Revision sheet: Introduction au droit de la concurrence

📋 Plan du Cours

  1. Enjeux du droit de la concurrence
  2. Contentieux et institutions de concurrence
  3. Concurrence internationale et extraterritorialité
  4. Entreprise et marché pertinent
  5. ContrĂŽle des concentrations
  6. Ententes et exemptions sectorielles
  7. Modes alternatifs de rĂšglement des litiges
  8. Autorité de régulation des transports
  9. Autorité de la concurrence
  10. Libéralisation du ferroviaire

📖 1. Enjeux du droit de la concurrence

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Concurrence libre et non faussĂ©e : Principe directeur imposant que les acteurs se fassent concurrence sans distorsions, afin de sĂ©curiser un fonctionnement concurrentiel du marchĂ©.
  • Ordre public Ă©conomique : Notion servant de finalitĂ© au droit de la concurrence, qui vise Ă  prĂ©server les conditions d’une Ă©conomie concurrentielle pour l’ensemble des acteurs.
  • Concurrence intermodale : Forme de rivalitĂ© entre diffĂ©rents types de transport qui se disputent la mĂȘme demande par des offres alternatives.
  • Abus de position dominante : Comportement reprochĂ© Ă  une entreprise disposant d’un pouvoir significatif sur le marchĂ©, lorsqu’il est utilisĂ© pour fausser la concurrence.

📝 Points essentiels

  • Le droit de la concurrence se situe Ă  l’interface du droit public et du droit privĂ© et relie aussi le droit aux finalitĂ©s Ă©conomiques.
  • Dans les transports, l’enjeu est alimentĂ© par l’ouverture Ă  la concurrence, dans une transition avec effets importants sur l’économie du secteur.
  • En France, les transports reprĂ©sentent 386 milliards d’euros, soit 17% du PIB, avec une consommation d’environ 50% pour les mĂ©nages et 50% pour les entreprises, et 73% des dĂ©penses consacrĂ©es au transport routier.
  • Le droit de la concurrence protĂšge le marchĂ© concurrentiel et vise in fine le consommateur au sens large, sans se limiter au client final d’une entreprise.
  • Les rĂšgles concurrentielles se structurent en 4 grands volets : aides d’État en amont, contrĂŽle des concentrations en amont, interdiction des ententes en aval, prĂ©vention des abus de position dominante en aval.
  • Le secteur des transports prĂ©sente des dĂ©faillances structurelles (coĂ»ts d’entrĂ©e et exigences de service public) qui justifient l’articulation avec des rĂšgles de rĂ©gulation.

💡 Astuce mĂ©mo

Amont contrĂŽle des moyens (aides d’État, concentrations) puis aval contrĂŽle des accords et des comportements (ententes, abus) pour prĂ©server le marchĂ© concurrentiel.

📖 2. Contentieux et institutions de concurrence

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Contentieux public : Le contentieux public regroupe les procĂ©dures de l’ADLC et de la Commission europĂ©enne visant Ă  sanctionner les comportements anticoncurrentiels.
  • Contentieux privĂ© : Le contentieux privĂ© relĂšve de la responsabilitĂ© civile et permet l’indemnisation des victimes de pratiques anticoncurrentielles.
  • AutoritĂ© de la concurrence : L’AutoritĂ© de la concurrence est une AAI d’experts qui n’est pas un juge et qui met en Ɠuvre des dĂ©cisions en matiĂšre de concurrence.
  • DGCCRF : La DGCCRF est une direction rattachĂ©e au ministĂšre de l’Économie chargĂ©e des micro-pratiques anticoncurrentielles.
  • Principe non bis in idem : Le principe non bis in idem interdit de sanctionner deux fois une mĂȘme personne pour les mĂȘmes faits, sous des conditions liĂ©es au caractĂšre pĂ©nal des procĂ©dures.

