Revision sheet: Introduction aux Fondements de la Connaissance Scientifique

Plan du Cours

  1. ÉpistĂ©mologie et constitution des connaissances
  2. Nature de la connaissance en recherche
  3. Valeur épistémique et valeur pragmatique
  4. Vérité scientifique et caractÚre conventionnel
  5. Typologie connaissance commune et approfondie
  6. Rationalisme et déduction hypothético-déductive
  7. Empirisme et induction holistico-inductive
  8. Inférences déduction induction abduction
  9. Paradigmes en sciences de gestion
  10. Positivisme : réalité unique et observation
  11. Interprétativisme et constructivisme : posture
  12. Recherche scientifique et cadre de thĂšse

1. ÉpistĂ©mologie et constitution des connaissances

Notions clés & Définitions

  • ÉpistĂ©mologie : L’épistĂ©mologie est une branche de la philosophie des sciences qui Ă©tudie la maniĂšre dont des connaissances sont constituĂ©es et jugĂ©es valables.
  • Philosophie des sciences : La philosophie des sciences regroupe les rĂ©flexions sur la nature, la mĂ©thode et la validitĂ© des connaissances produites par la science.
  • Connaissance valable : Une connaissance valable dĂ©signe une connaissance reconnue comme justifiĂ©e et acceptable dans un cadre thĂ©orique et mĂ©thodologique donnĂ©.
  • Valeur Ă©pistĂ©mique : La valeur Ă©pistĂ©mique mesure l’apport d’une connaissance Ă  l’extension ou au dĂ©veloppement de la connaissance gĂ©nĂ©rale.
  • Valeur pragmatique : La valeur pragmatique mesure l’utilitĂ© d’une connaissance pour guider l’action ou la pratique.

Points essentiels

  • Le terme Ă©pistĂ©mologie apparaĂźt au dĂ©but du XXe siĂšcle pour Ă©tudier les thĂ©ories de la connaissance, puis devient proche de la philosophie des sciences.
  • L’épistĂ©mologie vise la constitution des connaissances valables, c’est-Ă -dire la justification de ce qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme fiable.
  • La question « vraie » vs « fausse » se traduit, en recherche, par un choix de thĂ©ories, concepts et modĂšles adaptĂ©s au problĂšme Ă©tudiĂ©.
  • L’épistĂ©mologie guide le chercheur via trois interrogations : nature de la connaissance, mode d’élaboration, et valeur attendue.
  • La valeur peut ĂȘtre Ă©valuĂ©e de deux façons : Ă©pistĂ©mique (dĂ©velopper la connaissance gĂ©nĂ©rale) et pragmatique (servir la pratique).
  • En recherche scientifique, la finalitĂ© Ă©tant d’élaborer des connaissances, le chercheur doit expliciter ce qu’il entend par « connaissance » avant de choisir son approche.

Astuce mémo

ÉPISTÉMO = 3 questions : Quoi (nature) ? Comment (Ă©laboration) ? Valeur (Ă©pistĂ©mique ou pragmatique).

2. Nature de la connaissance en recherche

Notions clés & Définitions

  • Point de vue Ă©pistĂ©mique : Point de vue qui considĂšre que la connaissance produite sert Ă  enrichir et dĂ©velopper la connaissance gĂ©nĂ©rale.
  • Point de vue pragmatique : Point de vue qui considĂšre que la connaissance produite sert Ă  amĂ©liorer ou guider la pratique.
  • ConnaĂźtre : ConnaĂźtre dĂ©signe le fait d’ĂȘtre informĂ© ou de comprendre quelque chose, et aussi d’identifier une chose comme rĂ©elle.
  • Savoir : Savoir dĂ©signe une connaissance plus approfondie, construite par apprentissage, avec un ensemble d’idĂ©es et d’images sur un objet.
  • VĂ©ritĂ© : La vĂ©ritĂ© est l’objectif de la dĂ©marche scientifique, liĂ©e Ă  l’adĂ©quation entre ce que l’esprit affirme et la rĂ©alitĂ© visĂ©e.

