualification).
  • La qualification est exclue si la charge tire sa source d’un acte juridique de l’Union, notamment pour des taxes compensatoires adoptĂ©es par la Commission pour stabiliser des marchĂ©s agricoles (St. Nikolaus Brennerei und
  • Le Conseil ne peut pas autoriser ou contraindre un État membre Ă  percevoir une taxe d’effet Ă©quivalent, comme pour l’octroi de mer (incompatibilitĂ© avec l’article 30 TFUE, Lancry, 9 aoĂ»t 1994).
  • La CJUE adopte une approche souple sur la source de la mesure : la qualification peut viser des taxes perçues par une sociĂ©tĂ© privĂ©e, dĂšs lors que la charge entre dans le champ de l’article 30.
  • Le franchissement d’une frontiĂšre est un critĂšre distinctif : il suffit qu’un produit franchisse une frontiĂšre intĂ©rieure pour relever de l’article 30 (Carbonati, 9 septembre 2004).

💡 Astuce mĂ©mo

Charge pĂ©cuniaire + AutoritĂ© + FrontiĂšre = Taxe d’effet Ă©quivalent (CAF).

📖 4. Interdiction de la surimposition des produits similaires

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Article 110 TFUE : Disposition du TFUE qui interdit certaines impositions intĂ©rieures discriminatoires ou protectionnistes selon la similaritĂ© des produits et leurs rapports de concurrence.
  • Protectionnisme fiscal indirect : Effet d’une imposition intĂ©rieure qui protĂšge indirectement des produits nationaux en dĂ©courageant l’achat de produits importĂ©s concurrents, mĂȘme sans similaritĂ© stricte.
  • Produits similaires : CatĂ©gorie de produits placĂ©s dans une situation comparable pour le consommateur, ce qui dĂ©clenche l’interdiction de surimposition prĂ©vue par l’alinĂ©a 1 de l’article 110 TFUE.
  • Rapport de concurrence : Situation oĂč des produits sont substituables pour le consommateur, avec un degrĂ© d’intensitĂ© pouvant ĂȘtre partiel, indirect ou potentiel.
  • Effet protectionniste de la diffĂ©rence de taxation : MĂ©canisme par lequel une diffĂ©rence de traitement fiscal influence le marchĂ© au point de rĂ©duire la consommation des produits importĂ©s au profit des produits nationaux.

📝 Points essentiels

  • Si les produits sont similaires, l’alinĂ©a 1 de l’article 110 TFUE s’applique et interdit toute imposition intĂ©rieure plus Ă©levĂ©e sur les produits importĂ©s que sur les produits nationaux similaires.
  • Si les produits ne sont pas similaires, l’alinĂ©a 2 de l’article 110 TFUE s’applique et interdit les impositions ayant un effet de protection indirecte contre des importations en concurrence.
  • Être en rapport de concurrence signifie que les produits sont substituables pour le consommateur, le critĂšre central Ă©tant l’analogie entre produits.
  • Un rapport de concurrence mĂȘme partiel, indirect ou potentiel suffit pour entrer dans le champ de l’alinĂ©a 2 de l’article 110 TFUE.
  • La temporalitĂ© compte : la CJUE examine la substituabilitĂ© en l’état actuel du marchĂ© et tient aussi compte des possibilitĂ©s d’évolution.
  • L’effet protectionniste s’apprĂ©cie via l’influence de la diffĂ©rence fiscale sur le marchĂ©, notamment si elle dĂ©courage l’achat des importations (logique d’élasticitĂ©).

💡 Astuce mĂ©mo

SimilaritĂ© → al.1 (surimposition directe) ; Pas similaire → al.2 (protection indirecte via concurrence substituable).

