Revision sheet: Les Fondements de la Famille et du Mariage

Plan du Cours

  1. La famille à travers les ùges : sens large et sens étroit
  2. Parenté agnatique et principe patriarcal
  3. Le cercle gentilice et la parenté cognatique
  4. La condition et le rÎle de la femme mariée
  5. La famille féodale et le lignage
  6. La famille sous le contrĂŽle de l’église et la monarchie
  7. L’évolution de la puissance maritale et la famille Ă©troite
  8. Le mariage Ă  Rome : conditions, consentement et effets
  9. La thĂ©orie des empĂȘchements au mariage Fait entre le 12e et 14e sc = absence de condition de fond empĂȘche le mariage de se former
  10. Les rapports patrimoniaux entre époux et régimes matrimoniaux
  11. Le concubinage : définitions et évolutions historiques
  12. La filiation légitime : histoire, preuve et évolution juridique

1. La famille à travers les ùges : sens large et sens étroit

Notions clés & Définitions

  • Agnatique : FondĂ©e suer un lien de puissance paternelle.
  • Cognatique : Type de parentĂ© fondĂ© sur le lien du sang, correspondant Ă  la parentĂ© naturelle et proche de la conception moderne de la famille.
  • Famille au sens large : Ensemble de toutes les personnes descendantes d’un auteur commun, unies par un lien de parentĂ© et la communautĂ© de sang jusqu’aux limites du connaissable, incluant cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©s.
  • Familia : Le mot : Familia = relĂšve deux sens dans les sources juridiques romaines :

Points essentiels

  • La famille au sens large englobe toutes les personnes descendantes d’un auteur commun, y compris cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©s, et est tournĂ©e vers le passĂ© avec un rĂŽle en matiĂšre de succession en l’absence de testament (succession ab intestat).
  • La famille au sens Ă©troit correspond Ă  un groupe familial plus restreint, centrĂ© sur la cellule familiale immĂ©diate.
  • La famille peut ĂȘtre comprise de deux maniĂšre sens large et Ă©troit. Au sens large, la famille englobe toutes les personnes descendantes d’un auteur commun uni par un lien de parentĂ© et la communautĂ© de sang jusqu’au limite du connaissable. Elle comprend les cousins Ă©loignĂ©s et Ă  certains Ă©gards les alliĂ©s (conjoints des parents). Elle est tournĂ©e vers le passĂ© et c’est une famille pendue Ă  son arbre gĂ©nĂ©alogique. Importance de la famille en matiĂšre de succession en l’absence de testament (succession ab intestat).

À retenir

La famille au sens large englobe toutes les personnes descendantes d’un auteur commun, y compris cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©s, et est tournĂ©e vers le passĂ© avec un rĂŽle en matiĂšre de succession en l’absence de testament (succession ab intestat).

2. Parenté agnatique et principe patriarcal

Notions clés & Définitions

  • Le pĂ©cule : En droit romain, ensemble des biens personnels que le pĂšre de famille peut attribuer Ă  ses enfants ou Ă  ses esclaves, distincts du patrimoine familial principal.
  • Agnatique : FondĂ©e suer un lien de puissance paternelle.

Points essentiels

  • La parentĂ© agnatique repose exclusivement sur la descendance masculine, excluant les liens par les femmes, et organise la famille selon un principe patriarcal centrĂ© sur la puissance paternelle.
  • Le principe patriarcal confĂšre au pĂšre de famille la prééminence dans la gestion du patrimoine familial et dans les relations familiales, incarnant l’autoritĂ© suprĂȘme au sein de la famille.
  • La solidaritĂ© familiale et les obligations sont structurĂ©es autour du lignage paternel, renforçant ainsi l’autoritĂ© masculine et la cohĂ©sion du groupe familial.

À retenir

La parenté agnatique repose exclusivement sur la descendance masculine, excluant les liens par les femmes, et organise la famille selon un principe patriarcal centré sur la puissance paternelle.

3. Le cercle gentilice et la parenté cognatique

Notions clés & Définitions

  • L’accusation en justice : L’action engagĂ©e par la victime ou ses proches pour saisir la justice en matiĂšre pĂ©nale, selon la procĂ©dure accusatoire ou inquisitoire, dans laquelle le lignage intervient notamment pour l’accusation de meurtre ou lors du recours au duel judiciaire.
  • La famille noble : Une famille organisĂ©e selon des rĂšgles fĂ©odales oĂč le seigneur intervient dans la gestion du mariage, de la succession et de la garde des hĂ©ritiers, notamment en cas de fief ou de minoritĂ©.

