Revision sheet: Principes et sources du droit social

Plan du Cours

  1. Sources étatiques du droit du travail
  2. Jurisprudence et contentieux social
  3. Organisation internationale du travail
  4. Licenciement et normes de l’OIT
  5. Droit social européen
  6. Harmonisation sociale et liberté de circulation
  7. Conventions et accords collectifs
  8. Contrat de travail individuel
  9. RÚglement intérieur et pouvoir patronal
  10. Engagement unilatĂ©ral et usage d’entreprise

1. Sources étatiques du droit du travail

Notions clés & Définitions

  • PrĂ©ambule de la Constitution de 1946 : Le prĂ©ambule de 1946 Ă©nonce des principes de nature sociale et Ă©conomique, dont l’égalitĂ©, la non-discrimination, la libertĂ© syndicale, le droit de grĂšve et la protection de la santĂ©.
  • ContrĂŽle de proportionnalitĂ© : Le contrĂŽle de proportionnalitĂ© est une technique utilisĂ©e pour rĂ©soudre les conflits entre droits et libertĂ©s constitutionnels.
  • Droit Ă  l’emploi : Le droit Ă  l’emploi est prĂ©sentĂ© comme un objectif de politique publique Ă  concilier avec la libertĂ© d’entreprendre plutĂŽt que comme un droit subjectif opposable par le citoyen.
  • Loi et rĂšglements : La loi et les rĂšglements constituent des sources internes structurĂ©es par la Constitution, avec une rĂ©partition des domaines qui Ă©volue notamment avec les ordonnances.

Points essentiels

  • Le prĂ©ambule de 1946 vise notamment l’égalitĂ© femmes-hommes, le droit Ă  l’emploi, la non-discrimination, la libertĂ© syndicale, le droit de grĂšve, la protection de la santĂ© et le droit Ă  l’éducation et Ă  la formation.
  • Par l’arrĂȘt du 11 mai 2005, la chambre sociale Ă©tablit une articulation spĂ©cifique entre la libertĂ© de travail et le droit de grĂšve.
  • Le 20 octobre 2017 (QPC), le Conseil constitutionnel juge que le droit Ă  l’emploi a valeur constitutionnelle mais doit ĂȘtre traitĂ© comme un objectif de politique publique Ă  concilier avec la libertĂ© d’entreprendre.
  • L’article 34 et l’article 37 de la Constitution structurent la place respective de la loi et du pouvoir rĂ©glementaire, brouillĂ©e par l’usage massif des ordonnances.
  • Le code du travail est organisĂ© en 8 parties, dont la partie 1 dĂ©diĂ©e aux relations individuelles et la partie 2 aux relations collectives.

Astuce mémo

Constitution 46 = égalité + emploi + grÚve + santé : tout est social, donc vertical.

2. Jurisprudence et contentieux social

Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence crĂ©atrice de normes : La jurisprudence en droit social produit des rĂšgles par interprĂ©tation, parfois en l’absence d’assez de clartĂ© textuelle.
  • Conseil de prud’hommes : Le conseil de prud’hommes est la juridiction compĂ©tente pour les litiges individuels du travail.
  • Chambre sociale de la Cour de cassation : La chambre sociale de la Cour de cassation harmonise l’interprĂ©tation du droit et peut exercer un pouvoir normatif en matiĂšre sociale.
  • ContrĂŽle de la dĂ©cision administrative : Le juge administratif est compĂ©tent quand le litige dĂ©pend d’une dĂ©cision administrative rendue par la DIRECCTE ou l’inspecteur du travail.

Points essentiels

  • Les litiges individuels du travail relĂšvent de la compĂ©tence exclusive du conseil de prud’hommes.
  • Les litiges collectifs du travail relĂšvent du tribunal judiciaire, notamment pour des conflits liĂ©s Ă  des intĂ©rĂȘts gĂ©nĂ©raux dĂ©passant le cas d’un salariĂ© isolĂ©.
  • En matiĂšre pĂ©nale, l’exclusivitĂ© de compĂ©tence demeure entre les mains du juge pĂ©nal pour les infractions commises dans le cadre de l’activitĂ© professionnelle.
  • La chambre sociale de la Cour de cassation peut consacrer des principes sans assise textuelle claire et prĂ©ciser la portĂ©e d’obligations aux modalitĂ©s d’application.
  • L’obligation de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© requalifiĂ©e par la Cour de cassation : elle n’est plus prĂ©sentĂ©e comme une obligation de rĂ©sultat mais comme une obligation de moyens renforcĂ©e (Air France, 25 novembre 2015).