📖 5. SimilaritĂ©, rapport de concurrence et effet protectionniste

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Produits similaires : Notion de droit de l’UE utilisĂ©e pour comparer des produits concurrents afin de vĂ©rifier si une mesure nationale les traite de façon discriminatoire.
  • Rapport de concurrence : Notion dĂ©crivant le lien de rivalitĂ© entre produits, utile pour qualifier une mesure comme protectionniste plutĂŽt que comme simple diffĂ©rence de traitement.
  • Protectionnisme : Qualification d’une entrave lorsque la mesure vise Ă  favoriser des produits nationaux ou concurrents au dĂ©triment de produits importĂ©s.
  • Entrave pĂ©cuniaire : CatĂ©gorie d’entrave liĂ©e Ă  une logique de taxation/financement Ă  la frontiĂšre ou Ă  une imposition intĂ©rieure discriminatoire, en principe non justifiable par l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
  • Entrave non pĂ©cuniaire : CatĂ©gorie d’entrave correspondant Ă  une restriction quantitative ou Ă  une mesure d’effet Ă©quivalent, pouvant ĂȘtre justifiĂ©e par des motifs d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

📝 Points essentiels

  • Une entrave pĂ©cuniaire correspond Ă  une taxe d’effet Ă©quivalent aux droits de douane ou Ă  une imposition intĂ©rieure discriminatoire, et elle n’est pas justifiable par l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
  • Une entrave non pĂ©cuniaire correspond Ă  une restriction quantitative Ă  l’importation/exportation ou Ă  une mesure d’effet Ă©quivalent, et elle peut ouvrir la voie Ă  des dĂ©rogations.
  • La justification par l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral n’est possible que dans le cadre des entraves non pĂ©cuniaires.
  • La discrimination se raisonne avec la notion de produits similaires : si des produits similaires sont traitĂ©s diffĂ©remment, l’interdiction est en principe acquise.
  • Le protectionnisme se raisonne avec le rapport de concurrence : une mesure qui favorise des produits concurrents nationaux au dĂ©triment des importĂ©s est en principe interdite.
  • Les justifications du TFUE (art. 36) ne peuvent pas servir Ă  justifier des taxes d’effet Ă©quivalent interdites sur le fondement de l’art. 30.

💡 Astuce mĂ©mo

PĂ©cuniaire = Pas de justification ; Non pĂ©cuniaire = Justification possible. SimilaritĂ© → discrimination ; Concurrence → protectionnisme.

📖 6. ComplĂ©mentaritĂ© entre article 30 et article 110 TFUE

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • SĂ©curitĂ© publique : Motif de dĂ©rogation invoquĂ© par un État pour protĂ©ger l’ordre et la sĂ©curitĂ©, apprĂ©ciĂ© de façon autonome mais encadrĂ©e par la CJUE.
  • Ordre public : Notion de protection des intĂ©rĂȘts fondamentaux de la sociĂ©tĂ©, invoquĂ©e en pratique avec la sĂ©curitĂ© publique et contrĂŽlĂ©e sur la rĂ©alitĂ© et la gravitĂ© de la menace.
  • Exigences impĂ©ratives d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral : Motifs jurisprudentiels permettant de justifier des entraves Ă  la libre circulation, distincts des motifs Ă©crits et soumis Ă  des conditions strictes.
  • Mesure adaptĂ©e : CritĂšre de proportionnalitĂ© qui exige une cohĂ©rence rationnelle entre la mesure nationale et l’objectif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral poursuivi.
  • Mesure nĂ©cessaire : CritĂšre de proportionnalitĂ© qui impose de choisir la restriction la moins attentatoire possible pour atteindre l’objectif visĂ©.

📝 Points essentiels

  • SĂ©curitĂ© publique et ordre public fonctionnent comme un couple : la CJUE ne contrĂŽle pas le contenu abstrait de l’ordre public, mais vĂ©rifie la menace rĂ©elle, actuelle et suffisamment grave.
  • La menace doit dĂ©passer le simple trouble liĂ© Ă  toute infraction Ă  la loi, car l’objectif est la protection d’un intĂ©rĂȘt fondamental de la sociĂ©tĂ©.
  • En santĂ© publique, chaque État fixe le niveau de protection qu’il souhaite, et la CJUE est attentive au principe de prĂ©caution (ex. Van Gennip, 2018).
  • Les exigences impĂ©ratives d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral admettent des motifs variĂ©s et non limitĂ©s Ă  ceux du texte, sans liste exhaustive, et leur contenu peut Ă©voluer avec le temps.
  • Les motifs purement Ă©conomiques sont exclus comme justifications, tandis que des objectifs Ă©conomiques accessoires peuvent se rattacher Ă  un motif principal valable (Commission c/ Italie, 1982).
  • Articulation : l’article 36 TFUE peut justifier des mesures discriminatoires ou indistinctement applicables, alors que les exigences impĂ©ratives d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ne justifient que des mesures indistinctement applicables

💡 Astuce mĂ©mo

Menace→GravitĂ© (ordre public) ; Motif→Pas d’argent (exclusion des motifs purement Ă©conomiques) ; Proportion→AdaptĂ©e + NĂ©cessaire.

