Revision sheet: Introduction au droit des violences et conflits

Plan du Cours

  1. Violences conjugales : ampleur et facteurs
  2. Catégories de violences conjugales et dépÎts de plainte
  3. Qualification pénale et logique civiliste de protection
  4. Cycle des violences : contrĂŽle coercitif et emprise
  5. Ordonnance de protection : conditions et procédure
  6. Ordonnance provisoire de protection et rĂŽle du procureur
  7. Jus in bello : limitation des méthodes de combat
  8. Jus ad bellum : encadrement progressif du recours Ă  la guerre
  9. Droit actuel : interdiction de la force et exceptions
  10. LĂ©gitime dĂ©fense et cas d’école Ukraine 2022
  11. Discriminations de genre : notions et place en droit français
  12. Typologie des discriminations : directe, indirecte, association

1. Violences conjugales : ampleur et facteurs

Notions clés & Définitions

  • Convention internationale : TraitĂ© international visant Ă  faire disparaĂźtre les violences dirigĂ©es contre les femmes, en incitant les États Ă  mettre en place des dispositifs de lutte.
  • ContrĂŽle coercitif : MĂ©canisme cĂŽtĂ© auteur oĂč le comportement vise Ă  dominer la victime par un contrĂŽle progressif, souvent en commençant par l’isolement et le dĂ©nigrement.
  • Emprise : MĂ©canisme cĂŽtĂ© victime oĂč s’installent doute, peur et culpabilitĂ©, avec une dĂ©valorisation et un sentiment d’impunitĂ©.
  • Violences physiques : CatĂ©gorie de violences le plus souvent rapportĂ©e, dont la gravitĂ© est apprĂ©ciĂ©e en pĂ©nal notamment via l’ITT et ses aggravations.
  • Violences psychologiques : CatĂ©gorie de violences plus difficile Ă  mesurer, car les faits sont moins facilement objectivables que les violences physiques.

Points essentiels

  • En 2023, les chiffres enregistrĂ©s par la police augmentent de plus de 10 % par rapport Ă  2022, ce qui pose la question d’une hausse rĂ©elle et/ou d’une meilleure prise de parole.
  • Le nombre de femmes tuĂ©es par leur conjoint est globalement stable, avec une lĂ©gĂšre baisse pendant la pĂ©riode de covid, possiblement liĂ©e Ă  la fermeture de lieux de consommation d’alcool.
  • Environ 80 % des victimes sont des femmes, mais des violences existent aussi contre les hommes, avec une difficultĂ© accrue Ă  les dĂ©clarer et Ă  ĂȘtre pris au sĂ©rieux.
  • La majoritĂ© des violences est liĂ©e Ă  l’alcool ou Ă  la drogue, prĂ©sent comme facteur dans les situations rapportĂ©es.
  • Dans 8 cas sur 10, la violence subie par une femme implique aussi un enfant, et l’exposition suffit Ă  causer des traumatismes durables.
  • Les violences sont majoritairement physiques (plus de 64 %), puis psychologiques, puis sexuelles, et les plaintes sont plus frĂ©quentes aprĂšs des violences physiques car elles servent plus facilement de preuves.

Astuce mémo

Alcool + enfants + 64% : la “triple alerte” des violences conjugales (facteur alcool/drogue, enfant exposĂ©, prĂ©dominance des violences physiques).

2. Catégories de violences conjugales et dépÎts de plainte

Notions clés & Définitions

  • Emprise : L’emprise est un mĂ©canisme psychologique oĂč la victime vit un doute permanent, une peur et une culpabilitĂ©, avec dĂ©valorisation et sentiment d’impunitĂ©.
  • Action pĂ©nale : L’action pĂ©nale est la voie qui vise Ă  engager des poursuites contre l’auteur des violences.
  • Logique civiliste : La logique civiliste est la voie qui permet d’obtenir rapidement des mesures de protection pour la victime et, selon le cas, les enfants.
  • Ordonnance de protection : L’ordonnance de protection est une dĂ©cision d’urgence du juge aux affaires familiales destinĂ©e Ă  protĂ©ger la victime de violences au sein du couple.
  • Juge aux affaires familiales : Le juge aux affaires familiales (JAF) est la juridiction compĂ©tente pour dĂ©livrer en urgence l’ordonnance de protection.

