đ Plan du Cours
- La famille à travers les ùges : sens large et sens étroit
- Parenté agnatique et principe patriarcal
- Le cercle gentilice et la parenté cognatique
- La condition et le rÎle de la femme mariée
- La famille féodale et le lignage
- La famille sous le contrĂŽle de lâĂ©glise et la monarchie
- LâĂ©volution de la puissance maritale et la famille Ă©troite
- Le mariage Ă Rome : conditions, consentement et effets
- La thĂ©orie des empĂȘchements au mariage Fait entre le 12e et 14e sc = absence de condition de fond empĂȘche le mariage de se former
- Les rapports patrimoniaux entre époux et régimes matrimoniaux
- Le concubinage : définitions et évolutions historiques
- La filiation légitime : histoire, preuve et évolution juridique
đ 1. La famille Ă travers les Ăąges : sens large et sens Ă©troit
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Agnatique : Fondée suer un lien de puissance paternelle.
- Cognatique : Type de parenté fondé sur le lien du sang, correspondant à la parenté naturelle et proche de la conception moderne de la famille.
- Famille au sens large : Ensemble de toutes les personnes descendantes dâun auteur commun, unies par un lien de parentĂ© et la communautĂ© de sang jusquâaux limites du connaissable, incluant cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©s.
- Familia : Le mot : Familia = relĂšve deux sens dans les sources juridiques romaines :
đ Points essentiels
- La famille au sens large englobe toutes les personnes descendantes dâun auteur commun, y compris cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©s, et est tournĂ©e vers le passĂ© avec un rĂŽle en matiĂšre de succession en lâabsence de testament (succession ab intestat).
- La famille au sens étroit correspond à un groupe familial plus restreint, centré sur la cellule familiale immédiate.
- La famille peut ĂȘtre comprise de deux maniĂšre sens large et Ă©troit. Au sens large, la famille englobe toutes les personnes descendantes dâun auteur commun uni par un lien de parentĂ© et la communautĂ© de sang jusquâau limite du connaissable. Elle comprend les cousins Ă©loignĂ©s et Ă certains Ă©gards les alliĂ©s (conjoints des parents). Elle est tournĂ©e vers le passĂ© et câest une famille pendue Ă son arbre gĂ©nĂ©alogique. Importance de la famille en matiĂšre de succession en lâabsence de testament (succession ab intestat).
đĄ Ă retenir
La famille au sens large englobe toutes les personnes descendantes dâun auteur commun, y compris cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©s, et est tournĂ©e vers le passĂ© avec un rĂŽle en matiĂšre de succession en lâabsence de testament (succession ab intestat).
đ 2. ParentĂ© agnatique et principe patriarcal
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Le pécule : En droit romain, ensemble des biens personnels que le pÚre de famille peut attribuer à ses enfants ou à ses esclaves, distincts du patrimoine familial principal.
- Agnatique : Fondée suer un lien de puissance paternelle.
đ Points essentiels
- La parenté agnatique repose exclusivement sur la descendance masculine, excluant les liens par les femmes, et organise la famille selon un principe patriarcal centré sur la puissance paternelle.
- Le principe patriarcal confĂšre au pĂšre de famille la prééminence dans la gestion du patrimoine familial et dans les relations familiales, incarnant lâautoritĂ© suprĂȘme au sein de la famille.
- La solidaritĂ© familiale et les obligations sont structurĂ©es autour du lignage paternel, renforçant ainsi lâautoritĂ© masculine et la cohĂ©sion du groupe familial.
đĄ Ă retenir
La parenté agnatique repose exclusivement sur la descendance masculine, excluant les liens par les femmes, et organise la famille selon un principe patriarcal centré sur la puissance paternelle.
đ 3. Le cercle gentilice et la parentĂ© cognatique
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Lâaccusation en justice : Lâaction engagĂ©e par la victime ou ses proches pour saisir la justice en matiĂšre pĂ©nale, selon la procĂ©dure accusatoire ou inquisitoire, dans laquelle le lignage intervient notamment pour lâaccusation de meurtre ou lors du recours au duel judiciaire.
- La famille noble : Une famille organisĂ©e selon des rĂšgles fĂ©odales oĂč le seigneur intervient dans la gestion du mariage, de la succession et de la garde des hĂ©ritiers, notamment en cas de fief ou de minoritĂ©.
