Revision sheet: Histoire et architecture de la justice

Plan du Cours

  1. LEÇON 1 - L’ORGANISATION DE LA JUSTICE MÉDIÉVALE ET MODERNE
  2. LEÇON 2 – JUSTICE PRIVÉE/JUSTICE PUBLIQUE : LA COEXISTENCE DURABLE DES MODÈLES
  3. LEÇON 3 – LES GENS DE JUSTICE DANS L’ANCIEN DROIT : UN « QUATRIÈME ORDRE MANIANT LES PROCÈS »
  4. LEÇON 4 Le procès de la justice à la fin de l’Ancien Régime
  5. LEÇON 5 – JUSTICE ET RÉVOLUTION
  6. LEÇON 6 : NAISSANCE DE LA JUSTICE CONTEMPORAINE
  7. LEÇON 7 : Lieu de justice et coutumes judiciaires

1. Histoire de la justice

Notions clés & Définitions

Justice comme valeur morale
AUTEUR (date) : La justice en tant que valeur morale ou vertu vise Ă  apporter harmonie et Ă©quilibre dans la sociĂ©tĂ©, en incarnant une qualitĂ© intrinsĂšque de l’individu ou de la communautĂ©.

Justice compensatoire
Il s’agit d’un modĂšle de justice qui vise Ă  rĂ©parer un prĂ©judice ou un dĂ©sĂ©quilibre en attribuant une compensation Ă  la partie lĂ©sĂ©e, afin de rĂ©tablir l’équitĂ©.

Justice commutative
Ce type de justice concerne l’échange Ă©quitable entre individus, notamment dans les relations contractuelles ou commerciales, en assurant une rĂ©ciprocitĂ© juste.

Figures de justice (Melchisedec, Salomon, Thémis, Diké, Mùat)

  • Melchisedec : personnage biblique symbolisant un prince de justice, incarnant la justice spirituelle et temporelle.
  • Salomon : roi biblique, figure de sagesse et de jugement.
  • ThĂ©mis : dĂ©esse grecque reprĂ©sentant la justice institutionnelle, la loi divine.
  • DikĂ© : personnification grecque de l’esprit de justice, symbole de la justice divine et morale.
  • MĂąat : dĂ©esse Ă©gyptienne de l’harmonie, de la vĂ©ritĂ© et de la justice cosmique, reprĂ©sentĂ©e avec une plume d’autruche, symbole de jugement et d’équilibre.

Justice naturelle vs créée
La justice naturelle dĂ©signe une justice inhĂ©rente Ă  la nature humaine ou Ă  l’ordre du monde, tandis que la justice créée rĂ©sulte des institutions, des lois et des doctrines humaines.

Justice cosmique
Concept qui voit la justice comme une harmonie universelle rĂ©gissant l’ordre du cosmos, incarnĂ©e par des figures ou des doctrines symboliques, notamment dans les traditions antiques.

Points essentiels

Depuis l’AntiquitĂ©, la justice est perçue comme une barriĂšre stable et un impĂ©ratif de rĂ©gulation sociale. Elle constitue une valeur fondamentale, incarnĂ©e par diverses figures symboliques et doctrines. Son histoire se dĂ©cline selon plusieurs approches :

  • Conceptuelle : la justice comme valeur morale ou vertu, visant Ă  instaurer l’harmonie sociale.
  • Institutionnelle : la justice en tant qu’organisation et juridictions, comme le tribunal ou la justice royale.
  • Juridique : l’ensemble des rĂšgles, lois et procĂ©dures qui encadrent la jugement.
  • Politique : la justice liĂ©e au pouvoir, Ă  l’autoritĂ© et Ă  la souverainetĂ©.
  • Sociale : les acteurs et les personnages qui font vivre la justice, tels que magistrats, avocats ou figures symboliques.

L’histoire de la justice montre une Ă©volution multidimensionnelle, mĂȘlant valeurs morales, figures mythiques et doctrines philosophiques, tout en restant une rĂ©gulation stable dans la sociĂ©tĂ©.

À retenir

La justice, perçue comme une valeur morale et une nĂ©cessitĂ© institutionnelle, a Ă©voluĂ© Ă  travers diverses approches, incarnant Ă  la fois des figures symboliques et des doctrines philosophiques, tout en restant un impĂ©ratif de rĂ©gulation sociale stable depuis l’AntiquitĂ©.