📖 7. RĂ©glementations indiffĂ©remment applicables et entraves

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Administration publique : Notion autonome de l’article 45 TFUE visant certains emplois qui Ă©chappent Ă  la libre-circulation des travailleurs.
  • Fonctions rĂ©galiennes : CatĂ©gories d’activitĂ©s propres Ă  l’État et aux collectivitĂ©s, liĂ©es Ă  la puissance publique et aux intĂ©rĂȘts gĂ©nĂ©raux.
  • Notion de service : ActivitĂ© Ă©conomique non salariĂ©e fournie normalement contre rĂ©munĂ©ration, au sens de la directive 2006/123.
  • AutoritĂ© publique : Exception qui exclut de la libre-circulation des services les activitĂ©s participant Ă  l’exercice de l’autoritĂ© publique.
  • Clause de standstill : MĂ©canisme de l’article 64 TFUE permettant, sous conditions, de maintenir certaines restrictions aux capitaux vers ou depuis des pays tiers.

📝 Points essentiels

  • L’article 45 §4 TFUE est une exception Ă  la libre-circulation des travailleurs, interprĂ©tĂ©e de façon stricte pour Ă©viter l’exclusion excessive de personnes qualifiĂ©es.
  • La CJUE retient une approche fonctionnelle et organique : elle examine la nature des tĂąches et les responsabilitĂ©s, pour identifier une participation directe ou indirecte Ă  la puissance publique.
  • Les emplois visĂ©s supposent un rapport particulier de solidaritĂ© envers l’État et une rĂ©ciprocitĂ© droits-devoirs, ce qui renvoie aux fonctions rĂ©galiennes (forces armĂ©es, police/forces de l’ordre, magistrature, fiscalitĂ©
  • En principe, l’exception ne s’applique pas lorsque ces fonctions sont exercĂ©es dans une entreprise privĂ©e, sauf particularitĂ© des capitaines de navires agissant comme reprĂ©sentants de la puissance publique.
  • La libre-circulation des services regroupe libre prestation et droit d’établissement, et la directive 2006/123 encadre ces deux dimensions.
  • Un service au sens de la directive est une activitĂ© Ă©conomique non salariĂ©e fournie normalement contre rĂ©munĂ©ration, la rĂ©munĂ©ration Ă©tant apprĂ©ciĂ©e largement (y compris indirectement en santĂ©).

💡 Astuce mĂ©mo

Exception travailleurs = puissance publique ; Service = rĂ©munĂ©ration ; AutoritĂ© publique = exclusion ; Standstill = restrictions “prĂ©-1993” vers pays tiers.

📖 8. Conditions de produits et modalitĂ©s de vente

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit d’établissement : LibertĂ© de l’Union permettant Ă  un opĂ©rateur d’exercer durablement une activitĂ© Ă©conomique dans un autre État membre.
  • Libre circulation des capitaux : LibertĂ© de l’Union visant les mouvements de capitaux, notamment lorsqu’ils relĂšvent d’un placement financier.
  • Libre prestation de services : LibertĂ© de l’Union couvrant une prestation fournie entre États, avec dĂ©placement du prestataire et/ou du destinataire ou fourniture transfrontiĂšre.
  • Participation influente : Participation permettant d’exercer une influence certaine sur la sociĂ©tĂ©, ce qui fait basculer l’analyse vers le droit d’établissement.
  • Placement financier : Participation rĂ©alisĂ©e uniquement pour investir, sans intention d’influencer la gestion, ce qui relĂšve de la libre circulation des capitaux.

