Revision sheet: Filiation : Modes et Contestations

Plan du Cours

  1. Droit de la filiation et identité
  2. Établissement non-contentieux de la filiation
  3. Modes non-contentieux et interdiction de l’inceste
  4. Filiation par l’effet de la loi
  5. Présomption de paternité et désignation de la mÚre
  6. Actions relatives à la filiation et rÚgles générales
  7. Actions aux fins d’établissement de la filiation
  8. Actions en contestation de la filiation
  9. Filiation adoptive et intĂ©rĂȘt de l’adoptĂ©
  10. Conditions du prononcĂ© et procĂ©dure d’adoption
  11. Conditions relatives Ă  l’adoptant et Ă  l’adoptĂ©
  12. AMP et gestation pour autrui : interdiction et transcription

1. Droit de la filiation et identité

Notions clés & Définitions

  • Filiation charnelle : La filiation charnelle est le lien de filiation Ă©tabli Ă  partir des relations biologiques entre l’enfant et ses parents.
  • Adoption : L’adoption est une filiation non biologique reconnue par la sociĂ©tĂ©, qui crĂ©e un lien juridique entre l’enfant et ses parents adoptifs.
  • Assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation : L’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation est un ensemble de techniques permettant d’avoir un enfant, avec des effets sur l’établissement de la filiation.
  • VĂ©ritĂ© biologique : La vĂ©ritĂ© biologique est le principe selon lequel la filiation Ă©tablie doit, autant que possible, correspondre Ă  l’origine biologique de l’enfant.
  • ÉgalitĂ© en matiĂšre de filiation : L’égalitĂ© en matiĂšre de filiation est le principe selon lequel l’enfant ne doit pas ĂȘtre discriminĂ© selon la situation juridique de ses parents.

Points essentiels

  • La filiation participe Ă  l’identitĂ© de la personne et fonde le droit de l’enfant d’avoir une filiation Ă©tablie.
  • Le droit français reconnaĂźt trois sources de filiation : charnelle, adoption, et filiation liĂ©e Ă  l’assistance mĂ©dicale Ă  la procrĂ©ation.
  • La loi n°72-3 du 3 janvier 1972 (Carbonnier) a profondĂ©ment modernisĂ© le droit de la filiation et a posĂ© deux principes directeurs.
  • Le principe de vĂ©ritĂ© biologique n’est pas absolu : l’enfant issu d’une relation incestueuse ne peut avoir une double filiation Ă©tablie.
  • Le principe d’égalitĂ© vise Ă  Ă©viter les discriminations envers l’enfant, indĂ©pendamment du statut matrimonial des parents.
  • Avant la rĂ©forme, l’enfant adultĂ©rin pouvait subir une discrimination successorale en recevant seulement la moitiĂ© de la part due aux enfants lĂ©gitimes, ce qui a conduit Ă  une condamnation europĂ©enne.

Astuce mémo

VĂ©ritĂ© biologique = “au plus prĂšs du sang”, ÉgalitĂ© = “pas de discrimination pour l’enfant”.

2. Établissement non-contentieux de la filiation

Notions clés & Définitions

  • Établissement non-contentieux : Mode d’établissement de la filiation qui intervient sans litige entre les parents.
  • Article 310-1 du code civil : Dispositif qui Ă©numĂšre les trois modes non-contentieux d’établissement lĂ©gal de la filiation.
  • Reconnaissance volontaire : Acte par lequel un parent reconnaĂźt volontairement l’enfant, produisant un effet sur la filiation.
  • Possession d’état : Situation de fait oĂč le lien parental est vĂ©cu et reconnu socialement, pouvant ĂȘtre constatĂ©e par acte de notoriĂ©tĂ©.
  • Interdiction de l’inceste : Principe empĂȘchant l’établissement de la filiation entre l’enfant et ses deux parents en cas de relation incestueuse.

