Revision sheet: Principes et acteurs du dialogue social

📋 Plan du Cours

  1. Coalitions ouvriĂšres et loi Le Chapelier
  2. Conseils de prud’hommes
  3. Inspection du travail
  4. Acteurs du dialogue social
  5. Syndicats de salariés
  6. Liberté syndicale
  7. Représentativité syndicale
  8. Délégué syndical
  9. Comité social et économique
  10. Comités de groupe et interentreprises
  11. Négociation collective
  12. Conventions collectives et usages

📖 1. Coalitions ouvriùres et loi Le Chapelier

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Coalitions ouvriĂšres : Groupements d’ouvriers formĂ©s spontanĂ©ment pour dĂ©fendre des intĂ©rĂȘts communs, que le droit a d’abord vus comme difficiles Ă  saisir.
  • Loi Le Chapelier : Loi du 14 et 17 juin 1791 qui interdit aux citoyens d’une mĂȘme profession de se doter d’organes et de dĂ©libĂ©rer ensemble sur leurs intĂ©rĂȘts communs.
  • Article 415 du code pĂ©nal : Disposition qui reprend l’interdiction des coalitions ouvriĂšres en rĂ©primant tout mouvement visant Ă  empĂȘcher ou suspendre le travail.
  • Loi du 25 mai 1864 : Loi qui supprime la prohibition des coalitions ouvriĂšres tout en maintenant le dĂ©lit d’entrave Ă  la libertĂ© du travail.
  • Loi du 21 mars 1884 : Loi qui lĂ©galise les syndicats professionnels, ouvrant la voie au dĂ©veloppement de la nĂ©gociation collective.

📝 Points essentiels

  • La loi Le Chapelier du 14 et 17 juin 1791 interdit aux ouvriers et professionnels, lorsqu’ils se trouvent ensemble, de se nommer des dirigeants et de tenir des dĂ©libĂ©rations ou rĂšglements sur leurs intĂ©rĂȘts communs.
  • La suppression en 1864 (loi du 25 mai) dĂ©pĂ©nalise la grĂšve mais la conserve comme motif de rĂ©siliation du contrat de louage jusqu’en 1950.
  • La lĂ©galisation des syndicats professionnels en 1884 (loi du 21 mars 1884) prĂ©cĂšde leur entrĂ©e dans les entreprises, attendue seulement en 1968.
  • La loi Le Chapelier est reprise dans l’article 415 du code pĂ©nal pour sanctionner les mouvements visant Ă  faire cesser ou empĂȘcher le travail.
  • La rĂ©volution industrielle accentue l’essor de l’idĂ©ologie contestataire (anarchisme et marxisme) et d’un syndicalisme ouvrier trĂšs actif.
  • Au 19e siĂšcle, la justice prud’homale et l’inspection du travail se mettent en place pour assurer l’effectivitĂ© de la lĂ©gislation professionnelle.

💡 Astuce mĂ©mo

1791 interdit; 1864 allÚge (grÚve dépénalisée); 1884 syndicat légal; 1968 syndicat en entreprise.

📖 2. Conseils de prud’hommes

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Justice des pairs : Les conseillers prud’homaux sont issus des salariĂ©s et des employeurs, dĂ©signĂ©s via leurs organisations professionnelles respectives.
  • Justice des paires : Le conseil prud’homal juge selon une composition en nombre Ă©gal de reprĂ©sentants des salariĂ©s et des employeurs.
  • Juge dĂ©partiteur : Le juge dĂ©partiteur, magistrat du tribunal judiciaire, tranche en cas de partage des voix et prĂ©side l’audience de dĂ©partage.
  • Bureau de conciliation et d’orientation : Le bureau rĂ©unit conseillers prud’homaux pour tenter une conciliation et, si besoin, orienter le dossier vers la formation compĂ©tente.
  • DĂ©partage prud’homal : Le dĂ©partage correspond au renvoi de l’affaire lorsqu’une formation ne peut pas trancher faute d’accord entre les conseillers en paritĂ©.