📝 Points essentiels

  • L’élĂ©ment dĂ©terminant pour distinguer Ă©tablissement et succursale est la participation stable et continue Ă  la vie Ă©conomique d’un État membre.
  • La libre prestation de services est subsidiaire par rapport aux autres libertĂ©s, mais la libre circulation des capitaux prime lorsque les capitaux ne sont pas seulement accessoires.
  • La CJUE prĂ©cise la distinction : une libertĂ© est en cause si la participation permet une influence certaine sur les dĂ©cisions et activitĂ©s de la sociĂ©tĂ©.
  • ArrĂȘt « Sodemare » (1997) : la participation stable et continue Ă  la vie Ă©conomique d’un État membre caractĂ©rise l’établissement.
  • ArrĂȘt « Baars » (2000) : la libertĂ© pertinente dĂ©pend de l’existence d’une influence certaine via la participation.
  • ArrĂȘt « CĂ©cile » (2016) : une participation uniquement orientĂ©e placement financier, sans intention d’influencer la gestion, relĂšve de la libre circulation des capitaux.

💡 Astuce mĂ©mo

Établissement = influence durable ; Capitaux = placement sans influence ; Services = cas transfrontiùre (souvent subsidiaire).

📖 9. Justifications par l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et distinction des entraves

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • IntĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral : Notion de justification permettant Ă  un État de dĂ©fendre une restriction aux libertĂ©s de circulation par la poursuite d’objectifs collectifs.
  • Fraude Ă  la loi : Qualification d’un contournement visant Ă  obtenir le bĂ©nĂ©fice des libertĂ©s de circulation en neutralisant une rĂšgle contraignante.
  • Montage purement artificiel : CritĂšre jurisprudentiel utilisĂ© pour caractĂ©riser l’abus ou la fraude Ă  la loi dans certains montages transfrontaliers.
  • Loi de police : RĂšgle nationale d’application prioritaire, attachĂ©e Ă  des intĂ©rĂȘts jugĂ©s essentiels, pouvant Ă©carter une loi Ă©trangĂšre.
  • Entrave : Notion de restriction au sens large, visant l’effet de gĂȘne, de dissuasion ou de moindre attractivitĂ© de l’exercice d’une libertĂ© de circulation.

📝 Points essentiels

  • La logique « harmoniser » s’oppose Ă  une approche plus « libĂ©rale » oĂč les opĂ©rateurs peuvent tirer parti des divergences entre États membres.
  • La CJUE admet que les États peuvent lutter contre la fraude et les pratiques abusives, tout en restant favorable aux libertĂ©s de circulation.
  • Dans l’affaire Centros, la CJUE retient l’absence de fraude malgrĂ© un contournement apparent, et rĂ©serve la qualification de fraude Ă  des cas oĂč l’intention de contourner est Ă©tablie.
  • Dans l’affaire Cadbury Schweppes, l’abus/fraude est caractĂ©risĂ© par l’existence d’un montage purement artificiel (devenu « artifice » dans la pratique).
  • Dans l’affaire Inspire Art, des rĂšgles nationales de protection minimales peuvent ĂȘtre analysĂ©es comme des « lois de police » et ĂȘtre jugĂ©es contraires au droit de l’UE.
  • La loi de police produit un effet immĂ©diat car elle protĂšge des intĂ©rĂȘts supĂ©rieurs de l’État, mais la CJUE rĂ©serve toujours le cas de la fraude pour prĂ©server l’équilibre avec les libertĂ©s.

💡 Astuce mĂ©mo

Fraude = intention + artifice ; Entrave = gĂȘne/dissuasion.

📖 10. DĂ©roger par les articles 34 et 35 TFUE

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Articles 34 et 35 TFUE : Dispositions du TFUE permettant, dans certaines conditions, de justifier des atteintes Ă  la libre circulation des marchandises par des dĂ©rogations prĂ©vues ou admises.
  • Restriction Ă  la libre circulation : Qualification juridique d’une mesure nationale qui gĂȘne l’accĂšs ou l’exercice d’une libertĂ© de circulation, mĂȘme sans discrimination explicite.
  • Motif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral : Justification invoquĂ©e par l’État pour dĂ©fendre une restriction, fondĂ©e soit sur le traitĂ©, soit sur des motifs dĂ©gagĂ©s par la jurisprudence.
  • Justifications textuelles : CatĂ©gories de motifs de justification expressĂ©ment prĂ©vues par les articles du TFUE pour certaines libertĂ©s (ordre public, sĂ©curitĂ© publique, santĂ© publique, etc.).
  • Raisons impĂ©rieuses d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral : Motifs jurisprudentiels permettant de justifier certaines restrictions, notamment quand la mesure est indistinctement applicable et qu’il n’existe pas de liste limitative.