Points essentiels

  • Le cercle gentilice dĂ©signe l’ensemble des membres d’un mĂȘme groupe, incluant les collatĂ©raux lĂ©gitimes sans distinction de degrĂ©.
  • La parentĂ© cognatique reconnaĂźt les liens de parentĂ© par les deux sexes, intĂ©grant les descendants par les femmes.
  • Le lignage dĂ©passe la cellule familiale restreinte en englobant tous les collatĂ©raux lĂ©gitimes, mais exclut les enfants naturels.

À retenir

L’élargissement des liens familiaux au-delĂ  de la filiation masculine est reconnu par la parentĂ© cognatique, qui inclut les liens par les deux sexes.

4. La condition et le rÎle de la femme mariée

Notions clés & Définitions

  • La puissance paternelle : Pour se donner une idĂ©e de la conception de la puissance paternelle Ă  l’époque il faut revenir au travail prĂ©paratoire du CC comme des citations : Jacqueminot la puissance paternelle retrouve le lĂ©gitime empire qu’elle n’aurait dĂ» perdre » Maleville « c’est d
  • Femme mariĂ©e : Une femme soumise Ă  l’autoritĂ© maritale de son mari, ce qui confĂšre un statut dĂ©pendant et une subordination dans la gestion des biens et des droits, avec des exceptions rares et encadrĂ©es par la coutume ou la religion.

Points essentiels

  • La femme mariĂ©e est soumise Ă  l’autoritĂ© maritale, limitant son autonomie juridique et patrimoniale.
  • Le mariage confĂšre Ă  la femme un statut dĂ©pendant, souvent subordonnĂ© Ă  celui du mari dans la gestion des biens et des droits.
  • Les exceptions Ă  cette subordination sont rares et gĂ©nĂ©ralement encadrĂ©es par des rĂšgles coutumiĂšres ou religieuses.
  • Pour les rĂ©dacteurs, la stabilitĂ© de la famille passe par la mise en valeur du mariage. Le mariage conserve une place essentielle, il est vu comme un facteur d’harmonie social. C’est une institution de l’époque et est Ă  protĂ©ger dans l’intĂ©rĂȘt de la sociĂ©tĂ©. Le mariage ne dĂ©rive pas de la nature. Pour les rĂ©dacteurs, le mariage est la seule union lĂ©gitime sur laquelle doit reposer la famille. Les rĂ©dacteurs sont mĂ©fiants Ă  l’égard de tout ce qui peut troubler la famille lĂ©gitime fondĂ© sur le mariage. C’est pour cela qu’il n’y a aucune trace du concubinage dans le CC. L’union libre est considĂ©rĂ©e comme un fait social hors du droit. Dans le mĂȘme sens, les rĂ©dacteurs maintiennent le leg rĂ©volutionnaires du mariage contrat civil (il ne retourne pas Ă  la solution du mariage sacrement). Mais ils rĂ©duisent le nombre des causes de dissolution du mariage et donc les causes du divorce. Le divorce correspond Ă  l’ultime remĂšde Ă  l’échec du mariage. Il s’agit de protĂ©ger la famille lĂ©gitime. C’est pour cela que le CC de 1804 met fin Ă  l’égalitĂ© entre enfants lĂ©gitime et enfants naturels en matiĂšre successoral. Les seuls droits reconnus aux enfants naturels ne le sont que s’ils ne nuisent pas aux enfants lĂ©gitimes. PrĂ©somption irrĂ©fragable  paternitĂ© du pĂšre est prĂ©sumĂ©e et il est impossible de prĂ©sumer le contraire. Le CP de 1810 va dans le mĂȘme sens, il sanctionne l’adultĂšre du mari ou de la femme. Le mari et la femme ne sont pas traitĂ© de la mĂȘme façon pĂ©nalement.

À retenir

La femme mariĂ©e est juridiquement dĂ©pendante de son mari, avec une subordination qui limite son autonomie dans la gestion des biens et des droits, reflĂ©tant la structure familiale historique oĂč le mari est chef de famille.

5. La famille féodale et le lignage

Notions clés & Définitions

  • Chaque Ă©poux : Chaque membre du couple mariĂ© qui a le droit de conclure seul des contrats concernant l’éducation des enfants ou l’entretien du mĂ©nage, et de disposer librement de ses rĂ©munĂ©rations aprĂšs paiement des charges du mĂ©nage.
  • Sous l’angle : Une perspective ou un point de vue particulier, notamment celui du droit, qui permet d’analyser l’évolution des relations familiales, comme le passage de la puissance masculine Ă  l’égalitĂ© entre Ă©poux.

