📋 Plan du Cours
- Institutionnalisation de la société internationale
- États et sujets originaires du droit international public
- Société relationnelle et système institutionnel
- Buts et principes de la Charte des Nations Unies
- Assemblée générale des Nations Unies
- Conseil de sécurité : composition, pouvoirs et vote
- Procédure du Conseil de sécurité et veto
- Opérations de maintien de la paix : origines et fonctionnement
- Secrétariat général de l’ONU et rôle du Secrétaire général
- Cour internationale de Justice : compétence et saisine
- Droit primaire et droit dérivé de l’Union européenne
- Règlements et directives de l’Union européenne
📖 1. Institutionnalisation de la société internationale
🔑 Notions clés & Définitions
- Institution : Une institution désigne soit l’acte d’établir quelque chose, soit l’ensemble créé pour organiser la vie collective, et non un organe isolé comme un Parlement.
- Ordre juridique international : Un ordre juridique international est un système structuré de règles qui régit l’existence et le fonctionnement d’une communauté humaine.
- Droit relationnel : Le droit relationnel organise des coopérations entre États par des engagements ponctuels, généralement exprimés dans des traités ou accords.
- Droit institutionnel : Le droit institutionnel repose sur des organisations et structures permanentes qui assurent une régulation plus centralisée et des normes au-delà de la simple relation entre États.
- Droit international public : Le droit international public est l’ensemble des règles qui régissent les rapports entre États, qui restent souverains et décident de leurs obligations.
📝 Points essentiels
- En droit français, « institution » est l’équivalent d’« organisation » (ex. ONU) et ne renvoie pas à la notion d’organe (Parlement, Conseil, etc.).
- Le droit relationnel correspond à des règles occasionnelles : les États fixent au cas par cas les engagements nécessaires à leurs relations.
- Le droit institutionnel suppose un intérêt commun et une discipline minimale entre États, avec contrôle et sanctions par les institutions.
- Le droit international est présenté comme un droit entre États : les États ne reconnaissent aucune autorité supérieure et édictent les règles par accord.
- Les États restent maîtres de l’étendue de l’obligation qu’ils acceptent et des conditions d’exécution.
- « International » n’est pas synonyme d’« universel » : les règles s’appliquent aux sujets du droit international, principalement les États, qui peuvent s’engager puis se désengager selon leur souveraineté.
💡 Astuce mémo
Relationnel = « accords au besoin » ; Institutionnel = « structures permanentes + contrôle ».
📖 2. États et sujets originaires du droit international public
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit international public : Droit international public : ensemble des règles qui coordonnent les États entre eux sans autorité supérieure commune.
- Souveraineté : Souveraineté : pouvoir propre d’un État qui lui permet d’apprécier ses obligations et de rester maître de leur exécution.
- Sujet de droit international : Sujet de droit international : entité à laquelle s’appliquent des droits et des obligations en droit international.
- Entité politique : Entité politique : organisation de pouvoir qui n’est pas forcément un État, car elle peut manquer de souveraineté.
- Société internationale : Société internationale : ensemble des relations entre entités politiques, dont l’organisation a évolué au fil de l’histoire.
📝 Points essentiels
- Dans le droit interne, les sujets sont subordonnés à un pouvoir qui édicte la loi, tandis que dans le droit international les États se coordonnent par accords.
- Les sujets originaires du droit international sont les États : ils peuvent choisir d’adhérer aux traités et peuvent s’en désengager car ils restent souverains.
- Le droit international public est présenté comme un droit de coordination visant la coopération, sans superposition d’une autorité au-dessus des États.
- La règle internationale n’est pas forcément comprise de la même façon par tous, ce qui rend la paix plus fragile.
- La souveraineté constitue un obstacle majeur à toute primauté automatique du droit international sur les États.
- Une entité politique n’est pas nécessairement un État : elle peut exister sans souveraineté (exemple cité : Taïwan).
💡 Astuce mémo
Coordination sans chef : DIP = États qui s’accordent, chacun reste maître (souveraineté).
📖 3. Société relationnelle et système institutionnel
🔑 Notions clés & Définitions
- Société des nations : Organisation internationale permanente créée pour organiser la paix et la sécurité collective à l’échelle internationale.
- Idéalisme wilsonien : Courant qui cherche la paix et la sécurité internationales via des mécanismes institutionnels, sans intégrer suffisamment les jeux de puissance.
- Réalisme politique : Approche qui explique la sécurité internationale par les intérêts nationaux et les rapports de puissance plutôt que par des mécanismes institutionnels.