Points essentiels

  • La filiation est Ă©tablie non-contentieusement par l’effet de la loi, par la reconnaissance volontaire ou par la possession d’état constatĂ©e par acte de notoriĂ©tĂ© (art. 310-1).
  • En cas de litige, l’établissement de la filiation peut aussi rĂ©sulter d’un jugement, ce qui relĂšve d’une autre section du chapitre.
  • L’article 310-2 maintient l’interdiction d’établir le lien de filiation entre l’enfant et ses deux parents lorsque l’enfant est issu d’une relation incestueuse.
  • La Cour de cassation (Cass. civ. 1re, 6 janvier 2004, n° 01-01.600) a censurĂ© une adoption intrafamiliale d’un enfant incestueux, pour Ă©viter un contournement d’une prohibition d’ordre public.
  • En prĂ©sence d’une premiĂšre filiation pour un enfant incestueux, l’officier de l’état civil doit refuser l’inscription d’une seconde filiation, et si elle est inscrite elle est sans effet.

Astuce mémo

Non-contentieux = 3 voies : Loi, Reconnaissance, Possession d’état (acte de notoriĂ©tĂ©). Inceste = 1 seule filiation (refus de la 2e).

3. Modes non-contentieux et interdiction de l’inceste

Notions clés & Définitions

  • Filiation non-contentieuse : La filiation non-contentieuse regroupe les modes d’établissement de la filiation sans procĂšs, prĂ©vus par le code civil.
  • Établissement par l’effet de la loi : L’établissement par l’effet de la loi fait naĂźtre la filiation automatiquement Ă  partir de situations prĂ©vues par le code civil.
  • Reconnaissance volontaire : La reconnaissance volontaire est l’acte par lequel un parent dĂ©clare Ă©tablir sa filiation Ă  l’égard de l’enfant.
  • Possession d’état : La possession d’état correspond Ă  une situation de fait durable traduisant un lien parent-enfant.
  • PrĂ©somption de paternitĂ© : La prĂ©somption de paternitĂ© attribue la paternitĂ© au mari de la mĂšre lorsque les conditions lĂ©gales sont rĂ©unies.

Points essentiels

  • La filiation non-contentieuse est organisĂ©e en trois modes : par l’effet de la loi, par reconnaissance, et par possession d’état.
  • La filiation maternelle par l’effet de la loi ne dĂ©pend pas de la situation civile de la mĂšre (mariĂ©e, cĂ©libataire, concubinage, PACS).
  • La filiation paternelle par l’effet de la loi est rĂ©servĂ©e au cas oĂč la mĂšre est mariĂ©e, car le mariage dĂ©clenche la prĂ©somption.
  • En l’absence de mariage, la filiation paternelle est le plus souvent Ă©tablie par reconnaissance volontaire.
  • La filiation maternelle est Ă©tablie par la dĂ©signation de la mĂšre dans l’acte de naissance de l’enfant, ce qui fait de la mĂšre celle qui accouche.
  • La filiation paternelle par l’effet de la loi repose sur la prĂ©somption : l’enfant conçu ou nĂ© pendant le mariage a pour pĂšre le mari.

Astuce mémo

MÚre = acte de naissance ; PÚre = mariage (présomption).

4. Filiation par l’effet de la loi

Notions clés & Définitions

  • PrĂ©somption de paternitĂ© : PrĂ©somption lĂ©gale qui attribue au mari de la mĂšre la paternitĂ© de l’enfant conçu ou nĂ© pendant le mariage.
  • Pater is est quem nuptiae demonstrant : Adage latin reliant la paternitĂ© au mariage, selon lequel les noces permettent d’identifier le pĂšre.
  • Article 313 du Code civil : Disposition qui Ă©numĂšre les cas oĂč la prĂ©somption de paternitĂ© du mari est Ă©cartĂ©e.
  • Article 314 du Code civil : Disposition qui prĂ©voit le rĂ©tablissement automatique de la prĂ©somption de paternitĂ© aprĂšs son Ă©cartement.
  • Action en rĂ©tablissement (article 329) : Action permettant de demander en justice le rĂ©tablissement des effets de la prĂ©somption en prouvant que le mari est le pĂšre.