2. Organisation institutionnelle

Notions clés & Définitions

PluralitĂ© des ordres juridictionnels : La coexistence de plusieurs autoritĂ©s chargĂ©es de rendre la justice, telles que le roi, l’Église, les seigneurs, les villes, les mĂ©tiers, et les universitĂ©s. Ces diffĂ©rentes juridictions opĂšrent simultanĂ©ment, chacune appliquant ses propres rĂšgles et compĂ©tences.

Justice royale prĂ©pondĂ©rante : La tendance, Ă  partir du XIIIe siĂšcle, pour la monarchie de renforcer la position de la justice royale par rapport aux autres ordres de justice, afin d’imposer sa suprĂ©matie.

Confusion des fonctions judiciaires et administratives : La situation oĂč les agents royaux cumulent des fonctions de justice et d’administration, sans sĂ©paration claire entre ces deux rĂŽles, avant la RĂ©volution.

Baillis : Agents ou officiers royaux chargĂ©s d’exercer la justice dans certaines rĂ©gions, notamment dans le cadre de la justice seigneuriale ou urbaine.

SĂ©paration des pouvoirs (post-RĂ©volution) : La distinction instaurĂ©e aprĂšs la RĂ©volution entre les fonctions judiciaires, lĂ©gislatives et exĂ©cutives, afin d’éviter la concentration des pouvoirs et de garantir un Ă©quilibre institutionnel.

Points essentiels

Dans l’ancienne France, la justice Ă©tait rendue par plusieurs autoritĂ©s : le roi, l’Église, les seigneurs, les villes, les mĂ©tiers, et les universitĂ©s. Chacune disposait de ses propres juridictions, ce qui complexifiait l’organisation judiciaire. Avant la RĂ©volution française, il n’y avait pas de sĂ©paration des pouvoirs : les agents royaux cumulaient souvent fonctions judiciaires et administratives, ce qui renforçait la confusion et la concentration des responsabilitĂ©s. La justice royale, Ă  cette Ă©poque, est prĂ©pondĂ©rante, cherchant Ă  imposer sa suprĂ©matie face aux autres ordres, notamment par des moyens institutionnels et lĂ©gislatifs. La confusion des fonctions judiciaires et administratives, notamment par la pratique des agents royaux, tĂ©moigne de l’absence de sĂ©paration claire entre ces deux domaines, ce qui perdurera jusqu’aux rĂ©formes post-rĂ©volutionnaires.

À retenir

L’organisation judiciaire de l’ancienne France est caractĂ©risĂ©e par une pluralitĂ© d’ordres juridictionnels coexistant sans hiĂ©rarchie claire, avec une justice royale qui cherche Ă  renforcer sa prĂ©pondĂ©rance, dans un contexte oĂč les fonctions judiciaires et administratives Ă©taient souvent confondues.

3. Justice médiévale et moderne

Notions clés & Définitions

  • AUTEUR : voir section 1

Tribunal Ă©piscopal : Juridiction ecclĂ©siastique exercĂ©e par un Ă©vĂȘque ou ses reprĂ©sentants, compĂ©tente pour juger les affaires relevant de la justice d’Église, notamment en matiĂšre disciplinaire et arbitrale.

Justice disciplinaire et arbitrale : La justice disciplinaire concerne la discipline religieuse et morale des membres de l’Église, tandis que la justice arbitrale intervient pour rĂ©gler les diffĂ©rends entre chrĂ©tiens, souvent par l’intermĂ©diaire de juges ecclĂ©siastiques.

PrivilĂšge du for : PrivilĂšge accordĂ© Ă  l’Église ou Ă  certains domaines ecclĂ©siastiques, leur permettant d’ĂȘtre jugĂ©s par des juridictions ecclĂ©siastiques plutĂŽt que la justice laĂŻque, notamment par le biais du for ecclĂ©siastique.

Politique d’immunitĂ© : Politique par laquelle les rois francs confirment et renforcent les juridictions ecclĂ©siastiques, leur accordant des privilĂšges judiciaires, notamment l’immunitĂ© de certaines causes ou la compĂ©tence exclusive dans certains domaines.

Malus (tribunal local) : Terme dĂ©signant un tribunal local ou une juridiction de moindre importance, souvent sous la dĂ©pendance d’une juridiction supĂ©rieure ou d’un tribunal ecclĂ©siastique.

