Revision sheet: Introduction aux finances publiques

Plan du Cours

  1. Légitimation de la gestion publique
  2. PérimÚtre des administrations publiques
  3. Gestionnaires publics et comptables
  4. ContrĂŽle des finances publiques
  5. Budgets publics
  6. Exécution budgétaire et comptabilité
  7. Monnaie et création monétaire
  8. Inflation et niveau des prix
  9. Marché des changes et taux de change
  10. Banques centrales et politique monétaire
  11. Dette publique et désendettement
  12. Ressources publiques et patrimoine

1. Légitimation de la gestion publique

Notions clés & Définitions

  • LĂ©gitimation : La lĂ©gitimation vise Ă  justifier moralement et politiquement un prĂ©lĂšvement ou une dĂ©cision, en complĂ©ment de la conformitĂ© au droit.
  • Consentement Ă  l’impĂŽt : Le consentement Ă  l’impĂŽt est l’idĂ©e que l’impĂŽt est prĂ©levĂ© sur la base d’une autorisation donnĂ©e par les reprĂ©sentants, afin de rendre le prĂ©lĂšvement acceptable.
  • LĂ©galitĂ© de l’impĂŽt : La lĂ©galitĂ© de l’impĂŽt renvoie au fait que l’impĂŽt doit ĂȘtre fixĂ© par la loi, qui dĂ©termine notamment ses caractĂ©ristiques comme l’assiette et les modalitĂ©s.
  • LĂ©galitĂ© budgĂ©taire : La lĂ©galitĂ© budgĂ©taire organise la prĂ©vision des recettes et des dĂ©penses pour que le Parlement autorise l’impĂŽt et contrĂŽle l’usage des deniers publics.
  • ÉgalitĂ© devant l’impĂŽt : L’égalitĂ© devant l’impĂŽt impose un impĂŽt rĂ©parti entre tous les citoyens en tenant compte de leurs facultĂ©s contributives.

Points essentiels

  • La lĂ©gitimitĂ© se rattache Ă  la conformitĂ© au juste et au convaincant, tandis que la lĂ©galitĂ© renvoie Ă  la conformitĂ© Ă  la norme juridique.
  • Le principe de consentement prend une forme procĂ©durale Ă  partir de la DDHC avec l’idĂ©e de constater la nĂ©cessitĂ© de la contribution, de la consentir librement et d’en suivre l’emploi, puis il est prolongĂ© par la loi.
  • En France, la loi de finances autorise chaque annĂ©e le prĂ©lĂšvement de l’impĂŽt, et la LOLF du 1er aoĂ»t 2001 rappelle que l’impĂŽt doit ĂȘtre consenti.
  • L’égalitĂ© devant l’impĂŽt (DDHC art. 13) encadre la maniĂšre de “fabriquer” l’impĂŽt selon la capacitĂ© contributive.
  • Depuis 1975, la France vote des budgets dĂ©ficitaires et la dette de base atteint environ 3 300 milliards d’euros, avec une charge de la dette d’environ 54 milliards d’euros en 2024.

Astuce mémo

DDHC = consentement (procĂ©dure) + Ă©galitĂ© (fond) : l’impĂŽt est acceptable parce qu’il est autorisĂ© et rĂ©parti selon les facultĂ©s.

2. PérimÚtre des administrations publiques

Notions clés & Définitions

  • ComptabilitĂ© nationale SEC 2010 : Un cadre statistique europĂ©en qui dĂ©finit et distingue les acteurs Ă©conomiques pour permettre des comparaisons entre États.
  • Administrations publiques SEC 2010 : Des unitĂ©s dont la production de biens et services est financĂ©e principalement par l’argent public et des prĂ©lĂšvements obligatoires.
  • CatĂ©gories nationales d’administrations publiques : Des regroupements français qui dĂ©clinent les administrations publiques en État, ODAC, APUL et ASSO selon le type d’activitĂ© et de financement.