đ Points essentiels
- Le cercle gentilice dĂ©signe lâensemble des membres dâun mĂȘme groupe, incluant les collatĂ©raux lĂ©gitimes sans distinction de degrĂ©.
- La parenté cognatique reconnaßt les liens de parenté par les deux sexes, intégrant les descendants par les femmes.
- Le lignage dépasse la cellule familiale restreinte en englobant tous les collatéraux légitimes, mais exclut les enfants naturels.
đĄ Ă retenir
LâĂ©largissement des liens familiaux au-delĂ de la filiation masculine est reconnu par la parentĂ© cognatique, qui inclut les liens par les deux sexes.
đ 4. La condition et le rĂŽle de la femme mariĂ©e
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- La puissance paternelle : Pour se donner une idĂ©e de la conception de la puissance paternelle Ă lâĂ©poque il faut revenir au travail prĂ©paratoire du CC comme des citations : Jacqueminot la puissance paternelle retrouve le lĂ©gitime empire quâelle nâaurait dĂ» perdre » Maleville « câest d
- Femme mariĂ©e : Une femme soumise Ă lâautoritĂ© maritale de son mari, ce qui confĂšre un statut dĂ©pendant et une subordination dans la gestion des biens et des droits, avec des exceptions rares et encadrĂ©es par la coutume ou la religion.
đ Points essentiels
- La femme mariĂ©e est soumise Ă lâautoritĂ© maritale, limitant son autonomie juridique et patrimoniale.
- Le mariage confÚre à la femme un statut dépendant, souvent subordonné à celui du mari dans la gestion des biens et des droits.
- Les exceptions à cette subordination sont rares et généralement encadrées par des rÚgles coutumiÚres ou religieuses.
- Pour les rĂ©dacteurs, la stabilitĂ© de la famille passe par la mise en valeur du mariage. Le mariage conserve une place essentielle, il est vu comme un facteur dâharmonie social. Câest une institution de lâĂ©poque et est Ă protĂ©ger dans lâintĂ©rĂȘt de la sociĂ©tĂ©. Le mariage ne dĂ©rive pas de la nature. Pour les rĂ©dacteurs, le mariage est la seule union lĂ©gitime sur laquelle doit reposer la famille. Les rĂ©dacteurs sont mĂ©fiants Ă lâĂ©gard de tout ce qui peut troubler la famille lĂ©gitime fondĂ© sur le mariage. Câest pour cela quâil nây a aucune trace du concubinage dans le CC. Lâunion libre est considĂ©rĂ©e comme un fait social hors du droit. Dans le mĂȘme sens, les rĂ©dacteurs maintiennent le leg rĂ©volutionnaires du mariage contrat civil (il ne retourne pas Ă la solution du mariage sacrement). Mais ils rĂ©duisent le nombre des causes de dissolution du mariage et donc les causes du divorce. Le divorce correspond Ă lâultime remĂšde Ă lâĂ©chec du mariage. Il sâagit de protĂ©ger la famille lĂ©gitime. Câest pour cela que le CC de 1804 met fin Ă lâĂ©galitĂ© entre enfants lĂ©gitime et enfants naturels en matiĂšre successoral. Les seuls droits reconnus aux enfants naturels ne le sont que sâils ne nuisent pas aux enfants lĂ©gitimes. PrĂ©somption irrĂ©fragable ï paternitĂ© du pĂšre est prĂ©sumĂ©e et il est impossible de prĂ©sumer le contraire. Le CP de 1810 va dans le mĂȘme sens, il sanctionne lâadultĂšre du mari ou de la femme. Le mari et la femme ne sont pas traitĂ© de la mĂȘme façon pĂ©nalement.
đĄ Ă retenir
La femme mariĂ©e est juridiquement dĂ©pendante de son mari, avec une subordination qui limite son autonomie dans la gestion des biens et des droits, reflĂ©tant la structure familiale historique oĂč le mari est chef de famille.
đ 5. La famille fĂ©odale et le lignage
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Chaque Ă©poux : Chaque membre du couple mariĂ© qui a le droit de conclure seul des contrats concernant lâĂ©ducation des enfants ou lâentretien du mĂ©nage, et de disposer librement de ses rĂ©munĂ©rations aprĂšs paiement des charges du mĂ©nage.