Points essentiels

La justice d’Église repose sur une double compĂ©tence : disciplinaire (religieuse) et arbitrale entre chrĂ©tiens. Elle permet de juger des affaires morales, religieuses ou de discipline ecclĂ©siastique, en complĂ©ment de la justice laĂŻque. Le tribunal Ă©piscopal, constituĂ© par un Ă©vĂȘque ou ses reprĂ©sentants, exerce cette justice, notamment en matiĂšre disciplinaire et arbitrale.

Les rois francs, en confirmant ces juridictions ecclĂ©siastiques, instaurent une politique d’immunitĂ© en leur accordant des privilĂšges judiciaires. Ces privilĂšges du for permettent Ă  l’Église d’ĂȘtre jugĂ©e par ses propres tribunaux plutĂŽt que par la justice laĂŻque, renforçant ainsi leur autonomie et leur influence. La politique d’immunitĂ© contribue Ă  la coexistence et Ă  une certaine interdĂ©pendance entre justice ecclĂ©siastique et justice laĂŻque, tout en affirmant la prééminence de l’autoritĂ© royale dans la construction judiciaire mĂ©diĂ©vale.

À retenir

La justice d’Église, avec ses tribunaux Ă©piscopaux et ses privilĂšges du for, joue un rĂŽle essentiel dans la coexistence judiciaire mĂ©diĂ©vale, bĂ©nĂ©ficiant du soutien des rois francs qui renforcent leur immunitĂ©, tout en Ă©tant en interaction constante avec la justice laĂŻque.

4. Organisation judiciaire

Notions clés & Définitions

  • HĂ©liĂ©e (tribunal athĂ©nien) : Tribunal populaire athĂ©nien instituĂ© par la dĂ©mocratie, composĂ© de citoyens tirĂ©s au sort pour juger les affaires.
  • ProcĂ©dure formulaire romaine : Évolution du droit romain d’un systĂšme casuistique Ă  un systĂšme de droit structurĂ©, avec une procĂ©dure spĂ©cifique mise en place par l’empereur.
  • ProcĂ©dure extraordinaire impĂ©riale : ProcĂ©dure spĂ©ciale instaurĂ©e par l’empereur romain pour traiter certains cas, souvent plus rapide ou exceptionnelle.
  • Imperium : Pouvoir souverain confĂ©rĂ© Ă  certains magistrats romains, leur permettant d’exercer l’autoritĂ© judiciaire et administrative.
  • Actions en justice (loi et coutume) : Moyens lĂ©gaux ou coutumiers permettant aux parties d’engager une procĂ©dure pour faire valoir leurs droits ou dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts.

Points essentiels

  • La dĂ©mocratie athĂ©nienne institua l’HĂ©liĂ©e, un tribunal populaire oĂč les juges Ă©taient tirĂ©s au sort. Ce tirage au sort garantissait une participation large et Ă©galitaire des citoyens, renforçant la lĂ©gitimitĂ© de la justice populaire.
  • La procĂ©dure romaine Ă©volua d’un systĂšme casuistique, basĂ© sur des cas particuliers et des rĂšgles ad hoc, vers un systĂšme de droit plus structurĂ©. La mise en place par l’empereur de procĂ©dures extraordinaires impĂ©riales permit une gestion plus centralisĂ©e et efficace des litiges, notamment pour certains cas exceptionnels.

À retenir

L’organisation judiciaire a connu une Ă©volution majeure, passant d’un tribunal populaire athĂ©nien basĂ© sur le tirage au sort Ă  un systĂšme romain structurĂ©, intĂ©grant des procĂ©dures extraordinaires impĂ©riales, illustrant ainsi la transformation des modes de justice depuis la dĂ©mocratie antique jusqu’à l’administration centralisĂ©e de l’Empire romain.

5. Acteurs de la justice

Notions clés & Définitions

Magistrats : Personnes investies d’une fonction judiciaire, chargĂ©es de rendre la justice. Leur rĂŽle dĂ©passe le simple prononcĂ© des dĂ©cisions, ils participent Ă  l’élaboration du droit et Ă  la construction de l’autoritĂ© judiciaire. Leur parcours et leurs motivations peuvent ĂȘtre influencĂ©s par des faits sociaux, et leur influence s’inscrit dans une histoire sociale de la justice.