Points essentiels

  • Selon le point 2.111 du rĂšglement du 21 mai 2013, les administrations publiques se distinguent par un financement majoritairement public et par des prĂ©lĂšvements obligatoires.
  • Les normes de comptabilitĂ© nationale (SEC 2010) sont produites par Eurostat pour imposer aux États un “mĂȘme langage” dans le recensement des flux Ă©conomiques.
  • Les EPIC peuvent ne pas entrer dans la catĂ©gorie “administrations publiques” telle que l’entend le SEC 2010 ni dans les quatre catĂ©gories nationales listĂ©es.
  • Les quatre catĂ©gories nationales sont l’État (~400 Md€), les ODAC (~100 Md€), les APUL (~290 Md€) et les ASSO (~700 Md€) de dĂ©penses.

3. Gestionnaires publics et comptables

Notions clés & Définitions

  • Ordonnateur : L’ordonnateur est la personne publique qui prescrit l’exĂ©cution des recettes et des dĂ©penses, c’est-Ă -dire dĂ©cide avant l’exĂ©cution.
  • Comptable public : Le comptable public est un agent de l’administration qui manie les fonds et tient les comptes, avec des contrĂŽles et un rĂ©gime de responsabilitĂ© propres.
  • Gestion de fait : La gestion de fait dĂ©signe le maniement rĂ©gulier de fonds publics par une personne qui n’a pas qualitĂ© de comptable public, ce qui dĂ©clenche un traitement financier assimilĂ©.
  • Association transparente : L’association transparente est une association apparemment privĂ©e mais en pratique créée, dirigĂ©e et financĂ©e par la collectivitĂ©, pouvant ĂȘtre qualifiĂ©e de support de gestion de fait.

Points essentiels

  • La sĂ©paration ordonnateur/comptable sert Ă  spĂ©cialiser les agents, permettre un contrĂŽle mutuel, et faciliter les contrĂŽles externes par recoupement.
  • Les ordonnateurs sont souvent des ministres et Ă©lus, mais aussi de nombreux agents publics dĂ©signĂ©s par dĂ©lĂ©gation, avec l’idĂ©e d’une responsabilitĂ© attachĂ©e Ă  leurs fonctions.
  • Les comptables publics sont dĂ©finis par le dĂ©cret du 7 novembre 2012 et sont environ 5 000, avec un statut commun et la tenue exclusive des comptes et des fonds.
  • Depuis l’ordonnance du 23 mars 2022, la responsabilitĂ© financiĂšre est unifiĂ©e entre ordonnateurs et comptables dans le Code des juridictions financiĂšres.
  • La sanction de l’infraction gĂ©nĂ©rale peut atteindre un montant fixĂ© comme la moitiĂ© du salaire annuel de la personne poursuivie, prononcĂ© par la Cour des comptes (chambre du contentieux).
  • La gestion de fait inclut notamment les associations transparentes selon un faisceau d’indices (origine, direction, financement) et peut mener au traitement de « comptable patent » malgrĂ© l’apparence privĂ©e.

Astuce mémo

Ordonnateur = dĂ©cide, Comptable = compte et fonds; si “sans qualitĂ©â€ manipule des fonds → Gestion de fait (souvent via association transparente).

4. ContrĂŽle des finances publiques

Notions clés & Définitions

  • Cour de discipline budgĂ©taire et financiĂšre : Juridiction disciplinaire créée en 1948 pour poursuivre et punir certains ordonnateurs en cas d’infractions liĂ©es aux dĂ©penses publiques.
  • Cour de discipline budgĂ©taire et financiĂšre 2023 : Nouveau rĂ©gime fondĂ© sur une juridiction particuliĂšre, visant des gestionnaires publics pour des fautes graves causant un prĂ©judice significatif.
  • Juridiction financiĂšre : Formation compĂ©tente pour juger les infractions financiĂšres du CJF, prononçant des amendes et rendant des dĂ©cisions en premiĂšre instance puis en appel.

