Revision sheet: Introduction au droit des contrats

📋 Plan du Cours

  1. GenĂšse nationale et internationale
  2. Travaux académiques et ordonnance
  3. Contenu de la réforme
  4. Entrée en vigueur et droit transitoire
  5. PérimÚtre du cours
  6. Définition et importance de l'obligation
  7. Sources des obligations
  8. Distinction entre obligations et contrat

📖 1. Genùse nationale et internationale

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit prĂ©torien : Le droit prĂ©torien correspond Ă  l’évolution du droit principalement construite par la jurisprudence, donc moins stable et plus difficile Ă  anticiper.
  • Droit Ă©clatĂ© : Le droit Ă©clatĂ© dĂ©signe l’idĂ©e que le droit des contrats ne relĂšve plus seulement du Code civil, mais se disperse dans des rĂšgles spĂ©ciales concurrençant le droit commun.
  • French Law Bashing : Le French Law Bashing est une tendance Ă  dĂ©nigrer l’image d’un droit français jugĂ© complexe, imprĂ©visible et peu attractif.
  • Principes Unidroit : Les Principes Unidroit relatifs aux contrats visent Ă  proposer des rĂšgles communes pour les contrats du commerce international.

📝 Points essentiels

  • L’ordonnance n° 2016-131 a Ă©tĂ© publiĂ©e le 10 fĂ©vrier 2016 et son entrĂ©e en vigueur a Ă©tĂ© dĂ©calĂ©e au 1er octobre 2016.
  • La rĂ©forme Ă©tait motivĂ©e par un immobilisme du droit des contrats presque inchangĂ© depuis 1804, malgrĂ© l’évolution d’autres branches depuis 2001 Ă  2013.
  • Le dĂ©veloppement du droit prĂ©torien a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme un pĂ©ril car il rendait la rĂšgle moins saisissable et creusait le dĂ©calage avec le droit codifiĂ©.
  • L’éclatement du droit des contrats a Ă©tĂ© illustrĂ© par la concurrence de rĂšgles spĂ©ciales, notamment en consommation (art. L. 132-1) et en commerce (art. L. 442-6-I-2° et L. 442-6-I-5°).
  • À l’international, la rĂ©forme a rĂ©pondu Ă  la perte d’influence du modĂšle français et Ă  des projets d’harmonisation (Principes Unidroit 1994/2004, PECL 1995/2000/2003, projet de code europĂ©en 2000).
  • Le “French Law Bashing” a Ă©tĂ© rattachĂ© aux rapports Doing Business publiĂ©s depuis 2003, qui valorisaient rĂ©guliĂšrement des systĂšmes proches de la Common law.

💡 Astuce mĂ©mo

PrĂ©torien = instable, ÉclatĂ© = dispersĂ©, Harmonisation = rĂšgles partagĂ©es, Bashing = Doing Business vise l’image du droit français.

📖 2. Travaux acadĂ©miques et ordonnance

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Avant-projet Catala : Projet de rĂ©forme du droit des obligations remis au Garde des Sceaux en septembre 2005, restĂ© sans suite politique au moment oĂč il a Ă©tĂ© proposĂ©.
  • Propositions de TerrĂ© : Propositions de rĂ©forme rĂ©digĂ©es sous la direction du professeur TerrĂ©, remises au Garde des Sceaux en 2008, 2011 et 2013 selon les thĂšmes abordĂ©s.
  • Projet d’ordonnance : Texte prĂ©paratoire mis en ligne le 25 fĂ©vrier 2015 par le ministĂšre de la Justice afin de recueillir des observations avant la version finale.
  • Ordonnance du 10 fĂ©vrier 2016 : Ordonnance n° 2016-131 du 10 fĂ©vrier 2016 portant rĂ©forme du droit du contrat, du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et de la preuve des obligations.
  • Loi du 16 fĂ©vrier 2015 : Loi n° 2015-177 du 16 fĂ©vrier 2015 habilitant le Gouvernement Ă  lĂ©gifĂ©rer par ordonnance pour moderniser le droit des contrats.