Points essentiels

  • Les violences conjugales s’inscrivent dans un cycle oĂč l’emprise nourrit ensuite des violences physiques, souvent avec une augmentation de l’intensitĂ©.
  • En droit, deux logiques coexistent : l’action pĂ©nale pour poursuivre et la logique civiliste pour protĂ©ger rapidement.
  • La protection civile ne doit pas ĂȘtre conditionnĂ©e au dĂ©pĂŽt de plainte, mais les chiffres montrent que l’ordonnance est plus souvent dĂ©livrĂ©e aprĂšs une plainte.
  • L’ordonnance de protection vise les violences au sein du couple (mariage, pacs, concubinage) et aussi avec un ancien conjoint/partenaire, mĂȘme sans cohabitation.
  • L’ordonnance de protection ne s’étend pas aux enfants : leur situation relĂšve du juge des enfants.
  • Pour obtenir l’ordonnance, la victime doit Ă©tablir cumulativement des raisons sĂ©rieuses et des raisons de considĂ©rer les faits comme vraisemblables, ainsi qu’un danger pour la victime ou les enfants (ex. cycle, menace de

Astuce mémo

Emprise → Peur + culpabilitĂ© → violences qui montent.

3. Qualification pénale et logique civiliste de protection

Notions clés & Définitions

  • Bracelet anti rapprochement (BAR) : Mesure de protection ordonnĂ©e par le juge pour organiser la sĂ©paration du couple et empĂȘcher les rapprochements.
  • Organisation des charges et du logement : Volet civil de protection permettant au juge de rĂ©partir le paiement des charges et d’attribuer le logement pendant la sĂ©paration.
  • Organisation des relations avec les enfants : Volet civil de protection qui encadre les rencontres parent-enfant et prĂ©voit la pension des enfants.
  • Circonstance aggravante de lien familial : Qualification pĂ©nale oĂč la relation de couple ou familiale renforce la gravitĂ© des faits et peut augmenter les peines.
  • CRPC (reconnaissance prĂ©alable de culpabilitĂ©) : ProcĂ©dure pĂ©nale française permettant un jugement rapide de certains dĂ©lits lorsque l’auteur reconnaĂźt sa culpabilitĂ©, Ă  la demande du procureur ou de l’auteur.

Points essentiels

  • Le BAR (art. 515-11) sert Ă  organiser la sĂ©paration du couple, notamment le paiement des charges et le logement.
  • Les mesures de protection ne sont pas indĂ©finies : leur durĂ©e a Ă©tĂ© allongĂ©e de 6 Ă  12 mois, avec prolongation en cas de procĂ©dure de divorce pour les couples concernĂ©s.
  • En matiĂšre d’enfants, le juge organise les rencontres dans des lieux prĂ©vus et fixe la pension des enfants.
  • Les violences sont des infractions quel que soit le profil de l’auteur ou de la victime, et certaines circonstances aggravent la qualification (notamment l’alcool et la qualitĂ© de concubin, pacsĂ© ou mariĂ©).
  • Si les violences entraĂźnent la mort, la peine est la rĂ©clusion criminelle Ă  perpĂ©tuitĂ©, intentionnelle ou non.
  • Si les violences n’entraĂźnent pas la mort, la peine est de 15 ans de rĂ©clusion criminelle, avec une aggravation Ă  20 ans lorsque l’auteur est concubin (et aggravations possibles, dont l’alcool).

Astuce mémo

BAR = « séparation + charges + logement » ; 12 mois (puis divorce)

4. Cycle des violences : contrĂŽle coercitif et emprise

Notions clés & Définitions

  • Technique : La technique dĂ©signe un ensemble de procĂ©dures humaines visant Ă  modifier la rĂ©alitĂ© pour produire un rĂ©sultat.
  • TechnĂȘ : La technĂȘ renvoie Ă  l’idĂ©e de construire ou fabriquer, distincte du simple savoir contemplatif.
  • CapacitĂ© technique : La capacitĂ© technique est la facultĂ© humaine de transformer la matiĂšre Ă  son profit, vue comme un signe d’intelligence.
  • Domination raisonnable de la nature : La domination raisonnable de la nature est l’idĂ©e selon laquelle la technique sert d’instrument de maĂźtrise du monde par l’humanitĂ©.
  • Mahcinisme : Le machinisme est une logique de production fondĂ©e sur la rĂ©pĂ©tition sans fin des mĂ©thodes de fabrication.