Avocats : Professionnels du droit qui assistent et dĂ©fendent leurs clients lors des procĂšs. Leur rĂŽle s’est structurĂ© Ă  Rome avec la professionnalisation, notamment Ă  partir du Ve siĂšcle, avec un ordre organisĂ© et des rĂšgles spĂ©cifiques. Leur fonction principale est la plaidoirie, mais ils participent aussi Ă  la formation du discours juridique et Ă  la rĂ©flexion doctrinale.

Servants de justice : Ensemble des acteurs qui participent Ă  l’administration judiciaire, incluant magistrats, avocats, greffiers, etc. Leur rĂŽle est central dans le fonctionnement quotidien de la justice, au-delĂ  de leur simple prĂ©sence dans le prĂ©toire.

Justiciables : Personnes qui ont recours Ă  la justice pour faire valoir leurs droits ou dĂ©fendre leurs intĂ©rĂȘts. Leur motivation et leur comportement peuvent ĂȘtre influencĂ©s par des faits sociaux, et leur parcours individuel illustre l’histoire sociale de la justice.

Réseaux et alliances judiciaires : Interactions et relations entre acteurs judiciaires, qui peuvent influencer les décisions, la transmission des savoirs, ou la légitimité de la justice. Ces réseaux participent à la construction sociale et historique de la justice.

Points essentiels

L’histoire sociale de la justice s’intĂ©resse aux parcours individuels des acteurs judiciaires et Ă  leurs rĂŽles au-delĂ  du prĂ©toire. Les magistrats, avocats, et autres servants de justice ne se limitent pas Ă  leur fonction formelle ; ils jouent un rĂŽle dans l’évolution et la lĂ©gitimitĂ© de la justice. Les motivations des justiciables et les dĂ©cisions des juges peuvent dĂ©pendre de faits sociaux plus que de rĂšgles strictes, soulignant l’importance des contextes sociaux dans le fonctionnement judiciaire.

Les réseaux et alliances judiciaires structurent également le paysage judiciaire, influençant la maniÚre dont la justice est rendue et perçue. La construction de la justice repose donc autant sur les interactions humaines que sur les rÚgles formelles, mettant en lumiÚre le rÎle central des individus et de leurs relations dans son fonctionnement et son évolution.

À retenir

La justice est façonnĂ©e par les parcours individuels et les interactions sociales de ses acteurs, ce qui en fait un systĂšme dynamique oĂč les motivations et les rĂ©seaux jouent un rĂŽle central dans son fonctionnement et son Ă©volution.

6. Juges et magistrature

Notions clés & Définitions

Magistrats royaux
Les magistrats royaux sont des officiers de justice qui exercent leur pouvoir sous l’autoritĂ© du roi, incarnant le pouvoir judiciaire dans l’Ancien RĂ©gime. Leur rĂŽle est liĂ© Ă  l’exercice de l’imperium, c’est-Ă -dire du pouvoir de rendre la justice au nom du souverain.

Juges impériaux
Les juges impĂ©riaux sont des autoritĂ©s judiciaires qui, selon les Ă©poques, exercent leur fonction en vertu de l’imperium confĂ©rĂ© par l’État ou l’empereur. Leur fonction incarne le pouvoir judiciaire exercĂ© dans un cadre impĂ©rial ou souverain.

Pouvoir de coercition
Le pouvoir de coercition dĂ©signe la capacitĂ© du juge ou de l’autoritĂ© judiciaire Ă  faire exĂ©cuter ses dĂ©cisions, notamment par la force ou la contrainte. Il s’agit d’un attribut essentiel de l’autoritĂ© judiciaire, permettant d’assurer le respect des jugements.

Testis unus, testis nullus (rĂšgle de preuve)
Cette rĂšgle de preuve signifie que la condamnation ne peut ĂȘtre fondĂ©e que sur la preuve d’un seul tĂ©moin fiable. Elle souligne l’importance de la preuve dans la justice, notamment dans la procĂ©dure pĂ©nale, pour garantir la lĂ©gitimitĂ© de la condamnation.

Jury populaire
Le jury populaire est une institution oĂč des citoyens tirĂ©s au sort participent Ă  la dĂ©cision de justice, notamment dans le jugement des affaires pĂ©nales. Il reflĂšte la mĂ©fiance envers la justice professionnelle et vise Ă  renforcer la lĂ©gitimitĂ© des dĂ©cisions judiciaires par la participation citoyenne.