📝 Points essentiels

  • Avant 2016, de nombreux projets acadĂ©miques (Catala, TerrĂ©, chancellerie) ont Ă©tĂ© discutĂ©s et transmis mais n’ont pas dĂ©passĂ© le stade politique.
  • L’habilitation Ă  lĂ©gifĂ©rer par ordonnance provient de la loi n° 2015-177 du 16 fĂ©vrier 2015.
  • Le projet d’ordonnance a Ă©tĂ© publiĂ© le 25 fĂ©vrier 2015 en invitant le public Ă  formuler des observations, afin d’attĂ©nuer la critique d’un dĂ©ficit dĂ©mocratique.
  • L’ordonnance a Ă©tĂ© publiĂ©e le 10 fĂ©vrier 2016, avant une entrĂ©e en vigueur fixĂ©e au 1er octobre 2016.
  • AprĂšs dĂ©pĂŽt d’un projet de ratification en juin 2017, la loi du 20 avril 2018 a modifiĂ© certains articles, crĂ©ant des questions d’application dans le temps.

💡 Astuce mĂ©mo

2013 (feuille de route) → 2015 (habilitation + consultation) → 2016 (ordonnance, 1er octobre) → 2017/2018 (ratification et modifications).

📖 3. Contenu de la rĂ©forme

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • PĂ©rimĂštre de la rĂ©forme : La rĂ©forme porte sur le droit des contrats, le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et la preuve des obligations, sans toucher le droit de la responsabilitĂ©.
  • Forme de l’ordonnance : Le texte rĂ©formateur compte 286 articles, parfois dĂ©clinĂ©s en sous-points, rĂ©digĂ©s en termes clairs et concis et accompagnĂ©s d’un rapport au PrĂ©sident.
  • Dosage compilation innovation : La rĂ©forme mĂȘle consolidation de solutions acquises par jurisprudence/doctrine et crĂ©ation de rĂšgles nouvelles pour moderniser sans rompre l’esprit du Code civil.
  • RĂ©novations du droit : Les rĂ©novations consistent Ă  intĂ©grer au code des avancĂ©es doctrinales et jurisprudentielles accumulĂ©es depuis plus de deux siĂšcles.
  • Innovations du droit : Les innovations introduisent ou consacrent des mĂ©canismes nouveaux, visibles notamment dans les rĂšgles sur la cause, l’information, les clauses abusives et certains abus du contractant.

📝 Points essentiels

  • La rĂ©forme « sort » le droit de la responsabilitĂ© : elle vise uniquement le droit des contrats, le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et la preuve des obligations.
  • La rĂ©forme est structurĂ©e en 286 articles (avec certains articles en -1, -2), rĂ©digĂ©s de façon claire et concis avec un rapport dense au PrĂ©sident.
  • Plusieurs articles « symboliques » disparaissent, notamment 1134, 1165 et 1184.
  • L’ambition affichĂ©e n’est pas une refonte totale : elle vise la modernisation pour amĂ©liorer l’accessibilitĂ© et la lisibilitĂ© tout en conservant l’esprit du Code civil favorable au consensualisme et protecteur.
  • Les rĂ©novations incluent la distinction entre nullitĂ©s absolue et relative, la consĂ©cration de la caducitĂ© et la description du transfert de la propriĂ©tĂ© et des risques ainsi que de la durĂ©e des contrats.
  • Les innovations mentionnĂ©es incluent l’effacement de la cause derriĂšre ses applications, la clause abusive et le devoir gĂ©nĂ©ral d’information, la violence Ă©conomique et l’abus de faiblesse, ainsi que la rĂ©duction du prix en cas d’exĂ©cution imparfaite.

💡 Astuce mĂ©mo

Compilation + innovation : le code codifie ce qui est dĂ©jĂ  admis et ajoute de nouveaux leviers (information, clauses abusives, abus) pour moderniser sans casser l’esprit civiliste.

📖 4. EntrĂ©e en vigueur et droit transitoire

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Loi du 20 avril 2018 : Loi de ratification publiĂ©e le 20 avril 2018 qui prĂ©cise le sens de certains articles de l’ordonnance et fixe, Ă  partir du 1er octobre 2018, le rĂ©gime applicable aux nouveaux contrats.
  • Effets lĂ©gaux du contrat : IdĂ©e jurisprudentielle selon laquelle certaines rĂšgles nouvelles pourraient s’appliquer immĂ©diatement aux effets d’un contrat, mĂȘme si le contrat a Ă©tĂ© conclu avant la rĂ©forme.
  • Trois pĂ©riodes de contrats : DĂ©coupage temporel de l’application des rĂšgles selon la date de conclusion : avant le 1er octobre 2016, entre le 1er octobre 2016 et le 1er octobre 2018, puis aprĂšs le 1er octobre 2018.

