Revision sheet: Risques professionnels et accidents

Plan du Cours

  1. Procédure déclaration risques
  2. Formes risques professionnels
  3. Accident du travail
  4. Accident de trajet
  5. Maladies professionnelles
  6. Preuve caractĂšre professionnel
  7. Reconnaissance maladies hors tableau

1. Procédure déclaration risques

Notions clés & Définitions

DĂ©claration d’accident
Il s’agit de l’action par laquelle la victime ou l’employeur informe l’autoritĂ© compĂ©tente (notamment la CPAM) de la survenance d’un accident ou d’un risque professionnel, dans un dĂ©lai prĂ©cis. Elle permet d’engager la procĂ©dure d’indemnisation et de reconnaissance du caractĂšre professionnel de l’accident.

Feuille d’accident
Document remis par l’employeur au salariĂ© accidentĂ©, indispensable pour l’indemnisation. Elle formalise la dĂ©claration d’accident et doit ĂȘtre dĂ©livrĂ©e sous peine d’amende et de pĂ©nalitĂ©.

Certificat médical initial
Document Ă©tabli par un mĂ©decin, indiquant l’état de la victime, les consĂ©quences possibles, notamment la durĂ©e probable d’incapacitĂ©, et mentionnant toutes constatations importantes pour dĂ©terminer l’origine traumatique des lĂ©sions. Il est adressĂ© Ă  la CPAM.

Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM)
Organisme chargĂ© de la gestion des risques professionnels, qui reçoit la dĂ©claration d’accident, examine la qualification de l’accident, peut contester cette qualification dans un dĂ©lai de 30 jours, puis jusqu’à 2 mois pour enquĂȘter ou examiner.

Délai de déclaration
PĂ©riode durant laquelle la victime doit prĂ©venir l’employeur (24h sauf cas de force majeure ou impossibilitĂ©) et l’employeur doit dĂ©clarer l’accident Ă  la CPAM (24h, hors dimanches et jours fĂ©riĂ©s). La dĂ©claration peut ĂȘtre faite jusqu’à 2 ans aprĂšs l’accident.

RĂ©serves de l’employeur
Droit pour l’employeur de formuler des rĂ©serves concernant la qualification de l’accident dans les 48h suivant la dĂ©claration de la CPAM, notamment s’il doute de la nature professionnelle de l’accident.

Points essentiels

Le salariĂ© doit prĂ©venir l’employeur dans les 24h suivant l’accident, sauf cas de force majeure ou impossibilitĂ©. L’employeur doit dĂ©clarer l’accident Ă  la CPAM dans un dĂ©lai de 24h, hors dimanches et jours fĂ©riĂ©s. Si l’employeur doute de la qualification de l’accident, il peut Ă©mettre des rĂ©serves devant la CPAM dans les 48h. La dĂ©claration Ă  la CPAM peut ĂȘtre effectuĂ©e par la victime, ses ayants droits ou ses reprĂ©sentants, jusqu’à deux ans aprĂšs l’évĂ©nement. L’employeur doit dĂ©livrer la feuille d’accident, document indispensable Ă  l’indemnisation, sous peine d’amende et de pĂ©nalitĂ©. La CPAM dispose de 30 jours pour contester la qualification de l’accident, puis jusqu’à deux mois pour procĂ©der Ă  une enquĂȘte ou un examen si nĂ©cessaire.

À retenir

Le respect des dĂ©lais de dĂ©claration par la victime et l’employeur, ainsi que la dĂ©livrance de la feuille d’accident, sont essentiels pour garantir la reconnaissance et l’indemnisation du risque professionnel. La procĂ©dure est encadrĂ©e pour assurer une rĂ©ponse rapide et efficace face aux accidents du travail.

2. Formes risques professionnels

Notions clés & Définitions

Accident du travail
Tout fait prĂ©cis survenu soudainement au cours ou Ă  l’occasion du travail, Ă  l’origine d’une lĂ©sion corporelle. La jurisprudence, notamment l’arrĂȘt de la cour de cassation du 21 mars 1969, prĂ©cise que la qualification d’accident du travail requiert une date certaine et un fait identifiable dans le temps. La lĂ©sion doit rĂ©sulter d’un ou de plusieurs Ă©vĂ©nements survenus Ă  des dates prĂ©cises, entraĂźnant une atteinte Ă  l’organisme. La notion inclut aussi des atteintes psychiques, comme le stress ou la dĂ©pression, si elles rĂ©sultent d’un fait survenu Ă  une date certaine, comme l’a reconnu la jurisprudence en 2003.