Points essentiels

  • Platon distingue la technique de la nature physique et l’oppose Ă  la vie contemplative du savoir, en la reliant Ă  l’action et Ă  l’intĂ©rĂȘt.
  • À partir de 1841, la technique prend un sens nouveau : des procĂ©dures empiriques utilisĂ©es pour produire une Ɠuvre ou obtenir un rĂ©sultat.
  • Au 20e siĂšcle, la technique renvoie surtout Ă  des activitĂ©s industrielles spĂ©cifiques et Ă  la production d’objets non naturels.
  • Selon AndrĂ© Leroi-Gourhan, la technique est un signe du dĂ©veloppement de l’intelligence, liĂ©e Ă  l’apparition des gestes humains.
  • Selon Simondon, l’homme doit rester coordinateur et inventeur de la machine, et le problĂšme apparaĂźt quand il ne la contrĂŽle plus.
  • Jaspers (1935) avertit que les technologies peuvent menacer la libertĂ© humaine si le progrĂšs n’est pas rĂ©flĂ©chi en termes de sens et d’existence.

Astuce mémo

Technique = action sur le rĂ©el (pas contemplation) ; si la machine prend le contrĂŽle → perte de libertĂ©.

5. Ordonnance de protection : conditions et procédure

Notions clés & Définitions

  • Ordonnance de protection : DĂ©cision de justice destinĂ©e Ă  protĂ©ger rapidement une personne contre des violences ou menaces, en imposant des mesures immĂ©diates.
  • Conditions de dĂ©livrance : Ensemble des critĂšres juridiques permettant au juge de vĂ©rifier qu’une ordonnance de protection est justifiĂ©e et nĂ©cessaire.
  • ProcĂ©dure de demande : Suite d’actes permettant de saisir le juge pour obtenir une ordonnance de protection et faire statuer dans un dĂ©lai bref.
  • Mesures de protection : Dispositions imposĂ©es par le juge pour rĂ©duire le risque (interdictions, Ă©loignement ou autres obligations) pendant la pĂ©riode couverte par l’ordonnance.

Points essentiels

  • Le juge apprĂ©cie la nĂ©cessitĂ© de la protection au regard des faits allĂ©guĂ©s et du risque pour la personne demandant la protection.
  • La demande d’ordonnance de protection se fait par une saisine du juge compĂ©tent, avec des Ă©lĂ©ments permettant d’établir la situation de danger.
  • La procĂ©dure vise une rĂ©ponse rapide, afin que les mesures soient effectives sans attendre la fin d’une procĂ©dure au fond.
  • Les mesures prononcĂ©es sont adaptĂ©es au risque et peuvent inclure des interdictions ou des obligations visant Ă  empĂȘcher la rĂ©itĂ©ration des violences ou menaces.
  • L’ordonnance encadre la pĂ©riode de protection et peut prĂ©voir des modalitĂ©s concrĂštes de mise en Ɠuvre des mesures dĂ©cidĂ©es.
  • Le respect des mesures imposĂ©es par l’ordonnance conditionne la protection effective et peut entraĂźner des consĂ©quences en cas de non-respect.

6. Ordonnance provisoire de protection et rĂŽle du procureur

Notions clés & Définitions

  • Ordonnance provisoire de protection : DĂ©cision judiciaire provisoire destinĂ©e Ă  protĂ©ger rapidement une personne en cas de danger, en attendant qu’une dĂ©cision au fond soit rendue.
  • Procureur de la RĂ©publique : Magistrat du ministĂšre public chargĂ© de veiller Ă  l’application de la loi et d’agir dans l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, notamment dans les procĂ©dures de protection.
  • Justice prĂ©dictive : Approche visant Ă  anticiper ce que dĂ©cideraient les tribunaux Ă  partir de donnĂ©es et de modĂšles, sans garantir une certitude absolue.
  • SystĂšmes experts : SystĂšmes d’IA conçus pour produire une dĂ©cision Ă  partir de rĂšgles explicites, inspirĂ©s du raisonnement d’experts.
  • Machine learning : Technique d’IA oĂč la machine apprend Ă  partir de donnĂ©es et ajuste ses rĂšgles internes pour produire une prĂ©diction ou une dĂ©cision.