Points essentiels

Le pouvoir de rendre justice est un acte autoritaire liĂ© Ă  l’imperium, exercĂ© par diffĂ©rentes autoritĂ©s selon les Ă©poques. Les magistrats royaux, incarnant ce pouvoir sous l’Ancien RĂ©gime, sont des agents de l’autoritĂ© royale. La justice impĂ©riale dĂ©signe Ă©galement l’exercice du pouvoir judiciaire par des juges investis de l’imperium, selon les pĂ©riodes historiques.

Les rĂšgles anciennes, telles que "Testis unus, testis nullus", illustrent l’importance des preuves dans la justice civile et criminelle, insistant sur la nĂ©cessitĂ© d’une preuve fiable pour condamner. La rĂšgle souligne aussi la valeur accordĂ©e Ă  la preuve testimoniale dans la procĂ©dure judiciaire.

Le jury populaire apparaßt comme une réponse à la méfiance envers la justice professionnelle, permettant aux citoyens de participer directement à la décision de justice, en particulier dans les affaires pénales. Son introduction vise à renforcer la légitimité et la transparence du jugement.

À retenir

L’histoire judiciaire montre que le pouvoir de rendre justice a toujours Ă©tĂ© incarnĂ© par diverses autoritĂ©s liĂ©es Ă  l’imperium, avec une importance croissante accordĂ©e aux rĂšgles de preuve et Ă  la participation citoyenne via le jury populaire, reflĂ©tant la complexitĂ© et l’évolution du rĂŽle du juge.

7. Lieu et architecture

Notions clés & Définitions

Forum (tribunal)
Le forum dĂ©signe la place publique oĂč se tiennent les tribunaux, symbolisant la justice accessible. Il reprĂ©sente un espace physique central, souvent en plein air, oĂč la justice est rendue dans un lieu ouvert Ă  tous.

Tribunal épiscopal
Non défini dans le contenu source. (Aucune information fournie pour cette notion.)

Tribunal du roi
Non défini dans le contenu source. (Aucune information fournie pour cette notion.)

Tribunaux locaux (malus)
Non défini dans le contenu source. (Aucune information fournie pour cette notion.)

Immunité territoriale
Certaines zones bĂ©nĂ©ficient d’immunitĂ©s qui les soustraient Ă  la justice royale, renforçant le pouvoir local ou ecclĂ©siastique. Ces territoires Ă©chappent Ă  la compĂ©tence des tribunaux ordinaires, reflĂ©tant des privilĂšges territoriaux.

Points essentiels

Le forum, en tant que lieu de justice, est historiquement une place publique oĂč la justice se rendait en plein air, favorisant la visibilitĂ© et l’accessibilitĂ©. Cette pratique a Ă©voluĂ© au XIIe siĂšcle, avec l’apparition de lieux clĂŽturĂ©s, notamment des palais de justice. Ces bĂątiments, intĂ©grĂ©s Ă  l’architecture de leur Ă©poque, ont progressivement adoptĂ© des formes plus structurĂ©es : formes oblongues, deux Ă©tages avec des salles d’audience Ă  l’étage et des cachots en dessous. À partir du XVIe siĂšcle, la taille des Ă©difices s’accroĂźt, influencĂ©e par le classicisme, puis par le style nĂ©oclassique et moderne Ă  partir de 1960. La crĂ©ation de citĂ©s judiciaires a permis de rendre ces lieux plus fonctionnels et accueillants, avec des matĂ©riaux modernes et des amĂ©nagements plus pratiques. La symbolique religieuse a disparu avec la loi de sĂ©paration de l’Église et de l’État, laissant place Ă  une architecture neutre, reflĂ©tant la neutralitĂ© de la justice. Certaines zones bĂ©nĂ©ficient d’immunitĂ©s territoriales, Ă©chappant Ă  la compĂ©tence des tribunaux ordinaires, ce qui tĂ©moigne de privilĂšges locaux ou ecclĂ©siastiques.

À retenir

La justice s’est dĂ©placĂ©e d’un lieu public en plein air vers des bĂątiments spĂ©cifiques, symboles de neutralitĂ© et d’ordre, tout en conservant certains privilĂšges territoriaux qui renforcent le pouvoir local ou ecclĂ©siastique. La localisation et l’architecture des lieux de justice reflĂštent ainsi les rapports de pouvoir et les Ă©volutions institutionnelles.