📝 Points essentiels

  • Dans le contentieux public, les sanctions peuvent inclure une amende pouvant aller jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise.
  • Le contentieux privĂ© vise l’indemnisation sur le fondement de la responsabilitĂ© civile de l’article 1240 du Code civil.
  • Le recours contre une dĂ©cision de l’ADLC impose de saisir la Cour d’appel de Paris.
  • Le droit de la concurrence n’a pas de cadre mondial unifiĂ© : les juridictions raisonnent sur l’effet des comportements sur le territoire pertinent, notamment avec des fondements d’extraterritorialitĂ©.
  • En matiĂšre de non bis in idem, la CEDH considĂšre que le droit de la concurrence a une coloration pĂ©nale car il est punitif et dissuasif (CEDH, Menarini, 27 septembre 2011).
  • Les critĂšres de l’arrĂȘt Engel (8 juin 1976) sont l’identitĂ© des faits, l’identitĂ© du contrevenant et l’identitĂ© de l’intĂ©rĂȘt juridique protĂ©gĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Public = amende/ordre public Ă©conomique ; PrivĂ© = 1240 = indemniser ; Non bis in idem = “mĂȘmes faits + mĂȘme personne + mĂȘme intĂ©rĂȘt”, et la concurrence est traitĂ©e comme pĂ©nale (dissuasion).

📖 3. Concurrence internationale et extraterritorialitĂ©

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Coloration pĂ©nale du droit de la concurrence : La coloration pĂ©nale signifie que le droit de la concurrence peut poursuivre un effet punitif et dissuasif, ce qui entraĂźne l’application de certaines garanties des droits fondamentaux.
  • NĂ©gociations OMC sur un droit mondial : Les nĂ©gociations OMC visaient Ă  crĂ©er une base mondiale de concurrence, mais elles ont Ă©chouĂ© faute d’adaptation jugĂ©e suffisante aux Ă©conomies des États.

📝 Points essentiels

  • Dans l’affaire liĂ©e Ă  l’aĂ©ronautique (McDonnell), les autoritĂ©s amĂ©ricaines ont acceptĂ© sans condition car la disparition de concurrent n’était pas caractĂ©risĂ©e, tandis que la Commission europĂ©enne a autorisĂ© “oui, si”

  • Les nĂ©gociations Ă  l’OMC ont durĂ© 10 ans et ont finalement Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es, des États africains estimant la dĂ©marche inadaptĂ©e Ă  leurs Ă©conomies et les AmĂ©ricains craignant une dĂ©gradation de leurs droits.
  • Pour appliquer le non bis in idem, la question porte sur le caractĂšre rĂ©pressif du droit de la concurrence, reconnu par la CEDH via le critĂšre punitif et dissuasif (Menarini, 27 septembre 2011).
  • Les critĂšres “Engel” sont l’identitĂ© des faits, l’identitĂ© du contrevenant et l’identitĂ© de l’intĂ©rĂȘt juridique protĂ©gĂ© (Engel c. Pays-Bas, 8 juin 1976).
  • La Commission estime le critĂšre de l’intĂ©rĂȘt juridique protĂ©gĂ© le plus souvent non rempli, ce qui permet en pratique plusieurs sanctions pour les mĂȘmes faits car chaque État protĂšge son intĂ©rĂȘt.

💡 Astuce mĂ©mo

Engel = Faits + Contrevenant + IntĂ©rĂȘt juridique protĂ©gĂ© (FCI).

📖 4. Entreprise et marchĂ© pertinent

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • MarchĂ© pertinent : Le marchĂ© pertinent dĂ©signe le pĂ©rimĂštre concurrentiel Ă  l’intĂ©rieur duquel les clients considĂšrent que les offres se substituent rĂ©ellement entre elles.
  • SensibilitĂ© au facteur temps : La sensibilitĂ© au facteur temps regroupe les passagers dont le choix dĂ©pend surtout de la rapiditĂ© d’acheminement plutĂŽt que du prix.
  • SensibilitĂ© au prix : La sensibilitĂ© au prix caractĂ©rise les passagers dont la dĂ©cision dĂ©pend principalement du coĂ»t, avec une moindre importance accordĂ©e Ă  la durĂ©e du trajet.
  • Substitution tarifaire : La substitution tarifaire correspond Ă  l’idĂ©e que des prix diffĂ©rents reflĂštent ou non des possibilitĂ©s rĂ©elles de remplacement entre services de transport.