Points essentiels

  • La rĂšgle de base attribue la paternitĂ© au mari pour l’enfant conçu ou nĂ© pendant le mariage (art. 312 du Code civil).
  • La prĂ©somption repose sur l’idĂ©e que la filiation paternelle est difficile Ă  Ă©tablir et qu’elle s’accorde avec les devoirs du mariage (cohabitation et fidĂ©litĂ©).
  • Le raisonnement en trois temps consiste Ă  vĂ©rifier l’existence du mariage, puis l’éventuel Ă©cartement, enfin le rĂ©tablissement de la prĂ©somption.
  • La prĂ©somption est Ă©cartĂ©e si l’acte de naissance ne dĂ©signe pas le mari comme pĂšre (art. 313).
  • La prĂ©somption est aussi Ă©cartĂ©e si l’enfant naĂźt au-delĂ  de 300 jours aprĂšs l’introduction de la procĂ©dure de divorce/sĂ©paration ou aprĂšs la convention notariĂ©e, et si moins de 180 jours se sont Ă©coulĂ©s depuis le rejet/
  • La prĂ©somption est rĂ©tablie de plein droit (art. 314) si, aprĂšs l’écartement, l’enfant a la possession d’état envers le mari et n’a pas dĂ©jĂ  une filiation paternelle Ă©tablie contre un tiers.

Astuce mémo

Mariage → PĂšre prĂ©sumĂ© ; Acte/Timing (art. 313) → Écart ; Possession d’état + pas de pĂšre tiers (art. 314) → RĂ©tablissement ; Sinon, preuve en justice (art. 329).

5. Présomption de paternité et désignation de la mÚre

Notions clés & Définitions

  • Reconnaissance de l’enfant : La reconnaissance est un acte qui Ă©tablit un lien de filiation entre son auteur et l’enfant, avec des effets sur le nom et l’autoritĂ© parentale.
  • CaractĂšre personnel de la reconnaissance : La reconnaissance produit des effets attachĂ©s Ă  la personne de son auteur, ce qui influence directement la situation familiale de l’enfant.
  • Effet rĂ©troactif de la reconnaissance : La reconnaissance produit un effet rĂ©troactif, de sorte que le lien de filiation est rĂ©putĂ© Ă©tabli dĂšs la naissance de l’enfant.
  • Possession d’état : La possession d’état est une situation de fait qui fait apparaĂźtre un rapport parent-enfant, que le droit peut ensuite constater.
  • Acte de notoriĂ©tĂ© : L’acte de notoriĂ©tĂ© est un acte dĂ©livrĂ© pour constater la possession d’état et faire foi de celle-ci jusqu’à preuve contraire.

Points essentiels

  • La reconnaissance Ă©tablit un lien de filiation et entraĂźne des consĂ©quences sur le nom de l’enfant et l’exercice de l’autoritĂ© parentale.
  • La reconnaissance fait entrer l’enfant dans la famille de son auteur et ouvre la vocation successorale entre l’enfant et son parent.
  • La reconnaissance produit un effet rĂ©troactif : la filiation est Ă©tablie dĂšs la naissance de l’enfant.
  • La possession d’état n’est mobilisĂ©e que si la filiation n’est pas Ă©tablie par un acte de naissance ou un acte de reconnaissance : c’est un mode subsidiaire.
  • La possession d’état repose sur trois Ă©lĂ©ments : NOMEN (mĂȘme nom), TRACTATUS (comportements parent-enfant), FAMA (rĂ©putation auprĂšs des tiers).
  • L’acte de notoriĂ©tĂ© fait foi de la possession d’état jusqu’à preuve contraire : c’est une prĂ©somption de fait simple et rĂ©versible.

Astuce mémo

NOMEN-TRACTATUS-FAMA : Nom, Traitements, Fama (rĂ©putation) = possession d’état.

6. Actions relatives à la filiation et rÚgles générales

Notions clés & Définitions

  • IntransmissibilitĂ© des actions : Les actions relatives Ă  la filiation ont un caractĂšre personnel, donc en principe non transmissible aux hĂ©ritiers.
  • OpposabilitĂ© erga omnes : L’autoritĂ© des dĂ©cisions de filiation s’impose Ă  tous, y compris aux tiers, car elles concernent l’état civil.
  • Conflit de filiations : Situation oĂč un enfant risquerait d’avoir deux filiations incompatibles en mĂȘme temps, ce que le droit cherche Ă  Ă©viter.
  • Prescription dĂ©cennale en filiation : Les actions relatives Ă  la filiation se prescrivent par dix ans, sauf dĂ©lai spĂ©cial prĂ©vu par la loi.
  • Expertise biologique de droit : En matiĂšre de filiation, la demande d’expertise biologique n’est soumise Ă  aucune condition prĂ©alable, sauf motif lĂ©gitime de refus.