Points essentiels

  • La finalitĂ© d’une recherche scientifique est d’élaborer des connaissances, ce qui oblige Ă  clarifier ce qu’on appelle « connaissance ».
  • La connaissance peut ĂȘtre envisagĂ©e comme valeur pour la connaissance gĂ©nĂ©rale (Ă©pistĂ©mique) ou comme valeur pour la pratique (pragmatique).
  • À partir des connaissances construites, le chercheur peut Ă  la fois penser et agir.
  • « ConnaĂźtre » peut signifier ĂȘtre informĂ©, avoir des relations, ou encore s’y connaĂźtre (ĂȘtre compĂ©tent).
  • « ConnaĂźtre » un objet ou un fait revient Ă  le dĂ©crire dans ses aspects visibles et moins visibles.
  • « ConnaĂźtre » implique aussi de questionner : interroger faits, objets et idĂ©es plutĂŽt que seulement les constater.

Astuce mémo

ÉpistĂ©mique = « pour la thĂ©orie », Pragmatique = « pour l’action ».

3. Valeur épistémique et valeur pragmatique

Notions clés & Définitions

  • Connaissance : La connaissance dĂ©signe un rapport de la pensĂ©e Ă  la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure, impliquant l’idĂ©e de vĂ©ritĂ© comme adĂ©quation entre l’esprit et la chose visĂ©e.
  • VĂ©ritĂ© comme adĂ©quation : La vĂ©ritĂ© est comprise comme la correspondance entre ce que l’esprit affirme et la nature de la rĂ©alitĂ© Ă  laquelle il se rapporte.
  • UniversalitĂ© et nĂ©cessitĂ© : Les caractĂšres de la connaissance sont l’universalitĂ© et la nĂ©cessitĂ©, ce qui renvoie Ă  la recherche d’une mĂ©thode fiable pour parvenir au savoir.
  • Opinion vraie : L’opinion vraie correspond Ă  une croyance correcte, mais elle se distingue de la connaissance par l’exigence de raisons qui l’accompagnent.
  • Fake news scientifiques : Les fake news scientifiques sont de fausses connaissances prĂ©sentĂ©es comme scientifiques, pouvant tromper sur les faits et les mĂ©thodes.

Points essentiels

  • La connaissance s’oppose Ă  l’erreur et Ă  l’illusion en visant un contenu de pensĂ©e qui correspond Ă  la nature de l’objet visĂ©.
  • La connaissance est plus qu’une croyance partagĂ©e car son universalitĂ© est considĂ©rĂ©e comme de droit, pas seulement comme un accord social.
  • La connaissance se distingue de l’opinion par le fait qu’une opinion vraie doit ĂȘtre accompagnĂ©e de raisons pour approcher le statut de connaissance.
  • Les caractĂšres de la connaissance (universalitĂ©, nĂ©cessitĂ©) exigent de rĂ©flĂ©chir Ă  la mĂ©thode permettant d’atteindre le vrai.
  • La valeur Ă©pistĂ©mique renvoie Ă  la fiabilitĂ© du contenu (vĂ©ritĂ©, adĂ©quation, raisons), tandis que la valeur pragmatique renvoie Ă  l’utilitĂ© pratique, mĂȘme si le contenu n’est pas Ă©tabli.
  • La reproductibilitĂ© est un critĂšre central pour limiter les fausses connaissances et vĂ©rifier que des rĂ©sultats ne dĂ©pendent pas d’un cas isolĂ©.

Astuce mémo

VĂ©ritĂ© = adĂ©quation (esprit ↔ chose) ; Opinion vraie = vrai + raisons ; Fake news = non reproductible.

