Revision sheet: Introduction au Contentieux Administratif

Plan du Cours

  1. Définition contentieux administratif
  2. Principes historiques
  3. Séparation autorités
  4. Organisation juridictions
  5. Délimitation compétences
  6. Répartition avec juge judiciaire
  7. Compétence matérielle
  8. Compétence territoriale
  9. Questions préjudicielles

1. Définition contentieux administratif

Notions clés & Définitions

  • Contentieux administratif strict : dĂ©signe uniquement l’ensemble des litiges gĂ©nĂ©rĂ©s par l’action de l’Administration, dont la rĂ©solution est confiĂ©e au juge administratif. Il ne concerne pas le droit administratif de fond mais le domaine procĂ©dural spĂ©cifique de la rĂ©solution des litiges liĂ©s Ă  l’Administration. AUCUN autre concept ou dĂ©finition n’est fourni dans le contenu source.

  • Litiges mettant en cause l’Administration : ce sont des diffĂ©rends oĂč l’Administration est partie ou Ă  l’origine du litige. Ces litiges relĂšvent du contentieux administratif strict, c’est-Ă -dire ceux qui naissent de l’action, inaction ou actes de l’Administration et qui sont soumis au juge administratif. Le contenu source prĂ©cise que ce domaine concerne uniquement ces litiges, sans Ă©tendre Ă  d’autres domaines du droit administratif.

  • Juge administratif (JA) : il s’agit de la juridiction spĂ©cialisĂ©e chargĂ©e de trancher les litiges relevant du contentieux administratif strict. La dĂ©finition prĂ©cise que le JA intervient dans la rĂ©solution des litiges gĂ©nĂ©rĂ©s par l’action de l’Administration, en application de rĂšgles spĂ©cifiques. Aucun autre dĂ©tail ou dĂ©finition complĂ©mentaire n’est fourni.

  • Contentieux de l’Administration : synonyme du contentieux administratif, il dĂ©signe l’ensemble des litiges liĂ©s Ă  l’action de l’Administration, soumis au juge administratif. Il s’agit d’un ensemble de rĂšgles procĂ©durales distinctes du droit administratif de fond, visant Ă  organiser la rĂ©solution des diffĂ©rends entre l’Administration et les particuliers ou autres entitĂ©s.

Points essentiels

Le contentieux administratif dĂ©signe uniquement les litiges gĂ©nĂ©rĂ©s par l’action de l’Administration et confiĂ©s au juge administratif. Il s’agit d’un domaine procĂ©dural spĂ©cifique, distinct du droit administratif de fond, qui concerne l’organisation et le fonctionnement de la justice administrative pour la rĂ©solution des diffĂ©rends liĂ©s Ă  l’Administration.

Il s’agit d’un ensemble de rĂšgles applicables Ă  la rĂ©solution de ces litiges, qui ne concernent pas le contenu ou la lĂ©galitĂ© des actes administratifs eux-mĂȘmes, mais uniquement la procĂ©dure de leur contestation et leur jugement par le juge administratif.

À retenir

Le contentieux administratif est un domaine procĂ©dural spĂ©cifique centrĂ© sur les litiges mettant en cause l’Administration, qui relĂšve exclusivement du juge administratif. Il se distingue du droit administratif de fond par son objectif de rĂ©gulation procĂ©durale, permettant la rĂ©solution des diffĂ©rends liĂ©s Ă  l’action de l’Administration.

2. Principes historiques

Notions clés & Définitions

  • Principe de sĂ©paration des autoritĂ©s administratives et judiciaires : AUCUNE dĂ©finition explicite dans le contenu source.
  • Principe de sĂ©paration du juge administratif et de l’administration active : AUCUNE dĂ©finition explicite dans le contenu source.
  • Justice retenue : SystĂšme ancien oĂč le juge administratif ne pouvait statuer qu’aprĂšs une dĂ©cision prĂ©alable de l’administration, notamment sous le rĂ©gime de la justice retenue instaurĂ©e en 1790. La loi de 1872 a consacrĂ© la transition vers la justice dĂ©lĂ©guĂ©e, rendant la justice administrative souveraine.
  • Justice dĂ©lĂ©guĂ©e : SystĂšme dans lequel la compĂ©tence pour juger est dĂ©lĂ©guĂ©e au juge administratif, affirmĂ©e par la loi de 1872, et consacrĂ©e par l’arrĂȘt Cadot (1889).
  • Ministre-juge : Ancien systĂšme oĂč le ministre Ă©tait Ă  la fois juge et partie, abandonnĂ© avec l’arrĂȘt Cadot (1889).
  • ArrĂȘt Cadot (1889) : DĂ©cision fondamentale qui affirme la compĂ©tence gĂ©nĂ©rale du Conseil d’État, marquant la fin du systĂšme du ministre-juge et le dĂ©but de l’autonomie de la juridiction administrative.