- Sous lâangle : Une perspective ou un point de vue particulier, notamment celui du droit, qui permet dâanalyser lâĂ©volution des relations familiales, comme le passage de la puissance masculine Ă lâĂ©galitĂ© entre Ă©poux.
đ Points essentiels
- Le lignage regroupe les personnes unies par des liens de parenté légitimes, quel que soit leur degré, excluant les enfants naturels.
- La guerre privĂ©e est un conflit entre lignages, avec une participation obligatoire des membres jusquâau 8e degrĂ© civil, sauf exceptions (femmes, mineurs, malades, clercs).
- Le lignage dĂ©passe la famille restreinte en englobant tous les collatĂ©raux lĂ©gitimes descendants dâun mĂȘme auteur.
đĄ Ă retenir
Le lignage constitue une structure sociale et militaire essentielle dans la famille féodale, regroupant les liens de parenté légitimes et assurant la solidarité et la défense collective.
đ 6. La famille sous le contrĂŽle de lâĂ©glise et la monarchie
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- La puissance maritale : LâautoritĂ© absolue du mari sur sa famille, comparable Ă celle du roi sur son royaume, qui inclut le pouvoir sur les membres de la famille et leur patrimoine, avec des Ă©volutions vers une majoritĂ© Ă©mancipatrice pour les enfants.
- Mariage sacrement : Une union reconnue par lâĂglise comme un sacrement, câest-Ă -dire un acte religieux indissoluble, dont la nature sacrĂ©e et lâindissolubilitĂ© ont Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ©es par le concile de Trente.
- IndissolubilitĂ© du mariage : Le principe selon lequel le mariage ne peut ĂȘtre dissous, rĂ©affirmĂ© par le concile de Trente, garantissant la permanence de lâunion et renforçant le contrĂŽle ecclĂ©siastique sur la famille.
đ Points essentiels
- Le concile de Trente (1545-1563) réaffirme le mariage comme sacrement et son indissolubilité.
- Le dĂ©cret de 1563 impose la proclamation de trois bancs dans la paroisse avant mariage et lâĂ©change des consentements devant le curĂ©.
- La lĂ©gislation royale française, notamment lâordonnance de Blois (1579), consacre les exigences du concile de Trente en matiĂšre de publicitĂ© et cĂ©lĂ©bration du mariage.
- La monarchie renforce le contrÎle sur le mariage en alignant ses ordonnances sur les prescriptions ecclésiastiques.
- Il y a certains changements Ă souligner :
ï Grande innovation dans le droit coutumier, la mise en place dâun Ăąge de majoritĂ© Ă©mancipatrice, Ăąge qui emporte le plein droit lâĂ©mancipation de lâenfant. Age non identique dans toutes les rĂ©gions mais lâĂąge utilisĂ© dans la plupart des coutumes et celle de Paris, lâĂąge de 25 ans. Il Ă©tait toujours possible au pĂšre de procĂ©dĂ© Ă lâĂ©mancipation expresse de son enfant avant ces 25 ans. Dans ce cas, le pĂšre devait demander au roi des lettres royaux pour permettre lâĂ©mancipation dâun de ces enfants, elles Ă©taient dĂ©livrĂ©es lorsque les filles avaient au moins 16 ans et les garçons au moins 18 ans.
ï CapacitĂ© patrimoniale de lâenfant, en la matiĂšre, les solutions du droit romains ont Ă©tĂ© reprise, au dĂ©part, lâenfant nâacquĂ©rait que pour son pĂšre, le pĂšre Ă©tant le titulaire de tout le patrimoine familial. A partir du 14e sc, de nombreuses exceptions ont Ă©tĂ© admises, jusquâĂ ce que cette rĂšgle disparaisse et il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que tout ce que lâenfant acquiert par quelques modes que ce soit, lui appartient. Dans les derniers siĂšcles de anciens rĂ©gimes, la puissance paternelle se renforce, la monarchie y est favorable car pour la monarchie, la puissance paternelle contribue au maintien de la paix sociale, contrĂŽler la puissance paternelle mais aussi en faire un instrument de sa police. On peut citer les larges pouvoirs du pĂšre de famille, il doit donner obligatoirement son consentement au mariage jusquâĂ 25 ans pour les filles et 30 ans pour les garçons constituant les Ăąges de majoritĂ© matrimoniale. En outre, le pĂšre de famille peut dĂ©shĂ©riter ses enfants pour juste cause comme lâabsence de consentement au mariage. Le pĂšre de famille peut faire emprisonner ces enfants mĂȘme majeurs en demandant au roi par lettre de cachet.
