Revision sheet: Organisation, composition et protections du CSE

Plan du Cours

  1. Mise en place du CSE
  2. Composition du CSE
  3. Organisation des élections
  4. Fonctionnement du CSE
  5. Attributions du CSE
  6. Syndicats professionnels
  7. Représentativité syndicale
  8. Présence syndicale
  9. Protection des représentants

1. Mise en place du CSE

Notions clés & Définitions

ComitĂ© social et Ă©conomique (CSE) : Instance unique de reprĂ©sentation du personnel rĂ©sultant de la fusion des dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel (DP), du comitĂ© d'entreprise (CE) et du comitĂ© d'hygiĂšne, de sĂ©curitĂ© et des conditions de travail (CHSCT). Selon Nicolas RONDET (droit social), le CSE se substitue aux DP dans les entreprises d’au moins 11 salariĂ©s et, dans celles d’au moins 50 salariĂ©s, aux DP, CE et CHSCT.

UnitĂ© Ă©conomique et sociale (UES) : Ensemble regroupant plusieurs entitĂ©s juridiquement distinctes mais considĂ©rĂ©es comme une seule entreprise en raison de liens de direction, d’activitĂ©s complĂ©mentaires et d’unification des conditions de travail. La UES permet la mise en place d’un CSE au niveau de cette structure, lorsque plusieurs entitĂ©s forment une seule unitĂ© Ă©conomique.

Effectif de l'entreprise : Nombre de salariĂ©s pris en compte pour dĂ©terminer l’obligation de mise en place du CSE. Il inclut certains salariĂ©s selon des critĂšres prĂ©cis, et exclut d’autres. La mesure de cet effectif doit ĂȘtre stable pendant 12 mois consĂ©cutifs pour dĂ©clencher l’obligation.

Calcul des effectifs : MĂ©thode pour dĂ©terminer si l’entreprise atteint le seuil nĂ©cessaire Ă  la mise en place du CSE. Selon C. trav., art. L. 1111-2 et L. 1111-3, le calcul inclut :

  • intĂ©gralement : salariĂ©s en CDI Ă  temps plein, tĂ©lĂ©travailleurs, travailleurs Ă  domicile ;
  • partiellement : salariĂ©s en CDD ou CTT au prorata de leur temps de prĂ©sence, sauf en cas de remplacement d’un salariĂ© absent ou en suspension ;
  • exclut : apprentis, titulaires d’un contrat de professionnalisation ou d’un contrat unique d’insertion, mandataires sociaux relevant du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral.

Niveau de mise en place : La localisation oĂč le CSE doit ĂȘtre constituĂ©. Il peut ĂȘtre au niveau de l’entreprise ou, si applicable, au niveau de l’UnitĂ© Économique et Sociale (UES). La mise en place Ă  l’échelle de l’UES concerne plusieurs entitĂ©s juridiquement distinctes mais unies par une direction commune, avec des caractĂ©ristiques d’unitĂ© de direction, d’activitĂ©s complĂ©mentaires, et de rĂšgles communes pour le personnel.

Points essentiels

Le CSE doit ĂȘtre mis en place dans toute entreprise comptant au moins 11 salariĂ©s, cette condition Ă©tant valable si cet effectif est maintenu pendant 12 mois consĂ©cutifs, conformĂ©ment Ă  l’article L. 2311-2 du Code du travail. Le calcul des effectifs est effectuĂ© selon les rĂšgles prĂ©cisĂ©es par le Code du travail (art. L. 1111-2 et L. 1111-3), qui prĂ©cisent quels salariĂ©s sont comptabilisĂ©s ou non.

Les salariés pris en compte dans le calcul incluent :

  • Les salariĂ©s en CDI Ă  temps plein, les tĂ©lĂ©travailleurs, et les salariĂ©s Ă  domicile, comptabilisĂ©s intĂ©gralement.
  • Les salariĂ©s en CDD ou CTT, comptabilisĂ©s au prorata de leur temps de prĂ©sence sur les 12 mois prĂ©cĂ©dents, sauf s’ils remplacent un salariĂ© absent ou en suspension.
  • Les salariĂ©s Ă  temps partiel, Ă©galement comptabilisĂ©s au prorata de leur temps de travail.

Les salariés exclus du calcul sont :

  • Les apprentis, les titulaires d’un contrat de professionnalisation ou d’un contrat unique d’insertion, ainsi que les mandataires sociaux relevant du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral.

Le niveau de mise en place du CSE peut ĂȘtre :

  • Au niveau de l’entreprise, lorsque celle-ci ne constitue pas une UES ou lorsque l’unitĂ© Ă©conomique ne justifie pas une autre organisation.
  • Au niveau de l’UES, lorsque plusieurs entitĂ©s juridiquement distinctes forment une seule unitĂ© Ă©conomique, caractĂ©risĂ©e par une unitĂ© de direction, des activitĂ©s complĂ©mentaires, et des rĂšgles communes pour le personnel.

Dans les entreprises disposant de plusieurs Ă©tablissements, un CSE central d’entreprise doit Ă©galement ĂȘtre constituĂ©, ainsi que des CSE d’établissement, conformĂ©ment aux articles L. 2313-1 et L. 2313-8 du Code du travail.

À retenir

Le CSE devient obligatoire dĂšs que l’effectif de l’entreprise atteint 11 salariĂ©s pendant 12 mois consĂ©cutifs, avec un calcul prĂ©cis des effectifs prenant en compte diffĂ©rents types de salariĂ©s selon des rĂšgles strictes. La mise en place peut se faire au niveau de l’entreprise ou de l’unitĂ© Ă©conomique et sociale, selon la structure et la configuration de l’organisation.

2. Composition du CSE

Notions clés & Définitions

DĂ©lĂ©gation du personnel : La dĂ©lĂ©gation du personnel dĂ©signe l’ensemble des membres Ă©lus reprĂ©sentant les salariĂ©s au sein du comitĂ© social et Ă©conomique (CSE). Selon l’article L. 2314-1 du Code du travail, le nombre de membres titulaires et supplĂ©ants varie en fonction de l’effectif de l’entreprise. En l’absence d’accord, un dĂ©cret fixe ce nombre, allant d’un seul titulaire pour les entreprises de 11 Ă  24 salariĂ©s Ă  35 titulaires pour celles de 10 000 salariĂ©s et plus (C. trav., art. R. 2314-1).