Points essentiels

  • La sĂ©paration des fonctions judiciaires et administratives a Ă©tĂ© affirmĂ©e dĂšs la RĂ©volution française par des textes de 1790.
  • L’abandon du systĂšme du ministre-juge a Ă©tĂ© marquĂ© par l’arrĂȘt Cadot (1889), qui affirme la compĂ©tence gĂ©nĂ©rale du Conseil d’État, Ă©tablissant la juridiction administrative comme une entitĂ© indĂ©pendante.
  • La transition de la justice retenue Ă  la justice dĂ©lĂ©guĂ©e a Ă©tĂ© consacrĂ©e par la loi de 1872, qui a rendu la justice administrative souveraine, sĂ©parĂ©e de l’administration active.

À retenir

L’évolution historique, depuis la dĂ©claration de sĂ©paration en 1790 jusqu’à l’arrĂȘt Cadot en 1889, a permis d’établir l’autonomie et la lĂ©gitimitĂ© du contentieux administratif en France, en fondant cette juridiction sur la sĂ©paration des pouvoirs et la souverainetĂ© de la justice administrative.

3. Séparation autorités

Notions clés & Définitions

Article 13 de la loi des 16 et 24 aoĂ»t 1790 : disposition constitutionnelle qui Ă©tablit la sĂ©paration entre les fonctions judiciaires et administratives, en prĂ©cisant que ces fonctions doivent ĂȘtre exercĂ©es par des autoritĂ©s distinctes.

DĂ©cret interdisant aux tribunaux judiciaires de connaĂźtre des actes d’administration : texte lĂ©gislatif qui limite la compĂ©tence des tribunaux judiciaires en leur interdisant de juger des actes relevant de l’administration, renforçant la sĂ©paration entre ordre judiciaire et ordre administratif.

Fonctions judiciaires distinctes des fonctions administratives : principe selon lequel les activitĂ©s relevant du droit privĂ© (judiciaire) sont sĂ©parĂ©es de celles relevant de la gestion publique (administrative), afin de garantir l’autonomie de chaque ordre.

Points essentiels

Les textes rĂ©volutionnaires, notamment l’article 13 de la loi de 1790, interdisent aux juridictions judiciaires de connaĂźtre des actes et actions de l’administration. Cette interdiction vise Ă  empĂȘcher toute ingĂ©rence des parlements dans la conduite du gouvernement, en sĂ©parant clairement les fonctions judiciaires de celles administratives. Ce principe garantit que les juges ne peuvent ni troubler les opĂ©rations des corps administratifs ni citer les administrateurs pour leurs fonctions, assurant ainsi l’autonomie de l’administration face Ă  la justice judiciaire.

À retenir

La base constitutionnelle et lĂ©gislative, notamment l’article 13 de la loi de 1790 et le dĂ©cret interdisant aux tribunaux judiciaires de connaĂźtre des actes d’administration, institue une sĂ©paration stricte entre autoritĂ©s judiciaires et administratives, afin de prĂ©server l’autonomie de l’administration.

4. Organisation juridictions

Notions clés & Définitions

Conseil d’État (CE)
Institution juridictionnelle et consultative, créée pour exercer une double fonction : consultative et contentieuse. Il conseille le Gouvernement et juge en dernier ressort les litiges administratifs.

Conseils de préfecture
Créés en 1800, ils sont des juridictions administratives de premiĂšre instance. Leur compĂ©tence est limitĂ©e Ă  certaines matiĂšres, et ils exercent une fonction de premier degrĂ© dans l’organisation administrative locale.

Tribunaux administratifs (TA)
Depuis 1953, ils sont les juges de droit commun en premier ressort du contentieux administratif. Ils traitent la majoritĂ© des litiges administratifs et jouent un rĂŽle essentiel dans l’organisation actuelle des juridictions administratives.