📝 Points essentiels

  • Le cƓur de l’analyse du marchĂ© pertinent est le temps global de transport entre le centre de l’Estaque et le centre de La Pointe rouge.
  • Le marchĂ© pertinent tient aussi compte du confort, des conditions de dĂ©placement, du prix, de la dĂ©pendance aux intempĂ©ries (hors train), de la frĂ©quence et de la fiabilitĂ© du service.
  • La Commission segmente les passagers selon leur prĂ©fĂ©rence : ceux sensibles au facteur temps voyagent plutĂŽt pour affaires et le prix les indiffĂšre davantage, alors que ceux indiffĂ©rents au temps mais sensibles au prix

  • Pour dĂ©limiter le marchĂ©, on privilĂ©gie une approche par les prix (substituables) lorsque les passagers sont sensibles au prix, et on bascule sur une approche plus subjective s’ils sont insensibles au prix.
  • Dans l’exemple, le car met plus d’une heure quand la durĂ©e du train est donnĂ©e comme indĂ©terminable, ce qui influence la perception de la substituabilitĂ© des services.
  • Le ferry peut ĂȘtre regardĂ© comme un marchĂ© pertinent distinct : s’il dĂ©tient 100 % des parts du marchĂ© pertinent, une condamnation des autres entreprises a peu de chances, mais la qualification n’est pas automatique


💡 Astuce mĂ©mo

Temps d’abord : Estaque → Pointe rouge (durĂ©e globale), puis Confort + Prix + MĂ©tĂ©o + FrĂ©quence + FiabilitĂ©; enfin on lit le profil (Temps ≫ Prix ou Prix ≫ Temps).

📖 5. Contrîle des concentrations

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Article 22 du RĂšglement concentrations : Le mĂ©canisme de l’article 22 permet de demander le contrĂŽle d’une concentration qui Ă©chappe aux seuils, quand la situation justifie une intervention des autoritĂ©s.
  • Illumina Grail : L’affaire Illumina Grail porte sur l’interprĂ©tation de l’article 22 et conduit Ă  rappeler le rĂŽle central des seuils dans le droit des concentrations.
  • Effet suspensif de la notification : L’effet suspensif signifie qu’une opĂ©ration notifiĂ©e ne peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e qu’aprĂšs l’autorisation, afin d’éviter des atteintes avant dĂ©cision.
  • MarchĂ©s contestables : La thĂ©orie des marchĂ©s contestables fait dĂ©pendre l’évaluation concurrentielle des barriĂšres Ă  l’entrĂ©e, mĂȘme lorsque des parts de marchĂ© paraissent Ă©levĂ©es.

📝 Points essentiels

  • Le contrĂŽle vise des opĂ©rations par lesquelles une entreprise acquiert un contrĂŽle d’une autre, notamment via fusion/absorption ou prise de participation donnant une influence dĂ©terminante.
  • En prĂ©sence d’un doute sur la portĂ©e des seuils, le dĂ©bat a Ă©tĂ© relancĂ© par l’affaire Illumina Grail et l’interprĂ©tation retenue par la CJUE n’est pas conforme Ă  une lecture du texte sans tenir compte du contexte

  • La notification emporte en principe suspension de l’opĂ©ration jusqu’à l’autorisation, avec une exception pour certains marchĂ©s boursiers Ă  la discrĂ©tion de l’ADLC.
  • En analyse substantielle, la logique de Chicago tend Ă  limiter les interdictions car l’accroissement du pouvoir de marchĂ© pourrait engendrer des gains d’efficacitĂ©, alors que l’école d’Harvard privilĂ©gie une approche

  • Pour qualifier le risque concurrentiel, la dĂ©limitation du marchĂ© pertinent conduit Ă  cumuler les parts et Ă  raisonner en zones : monopole Ă  100%, zone blanche en dessous de 40%, zone grise entre 40% et 60%, zone

  • Trois catĂ©gories de concentrations structurent l’analyse : horizontale (interdite dans le cours), verticale et conglomĂ©rale (globalement perçue positivement), et l’autoritĂ© peut imposer des engagements (plutĂŽt


💡 Astuce mĂ©mo

Chicago = « efficacitĂ© → moins d’interdictions » ; Harvard = « effets → interdiction plus frĂ©quente » ; seuils = « cardinal » Ă  propos de l’article 22 (Illumina Grail).