Astuce mémo

Social = Prud’hommes (individuel) puis TJ (collectif) puis Cour de cassation (harmoniser et normer).

3. Organisation internationale du travail

Notions clés & Définitions

  • Organisation internationale du travail : L’OIT est une organisation internationale tripartite chargĂ©e d’élaborer des normes sur le travail, fondĂ©es sur la justice sociale.
  • Organisation tripartite : Une organisation tripartite associe gouvernements, employeurs et organisations de travailleurs dans l’élaboration des normes.
  • ConfĂ©rence internationale du travail : La ConfĂ©rence internationale du travail est l’organe normatif qui fixe les grandes orientations et dĂ©termine les normes internationales.
  • Conventions et protocoles de l’OIT : Les conventions et protocoles de l’OIT sont des instruments nĂ©gociĂ©s puis soumis aux États pour ratification.

Points essentiels

  • L’OIT est créée par le traitĂ© de Versailles du 28 juin 1919 et repose sur la promotion de la justice sociale pour une paix durable.
  • L’OIT est basĂ©e Ă  GenĂšve et fonctionne avec une structure tripartite associant employeurs, travailleurs et gouvernements.
  • Les normes OIT sont principalement des conventions ou protocoles nĂ©gociĂ©s, soumis Ă  la ratification des États membres.
  • La France a ratifiĂ© 129 conventions et 2 protocoles, et on compte aujourd’hui 192 conventions internationales et 6 protocoles.
  • L’OIT produit aussi des recommandations dont la force normative consiste Ă  formuler des propositions d’orientation des politiques des États.

Astuce mémo

OIT = GenĂšve tripartite : normes par Conventions/Protocoles, orientations par Recommandations.

4. Licenciement et normes de l’OIT

Notions clés & Définitions

  • Convention 158 OIT : La Convention 158 de l’OIT encadre les garanties offertes aux travailleurs dans le cadre d’un licenciement.
  • IndemnitĂ© adĂ©quate et appropriĂ©e : La Convention 158 mentionne une exigence liĂ©e Ă  l’indemnitĂ© due en cas de licenciement, formulĂ©e comme adĂ©quate et appropriĂ©e.
  • BarĂšme d’indemnisation impĂ©ratif : Le barĂšme d’indemnisation en cas de licenciement injustifiĂ© fixe des plafonds et planchers liĂ©s notamment Ă  l’anciennetĂ©.
  • Contrat nouvelle embauches : Le CNE est un dispositif liĂ© Ă  la rupture du contrat qui a Ă©tĂ© contestĂ© au regard des garanties prĂ©vues par la Convention 158.

Points essentiels

  • Le contentieux sur le CNE a mobilisĂ© la Convention 158 pour exiger justification, procĂ©dure, prĂ©avis ou indemnitĂ© en compensation lors de la rupture du contrat.
  • Par un jugement du 28 avril 2006, les juges du fond retiennent une incompatibilitĂ© entre le dispositif lĂ©gal du CNE et la Convention 158, dĂ©cision confirmĂ©e en cassation.
  • Les ordonnances 2017 Macron introduisent un barĂšme impĂ©ratif pour limiter le risque contentieux par la prĂ©visibilitĂ© des indemnisations.
  • La Cour de cassation a admis la compatibilitĂ© du barĂšme avec la Convention 158 en son article 10, par une dĂ©cision du 11 mai 2022.

Astuce mémo

158 OIT = garanties du licenciement : quand le droit interne “assouplit”, le juge vĂ©rifie la compatibilitĂ©.

5. Droit social européen

Notions clés & Définitions

  • Convention europĂ©enne des droits de l’homme : La CEDH consacre certains droits mobilisables en matiĂšre de travail, notamment l’interdiction du travail forcĂ©, la libertĂ© syndicale et le respect de la vie privĂ©e.
  • Charte sociale europĂ©enne : La Charte sociale europĂ©enne reconnaĂźt des droits fondamentaux et prĂ©voit un contrĂŽle par un comitĂ© d’experts indĂ©pendants.
  • ComitĂ© europĂ©en des droits sociaux : Le comitĂ© europĂ©en des droits sociaux contrĂŽle l’application de la Charte sociale europĂ©enne par les États.
  • Effet direct de la Charte sociale europĂ©enne : L’effet direct dĂ©signe la capacitĂ© d’utiliser directement une disposition de la Charte devant les juridictions nationales.