Accident de trajet
Il s’agit d’un accident survenu pendant le dĂ©placement entre le lieu de rĂ©sidence et le lieu de travail ou inversement. La qualification repose sur la relation entre l’accident et le trajet effectuĂ© dans le cadre du dĂ©placement professionnel.

Maladie professionnelle
Elle dĂ©signe une affection rĂ©sultant de l’exposition prolongĂ©e Ă  un risque spĂ©cifique liĂ© Ă  l’activitĂ© professionnelle. La reconnaissance de la maladie professionnelle est soumise Ă  des conditions prĂ©cises, distinctes de celles de l’accident du travail.

Régime général de la sécurité sociale
Depuis 1946, la législation française a intégré la couverture des risques professionnels dans le régime général de la sécurité sociale, assurant la prise en charge des accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles.

Notion de risque professionnel
C’est un risque créé par le travail ou sur le lieu de travail, pouvant entraĂźner un accident ou une maladie. Seuls les risques liĂ©s Ă  l’activitĂ© professionnelle, dans leur cadre ou leur contexte, sont considĂ©rĂ©s comme professionnels.

Couverture des risques professionnels
Elle concerne la prise en charge par la sécurité sociale des accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles, sous réserve du respect des conditions légales et jurisprudentielles pour leur reconnaissance.

Points essentiels

Les risques professionnels se divisent en trois formes : accident du travail, accident de trajet, maladie professionnelle. La lĂ©gislation française a intĂ©grĂ© ces risques au rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la sĂ©curitĂ© sociale depuis 1946, assurant leur couverture. La notion d’accident du travail inclut tout accident survenu par le fait ou Ă  l’occasion du travail, quelle qu’en soit la cause. La jurisprudence insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’une date certaine pour qualifier un accident du travail, excluant notamment les actions lentes ou non localisables dans le temps, comme la rĂ©pĂ©tition d’un geste (arrĂȘt du 26 juin 1980). La qualification d’accident du travail requiert Ă©galement une lĂ©sion corporelle, dĂ©finie comme toute atteinte Ă  l’organisme, qu’elle soit physique ou psychique, apparente ou non, profonde ou superficielle. La jurisprudence reconnaĂźt aussi que des troubles psychiques, comme la dĂ©pression ou le stress post-traumatique, peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des lĂ©sions indemnisables si liĂ©s Ă  un fait survenu Ă  une date certaine (arrĂȘt du 01 juillet 2003). La relation entre la lĂ©sion et l’accident est prĂ©sumĂ©e lorsque la lĂ©sion apparaĂźt concomitamment Ă  l’accident, facilitant la reconnaissance de l’imputabilitĂ©. Seul l’accident ayant un lien suffisant avec le travail, survenant par le fait ou Ă  l’occasion du travail, peut ĂȘtre qualifiĂ© d’accident du travail. La prĂ©somption de caractĂšre professionnel repose sur la preuve que l’accident s’est produit au temps et au lieu de travail, conditions cumulatives. La preuve du lien peut ĂȘtre allĂ©gĂ©e par la prĂ©somption simple, qui dĂ©place la charge de la preuve vers la victime, devant Ă©tablir uniquement ces conditions.

À retenir

Les risques professionnels se distinguent en accident du travail, accident de trajet et maladie professionnelle, tous couverts par le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la sĂ©curitĂ© sociale depuis 1946. La reconnaissance de ces risques repose sur des critĂšres prĂ©cis, notamment la date certaine, le lien avec le travail, et la prĂ©sence d’une lĂ©sion corporelle ou psychique.