Membres titulaires et supplĂ©ants : Les membres titulaires sont ceux qui participent directement aux dĂ©libĂ©rations et aux dĂ©cisions du CSE. Les membres supplĂ©ants sont Ă©lus pour remplacer les titulaires en cas d’absence ou d’empĂȘchement. La composition prĂ©cise, notamment le nombre de chacun, dĂ©pend de la taille de l’entreprise et est fixĂ©e par la loi ou, Ă  dĂ©faut, par dĂ©cret.

RĂ©fĂ©rent lutte contre le harcĂšlement : Parmi les membres du CSE, un rĂ©fĂ©rent est dĂ©signĂ© pour intervenir en matiĂšre de lutte contre le harcĂšlement sexuel et sexiste. Ce rĂ©fĂ©rent a pour rĂŽle d’ĂȘtre un point d’appui pour les salariĂ©s confrontĂ©s Ă  ces problĂ©matiques, contribuant Ă  la prĂ©vention et Ă  la gestion des situations de harcĂšlement.

Commission santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail (CSSCT) : La CSSCT est une instance spĂ©cifique au sein du CSE, créée pour traiter des questions relatives Ă  la santĂ©, Ă  la sĂ©curitĂ© et aux conditions de travail. Sa crĂ©ation est obligatoire dans les entreprises ou Ă©tablissements comptant au moins 300 salariĂ©s (C. trav., art. L. 2315-36). Elle peut Ă©galement ĂȘtre instaurĂ©e dans celles de 50 salariĂ©s et plus par accord d'entreprise, en fonction des besoins ou des risques liĂ©s Ă  l’activitĂ©.

ReprĂ©sentant syndical au CSE : Chaque organisation syndicale reprĂ©sentative a le droit de dĂ©signer un reprĂ©sentant syndical au sein du CSE. Ce reprĂ©sentant a pour mission d’assurer la reprĂ©sentation des intĂ©rĂȘts syndicaux, de participer aux dĂ©libĂ©rations et de faire entendre la voix de la organisation qu’il reprĂ©sente (C. trav., art. L. 2314-2).

ReprĂ©sendants de proximitĂ© : Dans les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s, un accord d’entreprise peut prĂ©voir la mise en place de reprĂ©sentants de proximitĂ©. Leur rĂŽle est d’assurer une liaison entre le CSE et les salariĂ©s, en facilitant la communication et la rĂ©solution des problĂ©matiques locales. L’accord doit prĂ©ciser leur nombre, leurs attributions, ainsi que leurs modalitĂ©s de dĂ©signation et de fonctionnement (C. trav., art. L. 2313-7).

Points essentiels

Le nombre de membres titulaires et supplĂ©ants du CSE varie en fonction de l’effectif de l’entreprise, conformĂ©ment Ă  la rĂ©glementation. En l’absence d’accord spĂ©cifique, un dĂ©cret fixe ce nombre, allant d’un seul titulaire pour les entreprises de 11 Ă  24 salariĂ©s Ă  35 pour celles de 10 000 salariĂ©s et plus (C. trav., art. R. 2314-1). Cette variation permet d’adapter la reprĂ©sentation aux dimensions de l’entreprise, garantissant une reprĂ©sentation proportionnelle.

Chaque organisation syndicale reprĂ©sentative peut dĂ©signer un reprĂ©sentant syndical au CSE, renforçant la pluralitĂ© et la reprĂ©sentation des diffĂ©rentes forces syndicales (C. trav., art. L. 2314-2). Dans les entreprises de 50 salariĂ©s et plus, le CSE doit dĂ©signer, parmi ses membres titulaires, un secrĂ©taire et un trĂ©sorier, afin d’assurer la gestion administrative et financiĂšre de l’instance.

La CSSCT, qui traite des questions de santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail, est obligatoire dans les entreprises ou Ă©tablissements comptant au moins 300 salariĂ©s (C. trav., art. L. 2315-36). Elle peut aussi ĂȘtre créée dans celles de 50 salariĂ©s et plus par accord d’entreprise, ou imposĂ©e par l’inspecteur du travail en fonction de la nature des activitĂ©s ou de l’équipement des locaux.

La durĂ©e du mandat des membres du CSE est gĂ©nĂ©ralement de quatre ans. Toutefois, un accord peut prĂ©voir une durĂ©e comprise entre deux et quatre ans. La loi du 24 octobre 2025 a supprimĂ© la limite de trois mandats successifs, permettant aux membres d’ĂȘtre réélus un nombre illimitĂ© de fois, indĂ©pendamment de l’effectif de l’entreprise (C. trav., art. L. 2314-33 et suivants).

L’élection des membres du CSE est organisĂ©e par l’employeur, qui doit informer les salariĂ©s de la date du scrutin. Le vote doit avoir lieu dans un dĂ©lai maximal de 90 jours aprĂšs cette information. Dans les entreprises de 11 Ă  20 salariĂ©s, l’employeur doit organiser les Ă©lections mĂȘme si aucun salariĂ© ne se porte candidat dans un dĂ©lai de 30 jours, sous peine de devoir Ă©tablir un procĂšs-verbal de carence si aucune candidature n’est dĂ©posĂ©e (questions-rĂ©ponses du 29 septembre 2023). Si l’employeur ne met pas en place le CSE, une organisation syndicale ou un salariĂ© peut lui en faire la demande, et l’employeur doit engager la procĂ©dure dans le mois suivant.

À retenir

La composition du CSE, notamment le nombre de membres et la crĂ©ation de la CSSCT, dĂ©pend de la taille de l’entreprise et des accords spĂ©cifiques, permettant une organisation adaptĂ©e aux enjeux de reprĂ©sentation, de santĂ© et de sĂ©curitĂ©. La loi favorise une reprĂ©sentation flexible et Ă©volutive, avec une possibilitĂ© d’élargissement des mandats et de mise en place de reprĂ©sentants de proximitĂ©.

3. Organisation des élections

Notions clés & Définitions

Protocole d’accord préélectoral (PAP)
Le PAP est un document qui fixe les modalitĂ©s d’organisation des Ă©lections professionnelles. Il est Ă©laborĂ© suite Ă  une nĂ©gociation entre l’employeur et les organisations syndicales ou, Ă  dĂ©faut, avec les salariĂ©s. Ce protocole dĂ©termine notamment la date du scrutin, la composition des listes Ă©lectorales, le calendrier, le mode de scrutin, et les modalitĂ©s de vote. La nĂ©gociation du PAP est une Ă©tape essentielle pour assurer une organisation conforme aux rĂšgles en vigueur.