Points essentiels

  • La CDBF (créée en 1948) rendait en moyenne environ 10 dĂ©cisions par an entre 1948 et 2023, pouvant tomber Ă  4-5, notamment faute d’inclusion des catĂ©gories les plus sensibles et par frilositĂ© sur les amendes.
  • Le rĂ©gime juridictionnel unifiĂ© de 2023 redĂ©finit une infraction gĂ©nĂ©rale visant des fautes graves entraĂźnant un prĂ©judice significatif, tout en conservant des infractions spĂ©cialisĂ©es comme le dĂ©faut de reddition des comptes.
  • Les personnes poursuivies peuvent aussi ĂȘtre poursuivies pĂ©nalement, et le non bis in idem ne fait pas obstacle Ă  des poursuites administratives et pĂ©nales pour des faits identiques lorsque l’objet n’est pas exactement similaire.
  • Pour l’infraction gĂ©nĂ©rale, le montant de la sanction correspond dĂ©sormais Ă  la moitiĂ© du salaire annuel de la personne poursuivie, prononcĂ©e par la Cour des comptes (chambre du contentieux).
  • En « gestion de fait », la loi vise toute personne sans qualitĂ© de comptable public qui s’ingĂšre dans le recouvrement de recettes affectĂ©es ou destinĂ©es Ă  un organisme public, et les juges peuvent appliquer un rĂ©gime de responsabilitĂ© proche de celui d’un comptable public.
  • Une association transparente s’identifie par un faisceau d’indices portant notamment sur l’origine de sa crĂ©ation, qui la dirige et qui la finance, et ses actes restent soumis au droit public mĂȘme si l’association relĂšve du droit privĂ©.

Astuce mémo

2023 = fautes graves + préjudice significatif ; sanction générale = 1/2 salaire annuel (CJF), et gestion de fait = « sans qualité de comptable public » qui recouvre des recettes.

5. Budgets publics

Notions clés & Définitions

  • Budget : Acte par lequel sont prĂ©vus et autorisĂ©s les recettes et les dĂ©penses d’une personne publique pour une pĂ©riode donnĂ©e.
  • Nomenclature budgĂ©taire : Structure qui organise les enveloppes de dĂ©penses du budget, afin de concilier prĂ©cision dĂ©mocratique et souplesse d’exĂ©cution.
  • CrĂ©dits limitatifs : CrĂ©dits de dĂ©penses autorisĂ©s au budget, qui limitent le plafond disponible sans imposer l’obligation de dĂ©penser.
  • Lois de finances : CatĂ©gorie de lois encadrant le budget de l’État, avec un contenu et une procĂ©dure spĂ©cifiques au domaine budgĂ©taire.
  • LFSS : Loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale qui fixe les objectifs de dĂ©penses et encadre l’équilibre financier de la SĂ©curitĂ© sociale.

Points essentiels

  • Le budget est dĂ©fini comme l’acte prĂ©voyant et autorisant les recettes et les dĂ©penses, avec une logique de consentement Ă  l’impĂŽt et d’autorisation de dĂ©penser.
  • Pour les recettes, la prĂ©vision engage l’obligation de recouvrer les recettes prĂ©vues, tandis que pour les dĂ©penses les crĂ©dits sont limitatifs sans obligation de consommer la totalitĂ©.
  • La nomenclature budgĂ©taire doit ĂȘtre assez prĂ©cise pour nourrir le dĂ©bat dĂ©mocratique, mais pas trop, car des enveloppes trop dĂ©taillĂ©es rendent difficile la rĂ©allocation sans nouveau budget.
  • Les lois de finances ne sont discutĂ©es que comme projets du Gouvernement, avec des amendements parlementaires strictement circonscrits Ă  l’article 40 de la Constitution et un risque d’annulation pour les cavaliers budgĂ©taires.
  • Par dĂ©faut, les budgets locaux suivent la logique « budget primitif » puis dĂ©cisions modificatives en cours d’annĂ©e et compte administratif pour la clĂŽture.
  • Dans les organismes de SĂ©curitĂ© sociale, la gestion technique est financĂ©e via des Ă©tats prĂ©visionnels (sans pouvoir sur recettes ni choix sur dĂ©penses techniques), alors que la gestion courante correspond Ă  un vrai budget avec une part minoritaire des dĂ©penses.

Astuce mémo

Recettes = prĂ©vision “oblige” Ă  recouvrer ; DĂ©penses = enveloppe “plafonne” sans obligation de dĂ©penser.

6. Exécution budgétaire et comptabilité

Notions clés & Définitions

  • Loi de rĂšglement : La loi de rĂšglement est l’acte qui arrĂȘte, a posteriori, l’exĂ©cution effective d’un budget de l’exercice prĂ©cĂ©dent.
  • DĂ©cision budgĂ©taire modificative : La dĂ©cision budgĂ©taire modificative est un acte local qui ajuste en cours d’annĂ©e les prĂ©visions initiales du budget.
  • RĂ©gie de recette : La rĂ©gie de recette est un dispositif confiĂ© par mandat Ă  des agents qui recouvrent des recettes pour le compte du comptable public.
  • Service fait : Le service fait est la condition que l’ordonnateur doit constater avant de liquider une dĂ©pense.
  • BTF : Les BTF sont des titres de trĂ©sorerie Ă  court terme utilisĂ©s pour financer les besoins temporaires de l’État.