đĄ Ă retenir
Le contrĂŽle ecclĂ©siastique et monarchique sur le mariage sâest consolidĂ© pour rĂ©guler la famille, notamment par la sacralisation du mariage et lâimposition de rĂšgles strictes.
đ 7. LâĂ©volution de la puissance maritale et la famille Ă©troite
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Mariage germanique : Un acte laïque sans rites religieux, caractérisé par la remise d'une dot par le mari à la femme en présence et avec l'approbation des parents, sans nécessité d'un consentement mutuel explicite mais avec la consommation du mariage.
- Rupture du mariage : Une affaire privée qui relÚve des familles et de leurs décisions plutÎt que des décisions unilatérales.
đ Points essentiels
- La puissance maritale dĂ©signe lâautoritĂ© juridique et sociale du mari sur la femme et les biens communs.
- LâĂ©volution historique tend vers une rĂ©duction progressive de cette puissance au profit dâune reconnaissance accrue des droits de la femme.
đĄ Ă retenir
L'évolution de la puissance maritale illustre la transition d'une famille fondée sur la parenté étendue vers une famille centrée sur le foyer conjugal, marquée par une réduction progressive de l'autorité du mari et une montée en puissance de la famille nucléaire.
đ 8. Le mariage Ă Rome : conditions, consentement et effets
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Biens hors dots : Biens paraphernaux sont tous les biens de la femme en dehors de la dot constitué au bénéfice du mari.
- Le mariage est rompu : Adrogation (adoption dâun adulte).
- Individuelle : Sortie de charge, les soldats Ă©trangers ayant servis pour Rome bĂ©nĂ©ficiait dâune conception individuelle de la citoyennetĂ© romaine.
- Collective : Existait des traités qui concédait collectivement la citoyenneté romaine à certains peuples, étrangers mais considéré comme allié de Rome.
đ Points essentiels
- Le mariage conforme à Rome est protégé par Junon et réservé aux citoyens romains, excluant esclaves et étrangers.
- Le consentement mutuel est fondamental, sans ùge minimum initialement, mais soumis à la capacité légale.
- Les obstacles au mariage sont sociaux (non-citoyens) et familiaux (liens de parenté prohibés).
- A. Le droit de mariage (conubium), condition du mariage romain
Droit de mariage entre deux personnes dĂ©terminĂ©es ce quâon peut appeler le droit dâinter mariage. Il sâagit dâune condition de validitĂ© du mariage, condition de fond qui doit ĂȘtre vĂ©rifiĂ© chez les deux personnes. Toute une sĂ©rie de personnes nâont pas le droit de mariage, ainsi, les esclaves nâont pas le droit de mariage, mais le droit de sâunir, il ne sâagit pas dâun mariage conforme au droit mais dâune union propre aux esclaves (Conturbernium). Les Ă©trangers nâont pas non plus le droit au mariage car ne sont pas citoyens romains. Le droit de mariage Ă Rome est une condition de fond rĂ©servĂ© au citoyens romains. De cette condition dĂ©coule deux types dâobstacles au mariage.
đĄ Ă retenir
Le mariage romain est soumis à des conditions juridiques et sociales strictes, notamment le conubium et le consentement mutuel, pour assurer sa validité.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- IncapacitĂ© de lâun des conjoints : CatĂ©gorie d'empĂȘchements dirimants qui empĂȘchent la formation ou rompent le mariage, comprenant notamment l'empĂȘchement dâĂąge (12 ans pour les filles, 14 ans pour les garçons), lâimpuissance antĂ©rieure au mariage, lâexistence dâun lien matrimonial non dissout, la disparitĂ© de culte, les vĆux religieux, la violence caractĂ©risĂ©e, lâerreur sur lâidentitĂ© ou la condition de la personne, ainsi que les liens de parentĂ© par le sang ou spirituelle.
- Canonistes : = se marier ne pouvait jamais constituer dâun mauvais dol, il pouvait rĂ©sulter dâun bon dol ce qui sâest traduit par un adage « en mariage, trompe qui peut ».