3. Accident du travail

Notions clés & Définitions

Fait accidentel : ÉvĂ©nement imprĂ©vu, soudain, qui cause un dommage ou une lĂ©sion.
LĂ©sion corporelle : Dommage physique ou psychique subi par le salariĂ©, qui doit ĂȘtre constatĂ© mĂ©dicalement. Elle peut ĂȘtre apparente ou non.
PrĂ©somption simple d’imputabilitĂ© : La rĂšgle selon laquelle la survenance d’une lĂ©sion concomitante Ă  un accident est prĂ©sumĂ©e imputable au travail, sauf preuve contraire.
CaractĂšre professionnel de l’accident : Qualification qui Ă©tablit que l’accident est liĂ© Ă  l’exercice ou aux conditions du travail, notamment par la preuve de l’autoritĂ© de l’employeur ou d’un rapport Ă©troit avec le travail.
Fait soudain : ÉvĂ©nement brusque, imprĂ©visible, Ă  l’origine de l’accident.
Jurisprudence sur accident du travail : Ensemble des dĂ©cisions de justice qui prĂ©cisent la dĂ©finition, les conditions et la reconnaissance de l’accident du travail, notamment la notion de lieu, de temps, et de lien avec l’activitĂ© professionnelle.

Points essentiels

L’accident du travail est dĂ©fini comme un fait soudain causant une lĂ©sion corporelle liĂ©e au travail. La lĂ©sion peut ĂȘtre physique ou psychique, apparente ou non, et doit faire l’objet d’un constat mĂ©dical. La prĂ©somption simple d’imputabilitĂ© Ă©tablit que la lĂ©sion survenue concomitamment Ă  l’accident est prĂ©sumĂ©e imputable au travail, sauf Ă  prouver une cause totalement Ă©trangĂšre ou une soustraction Ă  l’autoritĂ© de l’employeur. La preuve de l’imputabilitĂ© peut ĂȘtre renversĂ©e si la victime a agi en dehors de l’autoritĂ© de l’employeur (ex : acte d’insubordination ou intĂ©rĂȘt personnel) ou si l’accident rĂ©sulte d’une cause totalement Ă©trangĂšre au travail (ex : Ă©tat pathologique prĂ©existant). La jurisprudence prĂ©cise que le lieu de travail comprend le poste, dĂ©pendances, salles de pause, jardins, parcs de stationnement, ainsi que tout lieu oĂč le salariĂ© se trouve Ă  la demande de l’employeur. La notion de lieu s’étend aussi aux trajets professionnels et aux endroits extĂ©rieurs liĂ©s Ă  l’activitĂ©. La prĂ©somption d’imputabilitĂ© est une prĂ©somption simple, renversable par la preuve du contraire. Lorsqu’aucun Ă©lĂ©ment de temps ou de lieu n’est Ă©tabli, la victime doit prouver le caractĂšre professionnel de l’accident, en dĂ©montrant qu’elle Ă©tait sous l’autoritĂ© de l’employeur ou qu’il existe un rapport Ă©troit avec le travail.

À retenir

L’accident du travail est un fait soudain causant une lĂ©sion liĂ©e au travail, prĂ©sumĂ© imputable Ă  l’activitĂ© professionnelle sauf preuve contraire. La reconnaissance repose sur la preuve du lien entre l’accident, le lieu, le temps, et l’autoritĂ© de l’employeur.

4. Accident de trajet

Notions clés & Définitions

  • Accident de trajet : voir section 2

Parcours protĂ©gĂ© : Trajet effectuĂ© par le salariĂ© dans le cadre de son dĂ©placement domicile-travail, considĂ©rĂ© comme sĂ©curisĂ© et bĂ©nĂ©ficiant d’une reconnaissance particuliĂšre en cas d’accident. Il inclut les extrĂ©mitĂ©s du trajet, c’est-Ă -dire le dĂ©but et la fin du dĂ©placement.

ExtrĂ©mitĂ©s du trajet : Points prĂ©cis du parcours domicile-travail oĂč l’accident est prĂ©sumĂ© liĂ© au trajet, notamment la rĂ©sidence du salariĂ© et le lieu de travail. La reconnaissance de l’accident comme de trajet dĂ©pend souvent de la proximitĂ© ou de la continuitĂ© de ces extrĂ©mitĂ©s.