📝 Points essentiels

  • La CJUE admet que des mesures portant sur les modalitĂ©s d’exercice ou les conditions d’accĂšs peuvent constituer des restrictions, y compris pour les libertĂ©s autres que les marchandises.
  • Pour les autres grandes libertĂ©s, la CJUE qualifie plus facilement une restriction car davantage de situations peuvent ĂȘtre analysĂ©es comme des entraves.
  • AprĂšs la qualification de la restriction, l’analyse se poursuit par la question de la justification par un motif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral invoquĂ© par l’État.
  • En cas de mesure ouvertement discriminatoire fondĂ©e sur la nationalitĂ©, seules les justifications explicitement prĂ©vues par le traitĂ© peuvent ĂȘtre mobilisĂ©es.
  • Les motifs d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral issus de la jurisprudence peuvent justifier des mesures indirectement discriminatoires fondĂ©es sur un critĂšre autre que la nationalitĂ©, ainsi que des mesures indistinctement applicables.
  • Les justifications textuelles sont encadrĂ©es par une exigence de non-instrumentalisation : elles ne doivent pas masquer une discrimination arbitraire ni une restriction dĂ©guisĂ©e.

💡 Astuce mĂ©mo

Restriction = gĂȘne d’accĂšs/activitĂ© ; Justification = traitĂ© (discrimination nationale) ou jurisprudence (autres cas) + pas de restriction dĂ©guisĂ©e.

📖 11. Exceptions de la directive 2006/123/CE et champ d’application

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Directive 2006/123/CE : Directive du marchĂ© intĂ©rieur qui encadre l’accĂšs et l’exercice des activitĂ©s de services non salariĂ©es contre rĂ©munĂ©ration, afin de simplifier les procĂ©dures.
  • Exigences interdites : CatĂ©gorie d’exigences que les États ne peuvent pas imposer aux prestataires, car elles ont Ă©tĂ© identifiĂ©es par la jurisprudence de la CJUE puis reprises dans la directive.
  • Exigences Ă©valuĂ©es : CatĂ©gorie d’exigences soumises Ă  un contrĂŽle, notamment lorsqu’elles sont non discriminatoires, comme des limites territoriales ou quantitatives.
  • Raisons d’ordre public : Motifs de restriction admis pour limiter l’accĂšs ou l’exercice de services, notamment l’ordre public, la sĂ©curitĂ© publique, la santĂ© publique et la protection de l’environnement.
  • Services d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral : Services faisant l’objet d’un amĂ©nagement particulier, notamment quand ils sont couverts par une harmonisation spĂ©cifique ou par des rĂšgles singuliĂšres.

📝 Points essentiels

  • La directive 2006/123/CE vise toute activitĂ© Ă©conomique non salariĂ©e rĂ©munĂ©rĂ©e, y compris des secteurs soumis Ă  une rĂ©glementation abondante ou Ă  des politiques communes.
  • Elle encadre Ă  la fois le droit d’établissement et la libre prestation de services, avec un lien fort avec la jurisprudence fondĂ©e sur les articles 49 et 56 TFUE.
  • Les exigences interdites proviennent de la jurisprudence de la CJUE et ne peuvent pas ĂȘtre exigĂ©es des opĂ©rateurs par les États membres.
  • Les exigences non discriminatoires (par exemple limites territoriales ou quantitatives) ne sont pas automatiquement prohibĂ©es et font l’objet d’une Ă©valuation.
  • Les restrictions peuvent ĂȘtre justifiĂ©es par des raisons d’ordre public, de sĂ©curitĂ© publique, de santĂ© publique et de protection de l’environnement.
  • La directive prĂ©voit des amĂ©nagements pour les services d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, notamment pour les activitĂ©s harmonisĂ©es spĂ©cifiquement et pour des activitĂ©s singuliĂšres comme la communication commerciale.