Points essentiels

  • Une ordonnance provisoire de protection vise une rĂ©ponse rapide face Ă  un risque, avant la dĂ©cision dĂ©finitive sur le fond.
  • Le procureur intervient comme acteur du ministĂšre public, en lien avec la protection et la rĂ©gularitĂ© de la procĂ©dure.
  • « PrĂ©dire » en droit ne signifie pas certitude : l’anticipation reste probabiliste et dĂ©pend d’alĂ©as humains et d’incertitudes cognitives.
  • Les modĂšles d’IA ne reproduisent pas forcĂ©ment le raisonnement exact d’un expert : ils peuvent viser surtout le rĂ©sultat, pas le processus.
  • Les systĂšmes experts reposent sur des rĂšgles explicites, mais l’expertise rĂ©elle peut ne pas suivre des rĂšgles formalisĂ©es de façon reproductible.
  • Le machine learning dĂ©place la difficultĂ© vers le modĂšle sous-jacent : il faut comprendre sur quoi la machine s’appuie, pas seulement coder l’outil.

Astuce mémo

Ordonnance = protection immédiate ; Procureur = gardien de la procédure ; Prédire = anticiper, jamais certifier.

7. Jus in bello : limitation des méthodes de combat

Notions clés & Définitions

  • Jus in bello : En droit international, le jus in bello dĂ©signe l’ensemble des rĂšgles applicables pendant la guerre, notamment sur les mĂ©thodes de combat autorisĂ©es.
  • Jus ad bellum : En droit international, le jus ad bellum regroupe les rĂšgles qui encadrent le recours Ă  la force et le dĂ©clenchement de la guerre.
  • Droit de la guerre : Le droit de la guerre correspond au cadre juridique qui organise l’usage de la force armĂ©e et ses limites.
  • Grotius : Hugo Grotius est prĂ©sentĂ© comme un auteur fondateur qui conteste l’idĂ©e que la guerre serait incompatible avec tout droit.

Points essentiels

  • Le jus in bello vise Ă  limiter les mĂ©thodes de combat, donc Ă  encadrer ce qui est permis pour nuire Ă  l’adversaire.
  • Le jus in bello cherche aussi Ă  rĂ©duire les dĂ©gĂąts causĂ©s pendant les hostilitĂ©s.
  • Le jus ad bellum concerne le droit d’aller Ă  la guerre, tandis que le jus in bello concerne le droit pendant la guerre.
  • Le droit de la guerre est historiquement prĂ©sentĂ© comme ayant d’abord Ă©tĂ© perçu comme antinomique avec la guerre, car on opposait juristes et militaires.
  • Grotius (1625) affirme qu’il existe un droit applicable Ă  la guerre et que la guerre connaĂźt des limites juridiques.
  • Le courant « paix par le droit » soutient que des rĂšgles et institutions peuvent traiter la guerre comme un phĂ©nomĂšne social Ă  contenir juridiquement.

Astuce mémo

In bello = pendant la bataille (mĂ©thodes et dĂ©gĂąts) ; ad bellum = avant la bataille (droit d’y aller).

8. Jus ad bellum : encadrement progressif du recours Ă  la guerre

Notions clés & Définitions

  • Jus ad bellum : Droit encadrant l’accĂšs Ă  la guerre, c’est-Ă -dire les conditions juridiques permettant de recourir Ă  la force armĂ©e.
  • Guerre juste : ThĂ©orie selon laquelle une guerre serait lĂ©gitime seulement si elle poursuit une cause moralement juste.
  • Guerre licite : IdĂ©e selon laquelle une guerre est acceptable lorsqu’elle est menĂ©e conformĂ©ment au droit en vigueur.
  • Pacte de la SociĂ©tĂ© des Nations : Accord instituant des mĂ©canismes de rĂšglement des litiges et imposant un dĂ©lai avant tout recours Ă  la guerre.
  • Pacte Briand-Kellogg : TraitĂ© visant une condamnation radicale du recours Ă  la guerre pour rĂ©gler les diffĂ©rends internationaux.

