Revision sheet: Histoire du droit romain et institutions

Plan du Cours

  1. Périodes historiques du droit romain
  2. Droit de la République romaine
  3. Redécouverte médiévale du droit romain
  4. Université de Bologne et glose
  5. Droit canonique et droit romano-canonique
  6. Diffusion du droit romain en France
  7. Lutte contre l’empereur et le pape
  8. Menaces intérieures et domaine royal
  9. Renouveau législatif et coutumes
  10. Juridictions royales et procédure romano-canonique
  11. Administration centralisĂ©e et États gĂ©nĂ©raux
  12. Offices et bases de l’État royal

1. Périodes historiques du droit romain

Notions clés & Définitions

  • RoyautĂ© romaine : PĂ©riode de Rome oĂč le pouvoir est exercĂ© par un roi, dĂ©crite comme instable jusqu’au remplacement de ses titulaires.
  • RĂ©publique romaine : PĂ©riode oĂč le pouvoir est exercĂ© par un ensemble d’institutions, avec un droit liĂ© Ă  la forme politique et Ă  l’organisation sociale.
  • Empire romain : PĂ©riode oĂč la production du droit se concentre progressivement autour de l’empereur, surtout Ă  partir de l’évolution vers le dominat.
  • Principat : PĂ©riode initiale de l’Empire prĂ©sentĂ©e comme un compromis de façades rĂ©publicaines oĂč les institutions sont maintenues mais vidĂ©es de leur pouvoir.
  • Dominat : PĂ©riode de l’Empire oĂč l’empereur devient maĂźtre et sacrĂ©, ce qui renforce l’autoritĂ© impĂ©riale sur le droit.

Points essentiels

  • Le droit romain est prĂ©sentĂ© comme suivant trois grands systĂšmes politiques : la RoyautĂ©, la RĂ©publique et l’Empire, car la forme du pouvoir conditionne le droit.
  • Le cours dĂ©coupe l’histoire gĂ©nĂ©rale en AntiquitĂ© (-800 Ă  476), Moyen Âge (476-1492), Ă©poque moderne (1492-fin XIXe / dĂ©but XXe) et Ă©poque contemporaine (fin XIXe / dĂ©but XXe Ă  aujourd’hui).
  • Sous le principat, les institutions rĂ©publicaines sont conservĂ©es mais neutralisĂ©es : l’empereur guide le SĂ©nat qui valide ensuite les dĂ©cisions en pratique.
  • Le dominat entraĂźne une sacralisation de l’empereur et une consĂ©quence juridique : l’empereur devient progressivement la source principale du droit Ă  Rome.
  • Les sources du droit s’affaiblissent avec le recul des Comices, tandis que les constitutions impĂ©riales (Ă©dits, dĂ©crets, rescrits, mandats) prennent l’ascendant.

Astuce mémo

Trois blocs politiques : Royauté→RĂ©publique→Empire, et dans l’Empire : principat (façades) puis dominat (empereur maĂźtre), donc droit de plus en plus impĂ©rial.

2. Droit de la République romaine

Notions clés & Définitions

  • Imperium consulaire : Pouvoir des consuls romains permettant de lĂ©gitimer presque tout et de donner une portĂ©e trĂšs large aux dĂ©cisions publiques.
  • Tribuns de la plĂšbe : Magistrats apparus pour protĂ©ger la plĂšbe contre l’arbitraire des consuls, d’abord physiquement puis symboliquement.
  • Fas et nĂ©fas : Ensemble religieux des jours favorables aux procĂšs (fas) et des jours dĂ©favorables (nefas) qui encadraient la justice Ă  Rome.
  • Loi des XII tables : Recueil de rĂšgles votĂ©es vers -450 qui limite l’imperium, fixe des interdits, organise les procĂ©dures et traite notamment de propriĂ©tĂ© et de famille.
  • Plebiscites : Votes propres de la plĂšbe qui deviennent ensuite obligatoires pour tous aprĂšs ratification sĂ©natoriale.