Points essentiels

  • La CEDH est mobilisĂ©e en droit interne via l’effectivitĂ© garantie par la Cour europĂ©enne des droits de l’homme et la portĂ©e en droit national reconnue par le juge français.
  • L’article 8 CEDH (respect de la vie privĂ©e) est prĂ©sentĂ© comme applicable sans difficultĂ© en droit interne puisque reconnu par le Conseil d’État et la Cour de cassation.
  • Le comitĂ© europĂ©en des droits sociaux peut constater des violations mais ses dĂ©cisions sont dĂ©crites comme n’imposant pas Ă  l’État une contrainte directe Ă©quivalente.
  • Le Conseil d’État (10 fĂ©vrier 2014) reconnaĂźt un effet direct de la Charte sociale europĂ©enne pour l’article 24, tandis que la Cour de cassation refuse cet effet direct (17 juillet 2019, puis 11 mai 2022).

Astuce mémo

CEDH = droits “opposables” via effectivitĂ© ; Charte sociale = contrĂŽle europĂ©en mais portĂ©e contestĂ©e en interne.

6. Harmonisation sociale et liberté de circulation

Notions clés & Définitions

  • LibertĂ© de circulation des travailleurs : La libertĂ© de circulation permet aux travailleurs d’exercer une activitĂ© professionnelle dans un autre État membre au sein de l’UE.
  • Droit de coordination en sĂ©curitĂ© sociale : Le droit de coordination vise Ă  rattacher le travailleur au pays d’emploi et Ă  assurer la prise en compte des pĂ©riodes de travail accomplies sous plusieurs lĂ©gislations.
  • Droit social de l’harmonisation : Le droit social de l’UE rapproche les rĂšgles entre États sans viser une unification totale du droit du travail.
  • Charte des droits fondamentaux de l’Union europĂ©enne : La charte de 2007 a donnĂ© aux droits fondamentaux une valeur Ă©quivalente aux traitĂ©s de l’UE.

Points essentiels

  • L’UE a un objet centrĂ© sur l’intĂ©gration et compense le quasi-silence des traitĂ©s sociaux par des textes de droits fondamentaux et des directives.
  • La dynamique d’harmonisation sociale vise un socle commun de rĂšgles applicable au droit du travail sans unifier totalement les systĂšmes nationaux.
  • Le droit de coordination de la sĂ©curitĂ© sociale concerne les normes applicables aux travailleurs exerçant leur activitĂ© grĂące Ă  la libertĂ© de circulation et organise la capitalisation des pĂ©riodes de travail.
  • La CJUE peut condamner le lĂ©gislateur français pour rendre le droit national compatible avec les exigences de l’UE, comme pour l’interdiction du travail de nuit des femmes qui a disparu.

Astuce mémo

Circulation → coordination (sĂ©curitĂ© sociale) ; harmonisation → rapprochement sans uniformiser.

7. Conventions et accords collectifs

Notions clés & Définitions

  • Convention collective : La convention collective est un accord collectif Ă  objet plus Ă©tendu, portant sur l’ensemble des thĂ©matiques de la relation de travail.
  • Accord collectif : L’accord collectif est un accord collectif Ă  objet plus spĂ©cifique, portant sur une ou plusieurs thĂ©matiques dĂ©terminĂ©es.
  • NĂ©gociations lĂ©gifĂ©rantes : La nĂ©gociation interprofessionnelle peut ĂȘtre qualifiĂ©e de nĂ©gociation lĂ©gifĂ©rante quand elle intervient dans le cadre fixĂ© par le droit du travail français.
  • Extension ministĂ©rielle : L’extension est un mĂ©canisme rendant obligatoire un accord pour des entreprises situĂ©es dans son champ Ă©largi.