Points essentiels

  • Le lignage regroupe les personnes unies par des liens de parentĂ© lĂ©gitimes, quel que soit leur degrĂ©, excluant les enfants naturels.
  • La guerre privĂ©e est un conflit entre lignages, avec une participation obligatoire des membres jusqu’au 8e degrĂ© civil, sauf exceptions (femmes, mineurs, malades, clercs).
  • Le lignage dĂ©passe la famille restreinte en englobant tous les collatĂ©raux lĂ©gitimes descendants d’un mĂȘme auteur.

À retenir

Le lignage constitue une structure sociale et militaire essentielle dans la famille féodale, regroupant les liens de parenté légitimes et assurant la solidarité et la défense collective.

6. La famille sous le contrĂŽle de l’église et la monarchie

Notions clés & Définitions

  • La puissance maritale : L’autoritĂ© absolue du mari sur sa famille, comparable Ă  celle du roi sur son royaume, qui inclut le pouvoir sur les membres de la famille et leur patrimoine, avec des Ă©volutions vers une majoritĂ© Ă©mancipatrice pour les enfants.
  • Mariage sacrement : Une union reconnue par l’Église comme un sacrement, c’est-Ă -dire un acte religieux indissoluble, dont la nature sacrĂ©e et l’indissolubilitĂ© ont Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ©es par le concile de Trente.
  • IndissolubilitĂ© du mariage : Le principe selon lequel le mariage ne peut ĂȘtre dissous, rĂ©affirmĂ© par le concile de Trente, garantissant la permanence de l’union et renforçant le contrĂŽle ecclĂ©siastique sur la famille.

Points essentiels

  • Le concile de Trente (1545-1563) rĂ©affirme le mariage comme sacrement et son indissolubilitĂ©.
  • Le dĂ©cret de 1563 impose la proclamation de trois bancs dans la paroisse avant mariage et l’échange des consentements devant le curĂ©.
  • La lĂ©gislation royale française, notamment l’ordonnance de Blois (1579), consacre les exigences du concile de Trente en matiĂšre de publicitĂ© et cĂ©lĂ©bration du mariage.
  • La monarchie renforce le contrĂŽle sur le mariage en alignant ses ordonnances sur les prescriptions ecclĂ©siastiques.
  • Il y a certains changements Ă  souligner :  Grande innovation dans le droit coutumier, la mise en place d’un Ăąge de majoritĂ© Ă©mancipatrice, Ăąge qui emporte le plein droit l’émancipation de l’enfant. Age non identique dans toutes les rĂ©gions mais l’ñge utilisĂ© dans la plupart des coutumes et celle de Paris, l’ñge de 25 ans. Il Ă©tait toujours possible au pĂšre de procĂ©dĂ© Ă  l’émancipation expresse de son enfant avant ces 25 ans. Dans ce cas, le pĂšre devait demander au roi des lettres royaux pour permettre l’émancipation d’un de ces enfants, elles Ă©taient dĂ©livrĂ©es lorsque les filles avaient au moins 16 ans et les garçons au moins 18 ans.  CapacitĂ© patrimoniale de l’enfant, en la matiĂšre, les solutions du droit romains ont Ă©tĂ© reprise, au dĂ©part, l’enfant n’acquĂ©rait que pour son pĂšre, le pĂšre Ă©tant le titulaire de tout le patrimoine familial. A partir du 14e sc, de nombreuses exceptions ont Ă©tĂ© admises, jusqu’à ce que cette rĂšgle disparaisse et il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que tout ce que l’enfant acquiert par quelques modes que ce soit, lui appartient. Dans les derniers siĂšcles de anciens rĂ©gimes, la puissance paternelle se renforce, la monarchie y est favorable car pour la monarchie, la puissance paternelle contribue au maintien de la paix sociale, contrĂŽler la puissance paternelle mais aussi en faire un instrument de sa police. On peut citer les larges pouvoirs du pĂšre de famille, il doit donner obligatoirement son consentement au mariage jusqu’à 25 ans pour les filles et 30 ans pour les garçons constituant les Ăąges de majoritĂ© matrimoniale. En outre, le pĂšre de famille peut dĂ©shĂ©riter ses enfants pour juste cause comme l’absence de consentement au mariage. Le pĂšre de famille peut faire emprisonner ces enfants mĂȘme majeurs en demandant au roi par lettre de cachet.

À retenir

Le contrĂŽle ecclĂ©siastique et monarchique sur le mariage s’est consolidĂ© pour rĂ©guler la famille, notamment par la sacralisation du mariage et l’imposition de rĂšgles strictes.