Cours administratives d’appel (CAA)
Jurys de second degré, ils examinent les appels contre les décisions des tribunaux administratifs. Leur rÎle est de contrÎler la légalité des décisions rendues en premiÚre instance.

Commission du contentieux du CE
Instance spĂ©cialisĂ©e du Conseil d’État, elle intervient dans le traitement de certains contentieux spĂ©cifiques, notamment en matiĂšre de contentieux du Conseil d’État lui-mĂȘme.

Points essentiels

Le Conseil d’État exerce une double fonction depuis sa crĂ©ation : une fonction consultative, permettant d’éclairer le Gouvernement sur des questions de droit, et une fonction contentieuse, en jugeant en dernier ressort les litiges administratifs.
Les conseils de prĂ©fecture, créés en 1800, avaient une compĂ©tence d’attribution limitĂ©e Ă  certaines matiĂšres, ce qui reflĂšte leur rĂŽle initial de juridictions locales avec une compĂ©tence restreinte.
Depuis 1953, les tribunaux administratifs sont devenus les juges de droit commun en premier ressort du contentieux administratif, ce qui marque une étape importante dans la structuration progressive des juridictions administratives.
Les cours administratives d’appel jouent un rĂŽle de second degrĂ©, permettant un contrĂŽle de lĂ©galitĂ© plus approfondi des dĂ©cisions des tribunaux administratifs.
La commission du contentieux du CE intervient dans des contentieux spĂ©cifiques, notamment liĂ©s Ă  l’organisation mĂȘme du Conseil d’État.

À retenir

La structuration progressive des juridictions administratives a permis de passer d’une organisation limitĂ©e, avec notamment les conseils de prĂ©fecture, Ă  une organisation plus hiĂ©rarchisĂ©e et spĂ©cialisĂ©e, avec les tribunaux administratifs en premier ressort, puis les cours administratives d’appel, et enfin le Conseil d’État en dernier ressort.

5. Délimitation compétences

Notions clés & Définitions

CompĂ©tence d’attribution : Il s’agit de la capacitĂ© qu’a une juridiction administrative de connaĂźtre d’un contentieux en fonction de la matiĂšre ou de la nature de l’acte ou de la demande. Elle dĂ©termine quelle juridiction est compĂ©tente selon la matiĂšre traitĂ©e.

CompĂ©tence gĂ©nĂ©rale du Conseil d’État : Le Conseil d’État est juge de droit commun du contentieux administratif, sauf disposition contraire. Cela signifie qu’il peut connaĂźtre de tous les litiges administratifs, sauf exceptions prĂ©vues par la loi.

CompĂ©tence matĂ©rielle : Elle dĂ©signe la dĂ©limitation de la juridiction en fonction de la nature du contentieux ou de la matiĂšre. Par exemple, certains contentieux relĂšvent exclusivement du Conseil d’État ou des conseils de prĂ©fecture selon la matiĂšre.

CompĂ©tence territoriale : Elle concerne la localisation gĂ©ographique de la juridiction compĂ©tente pour connaĂźtre d’un litige. Elle est gĂ©nĂ©ralement dĂ©terminĂ©e par le lieu oĂč l’acte a Ă©tĂ© pris ou oĂč le fait contestĂ© s’est produit.

Points essentiels

Le Conseil d’État est le juge de droit commun du contentieux administratif, sauf disposition contraire. Autrement dit, il a une compĂ©tence gĂ©nĂ©rale pour connaĂźtre des litiges administratifs, sauf si une rĂšgle spĂ©cifique prĂ©voit une autre juridiction compĂ©tente. Les conseils de prĂ©fecture, auparavant compĂ©tents dans certains cas, avaient une compĂ©tence limitĂ©e aux matiĂšres prĂ©vues par la loi, ce qui montre que la compĂ©tence matĂ©rielle est strictement encadrĂ©e par la lĂ©gislation. La compĂ©tence d’attribution, quant Ă  elle, dĂ©termine la juridiction compĂ©tente selon la matiĂšre ou la nature de la demande. Elle assure une organisation claire du contentieux en rĂ©partissant les affaires selon leur nature, Ă©vitant ainsi toute confusion ou conflit de compĂ©tence. La dĂ©limitation prĂ©cise des compĂ©tences matĂ©rielles et territoriales garantit la sĂ©curitĂ© juridique et la bonne organisation du contentieux administratif.