4. Vérité scientifique et caractÚre conventionnel

Notions clés & Définitions

  • VĂ©ritĂ© scientifique : La vĂ©ritĂ© scientifique dĂ©signe des Ă©noncĂ©s appuyĂ©s par des preuves et des mĂ©thodes reconnues, susceptibles d’ĂȘtre discutĂ©s et corrigĂ©s.
  • CaractĂšre conventionnel : Le caractĂšre conventionnel renvoie au fait que la production de connaissances dĂ©pend aussi de choix partagĂ©s par une communautĂ©, pas seulement de la rĂ©alitĂ© brute.
  • Paradigme Ă©pistĂ©mologique : Un paradigme Ă©pistĂ©mologique est un cadre collectif de croyances et de rĂšgles qui oriente la façon de poser des problĂšmes et de mener des recherches.
  • Posture de recherche : La posture de recherche est l’inscription d’un travail dans un paradigme, qui guide les choix thĂ©oriques et mĂ©thodologiques et la nature des rĂ©sultats visĂ©s.
  • Conception de la connaissance : La conception de la connaissance est la maniĂšre dont un chercheur comprend ce que signifie connaĂźtre, et qui influence ses objectifs et ses mĂ©thodes.

Points essentiels

  • La science s’appuie sur des connaissances universellement reconnues, mais l’organisation de la recherche dĂ©pend de rĂšgles implicites ou explicites partagĂ©es.
  • Un chercheur ne construit pas seul sa conception de la connaissance : elle est influencĂ©e par des courants de pensĂ©e appelĂ©s paradigmes Ă©pistĂ©mologiques.
  • Un paradigme regroupe des croyances, valeurs et techniques partagĂ©es par une communautĂ©, pour une pĂ©riode donnĂ©e.
  • La posture Ă©pistĂ©mologique indique le paradigme dans lequel s’inscrivent les choix thĂ©oriques et mĂ©thodologiques (par exemple explication, comprĂ©hension, description, hermĂ©neutique).
  • DĂ©finir une posture de recherche sert Ă  rendre compte des principes Ă©pistĂ©mologiques, thĂ©oriques, mĂ©thodologiques et techniques qui fondent la validation et la discussion des connaissances produites.
  • Le questionnement Ă©pistĂ©mologique relie objectif, stratĂ©gie, mĂ©thodes et techniques Ă  la conception de la connaissance sous-jacente Ă  la recherche.

Astuce mémo

Paradigme = rùgles du jeu ; Posture = comment tu joues ; Connaissance = ce que tu appelles “savoir”.

5. Typologie connaissance commune et approfondie

Notions clés & Définitions

  • Posture Ă©pistĂ©mologique : La posture Ă©pistĂ©mologique dĂ©signe le cadre de recherche qui oriente les choix thĂ©oriques et mĂ©thodologiques pour produire des connaissances.
  • Position Ă©pistĂ©mologique : La position Ă©pistĂ©mologique indique le paradigme de recherche qui guide la maniĂšre de traiter un phĂ©nomĂšne Ă©tudiĂ©.
  • Paradigme de recherche : Le paradigme de recherche est le modĂšle gĂ©nĂ©ral qui structure les explications, comprĂ©hensions, descriptions et mĂ©thodes mobilisĂ©es.
  • HermĂ©neutique : L’hermĂ©neutique est une approche de connaissance centrĂ©e sur l’interprĂ©tation des sens plutĂŽt que sur une simple description factuelle.
  • Rationalisme : Le rationalisme est un courant oĂč la connaissance scientifique dĂ©coule principalement de la raison et des principes logiques.

Points essentiels

  • La dĂ©finition d’une posture couvre principes, concepts, mĂ©thodes et rĂ©sultats des connaissances produites.
  • La posture Ă©pistĂ©mologique sert Ă  prĂ©ciser le paradigme de recherche (ex : explication, comprĂ©hension, description, hermĂ©neutique).
  • Selon le paradigme, un mĂȘme phĂ©nomĂšne peut recevoir des reprĂ©sentations trĂšs diffĂ©rentes.
  • Le positionnement Ă©pistĂ©mologique renforce la validitĂ© et la lĂ©gitimitĂ© d’une recherche sĂ©rieuse.
  • La spĂ©cification du positionnement aide Ă  justifier comment les choix thĂ©oriques et mĂ©thodologiques soutiennent la recherche.
  • Le chemin d’une recherche inclut un questionnement Ă©pistĂ©mologique qui influence problĂ©matique, hypothĂšses, interprĂ©tations et conclusion.