Points essentiels

  • La loi de rĂšglement rejette parfois l’examen parlementaire sans effet automatique, comme lorsque celle de 2021 a Ă©tĂ© rejetĂ©e en 2022 avec des consĂ©quences nulles.
  • Les collectivitĂ©s locales votent un budget primitif, puis peuvent adopter des DBM, et enfin un compte administratif comme Ă©quivalent local de la loi de rĂšglement.
  • Dans la SĂ©curitĂ© sociale, la gestion technique finance surtout prestations et soins, tandis que la gestion courante porte une partie minoritaire comme prĂ©vention ou fonctionnement ; les caisses n’adoptent pas un budget pour la gestion technique mais des Ă©tats prĂ©visionnels.
  • Pour une dĂ©pense, le circuit distingue engagement, liquidation avec service fait, ordonnancement, puis paiement par le comptable, avec des assouplissements via rĂ©gies d’avance ou fonds spĂ©ciaux.
  • AprĂšs Maastricht, les administrations publiques ne peuvent pas avoir de dĂ©couverts, l’article 123 TFUE interdisant aux banques centrales des avances aux administrations publiques.
  • Pour la trĂ©sorerie de l’État, France TrĂ©sor finance les besoins par des BTF Ă  maturitĂ© d’environ 1 mois Ă  1 an, dont le volume annuel est d’environ 400 milliards d’euros.

Astuce mémo

Engagement–Liquidation–Ordonnancement–Paiement : E-L-O-P, et la liquidation exige le Service fait.

7. Monnaie et création monétaire

Notions clés & Définitions

  • Monnaie fiduciaire : La monnaie fiduciaire correspond Ă  l’argent liquide (billets et piĂšces) utilisĂ© comme moyen de paiement.
  • Monnaie scripturale : La monnaie scripturale est l’argent comptabilisĂ© sur des comptes (notamment Ă  vue), mobilisable pour payer.
  • AgrĂ©gats monĂ©taires M1 M2 M3 : Les agrĂ©gats M1, M2 et M3 classent la monnaie selon sa liquiditĂ©, de la plus immĂ©diate Ă  la moins facilement mobilisable.
  • QualitĂ© monĂ©taire : La qualitĂ© monĂ©taire dĂ©signe la reconnaissance et l’encadrement Ă©tatique d’actifs pouvant servir de monnaie, notamment via le cours lĂ©gal.
  • Monnaie centrale : La monnaie centrale est une forme de monnaie créée par la banque centrale et utilisĂ©e entre banques commerciales et avec la banque centrale.

Points essentiels

  • En France, la monnaie en circulation est d’environ 5% fiduciaire et 95% scripturale.
  • L’agrĂ©gat M1 regroupe la monnaie fiduciaire en circulation et la monnaie la plus liquide des comptes Ă  vue.
  • M2 = M1 plus des comptes d’épargne rapidement mobilisables (comme livrets A ou LDDS).
  • M3 = M1 + M2 plus des actifs moins liquides (ex. certains titres Ă©changeables moins rapidement).
  • Une monnaie a cours lĂ©gal en Europe sur le fondement d’un rĂšglement europĂ©en de 1998, avec un effet libĂ©ratoire obligeant les commerçants Ă  l’accepter.
  • En France, le FGDR a Ă©tĂ© créé par une loi du 25 juin 1999 et indemnise jusqu’à 100 000 € en cas de dĂ©faillance d’une banque.

Astuce mémo

Fiduciaire = en poche ; scripturale = sur compte ; M1 (trĂšs liquide) ⟶ M2 (Ă©pargne proche du compte) ⟶ M3 (moins liquide).