7. L’évolution de la puissance maritale et la famille Ă©troite

Notions clés & Définitions

  • Mariage germanique : Un acte laĂŻque sans rites religieux, caractĂ©risĂ© par la remise d'une dot par le mari Ă  la femme en prĂ©sence et avec l'approbation des parents, sans nĂ©cessitĂ© d'un consentement mutuel explicite mais avec la consommation du mariage.
  • Rupture du mariage : Une affaire privĂ©e qui relĂšve des familles et de leurs dĂ©cisions plutĂŽt que des dĂ©cisions unilatĂ©rales.

Points essentiels

  • La puissance maritale dĂ©signe l’autoritĂ© juridique et sociale du mari sur la femme et les biens communs.
  • L’évolution historique tend vers une rĂ©duction progressive de cette puissance au profit d’une reconnaissance accrue des droits de la femme.

À retenir

L'évolution de la puissance maritale illustre la transition d'une famille fondée sur la parenté étendue vers une famille centrée sur le foyer conjugal, marquée par une réduction progressive de l'autorité du mari et une montée en puissance de la famille nucléaire.

8. Le mariage Ă  Rome : conditions, consentement et effets

Notions clés & Définitions

  • Biens hors dots : Biens paraphernaux sont tous les biens de la femme en dehors de la dot constituĂ© au bĂ©nĂ©fice du mari.
  • Le mariage est rompu : Adrogation (adoption d’un adulte).
  • Individuelle : Sortie de charge, les soldats Ă©trangers ayant servis pour Rome bĂ©nĂ©ficiait d’une conception individuelle de la citoyennetĂ© romaine.
  • Collective : Existait des traitĂ©s qui concĂ©dait collectivement la citoyennetĂ© romaine Ă  certains peuples, Ă©trangers mais considĂ©rĂ© comme alliĂ© de Rome.

Points essentiels

  • Le mariage conforme Ă  Rome est protĂ©gĂ© par Junon et rĂ©servĂ© aux citoyens romains, excluant esclaves et Ă©trangers.
  • Le consentement mutuel est fondamental, sans Ăąge minimum initialement, mais soumis Ă  la capacitĂ© lĂ©gale.
  • Les obstacles au mariage sont sociaux (non-citoyens) et familiaux (liens de parentĂ© prohibĂ©s).
  • A. Le droit de mariage (conubium), condition du mariage romain Droit de mariage entre deux personnes dĂ©terminĂ©es ce qu’on peut appeler le droit d’inter mariage. Il s’agit d’une condition de validitĂ© du mariage, condition de fond qui doit ĂȘtre vĂ©rifiĂ© chez les deux personnes. Toute une sĂ©rie de personnes n’ont pas le droit de mariage, ainsi, les esclaves n’ont pas le droit de mariage, mais le droit de s’unir, il ne s’agit pas d’un mariage conforme au droit mais d’une union propre aux esclaves (Conturbernium). Les Ă©trangers n’ont pas non plus le droit au mariage car ne sont pas citoyens romains. Le droit de mariage Ă  Rome est une condition de fond rĂ©servĂ© au citoyens romains. De cette condition dĂ©coule deux types d’obstacles au mariage.

À retenir

Le mariage romain est soumis à des conditions juridiques et sociales strictes, notamment le conubium et le consentement mutuel, pour assurer sa validité.

9. La thĂ©orie des empĂȘchements au mariage Fait entre le 12e et 14e sc = absence de condition de fond empĂȘche le mariage de se former

Notions clés & Définitions

  • IncapacitĂ© de l’un des conjoints : CatĂ©gorie d'empĂȘchements dirimants qui empĂȘchent la formation ou rompent le mariage, comprenant notamment l'empĂȘchement d’ñge (12 ans pour les filles, 14 ans pour les garçons), l’impuissance antĂ©rieure au mariage, l’existence d’un lien matrimonial non dissout, la disparitĂ© de culte, les vƓux religieux, la violence caractĂ©risĂ©e, l’erreur sur l’identitĂ© ou la condition de la personne, ainsi que les liens de parentĂ© par le sang ou spirituelle.
  • Canonistes : = se marier ne pouvait jamais constituer d’un mauvais dol, il pouvait rĂ©sulter d’un bon dol ce qui s’est traduit par un adage « en mariage, trompe qui peut ».
  • EmpĂȘchements au mariage : Fait entre le 12e et 14e sc
  • ThĂ©orie du mariage putatif : Doctrine selon laquelle un mariage nul ou invalide peut nĂ©anmoins produire des effets juridiques de bonne foi, notamment en matiĂšre de rĂ©putation des Ă©poux et de filiation des enfants, sous certaines conditions.