- Organisation internationale : Entité interétatique dotée de la personnalité morale, créée par un acte constitutif, avec une volonté propre et des structures permanentes pour une fin commune.
- Principe de spécialité : Idée selon laquelle une organisation internationale n’a pas de compétence générale, mais des compétences d’attribution limitées par sa charte constitutive.
📝 Points essentiels
- La SDN est établie par le traité de Versailles et se voulait universelle, regroupant des États souverains.
- La SDN est la première organisation internationale permanente chargée de la paix et de la sécurité collective.
- La critique majeure de l’idéalisme wilsonien vise l’absence de prise en compte des intérêts nationaux et des jeux de puissance.
- La signature et la ratification sont deux étapes distinctes : la signature n’engage pas l’État, la ratification par le Parlement conditionne l’adhésion.
- Les États-Unis n’ont pas ratifié le traité de Versailles, ce qui a empêché leur adhésion à la SDN.
- À partir des années 1934, la SDN compte environ une soixantaine de membres, puis plusieurs États la quittent (Allemagne, Brésil, Japon, Italie, URSS).
💡 Astuce mémo
SDN = Versailles + ratification (Parlement) ; Wilson = institutions sans puissance ; Réalisme = puissance + intérêts.
📖 4. Buts et principes de la Charte des Nations Unies
🔑 Notions clés & Définitions
- Charte des Nations Unies : La Charte est l’instrument constitutif de l’ONU qui fixe ses organes, ses procédures et les droits et obligations des États membres.
- Article 1 : L’article 1 énonce les buts principaux de l’ONU, centrés sur le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
- Article 2 : L’article 2 formule les principes de l’ONU, notamment l’interdiction du recours à la force pour régler les différends.
- Interdiction du recours à la force : Le principe interdit d’utiliser la force pour résoudre un litige, ce qui revient à interdire la guerre comme moyen de règlement.
- Article 4 : L’article 4 encadre l’admission d’un nouvel État membre à l’ONU et précise les conditions et la procédure décisionnelle.
📝 Points essentiels
- La Charte est signée le 26 juin 1945 et entre en vigueur le 24 octobre 1945.
- L’ONU n’a pas une compétence générale : elle agit seulement dans les domaines que les États lui attribuent par la Charte.
- Les buts principaux de l’ONU sont le maintien de la paix et de la sécurité internationales, via la coopération internationale.
- L’interdiction du recours à la force pour régler des litiges est codifiée à partir de 1945, même si l’idée existait déjà avant.
- Le principe admet une exception dans des cas très particuliers liés à l’intérêt commun, avec une logique de conduite de la guerre par l’ONU.
- L’admission d’un nouvel État se fait par décision de l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité, après acceptation des obligations de la Charte et appréciation de la capacité à les remplir.
💡 Astuce mémo
Art.1 = Paix/Sécurité ; Art.2 = Force interdite ; Art.4 = Admission via AG + recommandation CS.
📖 5. Assemblée générale des Nations Unies
🔑 Notions clés & Définitions
- Assemblée générale : Organe plénier de l’ONU qui regroupe l’ensemble des États membres et sert de forum de discussion et de représentation.
- Organe plénier : Catégorie d’organe où tous les États membres participent, par opposition aux organes restreints à composition limitée.
- Résolution de l’Assemblée générale : Acte adopté par l’Assemblée générale, qui n’est pas une décision au sens strict mais peut avoir un poids politique renforcé.
- Consensus à l’Assemblée générale : Mode d’adoption privilégié à l’Assemblée générale quand les États s’accordent sans vote formel, pour donner plus d’autorité aux textes.
- Admission d’un État à l’ONU : Procédure prévue par la Charte pour intégrer un nouvel État, fondée sur des conditions et une décision de l’Assemblée générale.
📝 Points essentiels
- L’art. 4 de la Charte prévoit que l’admission d’un nouvel État se fait par décision de l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.
- Les conditions de l’art. 4 sont d’accepter les obligations de la Charte et d’être jugé capable de les remplir, avec la disposition à le faire.
- L’Assemblée générale regroupe tous les États membres et fonctionne comme organe plénier, tandis que le Conseil de sécurité est un organe restreint.
- Les résolutions de l’Assemblée générale ne sont pas des décisions juridiquement contraignantes, mais elles peuvent être prises par consensus pour accroître leur autorité.