Points essentiels

  • La distinction centrale oppose le jus in bello (droit pendant la guerre) au jus ad bellum (droit d’y recourir).
  • La logique de la guerre juste est critiquĂ©e car, dĂšs qu’un pouvoir souverain dĂ©cide d’entrer en guerre, la cause tend Ă  ĂȘtre prĂ©sentĂ©e comme juste par nature.
  • Le basculement au XIXe siĂšcle conduit Ă  raisonner en termes de guerre licite, c’est-Ă -dire conforme au droit plutĂŽt qu’à la seule moralitĂ© de la cause.
  • Le traitĂ© de Versailles (1919) et le pacte de la SDN prĂ©voient Ă  l’article 12 un dĂ©lai de 3 mois aprĂšs la sentence arbitrale ou le rapport du conseil avant tout recours Ă  la guerre.
  • Le pacte de Paris du 27 aoĂ»t 1928 (Briand-Kellogg) condamne le recours Ă  la guerre pour rĂ©gler les litiges internationaux et organise un renoncement Ă  la guerre comme instrument de politique internationale.
  • MalgrĂ© ces rĂšgles, la Seconde Guerre mondiale survient et des États contournent l’engagement (exemples citĂ©s : Italie quittant la SDN et annexant l’Éthiopie, Allemagne).

Astuce mémo

Cause→guerre : la thĂ©orie « guerre juste » est renversĂ©e par l’idĂ©e « c’est la guerre qui sanctifie la cause » ; ensuite on remplace par « guerre licite » (conforme au droit).

9. Droit actuel : interdiction de la force et exceptions

Notions clés & Définitions

  • Pacte de Paris : TraitĂ© international signĂ© en 1928 qui vise Ă  condamner radicalement le recours Ă  la guerre pour rĂ©gler des litiges internationaux.
  • Pacte Briand-Kellogg : Accord de 1928 qui renonce Ă  la guerre comme instrument de politique internationale et cherche Ă  rendre la guerre injustifiable.
  • Charte des Nations unies : Texte fondateur qui consolide l’interdiction de l’emploi de la force et encadre les seules situations oĂč la force peut ĂȘtre utilisĂ©e.
  • Article 51 de la Charte : Disposition de la Charte qui autorise l’usage de la force en cas de lĂ©gitime dĂ©fense individuelle ou collective face Ă  une attaque armĂ©e.
  • Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU : Organe de l’ONU pouvant autoriser le recours Ă  la force, ce qui constitue une exception Ă  l’interdiction gĂ©nĂ©rale.

Points essentiels

  • Le Pacte de Paris et le pacte Briand-Kellogg (27 aoĂ»t 1928) visent une condamnation radicale de la guerre et un renoncement Ă  la guerre pour rĂ©gler les diffĂ©rends.
  • La Charte des Nations unies impose aux États de s’abstenir de l’emploi de la force et de la menace contre l’intĂ©gritĂ© territoriale ou tout acte contraire Ă  la Charte.
  • Il n’existe pas de guerre licite au sens de la rĂšgle gĂ©nĂ©rale : l’emploi de la force est prohibĂ© sauf exceptions prĂ©vues par la Charte.
  • Deux exceptions structurent le droit actuel : la lĂ©gitime dĂ©fense (art. 51) et l’autorisation du Conseil de sĂ©curitĂ©.
  • La lĂ©gitime dĂ©fense (art. 51) suppose une attaque armĂ©e et vise la dĂ©fense contre l’agression, pas une simple perception d’un risque futur.
  • Le Conseil de sĂ©curitĂ© peut autoriser l’usage de la force, ce qui sert de mĂ©canisme de mise en Ɠuvre pour Ă©viter qu’une victime reste sans recours.