Points essentiels

  • Les hĂ©ritiers peuvent agir quand le titulaire de l’action est dĂ©cĂ©dĂ© avant l’expiration du dĂ©lai qui lui Ă©tait imparti par la loi.
  • L’intransmissibilitĂ© ne concerne plus que les crĂ©anciers du dĂ©funt : ils ne peuvent pas agir Ă  la place du dĂ©biteur dĂ©cĂ©dĂ©.
  • Les dĂ©cisions relatives Ă  la filiation ont une autoritĂ© absolue et sont opposables Ă  tous (erga omnes).
  • Tant qu’une filiation lĂ©galement Ă©tablie n’a pas Ă©tĂ© contestĂ©e en justice, elle fait obstacle Ă  l’établissement d’une autre filiation qui la contredirait.
  • La prescription trentenaire de 1972 est abandonnĂ©e au profit d’une prescription dĂ©cennale consacrĂ©e par l’article 321.
  • Pour un mineur, le dĂ©lai est suspendu jusqu’à la majoritĂ©, puis le jeune majeur dispose de dix ans pour agir ; l’action n’est pas perdue mais reportĂ©e (Cass. civ. 1re, 10 janv. 1990, n° 88-14.404).

Astuce mémo

Intransmissible sauf héritiers avant délai ; erga omnes ; pas deux filiations ; 10 ans (mineur suspendu) ; expertise biologique sans condition sauf motif légitime.

7. Actions aux fins d’établissement de la filiation

Notions clés & Définitions

  • Action en recherche de maternitĂ© : Action judiciaire visant Ă  Ă©tablir la filiation maternelle lorsque la maternitĂ© n’a pas Ă©tĂ© Ă©tablie par une voie non contentieuse.
  • Accouchement sous X : Accouchement oĂč la mĂšre demande le secret de son admission et de son identitĂ©, ce qui encadre l’établissement de la filiation.
  • Action en recherche de paternitĂ© : Action judiciaire destinĂ©e Ă  Ă©tablir la filiation paternelle lorsque celle-ci n’est pas Ă©tablie par une voie non contentieuse.
  • AutoritĂ© de la chose jugĂ©e : Principe procĂ©dural qui empĂȘche qu’une dĂ©cision rendue contre une personne produise des effets juridiques sur un tiers non partie Ă  l’instance.
  • CNAOP : Conseil national pour l’accĂšs aux origines personnelles, autoritĂ© indĂ©pendante créée pour organiser l’accĂšs aux origines des personnes nĂ©es sous X.

Points essentiels

  • Avant l’ordonnance de 2005, la filiation Ă©tait distinguĂ©e en lĂ©gitime et naturelle, puis l’unification a simplifiĂ© le rĂ©gime des actions.
  • La recherche en justice suppose que la filiation de l’enfant n’est pas dĂ©jĂ  Ă©tablie par la loi, la reconnaissance volontaire ou la possession d’état.
  • L’établissement judiciaire de la maternitĂ© n’entraĂźne pas automatiquement des effets sur la paternitĂ©, mĂȘme si la mĂšre est mariĂ©e.
  • La prĂ©somption de paternitĂ© ne joue qu’en matiĂšre non contentieuse, et les deux filiations sont Ă©tablies de façon indĂ©pendante.
  • L’autoritĂ© de la chose jugĂ©e s’oppose Ă  ce que les effets d’une dĂ©cision concernant une femme mariĂ©e atteignent juridiquement son conjoint non partie au procĂšs.
  • L’action en recherche de maternitĂ© (art. 325 C. civ.) est subordonnĂ©e Ă  l’absence de titre (acte de naissance ou reconnaissance dĂ©signant la mĂšre) et Ă  l’absence de possession d’état, ce qui vise notamment enlĂšvement, “s

8. Actions en contestation de la filiation

Notions clés & Définitions

  • Filiation lĂ©galement Ă©tablie : La filiation lĂ©galement Ă©tablie est le lien parent-enfant créé par une voie non contentieuse, qui sert de point de dĂ©part Ă  toute contestation.
  • MĂšre lĂ©gale : La mĂšre lĂ©gale est la femme Ă  l’égard de laquelle la filiation a Ă©tĂ© Ă©tablie par une dĂ©cision ou un acte ayant valeur juridique.
  • PĂšre lĂ©gal : Le pĂšre lĂ©gal est l’homme dĂ©signĂ© par la prĂ©somption de paternitĂ©, par une reconnaissance ou par un acte constatant une possession d’état.
  • AutoritĂ© de la chose jugĂ©e : L’autoritĂ© de la chose jugĂ©e empĂȘche qu’une filiation dĂ©jĂ  tranchĂ©e par le juge soit remise en cause par une nouvelle action.
  • Possession d’état : La possession d’état correspond au fait, dans la vie, que les personnes dĂ©signĂ©es comme parents se comportent comme tels et sont reconnues comme tels.