8. Inflation et niveau des prix

Notions clés & Définitions

  • Inflation : L’inflation correspond Ă  une hausse gĂ©nĂ©rale et durable du niveau des prix dans l’économie.
  • DĂ©flation : La dĂ©flation est le mouvement inverse de l’inflation, avec une baisse gĂ©nĂ©rale du niveau des prix.
  • StabilitĂ© des prix : La stabilitĂ© des prix dĂ©signe l’objectif visant Ă  limiter les variations du niveau gĂ©nĂ©ral des prix, en luttant contre l’inflation et la dĂ©flation.
  • CritĂšre d’inflation de Maastricht : Le critĂšre d’inflation de Maastricht est une condition de convergence imposant un niveau d’inflation suffisamment faible aux États candidats Ă  l’euro.
  • Taxe d’inflation : La taxe d’inflation est l’idĂ©e qu’une inflation peut rĂ©duire la valeur rĂ©elle de la dette, comme si une taxe Ă©tait prĂ©levĂ©e sur les dĂ©tenteurs de titres.

Points essentiels

  • L’objectif principal assignĂ© aux banques centrales, notamment Ă  la BCE, est d’assurer la stabilitĂ© des prix et de lutter contre l’inflation comme la dĂ©flation.
  • Le traitĂ© de Maastricht impose un critĂšre d’inflation pour la qualification Ă  l’euro afin d’éviter des politiques incompatibles avec une stabilitĂ© des prix commune.
  • Avec une inflation de 5% par an, la valeur rĂ©elle du stock de dettes diminue mĂ©caniquement d’environ 15% au bout d’un an.
  • Cette rĂ©duction par l’inflation est dĂ©crite comme une taxe d’inflation, car elle transfĂšre une partie du fardeau des emprunteurs vers les dĂ©tenteurs de la dette.
  • L’objectif de stabilitĂ© des prix a Ă©tĂ© privilĂ©giĂ© en Europe pour des raisons liĂ©es aux Ă©pisodes d’hyperinflation connus par l’Allemagne.

Astuce mémo

5% d’inflation → -15% valeur rĂ©elle de la dette : l’inflation agit comme une taxe sur les crĂ©anciers.

9. Marché des changes et taux de change

Notions clés & Définitions

  • MarchĂ© des changes : MarchĂ© oĂč s’échangent les devises et oĂč se forme le prix d’une monnaie par rapport aux autres.
  • Taux de change : Prix d’une monnaie exprimĂ© dans une autre, qui varie selon l’offre et la demande de devises.
  • CritĂšre de taux de change : Condition de convergence de Maastricht imposant que les monnaies respectent des exigences de paritĂ© avant d’adopter l’euro.
  • Anticipations rationnelles : IdĂ©e de la thĂ©orie des jeux selon laquelle les acteurs fondent leurs dĂ©cisions sur ce qu’ils pensent que les autres vont faire.

Points essentiels

  • Les annonces (ou simples signaux) sur une possible hausse ou baisse du taux directeur peuvent influencer l’action des banques nationales davantage que le mouvement effectif du taux directeur.
  • Le jour oĂč l’intervention de Mario Draghi est devenue crĂ©dible, les taux rĂ©clamĂ©s aux États concernĂ©s ont baissĂ© et sont restĂ©s Ă  des niveaux acceptables.
  • La thĂ©orie des jeux dĂ©crit l’interaction entre banques centrales et acteurs, car chacun agit en tenant compte des anticipations rationnelles sur la rĂ©action de l’autre.
  • Les critĂšres de convergence de Maastricht incluaient un critĂšre de taux de change basĂ© sur des exigences de paritĂ© des monnaies.

Astuce mémo

Maastricht : paritĂ© des monnaies avant l’euro ; et en banque centrale, c’est le signal crĂ©dible qui fait bouger les taux.

10. Banques centrales et politique monétaire

Notions clés & Définitions

  • Politique non conventionnelle : Politique monĂ©taire de crise qui s’écarte des pratiques habituelles pour soutenir l’activitĂ© lorsque les circuits bancaires classiques se grippent.
  • PrĂȘt en pension : Technique par laquelle la banque centrale prĂȘte en prenant des titres en garantie, ce qui permet un refinancement des banques dans des conditions inhabituelles.
  • Rachat sur le marchĂ© secondaire : OpĂ©ration par laquelle la banque centrale achĂšte des titres dĂ©tenus par des investisseurs privĂ©s, afin d’influencer les taux sans acheter directement aux États.
  • Assouplissement quantitatif : Programme de rachat massif de dettes (souvent d’entreprises) visant Ă  crĂ©er des liquiditĂ©s et relancer l’économie.
  • PEPP : Programme d’achats de titres lancĂ© en rĂ©ponse au confinement, destinĂ© Ă  soutenir la stabilitĂ© et l’économie pendant la crise de 2020.