Astuce mémo

1928 = « guerre condamnée » ; 1945+ = « force interdite sauf art. 51 ou Conseil de sécurité ».

10. LĂ©gitime dĂ©fense et cas d’école Ukraine 2022

Notions clés & Définitions

  • Genre : Le genre dĂ©signe la maniĂšre dont une personne se perçoit et les rĂŽles/comportements sociaux associĂ©s, construits par la sociĂ©tĂ© et la culture.
  • Sexe : Le sexe renvoie Ă  une donnĂ©e biologique, distincte du genre qui relĂšve des catĂ©gories et attentes sociales.
  • StĂ©rĂ©otypes : Les stĂ©rĂ©otypes sont des croyances simplificatrices sur des groupes de personnes, qui peuvent influencer les jugements et comportements.
  • Discrimination : La discrimination est un traitement dĂ©favorable fondĂ© sur un critĂšre interdit par la loi, dans une situation comparable.
  • Discrimination indirecte : La discrimination indirecte vise une pratique apparemment neutre qui crĂ©e un dĂ©savantage particulier pour des personnes partageant un critĂšre prohibĂ©.

Points essentiels

  • Le genre n’est pas dĂ©fini par une loi unique et son pĂ©rimĂštre est discutĂ©, car il recouvre aussi des comportements genrĂ©s et des idĂ©es sociales.
  • En droit français, le modĂšle administratif reste centrĂ© sur le sexe avec une identification fondĂ©e sur la binaritĂ©, sans reconnaissance juridique de l’intersexe.
  • La Convention d’Istanbul (2011) vise la lutte contre les violences Ă  l’égard des femmes fondĂ©es sur le genre et promeut l’égalitĂ© entre femmes et hommes dans tous les domaines.
  • Le passage des stĂ©rĂ©otypes Ă  la discrimination se fait par un glissement du jugement mental (prĂ©jugĂ©) vers un acte de traitement dĂ©favorable.
  • La discrimination directe correspond Ă  un traitement moins favorable fondĂ© directement sur un critĂšre interdit, dans une situation comparable.
  • La discrimination indirecte suppose une pratique neutre en apparence qui, une fois appliquĂ©e, dĂ©savantage particuliĂšrement des personnes liĂ©es au critĂšre prohibĂ©, sauf justification par but lĂ©gitime et moyens nĂ©cessaires

Astuce mémo

Genre = G comme « rÎles sociaux » (pas biologique) ; Sexe = S comme « données biologiques ».

11. Discriminations de genre : notions et place en droit français

Notions clés & Définitions

  • DiffĂ©rence de traitement autorisĂ©e : La diffĂ©rence de traitement est admise en droit lorsqu’elle poursuit un objectif lĂ©gitime et reste proportionnĂ©e au but recherchĂ©.
  • CritĂšre interdit : Un critĂšre interdit est un motif que le droit prohibe pour fonder un choix ou Ă©carter une personne.
  • Action vers l’égalitĂ© : L’action vers l’égalitĂ© regroupe les mesures visant Ă  corriger une inĂ©galitĂ© de fait entre les personnes.
  • Statut individuel : Le statut individuel dĂ©signe l’ensemble des rĂšgles qui organisent la condition civile des personnes, notamment vie privĂ©e, Ă©tat civil, capacitĂ©, nationalitĂ© et statut familial.
  • Constitutionnalisation de l’IVG : La constitutionnalisation de l’IVG consiste Ă  inscrire la garantie de l’avortement dans le bloc constitutionnel afin de limiter les retours en arriĂšre.

Points essentiels

  • En matiĂšre de discrimination, la logique centrale oppose l’écartement fondĂ© sur un motif prohibĂ© Ă  la diffĂ©rence admise lorsqu’elle est lĂ©gitime et proportionnĂ©e.
  • Exemples de diffĂ©rence admise : des diffĂ©rences peuvent ĂȘtre justifiĂ©es par un motif lĂ©gitime et rester proportionnĂ©es, comme dans certains rĂ©gimes de retraites.
  • Exemples de critĂšres Ă  Ă©carter : prendre en compte une caractĂ©ristique interdite pour dĂ©cider d’écarter quelqu’un constitue une discrimination.
  • L’action vers l’égalitĂ© vise Ă  corriger une inĂ©galitĂ© existante, plutĂŽt qu’à maintenir une diffĂ©rence de fait.
  • Le statut individuel regroupe les rĂšgles juridiques qui structurent la condition civile : vie privĂ©e, Ă©tat civil, capacitĂ© juridique, nationalitĂ© et statut familial.
  • Les rĂšgles d’état civil sont encore construites autour de la binaritĂ© et de la naissance, ce qui influence la maniĂšre dont la personne est juridiquement classĂ©e.