Points essentiels

  • L’ordonnance de 2005 simplifie les actions en contestation en supprimant les notions de filiation lĂ©gitime et naturelle.
  • La contestation vise soit l’absence d’accouchement de la mĂšre lĂ©gale, soit l’absence de paternitĂ© du pĂšre lĂ©gal.
  • La contestation suppose une filiation dĂ©jĂ  lĂ©galement Ă©tablie par effet de la loi, reconnaissance volontaire ou possession d’état constatĂ©e par acte de notoriĂ©tĂ©.
  • Une filiation Ă©tablie en justice ne peut plus ĂȘtre contestĂ©e une fois les recours Ă©puisĂ©s, car elle devient dĂ©finitive.
  • Le lien de filiation s’apprĂ©cie par le “titre” et, parfois, par la possession d’état, qui renforce ou fragilise la filiation.
  • Plus la filiation est corroborĂ©e (titre + possession d’état), plus elle est difficile Ă  contester, et plus elle est fragile (titre seul ou possession d’état seule), plus elle est facile Ă  contester.

Astuce mémo

Titre = preuve juridique ; possession d’état = preuve sociale/affective : titre+possession = filiation solide, titre seul ou possession seule = filiation fragile.

9. Filiation adoptive et intĂ©rĂȘt de l’adoptĂ©

Notions clés & Définitions

  • Possession d’état conforme au titre : La possession d’état est dite conforme au titre lorsque les actes de filiation et la rĂ©alitĂ© vĂ©cue de la filiation concordent.
  • Action en contestation de la filiation : L’action en contestation est la procĂ©dure permettant de remettre en cause une filiation dĂ©jĂ  Ă©tablie par un acte ou par la possession d’état.
  • DĂ©lai de consolidation de 5 ans : Le dĂ©lai de consolidation de 5 ans est la pĂ©riode pendant laquelle la filiation renforcĂ©e par la possession d’état se stabilise.
  • Acte de notoriĂ©tĂ© : L’acte de notoriĂ©tĂ© constate une possession d’état sans que la filiation soit nĂ©cessairement Ă©tablie par un titre classique.
  • Conflit de paternitĂ© : Le conflit de paternitĂ© est le litige qui oppose plusieurs paternitĂ©s possibles lorsque des reconnaissances antĂ©natales et la prĂ©somption lĂ©gale s’affrontent.

Points essentiels

  • Lorsque le titre est renforcĂ© par une possession d’état conforme, l’action en contestation est rĂ©servĂ©e Ă  un cercle plus restreint et enfermĂ©e dans un dĂ©lai plus bref.
  • Selon l’article 333 du code civil, seuls peuvent agir l’enfant, l’un de ses pĂšre et mĂšre et celui qui se prĂ©tend le parent vĂ©ritable.
  • L’action en contestation se prescrit par cinq ans Ă  compter de la cessation de la possession d’état ou du dĂ©cĂšs du parent dont la filiation est contestĂ©e.
  • Si la possession d’état conforme au titre a durĂ© au moins cinq ans, la filiation ne peut plus ĂȘtre contestĂ©e, sauf par le ministĂšre public (art. 333, al. 2).
  • Le dĂ©lai de cinq ans est un dĂ©lai prĂ©fixe : il ne se suspend ni ne s’interrompt et le juge en contrĂŽle le respect d’office.
  • À dĂ©faut de possession d’état conforme au titre, l’action en contestation peut ĂȘtre engagĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt dans le dĂ©lai de dix ans (art. 334).

Astuce mémo

Titre + possession d’état = 5 ans verrouillĂ©s ; sans possession conforme = 10 ans ouverts.