- EmpĂȘchements au mariage : Fait entre le 12e et 14e sc
- Théorie du mariage putatif : Doctrine selon laquelle un mariage nul ou invalide peut néanmoins produire des effets juridiques de bonne foi, notamment en matiÚre de réputation des époux et de filiation des enfants, sous certaines conditions.
đ Points essentiels
- Entre le 12e et 14e siĂšcle, la thĂ©orie des empĂȘchements au mariage Ă©tablit que lâabsence de condition de fond, comme lâincapacitĂ© ou un vice du consentement, empĂȘche la formation du mariage.
- Le principe consensualiste affirme que le consentement des Ă©poux est nĂ©cessaire et suffisant pour former le mariage, Ă condition quâil nâexiste pas dâempĂȘchements.
- Dans la tradition germanique, la consommation du mariage par lâunion charnelle est considĂ©rĂ©e comme un Ă©lĂ©ment nĂ©cessaire Ă la perfection du mariage.
- La distinction entre fiançailles, en tant que promesse dâunion future, et mariage est rĂ©introduite par Pierre Lombard au 12e siĂšcle, marquant une sĂ©paration claire entre ces deux engagements.
- Au dĂ©part, ce principe dâindissolubilitĂ©, affirmĂ© dĂšs la fin de lâempire romain chez les pĂšres de lâĂ©glise. Principe non suivi en droit germanique ni pendant le M-A. ce principe a mis un certain temps Ă sâimposer et encore Ă la fin du 11e sc, divorce est utilisĂ© par le roi Philippe 1er. Les grands du royaume sâoccupent de lâempĂȘchement de parentĂ© pour rompre leurs unions a posteriori. Au 12e sc, ce sont les canonistes qui se prononcent contre le divorce et qui se montrent en faveur de lâindissolubilitĂ©. Deux auteurs favorable, Lombard, Bastien. A la fin du 12e sc et au 13e sc, lâindissolubilitĂ© devient un principe gĂ©nĂ©ral, incontournable. La consĂ©quence est la disparition du divorce. Seul est admise, la sĂ©paration des Ă©poux.
đĄ Ă retenir
Entre le 12e et 14e siĂšcle, la thĂ©orie des empĂȘchements au mariage Ă©tablit que lâabsence de condition de fond, comme lâincapacitĂ© ou un vice du consentement, empĂȘche la formation du mariage.
đ 10. Les rapports patrimoniaux entre Ă©poux et rĂ©gimes matrimoniaux
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Régimes matrimoniaux : Ensemble des rÚgles juridiques qui déterminent la gestion, la propriété et la transmission des biens entre époux, ainsi que les modalités de leur liquidation en cas de séparation.
- Rapports personnels entre époux : Relations fondées sur les obligations morales et juridiques entre époux, telles que le devoir conjugal, la fidélité et la cohabitation, relevant principalement du droit canonique et des juridictions ecclésiastiques.
- Les rapports patrimoniaux entre : Aspect des relations entre époux qui concerne la gestion et la propriété des biens, ainsi que les droits et obligations économiques découlant du mariage.
- Personnels et patrimoniaux entre époux : Les rapports personnels et patrimoniaux entre époux A.
đ Points essentiels
- Les régimes matrimoniaux fixent les rÚgles de gestion des biens, avec une évolution législative visant à réduire la domination maritale et à équilibrer les droits patrimoniaux entre époux.
- La puissance maritale influence la capacité juridique de la femme mariée à gérer ses biens et à contracter.
- Harmonisation des rĂ©gimes matrimoniaux alors que dans le sud se pratiquait le rĂ©gime de la dot, les rĂ©volutionnaires Ă©taient favorables au rĂ©gime de la communautĂ© entre Ă©poux (nord), câest ce quâon observe dans les premiers projets de CC.
- Les rĂ©dacteurs du CC sâorientaient dans le mĂȘme sens que les rĂ©volutionnaires, mais les tribunaux du sud de la France ont protestĂ© et on trouve les deux rĂ©gimes matrimoniaux dans le CC : la communautĂ© entre Ă©poux et la dot.
đĄ Ă retenir
Les régimes matrimoniaux fixent les rÚgles de gestion des biens, avec une évolution législative visant à réduire la domination maritale et à équilibrer les droits patrimoniaux entre époux.
đ 11. Le concubinage : dĂ©finitions et Ă©volutions historiques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Concubinage : Union non formalisée entre deux personnes qui vivent ensemble de maniÚre stable et continue, sans les formalités ni les effets juridiques du mariage.