📖 6. Ententes et exemptions sectorielles

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Entente horizontale : Une entente horizontale regroupe des entreprises concurrentes situĂ©es au mĂȘme niveau de la chaĂźne de valeur et est surtout sanctionnĂ©e lorsqu’elle est caractĂ©risĂ©e par son objet.
  • Entente verticale : Une entente verticale associe des entreprises situĂ©es Ă  des niveaux diffĂ©rents de la chaĂźne de valeur, et elle est davantage apprĂ©ciĂ©e par ses effets que par son seul objet.
  • Exemption individuelle : Une exemption individuelle dispense une entente prĂ©cise de l’interdiction si ses effets et clauses respectent les conditions d’exception prĂ©vues par le droit applicable.
  • Exemption catĂ©gorielle : Une exemption catĂ©gorielle s’applique automatiquement Ă  certaines catĂ©gories d’accords correspondant Ă  des conditions prĂ©-dĂ©finies, sous rĂ©serve de ne pas tomber dans des clauses exclues.
  • RĂšglement de minimis : Le rĂšglement de minimis exempte les entreprises considĂ©rĂ©es comme d’importance mineure, notamment lorsque leurs parts de marchĂ© restent sous le seuil indiquĂ©.

📝 Points essentiels

  • L’entente doit d’abord ĂȘtre qualifiĂ©e : les ententes horizontales sont surtout interdites par l’objet, tandis que les ententes verticales sont souvent analysĂ©es par leurs effets.
  • Les ententes horizontales les plus visĂ©es comprennent les ententes sur les prix, la rĂ©partition de marchĂ© (territoriale ou clientĂšle) et les ententes sur les appels d’offres.
  • Les dĂ©fenses contre l’interdiction se font soit en contestant l’existence d’un effet/objet anticoncurrentiel, soit en invoquant l’exception fondĂ©e sur des gains d’efficience compensant les effets anticoncurrentiels.
  • L’exemption obĂ©it Ă  des conditions exigeantes et conduit Ă  distinguer exemption individuelle et exemption catĂ©gorielle, avec des clauses caractĂ©risĂ©es et des clauses exclues pouvant faire perdre le bĂ©nĂ©fice.
  • Dans le transport, les exemptions catĂ©gorielles citĂ©es incluent notamment le rĂšglement 487/2009 (aĂ©rien) et le rĂšglement 169/2009 (chemin de fer, route et voie navigable).
  • Le rĂšglement de minimis vise les entreprises dont la part de marchĂ© est infĂ©rieure Ă  15 %, ce qui les rend Ă©ligibles Ă  l’exemption pour les accords concernĂ©s.

💡 Astuce mĂ©mo

Horizontal = objet (cartel/partage/prix ou appels d’offres) ; Vertical = effets (on cherche l’impact rĂ©el).

📖 7. Modes alternatifs de rùglement des litiges

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ProcĂ©dure d’engagements : ProcĂ©dure administrative permettant Ă  une entreprise de nĂ©gocier des engagements pour mettre fin Ă  la procĂ©dure contentieuse et Ă©viter une sanction.
  • ProcĂ©dure de transaction : ProcĂ©dure de coopĂ©ration avec l’autoritĂ© de concurrence visant Ă  rĂ©duire le montant de l’amende grĂące Ă  une logique de type « plaider coupable ».
  • ProcĂ©dure de clĂ©mence : MĂ©canisme incitatif en matiĂšre d’ententes, oĂč la divulgation d’informations peut conduire Ă  une exonĂ©ration totale ou partielle de l’amende.
  • ResponsabilitĂ© civile concurrentielle : RĂ©gime de rĂ©paration des victimes fondĂ© sur l’article 1240 du Code civil, avec des rĂšgles de compĂ©tence juridictionnelle spĂ©cifiques.