Points essentiels

  • DĂšs 2009, la BCE refinance les banques de façon atypique en acceptant en pension des titres dont la qualitĂ© se dĂ©grade, ce qui allonge les durĂ©es de refinancement de la semaine vers plusieurs mois.
  • À partir de 2010, la BCE rachĂšte des titres souverains sur le marchĂ© secondaire pour faire baisser les taux, alors que l’acquisition directe auprĂšs des États est interdite par les traitĂ©s.
  • L’arrĂȘt Gauweiler c/ Deutscher Bundestag du 16 juin 2015 (aff. C-62/14) valide le programme de la BCE fondĂ© sur un achat limitĂ© au marchĂ© secondaire.
  • Entre 2015 et 2018, la BCE mĂšne un assouplissement quantitatif avec environ 2 500 milliards d’euros de titres achetĂ©s.
  • En mars 2020, dans le cadre de la PEPP, la BCE rachĂšte environ 1 300 milliards d’euros de titres pour limiter le ralentissement Ă©conomique.
  • En 2012, le MES est dotĂ© d’un financement total d’environ 500 milliards d’euros, apportĂ© par les États de la zone euro selon le PIB en cas de risque de dĂ©faut.

11. Dette publique et désendettement

Notions clés & Définitions

  • Emprunt public : L’emprunt public est une dette contractĂ©e par une administration pour financer des besoins de financement long terme ou des besoins de trĂ©sorerie de court terme.
  • Agence France TrĂ©sor (AFT) : L’Agence France TrĂ©sor est le service du ministĂšre des Finances chargĂ© des opĂ©rations d’émission et de gestion de la dette publique en France.
  • OAT : Les OAT sont des obligations assimilables au TrĂ©sor dont la durĂ©e de vie peut aller de 7 Ă  50 ans, avec une durĂ©e normale de 10 ans.

Points essentiels

  • Les administrations publiques empruntent pour deux motifs : financer des investissements sur le long terme ou couvrir temporairement un manque de liquiditĂ©s (trĂ©sorerie).
  • En France, l’AFT pilote l’émission et la gestion de la dette via des Ă©changes institutionnalisĂ©s avec les investisseurs principaux (SVT) lors d’un label annuel des 10 meilleurs investisseurs.
  • Les collectivitĂ©s territoriales empruntent surtout Ă  des banques commerciales et ont parfois utilisĂ© des produits structurĂ©s “toxiques” au dĂ©but des annĂ©es 2000, avec des risques amplifiĂ©s quand le franc suisse a fortement Ă©voluĂ© Ă  la suite de 2011.
  • Depuis 2014, les collectivitĂ©s territoriales n’ont plus le droit de souscrire des emprunts Ă  taux variables et seuls les taux fixes peuvent ĂȘtre proposĂ©s.
  • Les BTF ont une durĂ©e moyenne de 1 Ă  3 mois, tandis que les OAT vont de 7 Ă  50 ans avec une durĂ©e normale de 10 ans.
  • La gestion de la dette inclut un lissage : l’État rachĂšte rĂ©guliĂšrement ses titres tout en Ă©mettant de nouveaux titres Ă  coĂ»t rĂ©duit pour Ă©viter des Ă©chĂ©ances de remboursement trop concentrĂ©es.

Astuce mémo

BTF = “Flash” (1–3 mois) ; OAT = “Long” (≈10 ans, jusqu’à 50 ans).

12. Ressources publiques et patrimoine

Notions clés & Définitions

  • Notation non sollicitĂ©e : La notation non sollicitĂ©e est une procĂ©dure par laquelle les États reçoivent une note sans avoir payĂ© directement l’agence, contrairement aux entreprises.
  • Agences de notation souveraine : Les agences de notation souveraine Ă©valuent la capacitĂ© d’un État Ă  honorer ses engagements Ă  partir d’indicateurs, mĂȘme si ces choix restent en partie discutables.
  • SolvabilitĂ© publique : La solvabilitĂ© publique dĂ©signe l’aptitude d’un État Ă  tenir ses engagements, notion qui diffĂšre de la solvabilitĂ© d’une entreprise par le statut et les ressources de l’État.
  • Quasi pouvoir rĂ©glementaire : Le quasi pouvoir rĂ©glementaire dĂ©signe l’influence des notes via les contraintes internes des investisseurs, qui orientent concrĂštement les achats de titres.