Astuce mémo

Posture = Paradigme = Justification : principes→mĂ©thodes→rĂ©sultats.

6. Rationalisme et déduction hypothético-déductive

Notions clés & Définitions

  • Rationalisme dĂ©ductif : Approche oĂč la connaissance progresse du gĂ©nĂ©ral vers le particulier grĂące Ă  un raisonnement logique fondĂ© sur des lois et des thĂ©ories.
  • Approche hypothĂ©tico-dĂ©ductive : DĂ©marche scientifique qui part d’hypothĂšses puis en dĂ©duit des conclusions, lesquelles sont ensuite confrontĂ©es Ă  la rĂ©alitĂ©.
  • Paradigme positiviste : Cadre de pensĂ©e qui relie la rationalitĂ© de la recherche Ă  la cohĂ©rence logique et Ă  la vĂ©rification empirique des hypothĂšses.
  • DĂ©duction : Mode de raisonnement qui vise Ă  Ă©tablir une conclusion Ă  partir d’hypothĂšses, en testant leur non-rĂ©futation.
  • ExpĂ©rience scientifique : VĂ©rification par observation et tests rĂ©pĂ©tĂ©s qui sert de base Ă  la validitĂ© des conclusions scientifiques.

Points essentiels

  • Une recherche rationnelle est cohĂ©rente, argumentĂ©e et appuyĂ©e sur un raisonnement logique fondĂ© sur des lois et des thĂ©ories.
  • Le cheminement top-down va des idĂ©es et concepts gĂ©nĂ©raux vers des conclusions concrĂštes particuliĂšres par dĂ©duction.
  • Dans l’approche hypothĂ©tico-dĂ©ductive, des hypothĂšses sont vĂ©rifiĂ©es : si elles ne sont pas rĂ©futĂ©es, elles mĂšnent Ă  une conclusion préétablie.
  • Le paradigme positiviste Ă©merge du rationalisme, qui constitue le socle de la logique hypothĂ©tico-dĂ©ductive.
  • La validitĂ© des conclusions scientifiques repose sur la vĂ©rification dans de nombreux cas via l’expĂ©rience.
  • L’expĂ©rience est prĂ©sentĂ©e comme la clĂ© de voĂ»te de l’édifice scientifique.

Astuce mémo

Top-down : ThĂ©orie (gĂ©nĂ©ral) → HypothĂšse → DĂ©duction → Conclusion ; l’expĂ©rience tranche (non-rĂ©futation).

7. Empirisme et induction holistico-inductive

Notions clés & Définitions

  • Falsification : La falsification est un critĂšre de scientificitĂ© qui exige qu’une hypothĂšse puisse ĂȘtre rĂ©futĂ©e par des faits observables.
  • Paradigme constructiviste : Le paradigme constructiviste considĂšre que la connaissance rĂ©sulte de constructions interprĂ©tatives plutĂŽt que d’une rĂ©alitĂ© directement accessible.
  • Approche holistico-inductive : L’approche holistico-inductive vise Ă  comprendre un phĂ©nomĂšne en partant d’observations et d’élĂ©ments multiples, en intĂ©grant l’ensemble du contexte.
  • Holistique : L’holistique traite l’ĂȘtre humain et son environnement comme un tout, plutĂŽt que comme des variables isolĂ©es.
  • Bottom-up : Le bottom-up est une dĂ©marche qui remonte du niveau des observations vers une comprĂ©hension plus globale du phĂ©nomĂšne.

Points essentiels

  • Popper : une dĂ©marche est scientifique si elle permet la rĂ©futation d’une hypothĂšse, pas si elle conduit Ă  une vĂ©rification impossible.
  • La connaissance n’est jamais complĂšte : on travaille avec des rĂ©alitĂ©s partielles et des hypothĂšses testables.
  • Holistique : l’analyse prend en compte l’homme comme un tout (ex. donnĂ©es sur l’univers, conditions de vie, puis mise en relation avec l’humain).
  • Bottom-up : on part d’élĂ©ments concrets pour construire une lecture globale (ex. COVID et arbitrage bĂ©nĂ©fice/risque ou risque/risque).
  • Exemple “COVID” : le Danemark est prĂ©sentĂ© comme premier pays d’Europe Ă  renoncer dĂ©finitivement au vaccin d’AstraZeneca (date indiquĂ©e : 14/04/2021).
  • Exemple “Homme et Terre” : la source donne 70% de surface terrestre en eau, 3% d’eau douce, 10% de cette eau (soit 0.3%) utilisĂ©e par l’humain, et 70% d’eau dans le corps humain.