📝 Points essentiels

  • Les conseils de prud’hommes sont créés par la loi du 18 mars 1806 (et le dĂ©cret du 11 juin 1809).
  • Depuis l’ordonnance du 31 mars 2016, les conseillers ne sont plus Ă©lus mais nommĂ©s conjointement par le garde des sceaux et le ministre chargĂ© du travail tous les 4 ans sur proposition des organisations.
  • Le bureau de conciliation et d’orientation siĂšge Ă  2 conseillers (1+1) et la conciliation est obligatoire en principe, avec un taux trĂšs faible de moins de 10%.
  • En cas de partage des voix, l’affaire est renvoyĂ©e Ă  une audience spĂ©ciale prĂ©sidĂ©e par le juge dĂ©partiteur dans un dĂ©lai de 6 mois.
  • Depuis le 1er septembre 2020, le conseil de prud’hommes statue en dernier ressort jusqu’à 5 000 € et au-delĂ  l’appel est possible.

💡 Astuce mĂ©mo

Pairs = mĂȘmes rangs (salariĂ©s/employeurs), Paires = moitiĂ©-moitiĂ© (paritĂ©), DĂ©partage = juge tiers quand ça bloque.

📖 3. Inspection du travail

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Inspecteurs du travail : Agents habilitĂ©s Ă  contrĂŽler le respect du droit du travail et Ă  constater, avec les suites prĂ©vues, les manquements aux rĂšgles applicables.
  • Droit d’accĂšs des inspecteurs : PrĂ©rogative permettant aux inspecteurs, munis de piĂšces justificatives, d’entrer dans les Ă©tablissements et d’y mener les vĂ©rifications nĂ©cessaires.
  • Pouvoirs d’examen et de contrĂŽle : Moyens d’enquĂȘte visant Ă  vĂ©rifier l’application des dispositions lĂ©gales par des contrĂŽles, interrogatoires et demandes de documents, avec possibilitĂ© d’en extraire des copies.
  • Information prĂ©alable lors de la visite : Obligation d’avertir l’employeur ou son reprĂ©sentant de la prĂ©sence de l’inspecteur, sauf lorsque cet avis risque de nuire Ă  l’efficacitĂ© du contrĂŽle.
  • IndĂ©pendance de l’inspection du travail : Principe fondamental garantissant l’autonomie des agents de contrĂŽle dans l’exercice de leurs missions, au sens des conventions internationales.

📝 Points essentiels

  • Munis de piĂšces justificatives, les inspecteurs peuvent pĂ©nĂ©trer librement, sans avertissement, Ă  toute heure du jour et de la nuit dans tout Ă©tablissement soumis au contrĂŽle.
  • Ils peuvent entrer de jour dans les locaux quand ils ont un motif raisonnable de supposer qu’ils sont soumis au contrĂŽle.
  • Lors d’une visite, l’inspecteur informe l’employeur ou son reprĂ©sentant, sauf s’il estime que l’avis risque de compromettre l’efficacitĂ© du contrĂŽle.
  • En prĂ©sence d’une menace pour la santĂ© ou la sĂ©curitĂ©, les inspecteurs peuvent provoquer des mesures correctrices et ordonner des modifications dans un dĂ©lai ou des mesures immĂ©diatement exĂ©cutoires en cas de danger imminent.
  • L’inspection doit ĂȘtre informĂ©e des accidents du travail et des maladies professionnelles dans les cas et selon les modalitĂ©s fixĂ©s par la lĂ©gislation nationale.
  • Les Ă©tablissements sont inspectĂ©s aussi souvent et aussi soigneusement que nĂ©cessaire pour assurer l’application effective des dispositions du contrĂŽle.