Points essentiels

  • Les États sont notĂ©s mĂȘme sans paiement car les agences y gagnent de la visibilitĂ© mĂ©diatique, tandis que les collectivitĂ©s de second rang peuvent solliciter une notation mais doivent payer.
  • Les critĂšres de notation diffĂšrent car l’État a un statut d’« immortel » au sens des agences, pouvant lever des impĂŽts, avec un patrimoine et un bilan non comparables Ă  ceux des entreprises.
  • Sous François Hollande, la note de la France a Ă©tĂ© dĂ©gradĂ©e par S&P pour la deuxiĂšme fois le 8 novembre 2013, la premiĂšre dĂ©gradation Ă©tant attribuĂ©e Ă  l’incapacitĂ© du gouvernement Ă  rĂ©duire significativement les dĂ©penses.
  • Quand une note baisse, l’effet juridique direct sur les taux est souvent limitĂ© Ă  court terme, comme en 2012 pour la France oĂč les taux de financement sont restĂ©s trĂšs bas, quasi Ă©quivalents Ă  ceux de l’Allemagne.
  • Les investisseurs rĂ©agissent d’abord Ă  l’information Ă©conomique disponible, si bien que l’évolution des taux intervient le plus souvent avant la note, puis les notes servent aussi de guide via des quotas internes.
  • MĂȘme sans impact immĂ©diat sur les taux souverains, la note peut dĂ©tourner une partie des investisseurs, en raison des contraintes internes Ă  l’achat des titres.

Astuce mémo

Non sollicitée : pas de facture, mais de la publicité ; ensuite la vraie rÚgle passe par les quotas internes des investisseurs.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1215Octroi de la Magna Carta accordant au Parlement britannique le droit de consentir Ă  la levĂ©e de l’impĂŽt
1789Proclamation de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen (art. 14 : consentement Ă  la contribution publique)
26 aoĂ»t 1789Proclamation de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen
1789Contexte de la convocation des États gĂ©nĂ©raux par Louis XVI pour rĂ©colter des fonds
1791Principe selon lequel est recueilli le consentement de tous du LĂ©gislateur pour prĂ©lever l’impĂŽt (annualitĂ©)
14 septembre 1822Ordonnance relative au cadrage budgĂ©taire et au consentement Ă  l’impĂŽt
22 février 1996Création constitutionnelle des lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS)
1er aoĂ»t 2001LOLF relative aux lois de finances (rappel : l’impĂŽt doit ĂȘtre consenti)
7 novembre 2012Décret général relatif aux rÚgles de la gestion de la comptabilité publique (ordonnateurs/comptables)
23 mars 2022Unification de la responsabilité financiÚre (ordonnateurs et comptables)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre légitimité et légalité : la légitimité renvoie au moral/convaincant, tandis que la légalité renvoie à la loi et à la conformité à la norme juridique.
  2. Croire que le consentement Ă  l’impĂŽt dispense d’une base lĂ©gale : le cours du prĂ©lĂšvement doit ĂȘtre autorisĂ© par le Parlement et encadrĂ© par la loi (assiette/taux/modalitĂ©s).
  3. MĂ©langer annualitĂ© de l’impĂŽt et perpĂ©tuitĂ© du consentement : le Parlement doit consentir chaque annĂ©e via la loi de finances (art. 1er de la loi de finances).
  4. Confondre ordonnateur et comptable : l’ordonnateur prescrit (dĂ©cide avant exĂ©cution) alors que le comptable manie les fonds et tient les comptes, avec contrĂŽles propres.
  5. Se tromper sur les recettes/dĂ©penses budgĂ©taires : la prĂ©vision des recettes engage l’obligation de recouvrer, alors que les crĂ©dits de dĂ©penses sont limitatifs sans obligation de dĂ©penser entiĂšrement.
  6. Penser que le marchĂ© des changes est un marchĂ© oĂč les États dĂ©cident directement : ce sont surtout les banques/Ă©tablissements financiers qui Ă©changent, et la banque centrale agit par des instruments et la communication.
  7. Croire que la note de crĂ©dit entraĂźne automatiquement une hausse des taux : dans le cours, l’effet est souvent limitĂ© Ă  court terme et passe surtout par des contraintes/quotas internes des investisseurs.