📝 Points essentiels

  • La rĂ©forme s’applique selon la date de conclusion : avant le 1er octobre 2016 (droit antĂ©rieur avec une application ciblĂ©e d’actions interrogatoires), puis entre le 1er octobre 2016 et le 1er octobre 2018 (droit de l’ordonnance), enfin aprĂšs le 1er octobre 2018 (droit de la loi du 20 avril 2018).
  • L’ordonnance du 10 fĂ©vrier 2016 prĂ©voit Ă  son article 9 al. 3 que certaines actions interrogatoires peuvent ĂȘtre exercĂ©es mĂȘme pour des contrats conclus avant le 1er octobre 2016.
  • La loi du 20 avril 2018 exclut l’application du mĂ©canisme fondĂ© sur les « effets lĂ©gaux du contrat » : les contrats conclus avant le 1er octobre 2016 restent soumis au droit ancien, y compris pour leurs effets lĂ©gaux et les dispositions d’ordre public.
  • La jurisprudence applique le droit transitoire tel qu’écrit par le lĂ©gislateur, comme l’illustre la censure prononcĂ©e quand l’article 1186 issu de l’ordonnance a Ă©tĂ© appliquĂ© Ă  un contrat conclu avant le 1er octobre 2016 (Cass. civ. 1Ăšre, 19 septembre 2018, n° 17-24347).
  • Quand une application immĂ©diate stricte est dĂ©licate, la Cour de cassation peut ajuster l’interprĂ©tation de l’ancien droit Ă  la lumiĂšre des textes nouveaux, ce qui rĂ©duit l’écart mais peut crĂ©er une insĂ©curitĂ© juridique.
  • Pour les situations limites, la date de conclusion peut ĂȘtre difficile Ă  identifier, par exemple avec un contrat-cadre, un avenant postĂ©rieur, ou une rĂ©itĂ©ration d’un avant-contrat, ce qui complique le choix entre droit ancien et droit nouveau.

💡 Astuce mĂ©mo

RepĂšre les bornes : 1/10/2016 (ordonnance) puis 1/10/2018 (ratification), et la rĂšgle « pas d’effets lĂ©gaux » pour les contrats avant 1/10/2016.

📖 5. PĂ©rimĂštre du cours

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit du contrat : Le droit du contrat dĂ©signe l’ensemble des rĂšgles civiles qui rĂ©gissent la formation, l’exĂ©cution et l’inexĂ©cution d’un contrat entre parties.
  • Droit des obligations : Le droit des obligations regroupe toutes les situations juridiques oĂč un crĂ©ancier peut exiger une prestation d’un dĂ©biteur, qu’elle soit contractuelle ou non.
  • ResponsabilitĂ© extra-contractuelle : La responsabilitĂ© extra-contractuelle concerne les obligations de rĂ©parer un dommage en dehors de toute relation contractuelle entre les parties.
  • RĂ©gime gĂ©nĂ©ral des obligations : Le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral des obligations prĂ©sente les rĂšgles transversales applicables aux obligations, au-delĂ  du seul contrat.
  • Preuve des obligations : La preuve des obligations traite des moyens et rĂšgles permettant d’établir l’existence et le contenu d’une obligation.

📝 Points essentiels

  • Le cours porte exclusivement sur le droit du contrat, partie du droit des obligations, et exclut la responsabilitĂ© extra-contractuelle.
  • Le Livre III du Code civil distingue, au Titre III, le contrat (ST 1), la responsabilitĂ© extra-contractuelle (ST 2) et les autres sources d’obligations (ST 3).
  • Le cours n’aborde pas le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral des obligations (Titres IV et IV bis) ni la preuve des obligations (Titre IV bis).
  • MalgrĂ© une prĂ©sentation pĂ©dagogique, le droit des obligations a une homogĂ©nĂ©itĂ© gĂ©nĂ©rale, qui dĂ©passe le seul contrat.

💡 Astuce mĂ©mo

Contrat = seulement la branche ST1 : le reste (ST2, ST3, preuves, rĂ©gime gĂ©nĂ©ral) n’est pas traitĂ© ici.