📖 4. Acteurs du dialogue social

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • LibertĂ© syndicale : Droit qui rattache l’activitĂ© syndicale Ă  la libertĂ© d’association et protĂšge aussi la libertĂ© d’expression des reprĂ©sentants syndicaux.
  • Organisations patronales : Structures reprĂ©sentant les employeurs dans les relations collectives, pouvant ĂȘtre des associations ou des regroupements d’employeurs.
  • Syndicat professionnel : Syndicat dont l’objet doit ĂȘtre conforme Ă  la spĂ©cialitĂ© syndicale, limitĂ© Ă  l’étude et Ă  la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts des personnes couvertes par ses statuts.
  • ReprĂ©sentativitĂ© syndicale : CritĂšre de sĂ©lection des syndicats permettant d’organiser les prĂ©rogatives utiles Ă  la nĂ©gociation et Ă  la reprĂ©sentation des intĂ©rĂȘts des salariĂ©s.

📝 Points essentiels

  • La Cour EDH traite la libertĂ© syndicale comme un aspect de la libertĂ© d’association et protĂšge l’expression syndicale, tant qu’elle ne devient pas vexatoire ou blessante au-delĂ  de la polĂ©mique.
  • L’État peut imposer des restrictions lĂ©gitimes Ă  l’exercice des droits syndicaux pour les membres des forces armĂ©es, de la police ou de l’administration de l’État.
  • Le contenu de la libertĂ© syndicale en CEDH inclut notamment le droit de fonder un syndicat, d’interdire les accords de monopole syndical et le droit Ă  la nĂ©gociation collective depuis 2008.
  • Le Conseil constitutionnel admet qu’un critĂšre de reprĂ©sentativitĂ© fondĂ© sur les rĂ©sultats des Ă©lections, comme un seuil de 10%, vise Ă  assurer l’effectivitĂ© de la nĂ©gociation et Ă  Ă©viter la dispersion.
  • Les syndicats ont un rĂŽle prioritaire en matiĂšre de nĂ©gociation collective mais sans monopole : des reprĂ©sentants Ă©lus peuvent nĂ©gocier sous conditions sans supprimer le rĂŽle des syndicats.

💡 Astuce mĂ©mo

CEDH = Association + Expression, avec limites pour Armée/Police/Admin, et négociation activée depuis 2008.

📖 5. Syndicats de salariĂ©s

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • CritĂšres lĂ©gaux cumulatifs : SĂ©rie de critĂšres imposĂ©s par la loi pour apprĂ©cier la reprĂ©sentativitĂ©, dĂ©sormais examinĂ©s ensemble et non au choix du juge.
  • Cycle Ă©lectoral : PĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pendant laquelle la reprĂ©sentativitĂ© se juge, avec possibilitĂ© de la perdre Ă  chaque nouvelle mesure.
  • Action en substitution : Action en justice permettant Ă  un syndicat reprĂ©sentatif d’agir Ă  la place d’un salariĂ©, sous conditions d’information et de non-opposition.

📝 Points essentiels

  • La reconnaissance de la reprĂ©sentativitĂ© au niveau national et interprofessionnel est dĂ©cidĂ©e par le ministre du Travail aprĂšs avis du Haut Conseil du dialogue social.
  • Pour la reprĂ©sentativitĂ©, le juge doit caractĂ©riser tous les critĂšres lĂ©gaux, qui sont dĂ©sormais cumulatifs au lieu d’ĂȘtre alternatifs auparavant.
  • L’influence d’un syndicat se caractĂ©rise notamment par son activitĂ© et son expĂ©rience, en tenant compte aussi des actions menĂ©es lorsqu’il Ă©tait affiliĂ© Ă  une confĂ©dĂ©ration puis s’en est ensuite dĂ©saffiliĂ©.
  • La charge de la preuve de la reprĂ©sentativitĂ© incombe au syndicat qui s’en prĂ©vaut, et l’absence d’information fournie peut conduire Ă  un dĂ©boutĂ©.
  • La reprĂ©sentativitĂ© s’apprĂ©cie par cycle Ă©lectoral, donc elle peut varier Ă  chaque nouvelle mesure et un jugement antĂ©rieur n’a pas autoritĂ© pour l’avenir.
  • L’action en substitution est rĂ©servĂ©e aux syndicats reprĂ©sentatifs et suppose que le salariĂ© ait reçu une information complĂšte sur les modalitĂ©s pratiques avant la substitution.