Points essentiels

  • Sous la RĂ©publique, les consuls disposent d’un imperium presque illimitĂ© leur permettant de tout lĂ©gitimer, ce qui renforce l’arbitraire redoutĂ© par la plĂšbe.
  • En -494, les tribuns de la plĂšbe sont instituĂ©s pour protĂ©ger contre l’arbitraire des consuls, d’abord par une protection concrĂšte puis par un effet symbolique.
  • Au dĂ©but, le droit dĂ©pend de la religion : certains jours permettent le procĂšs (fas) tandis que d’autres l’interdisent (nĂ©fas) sous l’influence des pontifes.
  • Le droit ancien est secret et oral, avec un formalisme procĂ©dural liĂ© Ă  l’aspect religieux, ce qui favorise une crise et fait naĂźtre une source nouvelle : la loi.
  • La loi des XII tables est Ă©laborĂ©e vers -450 Ă  la suite d’une crise plĂ©bĂ©ienne, avec vote aux comices pour rendre les procĂ©dures accessibles et poser des rĂšgles gĂ©nĂ©rales.
  • Les plĂ©biscites, d’abord votĂ©s par la plĂšbe, sont ratifiĂ©s par le SĂ©nat en -440 puis deviennent assimilĂ©s Ă  la loi par la lex Hortensia en -286.

Astuce mémo

Impérium des consuls sans frein → crise de la plĂšbe → -494 tribuns pour bloquer l’arbitraire.

3. Redécouverte médiévale du droit romain

Notions clés & Définitions

  • Codes GrĂ©gorien et HermogĂ©nien : Ce sont des compilations privĂ©es de la fin de l’AntiquitĂ©, rĂ©alisĂ©es par des praticiens pour rendre le droit plus maniable.
  • Code thĂ©odosien : C’est la compilation de ThĂ©odos II, construite avec un plan systĂ©matique pour rassembler des constitutions impĂ©riales Ă  partir de Constantin.
  • Compilations de Justinien : Ce sont quatre ensembles juridiques produits sous Justinien (Code, Novelles, Institutes, Digeste) pour codifier l’ensemble du droit romain.
  • Interdiction de citation hors compilations : C’est la rĂšgle imposĂ©e par Justinien selon laquelle on ne peut plus invoquer le droit en justice sans passer par ses compilations.
  • SuccĂšs mĂ©diĂ©val des compilations : C’est l’adoption durable au Moyen Âge des grandes compilations impĂ©riales, notamment grĂące Ă  leur copie et Ă  leur diffusion.

Points essentiels

  • Les premiĂšres compilations cĂ©lĂšbres apparaissent vers 290 avec les Codes GrĂ©gorien et HermogĂ©nien, qui sont des Ɠuvres privĂ©es trĂšs copiĂ©es.
  • Le Code thĂ©odosien est Ă©tabli en 438-439 et prĂ©tend organiser les constitutions depuis Constantin dans un plan systĂ©matique.
  • Sous Justinien (527-565), Tribonien centralise un travail donnant quatre compilations, dont le Digeste (50 livres, 9000 chapitres) et les Novelles.
  • Justinien interdit de se rĂ©fĂ©rer au droit autrement qu’à travers ses compilations, qui connaissent ensuite un succĂšs durable jusqu’au Moyen Âge.

4. Université de Bologne et glose

5. Droit canonique et droit romano-canonique

Notions clés & Définitions

  • Droit canonique : Droit propre de l’Église fondĂ© sur ses rĂšgles internes et ses dĂ©cisions ecclĂ©siastiques, distinct du droit civil des pouvoirs laĂŻcs.
  • Conciles : RĂ©unions d’évĂȘques qui produisent des rĂšgles appelĂ©es canons, servant de base Ă  l’évolution du droit ecclĂ©siastique.
  • Rescrits pontificaux : DĂ©cisions du pape donnĂ©es en rĂ©ponse Ă  des questions, conçues pour faire rĂ©fĂ©rence et structurer une forme de jurisprudence religieuse.
  • Faux dĂ©crĂ©tales : Textes juridiques fabriquĂ©s par l’Église lorsque le pouvoir carolingien s’affaiblit, utilisĂ©s pour dĂ©fendre des Ă©vĂȘques attaquĂ©s en justice.

Points essentiels

  • DĂšs que le christianisme devient autorisĂ©, l’Église se structure en s’adaptant au droit et Ă  l’organisation administrative romains, et les Ă©vĂȘques assurent un rĂŽle judiciaire pour les fidĂšles.
  • Le droit canonique se dĂ©veloppe Ă  partir des canons issus des conciles, puis quand le pouvoir pontifical s’affirme le pape imite l’empereur en promulguant des rescrits.
  • Pendant les pĂ©riodes mĂ©rovingiennes et carolingiennes, l’Église survive Ă  la chute de l’empire et conserve une organisation structurante au-delĂ  des particularismes locaux.
  • Quand le protecteur carolingien s’affaiblit, des aristocrates provoquent des procĂšs contre des Ă©vĂȘques pour s’emparer de leur patrimoine, et certains produisent alors des faux textes juridiques.