Conditions d’électorat
Les conditions d’électorat dĂ©signent les critĂšres permettant Ă  un salariĂ© de voter lors des Ă©lections professionnelles. Selon le contenu source, pour ĂȘtre Ă©lecteur, le salariĂ© doit avoir au moins 16 ans, justifier d’au moins 3 mois d’anciennetĂ© dans l’entreprise, et ne doit pas faire l’objet d’une condamnation privative du droit de vote. Ces conditions garantissent que seuls les salariĂ©s rĂ©pondant Ă  ces critĂšres peuvent participer au vote.

Conditions d’éligibilitĂ©
Les conditions d’éligibilitĂ© dĂ©finissent les critĂšres pour qu’un salariĂ© puisse se prĂ©senter comme candidat lors des Ă©lections. Selon la source, pour ĂȘtre Ă©ligible, le salariĂ© doit avoir au moins 18 ans, justifier d’un an d’anciennetĂ© dans l’entreprise, et ne doit pas avoir de lien familial avec l’employeur (conjoint, concubin, partenaire de PACS, ascendant, descendant, frĂšre, sƓur ou alliĂ© au mĂȘme degrĂ©). Ces conditions visent Ă  assurer une certaine stabilitĂ© et indĂ©pendance des candidats.

ProcĂšs-verbal de carence
Le procĂšs-verbal de carence est un document Ă©tabli par l’employeur lorsqu’aucune candidature n’a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e dans une entreprise de 11 Ă  20 salariĂ©s, malgrĂ© l’obligation d’organiser des Ă©lections. Il atteste de l’absence de candidats et marque la carence en candidats, permettant de formaliser cette situation administrative. La procĂ©dure d’organisation des Ă©lections doit nĂ©anmoins ĂȘtre engagĂ©e dans le mois suivant la demande, sauf si un processus Ă©lectoral rĂ©cent (moins de 6 mois) a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© engagĂ©.

Salariés mis à disposition
Les salariĂ©s mis Ă  disposition sont ceux qui, par un contrat de travail avec un employeur, travaillent dans une autre entreprise que celle qui les emploie habituellement. Ces salariĂ©s peuvent voter dans l’entreprise d’origine ou dans l’entreprise utilisatrice, Ă  condition d’y ĂȘtre prĂ©sents depuis au moins 12 mois continus. Cependant, ils ne sont Ă©ligibles que dans leur entreprise d’origine, ce qui limite leur candidature Ă  leur lieu d’emploi principal.

Travailleurs Ă  employeurs multiples
Les travailleurs Ă  employeurs multiples sont des salariĂ©s qui ont plusieurs employeurs et remplissent les conditions d’électorat dans toutes les entreprises oĂč ils travaillent. Toutefois, leur Ă©ligibilitĂ© est limitĂ©e Ă  une seule entreprise. En d’autres termes, ils peuvent voter dans toutes les entreprises oĂč ils remplissent les conditions, mais ne peuvent se prĂ©senter que dans une seule d’entre elles, afin d’éviter une double candidature ou une confusion dans la reprĂ©sentation.

Points essentiels

L’employeur a l’obligation d’organiser les Ă©lections professionnelles et doit informer les salariĂ©s de la date du scrutin au plus tard 90 jours avant celle-ci. Cette notification permet aux salariĂ©s de se prĂ©parer et de participer aux Ă©lections dans des conditions transparentes et Ă©quitables.

Les Ă©lecteurs doivent remplir des conditions prĂ©cises : ils doivent avoir au moins 16 ans et justifier d’au moins 3 mois d’anciennetĂ© dans l’entreprise. De plus, ils ne doivent pas faire l’objet d’une condamnation privative du droit de vote, conformĂ©ment Ă  l’article L. 2314-18 du Code du travail. Ces critĂšres assurent que seuls les salariĂ©s ayant une certaine stabilitĂ© dans l’entreprise peuvent voter.

Les candidats doivent, quant Ă  eux, respecter des conditions d’éligibilitĂ© : ĂȘtre ĂągĂ©s d’au moins 18 ans, justifier d’un an d’anciennetĂ©, et ne pas avoir de lien familial avec l’employeur (conjoint, concubin, partenaire de PACS, ascendant, descendant, frĂšre, sƓur ou alliĂ© au mĂȘme degrĂ©). Ces rĂšgles visent Ă  prĂ©server l’indĂ©pendance et la reprĂ©sentativitĂ© des Ă©lus.

En cas d’absence de candidature dans une entreprise de 11 Ă  20 salariĂ©s, l’employeur doit malgrĂ© tout organiser les Ă©lections, mĂȘme si aucune liste n’a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e. Si aucune candidature n’est prĂ©sentĂ©e, un procĂšs-verbal de carence est Ă©tabli pour formaliser cette situation. La procĂ©dure d’organisation doit ĂȘtre engagĂ©e dans le mois suivant la demande, sauf si un processus Ă©lectoral rĂ©cent (moins de 6 mois) a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© engagĂ©.

Les salariĂ©s mis Ă  disposition, qui travaillent dans une entreprise diffĂ©rente de leur employeur principal, peuvent voter dans l’entreprise d’origine ou dans l’entreprise utilisatrice, Ă  condition d’y ĂȘtre prĂ©sents depuis au moins 12 mois continus. Cependant, ils ne peuvent se prĂ©senter comme candidats que dans leur entreprise d’origine. Les travailleurs Ă  employeurs multiples ont la possibilitĂ© de voter dans toutes les entreprises oĂč ils remplissent les conditions, mais ne peuvent se prĂ©senter que dans une seule, afin d’éviter toute confusion ou double reprĂ©sentation.

À retenir

L’organisation des Ă©lections professionnelles repose sur un cadre prĂ©cis, incluant la nĂ©gociation du protocole d’accord préélectoral, le respect des conditions d’électorat et d’éligibilitĂ©, ainsi que la gestion des situations particuliĂšres comme la carence ou la mise Ă  disposition. Ces rĂšgles garantissent un processus transparent, Ă©quitable et conforme aux obligations lĂ©gales.