10. Conditions du prononcĂ© et procĂ©dure d’adoption

Notions clés & Définitions

  • Adoptant : Personne ou couple qui demande l’adoption plĂ©niĂšre et doit remplir les conditions lĂ©gales prĂ©vues par le code civil.
  • AdoptĂ© : Enfant concernĂ© par l’adoption plĂ©niĂšre, soumis Ă  des conditions d’ñge et Ă  un accueil prĂ©alable chez les adoptants.
  • AgrĂ©ment : DĂ©cision administrative dĂ©livrĂ©e en vue de l’adoption, accordĂ©e par le prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral et nĂ©cessaire dans la plupart des cas.
  • Placement en vue de l’adoption : Remise effective de l’enfant aux futurs adoptants, Ă©tape prĂ©alable indispensable avant le prononcĂ© judiciaire.
  • Phase judiciaire : Étape devant le tribunal judiciaire, dĂ©clenchĂ©e par une requĂȘte, au cours de laquelle le juge contrĂŽle les conditions et l’intĂ©rĂȘt de l’enfant.

Points essentiels

  • L’adoption plĂ©niĂšre peut ĂȘtre demandĂ©e par un couple mariĂ© non sĂ©parĂ©, deux partenaires PACS, deux concubins ou une personne seule (art. 343).
  • Depuis la loi de 2022, l’exigence de mariage du couple disparaĂźt pour l’adoption plĂ©niĂšre.
  • Les adoptants doivent justifier d’une communautĂ© de vie d’au moins un an ou avoir plus de 26 ans chacun, et ces critĂšres ne sont pas cumulatifs (art. 343, al. 2).
  • Pour une personne seule, le consentement du conjoint ou du partenaire non adoptant est requis si la personne est mariĂ©e ou pacsĂ©e, mais pas en concubinage (art. 343-1, al. 2).
  • L’adoption plĂ©niĂšre exige un Ă©cart d’ñge : 15 ans de plus en principe, 10 ans en cas d’adoption au sein du couple, avec possibilitĂ© de dĂ©rogation pour justes motifs (art. 344).
  • L’adoption plĂ©niĂšre est interdite en intrafamilial entre ascendants/descendants en ligne directe et entre frĂšres et sƓurs, sauf motifs graves commandĂ©s par l’intĂ©rĂȘt de l’adoptĂ© (art. 343-2).

Astuce mémo

Adoptant + AdoptĂ© + AgrĂ©ment/Placement + Juge : la chaĂźne logique est conditions → Ă©tapes → contrĂŽle de l’intĂ©rĂȘt de l’enfant.

11. Conditions relatives Ă  l’adoptant et Ă  l’adoptĂ©

Notions clés & Définitions

  • Adoption simple : L’adoption simple est une forme d’adoption qui crĂ©e un lien de filiation sans rendre la dĂ©cision irrĂ©vocable.
  • Consentement de l’adoptĂ© : Le consentement de l’adoptĂ© est requis dans certains cas, notamment lorsque l’adoptĂ© est suffisamment ĂągĂ©.
  • Adoption de l’enfant du conjoint : L’adoption simple permet d’adopter l’enfant du conjoint, partenaire ou concubin, avec des conditions d’ñge assouplies.
  • RĂ©vocation de l’adoption simple : La rĂ©vocation de l’adoption simple est une procĂ©dure qui peut mettre fin aux effets de l’adoption pour l’avenir, sous conditions.
  • Gestation pour autrui : La gestation pour autrui est une pratique interdite en droit français, consistant Ă  recourir Ă  une mĂšre porteuse.

Points essentiels

  • L’adoption simple est permise quel que soit l’ñge de l’adoptĂ©, y compris si l’adoptĂ© est adulte et peut avoir des enfants.
  • Si l’adoptĂ© a plus de 13 ans, son consentement est exigĂ© pour l’adoption simple.
  • L’adoption simple ne doit pas ĂȘtre dĂ©tournĂ©e de son but, qui est la crĂ©ation d’un lien de filiation.
  • L’adoption simple d’un enfant dĂ©jĂ  adoptĂ© en plĂ©niĂšre est possible si des motifs graves la justifient (art. 360, al. 2).
  • Un enfant dĂ©jĂ  adoptĂ© par une seule personne peut ensuite ĂȘtre adoptĂ© par le conjoint, partenaire ou concubin de celle-ci sous forme simple (art. 360, al. 3).
  • L’adoption simple de l’enfant du conjoint, partenaire ou concubin est possible sans restriction d’ñge pour l’adoptant.