Astuce mémo

Conciles → Canons ; Pape → Rescrits ; Crise → Faux dĂ©crĂ©tales.

6. Diffusion du droit romain en France

Notions clés & Définitions

  • École provençale : Enseignement rĂ©gional qui Ă©tudie le droit romain en France, portĂ© par des juristes formĂ©s en Italie dĂšs les XIe-XIIe siĂšcles.
  • Notaires : Professionnels de l’écrit chargĂ©s de formaliser des actes, dont les pratiques se romanisent rapidement sous l’influence du droit romain.
  • Albigeois : CommunautĂ© du sud de la France visĂ©e par une campagne religieuse menĂ©e par le roi avec l’église, ce qui renforce l’ancrage du droit romain.
  • ProcĂ©dure inquisitoire : Mode d’enquĂȘte mobilisĂ© dans la lutte contre les Albigeois, qui contribue ensuite Ă  l’intĂ©gration d’idĂ©es romaines dans le droit pĂ©nal.

Points essentiels

  • Le sud de la France reçoit le droit romain via l’enseignement et l’implantation de pratiques juridiques, notamment grĂące Ă  l’arrivĂ©e d’environ 1130 professeurs juristes venus d’Italie.
  • Les pratiques notariales se romanisent progressivement, ce qui diffuse concrĂštement le droit romain au-delĂ  du cadre thĂ©orique.
  • La politique du roi, associĂ©e Ă  l’église contre les Albigeois, mĂšne Ă  une pratique inquisitoire et contribue Ă  enraciner des Ă©lĂ©ments romains dans le droit pĂ©nal.
  • À la suite de cette Ă©volution, le roi admet que la coutume gĂ©nĂ©rale du Midi correspond au droit romain.

Astuce mémo

1130 profs italiens → Ă©cole + notaires romanisĂ©s → croisade inquisitoire → droit pĂ©nal romain → coutume du Midi = droit romain.

7. Lutte contre l’empereur et le pape

Notions clés & Définitions

  • RĂ©forme grĂ©gorienne : RĂ©forme ecclĂ©siastique qui affirme l’indĂ©pendance de l’Église vis-Ă -vis de l’empereur et rĂ©organise l’autoritĂ© autour du pape.
  • Excommunication impĂ©riale : Sanction ecclĂ©siastique dirigĂ©e contre l’empereur, qui entraĂźne la rupture de l’obligation de ses serments envers le souverain pontife.
  • Bulle Unam sanctam : Acte pontifical prĂ©sentĂ© comme rappel de la supĂ©rioritĂ© du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel.
  • Guillaume de Nogaret : Bras droit de Philippe le Bel, impliquĂ© dans l’action politique contre le pape avec des contacts liĂ©s Ă  ses adversaires.
  • Transfert de la PapautĂ© Ă  Avignon : Épisode oĂč le pouvoir royal conduit la PapautĂ© hors de Rome vers Avignon pendant la confrontation avec le pape.

Points essentiels

  • Henri IV dĂ©pose le pape qu’il accuse de troubler la chrĂ©tientĂ©, puis le pape excommunie l’empereur et libĂšre de l’obĂ©issance ceux liĂ©s par des serments.
  • AprĂšs la rĂ©sistance d’Henri IV pendant environ un an puis une demande de pardon l’annĂ©e suivante, le pape finit par accepter la rĂ©conciliation.
  • La rĂ©forme grĂ©gorienne aboutit Ă  une indĂ©pendance totale de l’Église face Ă  l’empereur et Ă  une rĂ©organisation sous l’autoritĂ© du pape.
  • En 1296, Philippe le Bel lĂšve un impĂŽt sur les biens de l’Église malgrĂ© une immunitĂ© fiscale des clercs protĂ©gĂ©e par ce principe.
  • En 1301, le roi fait arrĂȘter Bernard CĂ©sset aprĂšs une insulte, et le pape rĂ©pond en exigeant une comparution du roi devant un conseil d’évĂȘques.
  • En 1301-1302, la bulle Unam sanctam et la convocation d’une assemblĂ©e (prĂ©figurant les États gĂ©nĂ©raux) illustrent le conflit entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel.