Points essentiels

  • Les conventions et accords collectifs sont des sources de droit reconnues depuis une loi de 1919 et ont une valeur qui n’est pas discutĂ©e.
  • L’objet des accords collectifs est dĂ©fini dans le code du travail Ă  l’article L2221-1, et la distinction convention/accord tient Ă  la portĂ©e de l’objet (L2221-2).
  • Au niveau interprofessionnel, la nĂ©gociation est nationale et peut jouer un rĂŽle de nĂ©gociation lĂ©gifĂ©rante (article L1 du code du travail).
  • L’accord est dĂ©crit comme ayant un effet normatif distinct du contrat, car il s’impose aussi Ă  l’ensemble des personnes reprĂ©sentĂ©es par les nĂ©gociateurs et aux salariĂ©s des entreprises adhĂ©rentes.
  • L’extension par arrĂȘtĂ© ministĂ©riel rend obligatoire l’accord Ă  l’ensemble des entreprises comprises dans le champ dĂ©fini par l’arrĂȘtĂ©.

Astuce mémo

Convention = grande surface (toutes thématiques), Accord = sujet ciblé (une ou plusieurs thématiques).

8. Contrat de travail individuel

Notions clés & Définitions

  • Contrat de travail : Le contrat de travail fixe des obligations rĂ©ciproques dont certaines peuvent venir d’une clause, d’élĂ©ments implicites ou du type d’emploi.
  • Obligations contractuelles implicites : Des obligations peuvent ĂȘtre dĂ©duites de la clause ou du contenu implicite du contrat de travail.
  • Obligations liĂ©es Ă  la nature de l’emploi : La nature de certains emplois peut faire naĂźtre des obligations spĂ©cifiques, comme la mobilitĂ© pour un chef de chantier.

Points essentiels

  • Le contenu obligationnel du contrat de travail regroupe des obligations provenant de clauses explicites, de clauses implicites ou de consĂ©quences liĂ©es au type de contrat.
  • Exemple donnĂ© : pour un contrat avec chef de chantier, la nature de l’emploi implique une obligation de mobilitĂ©.

Astuce mémo

Contrat = obligations visibles + obligations “dĂ©duites” (implicites et liĂ©es Ă  la nature du poste).

9. RÚglement intérieur et pouvoir patronal

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir de direction de l’employeur : Le pouvoir de direction permet Ă  l’employeur de fixer des rĂšgles pour organiser l’activitĂ© et l’exĂ©cution du travail.
  • RĂšglement intĂ©rieur : Le rĂšglement intĂ©rieur est la manifestation principale du pouvoir normatif de l’employeur, avec une autoritĂ© sur les salariĂ©s.
  • Acte rĂ©glementaire de droit privĂ© : Le rĂšglement intĂ©rieur est qualifiĂ© d’acte rĂ©glementaire de droit privĂ©, avec des rĂšgles gĂ©nĂ©rales et permanentes.
  • Seuil de 50 salariĂ©s : Le rĂšglement intĂ©rieur devient une obligation encadrĂ©e lorsque l’entreprise atteint un effectif d’au moins 50 salariĂ©s, avec une nuance de stabilitĂ© mensuelle.

Points essentiels

  • Le rĂšglement intĂ©rieur a des rĂšgles gĂ©nĂ©rales et permanentes qui s’imposent Ă  tous les salariĂ©s de l’entreprise.
  • Il est encadrĂ© par le code du travail dans son processus d’élaboration, alors qu’il existait auparavant comme pratique.
  • Lorsqu’un seuil d’effectif atteint au moins 50 salariĂ©s, une contrainte lĂ©gale s’impose Ă  l’employeur, mais l’obligation dĂ©pend d’une stabilitĂ© autour du seuil (article L1311-1).
  • La Cour de cassation qualifie le rĂšglement intĂ©rieur d’acte rĂ©glementaire de droit privĂ© dans la dĂ©cision Unigrain de 1991.

Astuce mémo

RI = “rĂšgles gĂ©nĂ©rales” + effet sur tous, donc acte rĂ©glementaire privĂ©.