Points essentiels

  • Entre le 12e et 14e siĂšcle, la thĂ©orie des empĂȘchements au mariage Ă©tablit que l’absence de condition de fond, comme l’incapacitĂ© ou un vice du consentement, empĂȘche la formation du mariage.
  • Le principe consensualiste affirme que le consentement des Ă©poux est nĂ©cessaire et suffisant pour former le mariage, Ă  condition qu’il n’existe pas d’empĂȘchements.
  • Dans la tradition germanique, la consommation du mariage par l’union charnelle est considĂ©rĂ©e comme un Ă©lĂ©ment nĂ©cessaire Ă  la perfection du mariage.
  • La distinction entre fiançailles, en tant que promesse d’union future, et mariage est rĂ©introduite par Pierre Lombard au 12e siĂšcle, marquant une sĂ©paration claire entre ces deux engagements.
  • Au dĂ©part, ce principe d’indissolubilitĂ©, affirmĂ© dĂšs la fin de l’empire romain chez les pĂšres de l’église. Principe non suivi en droit germanique ni pendant le M-A. ce principe a mis un certain temps Ă  s’imposer et encore Ă  la fin du 11e sc, divorce est utilisĂ© par le roi Philippe 1er. Les grands du royaume s’occupent de l’empĂȘchement de parentĂ© pour rompre leurs unions a posteriori. Au 12e sc, ce sont les canonistes qui se prononcent contre le divorce et qui se montrent en faveur de l’indissolubilitĂ©. Deux auteurs favorable, Lombard, Bastien. A la fin du 12e sc et au 13e sc, l’indissolubilitĂ© devient un principe gĂ©nĂ©ral, incontournable. La consĂ©quence est la disparition du divorce. Seul est admise, la sĂ©paration des Ă©poux.

À retenir

Entre le 12e et 14e siĂšcle, la thĂ©orie des empĂȘchements au mariage Ă©tablit que l’absence de condition de fond, comme l’incapacitĂ© ou un vice du consentement, empĂȘche la formation du mariage.

10. Les rapports patrimoniaux entre époux et régimes matrimoniaux

Notions clés & Définitions

  • RĂ©gimes matrimoniaux : Ensemble des rĂšgles juridiques qui dĂ©terminent la gestion, la propriĂ©tĂ© et la transmission des biens entre Ă©poux, ainsi que les modalitĂ©s de leur liquidation en cas de sĂ©paration.
  • Rapports personnels entre Ă©poux : Relations fondĂ©es sur les obligations morales et juridiques entre Ă©poux, telles que le devoir conjugal, la fidĂ©litĂ© et la cohabitation, relevant principalement du droit canonique et des juridictions ecclĂ©siastiques.
  • Les rapports patrimoniaux entre : Aspect des relations entre Ă©poux qui concerne la gestion et la propriĂ©tĂ© des biens, ainsi que les droits et obligations Ă©conomiques dĂ©coulant du mariage.
  • Personnels et patrimoniaux entre Ă©poux : Les rapports personnels et patrimoniaux entre Ă©poux A.

Points essentiels

  • Les rĂ©gimes matrimoniaux fixent les rĂšgles de gestion des biens, avec une Ă©volution lĂ©gislative visant Ă  rĂ©duire la domination maritale et Ă  Ă©quilibrer les droits patrimoniaux entre Ă©poux.
  • La puissance maritale influence la capacitĂ© juridique de la femme mariĂ©e Ă  gĂ©rer ses biens et Ă  contracter.
  • Harmonisation des rĂ©gimes matrimoniaux alors que dans le sud se pratiquait le rĂ©gime de la dot, les rĂ©volutionnaires Ă©taient favorables au rĂ©gime de la communautĂ© entre Ă©poux (nord), c’est ce qu’on observe dans les premiers projets de CC.
  • Les rĂ©dacteurs du CC s’orientaient dans le mĂȘme sens que les rĂ©volutionnaires, mais les tribunaux du sud de la France ont protestĂ© et on trouve les deux rĂ©gimes matrimoniaux dans le CC : la communautĂ© entre Ă©poux et la dot.

À retenir

Les régimes matrimoniaux fixent les rÚgles de gestion des biens, avec une évolution législative visant à réduire la domination maritale et à équilibrer les droits patrimoniaux entre époux.