Astuce mémo

Âge libre pour l’adoptĂ©, mais consentement aprĂšs 13 ans : simple = lien de filiation, pas dĂ©tour.

12. AMP et gestation pour autrui : interdiction et transcription

Notions clés & Définitions

  • IndisponibilitĂ© du corps humain : Principe juridique selon lequel le corps humain ne peut pas faire l’objet de conventions ou de transactions, ce qui fonde l’interdiction de la GPA en droit interne.
  • Article 16-7 du code civil : RĂšgle du code civil qui prohibe la gestation pour autrui et sert de base au refus de transcription des actes Ă©trangers en droit français.
  • Principe mater semper
 : Principe selon lequel la mĂšre est celle qui accouche, utilisĂ© pour apprĂ©cier la compatibilitĂ© de la transcription avec le droit français.
  • Affaire Mennesson : Contentieux europĂ©en portant sur la transcription d’actes de naissance Ă©trangers d’enfants nĂ©s par GPA aux États-Unis, avec refus initial des autoritĂ©s françaises.
  • Protocole 16 CEDH : MĂ©canisme permettant aux plus hautes juridictions nationales de demander un avis consultatif Ă  la Cour europĂ©enne sur une question de principe.

Points essentiels

  • Avant la bioĂ©thique, la jurisprudence française refusait la GPA en s’appuyant sur l’indisponibilitĂ© du corps humain et sur l’état civil d’ordre public.
  • AprĂšs la loi bioĂ©thique de 1994, l’interdiction a Ă©tĂ© rattachĂ©e Ă  l’article 16-7 du code civil pour Ă©carter la GPA et ses effets en Ă©tat civil.
  • Les associations visant Ă  mettre en relation des parents avec des mĂšres porteuses sont qualifiĂ©es d’illicites par la jurisprudence française.
  • Le contentieux s’est dĂ©placĂ© vers l’état civil : la transcription d’actes Ă©trangers a d’abord Ă©tĂ© refusĂ©e car contraire Ă  l’article 16-7.
  • Dans l’affaire Mennesson, la CEDH condamne la France pour violation de l’article 8 en raison du refus de transcrire la filiation paternelle vĂ©ridique.
  • La CEDH n’a pas condamnĂ© la France sur le refus de reconnaĂźtre la maternitĂ© d’intention, car le principe mater semper
 n’est pas jugĂ© contraire Ă  la Convention.

Astuce mémo

GPA = Corps indisponible → Ă©tat civil bloquĂ©, puis CEDH impose la filiation paternelle d’abord, maternitĂ© d’intention ensuite seulement en contexte exceptionnel.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
3 janvier 1972Loi n°72-3 du 3 janvier 1972 (Carbonnier) modernisant le droit de la filiation et posant les deux principes directeurs
1er fĂ©v. 2000ArrĂȘt Mazurek c/France (CEDH, 1er fĂ©v. 2000, req. n° 34406/97) condamnant la discrimination successorale de l’enfant adultĂ©rin
4 juillet 2005Ordonnance n° 2005-759 du 4 juillet 2005 (filiation : simplification et harmonisation du régime des actions)