📖 6. DĂ©finition et importance de l'obligation

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Obligation : L’obligation est un lien de droit entre un crĂ©ancier et un dĂ©biteur permettant au crĂ©ancier d’exiger une prestation du dĂ©biteur.
  • CrĂ©ancier et dĂ©biteur : Le crĂ©ancier est le sujet actif qui peut exiger, tandis que le dĂ©biteur est le sujet passif tenu de fournir l’exigence correspondante.
  • OmniprĂ©sence des obligations : L’idĂ©e d’omniprĂ©sence dĂ©signe le fait que des obligations apparaissent dans la plupart des systĂšmes juridiques et irriguent de multiples branches du droit.

📝 Points essentiels

  • L’article 1100 du Code civil Ă©voque la naissance de l’obligation sans en donner une dĂ©finition gĂ©nĂ©rale.
  • Toutes les obligations du langage courant ne sont pas des obligations au sens civiliste car il faut un crĂ©ancier vĂ©ritable disposant d’un droit d’exiger.
  • L’obligation s’entend comme un vinculum juris unissant deux personnes, oĂč l’une peut exiger quelque chose de l’autre.
  • Le droit des obligations occupe une place centrale en droit civil et sert de base pour comprendre beaucoup d’autres disciplines juridiques.
  • La prĂ©sence des obligations en droit de la famille, des affaires et du social s’explique notamment par la multiplication des contrats et engagements qui produisent des prestations exigibles.
  • L’importance du droit des obligations s’explique aussi par une dimension historique (racines romaines) et par une logique d’ensemble souvent prĂ©sentĂ©e comme abstraite et cohĂ©rente.

💡 Astuce mĂ©mo

Obligation = « créancier exige » : lien de droit entre celui qui réclame et celui qui doit.

📖 7. Sources des obligations

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Acte juridique : Un acte juridique est une manifestation de volontĂ© destinĂ©e Ă  produire des effets de droit, qu’elle soit conventionnelle ou unilatĂ©rale, et soumise aux rĂšgles des contrats pour sa validitĂ© et ses effets.
  • Fait juridique : Un fait juridique est un agissement ou un Ă©vĂ©nement auquel la loi attache des effets de droit, sans que ces effets dĂ©pendent directement de la volontĂ© des personnes.
  • Obligation naturelle : Une obligation naturelle est une obligation nĂ©e de l’exĂ©cution volontaire ou de la promesse d’exĂ©cuter un devoir de conscience envers autrui, en principe non exĂ©cutoire de force au dĂ©part.
  • Article 1100 du Code civil : L’article 1100 du Code civil Ă©numĂšre les grandes façons dont naissent les obligations, en distinguant actes juridiques, faits juridiques et autoritĂ© seule de la loi.

📝 Points essentiels

  • Les obligations naissent d’actes juridiques, de faits juridiques, ou de l’autoritĂ© seule de la loi, et elles peuvent aussi naĂźtre de l’exĂ©cution volontaire ou de la promesse d’exĂ©cuter un devoir de conscience envers autrui.
  • Les actes juridiques sont des manifestations de volontĂ© visant des effets de droit, et ils peuvent ĂȘtre conventionnels ou unilatĂ©raux tout en Ă©tant rĂ©gis, quant Ă  leurs effets et leur validitĂ©, par les rĂšgles des contrats.
  • Les faits juridiques sont des Ă©vĂ©nements ou agissements auxquels la loi attache des effets de droit, et les obligations nĂ©es de ces faits relĂšvent soit de la responsabilitĂ© extracontractuelle, soit des autres sources d’obligations.
  • Une obligation naturelle n’est en principe pas susceptible d’exĂ©cution forcĂ©e, mais elle devient une obligation civile lorsque le dĂ©biteur s’engage Ă  l’exĂ©cuter ou commence Ă  l’exĂ©cuter.
  • Pour retenir la transformation d’une obligation naturelle en obligation civile, les juges du fond apprĂ©cient souverainement si l’engagement ou la promesse Ă©tait suffisamment rĂ©flĂ©chi et dĂ©nuĂ© d’équivoque.

💡 Astuce mĂ©mo

Naissance en 3 temps : actes (volontĂ©) ‱ faits (Ă©vĂ©nement) ‱ loi (autoritĂ©), + devoir de conscience (promesse/exĂ©cution).