Lien entre trajet et travail : La qualification d’accident de trajet suppose que le dĂ©placement soit effectuĂ© dans le cadre du parcours protĂ©gĂ©, avec un lien direct et immĂ©diat avec l’activitĂ© professionnelle. La jurisprudence prĂ©cise que ce lien doit ĂȘtre certain pour que l’accident soit reconnu comme de trajet.

Trajet normal : Itinéraire habituel et direct entre le domicile et le lieu de travail, considéré comme le parcours protégé par la loi. Toute déviation ou interruption peut remettre en cause cette qualification.

DĂ©tours et interruptions : DĂ©viations ou pauses effectuĂ©es en dehors du parcours habituel ou dans des circonstances non prĂ©vues peuvent affecter la qualification d’accident de trajet. Leur reconnaissance dĂ©pend de leur nature, de leur durĂ©e et de leur lien avec le trajet ou l’activitĂ© professionnelle. La jurisprudence exige que ces dĂ©tours soient justifiĂ©s et raisonnables pour continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier de la qualification d’accident de trajet.

Points essentiels

L’accident de trajet est un risque professionnel autonome, distinct de l’accident du travail, avec un rĂ©gime juridique spĂ©cifique. La jurisprudence insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’un lien certain entre l’accident, le trajet, et l’activitĂ© professionnelle. Elle Ă©carte la qualification d’accident du travail dans certains cas, comme lors d’un accident survenu alors que le salariĂ© Ă©tait en arrĂȘt maladie ou aprĂšs une vaccination effectuĂ©e Ă  titre personnel, mĂȘme si ces Ă©vĂ©nements se produisent lors d’un dĂ©placement professionnel.

Le parcours protĂ©gĂ© comprend les extrĂ©mitĂ©s du trajet domicile-travail et doit prĂ©senter un lien direct avec l’activitĂ© professionnelle. La reconnaissance de l’accident comme de trajet dĂ©pend de la nature du dĂ©placement, de sa continuitĂ©, et de l’absence d’interruption ou de dĂ©tour non justifiĂ©. Les dĂ©tours ou interruptions peuvent remettre en cause cette qualification, sauf s’ils sont justifiĂ©s par des circonstances raisonnables ou liĂ©es Ă  l’intĂ©rĂȘt professionnel.

À retenir

L’accident de trajet est reconnu comme un risque professionnel spĂ©cifique, avec un rĂ©gime juridique distinct, basĂ© sur un lien direct et certain avec le parcours domicile-travail. La qualification dĂ©pend de la nature du dĂ©placement, de la continuitĂ© du trajet et de l’absence d’interruptions ou de dĂ©tours non justifiĂ©s.

5. Maladies professionnelles

Notions clés & Définitions

Maladie professionnelle
Il s'agit d'une maladie reconnue comme résultant de l'exposition à un risque spécifique lié à l'activité professionnelle. La reconnaissance repose sur sa présence dans un tableau officiel, avec des conditions précises à remplir.

Présomption de caractÚre professionnel
C'est une rÚgle qui facilite la reconnaissance d'une maladie comme étant d'origine professionnelle lorsque celle-ci figure dans un tableau. La preuve de son caractÚre professionnel est présumée, sauf preuve contraire.

Tableaux des maladies professionnelles
Ce sont des listes officielles qui regroupent des maladies reconnues comme professionnelles, avec pour chacune des conditions précises à remplir pour leur reconnaissance.

Conditions de reconnaissance
Pour qu'une maladie soit reconnue comme professionnelle, elle doit figurer dans un tableau spécifique et respecter les conditions énumérées. Hors tableau, la reconnaissance est plus complexe et soumise à des conditions strictes.

Jurisprudence de 1993
Elle a précisé que la reconnaissance d'une maladie hors tableau nécessite de prouver le caractÚre professionnel de la maladie selon des critÚres stricts, contrairement à la présomption automatique lorsqu'elle figure dans un tableau.

Manifestation tangible
C'est une preuve concrÚte de la maladie, permettant d'établir son existence et son lien avec l'activité professionnelle, notamment dans le cadre de la reconnaissance hors tableau.