Checklist Examen

  1. Expliquer l’idĂ©e d’« objet » des finances publiques : lĂ©gitimer le prĂ©lĂšvement de l’impĂŽt (lien entre lĂ©gitimitĂ© morale et encadrement juridique).
  2. Citer et distinguer la lĂ©gitimation procĂ©durale du consentement Ă  l’impĂŽt : Magna Carta (1215), DĂ©claration 1789 (art. 14), puis annualitĂ© via le Parlement (1791) et rĂŽle de la loi de finances (art. 1er).
  3. Identifier la lĂ©gitimation substantielle : Ă©galitĂ© devant l’impĂŽt (DDHC art. 13) et ce qu’elle impose au « façonnage » de l’impĂŽt (« technique fiscale »).
  4. Définir et relier LOLF 2001 à la performance et à la logique de résultats (objectifs + indicateurs), puis à la soutenabilité via le cadre du déficit/endettement (France endettée depuis 1975).
  5. MaĂźtriser la notion d’administrations publiques (SEC 2010) : critĂšres (financement majoritairement public + prĂ©lĂšvements obligatoires) et limites (ex. EPIC pouvant ne pas entrer dans les catĂ©gories).
  6. ConnaĂźtre les acteurs de gestion et contrĂŽle : ordonnateur (prescrit l’exĂ©cution) / comptable public (manie fonds, tient comptes) et la sĂ©paration ; ainsi que la gestion de fait (sans qualitĂ©, insertion dans le recouvrement) et l’association transparente (faisceau d’indices : origine, direction, financement).
  7. Savoir dĂ©crire l’évolution du rĂ©gime juridictionnel : CDBF créée en 1948 puis rĂ©gime unifiĂ© de 2023 au CJF ; infraction gĂ©nĂ©rale (fautes graves + prĂ©judice significatif) et sanction (œ salaire annuel) ; poursuites pĂ©nales possibles.
  8. Résumer la structure des budgets : définition du budget (prévision + autorisation), différences prévision/obligation recettes vs crédits limitatifs ; lois de finances (initiales, rectificatives, lois de rÚglement) et budgets locaux (BP, DBM, compte administratif).
  9. MaĂźtriser l’exĂ©cution : circuit de la dĂ©pense (engagement → liquidation avec service fait → ordonnancement → paiement) ; rĂ©gies ; trĂ©sorerie (interdiction du dĂ©couvert aux administrations publiques depuis Maastricht ; BTF court terme pour l’État).
  10. Montrer le lien entre monnaie et droit/État : monnaie fiduciaire vs scripturale (5%/95%), qualitĂ© monĂ©taire (cours lĂ©gal), FGDR 25 juin 1999 (100 000 €) et crĂ©ation monĂ©taire (banques commerciales vs banques centrales, monnaie centrale).
  11. Expliquer les politiques monétaires et leurs instruments : prise en pension (taux directeur), achats/ventes (open market), facilités permanentes, réserves obligatoires, communication et théorie des jeux/anticipations rationnelles (Draghi « whatever it takes »).
  12. Conclure sur l’équilibre budgĂ©taire et la dette : critĂšres de Maastricht (inflation, intĂ©rĂȘt, change, finances publiques saines), Pacte de stabilitĂ© et de croissance (3%), rĂšgle d’or TSCG (0,5% du PIB via solde structurel) et surveillance (HCFP : avis).

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1. Quel est l’objectif principal de la lĂ©gitimation de la gestion publique ?

2. Dans ce cadre, que signifie principalement le consentement à l’impît ?

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LĂ©gitimation — dĂ©finition ?

Justification morale et politique d'une décision

Consentement à l’impît — rîle ?

Autorisation donnée par la représentation pour prélever l'impÎt

LĂ©galitĂ© de l’impĂŽt — principe ?

Fixé par la loi, avec assiette et modalités

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