- Donations entre : AnnulĂ©es pour cause illicites ou immorales si elles ont pour but dâĂ©tablir ou de poursuivre des relations hors mariage.
- Mariage légitime : Possibilité de convertir un concubinat en mariage légitime, dvlp pendant le droit romain tardif et qui a connu un essor entre le rÚgne de Constantin et de justinien.
đ Points essentiels
- Le concubinage (concubinatus) désigne une union non formalisée entre deux personnes, distincte du mariage.
- Ă Rome, le concubinage est une forme dâunion tolĂ©rĂ©e mais sans les effets juridiques du mariage.
- Au Moyen Ăge et sous lâAncien RĂ©gime, le concubinage oscille entre tolĂ©rance sociale et rejet moral ou juridique.
- Le Code civil de 1804 ne contient pas de dispositions spécifiques sur le concubinage, reflétant une certaine ambivalence.
- Le mot concubinat est la traduction du concubinatus qui renvoie au partage du mĂȘme lit, union libre qui ne respecte pas certaines des exigences du mariage lĂ©gitime, quâils sâagissent de condition de fond ou de forme. Controverse parmi les romanismes, selon certains auteurs, il aurait pu ĂȘtre volontairement choisi de prĂ©fĂ©rence Ă un mariage lĂ©gitime mais le pb est quâon nâa pas trouvĂ© dâinscription qui le prouverait. Le concubinat est utilisĂ© quand le mariage est rĂ©prouvĂ© ou interdit, quand il existe certains obstacles au mariage lĂ©gitime sauf lorsquâil y a obstacle tenant Ă lâĂąge ou Ă la parentĂ©. Cas de concubinat entre affranchi dâun mĂȘme patron ou pour les militaires. Dans tous ces cas, le concubinat apparait comme la seule union convenable.
đĄ Ă retenir
Le concubinage constitue une forme dâunion alternative au mariage, marquĂ©e par des Ă©volutions contrastĂ©es allant de la tolĂ©rance Ă Rome Ă un rejet moral et juridique au Moyen Ăge, avec une reconnaissance lĂ©gale progressive Ă lâĂ©poque contemporaine.
đ 12. La filiation lĂ©gitime : histoire, preuve et Ă©volution juridique
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- La prĂ©somption de paternitĂ© : Lâenfant est dĂ©chargĂ© de la charge de la preuve de sa qualitĂ© de lĂ©gitime, il sâagit de protĂ©ger lâenfant vis-Ă -vis des tiers et mĂȘme vis-Ă -vis de son pĂšre qui contesterait sa qualitĂ© de lĂ©gitime.
- LĂ©gitimation par mariage subsĂ©quent : ProcĂ©dĂ© juridique permettant Ă un enfant nĂ© hors mariage dâacquĂ©rir la qualitĂ© dâenfant lĂ©gitime lorsque ses parents se marient aprĂšs sa naissance.
- LĂ©gitimation par rescrit du pape : Reconnaissance de la lĂ©gitimitĂ© dâun enfant par une dĂ©cision papale, reprise du droit romain par le droit canonique au dĂ©but du XIIIe siĂšcle.
- LĂ©gitimation par lettre royaux : MĂ©canisme par lequel un enfant adultĂ©rin peut obtenir la qualitĂ© dâenfant lĂ©gitime par une lettre adressĂ©e au roi, accordĂ©e en lâabsence dâenfant lĂ©gitime.
- Filiation légitime : Elle explique pourquoi pendant longtemps, le seul type de filiation reconnue était la filiation légitime : lien de droit qui peut différer du lien biologique qui en est le support.
đ Points essentiels
- La filiation lĂ©gitime dĂ©signe la filiation issue dâun mariage reconnu par le droit.
- La bùtardise est un statut défavorable attribué aux enfants nés hors mariage, avec des conséquences juridiques et sociales importantes.
- La loi du 3 janvier 1972 rĂ©forme la filiation naturelle en instituant des modes dâĂ©tablissement lĂ©gaux et judiciaires.
- La loi de 2001 et lâordonnance de 2005 consacrent lâĂ©galitĂ© parfaite entre enfants lĂ©gitimes et naturels, supprimant les discriminations hĂ©ritĂ©es.