10. Engagement unilatĂ©ral et usage d’entreprise

Notions clés & Définitions

  • Engagement unilatĂ©ral de l’employeur : L’engagement unilatĂ©ral est une promesse de l’employeur crĂ©ant des avantages au profit de salariĂ©s, gĂ©nĂ©rant des droits supplĂ©mentaires.
  • DĂ©nonciation de l’engagement unilatĂ©ral : La dĂ©nonciation est la voie permettant de mettre fin Ă  l’engagement unilatĂ©ral selon une procĂ©dure jurisprudentielle et des conditions cumulatives.
  • Usage d’entreprise : L’usage d’entreprise est une pratique d’employeur reconnue obligatoire aprĂšs qualification par le juge.
  • Usage professionnel : L’usage professionnel est une pratique rĂ©pandue Ă  l’échelle d’un territoire qui concerne les relations de travail.

Points essentiels

  • L’engagement unilatĂ©ral lie l’employeur tant qu’il n’a pas Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©, et la dĂ©nonciation requiert trois conditions cumulatives incluant l’information des institutions reprĂ©sentatives, l’information individuelle des salariĂ©s concernĂ©s et un dĂ©lai de prĂ©venance suffisant.
  • La durĂ©e du dĂ©lai de prĂ©venance n’a pas de durĂ©e minimale fixĂ©e, mais elle est apprĂ©ciĂ©e au cas par cas par les juges (3 mois sont indiquĂ©s comme pratique).
  • Quand un accord collectif ayant le mĂȘme objet se substitue, l’employeur peut ĂȘtre dĂ©crit comme se libĂ©rant via une “dĂ©nonciation tacite” liĂ©e Ă  la substitution.
  • L’usage d’entreprise nĂ©cessite une qualification et repose sur trois critĂšres : gĂ©nĂ©ralitĂ©, fixitĂ© et constance, sans seuil chiffrĂ© lĂ©gal fixĂ©, avec une apprĂ©ciation in concreto par les juges.

Astuce mémo

Usage = GF C : Généralité, Fixité, Constance (et le juge décide in concreto).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
28 juin 1919CrĂ©ation de l’OIT par le traitĂ© de Versailles
11 mai 2005ArrĂȘt ajoutant que le prĂ©ambule garantissait la libertĂ© de travail (≠ droit de grĂšve)
20 octobre 2017DĂ©cision QPC sur la valeur constitutionnelle du droit Ă  l’emploi et sa conciliation avec la libertĂ© d’entreprendre
19 octobre 2020ArrĂȘt relatif Ă  l’absence d’effet impĂ©ratif des questions-rĂ©ponses ministĂ©rielles sur le tĂ©lĂ©travail
17 dĂ©cembre 2020ArrĂȘt relatif Ă  l’absence d’effet impĂ©ratif des questions-rĂ©ponses ministĂ©rielles sur le tĂ©lĂ©travail
28 avril 2006Jugement sur l’incompatibilitĂ© du CNE avec la Convention 158
25 novembre 2015Air France : requalification de l’obligation de sĂ©curitĂ© (moyen renforcĂ©)
10 fĂ©vrier 2014Conseil d’État : effet direct de la Charte sociale europĂ©enne (article 24)
17 juillet 2019Cour de cassation : refus de l’effet direct de la Charte sociale europĂ©enne
11 mai 2022Cour de cassation : compatibilitĂ© du barĂšme avec la Convention 158 et refus rĂ©itĂ©rĂ© de l’effet direct de la Charte sociale europĂ©enne

Tableaux de synthĂšse

Convention collective vs accord collectif

TypeObjetNiveau
Convention collectiveObjet plus Ă©tendu : l’ensemble des thĂ©matiquesPlus gĂ©nĂ©ral
Accord collectifObjet plus spécifique : une ou plusieurs thématiquesPlus ciblé

Usage professionnel vs usage d’entreprise

TypePortéeSource
Usage professionnelTerritoire (rĂ©pandu) et relations de travailPratique rĂ©pandue Ă  l’échelle d’un territoire
Usage d’entrepriseEntreprise, pratique localisĂ©eFruit du comportement de l’employeur