📝 Points essentiels

  • Les engagements au titre de l’article 9 du rĂšglement n°1/2003 peuvent ĂȘtre proposĂ©s dĂšs le dĂ©but de la procĂ©dure jusqu’à la fin de celle-ci, puis validĂ©s pour produire une force obligatoire si la solution convient à

  • Dans la procĂ©dure de transaction, l’amende est rĂ©duite de 10 % en contrepartie de la coopĂ©ration, notamment car la difficultĂ© principale est la preuve.
  • La clĂ©mence vise les ententes, surtout les cartels sur les prix, et repose sur une course au rang du premier dĂ©nonciateur pour obtenir une exonĂ©ration totale ou partielle.
  • Les fourchettes du gain de clĂ©mence indiquĂ©es sont : premier 100 %, deuxiĂšme entre 25 % et 50 %, troisiĂšme entre 15 % et 40 %.
  • En indemnisation, l’action est fondĂ©e sur l’article 1240 du Code civil, avec compĂ©tence de 12 juridictions spĂ©cialisĂ©es en premiĂšre instance et de la cour d’appel de Paris en appel.
  • Pour Ă©tablir la responsabilitĂ© civile, la faute peut ĂȘtre dĂ©duite d’une dĂ©cision ADLC ou Commission, le prĂ©judice bĂ©nĂ©ficie d’une prĂ©somption simple en cas de rĂ©percussion, et le lien de causalitĂ© doit ĂȘtre Ă©tabli.

💡 Astuce mĂ©mo

ClĂ©mence = course au rang : 1er 100 % / 2e 25–50 % / 3e 15–40 %.

📖 8. AutoritĂ© de rĂ©gulation des transports

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ART : AutoritĂ© administrative indĂ©pendante chargĂ©e de rĂ©guler le transport, notamment le ferroviaire, ainsi que certaines activitĂ©s routiĂšres et autoroutiĂšres.
  • CollĂšge de 7 membres : Formation de l’ART composĂ©e de 7 membres chargĂ©s d’identifier les violations de la rĂ©gulation puis de saisir la commission compĂ©tente.
  • Commission des sanctions : Formation de l’ART composĂ©e de 3 membres (dont un du Conseil d’État, un de la Cour de cassation et un de la Cour des comptes) pour statuer sur des manquements.
  • RĂ©seau ferroviaire : Infrastructure structurante du secteur ferroviaire rĂ©gulĂ©e par l’ART via l’accĂšs Ă©quitable et la rĂ©gulation des rĂšgles liĂ©es aux voies.

📝 Points essentiels

  • L’ART a remplacĂ© l’Araf puis Arafer et, depuis la loi Macron du 6 aoĂ»t 2015, Ă©tend sa compĂ©tence Ă  la libĂ©ralisation des autocars interurbains et aux concessions autoroutiĂšres.
  • Avant de saisir la commission des sanctions, le collĂšge de l’ART identifie une violation et impose une mise en demeure de se conformer aux dispositions.
  • Pour le ferroviaire, l’ART veille Ă  un accĂšs Ă©quitable aux infrastructures et au contenu des informations Ă©conomiques, financiĂšres et sociales figurant dans le document de rĂ©fĂ©rence du gestionnaire.
  • Pour le transport routier, l’ART ne rĂ©gule que les liaisons rĂ©guliĂšres d’une distance supĂ©rieure Ă  100 km, et elle rĂ©gule aussi le rĂ©gime des tarifs de pĂ©age autoroutier.
  • Pouvoir ex ante : l’ART a un pouvoir rĂ©glementaire supplĂ©tif sous homologation du ministre des Transports, et elle approuve aprĂšs avis de l’ADLC les rĂšgles de sĂ©paration comptable pour Ă©viter les distorsions de

  • Pouvoir ex post : l’ART peut enquĂȘter et accĂ©der aux comptes des gestionnaires d’infrastructure, rĂšgle des diffĂ©rends et sanctionne via sa commission des sanctions aprĂšs investigations.