À retenir

La compĂ©tence des juridictions administratives est dĂ©finie et rĂ©partie selon la matiĂšre, la nature de l’acte ou de la demande, et la localisation gĂ©ographique, assurant ainsi une organisation claire et efficace du contentieux administratif. Le Conseil d’État, en tant que juge de droit commun, connaĂźt de la majoritĂ© des contentieux, sauf exceptions prĂ©vues par la loi, en respectant la compĂ©tence d’attribution, matĂ©rielle et territoriale.

6. Répartition avec juge judiciaire

Notions clés & Définitions

  • AUCUN : voir section 1

Juridiction judiciaire : Tribunaux de droit commun, compĂ©tents pour le contentieux civil, pĂ©nal, ou autre, qui n’appliquent pas le contentieux administratif. La rĂšgle fondamentale est que les rĂšgles du contentieux administratif ne s’appliquent jamais devant ces juridictions.

Contentieux administratif vs contentieux judiciaire : Le premier concerne les litiges relevant du droit administratif, traités par le juge administratif. Le second concerne les litiges de droit privé ou pénal, traités par le juge judiciaire. La séparation des compétences entre juge administratif et judiciaire est fondamentale pour éviter les conflits de juridiction.

Points essentiels

Les rĂšgles du contentieux administratif ne s’appliquent jamais devant les juridictions judiciaires. Certaines juridictions administratives spĂ©cialisĂ©es, comme la Cour des comptes, appliquent aussi le contentieux administratif, ce qui montre que la frontiĂšre n’est pas toujours totale. La sĂ©paration des compĂ©tences entre juge administratif et judiciaire est fondamentale pour garantir la cohĂ©rence du systĂšme juridictionnel, en Ă©vitant que deux juridictions ne se chevauchent ou ne se contredisent.

À retenir

La frontiĂšre nette entre les compĂ©tences des juridictions administratives et judiciaires assure la cohĂ©rence du systĂšme, en Ă©vitant tout conflit de juridiction. Certaines juridictions administratives spĂ©cialisĂ©es, comme la Cour des comptes, appliquent aussi le contentieux administratif, mais en principe, les rĂšgles du contentieux administratif ne s’appliquent jamais devant le juge judiciaire.

7. Compétence matérielle

Notions clés & Définitions

Recours en annulation : Voie de recours permettant d’obtenir l’annulation d’un acte administratif pour excĂšs de pouvoir. Il vise Ă  faire respecter la lĂ©galitĂ© des actes administratifs en permettant Ă  toute personne ayant intĂ©rĂȘt Ă  agir de demander leur annulation devant le juge administratif.

ExcĂšs de pouvoir : Faute ou irrĂ©gularitĂ© commise par l’administration lors de l’adoption d’un acte administratif, qui peut justifier son annulation. La notion concerne la lĂ©galitĂ© de l’acte, notamment le respect des rĂšgles de procĂ©dure, de compĂ©tence, de lĂ©galitĂ© interne et externe.

Actes administratifs : Actes unilatĂ©raux Ă©manant d’une autoritĂ© administrative, destinĂ©s Ă  produire des effets juridiques, tels que dĂ©crets, arrĂȘtĂ©s, dĂ©cisions individuelles ou rĂ©glementaires. Au cƓur du contentieux matĂ©riel administratif, ils sont la source principale des litiges soumis au juge administratif.

Litiges administratifs : Conflits ou contestations portant sur la lĂ©galitĂ© ou l’application des actes administratifs, ou encore sur la compĂ©tence ou l’organisation des autoritĂ©s administratives. Ils relĂšvent de la compĂ©tence du juge administratif, notamment pour les recours en annulation et autres contentieux liĂ©s aux actes administratifs.

Points essentiels

La compĂ©tence matĂ©rielle du juge administratif se concentre sur les types de litiges qu’il peut connaĂźtre, notamment ceux relatifs aux recours en annulation pour excĂšs de pouvoir. Ces recours concernent principalement les actes administratifs, qui sont au cƓur du contentieux matĂ©riel administratif. Le juge administratif est compĂ©tent pour trancher les litiges liĂ©s aux dĂ©cisions des autoritĂ©s administratives, qu’il s’agisse de dĂ©cisions individuelles ou rĂ©glementaires, en vĂ©rifiant leur lĂ©galitĂ©. La reconnaissance de cette compĂ©tence repose sur l’identification prĂ©cise des actes et des litiges soumis Ă  la juridiction administrative, ce qui constitue la base du contentieux administratif.