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre libertĂ© de travail et droit de grĂšve : le prĂ©ambule est prĂ©sentĂ© comme garantissant l’un tout en Ă©tant discutĂ© pour l’autre par l’arrĂȘt du 11 mai 2005.
  2. Croire que le droit Ă  l’emploi est un droit subjectif opposable : il est prĂ©sentĂ© comme un objectif de politique publique devant guider le lĂ©gislateur.
  3. Inverser les compĂ©tences juridictionnelles : les litiges individuels relĂšvent du conseil de prud’hommes, tandis que les litiges collectifs relĂšvent du tribunal judiciaire.
  4. Traiter le rĂšglement intĂ©rieur comme un contrat ordinaire : ses rĂšgles sont dĂ©crites comme gĂ©nĂ©rales et permanentes, avec une qualification d’acte rĂ©glementaire de droit privĂ©.
  5. Penser que l’engagement unilatĂ©ral peut cesser librement sans procĂ©dure : la dĂ©nonciation requiert trois conditions cumulatives, incluant information et dĂ©lai de prĂ©venance.
  6. Qualifier un accord atypique comme juridiquement valable : s’il n’accorde pas de droits au salariĂ©, il est prĂ©sentĂ© comme illicite et sans portĂ©e juridique.
  7. Raisonner avec un seuil chiffrĂ© pour l’usage : la constance n’a pas de seuil lĂ©gal, et la qualification se fait par apprĂ©ciation in concreto par le juge.

Checklist Examen

  1. Citer les principes sociaux et Ă©conomiques majeurs du prĂ©ambule de 1946 et leur articulation avec l’égalitĂ©, la non-discrimination, la libertĂ© syndicale, le droit de grĂšve et la protection de la santĂ©.
  2. Expliquer pourquoi le droit Ă  l’emploi, malgrĂ© sa valeur constitutionnelle, n’est pas prĂ©sentĂ© comme un droit subjectif et doit ĂȘtre conciliĂ© avec la libertĂ© d’entreprendre (20 octobre 2017).
  3. Distinguer loi et rĂšglements dans leur rĂŽle et expliquer en quoi l’usage massif des ordonnances brouille la dĂ©limitation des domaines (articles 34 et 37).
  4. PrĂ©senter la compĂ©tence juridictionnelle du conseil de prud’hommes pour les litiges individuels et celle du tribunal judiciaire pour les litiges collectifs.
  5. Donner au moins un exemple de pouvoir normatif de la chambre sociale de la Cour de cassation, notamment la requalification de l’obligation de sĂ©curitĂ© dans Air France (25 novembre 2015).
  6. DĂ©crire l’OIT comme institution tripartite (GenĂšve) et connaĂźtre le rĂŽle de la confĂ©rence, du conseil d’administration et du bureau international.
  7. Expliquer comment la Convention 158 OIT est mobilisĂ©e en contentieux de licenciement Ă  travers l’exemple CNE (jugement du 28 avril 2006).
  8. Expliquer le lien entre barĂšme d’indemnisation et exigence de compatibilitĂ© avec l’article 10 de la Convention 158 (11 mai 2022).
  9. Distinguer CEDH et Charte sociale europĂ©enne sur la base de leur mobilisation et de la question de l’effet direct (10 fĂ©vrier 2014 vs 17 juillet 2019 et 11 mai 2022).
  10. Expliquer l’idĂ©e d’harmonisation sociale (rapprocher sans unifier) et la coordination en sĂ©curitĂ© sociale liĂ©e Ă  la libertĂ© de circulation.
  11. Distinguer convention collective et accord collectif par leur portĂ©e d’objet (L2221-1 et L2221-2) et connaĂźtre le mĂ©canisme d’extension ministĂ©rielle.
  12. DĂ©crire ce qui peut crĂ©er des obligations dans le contrat de travail (clause, implicite, nature de l’emploi) et retenir l’exemple de la mobilitĂ© pour un chef de chantier.
  13. PrĂ©senter l’objet du rĂšglement intĂ©rieur, sa qualification d’acte rĂ©glementaire de droit privĂ© (Unigrain 1991) et la contrainte liĂ©e Ă  l’effectif d’au moins 50 salariĂ©s (L1311-1).
  14. Expliquer comment mettre fin à un engagement unilatéral : procédure de dénonciation (3 conditions) et idée de substitution par un accord collectif.

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1. Quel ensemble de principes le préambule de 1946 met-il notamment en avant dans le domaine social ?

2. Comment le droit Ă  l’emploi est-il juridiquement prĂ©sentĂ© dans ce cours ?

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Sources étatiques du droit du travail

Le Préambule de 1946 et la Constitution.

ContrĂŽle de proportionnalitĂ© — rĂŽle ?

Résoudre conflits entre droits constitutionnels.

Droit à l’emploi — nature ?

Objectif de politique publique, non droit subjectif.

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