4. Fonctionnement du CSE

Notions clés & Définitions

Heures de délégation
Les membres titulaires du CSE disposent d’un crĂ©dit d’heures de dĂ©lĂ©gation, qui leur est accordĂ© pour exercer leurs missions. Ces heures sont rĂ©munĂ©rĂ©es comme du temps de travail effectif. La quantitĂ© d’heures de dĂ©lĂ©gation allouĂ©e varie en fonction de l’effectif de l’entreprise : plus l’effectif est Ă©levĂ©, plus le crĂ©dit d’heures est important. Ces heures permettent aux membres d’ĂȘtre prĂ©sents dans l’entreprise ou Ă  l’extĂ©rieur pour reprĂ©senter, informer et dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des salariĂ©s.

Réunions périodiques
Les membres du CSE doivent se rĂ©unir rĂ©guliĂšrement selon une frĂ©quence fixĂ©e par la rĂ©glementation. Dans les entreprises de moins de 50 salariĂ©s, ces rĂ©unions doivent avoir lieu au minimum une fois par mois. Dans celles de 50 Ă  299 salariĂ©s, la frĂ©quence est d’au moins une rĂ©union tous les deux mois. Ces rĂ©unions sont essentielles pour assurer le dialogue social, traiter des questions relatives Ă  la santĂ©, sĂ©curitĂ©, conditions de travail, et examiner la situation Ă©conomique et sociale de l’entreprise.

Subvention de fonctionnement
Il s’agit d’une aide financiĂšre versĂ©e au CSE pour lui permettre d’accomplir ses missions. Son montant est calculĂ© en pourcentage de la masse salariale brute de l’entreprise : 0,20% pour les entreprises comptant entre 50 et 2000 salariĂ©s, et 0,22% pour celles de plus de 2000 salariĂ©s. Cette subvention finance notamment l’organisation des rĂ©unions, l’achat de matĂ©riel, ou le recours Ă  des experts.

Droit de déplacement et de circulation
Les membres Ă©lus du CSE ont le droit de circuler dans l’entreprise et de se dĂ©placer Ă  l’extĂ©rieur durant leurs heures de dĂ©lĂ©gation. Cela leur permet d’accĂ©der aux diffĂ©rents sites, locaux ou espaces de travail, afin d’exercer leurs missions de reprĂ©sentation, d’enquĂȘter ou de recueillir des informations. Ce droit s’applique pendant leurs heures de dĂ©lĂ©gation, mais Ă©galement en dehors de leurs heures habituelles de travail.

Local et panneaux d’affichage
Le CSE dispose d’un local dĂ©diĂ©, oĂč il peut se rĂ©unir, prĂ©parer ses rĂ©unions, stocker ses documents et Ă©changer entre membres. De plus, il bĂ©nĂ©ficie de panneaux d’affichage, qui lui permettent de communiquer avec l’ensemble des salariĂ©s de l’entreprise. Ces panneaux sont destinĂ©s Ă  diffuser des informations relatives aux activitĂ©s du CSE, aux droits des salariĂ©s, ou Ă  toute autre information d’intĂ©rĂȘt collectif.

Points essentiels

Les membres titulaires du CSE disposent d’un crĂ©dit d’heures de dĂ©lĂ©gation, qui leur est payĂ© comme du temps de travail effectif. La quantitĂ© de ces heures dĂ©pend de l’effectif de l’entreprise, permettant Ă  chaque membre d’accomplir ses missions dans des conditions adaptĂ©es.
Les réunions périodiques du CSE doivent se tenir au moins une fois par mois dans les entreprises de moins de 50 salariés, et au moins une fois tous les deux mois dans celles de 50 à 299 salariés. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, quatre réunions doivent porter spécifiquement sur la santé, la sécurité et les conditions de travail.
La subvention de fonctionnement, correspondant Ă  0,20% ou 0,22% de la masse salariale selon la taille de l’entreprise, finance les activitĂ©s du CSE, notamment les expertises et la logistique. Les membres du CSE peuvent faire appel Ă  des experts pour prĂ©parer leurs travaux, avec des frais Ă  la charge de l’employeur ou rĂ©partis entre l’employeur (80%) et le CSE (20%).
Le CSE dispose d’un local pour ses rĂ©unions et de panneaux d’affichage pour communiquer avec les salariĂ©s, ce qui facilite la transparence et la circulation de l’information au sein de l’entreprise.
Les membres Ă©lus peuvent circuler librement dans l’entreprise et se dĂ©placer Ă  l’extĂ©rieur durant leurs heures de dĂ©lĂ©gation, leur permettant d’assurer efficacement leur rĂŽle de reprĂ©sentation et de contrĂŽle.

À retenir

Les moyens matĂ©riels (local, panneaux d’affichage) et temporels (crĂ©dit d’heures de dĂ©lĂ©gation, rĂ©unions pĂ©riodiques) garantissent que le CSE peut exercer ses missions dans de bonnes conditions, assurant ainsi un dialogue social efficace et la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts des salariĂ©s.

5. Attributions du CSE

Notions clés & Définitions

Droit d’alerte : Le droit d’alerte permet au CSE de saisir l’employeur lorsqu’il constate une situation susceptible de porter atteinte aux droits des personnes, Ă  la sĂ©curitĂ© ou Ă  la santĂ© des salariĂ©s, ou en cas de danger grave et imminent, ou encore en matiĂšre Ă©conomique et sociale. Il s’agit d’un mĂ©canisme permettant une intervention rapide pour prĂ©venir ou faire cesser un risque ou une situation critique.

Consultations rĂ©currentes : Ce sont des rĂ©unions rĂ©guliĂšres auxquelles le CSE est appelĂ© Ă  participer, notamment une fois par an, pour donner son avis sur les orientations stratĂ©giques de l’entreprise, sa situation Ă©conomique, sa politique sociale, et ses conditions de travail. Ces consultations visent Ă  assurer une participation continue du CSE dans la gestion de l’entreprise.

Consultations ponctuelles : Ce sont des consultations spĂ©cifiques et occasionnelles du CSE, qui interviennent en rĂ©ponse Ă  des situations particuliĂšres. Parmi celles-ci figurent la mise en Ɠuvre des moyens de contrĂŽle de l’activitĂ© des salariĂ©s, les restructurations, la compression des effectifs, les licenciements collectifs pour motif Ă©conomique, les offres publiques d’acquisition, ou encore les procĂ©dures de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaire.

NĂ©gociation collective par conseil d’entreprise : Lorsqu’un accord majoritaire ou une extension d’accord de branche le prĂ©voit, le CSE peut se voir confier la compĂ©tence de nĂ©gociation collective. Dans ce cas, il devient un « conseil d’entreprise » et exerce toutes les attributions du CSE tout en Ă©tant habilitĂ© Ă  nĂ©gocier, conclure et rĂ©viser tous les accords d’entreprise ou d’établissement, y compris ceux relatifs aux Plans de Sauvegarde de l’Emploi (PSE). La validitĂ© de ces accords repose soit sur leur signature par la majoritĂ© des membres Ă©lus du conseil, soit par un ou plusieurs membres ayant recueilli plus de 50 % des suffrages lors des derniĂšres Ă©lections professionnelles.