Astuce mémo

DiffĂ©rence autorisĂ©e = objectif lĂ©gitime + proportion ; discrimination = critĂšre interdit pour Ă©carter ; Ă©galitĂ© = corriger l’inĂ©galitĂ©.

12. Typologie des discriminations : directe, indirecte, association

Notions clés & Définitions

  • Discrimination directe : La discrimination directe dĂ©signe un traitement dĂ©favorable appliquĂ© explicitement en raison d’un critĂšre protĂ©gĂ©.
  • Discrimination indirecte : La discrimination indirecte vise une mesure apparemment neutre qui dĂ©savantage en pratique un groupe protĂ©gĂ©.
  • Discrimination par association : La discrimination par association concerne un traitement dĂ©favorable liĂ© Ă  la relation d’une personne avec un groupe protĂ©gĂ©.
  • CritĂšre protĂ©gĂ© : Un critĂšre protĂ©gĂ© est une caractĂ©ristique sur laquelle le droit fonde l’interdiction de discriminer.

Points essentiels

  • La discrimination directe se repĂšre par le lien immĂ©diat entre le critĂšre et le dĂ©savantage subi.
  • La discrimination indirecte se repĂšre par l’effet rĂ©el : une rĂšgle neutre peut produire un dĂ©savantage disproportionnĂ©.
  • La discrimination par association vise aussi les personnes non membres du groupe, mais pĂ©nalisĂ©es Ă  cause de leur lien avec celui-ci.
  • Dans l’examen, distinguer « intention apparente » (directe) et « effet concret » (indirecte) est dĂ©terminant.
  • La qualification « association » dĂ©pend de la relation avec le groupe protĂ©gĂ©, pas seulement de l’appartenance formelle.
  • Pour trancher, l’analyse porte sur la situation concrĂšte et sur l’impact de la mesure sur les personnes concernĂ©es.

Astuce mémo

Directe = « critĂšre affichĂ© → dĂ©savantage » ; Indirecte = « rĂšgle neutre → effet dĂ©favorable » ; Association = « lien avec le groupe → dĂ©savantage ».

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
2023Hausse de plus de 10 % des chiffres enregistrés par la police par rapport à 2022
2010CrĂ©ation de l’ordonnance de protection pour tous les couples concubins, pacsĂ©s et mariĂ©s
1625Grotius affirme qu’il existe un droit applicable à la guerre et que la guerre connaüt des limites juridiques
27 août 1928Pacte de Paris (Briand-Kellogg) condamnant le recours à la guerre pour régler les litiges internationaux
12 août 1949Conventions de GenÚve : protection des civils et des prisonniers de guerre
1998Statut de Rome : création de la CPI
13 juin 2024Rùglement UE 2024/1689 sur l’IA
8 dĂ©cembre 2023RĂšglement sur l’AI Act (rĂ©glementation de l’usage de l’IA)

Tableaux de synthĂšse

Logiques de réponse au pénal vs au civil

VoletFinalitéMoment/rythme
PĂ©nalEngager des poursuites (qualification d’infraction)Moins rapide pour la protection ; vise la rĂ©pression
CivilObtenir rapidement des mesures de protectionRéponse rapide via ordonnance (urgence)

Jus in bello vs jus ad bellum

NotionObjetPérimÚtre
Jus in belloLimiter les méthodes de combat et réduire les dégùtsPendant la guerre
Jus ad bellumEncadrer l’accùs à la guerre (droit d’y recourir)Avant/au moment du recours à la force