📖 6. LibertĂ© syndicale

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • DĂ©lĂ©guĂ© syndical : ReprĂ©sentant dĂ©signĂ© par un syndicat pour exercer des fonctions syndicales dans l’entreprise, avec un rĂ©gime dĂ©pendant des conditions de dĂ©signation.
  • Audience Ă©lectorale 10% : CritĂšre de lĂ©gitimitĂ© personnelle exigĂ© pour la dĂ©signation en tant que dĂ©lĂ©guĂ© syndical lorsque le salariĂ© a recueilli au moins 10% des suffrages.
  • ReprĂ©sentant de section syndicale : Mandat de remplacement accordĂ© aux syndicats non reprĂ©sentatifs dans l’entreprise, avec des rĂšgles spĂ©cifiques de dĂ©signation et de crĂ©dits d’heures.

📝 Points essentiels

  • Dans les entreprises de moins de 50 salariĂ©s, le dĂ©lĂ©guĂ© syndical ne peut ĂȘtre qu’un Ă©lu dĂ©signĂ© par le syndicat, utilisant le crĂ©dit d’heures des Ă©lus.
  • Dans les entreprises d’au moins 50 salariĂ©s, les syndicats peuvent dĂ©signer un dĂ©lĂ©guĂ© syndical non Ă©lu, avec un nombre de DS qui augmente selon l’effectif (et un dĂ©lĂ©guĂ© supplĂ©mentaire catĂ©goriel en grandes entreprises).
  • Le mandat de dĂ©lĂ©guĂ© syndical est prĂ©vu pour la durĂ©e du cycle Ă©lectoral, mais il peut cesser par dĂ©cĂšs, dĂ©mission, rupture du contrat de travail ou perte des conditions de dĂ©signation.
  • La dĂ©signation en dĂ©lĂ©guĂ© syndical est encadrĂ©e par l’audience Ă©lectorale : en principe, seuls des candidats ayant obtenu au moins 10% des votes peuvent ĂȘtre dĂ©signĂ©s, avec des amĂ©nagements en cas d’absence de candidats remplissant ces conditions.
  • Un RSS est rĂ©servĂ© aux syndicats non reprĂ©sentatifs dans l’entreprise et a un crĂ©dit de 4 heures par mois, sans pouvoir propre de nĂ©gociation collective.

📖 7. ReprĂ©sentativitĂ© syndicale

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Audience Ă©lectorale : L’audience Ă©lectorale correspond Ă  la mesure de la force d’un syndicat Ă  partir des rĂ©sultats des Ă©lections professionnelles.
  • Organisations syndicales reprĂ©sentatives : Les organisations syndicales reprĂ©sentatives sont les syndicats dont la reprĂ©sentativitĂ© est Ă©tablie, notamment Ă  partir de leur audience Ă©lectorale.
  • Seuil de 30% OSR : Le seuil de 30% OSR fixe un niveau minimal d’audience syndicale exigĂ© pour la validitĂ© de certains accords interprofessionnels.

📝 Points essentiels

  • Le 1er tour des Ă©lections sert aussi Ă  mesurer l’audience des syndicats afin d’anticiper leur reprĂ©sentativitĂ© dans l’établissement.
  • Un accord interprofessionnel n’est valide que s’il est signĂ© par des OSR ayant recueilli au moins 30% des suffrages en leur faveur et qu’il n’y a pas d’opposition d’OSR recueillant la majoritĂ© des suffrages en leur faveur.
  • L’opposition Ă  un accord interprofessionnel doit ĂȘtre exprimĂ©e dans un dĂ©lai de quinze jours Ă  compter de sa notification selon les conditions prĂ©vues par la loi.

💡 Astuce mĂ©mo

30-50 : pour valider un ANI, il faut 30% minimum et aucune opposition majoritaire (50%+).

📖 8. DĂ©lĂ©guĂ© syndical

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Section syndicale : Structure syndicale constituĂ©e dans une entreprise ou un Ă©tablissement afin de permettre notamment la dĂ©signation d’acteurs syndicaux dans ce pĂ©rimĂštre.