8. Menaces intérieures et domaine royal

Notions clés & Définitions

  • Suzerainie : Rapport de domination au sommet de la hiĂ©rarchie fĂ©odale qui sert Ă  reconstituer l’autoritĂ© du roi sur le territoire.
  • Empereur en son royaume : IdĂ©e qui permet au roi de revendiquer une supĂ©rioritĂ© de principe et d’affirmer son rapport direct au droit, au-delĂ  des liens fĂ©odaux.
  • IndisponibilitĂ© de la couronne : Principe selon lequel la couronne ne dĂ©pend pas du patrimoine privĂ© du roi et impose une continuitĂ© juridique indĂ©pendante de sa personne.
  • InaliĂ©nabilitĂ© du domaine royal : Principe qui empĂȘche de traiter le domaine royal comme un bien privĂ© cessible, afin de prĂ©server le royaume dans le temps.
  • Loi salique : RĂšgle de succession invoquĂ©e pour exclure la transmission de la couronne par une femme et garantir l’indĂ©pendance du royaume.

Points essentiels

  • Le principe « vassal de mon vassal n’est pas mon vassal » limite la soumission directe au roi et fragilise l’unitĂ© de commandement.
  • « Ce qui plaĂźt au prince a force de loi » sert Ă  justifier que le roi intervient dans l’établissement des rĂšgles pour garantir la paix publique.
  • La masculinitĂ© de la couronne rĂ©pond aux risques d’une succession par une femme, notamment la crainte de voir la couronne tomber entre des mains Ă©trangĂšres.
  • La continuitĂ© de la succession distingue le moment oĂč le monarque devient monarque et vise Ă  Ă©viter un vide de pouvoir entre la mort du roi et le couronnement suivant.
  • La couronne est tenue comme une entitĂ© juridique abstraite (administrĂ©e par le roi) pour sĂ©parer le roi et le royaume, sans transfert de pouvoir par le patrimoine privĂ©.
  • L’inaliĂ©nabilitĂ© du domaine royal s’oppose aux aliĂ©nations de terres publiques et aux abus d’apanages, dont la contestation dĂ©bouche sur l’affirmation d’une clause dans le serment du sacre.

Astuce mémo

Vassal→vassal : pas toi ; Couronne→domaine : pas patrimoine privĂ© (donc ni vide, ni vente).

9. Renouveau législatif et coutumes

Notions clés & Définitions

  • Coutume : La coutume est une rĂšgle juridique d’origine collective, longtemps surtout orale, qui tire sa force de l’usage et de la tradition.
  • Ordonnance royale : L’ordonnance royale est une dĂ©cision gĂ©nĂ©rale du roi qui transforme le droit en s’imposant comme source formelle Ă  cĂŽtĂ© de la coutume.
  • Mauvaise coutume : La mauvaise coutume est une coutume jugĂ©e irrationnelle ou injustifiĂ©e, donc susceptible d’ĂȘtre censurĂ©e ou supprimĂ©e par le roi.
  • Mise par Ă©crit des coutumes : La mise par Ă©crit des coutumes est l’action de faire rĂ©diger officiellement les rĂšgles locales afin de fixer leur contenu et de diffuser une version validĂ©e.
  • MaĂźtre coutumier du roi : Le roi devient maĂźtre coutumier quand il conduit la production, la vĂ©rification et l’uniformisation des rĂšgles coutumiĂšres sur le territoire.

Points essentiels

  • Au moyen Ăąge, la coutume domine comme source du droit, mais la loi gagne en autoritĂ© grĂące Ă  la dĂ©cision royale plutĂŽt que grĂące au seul temps d’usage.
  • Quand le roi prĂȘte serment, il se prĂ©sente comme protecteur des coutumes et s’interdit longtemps de lĂ©gifĂ©rer dans le droit privĂ© pour ne pas rompre l’ordre coutumier.
  • Le roi peut supprimer les mauvaises coutumes, dĂ©finies notamment comme nouvelles rĂšgles imposĂ©es de façon irrationnelle ou injustifiĂ©e, parfois liĂ©es Ă  des influences ecclĂ©siastiques.
  • L’ordonnance de Charles VII vise Ă  faire mettre par Ă©crit les coutumes du royaume afin d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© juridique et de rĂ©duire les frais de justice.
  • L’ordonnance d’Amboise de 1498-1499 renforce l’initiative royale en organisant la rĂ©daction locale par bailli ou sĂ©nĂ©chal et en envoyant les textes Ă  Paris pour validation, avec application ensuite dans la province concernĂ©e.