À retenir

La compétence matérielle du juge administratif se limite aux litiges portant sur les actes administratifs, en particulier les recours en annulation pour excÚs de pouvoir. Elle constitue la base du contentieux administratif, permettant de garantir la légalité des décisions des autorités administratives et de trancher les litiges qui en découlent.

8. Compétence territoriale

Notions clés & Définitions

  • CompĂ©tence territoriale : voir section 5

Lieu de juridiction compĂ©tente : C’est le lieu gĂ©ographique oĂč se trouve le tribunal administratif qui a la compĂ©tence pour juger un litige. La dĂ©termination de ce lieu dĂ©pend des rĂšgles de compĂ©tence territoriale.

Attribution territoriale des tribunaux administratifs : C’est l’organisation qui rĂ©partit gĂ©ographiquement les tribunaux administratifs, chaque tribunal Ă©tant chargĂ© de connaĂźtre des litiges survenus dans une zone gĂ©ographique prĂ©cise. Elle Ă©vite les conflits de compĂ©tence entre diffĂ©rentes juridictions administratives.

Points essentiels

La compétence territoriale détermine quel tribunal administratif est compétent selon le lieu du litige. Elle est essentielle pour organiser la répartition géographique des contentieux, en attribuant à chaque tribunal une zone spécifique. Ces rÚgles territoriales évitent ainsi les conflits de compétence entre juridictions administratives, en assurant une répartition claire et précise. La localisation géographique du litige est donc le critÚre principal pour déterminer la juridiction compétente, garantissant une organisation cohérente et efficace du contentieux administratif.

À retenir

L’importance de la localisation gĂ©ographique dans la dĂ©termination de la juridiction administrative rĂ©side dans le fait que la compĂ©tence territoriale assure une organisation claire, Ă©vitant les conflits entre tribunaux et permettant une rĂ©partition gĂ©ographique adaptĂ©e aux litiges.

9. Questions préjudicielles

Notions clés & Définitions

Question préjudicielle : La question préjudicielle est une interrogation posée par une juridiction à une autre pour obtenir un éclaircissement sur un point de droit nécessaire à la résolution du litige. Elle permet à une juridiction de saisir une autre pour préciser une rÚgle ou une interprétation juridique.

Renvoi prĂ©judiciel : Le renvoi prĂ©judiciel dĂ©signe l’acte par lequel une juridiction transmet une question de droit Ă  une autre juridiction compĂ©tente pour l’éclaircir, dans le but d’assurer la cohĂ©rence des dĂ©cisions.

Coordination entre juridictions : La coordination entre juridictions concerne la collaboration et l’articulation des dĂ©cisions entre diffĂ©rentes instances, notamment entre juridictions administratives et judiciaires, pour garantir une application cohĂ©rente du droit.

ProcĂ©dure prĂ©judicielle : La procĂ©dure prĂ©judicielle est la procĂ©dure par laquelle une juridiction saisit une autre pour rĂ©pondre Ă  une question de droit, dans le cadre d’un litige en cours, afin d’assurer l’uniformitĂ© et la cohĂ©rence des dĂ©cisions.

Points essentiels

Les questions prĂ©judicielles jouent un rĂŽle crucial en permettant Ă  une juridiction d’interroger une autre pour Ă©claircir un point de droit indispensable Ă  sa dĂ©cision. Ce mĂ©canisme favorise la cohĂ©rence et l’harmonisation des dĂ©cisions juridictionnelles, en Ă©vitant des interprĂ©tations divergentes. Il constitue un outil clĂ© pour la collaboration entre juridictions administratives et judiciaires, en facilitant un dialogue juridictionnel. La saisine d’une autre juridiction par question prĂ©judicielle s’inscrit dans une procĂ©dure spĂ©cifique, la procĂ©dure prĂ©judicielle, qui vise Ă  obtenir une rĂ©ponse juridique prĂ©cise. Ce dispositif contribue ainsi Ă  la stabilitĂ© et Ă  l’uniformitĂ© de l’application du droit dans le systĂšme juridictionnel.

À retenir

Les questions prĂ©judicielles sont un instrument essentiel de dialogue et d’harmonisation entre diffĂ©rentes juridictions, permettant d’assurer la cohĂ©rence des dĂ©cisions et la bonne application du droit.