📝 Points essentiels

  • Dans les entreprises de moins de 300 salariĂ©s, le reprĂ©sentant syndical au CSE est obligatoirement le dĂ©lĂ©guĂ© syndical, Ă  l’exception du cas oĂč il a Ă©tĂ© choisi parmi les Ă©lus.
  • Un dĂ©lĂ©guĂ© syndical ou un reprĂ©sentant de section syndicale peut ĂȘtre dĂ©signĂ© par des syndicats de l’entreprise, y compris parmi des Ă©lus du CSE mentionnĂ©s dans le texte.
  • Le contentieux Ă©lectoral distingue des irrĂ©gularitĂ©s pouvant annuler, notamment celles liĂ©es au droit pour un candidat d’ĂȘtre dĂ©signĂ© dĂ©lĂ©guĂ© syndical, ce qui peut affecter la qualitĂ© reprĂ©sentative ou le droit Ă  dĂ©signation.

📖 9. ComitĂ© social et Ă©conomique

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ComitĂ© social et Ă©conomique : Institution reprĂ©sentative du personnel dont le pĂ©rimĂštre dĂ©termine notamment qui peut agir en nullitĂ© d’un accord d’entreprise.
  • Action en nullitĂ© : Recours permettant de faire annuler un accord collectif d’entreprise, avec des rĂšgles spĂ©cifiques lorsqu’il est contestĂ© via le CSE.
  • Exception d’illĂ©galitĂ© : Moyen de dĂ©fense permettant de contester la validitĂ© d’un accord en invoquant l’illĂ©galitĂ© de conditions lĂ©gales de validitĂ©, sans dĂ©lai.

📝 Points essentiels

  • Le CSE n’a pas qualitĂ© pour agir en nullitĂ© car il n’est pas partie Ă  la nĂ©gociation, sauf ouverture spĂ©cifique prĂ©vue par l’ordonnance du 22 septembre 2017.
  • L’action en nullitĂ© par le CSE doit ĂȘtre introduite dans les 2 mois suivant la publication de l’accord, y compris si un dĂ©pĂŽt obligatoire est rĂ©alisĂ©.
  • En cas d’annulation, le juge peut moduler les effets de l’annulation conformĂ©ment Ă  l’ordonnance du 22 septembre 2017.
  • L’exception d’illĂ©galitĂ© demeure possible sans limitation de temps pour toute personne dont les droits sont mis en cause par l’accord.
  • Les syndicats signataires ne peuvent pas invoquer l’exception fondĂ©e sur les conditions de nĂ©gociation, mais peuvent invoquer le non-respect des conditions lĂ©gales de validitĂ©, notamment la qualitĂ© des parties signataires.

📖 10. ComitĂ©s de groupe et interentreprises

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Accord de groupe : Accord collectif conclu au niveau du groupe impliquant le chef de l’entreprise dominante et ceux des filiales concernĂ©es, ainsi que des syndicats reprĂ©sentatifs du groupe ou des filiales.
  • Accord d’UES : Accord collectif reconnaissant une unitĂ© Ă©conomique et sociale entre plusieurs sociĂ©tĂ©s et permettant ensuite Ă  l’UES de se doter d’une CSE et de DS pour nĂ©gocier.
  • Accord interentreprises : Accord collectif nĂ©gociĂ© entre les entreprises regroupĂ©es par entitĂ© de nĂ©gociation, soumis aux mĂȘmes conditions qu’un accord d’entreprise classique.
  • Substitution des accords : MĂ©canisme par lequel un accord de niveau supĂ©rieur (groupe ou UES, selon le cas) peut remplacer des accords antĂ©rieurs d’un niveau infĂ©rieur si l’accord le stipule expressĂ©ment.