Astuce mémo

Popper = “rĂ©futer d’abord” : si on ne peut pas dire comment l’hypothĂšse pourrait ĂȘtre contredite, ce n’est pas scientifique.

8. Inférences déduction induction abduction

Notions clés & Définitions

  • InfĂ©rence : OpĂ©ration de raisonnement qui permet de passer d’informations disponibles Ă  une conclusion, sans que la conclusion soit donnĂ©e directement.
  • DĂ©duction : InfĂ©rence oĂč la conclusion dĂ©coule nĂ©cessairement de prĂ©misses gĂ©nĂ©rales dĂ©jĂ  admises.
  • Induction : InfĂ©rence oĂč la conclusion est gĂ©nĂ©ralisĂ©e Ă  partir d’observations ou de cas particuliers.
  • Abduction : InfĂ©rence oĂč l’on propose l’explication la plus plausible pour rendre compte d’un fait observĂ©.
  • Constructivisme : Position Ă©pistĂ©mologique selon laquelle la connaissance rĂ©sulte d’une construction du sujet, et non d’un reflet exact d’une rĂ©alitĂ© indĂ©pendante.

Points essentiels

  • DĂ©duction : si les prĂ©misses sont vraies et le raisonnement valide, la conclusion est garantie.
  • Induction : la conclusion est probabiliste, car elle gĂ©nĂ©ralise Ă  partir d’exemples observĂ©s.
  • Abduction : la conclusion vise une explication plausible, donc elle peut ĂȘtre rĂ©visĂ©e si de nouvelles donnĂ©es apparaissent.
  • Constructivisme : la rĂ©alitĂ© Ă©tudiĂ©e est une rĂ©alitĂ© dĂ©duite/interprĂ©tĂ©e, dĂ©pendante des conceptions et du questionnement initial.
  • Constructivisme : rejet de l’idĂ©e d’une rĂ©alitĂ© indĂ©pendante “en soi” accessible directement par la connaissance.
  • Constructivisme : la rĂ©alitĂ© n’est pas indĂ©pendante de l’observateur, d’oĂč une dĂ©pendance entre objet de recherche et chercheur.

Astuce mémo

DĂ©duction = du gĂ©nĂ©ral au certain ; Induction = du particulier au probable ; Abduction = du fait Ă  l’explication plausible.

9. Paradigmes en sciences de gestion

Notions clés & Définitions

  • Positivisme : Paradigme oĂč le chercheur vise Ă  dĂ©couvrir des lois qui s’imposent aux acteurs et Ă  expliquer la rĂ©alitĂ© par des relations causales.
  • InterprĂ©tativisme : Paradigme oĂč le chercheur cherche Ă  comprendre comment les acteurs construisent le sens de la rĂ©alitĂ© sociale Ă  travers leurs interprĂ©tations.
  • Constructivisme : Paradigme oĂč le chercheur contribue, avec les acteurs, Ă  construire la rĂ©alitĂ© sociale Ă©tudiĂ©e.
  • Positionnement Ă©pistĂ©mologique : Cadre qui prĂ©cise la façon dont le chercheur conçoit la connaissance, le rapport sujet-objet et les critĂšres de validitĂ© de ses rĂ©sultats.