ActivitĂ©s sociales et culturelles : Le CSE est responsable de la gestion ou du contrĂŽle des activitĂ©s sociales et culturelles destinĂ©es aux salariĂ©s, Ă  leur famille et aux stagiaires. Ces activitĂ©s comprennent notamment la gestion des cantines, crĂšches, colonies de vacances, activitĂ©s sportives et de loisirs. Ces actions visent Ă  amĂ©liorer les conditions de vie et le bien-ĂȘtre des salariĂ©s, en leur offrant des services ou des activitĂ©s Ă  caractĂšre social ou culturel.

Points essentiels

Le CSE joue un rĂŽle central dans la reprĂ©sentation des salariĂ©s Ă  travers plusieurs missions essentielles. Il prĂ©sente aussi bien des rĂ©clamations individuelles que collectives, notamment en cas de harcĂšlement, de danger grave ou de situation Ă©conomique prĂ©occupante. En matiĂšre de consultation, il doit ĂȘtre informĂ© et consultĂ© annuellement sur plusieurs aspects fondamentaux de l’entreprise : les orientations stratĂ©giques, la situation Ă©conomique, la politique sociale, et les conditions de travail. Ces consultations sont obligatoires et portent sur des informations que l’employeur doit mettre Ă  disposition dans la base de donnĂ©es Ă©conomiques, sociales et environnementales (BDESE). Ces donnĂ©es incluent notamment des indicateurs relatifs Ă  l’égalitĂ© professionnelle, aux Ă©carts de rĂ©munĂ©ration, et au bilan social, lorsque l’effectif de l’entreprise dĂ©passe 300 salariĂ©s. La consultation peut Ă©galement porter sur des projets importants tels que les licenciements collectifs, restructurations ou offres publiques d’acquisition. En cas de situations particuliĂšres, comme la mise en Ɠuvre de moyens de contrĂŽle, les restructurations, ou les procĂ©dures de sauvegarde et liquidation judiciaire, le CSE doit Ă©galement ĂȘtre consultĂ© ponctuellement. Lorsqu’un accord d’entreprise ou de branche lui confĂšre la compĂ©tence, le CSE peut aussi nĂ©gocier collectivement, devenant alors un conseil d’entreprise. Enfin, il gĂšre ou contrĂŽle les activitĂ©s sociales et culturelles, contribuant ainsi au bien-ĂȘtre des salariĂ©s et de leur famille.

À retenir

Le CSE dispose d’attributions variĂ©es, allant de la prĂ©sentation de rĂ©clamations et de l’exercice du droit d’alerte Ă  la participation aux consultations stratĂ©giques, sociales et Ă©conomiques, ainsi qu’à la gestion d’activitĂ©s sociales et culturelles. Selon la taille de l’entreprise, ses missions peuvent ĂȘtre renforcĂ©es ou Ă©largies, notamment en matiĂšre de nĂ©gociation collective.

6. Syndicats professionnels

Notions clés & Définitions

Syndicat professionnel
Un syndicat professionnel est un groupement de personnes exerçant la mĂȘme profession ou des professions connexes, dont l’objet exclusif est l’étude et la dĂ©fense des droits ainsi que des intĂ©rĂȘts matĂ©riels et moraux, tant collectifs qu’individuels, des personnes mentionnĂ©es dans ses statuts. Selon Nicolas RONDET (droit social), il s’agit d’un organisme dont la finalitĂ© est limitĂ©e Ă  la reprĂ©sentation et Ă  la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts professionnels de ses membres, avec pour but professionnel exclusif, ce qui distingue le syndicat de l’association.

Union, fédération, confédération
Ce sont des regroupements de syndicats constituĂ©s Ă  diffĂ©rents niveaux. Une union regroupe des syndicats au niveau local, par exemple l’Union des Industries et MĂ©tiers de la MĂ©tallurgie de la Vienne. Une fĂ©dĂ©ration rassemble des syndicats Ă  un niveau professionnel, comme la fĂ©dĂ©ration du bĂątiment. Une confĂ©dĂ©ration est une organisation regroupant plusieurs fĂ©dĂ©rations Ă  l’échelle nationale, par exemple la CGT. Ces structures permettent une organisation hiĂ©rarchisĂ©e et une reprĂ©sentation plus large des intĂ©rĂȘts syndicaux.

Capacité juridique des syndicats
Les syndicats disposent de la capacitĂ© juridique, ce qui leur confĂšre la personnalitĂ© morale. En tant que personnes morales, ils peuvent nĂ©gocier des conventions et accords collectifs, ester en justice, acquĂ©rir des biens immobiliers, et recevoir des dons et legs. Cette capacitĂ© leur permet d’agir en tant qu’entitĂ© indĂ©pendante et d’exercer leurs fonctions reprĂ©sentatives et nĂ©gociatrices.

Liberté syndicale
La liberté syndicale garantit deux principes fondamentaux :

  • La libertĂ© de constitution des syndicats, c’est-Ă -dire que toute personne ou groupe peut crĂ©er un syndicat sans entrave.
  • La libertĂ© d’adhĂ©sion, qui permet Ă  tout salariĂ© de choisir librement le syndicat auquel il souhaite adhĂ©rer, ou de ne pas adhĂ©rer, ainsi que de se retirer ultĂ©rieurement. Ces principes assurent l’indĂ©pendance et l’autonomie des syndicats dans leur fonctionnement.

Objet exclusif professionnel
L’objet des syndicats est limitĂ© Ă  l’étude et Ă  la dĂ©fense des droits et intĂ©rĂȘts professionnels, tant collectifs qu’individuels, de leurs membres. Ils ne peuvent avoir pour but autre que professionnel, ce qui distingue leur nature de celle d’une association Ă  but non professionnel. Leur mission se concentre donc sur la reprĂ©sentation, la nĂ©gociation et la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts liĂ©s Ă  l’exercice de la profession ou des professions connexes.