💡 Astuce mĂ©mo

Interdits = CJUE reprise; Justifications = ordre/sécurité/santé/environnement; ContrÎle = non-discrimination + évaluation; Champ = services non salariés rémunérés.

📖 12. Notion de capitaux et paiements et effet direct de l’article 63

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • CitoyennetĂ© de l’UE : La citoyennetĂ© de l’UE est un statut qui vise l’intĂ©gration du citoyen dans la sociĂ©tĂ© de l’État membre d’accueil.
  • IntĂ©gration comme finalitĂ© : L’intĂ©gration sert de critĂšre d’apprĂ©ciation pour Ă©carter des mesures nationales qui entravent l’intĂ©gration des personnes.
  • Aides sociales sous conditions : Les aides sociales peuvent ĂȘtre accordĂ©es avec des conditions de rattachement ou d’intĂ©gration, sous contrĂŽle de la CJUE.
  • Lien rĂ©el d’intĂ©gration : Le lien rĂ©el d’intĂ©gration correspond Ă  un rattachement effectif entre le demandeur et la sociĂ©tĂ© de l’État d’accueil.
  • Paiement d’impĂŽt : Le paiement d’impĂŽt est un indice de rattachement Ă  la sociĂ©tĂ© nationale, pouvant soutenir l’exigence d’un degrĂ© d’intĂ©gration.

📝 Points essentiels

  • Les mesures nationales justifiĂ©es par la gĂȘne de l’intĂ©gration sont Ă©cartĂ©es si elles ne permettent pas l’intĂ©gration du citoyen dans l’État d’accueil.
  • La CJUE admet que des aides sociales soient conditionnĂ©es par un degrĂ© de rattachement ou un lien rĂ©el d’intĂ©gration avec la sociĂ©tĂ© nationale.
  • Dans l’arrĂȘt Stewart (2011), la CJUE valide l’idĂ©e qu’un bĂ©nĂ©fice de prestation sociale peut ĂȘtre subordonnĂ© Ă  l’existence d’un lien rĂ©el entre l’État d’accueil et le demandeur.
  • Dans l’arrĂȘt Tas Hagen (2006), la CJUE accepte aussi des conditions de rattachement pour certaines aides destinĂ©es Ă  des victimes de guerre.
  • La logique d’intĂ©gration et de rattachement n’est pas transposable automatiquement aux libertĂ©s de circulation Ă©conomiques, notamment pour les travailleurs transfrontaliers ou migrants.
  • Le critĂšre de durĂ©e de rĂ©sidence lĂ©gale peut fonctionner comme critĂšre objectif de contrĂŽle de l’intĂ©gration dans la sociĂ©tĂ© nationale (affaire Commission c/ Pays-Bas, 2012).

💡 Astuce mĂ©mo

IntĂ©gration d’abord : aides sociales = lien rĂ©el (Stewart/Tas Hagen), mais libertĂ©s Ă©conomiques = prudence (pas d’automaticitĂ©).

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1951TraitĂ© de Paris instituant la CECA, projet de paix par l’unification Ă©conomique
1963ArrĂȘt Van Gend en Loos consacrant l’effet direct
1964Traité de Rome/CE : reconnaissance de la primauté (CJCE, Costa c/ Enel, 1964)

📊 Tableaux de synthùse

Articulation des interdictions pécuniaires (art. 30 TFUE) et fiscales (art. 110 TFUE)

HypothÚseRégimeJustification
Charge pĂ©cuniaire liĂ©e au franchissement d’une frontiĂšreArt. 30 TFUE : droits de douane et taxes d’effet Ă©quivalentAucune dĂ©rogation possible
Charge pécuniaire sans franchissement de frontiÚreArt. 110 TFUE : impositions intérieures discriminatoires/protectionnistesInterdiction seulement si discrimination ou protectionnisme (selon similarité/rapport de concurrence)