Astuce mémo

Coutume = usage; Ordonnance = décision: le droit change de moteur quand le roi fait primer sa volonté sur le simple temps.

10. Juridictions royales et procédure romano-canonique

Notions clés & Définitions

  • Justice retenue : La justice retenue est le pouvoir du roi de dĂ©cider directement de certains litiges ou de reprendre un contentieux, par sa simple volontĂ©.
  • Évocation : L’évocation est le mĂ©canisme par lequel le roi fait venir devant lui une affaire au lieu de laisser la juridiction ordinaire la trancher.
  • Justice dĂ©lĂ©guĂ©e : La justice dĂ©lĂ©guĂ©e est le systĂšme oĂč le roi confie l’activitĂ© judiciaire Ă  des juges disposant d’une compĂ©tence gĂ©nĂ©rale et ordinaire.
  • ProcĂ©dure romano-canonique : La procĂ©dure romano-canonique est un modĂšle de preuve et de procĂ©dure diffusĂ© depuis les juridictions d’Église vers les cours royales.

Points essentiels

  • Au dĂ©but, la procĂ©dure de la cour royale est formaliste, avec interdiction des avocats et recours aux ordalies avant l’influence du droit romain.
  • Vers 1250, le roi (Ă  travers sa justice) met en place une procĂ©dure d’enquĂȘte fondĂ©e sur des preuves testimoniales et Ă©crites pour Ă©tablir les faits reprochĂ©s.
  • Le systĂšme des preuves lĂ©gales exige une preuve pleine, dĂ©crite comme soit deux tĂ©moignages concordants soit un aveu, ce qui accroĂźt le recours Ă  la torture.
  • La procĂ©dure romano-canonique est d’abord limitĂ©e aux juridictions d’Église appelĂ©es officialitĂ©s, puis elle se rĂ©pand aux cours royales sous l’action des juristes du roi.
  • La justice royale se structure en justice retenue (Ă©vocation, cassation) et justice dĂ©lĂ©guĂ©e (prĂ©vĂŽt, bailli ou sĂ©nĂ©chal, puis parlement comme cour suprĂȘme).

Astuce mémo

Justice royale = Roi au-dessus (retenue : Ă©vocation/cassation) puis Roi en dĂ©lĂ©gation (prĂ©vĂŽt/bailli/parlement), et la preuve devient « romano-canonique » avec enquĂȘte Ă©crite et testimoniale.

11. Administration centralisĂ©e et États gĂ©nĂ©raux

Notions clés & Définitions

  • Conseil du roi curia regis : Le conseil du roi rĂ©unit des proches du souverain pour dĂ©finir les grandes orientations de la politique royale.
  • MaĂźtres de requĂȘtes : Les maĂźtres de requĂȘtes examinent les demandes adressĂ©es au roi et deviennent des agents polyvalents de l’administration.
  • Notaires secrĂ©taires : Les notaires secrĂ©taires rĂ©digent les actes, prĂ©parent les procĂšs-verbaux, scellent les dĂ©cisions et conservent le secret de missions royales.
  • États gĂ©nĂ©raux : Les États gĂ©nĂ©raux sont des assemblĂ©es convoquĂ©es par le roi, Ă  fonction consultative, pour prendre conseil et valider certaines dĂ©cisions.
  • VĂ©nalitĂ© des offices : La vĂ©nalitĂ© des offices est le fait que des charges administratives deviennent Ă©changeables contre paiement, ce qui renforce la valeur financiĂšre des offices.