💡 Astuce mĂ©mo

Pense Ă  3 Ă©tapes : collĂšge (mise en demeure) → commission des sanctions → rĂ©gulation ferroviaire + autoroutes + autocars (Loi Macron, >100 km).

📖 9. AutoritĂ© de la concurrence

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Conseil de la concurrence : institution créée en 1986 qui exerçait notamment des compĂ©tences de sanction en matiĂšre de pratiques anticoncurrentielles avant sa transformation en AutoritĂ© de la concurrence.
  • BenoĂźt CƓurĂ© : prĂ©sident de l’AutoritĂ© de la concurrence, chargĂ© de fixer les grandes orientations de la politique de concurrence française.
  • CollĂšge de l’AutoritĂ© : formation dĂ©cisionnelle qui rend les dĂ©cisions aprĂšs l’instruction, avec une sĂ©paration organique pour protĂ©ger les droits des entreprises.
  • Chambre 5.7 de la CA de Paris : juridiction compĂ©tente pour connaĂźtre des recours contre les dĂ©cisions de l’AutoritĂ© de la concurrence relatives aux pratiques anticoncurrentielles.

📝 Points essentiels

  • En 1986, l’institution naĂźt sous le nom de Conseil de la concurrence, puis devient l’AutoritĂ© de la concurrence avec la loi LME du 4 aoĂ»t 2008, qui renforce aussi ses pouvoirs d’investigation et lui confie le contrĂŽle

  • L’AutoritĂ© est prĂ©sidĂ©e par un prĂ©sident (aujourd’hui BenoĂźt CƓurĂ©) et fonctionne avec des services d’instruction et un collĂšge dĂ©cisionnaire sĂ©parĂ©s pour Ă©viter qu’un instructeur participe Ă  la dĂ©cision.
  • L’AutoritĂ© peut se saisir d’office pour donner des avis consultatifs sur des questions de concurrence et des secteurs, y compris quand les acteurs politiques envisagent une loi susceptible d’affecter la concurrence.
  • MĂȘme si ses avis ne sont pas, en principe, juridiquement contraignants, le Conseil d’État admet un recours pour excĂšs de pouvoir contre un acte lorsqu’il a pour objet d’influer significativement sur les comportements

  • Pour les pratiques anticoncurrentielles, l’AutoritĂ© prononce notamment amendes et injonctions, et les dĂ©cisions sont contestĂ©es exclusivement devant la chambre 5.7 de la CA de Paris, puis devant la Cour de cassation.
  • Pour les concentrations (fusion-acquisition), l’AutoritĂ© statue en autorisant ou en interdisant l’opĂ©ration sans prononcer d’amende, avec un recours ensuite devant le Conseil d’État.

📖 10. LibĂ©ralisation du ferroviaire

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Nouveau pacte ferroviaire : Le nouveau pacte ferroviaire est la rĂ©forme organisĂ©e par la loi n°2018-515 du 27 juin 2018 pour ouvrir le transport ferroviaire de voyageurs Ă  la concurrence et restructurer le groupe public ferroviaire.
  • Ouverture Ă  la concurrence TGV : L’ouverture Ă  la concurrence TGV dĂ©signe la mise en exploitation concurrentielle des lignes TGV Ă  partir d’une date fixĂ©e par la rĂ©forme, sous conditions d’accĂšs au rĂ©seau.
  • Groupe SNCF Ă  capitaux publics : Le groupe SNCF Ă  capitaux publics correspond Ă  la transformation du groupe en sociĂ©tĂ© anonyme Ă  capitaux publics, avec une organisation en SNCF et filiales dĂ©tenues.
  • Reprise de la dette SNCF : La reprise de la dette SNCF est l’allĂšgement dĂ©cidĂ© pour rĂ©duire l’endettement de l’opĂ©rateur historique dans le cadre des nĂ©gociations liĂ©es Ă  la rĂ©forme.