Points essentiels

  • Les trois paradigmes ne forment pas des blocs homogĂšnes : chacun comporte des variantes et des points d’ancrage communs.
  • La coexistence des paradigmes peut ĂȘtre vue comme une opportunitĂ© : elle permet de couvrir diffĂ©rents aspects de rĂ©alitĂ©s organisationnelles complexes.
  • Dans la recherche en gestion, une posture pragmatique consiste parfois Ă  combiner des mĂ©thodes issues du positivisme et de l’interprĂ©tativisme.
  • Le positivisme traite la rĂ©alitĂ© comme quelque chose Ă  expliquer par des lois, tandis que l’interprĂ©tativisme traite la rĂ©alitĂ© comme quelque chose Ă  comprendre via le sens construit par les acteurs.
  • Le constructivisme met l’accent sur la co-construction de la rĂ©alitĂ© sociale avec les acteurs, plutĂŽt que sur la simple dĂ©couverte ou comprĂ©hension Ă  distance.

Astuce mémo

Positivisme = Lois ; Interprétativisme = Sens ; Constructivisme = Co-construction.

10. Positivisme : réalité unique et observation

Notions clés & Définitions

  • Positivisme : Courant Ă©pistĂ©mologique qui privilĂ©gie l’explication fondĂ©e sur l’observation et la recherche de causes, en supposant une rĂ©alitĂ© indĂ©pendante du sujet.
  • VĂ©rifiabilitĂ© : CritĂšre de validitĂ© selon lequel une proposition doit pouvoir ĂȘtre confrontĂ©e Ă  l’expĂ©rience pour ĂȘtre jugĂ©e vraie ou fausse.
  • RĂ©futabilitĂ© : CritĂšre de validitĂ© selon lequel une proposition doit pouvoir ĂȘtre mise Ă  l’épreuve par des observations susceptibles de la contredire.
  • ConfirmabilitĂ© : CritĂšre de validitĂ© selon lequel les rĂ©sultats doivent pouvoir ĂȘtre corroborĂ©s de façon intersubjective, indĂ©pendamment des prĂ©fĂ©rences du chercheur.
  • Explication causale : Type de connaissance qui cherche Ă  relier des phĂ©nomĂšnes par des relations de cause Ă  effet, pour rendre compte de leur survenue.

Points essentiels

  • Le positivisme privilĂ©gie la comprĂ©hension des faits en termes de causes, plutĂŽt qu’en termes de finalitĂ©s.
  • La connaissance est jugĂ©e par sa cohĂ©rence avec l’expĂ©rience du sujet et par son utilitĂ© (adĂ©quation, enseignabilitĂ©, vĂ©rifiabilitĂ©).
  • La production de connaissances vise Ă  expliquer comment elles sont engendrĂ©es, en s’appuyant sur des critĂšres de validitĂ©.
  • La dĂ©duction est associĂ©e Ă  une logique de probabilitĂ© (Carnap) tandis que la dĂ©marche de Popper met l’accent sur la corroboration.
  • La vĂ©rifiabilitĂ©, la confirmabilitĂ© et la rĂ©futabilitĂ© sont des critĂšres utilisĂ©s pour Ă©valuer la soliditĂ© des connaissances.
  • Le positivisme suppose une ontologie de la rĂ©alitĂ© objective, avec une indĂ©pendance du sujet et de l’objet.

Astuce mémo

Positivisme = Causes observables : on explique (pas on interprĂšte).

11. Interprétativisme et constructivisme : posture

Notions clés & Définitions

  • Recherche scientifique : La recherche scientifique est une dĂ©marche rationnelle et dynamique qui examine des phĂ©nomĂšnes et des problĂšmes afin d’augmenter la comprĂ©hension du rĂ©el.
  • Question de recherche : La question de recherche est le point de dĂ©part qui oriente toute la collecte et l’analyse des donnĂ©es.
  • FalsifiabilitĂ© : La falsifiabilitĂ© est la propriĂ©tĂ© d’une question ou d’une hypothĂšse de pouvoir ĂȘtre rĂ©futĂ©e par des rĂ©sultats observables.
  • Recherche fondamentale : La recherche fondamentale vise l’acquisition de nouvelles connaissances sur les fondements des phĂ©nomĂšnes, sans finalitĂ© d’application immĂ©diate.
  • Recherche appliquĂ©e : La recherche appliquĂ©e est orientĂ©e vers un objectif pratique, pour rĂ©soudre un problĂšme concret.