Tableaux de synthĂšse

Modes non-contentieux de la filiation

ModeIdée centralePreuve/acte
Effet de la loiFiliation naĂźt automatiquement dans les cas prĂ©vusDĂ©signation dans l’acte de naissance (maternitĂ©) / prĂ©somption (paternitĂ©)
Reconnaissance volontaireActe par lequel un parent dĂ©clare Ă©tablir sa filiationActe authentique reçu par l’officier de l’état civil / notaire / juge
Possession d’étatVĂ©ritĂ© sociologique/affective reconnue par le droitActe de notoriĂ©tĂ© (prĂ©somption de fait simple)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre vĂ©ritĂ© biologique et vĂ©ritĂ© affective : la possession d’état peut consacrer une filiation non strictement biologique.
  2. Croire que l’enfant incestueux peut avoir une double filiation : le droit interdit l’établissement de la double filiation en cas de relation incestueuse.
  3. Penser que la prĂ©somption de paternitĂ© joue toujours : elle n’opĂšre qu’en matiĂšre non-contentieuse et suppose l’existence du mariage.
  4. Oublier que l’établissement judiciaire de la maternitĂ© n’entraĂźne pas automatiquement la paternitĂ© : les deux filiations sont indĂ©pendantes et la prĂ©somption ne joue pas en contentieux.
  5. Se tromper sur la logique des dĂ©lais : 10 ans (droit commun) vs 5 ans prĂ©fixe en contestation quand titre renforcĂ© par possession d’état conforme.
  6. Croire que l’acte de notoriĂ©tĂ© est une dĂ©cision de justice : ce n’est pas un jugement et il est rĂ©versible (preuve contraire).
  7. Confondre adoption pléniÚre et adoption simple : la pléniÚre substitue la filiation adoptive et est irrévocable, la simple est révocable pour motifs graves.

Checklist Examen

  1. Identifier les trois sources de filiation en droit français (charnelle, adoption, AMP) et rappeler les deux principes directeurs (vérité biologique et égalité).
  2. Expliquer l’interdiction de la double filiation en cas d’enfant issu d’une relation incestueuse et ses consĂ©quences sur l’état civil.
  3. Citer les trois modes non-contentieux d’établissement (effet de la loi, reconnaissance volontaire, possession d’état constatĂ©e par acte de notoriĂ©tĂ©) et distinguer leur logique.
  4. Pour la filiation maternelle par effet de la loi, prĂ©ciser que la mĂšre est celle dĂ©signĂ©e dans l’acte de naissance (mĂšre qui accouche) et que cela ne dĂ©pend pas de la situation civile.
  5. Pour la filiation paternelle par effet de la loi, rappeler que la prĂ©somption suppose le mariage et exposer les cas d’écartement (art. 313) puis de rĂ©tablissement (art. 314) et l’action en rĂ©tablissement (art. 329).
  6. Décrire la reconnaissance volontaire : acte authentique, effet rétroactif (filiation réputée établie dÚs la naissance), caractÚre personnel et conséquences (nom, autorité parentale, vocation successorale).
  7. DĂ©crire la possession d’état : caractĂšre subsidiaire sans titre, triptyque NOMEN-TRACTATUS-FAMA, acte de notoriĂ©tĂ© (foi jusqu’à preuve contraire) et dĂ©lai de dĂ©livrance (5 ans) vs action des tiers (10 ans).
  8. Exposer les rÚgles générales des actions relatives à la filiation : intransmissibilité/atténuations pour héritiers, opposabilité erga omnes, obstacle au conflit de filiations, prescription décennale (mineur : suspension)
  9. MaĂźtriser les actions d’établissement : recherche de maternitĂ© (art. 325) subordonnĂ©e Ă  absence de titre et de possession d’état, et rappeler que l’établissement judiciaire de la maternitĂ© n’emporte pas automatiquement p
  10. MaĂźtriser les actions en contestation : condition prĂ©alable d’une filiation lĂ©galement Ă©tablie, autoritĂ© de la chose jugĂ©e, distinction titre+possession conforme (art. 333 : 5 ans prĂ©fixe) vs absence de possession d’état
  11. MaĂźtriser l’adoption : conditions et procĂ©dure de l’adoption plĂ©niĂšre (art. 343, 343-1, 343-2, 344, 351-353) et spĂ©cificitĂ©s de l’adoption simple (art. 360, consentement aprĂšs 13 ans, rĂ©vocation art. 370).
  12. MaĂźtriser la GPA : interdiction de principe (art. 16-7), Ă©volution contentieuse vers la transcription (Mennesson/LabassĂ©e) et principe mater semper
, puis rappeler que la loi de bioĂ©thique de 2021 rĂ©affirme l’interdition

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1. Quel principe du droit de la filiation vise Ă  Ă©viter qu’un enfant soit traitĂ© diffĂ©remment selon la situation juridique de ses parents ?

2. Quelle affirmation décrit le mieux la vérité biologique en matiÚre de filiation ?

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Filiation charnelle — dĂ©finition ?

Lien biologique entre enfant et parents.

Adoption — rîle ?

Créer un lien juridique non biologique.

AMP — effet sur filiation ?

Influence sur l’établissement de la filiation.

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