Points essentiels

  • Les États gĂ©nĂ©raux ne sont pas une reprĂ©sentation de la population et regroupent hauts nobles, clergĂ© et bourgeoisie convoquĂ©s sans pouvoir dĂ©lĂ©guer leur prĂ©sence.
  • Le roi convoque souvent les États gĂ©nĂ©raux pour l’acceptation d’aides et, en fonction des circonstances politiques, ils peuvent lĂ©gitimer le pouvoir royal ou le contraindre.
  • Pendant le milieu du XIVe siĂšcle, l’emprisonnement du roi Ă  Londres entraĂźne une prĂ©sence plus permanente des États gĂ©nĂ©raux et favorise des rĂ©formes, surtout financiĂšres.
  • Les offices Ă©voluent vers la viabilitĂ© avec une durĂ©e pouvant aller jusqu’à la mort, ce qui assure la stabilitĂ© mais ouvre la voie aux abus critiquĂ©s par les États gĂ©nĂ©raux.
  • La vĂ©nalitĂ© se dĂ©veloppe au XIVe siĂšcle, lorsque la rĂ©signation des offices finit par s’effectuer en pratique contre paiement, et l’objectif devient l’enrichissement des titulaires.

Astuce mémo

Ordinaires = revenus du domaine ; Extraordinaires = impĂŽts et aides validĂ©s avec les États gĂ©nĂ©raux.

12. Offices et bases de l’État royal

Notions clés & Définitions

  • Office viager : Statut d’un office qui reste tenu jusqu’à la mort, avec une rĂ©vocation seulement possible par des causes prĂ©vues comme la dĂ©mission, la forfaiture ou le dĂ©cĂšs.
  • Baillis et sĂ©nĂ©chaux : Agents royaux territoriaux installĂ©s dans des circonscriptions fixes, chargĂ©s de justice, fiscalitĂ© et contrĂŽle militaire avec un rĂŽle d’intermĂ©diaires.
  • Chambre des comptes : Juridiction administrative spĂ©cialisĂ©e dans l’audition des comptes des administrateurs du domaine royal, créée Ă  partir d’environ 1320.

Points essentiels

  • Sous Saint Louis, servir le roi devient une fonction spĂ©cialisĂ©e et les officiers, formĂ©s au droit romain, sont choisis et rĂ©voquĂ©s par le roi.
  • Sous Charles V, les offices tendent Ă  rester en poste jusqu’à la mort, ce qui stabilise l’administration mais peut ĂȘtre critiquĂ© pour ses abus.
  • Avec la rĂ©signation, l’office devient transmissible, et la thĂ©orie d’une rĂ©signation gratuite cĂšde en pratique Ă  des paiements, d’oĂč la vĂ©nalitĂ© des offices au XIVe siĂšcle.
  • Philippe Auguste crĂ©e baillis (au nord) et sĂ©nĂ©chaux (au sud) fin XIIe siĂšcle, avec des circonscriptions fixes et un contrĂŽle des agents infĂ©rieurs.
  • Dans la crise de la capture du roi Ă  Londres au milieu du XIVe siĂšcle, les États gĂ©nĂ©raux siĂšgent en permanence et profitent de l’absence pour imposer des rĂ©formes financiĂšres.
  • En 1320, des officiers spĂ©cialisĂ©s audient les comptes et mettent en place une Chambre des comptes, puis en 1389 apparaĂźt la Cour des aides pour la contestation liĂ©e aux finances extraordinaires.

Astuce mémo

Nord = baillis, Sud = sénéchaux ; Office = viager, donc cher (vénalité).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
-494Apparition des tribuns de la plĂšbe pour protĂ©ger contre l’arbitraire des consuls
-450Rédaction de la loi des XII tables
-440Ratification des plébiscites par le Sénat
-286Assimilation loi et plébiscite (lex Hortensia)
290PremiÚres grandes compilations privées (Codes Grégorien et Hermogénien)
438-439Établissement du Code thĂ©odosien (ThĂ©odos II)
527-565RĂšgne de Justinien et grande codification (Code, Novelles, Institutes, Digeste)
426Loi des citations de Théodos II : limitation des citations en justice
476Chute du dernier empereur ; dĂ©but du haut Moyen Âge
1140Rédaction de la Concordance des canons (Gratien)

Tableaux de synthĂšse

Sources du droit à Rome (répub./empire)

PériodeSource dominanteIdée directrice
RĂ©publiqueLoi (et plĂ©biscites aprĂšs ratification)Mettre des rĂšgles accessibles pour limiter l’imperium et l’arbitraire
Empire (principat/dominat)Constitutions impĂ©rialesAssĂšchement des sources anciennes et montĂ©e de l’empereur comme source
Empire (droit doctrinal)RĂ©ponses de l’empereur (rescrits)Consultations Ă  valeur normative menant Ă  l’autoritĂ© impĂ©riale