Points essentiels

Les syndicats ont pour objet exclusif la dĂ©fense des droits et intĂ©rĂȘts professionnels collectifs et individuels. Leur constitution requiert le dĂ©pĂŽt des statuts en mairie, oĂč ils doivent Ă©galement indiquer les noms des responsables administratifs ou dirigeants. Ces syndicats peuvent se regrouper en structures plus larges : unions, fĂ©dĂ©rations et confĂ©dĂ©rations, permettant une organisation hiĂ©rarchisĂ©e et une reprĂ©sentation Ă  diffĂ©rents niveaux. La capacitĂ© juridique des syndicats leur confĂšre la possibilitĂ© de nĂ©gocier, ester en justice, acquĂ©rir des biens et recevoir des dons ou legs, leur donnant une autonomie juridique essentielle pour exercer leurs missions. La libertĂ© syndicale garantit la constitution libre des syndicats et l’adhĂ©sion volontaire des salariĂ©s, assurant leur indĂ©pendance et leur fonctionnement dĂ©mocratique.

À retenir

Les syndicats professionnels sont des entitĂ©s juridiquement autonomes, dont l’objet est strictement professionnel, et qui bĂ©nĂ©ficient de la libertĂ© de constitution et d’adhĂ©sion, leur permettant de reprĂ©senter efficacement les intĂ©rĂȘts des salariĂ©s dans le cadre de leur profession.

7. Représentativité syndicale

Notions clés & Définitions

ReprĂ©sentativitĂ© syndicale : La reprĂ©sentativitĂ© syndicale dĂ©signe la lĂ©gitimitĂ© qu’un syndicat doit possĂ©der pour exercer ses droits et ses prĂ©rogatives dans l’entreprise ou au niveau national. Elle est dĂ©terminĂ©e selon des critĂšres lĂ©gaux afin de garantir que seul un syndicat lĂ©gitimement reprĂ©sentatif puisse nĂ©gocier et signer des accords collectifs, dĂ©signer des dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux ou reprĂ©senter les salariĂ©s lors des Ă©lections professionnelles. La lĂ©gitimitĂ© confĂ©rĂ©e par la reprĂ©sentativitĂ© assure la crĂ©dibilitĂ© et l’autoritĂ© du syndicat dans ses actions.

CritĂšres de reprĂ©sentativitĂ© : Ce sont les Ă©lĂ©ments lĂ©gaux permettant d’évaluer si un syndicat ou une organisation professionnelle d’employeurs possĂšde la lĂ©gitimitĂ© nĂ©cessaire pour agir en tant que reprĂ©sentant. Pour les syndicats, ces critĂšres incluent notamment l’audience, c’est-Ă -dire leur poids au sein de l’entreprise ou lors des Ă©lections professionnelles. La loi du 5 mars 2014 prĂ©cise ces critĂšres, qui sont quasi identiques pour la reprĂ©sentativitĂ© syndicale et patronale, Ă  l’exception de la mesure de l’audience.

NĂ©gociation collective majoritaire : La nĂ©gociation collective majoritaire dĂ©signe le processus de nĂ©gociation oĂč seul un syndicat ou un groupement syndical reprĂ©sentant la majoritĂ© des salariĂ©s ou des entreprises peut engager et signer des accords collectifs. La majoritĂ© est dĂ©terminĂ©e selon les critĂšres de reprĂ©sentativitĂ© lĂ©gale. La lĂ©gitimitĂ© de nĂ©gocier repose donc sur la reconnaissance de cette majoritĂ©, condition essentielle pour que les accords soient valides et contraignants.

ReprĂ©sentativitĂ© au niveau de l’entreprise : La reprĂ©sentativitĂ© syndicale est Ă©valuĂ©e au niveau de l’entreprise pour dĂ©terminer la lĂ©gitimitĂ© d’un syndicat Ă  participer aux nĂ©gociations collectives, Ă  dĂ©signer des reprĂ©sentants syndicaux et Ă  signer des accords. Cette Ă©valuation locale garantit que seul un syndicat ayant une audience significative dans l’entreprise peut exercer ces prĂ©rogatives, renforçant ainsi la lĂ©gitimitĂ© et la reprĂ©sentativitĂ© dans le contexte spĂ©cifique de l’établissement.

Points essentiels

La reprĂ©sentativitĂ© syndicale est dĂ©terminĂ©e selon des critĂšres lĂ©gaux pour garantir la lĂ©gitimitĂ© Ă  nĂ©gocier. Ces critĂšres, notamment l’audience, sont fixĂ©s par la loi et assurent que seuls les syndicats ayant une certaine importance dans l’entreprise ou au niveau national peuvent exercer leurs prĂ©rogatives. Seuls les syndicats reprĂ©sentatifs peuvent dĂ©signer des reprĂ©sentants syndicaux au CSE, participer aux nĂ©gociations collectives, signer des accords et reprĂ©senter les salariĂ©s lors des Ă©lections professionnelles. La reprĂ©sentativitĂ© est Ă©valuĂ©e au niveau de l’entreprise pour les nĂ©gociations collectives, ce qui signifie que la lĂ©gitimitĂ© d’un syndicat dĂ©pend de sa capacitĂ© Ă  mobiliser et Ă  reprĂ©senter une majoritĂ© de salariĂ©s dans cette entreprise spĂ©cifique. Enfin, cette reprĂ©sentativitĂ© conditionne la participation aux nĂ©gociations et la signature des accords collectifs, assurant que ces derniers reflĂštent la volontĂ© de la majoritĂ© des salariĂ©s ou des employeurs concernĂ©s.

À retenir

La lĂ©gitimitĂ© Ă  nĂ©gocier et Ă  reprĂ©senter les salariĂ©s repose sur des critĂšres lĂ©gaux de reprĂ©sentativitĂ©, Ă©valuĂ©s au niveau de l’entreprise ou national. Seuls les syndicats reprĂ©sentatifs peuvent exercer ces droits, ce qui garantit la lĂ©gitimitĂ© et la lĂ©galitĂ© des nĂ©gociations collectives et des accords signĂ©s.

8. Présence syndicale

Notions clés & Définitions

Délégué syndical
Le dĂ©lĂ©guĂ© syndical est un reprĂ©sentant dĂ©signĂ© par une organisation syndicale reprĂ©sentative dans l’entreprise ou l’établissement. Il agit au nom de son syndicat auprĂšs de l’employeur pour faire connaĂźtre ses propositions et revendications, et nĂ©gocier les conventions et accords d’entreprise. La dĂ©signation du dĂ©lĂ©guĂ© syndical est soumise Ă  des conditions d’ñge (au moins 18 ans), d’anciennetĂ© (un an dans l’entreprise) et d’absence d’interdictions ou incapacitĂ©s relatives aux droits civiques. Le nombre de dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux varie selon la taille de l’entreprise, allant de 1 Ă  5. Leur mandat prend fin lors du renouvellement des institutions reprĂ©sentatives du personnel. Seuls des titulaires peuvent ĂȘtre dĂ©signĂ©s.