📖 8. Distinction entre obligations et contrat

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Obligations : Les obligations sont des liens de droit qui imposent Ă  un dĂ©biteur un comportement envers un crĂ©ancier, quelle que soit leur source.
  • Contrat : Le contrat est un accord de volontĂ©s entre deux ou plusieurs personnes destinĂ© Ă  crĂ©er, modifier, transmettre ou Ă©teindre des obligations.
  • Sources des obligations : Les obligations proviennent d’actes juridiques, de faits juridiques ou de la seule autoritĂ© de la loi, avec aussi l’exĂ©cution volontaire ou la promesse d’un devoir de conscience.

📝 Points essentiels

  • Les obligations naissent notamment d’actes juridiques, de faits juridiques ou de la loi, tandis que le contrat est une forme particuliĂšre d’acte juridique crĂ©ateur d’obligations.
  • Un contrat est un accord de volontĂ©s destinĂ© non seulement Ă  crĂ©er des obligations, mais aussi Ă  les modifier, les transmettre ou les Ă©teindre.
  • La dĂ©finition du contrat met de cĂŽtĂ© la trilogie donner, faire, ne pas faire au profit de l’accord de volontĂ© et de ses effets sur les obligations.
  • Contrairement aux obligations, le contrat n’est pas une source autonome unique : il n’est qu’une des maniĂšres dont des obligations peuvent naĂźtre via un acte juridique.

💡 Astuce mĂ©mo

Obligations = effet (lien de droit), Contrat = outil (accord de volontés) : penser 1101 « créer/modifier/transmettre/éteindre ».

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
10 fĂ©vrier 2016Publication de l’ordonnance n° 2016-131 rĂ©formant le droit du contrat, le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et la preuve des obligations
1er octobre 2016Entrée en vigueur de la réforme du droit des contrats
25 fĂ©vrier 2015Publication du projet d’ordonnance pour recueillir les observations du public
16 février 2015Loi n° 2015-177 habilitant le Gouvernement à légiférer par ordonnance pour moderniser le droit des contrats
27 novembre 2013DĂ©pĂŽt au SĂ©nat du projet de loi dont l’article 3 autorise le Gouvernement Ă  lĂ©gifĂ©rer par ordonnance
2001Exemple international de réforme du droit des obligations (Allemagne) mentionné dans la genÚse internationale
2003Début de la succession des rapports Doing Business cités pour expliquer la tendance au « French Law Bashing »
19 septembre 2018Cass. civ. 1Ăšre : censure liĂ©e Ă  une application de l’article 1186 issu de l’ordonnance Ă  un contrat conclu avant le 1er octobre 2016
20 avril 2018Loi de ratification modifiant le sens de certains articles de l’ordonnance à compter du 1er octobre 2018
1er octobre 2018Entrée en application de la loi du 20 avril 2018 (régime applicable aux nouveaux contrats)

📊 Tableaux de synthùse

Trois régimes selon la date de conclusion

Date de conclusionDroit applicableRemarques clés
Avant le 1er octobre 2016Droit antĂ©rieurApplicabilitĂ© possible de certaines actions interrogatoires via l’art. 9 al. 3 de l’ordonnance
Entre le 1er octobre 2016 et le 1er octobre 2018Textes de l’ordonnanceLecture à la lumiùre de la loi du 20 avril 2018 (art. 16-I) pour certains articles
AprĂšs le 1er octobre 2018Loi du 20 avril 2018Prendre en compte les modifications introduites par cette loi (contrat d’adhĂ©sion, caducitĂ© de l’offre, dol, dĂ©sĂ©quilibre significatif, rĂ©duction de prix, etc.)

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre droit prétorien et droit codifié : le prétorien est présenté comme fluctuant et décalé par rapport au droit écrit.
  2. Croire que la réforme « refond » toute la responsabilité : elle ne porte que sur le droit des contrats, le régime général et la preuve (pas la responsabilité extra-contractuelle).
  3. Appliquer automatiquement le droit nouveau Ă  un contrat ancien : la rĂšgle dĂ©pend d’abord de la date de conclusion, et la loi du 20 avril 2018 exclut le mĂ©canisme des « effets lĂ©gaux du contrat ».
  4. Oublier que la loi du 20 avril 2018 modifie le sens de certains articles de l’ordonnance : entre 2016 et 2018, certains textes doivent ĂȘtre lus avec ces modifications.
  5. MĂ©langer contrat et obligations : le contrat est une maniĂšre de crĂ©er/modifier/transmettre/Ă©teindre des obligations, mais n’est pas une « source unique » autonome.
  6. Appeler « obligation » toute contrainte du langage courant (obligation sociale, militaire, Ă©tudiante) : en droit civil, il faut un crĂ©ancier et un droit d’exiger.
  7. Confondre acte juridique et fait juridique : l’acte est une manifestation de volontĂ© visant des effets de droit, le fait produit des effets indĂ©pendamment de la volontĂ©.