- LâĂ©volution historique montre un passage dâune hostilitĂ© Ă la filiation illĂ©gitime vers une reconnaissance Ă©galitaire des enfants.
- Les dispositions du CC de 1804 illustre bien la rĂ©pression de la filiation illĂ©gitime. La filiation illĂ©gitime est considĂ©rĂ©e comme un facteur de dĂ©sordre qui contrarie la paix des familles. Ici, on peut retenir trois points. Premier point, la filiation illĂ©gitime est considĂ©rĂ©e comme indĂ©sirable et elle doit ĂȘtre dissimulĂ© le plus souvent possible. Le mode de preuve normale de la filiation est la reconnaissance formelle de paternitĂ©. Ici, il faut remarque quâĂ dĂ©faut de reconnaissance paternelle volontaire, lâenfant naturel nâest pas autorisĂ© Ă prouver sa filiation naturelle. Il y a prohibition absolue de la recherche en paternitĂ© naturelle. Lâart 340, ancien du CC de 1804 interdit donc cette recherche en paternitĂ© naturelle pour prĂ©server le repos des familles. Dans le mĂȘme sens, lâarticle 337 protĂšge la famille lĂ©gitime en disposant que la reconnaissance dâun enfant naturel eu avec un autre que le conjoint et avant le mariage ne pourra nuire ni au conjoint, ni aux enfants nĂ©s du mariage. Ce que lâon peut ajouter câest lorsque la filiation naturelle est Ă©tablie, les effets de la filiation naturelle doivent ĂȘtre distinguĂ© des effets de la filiation lĂ©gitime. Tout dâabord lâenfant naturel nâentre pas dans la famille de son auteur, quâil sâagisse du pĂšre ou de la mĂšre. Le lien de parentĂ© nâexiste quâau premier degrĂ©. En matiĂšre successorale seuls sont envisagĂ©s ls droits successoraux entre lâenfant naturel et son auteur direct. Ainsi, lâenfant naturel nâest pas considĂ©rĂ© vĂ©ritablement comme un hĂ©ritier mais il est considĂ©rĂ© comme un successeur irrĂ©gulier. Art 756 du Code. Il ne peut recevoir de succession que de son pĂšre ou de sa mĂšre. La quotitĂ© quâil reçoit est toujours infĂ©rieur Ă celle des enfants lĂ©gitimes. Sa quotitĂ© correspond Ă une fraction de part dâenfant lĂ©gitime. Elle peut ĂȘtre amoindri, elle ne peut pas ĂȘtre augmentĂ©. Le troisiĂšme point correspond au sort des enfants adultĂ©rins ou incestueux. Les enfants adultĂ©rins ou incestueux subissent le sort le plus rigoureux, câest le cercle de lâexclusion absolue. Ces enfants sont considĂ©rĂ©s comme de naissance monstrueuse sur le plan sociale dâoĂč un triple verrou. PremiĂšrement leur reconnaissance volontaire est interdite. MĂȘme un acte volontaire de reconnaissance ne permet pas de rattacher lâenfant Ă son auteur, ici il sâagit de condamner des actes aussi immoraux que lâadultĂšre ou lâinceste. Dans le mĂȘme sens, toute recherche judiciaire en paternitĂ© est interdite. Et troisiĂšme verrou, ces enfants sont exclus du bĂ©nĂ©fice de la lĂ©gitimation. Ainsi, les enfants adultĂ©rins ou incestueux nâont droit quâa des aliments art 762 et ils ne reçoivent rien si leur parent naturel leur ont fait apprendre un mĂ©tier manuel. Le statut de ces enfants fait lâobjet dâune rĂ©pression extrĂȘme câest pour ça que la JP a fait rĂ©agir face Ă ces hĂ©ritĂ©s. Elle a tentĂ© de faire produire certains effets Ă la filiation de fait. Certains tribunaux ont consacrĂ© une obligation naturelle dâentretien Ă lâĂ©gard de lâenfant et cela indĂ©pendamment de la preuve de la paternitĂ©. Mouvement en faveur de ces enfants, relativement dĂ©sordonnĂ© qui va progressivement nĂ©cessiter une grande rĂ©forme qui va sâopĂ©rer par la loi du 3 janvier 1972