Points essentiels

  • La recherche suit un processus systĂ©matique de collecte et d’analyse d’informations (donnĂ©es) pour produire de nouvelles connaissances.
  • Une bonne question scientifique doit conduire Ă  des rĂ©ponses dĂ©montrables ou rĂ©futables et vĂ©rifiables.
  • Le chercheur doit ĂȘtre rationnel et logique dans ses dĂ©cisions, sans se laisser guider par des intĂ©rĂȘts personnels.
  • Le chercheur doit rester impartial, auto-critique et ouvert Ă  la critique des autres, tout en Ă©tant honnĂȘte (ex. ne pas manipuler les donnĂ©es).
  • La recherche ne doit pas s’incliner devant l’autoritĂ© et exige de la persĂ©vĂ©rance (patience).
  • Les fonctions de la recherche incluent dĂ©crire, expliquer, comprendre, contrĂŽler et prĂ©dire des faits, phĂ©nomĂšnes et conduites.

Astuce mémo

Question → RĂ©ponse testable : dĂ©montrable ou rĂ©futable (falsifiable).

12. Recherche scientifique et cadre de thĂšse

Notions clés & Définitions

  • Entretiens : DonnĂ©es de recherche issues de conversations dirigĂ©es, utilisĂ©es pour recueillir des informations auprĂšs des participants.
  • Observations : DonnĂ©es de recherche obtenues par le suivi direct de situations ou de comportements, sans s’appuyer sur des dĂ©clarations.
  • Recherche descriptive : Type de recherche oĂč le chercheur prĂ©sente l’état des faits tel qu’il existe, sans maĂźtriser les variables.
  • Recherche analytique : Type de recherche oĂč le chercheur exploite des faits pour en proposer une analyse critique et une Ă©valuation de la situation.
  • Cadre de rĂ©fĂ©rence conceptuel : Ensemble des connaissances et thĂ©ories liĂ©es au problĂšme Ă©tudiĂ©, construit Ă  partir de la revue de littĂ©rature.

Points essentiels

  • La distinction entre entrevues et observations repose sur les instruments de mesure utilisĂ©s pour produire les donnĂ©es.
  • La recherche descriptive dĂ©crit l’état de l’art tel qu’il se prĂ©sente, sans contrĂŽle des variables.
  • En recherche descriptive, le chercheur ne peut pas affirmer ce qui « aurait » pu se passer : il rapporte ce qui s’est passĂ© ou ce qui se passe.
  • La recherche analytique s’appuie sur des faits ou informations pour rĂ©aliser une analyse critique de la situation.
  • La recherche analytique peut prendre la forme d’une mĂ©ta-analyse.
  • La recherche conceptuelle vise la construction ou la rĂ©interprĂ©tation de concepts, tandis que la recherche empirique produit des conclusions vĂ©rifiables par observation ou expĂ©rience.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
dĂ©but du XXe siĂšcleApparition du terme « Ă©pistĂ©mologie » pour dĂ©signer l’étude des thĂ©ories de la connaissance
mai 1968(aucune occurrence dans le contenu source fourni)
14/04/2021Exemple COVID : le Danemark renonce dĂ©finitivement au vaccin d’AstraZeneca

Tableaux de synthĂšse

Valeur de la connaissance

Type de valeurCe que la connaissance apporteFinalité
ÉpistĂ©miqueDĂ©velopper la connaissance gĂ©nĂ©raleValeur pour la thĂ©orie
PragmatiqueServir la pratiqueValeur pour l’action

Paradigmes en sciences de gestion

ParadigmeObjectifRéalité
PositivismeExpliquer la réalitéUne seule et unique réalité, indépendante du sujet
InterprétativismeComprendre les significationsRéalité apprise à travers les interprétations des acteurs
ConstructivismeConstruire la réalitéRéalité déduite/construite, dépendante des interprétations