Points essentiels

La reconnaissance d'une maladie professionnelle se fait principalement lorsque celle-ci figure dans un tableau officiel, avec des conditions prĂ©cises Ă  respecter. La prĂ©sence dans le tableau entraĂźne une prĂ©somption de caractĂšre professionnel, ce qui simplifie la procĂ©dure de reconnaissance. La preuve du caractĂšre professionnel est plus difficile hors tableau, car elle doit satisfaire Ă  des conditions strictes, comme l'existence d'une manifestation tangible de la maladie. La jurisprudence de 1993 a renforcĂ© cette distinction, prĂ©cisant que hors tableau, la preuve doit ĂȘtre plus rigoureuse pour Ă©tablir le lien avec le travail.

À retenir

La reconnaissance des maladies professionnelles repose principalement sur leur inscription dans un tableau officiel, qui offre une présomption de caractÚre professionnel. En dehors de ce cadre, la preuve devient plus complexe et exige des conditions strictes, notamment la manifestation tangible de la maladie.

6. Preuve caractĂšre professionnel

Notions clés & Définitions

Charge de la preuve : Obligation pour la victime ou ses ayants droit de prouver l’existence de l’accident ou de la maladie d’origine professionnelle, sauf lorsque la prĂ©somption simple s’applique. La charge de la preuve peut ĂȘtre allĂ©gĂ©e par des mĂ©canismes juridiques spĂ©cifiques.

PrĂ©somption simple : Supposition selon laquelle un fait est considĂ©rĂ© comme vrai tant que l’adversaire ne prouve pas le contraire. En matiĂšre d’accident ou de maladie professionnelle, elle dispense la victime de prouver le lien direct avec le travail si certains critĂšres sont remplis, notamment si l’accident survient au temps et lieu de travail.

Lien de causalitĂ© : Relation de cause Ă  effet entre l’accident ou la maladie et l’activitĂ© professionnelle. La preuve de ce lien est essentielle pour Ă©tablir le caractĂšre professionnel de l’évĂ©nement ou de la pathologie.

Renversement de prĂ©somption : Processus par lequel la partie adverse peut faire Ă©chec Ă  la prĂ©somption simple en apportant la preuve qu’un autre facteur, Ă©tranger au travail ou indĂ©pendant de l’emploi, en est la cause. Cela permet de faire reposer la charge de la preuve sur l’employeur ou la partie adverse.

AutoritĂ© de l’employeur : Pouvoir de direction et de contrĂŽle exercĂ© par l’employeur sur le salariĂ©. La victime doit prouver qu’elle Ă©tait sous cette autoritĂ© au moment de l’accident pour bĂ©nĂ©ficier de la prĂ©somption simple.

Temps et lieu de travail : PĂ©riode et endroit oĂč l’accident doit survenir pour bĂ©nĂ©ficier de la prĂ©somption simple. La jurisprudence considĂšre que si l’accident se produit durant le trajet ou dans un lieu liĂ© Ă  l’activitĂ© professionnelle, la prĂ©somption peut s’appliquer. La protection s’étend aussi aux trajets en dehors des horaires habituels si ceux-ci sont justifiĂ©s par des nĂ©cessitĂ©s de dĂ©placement ou des circonstances exceptionnelles.

Points essentiels

La prĂ©somption simple en matiĂšre d’accident de trajet ou de maladie professionnelle dispense la victime de prouver le lien direct avec le travail si l’accident survient au temps et lieu de travail. La victime doit dĂ©montrer qu’elle Ă©tait sous l’autoritĂ© de l’employeur au moment de l’accident. La prĂ©somption peut ĂȘtre renversĂ©e si la partie adverse prouve qu’un facteur Ă©tranger au travail ou une cause indĂ©pendante de l’emploi en est la cause, comme une cause Ă©trangĂšre ou une soustraction Ă  l’autoritĂ© de l’employeur.

Le temps de travail comprend non seulement les heures effectives, mais aussi les pauses justifiĂ©es et certains temps proches de l’exĂ©cution du travail, notamment en cas de retard ou d’anticipation pour faire face Ă  des difficultĂ©s de dĂ©placement (grĂšves, mauvaises conditions mĂ©tĂ©orologiques). La jurisprudence considĂšre que ces trajets, rĂ©alisĂ©s dans un dĂ©lai normal ou pour des motifs lĂ©gitimes, bĂ©nĂ©ficient de la protection.