11. Le concubinage : définitions et évolutions historiques

Notions clés & Définitions

  • Concubinage : Union non formalisĂ©e entre deux personnes qui vivent ensemble de maniĂšre stable et continue, sans les formalitĂ©s ni les effets juridiques du mariage.
  • Donations entre : AnnulĂ©es pour cause illicites ou immorales si elles ont pour but d’établir ou de poursuivre des relations hors mariage.
  • Mariage lĂ©gitime : PossibilitĂ© de convertir un concubinat en mariage lĂ©gitime, dvlp pendant le droit romain tardif et qui a connu un essor entre le rĂšgne de Constantin et de justinien.

Points essentiels

  • Le concubinage (concubinatus) dĂ©signe une union non formalisĂ©e entre deux personnes, distincte du mariage.
  • À Rome, le concubinage est une forme d’union tolĂ©rĂ©e mais sans les effets juridiques du mariage.
  • Au Moyen Âge et sous l’Ancien RĂ©gime, le concubinage oscille entre tolĂ©rance sociale et rejet moral ou juridique.
  • Le Code civil de 1804 ne contient pas de dispositions spĂ©cifiques sur le concubinage, reflĂ©tant une certaine ambivalence.
  • Le mot concubinat est la traduction du concubinatus qui renvoie au partage du mĂȘme lit, union libre qui ne respecte pas certaines des exigences du mariage lĂ©gitime, qu’ils s’agissent de condition de fond ou de forme. Controverse parmi les romanismes, selon certains auteurs, il aurait pu ĂȘtre volontairement choisi de prĂ©fĂ©rence Ă  un mariage lĂ©gitime mais le pb est qu’on n’a pas trouvĂ© d’inscription qui le prouverait. Le concubinat est utilisĂ© quand le mariage est rĂ©prouvĂ© ou interdit, quand il existe certains obstacles au mariage lĂ©gitime sauf lorsqu’il y a obstacle tenant Ă  l’ñge ou Ă  la parentĂ©. Cas de concubinat entre affranchi d’un mĂȘme patron ou pour les militaires. Dans tous ces cas, le concubinat apparait comme la seule union convenable.

À retenir

Le concubinage constitue une forme d’union alternative au mariage, marquĂ©e par des Ă©volutions contrastĂ©es allant de la tolĂ©rance Ă  Rome Ă  un rejet moral et juridique au Moyen Âge, avec une reconnaissance lĂ©gale progressive Ă  l’époque contemporaine.

12. La filiation légitime : histoire, preuve et évolution juridique

Notions clés & Définitions

  • La prĂ©somption de paternitĂ© : L’enfant est dĂ©chargĂ© de la charge de la preuve de sa qualitĂ© de lĂ©gitime, il s’agit de protĂ©ger l’enfant vis-Ă -vis des tiers et mĂȘme vis-Ă -vis de son pĂšre qui contesterait sa qualitĂ© de lĂ©gitime.
  • LĂ©gitimation par mariage subsĂ©quent : ProcĂ©dĂ© juridique permettant Ă  un enfant nĂ© hors mariage d’acquĂ©rir la qualitĂ© d’enfant lĂ©gitime lorsque ses parents se marient aprĂšs sa naissance.
  • LĂ©gitimation par rescrit du pape : Reconnaissance de la lĂ©gitimitĂ© d’un enfant par une dĂ©cision papale, reprise du droit romain par le droit canonique au dĂ©but du XIIIe siĂšcle.
  • LĂ©gitimation par lettre royaux : MĂ©canisme par lequel un enfant adultĂ©rin peut obtenir la qualitĂ© d’enfant lĂ©gitime par une lettre adressĂ©e au roi, accordĂ©e en l’absence d’enfant lĂ©gitime.
  • Filiation lĂ©gitime : Elle explique pourquoi pendant longtemps, le seul type de filiation reconnue Ă©tait la filiation lĂ©gitime : lien de droit qui peut diffĂ©rer du lien biologique qui en est le support.