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre l’imperium des consuls (presque illimitĂ©, Ă  l’origine de l’arbitraire) et la fonction des tribuns de la plĂšbe (protection contre cet arbitraire).
  2. Croire que les comices Ă©taient dĂ©mocratiques : le vote dĂ©pend de la richesse, de l’appartenance et de la situation gĂ©ographique, donc pas un vote « libre » du peuple.
  3. Penser que la loi des XII tables est une simple codification sans crise : elle est prĂ©sentĂ©e comme rĂ©ponse Ă  une crise plĂ©bĂ©ienne liĂ©e Ă  l’incomprĂ©hension du droit par les plĂ©bĂ©iens.
  4. MĂ©langer les principes d’assimilation des plĂ©biscites : -440 = ratification par le SĂ©nat, puis -286 = assimilation loi/plĂ©biscite (lex Hortensia).
  5. Inverser l’évolution impĂ©riale : sous le principat, les institutions rĂ©publicaines sont conservĂ©es mais vidĂ©es ; sous le dominat, l’empereur devient maĂźtre et source principale du droit.
  6. Croire que le droit romain « disparaĂźt totalement » au haut Moyen Âge : le cours insiste sur des fragments (ex. ThĂ©odosien) et sur une redĂ©couverte mĂ©diĂ©vale ultĂ©rieure (fin XIe-dĂ©but XIIe).
  7. Confondre les phases de diffusion/enseignement : le sud reçoit d’abord par enseignement/enseignants (et notaires), tandis que le nord connaĂźt une romanisation plus tardive et parfois « souterraine » (droit supplĂ©tif).

Checklist Examen

  1. Enoncer les trois systĂšmes politiques romains (RoyautĂ©, RĂ©publique, Empire) et expliquer le lien « forme politique → droit ».
  2. Décrire le droit ancien de la République : caractÚre secret et oral, formaliste, lié à la religion (fas/néfas).
  3. Expliquer la crise menant Ă  la loi des XII tables : pourquoi, comment et via quel organe (Comices).
  4. Distinguer sources votées : loi (Comices) puis plébiscites ; préciser -494, -440 et -286 dans leur logique.
  5. Lister au moins deux autres sources républicaines/impériales citées : coutumes (consuetudo/mos maiorum) et droit prétorien (casuistique du préteur).
  6. Expliquer l’évolution impĂ©riale vers l’hĂ©gĂ©monie des constitutions : assĂšchement des comices et montĂ©e des constitutions impĂ©riales (Ă©dits, dĂ©crets, rescrits, mandats).
  7. Rappeler la sĂ©quence de compilation/codification : compilations privĂ©es (290), Code thĂ©odosien (438-439) puis Justinien (527-565) et l’interdiction de citer hors compilations ; mentionner le jalon 426 sur les citations.
  8. PrĂ©senter la transition haut Moyen Âge : chute de l’empire (476), acculturation franc/germain et principes de gouvernement (bannum/mundium) puis personnalitĂ© des lois et sources germaniques (faida/wergeld, loi salique).
  9. Expliquer comment l’Église devient juridiquement structurante : canons des conciles, rescrits, et rĂŽle des faux (faux dĂ©crĂ©tales) quand le protecteur carolingien s’affaiblit.
  10. Exposer la justice royale et sa procĂ©dure : justice retenue (Ă©vocation/cassation) vs justice dĂ©lĂ©guĂ©e (prĂ©vĂŽt, bailli/sĂ©nĂ©chal, parlement) et l’influence romano-canonique (enquĂȘte, suppression des ordalies, preuves lĂ©gales, torture).
  11. Conclure sur l’administration et l’État : conseil du roi/curia regis, maĂźtres de requĂȘtes, notaires secrĂ©taires, États gĂ©nĂ©raux (fonction consultative, convocations), puis offices (viager, rĂ©signation, vĂ©nalitĂ©) et baillis/sĂ©nĂ©chaux (nord/sud).

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1. Quelle caractĂ©ristique distingue le principat dans l’histoire du droit romain ?

2. Quelle est la période du droit romain caractérisée par l'exercice du pouvoir par un roi, souvent considérée comme instable jusqu'à son remplacement ?

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PĂ©riodes du droit romain — principales ?

Royauté, République, Empire.

Périodes du droit romain

Royauté, République, Empire

Droit de la RĂ©publique — rĂŽle ?

Organiser la justice et limiter l’arbitraire.

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