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre « connaissance » et « opinion vraie » : la connaissance exige des raisons et une visée de validité, pas seulement une croyance correcte.
  2. Croire que la vérité scientifique est définitive : le cours insiste sur le caractÚre conventionnel, artificiel et provisoire, lié à un consensus.
  3. MĂ©langer falsifiabilitĂ©/falsification et vĂ©rifiabilitĂ© : selon Popper, la scientificitĂ© dĂ©pend de la possibilitĂ© de rĂ©futer, pas d’une vĂ©rification impossible.
  4. Prendre « positivisme » pour « uniquement quantitatif » : le cours relie surtout positivisme Ă  l’explication causale, Ă  l’observation/expĂ©rience et Ă  une rĂ©alitĂ© unique.
  5. Inverser les logiques d’infĂ©rence : dĂ©duction = du gĂ©nĂ©ral au certain, induction = du particulier au probable, abduction = explication plausible.
  6. Oublier le rÎle du questionnement épistémologique : il ne sert pas seulement à choisir une méthode, il doit rendre cohérents objectif, stratégie, méthodes et conception de la connaissance.
  7. Confondre posture/positionnement : la posture indique le paradigme dans lequel s’inscrivent les choix thĂ©oriques et mĂ©thodologiques, pas seulement une prĂ©fĂ©rence personnelle.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’épistĂ©mologie et expliquer son lien avec la philosophie des sciences, puis citer l’idĂ©e d’« Ă©tude de la constitution des connaissances valables ».
  2. PrĂ©senter les trois interrogations Ă©pistĂ©mologiques (nature de la connaissance, mode d’élaboration, valeur attendue) et relier la valeur Ă©pistĂ©mique vs pragmatique.
  3. Expliquer les sens de « connaĂźtre » (ĂȘtre informĂ©, identifier comme rĂ©el, dĂ©crire visible et moins visible, questionner) et distinguer « connaĂźtre » de « savoir ».
  4. DĂ©finir la vĂ©ritĂ© comme adĂ©quation esprit ↔ chose et rappeler les caractĂšres de la connaissance (universalitĂ©, nĂ©cessitĂ©) ainsi que la diffĂ©rence connaissance/opinion.
  5. Expliquer pourquoi les fake news scientifiques sont liĂ©es Ă  l’absence de reproductibilitĂ© et relier reproductibilitĂ© Ă  la limitation des fausses connaissances.
  6. Définir vérité scientifique et caractÚre conventionnel, puis décrire le rÎle des paradigmes épistémologiques et de la posture de recherche dans la validation/discussion.
  7. Distinguer posture/positionnement/paradigme et donner l’exemple d’une approche centrĂ©e sur l’interprĂ©tation (hermĂ©neutique) et d’un courant fondĂ© sur la raison (rationalisme).
  8. DĂ©crire le rationalisme dĂ©ductif et l’approche hypothĂ©tico-dĂ©ductive (top-down, hypothĂšses, dĂ©duction, non-rĂ©futation) et relier l’expĂ©rience Ă  la validitĂ©.
  9. DĂ©crire l’empirisme/induction holistico-inductive (bottom-up, observations multiples, holistique) et rappeler la logique de Popper (falsification).
  10. Expliquer les inférences : déduction, induction, abduction, et relier le constructivisme à une réalité déduite/interprétée dépendante du questionnement.
  11. Comparer positivisme, interprétativisme et constructivisme : objectif, statut de la réalité, interdépendance sujet/objet, et méthodologies privilégiées (quantitatives vs qualitatives).
  12. Définir la recherche scientifique (processus dynamique, collecte/analyse de données) et maßtriser la typologie : fondamentale/appliquée, qualitative/quantitative, descriptive/analytique, conceptuelle/empirique, ainsi que

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1. Quelles interrogations l’épistĂ©mologie fait-elle guider le chercheur Ă  formuler ?

2. Que désigne le terme « savoir » ?

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Memorize the key concepts of Introduction aux Fondements de la Connaissance Scientifique with 24 interactive flashcards.

ÉpistĂ©mologie — dĂ©finition ?

Étude de la constitution et la validation des connaissances.

Connaissance valable — rîle ?

Justifier et accepter dans un cadre méthodologique.

Valeur Ă©pistĂ©mique — sens ?

Apport à la connaissance générale.

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