Points essentiels

  • La filiation lĂ©gitime dĂ©signe la filiation issue d’un mariage reconnu par le droit.
  • La bĂątardise est un statut dĂ©favorable attribuĂ© aux enfants nĂ©s hors mariage, avec des consĂ©quences juridiques et sociales importantes.
  • La loi du 3 janvier 1972 rĂ©forme la filiation naturelle en instituant des modes d’établissement lĂ©gaux et judiciaires.
  • La loi de 2001 et l’ordonnance de 2005 consacrent l’égalitĂ© parfaite entre enfants lĂ©gitimes et naturels, supprimant les discriminations hĂ©ritĂ©es.
  • L’évolution historique montre un passage d’une hostilitĂ© Ă  la filiation illĂ©gitime vers une reconnaissance Ă©galitaire des enfants.
  • Les dispositions du CC de 1804 illustre bien la rĂ©pression de la filiation illĂ©gitime. La filiation illĂ©gitime est considĂ©rĂ©e comme un facteur de dĂ©sordre qui contrarie la paix des familles. Ici, on peut retenir trois points. Premier point, la filiation illĂ©gitime est considĂ©rĂ©e comme indĂ©sirable et elle doit ĂȘtre dissimulĂ© le plus souvent possible. Le mode de preuve normale de la filiation est la reconnaissance formelle de paternitĂ©. Ici, il faut remarque qu’à dĂ©faut de reconnaissance paternelle volontaire, l’enfant naturel n’est pas autorisĂ© Ă  prouver sa filiation naturelle. Il y a prohibition absolue de la recherche en paternitĂ© naturelle. L’art 340, ancien du CC de 1804 interdit donc cette recherche en paternitĂ© naturelle pour prĂ©server le repos des familles. Dans le mĂȘme sens, l’article 337 protĂšge la famille lĂ©gitime en disposant que la reconnaissance d’un enfant naturel eu avec un autre que le conjoint et avant le mariage ne pourra nuire ni au conjoint, ni aux enfants nĂ©s du mariage. Ce que l’on peut ajouter c’est lorsque la filiation naturelle est Ă©tablie, les effets de la filiation naturelle doivent ĂȘtre distinguĂ© des effets de la filiation lĂ©gitime. Tout d’abord l’enfant naturel n’entre pas dans la famille de son auteur, qu’il s’agisse du pĂšre ou de la mĂšre. Le lien de parentĂ© n’existe qu’au premier degrĂ©. En matiĂšre successorale seuls sont envisagĂ©s ls droits successoraux entre l’enfant naturel et son auteur direct. Ainsi, l’enfant naturel n’est pas considĂ©rĂ© vĂ©ritablement comme un hĂ©ritier mais il est considĂ©rĂ© comme un successeur irrĂ©gulier. Art 756 du Code. Il ne peut recevoir de succession que de son pĂšre ou de sa mĂšre. La quotitĂ© qu’il reçoit est toujours infĂ©rieur Ă  celle des enfants lĂ©gitimes. Sa quotitĂ© correspond Ă  une fraction de part d’enfant lĂ©gitime. Elle peut ĂȘtre amoindri, elle ne peut pas ĂȘtre augmentĂ©. Le troisiĂšme point correspond au sort des enfants adultĂ©rins ou incestueux. Les enfants adultĂ©rins ou incestueux subissent le sort le plus rigoureux, c’est le cercle de l’exclusion absolue. Ces enfants sont considĂ©rĂ©s comme de naissance monstrueuse sur le plan sociale d’oĂč un triple verrou. PremiĂšrement leur reconnaissance volontaire est interdite. MĂȘme un acte volontaire de reconnaissance ne permet pas de rattacher l’enfant Ă  son auteur, ici il s’agit de condamner des actes aussi immoraux que l’adultĂšre ou l’inceste. Dans le mĂȘme sens, toute recherche judiciaire en paternitĂ© est interdite. Et troisiĂšme verrou, ces enfants sont exclus du bĂ©nĂ©fice de la lĂ©gitimation. Ainsi, les enfants adultĂ©rins ou incestueux n’ont droit qu’a des aliments art 762 et ils ne reçoivent rien si leur parent naturel leur ont fait apprendre un mĂ©tier manuel. Le statut de ces enfants fait l’objet d’une rĂ©pression extrĂȘme c’est pour ça que la JP a fait rĂ©agir face Ă  ces hĂ©ritĂ©s. Elle a tentĂ© de faire produire certains effets Ă  la filiation de fait. Certains tribunaux ont consacrĂ© une obligation naturelle d’entretien Ă  l’égard de l’enfant et cela indĂ©pendamment de la preuve de la paternitĂ©. Mouvement en faveur de ces enfants, relativement dĂ©sordonnĂ© qui va progressivement nĂ©cessiter une grande rĂ©forme qui va s’opĂ©rer par la loi du 3 janvier 1972
  • Il faut remarquer que dĂšs le milieu du XXĂšme siĂšcle, l’idĂ©e d’égalitĂ© entre enfant lĂ©gitime et enfant naturel s’est inscrite dans les mƓurs mais le statut de l’enfant naturel n’a Ă©tĂ© vĂ©ritablement rĂ©formĂ© qu’avec la loi du 3 janvier 1972 qui a rĂ©formĂ© tout le droit de la filiation pour en rĂ©gler les modes d’établissements et les effets. Loi qui consacre deux modes d’établissement de la filiation naturelle, l’établissement lĂ©gale et l’établissement judiciaire. Pour l’établissement lĂ©gale, cette loi innove en supprimant des interdits quant Ă  la rĂ©vĂ©lation d’une filiation. Il s’agit ici de rechercher la vĂ©ritĂ© des liens du sang. Cette loi pose le principe du libre accĂšs pour tous Ă  une filiation lĂ©galement Ă©tablie et cela s’applique Ă  la filiation adultĂ©rine. Les interdictions Ă  l’établissement de la filiation adultĂ©rine sont supprimĂ©es, il reste comme exception le cas d’inceste absolue. La filiation incestueuse ne doit pas apparaitre dans ce cas la filiation n’st Ă©tablie qu’à l’égard d’un des parents. Les modes de la filiation naturelles sont quasiment inchangĂ©s. La reconnaissance volontaire des privilĂ©giĂ©s quant Ă  la possession d’état, elle ne devient une preuve de toute filiation naturelle qu’avec la loi du 25 juin 1982. A propos de l’établissent judiciaire de la filiation, on constate tout d’abord Ă  un assouplissement de la prĂ©somption de paternitĂ© et cela pour favoriser l’établissement de la filiation adultĂ©rine par la mĂšre. Il est possible d’écarter la prĂ©somption de paternitĂ© en cas de sĂ©paration des Ă©poux et cette loi supprime le monopole marital du dĂ©saveu de paternitĂ©. Enfin cette loi consacre l’action judiciaire en recherche de paternitĂ© qui Ă©tait interdite en 1804 et qui ensuite n’avait Ă©tĂ© admise que de maniĂšre limitĂ©e par une loi de 1912.