Les dĂ©tours ou interruptions du trajet, lorsqu’ils sont justifiĂ©s par des nĂ©cessitĂ©s essentielles de la vie courante (dĂ©poser des enfants, petits achats, dĂ©marches urgentes, soins, essence, nĂ©cessitĂ©s familiales), ne rompent pas la protection. En revanche, si le trajet est dĂ©tournĂ© ou interrompu pour un motif non lĂ©gitime, la protection peut ĂȘtre suspendue. La notion de nĂ©cessitĂ© essentielle de la vie courante relĂšve de l’apprĂ©ciation souveraine des juges du fond.

À retenir

La prĂ©somption simple facilite la reconnaissance du caractĂšre professionnel d’un accident ou d’une maladie, mais peut ĂȘtre renversĂ©e si l’adversaire prouve une cause Ă©trangĂšre ou une soustraction Ă  l’autoritĂ©. La protection du trajet s’étend aux dĂ©placements dans un dĂ©lai normal ou justifiĂ© par des circonstances exceptionnelles, sous rĂ©serve que les dĂ©tours ou interruptions soient liĂ©s Ă  des nĂ©cessitĂ©s essentielles de la vie courante.

7. Reconnaissance maladies hors tableau

Notions clés & Définitions

Maladie hors tableau : Maladie qui ne figure pas dans la liste officielle des maladies professionnelles, mais dont l’origine peut ĂȘtre reconnue comme professionnelle si certaines conditions sont remplies.

Preuve mĂ©dicale : ÉlĂ©ment essentiel permettant d’établir le lien entre la maladie et le travail. Elle consiste en un certificat mĂ©dical initial, une attestation de salaire en cas d’arrĂȘt, et Ă©ventuellement une expertise mĂ©dicale.

Lien direct et essentiel : Relation causale immĂ©diate et dĂ©terminante entre le travail habituel de la victime et la maladie. La maladie doit ĂȘtre directement et principalement causĂ©e par l’activitĂ© professionnelle.

Conditions restrictives : CritĂšres limitant la reconnaissance, notamment la nĂ©cessitĂ© de prouver que la maladie est directement et essentiellement causĂ©e par le travail, ou qu’elle entraĂźne un dĂ©cĂšs ou une incapacitĂ© permanente significative.

Jurisprudence spĂ©cifique : Ensemble de dĂ©cisions encadrant strictement la reconnaissance des maladies hors tableau, notamment en prĂ©cisant que la preuve doit Ă©tablir un lien direct et essentiel, et en limitant l’usage abusif.

Charge probatoire : Obligation pour le salariĂ© de prouver le lien entre sa maladie et le travail, en respectant les conditions restrictives. La preuve doit dĂ©montrer que la maladie est d’origine professionnelle ou qu’elle est directement causĂ©e par le travail habituel.

Points essentiels

La reconnaissance d’une maladie hors tableau exige la preuve d’un lien direct et essentiel avec le travail. La charge de la preuve incombe au salariĂ©, qui doit dĂ©montrer que la maladie est directement causĂ©e par son activitĂ© professionnelle. Les conditions sont restrictives, notamment en ce qui concerne la nĂ©cessitĂ© de prouver que le travail est la cause principale ou dĂ©terminante de la maladie. La jurisprudence encadre cette procĂ©dure pour Ă©viter tout usage abusif, en insistant sur la nĂ©cessitĂ© d’une manifestation tangible de la maladie, comme un certificat mĂ©dical initial ou une expertise mĂ©dicale. La maladie doit prĂ©senter une manifestation concrĂšte pour que la reconnaissance soit possible, ce qui limite l’ouverture Ă  des cas peu Ă©vidents ou indirects.

À retenir

Pour faire reconnaßtre une maladie hors tableau, il faut établir un lien direct et essentiel avec le travail, en apportant une preuve médicale solide. La procédure est strictement encadrée, et la charge de la preuve repose sur le salarié, avec des conditions restrictives visant à éviter les reconnaissances abusives. La manifestation tangible de la maladie est indispensable pour que la reconnaissance soit accordée.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
21 mars 1969ArrĂȘt de la cour de cassation prĂ©cisant la qualification d’accident du travail incluant les atteintes psychiques.
2003Reconnaissance par jurisprudence des troubles psychiques comme lésions indemnisables si liés à un fait survenu à une date certaine.
26 juin 1980ArrĂȘt prĂ©cisant que l’action lente ou non localisable dans le temps ne constitue pas un accident du travail.
1946Intégration des risques professionnels au régime général de la sécurité sociale.