📝 Points essentiels

  • Un accord de groupe peut porter sur tout ou partie des filiales et doit respecter les conditions de validitĂ© des accords d’entreprise.
  • En 2016, l’accord de groupe peut se substituer aux accords d’entreprise antĂ©rieurs Ă  condition de le prĂ©voir expressĂ©ment dans l’accord.
  • L’accord d’UES constitue une reconnaissance d’unitĂ© Ă©conomique et sociale entre plusieurs sociĂ©tĂ©s, mais ne confĂšre pas la qualitĂ© d’employeur Ă  l’UES.
  • L’accord constitutif d’UES est nĂ©gociĂ© par des syndicats reprĂ©sentatifs au niveau de chaque entreprise intĂ©grant l’UES et par les employeurs des entreprises concernĂ©es.
  • L’accord inter-entreprises est nĂ©gociĂ© entre les chefs d’entreprise et les syndicats reprĂ©sentatifs au niveau de l’entitĂ© de nĂ©gociation dĂ©finie par le regroupement des entreprises.

💡 Astuce mĂ©mo

Groupe et UES : mĂȘme logique « ils remplacent si c’est Ă©crit » (substitution expresse).

📖 11. NĂ©gociation collective

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Obligation de nĂ©gocier : Obligation lĂ©gale imposĂ©e Ă  l’employeur d’engager des nĂ©gociations pĂ©riodiques avec les reprĂ©sentants habilitĂ©s.
  • Accord de mĂ©thode : Accord de cadrage permettant d’organiser la maniĂšre dont les nĂ©gociations Ă  venir seront conduites.
  • NĂ©gociation de droit : NĂ©gociation qui doit ĂȘtre ouverte par l’employeur lorsque le dĂ©lai lĂ©gal de 12 mois depuis la derniĂšre nĂ©gociation est Ă©coulĂ©.
  • PremiĂšre rĂ©union de nĂ©gociation : RĂ©union initiale qui fixe le calendrier et la nature des informations communiquĂ©es par l’employeur aux dĂ©lĂ©gations syndicales.
  • ProcĂšs-verbal de dĂ©saccord : Document dressĂ© quand les parties n’aboutissent pas Ă  un accord et qui retrace les derniĂšres propositions et les mesures unilatĂ©rales envisagĂ©es.

📝 Points essentiels

  • Le contenu de la nĂ©gociation porte notamment sur la rĂ©munĂ©ration, le temps de travail, le partage de la valeur ajoutĂ©e, l’égalitĂ© professionnelle et la qualitĂ© de vie au travail avec une pĂ©riodicitĂ© d’au moins tous les 4 ans (1 an par dĂ©faut).
  • En cas de demande syndicale aprĂšs 12 mois sans nĂ©gociation, l’employeur doit ĂȘtre mis en mouvement avec un avertissement des autres syndicats dans les 8 jours et une convocation dans les 15 jours, la faute n’étant pas caractĂ©risĂ©e tant que l’annĂ©e civile suivante n’est pas achevĂ©e.
  • Lors de la premiĂšre rĂ©union, l’employeur prĂ©cise le lieu et les dates et doit remettre les informations nĂ©cessaires aux dĂ©lĂ©gations, sans pouvoir arrĂȘter unilatĂ©ralement des dĂ©cisions relevant des thĂšmes nĂ©gociĂ©s (notamment hausses de salaires, baisse de la durĂ©e du travail ou modifications d’horaires).
  • Si un accord n’est pas conclu, un procĂšs-verbal de dĂ©saccord est Ă©tabli en mentionnant les derniĂšres propositions et les mesures que l’employeur mettra en Ɠuvre de façon unilatĂ©rale.
  • Le dĂ©faut de convocation ou le retard dans l’information/ la convocation lorsque l’ouverture a Ă©tĂ© demandĂ©e peut donner lieu Ă  des sanctions pĂ©nales (1 an d’emprisonnement et 3 750 € d’amende).

💡 Astuce mĂ©mo

Délai = 12 mois, puis 8 jours pour avertir et 15 jours pour convoquer (A-8/V-15).