Tableaux de SynthĂšse

ThÚmeNotions clésFigures / ConceptsAuteur / Référence
Justice comme valeur moraleVise à instaurer harmonie et équilibre socialMelchisedec, Salomon, Thémis, Diké, Mùat-
Justice compensatoireRĂ©parer un prĂ©judice pour rĂ©tablir l’équitĂ©--
Justice commutativeÉchange Ă©quitable entre individus--
Figures de justicePersonnifications symboliques de la justiceMelchisedec (justice spirituelle), Salomon (jugement), Thémis (loi divine), Diké (justice divine/morale), Mùat (harmonie cosmique)-
Justice naturelle vs crééeInhérente à la nature ou institutionnelle--
Justice cosmiqueHarmonie universelle rĂ©gissant l’ordre du cosmos--
Organisation judiciaire ancienne FrancePluralitĂ© d’ordres, absence de hiĂ©rarchie claire, justice royale en renforcementBaillis, agents royaux, confusion des fonctions judiciaires et administratives-
Justice mĂ©diĂ©vale et moderneJuridictions ecclĂ©siastiques (tribunal Ă©piscopal), privilĂšges du for, immunitĂ©s, coexistence judiciaireÉvĂȘque, tribunaux ecclĂ©siastiques, privilĂšges du for-

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre justice morale et justice institutionnelle : la premiùre concerne la vertu individuelle, la seconde l’organisation judiciaire.
  2. Confusion entre justice naturelle et justice créée : nature vs institutions humaines.
  3. Mélanger figures mythiques (Melchisedec, Salomon) avec des notions juridiques concrÚtes.
  4. Oublier que la justice compensatoire vise à réparer un préjudice spécifique.
  5. Confondre justice cosmique avec la justice divine ou religieuse.
  6. Assimiler systématiquement la justice médiévale à une seule juridiction ecclésiastique : il y avait aussi des juridictions laïques.
  7. SurinterprĂ©ter le rĂŽle des privilĂšges du for comme une autonomie totale de l’Église sans interaction avec la justice royale.

Checklist Examen

  • ConnaĂźtre la dĂ©finition de la justice comme valeur morale selon l’auteur concernĂ©.
  • Identifier les figures symboliques de la justice (Melchisedec, Salomon, ThĂ©mis, DikĂ©, MĂąat) et leur signification.
  • Expliquer la diffĂ©rence entre justice naturelle et justice créée.
  • DĂ©crire le concept de justice cosmique dans l’AntiquitĂ©.
  • Analyser l’organisation judiciaire en France avant la RĂ©volution : pluralitĂ© d’ordres, absence de hiĂ©rarchie claire.
  • Comprendre le rĂŽle des agents royaux et leur confusion des fonctions judiciaires et administratives.
  • DĂ©finir le tribunal Ă©piscopal et ses compĂ©tences dans la justice mĂ©diĂ©vale.
  • Expliquer le principe des privilĂšges du for dans la justice ecclĂ©siastique.
  • Identifier les acteurs principaux de la justice mĂ©diĂ©vale (Ă©vĂȘques, rois francs).
  • ConnaĂźtre le contexte historique de renforcement de la justice royale Ă  partir du XIIIe siĂšcle.
  • MaĂźtriser les concepts clĂ©s liĂ©s Ă  l’organisation institutionnelle : sĂ©paration des pouvoirs post-RĂ©volution.
  • Savoir distinguer les diffĂ©rentes formes de justice Ă©voquĂ©es dans le contenu (morale, compensatoire, commutative).

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Test your knowledge on Histoire et architecture de la justice with 7 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Comment les privilĂšges du for Ă©taient-ils appliquĂ©s dans la justice mĂ©diĂ©vale pour renforcer l’autonomie de l’Église ?

2. Quelle est la définition de l'organisation institutionnelle de la justice telle que présentée dans le texte ?

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Memorize the key concepts of Histoire et architecture de la justice with 13 interactive flashcards.

Justice comme valeur morale — dĂ©finition ?

Vise à instaurer harmonie et équilibre social.

Justice compensatoire — rîle ?

RĂ©parer un prĂ©judice pour rĂ©tablir l’équitĂ©.

Justice commutative — rîle ?

Assure l’échange Ă©quitable entre individus.

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