Représentant de section syndicale
Chaque syndicat qui constitue une section syndicale peut, s’il n’est pas reprĂ©sentatif, dĂ©signer un reprĂ©sentant de la section pour la reprĂ©senter au sein de l’entreprise ou de l’établissement. Ce reprĂ©sentant agit pour dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des salariĂ©s affiliĂ©s Ă  cette section syndicale, dans le cadre des activitĂ©s syndicales et de la reprĂ©sentation du personnel.

Moyens syndicaux
Les moyens syndicaux regroupent l’ensemble des outils et ressources mis Ă  disposition des syndicats pour exercer leurs activitĂ©s dans l’entreprise. Parmi ces moyens, on trouve notamment le local syndical, qui sert de lieu de rĂ©union et de stockage de documents, ainsi que les panneaux d’affichage syndicaux, qui permettent la diffusion d’informations, de revendications ou de communications syndicales auprĂšs des salariĂ©s.

Affichage syndical
L’affichage syndical dĂ©signe la mise en place de panneaux ou d’espaces rĂ©servĂ©s Ă  la communication syndicale dans l’entreprise. Il permet aux syndicats d’afficher des messages, des revendications ou des informations relatives Ă  leur activitĂ©. La prĂ©sence et l’utilisation de ces espaces sont encadrĂ©es pour garantir la libertĂ© d’expression syndicale tout en respectant l’ordre dans l’entreprise.

Local syndical
Le local syndical est un espace dĂ©diĂ© mis Ă  la disposition des syndicats dans l’entreprise. Il leur permet de se rĂ©unir, de stocker des documents et de prĂ©parer leurs actions. La mise Ă  disposition d’un local syndical est un moyen matĂ©riel essentiel pour garantir la prĂ©sence et l’action des syndicats dans l’entreprise.

Points essentiels

Les syndicats reprĂ©sentatifs peuvent dĂ©signer un dĂ©lĂ©guĂ© syndical au sein du CSE. En effet, lorsque le syndicat est reconnu comme reprĂ©sentatif, il a la possibilitĂ© de dĂ©signer un dĂ©lĂ©guĂ© syndical, conformĂ©ment Ă  l’article L. 2143-3 du Code du travail. Ce dĂ©lĂ©guĂ© agit comme porte-parole du syndicat auprĂšs de l’employeur, en lui faisant connaĂźtre ses propositions et revendications, et en nĂ©gociant les accords d’entreprise.

Les reprĂ©sentants de section syndicale sont dĂ©signĂ©s par leur organisation syndicale pour reprĂ©senter les salariĂ©s. Si le syndicat n’est pas considĂ©rĂ© comme reprĂ©sentatif, il peut tout de mĂȘme dĂ©signer un reprĂ©sentant de la section syndicale pour assurer la reprĂ©sentation des salariĂ©s affiliĂ©s Ă  cette section dans l’entreprise ou l’établissement.

Les syndicats disposent de moyens matĂ©riels pour exercer leurs activitĂ©s, notamment un local syndical, qui leur est gĂ©nĂ©ralement mis Ă  disposition, et des panneaux d’affichage syndicaux. Ces moyens leur permettent de communiquer efficacement avec les salariĂ©s, de diffuser leurs messages et de prĂ©parer leurs actions.

La prĂ©sence syndicale dans l’entreprise est encadrĂ©e pour garantir l’exercice des droits syndicaux. Cela inclut la possibilitĂ© d’afficher des messages syndicaux dans des espaces rĂ©servĂ©s, d’utiliser un local syndical, et de bĂ©nĂ©ficier d’heures de dĂ©lĂ©gation pour exercer leurs fonctions. Ces mesures assurent que les syndicats peuvent agir librement tout en respectant l’ordre dans l’entreprise.

À retenir

Les syndicats reprĂ©sentatifs peuvent dĂ©signer un dĂ©lĂ©guĂ© syndical pour reprĂ©senter leurs intĂ©rĂȘts dans l’entreprise, tandis que les reprĂ©sentants de section syndicale assurent la reprĂ©sentation des salariĂ©s affiliĂ©s Ă  une section spĂ©cifique. Les moyens matĂ©riels, tels que le local syndical et l’affichage, ainsi que la rĂ©glementation encadrant la prĂ©sence syndicale, garantissent la libertĂ© d’action et l’exercice effectif des droits syndicaux dans l’entreprise.

9. Protection des représentants

Notions clés & Définitions

Protection des membres du CSE
Les membres Ă©lus du ComitĂ© Social et Économique (CSE) bĂ©nĂ©ficient d’une protection particuliĂšre contre le licenciement et les sanctions disciplinaires. Selon Nicolas RONDET (droit social), cette protection vise Ă  garantir leur indĂ©pendance et leur libertĂ© d’action en empĂȘchant toute rupture de contrat ou sanction liĂ©e Ă  leur mandat, sauf dans des cas strictement encadrĂ©s par la loi. La protection s’étend durant toute la durĂ©e du mandat et jusqu’à six mois aprĂšs sa cessation, voire douze mois pour certains dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux.

Protection des délégués syndicaux
Les dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux disposent Ă©galement d’une protection renforcĂ©e liĂ©e Ă  leur mandat syndical. Leur protection est conçue pour prĂ©server leur libertĂ© d’action et leur indĂ©pendance face Ă  l’employeur, en empĂȘchant toute sanction ou licenciement abusif motivĂ© par leur activitĂ© syndicale. La durĂ©e de cette protection est gĂ©nĂ©ralement de douze mois aprĂšs la fin du mandat, conformĂ©ment Ă  la lĂ©gislation en vigueur.

Immunité contre licenciement abusif
L’immunitĂ© consiste en l’interdiction pour l’employeur de procĂ©der Ă  un licenciement ou Ă  une sanction disciplinaire Ă  l’encontre d’un reprĂ©sentant du personnel ou syndical, sauf si ce licenciement est justifiĂ© par une cause rĂ©elle et sĂ©rieuse indĂ©pendante de leur mandat ou activitĂ©. Toute procĂ©dure disciplinaire ou de licenciement doit respecter des rĂšgles spĂ©cifiques, notamment la consultation prĂ©alable du CSE ou l’obtention d’une autorisation administrative, afin d’éviter tout licenciement abusif.