✅ Checklist Examen

  1. Reconstituer la genĂšse : expliquer les raisons nationales (immobilisme depuis 1804, pĂ©ril du droit prĂ©torien, menace d’un droit Ă©clatĂ©) et internationales (perte d’influence, projets d’harmonisation, « French Law Bashing »).
  2. Exposer la mĂ©thode de rĂ©forme : rappeler les travaux acadĂ©miques Ă©voquĂ©s puis le recours aux ordonnances (projet de loi du 27 novembre 2013, loi d’habilitation du 16 fĂ©vrier 2015).
  3. Rappeler la chronologie procĂ©durale : publication du projet d’ordonnance le 25 fĂ©vrier 2015, publication de l’ordonnance le 10 fĂ©vrier 2016, puis ratification (loi du 20 avril 2018) et son incidence sur l’application dans le temps.
  4. DĂ©crire le pĂ©rimĂštre : distinguer droit des contrats, rĂ©gime gĂ©nĂ©ral et preuve des obligations d’une part, et exclure la responsabilitĂ© extra-contractuelle de l’autre.
  5. MaĂźtriser la « forme » et la « structure » : retenir l’existence de 286 articles (dont certains -1/-2) et la disparition d’articles symboliques citĂ©s (1134, 1165, 1184).
  6. Savoir caractĂ©riser le « dosage » compilation/innovation : distinguer rĂ©novations (consĂ©crations depuis prĂšs de deux siĂšcles) et innovations (clause abusive, devoir gĂ©nĂ©ral d’information, violence Ă©conomique, abus de faiblesse, rĂ©duction du prix, effacement de la cause derriĂšre ses applications, etc.).
  7. Exposer l’entrĂ©e en vigueur : appliquer le dĂ©coupage temporel (avant 1er octobre 2016 / entre 1er octobre 2016 et 1er octobre 2018 / aprĂšs 1er octobre 2018) et prĂ©ciser l’idĂ©e d’application/lecture selon la date de conclusion.
  8. Justifier le traitement des contrats anciens : rappeler l’art. 9 al. 3 (actions interrogatoires) et la condamnation de la thĂ©orie des « effets lĂ©gaux du contrat » par la loi du 20 avril 2018.
  9. Comprendre le cours : dĂ©finir l’obligation en « vinculum juris » (crĂ©ancier dĂ©biteur) et expliquer pourquoi le cours traite du contrat comme partie du droit des obligations (Livre III ST1 uniquement).
  10. DĂ©finir les sources des obligations Ă  partir du plan 1100 : distinguer actes juridiques, faits juridiques et autoritĂ© seule de la loi, puis expliquer l’obligation naturelle (non exĂ©cutoire en principe puis transformation en obligation civile).
  11. Différencier obligation et contrat : rappeler que le contrat est un acte juridique et donner la définition 1101 (accord de volontés créant/modifiant/transmettant/éteignant des obligations).

Test your knowledge

Test your knowledge on Introduction au droit des contrats with 16 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quel élément caractérise le droit prétorien dans la genÚse de la réforme du droit des contrats ?

2. À quoi renvoie l’expression « French Law Bashing » dans la genĂšse internationale de la rĂ©forme ?

Take the quiz →

Review with flashcards

Memorize the key concepts of Introduction au droit des contrats with 16 interactive flashcards.

Droit prĂ©torien — dĂ©finition ?

Évolution du droit par jurisprudence, moins stable.

Droit Ă©clatĂ© — concept ?

Droit des contrats dispersé dans des rÚgles spéciales.

French Law Bashing — but ?

DĂ©nigrer l’image d’un droit français complexe et peu attractif.

See flashcards →

Similar courses

Create your own revision sheets

Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.

Sheet generator