📖 12. Conventions collectives et usages

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Principe de faveur : RĂšgle de concours imposant de faire prĂ©valoir, entre plusieurs avantages applicables, celui qui est le plus favorable aux salariĂ©s.
  • Ordre public social : CatĂ©gorie d’atteintes Ă  la libertĂ© conventionnelle oĂč une convention ne peut valoir que si elle amĂ©liore les conditions des salariĂ©s.
  • Concours de conventions : Situation oĂč plusieurs accords se recouvrent car ils ont le mĂȘme objet, obligeant Ă  dĂ©terminer lequel doit s’appliquer.
  • Usage professionnel : Pratique issue d’un ancien rĂ©gime, devenue norme, qui doit prĂ©senter des caractĂ©ristiques comme la rĂ©pĂ©tition, la gĂ©nĂ©ralitĂ© et la constance.
  • DĂ©nonciation d’un usage : Acte par lequel l’employeur met fin Ă  un usage, sous des exigences de prĂ©avis suffisant et d’information collective et individuelle.

📝 Points essentiels

  • En cas de concours, les sources de mĂȘme objet se mettent en conflit tandis que les sources de mĂȘme cause ou d’objet diffĂ©rent se complĂštent.
  • Le caractĂšre plus favorable s’apprĂ©cie globalement pour l’ensemble des salariĂ©s, puis peut ĂȘtre recherchĂ© par comparaison avantage par avantage selon les situations, en tenant compte des intĂ©rĂȘts de tous.
  • L’ordre public social est d’ordre public : la clause moins favorable est nulle et la clause plus favorable se substitue automatiquement au contrat individuel.
  • Les conventions collectives s’appliquent le lendemain des formalitĂ©s de dĂ©pĂŽt, sans possibilitĂ© d’effet rĂ©troactif, sauf dĂ©calage d’entrĂ©e en vigueur prĂ©vu par les parties.
  • Un usage doit ĂȘtre gĂ©nĂ©ral, fixe, rĂ©pĂ©titif avec au moins deux comportements identiques, suffisamment ancien, et l’employeur doit avoir la volontĂ© d’ĂȘtre engagĂ©.
  • L’usage ne s’incorpore pas au contrat de travail et sa disparition suppose un prĂ©avis suffisant et une double information des salariĂ©s concernĂ©s et des reprĂ©sentants, avec date d’effet nĂ©cessairement postĂ©rieure Ă  la dĂ©nonciation.

💡 Astuce mĂ©mo

Conflit = mĂȘme objet ; Favorable = mieux pour tous ; Usage = GĂ©nĂ©ralitĂ© + FixitĂ© + RĂ©pĂ©tition + AnciennetĂ© + VolontĂ© d’engagement ; Fin d’usage = PrĂ©avis suffisant + Infos + Pas de rĂ©troactivitĂ©.

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
14 et 17 juin 1791Loi Le Chapelier : interdiction des coalitions ouvriĂšres
25 mai 1864Loi de suppression de la prohibition des coalitions ouvriÚres (grÚve dépénalisée)
21 mars 1884Loi Waldeck-Rousseau : légalisation des syndicats professionnels

📊 Tableaux de synthùse

Évolution des coalitions et du syndicalisme

DateRĂšgleEffet
14 et 17 juin 1791Interdiction des coalitions ouvriĂšres (loi Le Chapelier)Interdiction de se nommer dirigeants, de tenir dĂ©libĂ©rations/rĂšglements sur intĂ©rĂȘts communs
25 mai 1864Suppression de la prohibition des coalitions ouvriĂšres (mais maintien d’un dĂ©lit d’entrave)GrĂšve dĂ©pĂ©nalisĂ©e, mais demeure motif de rĂ©siliation du contrat jusqu’en 1950
21 mars 1884Légalisation des syndicats professionnelsOuverture de la voie à la négociation collective (entrée en entreprise attendue en 1968)