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre droit matĂ©riel et droit institutionnel : le premier vise les rĂšgles substantielles, le second l’organisation des institutions.
  2. Croire qu’une taxe d’effet Ă©quivalent se dĂ©finit par un caractĂšre discriminatoire/protecteur : la JP a abandonnĂ© cette exigence pour retenir une charge pĂ©cuniaire liĂ©e au franchissement.
  3. Oublier le critùre du franchissement de frontiùre : sans franchissement, l’analyse bascule potentiellement vers l’art. 110 TFUE plutît que l’art. 30 TFUE.
  4. MĂ©langer l’art. 30 TFUE (interdiction absolue, pas de justifications) et l’art. 36 TFUE (justifications possibles) : on ne justifie pas les taxes d’effet Ă©quivalent.
  5. Inverser la logique de l’art. 110 TFUE : similaritĂ© → al. 1 (surimposition directe), absence de similaritĂ© → al. 2 (effet protectionniste via concurrence).
  6. Confondre « entrave » et « discrimination » : les mesures indistinctement applicables sont qualifiĂ©es d’entraves (gĂȘne/dissuasion), pas de discrimination fondĂ©e sur la nationalitĂ©.
  7. Penser que la libre circulation Ă©conomique s’applique aux situations purement internes : il faut un Ă©lĂ©ment d’extranĂ©itĂ© (dĂ©placement, Ă©tablissement, LPS, etc.).

✅ Checklist Examen

  1. Identifier le droit du marchĂ© intĂ©rieur comme droit matĂ©riel de l’UE et le rattacher Ă  la libertĂ© de circulation (socle du projet europĂ©en).
  2. Expliquer l’union douaniĂšre et distinguer zone de libre-Ă©change, union douaniĂšre, marchĂ© commun, marchĂ© intĂ©rieur (art. 26 TFUE : espace sans frontiĂšres intĂ©rieures).
  3. Qualifier une taxe d’effet Ă©quivalent : charge pĂ©cuniaire, autoritĂ© publique, fait gĂ©nĂ©rateur liĂ© au franchissement d’une frontiĂšre, et rappeler l’absence de justification.
  4. Distinguer taxe d’effet Ă©quivalent (art. 30 TFUE) et imposition intĂ©rieure (art. 110 TFUE) selon que la charge est ou non dĂ©corrĂ©lĂ©e du franchissement de frontiĂšre.
  5. Raisonner sur l’art. 110 TFUE : produits similaires (al. 1) et surimposition, produits non similaires mais en rapport de concurrence (al. 2) et effet protectionniste.
  6. Présenter la complémentarité art. 30 / art. 110 : application alternative et critÚre du « régime général de redevances intérieures » (catégories de produits selon critÚres objectifs).
  7. MaĂźtriser le rĂ©gime des entraves non pĂ©cuniaires : art. 34-35 (restrictions quantitatives et mesures d’effet Ă©quivalent) et art. 36 (justifications textuelles + interdiction de discrimination arbitraire/restriction dĂ©g u
  8. Distinguer les justifications : art. 36 TFUE (textuelles) vs exigences impĂ©ratives d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (JP), et rappeler l’exclusion des motifs purement Ă©conomiques.
  9. Appliquer la proportionnalitĂ© : mesure adaptĂ©e puis nĂ©cessaire, et rappeler la charge de la preuve sur l’État membre.
  10. Qualifier les libertés économiques pertinentes (marchandises, travailleurs, établissement, services, capitaux) et déterminer la liberté prédominante en cas de concurrence entre libertés.
  11. VĂ©rifier l’invocabilitĂ© et l’élĂ©ment d’extranĂ©itĂ© : dispositions du traitĂ©, rĂšglements/directives, et exclusion des situations purement internes.
  12. Pour les personnes : exposer la logique citoyennetĂ©/TFUE art. 21 et directive 2004/38 (motifs d’ordre public/sĂ©curitĂ©/santĂ©, contrĂŽle de proportionnalitĂ©, intĂ©gration comme finalitĂ©).

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1. Quel Ă©noncĂ© dĂ©crit le mieux le droit du marchĂ© intĂ©rieur de l’Union europĂ©enne ?

2. Quel principe limite l’action de l’Union aux compĂ©tences que les traitĂ©s lui attribuent ?

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Droit matĂ©riel de l’UE ?

Rùgles substantielles applicables dans l’Union.

Droit institutionnel de l’UE ?

Organisation et fonctionnement des institutions.

LibertĂ© de circulation — rĂŽle ?

Socle du marché intérieur, facilite la libre circulation.

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