Droits spécifiques en matiÚre disciplinaire
Les reprĂ©sentants du personnel bĂ©nĂ©ficient de droits spĂ©cifiques en matiĂšre disciplinaire. Toute sanction ou procĂ©dure disciplinaire doit respecter un cadre prĂ©cis, notamment l’obligation de respecter une procĂ©dure contradictoire, de notifier la sanction par Ă©crit, et de respecter un dĂ©lai raisonnable. De plus, toute sanction disciplinaire ou licenciement doit faire l’objet d’un contrĂŽle pour vĂ©rifier qu’il n’est pas abusif ou discriminatoire, en particulier lorsqu’il concerne un reprĂ©sentant du personnel ou syndical.

Points essentiels

Les membres Ă©lus du CSE bĂ©nĂ©ficient d’une protection particuliĂšre contre le licenciement et les sanctions disciplinaires. Cette protection a pour objectif de garantir leur indĂ©pendance et leur libertĂ© d’action, en empĂȘchant toute rupture de contrat ou sanction liĂ©e Ă  leur mandat, sauf dans des cas strictement encadrĂ©s par la loi. La protection est applicable pendant toute la durĂ©e du mandat, ainsi que pendant une pĂ©riode limitĂ©e aprĂšs sa cessation : six mois pour les membres Ă©lus du CSE et douze mois pour les dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux.

Les dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux disposent Ă©galement d’une protection renforcĂ©e, liĂ©e Ă  leur mandat syndical, afin de prĂ©server leur libertĂ© d’action face Ă  l’employeur. La procĂ©dure en cas de licenciement ou de sanction disciplinaire doit respecter des rĂšgles spĂ©cifiques, notamment la consultation du CSE pour avis ou l’obtention d’une autorisation de l’inspecteur du travail. Toute procĂ©dure disciplinaire doit suivre une procĂ©dure stricte, incluant notamment une Ă©tape contradictoire, une notification Ă©crite, et un respect des dĂ©lais.

L’objectif principal de ces protections est de garantir l’indĂ©pendance et la libertĂ© d’action des reprĂ©sentants du personnel et syndicaux, en Ă©vitant tout licenciement ou sanction abusifs, et en assurant un cadre lĂ©gal protecteur pour l’exercice de leur mandat.

À retenir

Les reprĂ©sentants du personnel, notamment les membres Ă©lus du CSE et les dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux, bĂ©nĂ©ficient de protections lĂ©gales renforcĂ©es pour prĂ©server leur indĂ©pendance et leur libertĂ© d’action. Toute procĂ©dure de licenciement ou sanction doit respecter des rĂšgles strictes afin d’éviter tout abus, garantissant ainsi la sĂ©curitĂ© juridique et la libertĂ© d’exercice de leur mandat.

Tableaux de SynthĂšse

AspectDétailsAuteur / Référence
Mise en place du CSESe déclenche dÚs 11 salariés maintenus 12 mois, selon L. 2311-2 du Code du travail-
Effectifs pris en compteCDI, télétravailleurs, salariés à domicile (intégralement); CDD/CTT (au prorata); apprentis, mandataires sociaux (exclus)C. trav., art. L. 1111-2 et L. 1111-3
Niveau de mise en placeEntreprise ou UES, selon unité économique et structure juridique-
Composition du CSEMembres titulaires et supplĂ©ants, rĂ©fĂ©rent lutte contre harcĂšlement, reprĂ©sentants syndicaux, CSSCT dans entreprises ≄300 salariĂ©sL. 2314-1, L. 2314-2, L. 2315-36
Nombre de membresDe 1 Ă  35 selon effectif, fixĂ© par dĂ©cret si pas d’accordR. 2314-1

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre effectif total et effectif moyen sur 12 mois pour la mise en place du CSE.
  2. Inclure ou exclure à tort certains salariés dans le calcul des effectifs (ex : apprentis, mandataires sociaux).
  3. Penser que la mise en place du CSE est automatique dÚs 11 salariés sans respecter la stabilité sur 12 mois.
  4. Confusion entre niveau de mise en place (entreprise vs UES) selon la structure juridique.
  5. NĂ©gliger la crĂ©ation de la CSSCT dans les entreprises ≄300 salariĂ©s.
  6. Omettre que le nombre de membres varie selon l’effectif et est fixĂ© par dĂ©cret en absence d’accord.
  7. Confondre représentants syndicaux et membres élus du CSE.

Checklist Examen

  1. Connaßtre la définition du Comité social et économique (CSE) selon Nicolas RONDET.
  2. Savoir que le CSE se substitue aux DP, CE et CHSCT dans les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s.
  3. MaĂźtriser les critĂšres pour le calcul des effectifs : inclus/exclus, prorata pour CDD/CTT.
  4. Identifier quand le CSE doit ĂȘtre mis en place (au moins 11 salariĂ©s maintenus 12 mois).
  5. Connaütre les rùgles concernant la mise en place au niveau de l’entreprise ou de l’UES.
  6. Savoir que le nombre de membres du CSE varie selon l’effectif, fixĂ© par dĂ©cret si pas d’accord.
  7. Comprendre la composition du CSE : membres titulaires, suppléants, référent harcÚlement.
  8. ConnaĂźtre la crĂ©ation obligatoire de la CSSCT dans les entreprises ≄300 salariĂ©s.
  9. Identifier le rÎle des représentants syndicaux au sein du CSE.
  10. MaĂźtriser la dĂ©signation des reprĂ©sentants de proximitĂ© dans les entreprises ≄50 salariĂ©s.
  11. Connaßtre les articles clés : L. 2314-1, L. 2314-2, L. 2315-36, R. 2314-1.
  12. Savoir que la composition doit respecter une reprĂ©sentation proportionnelle Ă  l’effectif de l’entreprise ou de l’UES.

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1. En quoi la présence de représentants syndicaux et la création de la CSSCT dans le CSE se différencient-elles ?

2. Qu'est-ce que la composition du CSE ?

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Mise en place du CSE — seuil ?

11 salariés maintenus 12 mois

Effectifs pris en compte — inclus ?

CDI, télétravailleurs, salariés à domicile

Effectifs pris en compte — exclu ?

Apprentis, mandataires sociaux, contrats de professionnalisation

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