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre coalitions ouvriÚres (interdites par la loi Le Chapelier) et syndicats : la légalisation vient avec la loi du 21 mars 1884.
  2. Croire que la loi de 25 mai 1864 supprime toute rĂ©pression : le dĂ©lit d’entrave Ă  la libertĂ© du travail subsiste.
  3. Mélanger « justice des pairs » et « justice des paires » : les premiers renvoient au recrutement salariés/employeurs, les seconds à la parité dans la composition.
  4. Penser que le CPH peut ĂȘtre dessaisi par une clause attributive : les rĂšgles de compĂ©tence sont d’ordre public, et certaines clauses sont nulles/inopposables.
  5. Oublier que la reprĂ©sentativitĂ© se prouve au niveau et sur le cycle Ă©lectoral : un jugement antĂ©rieur ne vaut pas pour l’avenir.
  6. Confondre DS et RSS : le RSS est rĂ©servĂ© aux syndicats non reprĂ©sentatifs et n’a pas de pouvoir propre de nĂ©gociation collective.
  7. Croire que le CSE peut agir en nullitĂ© d’un accord d’entreprise : en principe non (sauf ouverture spĂ©cifique prĂ©vue).

✅ Checklist Examen

  1. Savoir citer l’interdiction de 1791 (loi Le Chapelier) et son article de rattachement Ă  l’article 415 du code pĂ©nal, puis la logique 1864→1884→(entrĂ©e des syndicats en entreprise en 1968).
  2. MaĂźtriser la structure prud’homale : principes « pairs »/« paires », rĂŽle du juge dĂ©partiteur et renvoi en cas de dĂ©partage.
  3. Savoir dĂ©crire la procĂ©dure prud’homale clĂ© : conciliation obligatoire en principe, bureau de conciliation et d’orientation (2 conseillers), renvoi en cas d’échec et dĂ©lais.
  4. ConnaĂźtre les missions et pouvoirs de l’inspection du travail : accĂšs sans avertissement, contrĂŽle, information prĂ©alable (sauf risque), danger imminent, accidents du travail/maladies pros, indĂ©pendance.
  5. Savoir distinguer libertés syndicales (CEDH/écarts admis pour armée/police/admin), représentativité et prérogatives de négociation (rÎle prioritaire mais non exclusif des syndicats).
  6. Maßtriser la représentativité syndicale : critÚres cumulatifs (notamment valeurs républicaines, indépendance, transparence financiÚre, influence, audience, ancienneté, effectifs/cotisations) et la rÚgle de charge de la preuve.
  7. Savoir les diffĂ©rences DS/RSS et les conditions de dĂ©signation par audience personnelle (10%) + seuils d’effectifs (moins de 50 : DS Ă©lu ; 50+ : DS non Ă©lu possible).
  8. ConnaĂźtre le contentieux des IRP : action en nullitĂ© et exception d’illĂ©galitĂ© (pas de dĂ©lai pour l’exception d’illĂ©galitĂ© ; CSE pas partie en nullitĂ© sauf cas).
  9. Savoir définir et articuler groupe / UES / interentreprises, et retenir la logique de substitution expresse (accord de groupe peut se substituer si prévu).
  10. Maßtriser la négociation collective : obligation de négocier (déclenchement, avertissement 8 jours/convocation 15 jours aprÚs 12 mois), premiÚre réunion, PV de désaccord et sanctions pénales du défaut/retard.
  11. Savoir qualifier les sources conventionnelles et leur application : principe d’ordre public vs supplĂ©tivitĂ©/favorabilitĂ©, concours de conventions (mĂȘme objet/conflit) et effets dans le contrat individuel.
  12. ConnaĂźtre la chronologie des Ă©lections et la mise en place du CSE (seuils, rĂŽle du protocole d’accord préélectoral, contentieux du protocole et des Ă©lections) ainsi que la logique des usages/engagements unilatĂ©raux et leur disparition/dĂ©nonciation.

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1. Quelle est la portée principale de la loi Le Chapelier du 14 et 17 juin 1791 ?

2. Quel texte légalise les syndicats professionnels en ouvrant la voie à leur développement ?

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Coalitions ouvriĂšres — dĂ©finition ?

Groupements d’ouvriers dĂ©fendant des intĂ©rĂȘts communs, interdits en 1791.

Loi Le Chapelier — date ?

14 et 17 juin 1791.

Article 415 du code pĂ©nal — interdiction ?

Interdit les coalitions ouvriĂšres visant Ă  empĂȘcher ou suspendre le travail.

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