À retenir

La filiation lĂ©gitime dĂ©signe la filiation issue d’un mariage reconnu par le droit.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1804Loi sur la filiation
1810Réforme de la filiation
1545Concile de Trente et mariage
1563Imposition de la proclamation du mariage
1579Ordonnance de Blois sur le mariage
1972Réforme de la filiation naturelle et légitime

Tableaux de SynthĂšse

Comparaison famille au sens large et étroit

AspectFamille au sens largeFamille au sens étroit
DĂ©finitionEnsemble de toutes les personnes descendantes d’un auteur commun, incluant cousins Ă©loignĂ©s et alliĂ©sGroupe familial immĂ©diat, centrĂ© sur la cellule familiale
OrientationTournée vers le passé, rÎle en matiÚre de successionPlus centrée sur le présent, gestion quotidienne

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confusion entre famille au sens large et famille au sens étroit.
  2. Mélanger parenté agnatique et parenté cognatique.
  3. Confondre mariage sacrement et union civile.
  4. Oublier que la filiation naturelle peut ĂȘtre Ă©tablie judiciairement ou lĂ©galement.
  5. Confusion entre empĂȘchements au mariage et causes de nullitĂ©.
  6. Mélanger filiation légitime et filiation naturelle.
  7. Confondre la puissance paternelle et la puissance maritale.

Checklist Examen

  1. Revoir la différence entre famille au sens large et étroit.
  2. Mémoriser les dates clés de la réforme de la filiation.
  3. Comprendre les conditions du mariage romain.
  4. Étudier les empĂȘchements au mariage entre le 12e et 14e siĂšcle.
  5. Connaßtre les régimes matrimoniaux et leur évolution.
  6. Savoir les conditions du mariage selon le droit romain.
  7. Différencier filiation légitime et naturelle.
  8. Analyser la place de la femme mariée dans la famille.
  9. Comprendre la sacralisation du mariage par l’Église.
  10. Étudier la loi de 1972 sur la filiation.
  11. ConnaĂźtre les principes de la filiation judiciaire.
  12. Revoir la thĂ©orie des empĂȘchements au mariage.

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1. Quelle affirmation correspond au sujet « Les rapports patrimoniaux entre époux et régimes matrimoniaux » ?

2. En quoi la parenté agnatique diffÚre-t-elle du principe patriarcal ?

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Famille au sens large — dĂ©finition ?

Toutes les descendances d’un auteur commun, incluant cousins et alliĂ©s.

Famille au sens Ă©troit — dĂ©finition ?

Groupe familial immédiat, cellule centrale.

ParentĂ© agnatique — fondement ?

Lien basé sur la descendance masculine.

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