- Il faut remarquer que dĂšs le milieu du XXĂšme siĂšcle, lâidĂ©e dâĂ©galitĂ© entre enfant lĂ©gitime et enfant naturel sâest inscrite dans les mĆurs mais le statut de lâenfant naturel nâa Ă©tĂ© vĂ©ritablement rĂ©formĂ© quâavec la loi du 3 janvier 1972 qui a rĂ©formĂ© tout le droit de la filiation pour en rĂ©gler les modes dâĂ©tablissements et les effets. Loi qui consacre deux modes dâĂ©tablissement de la filiation naturelle, lâĂ©tablissement lĂ©gale et lâĂ©tablissement judiciaire. Pour lâĂ©tablissement lĂ©gale, cette loi innove en supprimant des interdits quant Ă la rĂ©vĂ©lation dâune filiation. Il sâagit ici de rechercher la vĂ©ritĂ© des liens du sang. Cette loi pose le principe du libre accĂšs pour tous Ă une filiation lĂ©galement Ă©tablie et cela sâapplique Ă la filiation adultĂ©rine. Les interdictions Ă lâĂ©tablissement de la filiation adultĂ©rine sont supprimĂ©es, il reste comme exception le cas dâinceste absolue. La filiation incestueuse ne doit pas apparaitre dans ce cas la filiation nâst Ă©tablie quâĂ lâĂ©gard dâun des parents. Les modes de la filiation naturelles sont quasiment inchangĂ©s. La reconnaissance volontaire des privilĂ©giĂ©s quant Ă la possession dâĂ©tat, elle ne devient une preuve de toute filiation naturelle quâavec la loi du 25 juin 1982. A propos de lâĂ©tablissent judiciaire de la filiation, on constate tout dâabord Ă un assouplissement de la prĂ©somption de paternitĂ© et cela pour favoriser lâĂ©tablissement de la filiation adultĂ©rine par la mĂšre. Il est possible dâĂ©carter la prĂ©somption de paternitĂ© en cas de sĂ©paration des Ă©poux et cette loi supprime le monopole marital du dĂ©saveu de paternitĂ©. Enfin cette loi consacre lâaction judiciaire en recherche de paternitĂ© qui Ă©tait interdite en 1804 et qui ensuite nâavait Ă©tĂ© admise que de maniĂšre limitĂ©e par une loi de 1912.
đĄ Ă retenir
La filiation lĂ©gitime dĂ©signe la filiation issue dâun mariage reconnu par le droit.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 1804 | Loi sur la filiation |
| 1810 | Réforme de la filiation |
| 1545 | Concile de Trente et mariage |
| 1563 | Imposition de la proclamation du mariage |
| 1579 | Ordonnance de Blois sur le mariage |
| 1972 | Réforme de la filiation naturelle et légitime |
đ Tableaux de SynthĂšse
Comparaison famille au sens large et étroit
| Aspect | Famille au sens large | Famille au sens étroit |
|---|
| DĂ©finition | Ensemble de toutes les personnes descendantes dâun auteur commun, incluant cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©s | Groupe familial immĂ©diat, centrĂ© sur la cellule familiale |
| Orientation | Tournée vers le passé, rÎle en matiÚre de succession | Plus centrée sur le présent, gestion quotidienne |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confusion entre famille au sens large et famille au sens étroit.
- Mélanger parenté agnatique et parenté cognatique.
- Confondre mariage sacrement et union civile.
- Oublier que la filiation naturelle peut ĂȘtre Ă©tablie judiciairement ou lĂ©galement.
- Confusion entre empĂȘchements au mariage et causes de nullitĂ©.
- Mélanger filiation légitime et filiation naturelle.
- Confondre la puissance paternelle et la puissance maritale.
â
Checklist Examen
- Revoir la différence entre famille au sens large et étroit.
- Mémoriser les dates clés de la réforme de la filiation.
- Comprendre les conditions du mariage romain.
- Ătudier les empĂȘchements au mariage entre le 12e et 14e siĂšcle.
- Connaßtre les régimes matrimoniaux et leur évolution.
- Savoir les conditions du mariage selon le droit romain.
- Différencier filiation légitime et naturelle.
- Analyser la place de la femme mariée dans la famille.
- Comprendre la sacralisation du mariage par lâĂglise.
- Ătudier la loi de 1972 sur la filiation.
- ConnaĂźtre les principes de la filiation judiciaire.
- Revoir la thĂ©orie des empĂȘchements au mariage.
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