Tableaux de SynthĂšse

CritĂšre / NotionAccident du travailAccident de trajetMaladie professionnelle
DĂ©finitionSurvenu soudainement, Ă  l’occasion du travail, causant une lĂ©sion corporelle ou psychiqueSurvenu pendant le dĂ©placement entre rĂ©sidence et lieu de travailRĂ©sulte d’une exposition prolongĂ©e Ă  un risque spĂ©cifique liĂ© Ă  l’activitĂ© professionnelle
Condition principaleFait précis, date certaine, lien avec le travailTrajet effectué dans le cadre du déplacement professionnelExposition prolongée, reconnaissance selon conditions légales et jurisprudentielles
Jurisprudence clĂ©ArrĂȘt du 21 mars 1969 (atteintes psychiques)--
Lésion reconnuePhysique ou psychique, apparente ou non, profonde ou superficielle--
PrĂ©somptionPrĂ©somption simple si la lĂ©sion apparaĂźt concomitamment Ă  l’accident--

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre accident du travail et accident de trajet : le lieu et le moment précis sont déterminants.
  2. Ignorer la nĂ©cessitĂ© d’une date certaine pour qualifier un accident comme du travail (arrĂȘt du 26 juin 1980).
  3. NĂ©gliger la reconnaissance des troubles psychiques comme lĂ©sions indemnisables si liĂ©s Ă  un fait prĂ©cis (arrĂȘt 2003).
  4. Penser que tout événement soudain est automatiquement un accident du travail : il faut aussi un lien avec le travail.
  5. Omettre la distinction entre accident du travail et maladie professionnelle, qui nécessite une exposition prolongée.
  6. Confondre la présomption simple et la présomption irréfragable pour établir le lien avec le travail.
  7. Sous-estimer l’importance de la dĂ©claration dans les dĂ©lais (24h pour victime/employeur, 2 ans pour dĂ©claration).

Checklist Examen

  1. ConnaĂźtre la dĂ©finition prĂ©cise de la dĂ©claration d’accident et ses modalitĂ©s selon la procĂ©dure.
  2. MaĂźtriser les documents indispensables : feuille d’accident, certificat mĂ©dical initial.
  3. Savoir que la CPAM peut contester la qualification de l’accident dans un dĂ©lai de 30 jours.
  4. Comprendre le rĂŽle des rĂ©serves de l’employeur dans la procĂ©dure.
  5. Identifier les critĂšres pour qu’un accident soit qualifiĂ© d’accident du travail : fait prĂ©cis, date certaine, lien avec le travail.
  6. ConnaĂźtre la distinction entre accident du travail, accident de trajet et maladie professionnelle.
  7. Revoir la jurisprudence clĂ© : arrĂȘt du 21 mars 1969 sur les atteintes psychiques, arrĂȘt de 2003 sur troubles psychiques liĂ©s Ă  un fait certain.
  8. Savoir que l’accident doit entraĂźner une lĂ©sion corporelle ou psychique reconnue mĂ©dicalement.
  9. Comprendre la prĂ©somption simple d’imputabilitĂ© et ses conditions.
  10. Connaßtre que depuis 1946, tous ces risques relÚvent du régime général de sécurité sociale.
  11. Maütriser les conditions pour qu’un trouble psychique soit reconnu comme une maladie professionnelle.
  12. VĂ©rifier que l’évĂ©nement est survenu dans le cadre ou Ă  l’occasion du travail pour qualifier un accident du travail.

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1. Quand la procédure déclaration risques a-t-elle été établie ou mise en place selon le cadre législatif mentionné ?

2. Comment un employeur doit-il agir pour respecter la procĂ©dure de dĂ©claration d’un accident professionnel ?

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Procédure déclaration risques

Informer la CPAM dans les délais pour reconnaissance.

Formes risques professionnels

Accident du travail, trajet, maladie professionnelle.

Accident du travail

Fait soudain causant une lésion liée au travail.

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