Tableaux de SynthĂšse

CritĂšreContentieux administratif strictDroit administratif de fond
DĂ©finitionLitiges liĂ©s Ă  l’action de l’Administration, jugĂ©s par le juge administratifEnsemble des rĂšgles rĂ©gissant l’organisation, le fonctionnement et le contenu du droit administratif
Domaine concernĂ©ProcĂ©dural, litiges entre l’Administration et les particuliers ou entitĂ©sMatĂ©riel, contenu du droit administratif (actes, principes)
Acteurs principauxJuge administratif (Conseil d’État, tribunaux administratifs)Administrations, autoritĂ©s publiques, particuliers
ObjectifRĂ©solution des litiges liĂ©s Ă  l’action administrativeRĂ©gulation du contenu du droit administratif
Principes historiques clĂ©sÉvĂ©nements et concepts majeursAuteur ou rĂ©fĂ©rence
SĂ©paration des pouvoirsAffirmĂ©e dĂšs 1790, fin du systĂšme ministre-juge (1889)ArrĂȘt Cadot (1889)
Justice retenue vs dĂ©lĂ©guĂ©eJustice retenue (avant 1872), justice dĂ©lĂ©guĂ©e (aprĂšs 1872)Loi de 1872, ArrĂȘt Cadot (1889)
Autonomie juridictionnelleAffirmĂ©e avec la loi de 1872 et l’arrĂȘt CadotLoi de 1872, ArrĂȘt Cadot (1889)

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre contentieux administratif strict et droit administratif de fond : le premier concerne la procédure et la résolution des litiges, le second le contenu du droit.
  2. Croire que le juge administratif peut juger tous les actes administratifs : il ne juge que ceux relevant du contentieux administratif.
  3. Confondre justice retenue et justice dĂ©lĂ©guĂ©e : la retenue impose une dĂ©cision prĂ©alable de l’administration, la dĂ©lĂ©guĂ©e donne compĂ©tence directe au juge.
  4. Identifier Ă  tort l’arrĂȘt Cadot comme une simple jurisprudence : c’est une Ă©tape fondamentale qui affirme la compĂ©tence gĂ©nĂ©rale du Conseil d’État.
  5. Confondre séparation des autorités et organisation juridictionnelle : la séparation concerne les fonctions, pas uniquement la structure.
  6. NĂ©gliger la distinction entre compĂ©tences matĂ©rielles et territoriales dans l’organisation des juridictions.
  7. Oublier que la compĂ©tence territoriale est souvent dĂ©terminĂ©e par le lieu oĂč le litige est nĂ© ou par la localisation de l’administration.

Checklist Examen

  1. Connaßtre la définition précise du contentieux administratif strict.
  2. Savoir distinguer le contentieux administratif du droit administratif de fond.
  3. MaĂźtriser l’évolution historique depuis la dĂ©claration de sĂ©paration en 1790 jusqu’à l’arrĂȘt Cadot en 1889.
  4. ConnaĂźtre l’article 13 de la loi des 16 et 24 aoĂ»t 1790 concernant la sĂ©paration des fonctions judiciaires et administratives.
  5. Comprendre le principe de justice retenue instauré en 1790 et sa transition vers la justice déléguée par la loi de 1872.
  6. Identifier les acteurs principaux : juge administratif, Conseil d’État, tribunaux administratifs, CAA.
  7. Connaßtre les principes fondamentaux de séparation entre autorités judiciaires et administratives.
  8. Savoir organiser les juridictions administratives en précisant leurs rÎles respectifs.
  9. Maßtriser les questions préjudicielles dans le contexte du contentieux administratif.
  10. ConnaĂźtre les rĂ©fĂ©rences clĂ©s : ArrĂȘt Cadot (1889), loi de 1872, article 13 de la loi de 1790.
  11. Comprendre la différence entre compétences matérielles et compétences territoriales des juridictions.
  12. VĂ©rifier la maĂźtrise du vocabulaire spĂ©cifique liĂ© au contentieux administratif (ex : contentieux de l’Administration).

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Contentieux administratif — dĂ©finition ?

Litiges liĂ©s Ă  l’action de l’Administration, jugĂ©s par le juge administratif.

Principes historiques — affirmation ?

Séparation des pouvoirs et autonomie du contentieux administratif, affirmée en 1790 et 1889.

SĂ©paration autoritĂ©s — article clĂ© ?

Article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790.

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