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre emprise (cÎté victime : doute, peur, culpabilité) et contrÎle coercitif (cÎté auteur : isolement, dénigrement, contrÎle progressif).
  2. Croire que l’ordonnance de protection dĂ©pend du dĂ©pĂŽt de plainte : la protection ne doit pas ĂȘtre conditionnĂ©e, mĂȘme si les chiffres montrent une dĂ©livrance plus frĂ©quente aprĂšs plainte.
  3. Penser que l’ordonnance de protection couvre les enfants : dans le cours, leur situation relùve du juge des enfants.
  4. MĂ©langer jus in bello et jus ad bellum : l’un encadre les mĂ©thodes pendant la guerre, l’autre encadre le droit d’y recourir.
  5. Croire qu’il existe une « guerre licite » comme rĂšgle gĂ©nĂ©rale : le cours insiste qu’il n’existe pas de guerre licite au sens de la rĂšgle gĂ©nĂ©rale, sauf exceptions de la Charte.
  6. InterprĂ©ter « prĂ©dire » en justice comme une certitude : en droit, l’anticipation reste probabiliste et dĂ©pend d’alĂ©as humains et d’incertitudes cognitives.
  7. Confondre discrimination directe et indirecte : directe = critĂšre affichĂ© → dĂ©savantage, indirecte = rĂšgle neutre → effet dĂ©savantage disproportionnĂ© (sauf justification).

Checklist Examen

  1. Violences conjugales : expliquer pourquoi les chiffres 2023 (+10% vs 2022) posent la question hausse réelle vs meilleure prise de parole.
  2. Violences conjugales : citer la part des victimes (80% femmes) et le rĂŽle de l’alcool/drogue comme facteur dans les situations rapportĂ©es.
  3. Violences conjugales : rappeler la place des enfants (8 cas sur 10) et pourquoi l’exposition suffit à causer des traumatismes durables.
  4. Violences conjugales : distinguer violences physiques (plus de 64%) et violences psychologiques (plus difficiles à mesurer) et relier cela aux dépÎts de plainte.
  5. Qualification pénale vs logique civiliste : distinguer action pénale (poursuivre) et logique civiliste (protéger rapidement).
  6. Ordonnance de protection : Ă©noncer les deux critĂšres cumulatifs (faits vraisemblables + danger pour victime ou enfants) et prĂ©ciser que les enfants ne sont pas couverts par l’ordonnance.
  7. Ordonnance de protection : connaĂźtre la procĂ©dure (requĂȘte, dĂ©lai de 6 jours, audition sĂ©parĂ©e si peur de confrontation) et les catĂ©gories de mesures (protection, sĂ©paration/charges-logement, enfants).
  8. Ordonnance provisoire de protection : expliquer le rÎle du procureur et le déroulé (mesure en 48h provisoire puis débat contradictoire dans les 6 jours).
  9. PĂ©nal : distinguer violences entraĂźnant la mort (rĂ©clusion criminelle Ă  perpĂ©tuitĂ©) et celles n’entraĂźnant pas la mort (15 ans, aggravation Ă  20 ans pour concubin, seuil ITT).
  10. Droit de la guerre : dĂ©finir jus in bello et jus ad bellum et donner l’idĂ©e centrale de limitation des mĂ©thodes vs limitation du recours Ă  la guerre.
  11. Droit actuel : rappeler l’interdiction gĂ©nĂ©rale de la force et les deux exceptions structurantes (art. 51 lĂ©gitime dĂ©fense et autorisation du Conseil de sĂ©curitĂ©).
  12. Discriminations de genre : distinguer genre vs sexe, puis discrimination directe vs indirecte vs par association, et donner le critÚre de repérage (intention apparente vs effet concret vs lien avec le groupe).

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Test your knowledge on Introduction au droit des violences et conflits with 12 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quel est le rîle du procureur dans l’ordonnance provisoire de protection ?

2. Quelle condition doit ĂȘtre Ă©tablie pour obtenir une ordonnance de protection ?

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Violences conjugales — ampleur 2023 ?

Augmentation de plus de 10 % par rapport Ă  2022.

Violences conjugales — victimes principales ?

Environ 80 % sont des femmes.

Facteurs aggravants violences ?

Alcool, drogue, exposition des enfants.

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