📝 Points essentiels

  • L’exploitation des lignes TGV est ouverte Ă  l’exploitation concurrentielle Ă  compter du 12 dĂ©cembre 2020.
  • Les concurrents peuvent demander l’accĂšs au rĂ©seau national et commander des sillons Ă  compter du 1er janvier 2019.
  • Au 1er janvier 2020, le groupe SNCF se transforme en un groupe unifiĂ© composĂ© de SNCF (sociĂ©tĂ© nationale Ă  capitaux publics dĂ©tenue par l’État), SNCF MobilitĂ©s et SNCF RĂ©seau (filiales dĂ©tenues par la SNCF).
  • L’État s’est engagĂ© Ă  allĂ©ger de 35 milliards d’euros l’endettement de la SNCF, lequel s’élevait Ă  54,5 milliards d’euros au 1er janvier 2017.
  • La rĂ©forme prĂ©voit un nouveau cadre social pour les cheminots afin de tenir compte du fait que des concurrents ne recruteront pas au statut des cheminots.

💡 Astuce mĂ©mo

Repùre les dates : 1/1/2019 pour commander les sillons, 1/1/2020 pour la nouvelle structure SNCF, 12/12/2020 pour l’ouverture TGV.

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
27 septembre 2011CEDH, Menarini : droit de la concurrence Ă  coloration pĂ©nale (punitif et dissuasif) pour l’application du non bis in idem
8 juin 1976CEDH, Engel c. Pays-Bas : critĂšres du non bis in idem (faits + contrevenant + intĂ©rĂȘt juridique protĂ©gĂ©)
4 août 2008Loi LME : transformation du Conseil de la concurrence en Autorité de la concurrence et renforcement des pouvoirs
6 aoĂ»t 2015Loi Macron : extension de compĂ©tence de l’ART (notamment interurbains par autocars et concessions autoroutiĂšres)
17 mars 2014Loi Hamon : action de groupe
27 juin 2018Loi n°2018-515 : nouveau pacte ferroviaire
1er janvier 2019Concurrents : possibilitĂ© de demander l’accĂšs au rĂ©seau national et de commander des sillons
1er janvier 2020Groupe SNCF : transformation en groupe unifié (SNCF + SNCF Mobilités + SNCF Réseau)
12 dĂ©cembre 2020Ouverture Ă  l’exploitation concurrentielle des lignes TGV

📊 Tableaux de synthùse

Public vs privé (contentieux)

VoletBase/objectifEffetsJuge/recours
Contentieux publicMise en Ɠuvre par l’ADLC et la CommissionSanctions dont amende jusqu’à 10 % du CA mondial ; interdiction/autorisation en concentrationsRecours contre dĂ©cision de l’ADLC : Cour d’appel de Paris
Contentieux privĂ©ResponsabilitĂ© civile (article 1240 du Code civil)Indemnisation des victimes (dommages)CompĂ©tences juridictionnelles spĂ©cialisĂ©es ; appel : cour d’appel de Paris

Concentrations : Chicago vs Harvard

ÉcoleIdĂ©e directriceConsĂ©quence sur le contrĂŽle
ChicagoL’accroissement du pouvoir de marchĂ© peut crĂ©er des gains d’efficacitĂ©Moins d’interdictions (contrĂŽle en retrait)
HarvardL’accroissement du pouvoir de marchĂ© peut produire des effets dĂ©lĂ©tĂšres (rentes, dĂ©gradation de la qualitĂ©)Interdiction plus frĂ©quente (contrĂŽle plus rigoureux)

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre concurrence intermodale (types de transports) et concurrence “entre entreprises” sur un mĂȘme marchĂ© pertinent.
  2. Croire que le non bis in idem ne dĂ©pend que de l’identitĂ© des faits : il faut aussi l’identitĂ© du contrevenant et de l’intĂ©rĂȘt juridique protĂ©gĂ© (Engel).
  3. Dire que le contentieux privĂ© a pour base autre chose que l’article 1240 du Code civil : c’est bien une responsabilitĂ© civile indemnitaire.
  4. Oublier que l’AutoritĂ© de la concurrence n’est pas un juge et que ses dĂ©cisions de pratiques sont contestĂ©es exclusivement devant la chambre 5.7 de la CA de Paris.
  5. Se tromper de “marchĂ© pertinent” dans les transports en restant uniquement sur une approche par les prix : selon le cas (p. ex. absence de substitution prix), on bascule sur une approche plus subjective.
  6. Penser que toutes les “concentrations” Ă©chappent au caractĂšre suspensif de la notification : l’effet suspensif est le principe, avec une exception sur certains marchĂ©s boursiers Ă  la discrĂ©tion de l’ADLC.
  7. MĂ©langer exemption individuelle et exemption catĂ©gorielle : l’une est examinĂ©e “au cas par cas”, l’autre s’applique automatiquement sous conditions (avec clauses exclues).

✅ Checklist Examen

  1. Exposer l’objet du droit de la concurrence : protĂ©ger l’ordre public Ă©conomique via la concurrence libre et non faussĂ©e, et identifier le rĂŽle du consommateur au sens large.
  2. DĂ©finir la structure du droit de la concurrence en 4 volets : aides d’État et concentrations (amont), ententes et abus de position dominante (aval), et justifier l’articulation avec la rĂ©gulation en transports.
  3. Distinguer contentieux public et contentieux privé : base/objectif, nature des décisions/sanctions, et voies de recours/indemnisation.
  4. Expliquer pourquoi le droit de la concurrence est Ă  coloration pĂ©nale pour le non bis in idem (Menarini) et rappeler les critĂšres Engel (faits + contrevenant + intĂ©rĂȘt juridique protĂ©gĂ©).
  5. PrĂ©senter l’absence de droit mondial unifiĂ© et l’approche par effets territoriaux (extraterritorialitĂ©), en illustrant l’idĂ©e avec la logique de compĂ©tence et ses enjeux.
  6. Déterminer le marché pertinent : délimitation géographique puis produits/services, et appliquer la méthode de transport (temps global, confort, prix, météo/fiabilité, fréquence), y compris la segmentation des passagers.
  7. ConnaĂźtre le contrĂŽle des concentrations : seuils UE/États membres, mĂ©canisme de renvoi (article 22) en cas d’opĂ©rations sous les seuils, et qualification de la concentration (prise de contrĂŽle/influence dĂ©terminante).
  8. Maßtriser la procédure de concentration : notification et effet suspensif (avec exception boursiÚre), distinction des procédures et logique substantielle (Chicago vs Harvard ; théorie des marchés contestables ;

  9. Qualifier ententes et défenses : ententes horizontales (objet) vs verticales (effets), exemption (individuelle vs catégorielle) et rÚglement de minimis (seuil de 15 %).
  10. Lister les MARL : engagements (article 9 du rĂšglement n°1/2003) et leurs types, transaction (rĂ©duction de 10 %), clĂ©mence (course au rang et fourchettes) et indemnisation (article 1240, faute/prĂ©judice/lien de

  11. DĂ©crire l’ART et la logique ex ante/ex post : collĂšge (mise en demeure), commission des sanctions, missions (ferroviaire + >100 km routier) et pouvoirs (rĂ©glementaire supplĂ©tif/homologation ; enquĂȘtes/accĂšs aux comptes).
  12. PrĂ©senter l’ADLC (origine 1986, prĂ©sidence, sĂ©paration instruction/dĂ©cision, recours) et la libĂ©ralisation ferroviaire (nouveau pacte ferroviaire : dates clĂ©s d’accĂšs/sillons/structure SNCF et ouverture TGV).

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Test your knowledge on Introduction au droit de la concurrence with 11 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quel est l’objectif central du droit de la concurrence en tant qu’ordre public Ă©conomique ?

2. Qu'est-ce que le principe de la concurrence libre et non faussée dans le droit de la concurrence?

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Enjeux du droit de la concurrence

ProtĂ©ger l’économie et le consommateur contre les distorsions.

Principe de concurrence libre

Assure une compétition sans distorsions

Contentieux et institutions

Différents organes sanctionnent ou indemnisent en matiÚre de concurrence.

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