- Les votes suivent des majorités différentes : la majorité des 2/3 pour certaines questions importantes (paix et sécurité, admission de nouveaux membres, questions budgétaires) et la majorité simple pour les autres sujets
- L’Assemblée générale joue un rôle de codification du droit international en transformant des normes coutumières existantes en règles formulées, par exemple sur l’interdiction du recours à la force.
💡 Astuce mémo
AG = « Tous parlent » : organe plénier, résolutions souvent par consensus, majorités 2/3 pour sujets clés (paix, admission, budget).
📖 6. Conseil de sécurité : composition, pouvoirs et vote
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil de sécurité : Organe des Nations Unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, avec une responsabilité principale reconnue par la Charte.
- Membres permanents : États membres désignés nommément par la Charte, disposant d’un rôle central dans les décisions du Conseil de sécurité.
- Membres non permanents : États élus par l’Assemblée générale pour une durée limitée, afin d’assurer une représentation plus large au Conseil de sécurité.
- Droit de veto : Mécanisme lié aux voix des membres permanents, permettant de bloquer l’adoption de certaines décisions du Conseil de sécurité.
- Chapitre VII de la Charte : Ensemble de dispositions sur les mesures en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix ou d’acte d’agression.
📝 Points essentiels
- Le Conseil de sécurité compte 15 membres : 5 permanents et 10 non permanents.
- Les membres non permanents sont élus pour 2 ans, avec une règle de transition lors de la première élection après passage à 15 membres.
- Les membres sortants ne sont pas immédiatement rééligibles.
- Le Conseil de sécurité agit au nom des États membres pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
- Les décisions du Conseil de sécurité doivent être acceptées et appliquées par les membres de l’Organisation conformément à la Charte.
- Chaque membre du Conseil de sécurité a une voix et les décisions de procédure exigent 9 voix affirmatives sur 15.
💡 Astuce mémo
15 = 5 permanents + 10 élus ; Procédure = 9 voix ; Fond = 9 dont les 5 permanents (veto).
📖 7. Procédure du Conseil de sécurité et veto
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 41 Charte ONU : Mesure du Conseil de sécurité qui permet d’imposer des actions sans recours à la force armée pour faire exécuter ses décisions.
- Article 42 Charte ONU : Pouvoir du Conseil de sécurité d’autoriser une action militaire si les mesures de l’article 41 sont jugées inadéquates ou insuffisantes.
- Article 51 Charte ONU : Reconnaissance du droit naturel de légitime défense individuelle ou collective en cas d’agression armée, jusqu’à l’action du Conseil de sécurité.
- Légitime défense collective : Forme de légitime défense où un État invoque l’aide d’autres États après une agression armée visant un membre de l’ONU.
- Principe de spécialité : Principe selon lequel une organisation internationale n’exerce que les compétences que les États lui ont attribuées par traité.
📝 Points essentiels
- Le Conseil de sécurité peut tenir compte de la non-exécution des mesures provisoires qu’il a ordonnées.
- Article 41 : les mesures possibles incluent notamment l’interruption des relations économiques et de plusieurs types de communications, ainsi que la rupture des relations diplomatiques.
- Article 42 : l’action peut être menée par des forces aériennes, navales ou terrestres et comprendre des démonstrations et des mesures de blocus.
- L’ONU ne dispose pas d’une armée propre : l’usage de la force passe par des contingents fournis par les États membres, dans le cadre autorisé par le Conseil.
- Le Conseil de sécurité constitue une exception légale et légitime au non-recours à la force : c’est lui qui décide et qui agit au nom de l’ONU.
- Article 51 : les mesures de légitime défense prises par les États doivent être immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité, sans affecter son pouvoir d’agir à tout moment.
💡 Astuce mémo
41 = sans force (pressions économiques/communications/diplomatie) ; 42 = avec force (action militaire) ; 51 = riposte en cas d’agression jusqu’à l’action du Conseil.
📖 8. Opérations de maintien de la paix : origines et fonctionnement
🔑 Notions clés & Définitions
- Cour internationale de Justice : La Cour internationale de Justice est l’organe judiciaire principal de l’ONU chargé de trancher certains différends et de rendre des avis consultatifs.
- Juge ad hoc : Le juge ad hoc est un juge désigné pour une affaire précise quand aucune partie n’a un juge de sa nationalité au sein de la Cour.
- Fonction contentieuse : La fonction contentieuse correspond au règlement par la Cour des différends d’ordre juridique soumis par des États.
- Fonction consultative : La fonction consultative désigne la capacité de la Cour à donner des avis juridiques à la demande d’organes et d’institutions spécialisées autorisés de l’ONU.
- Article 94 de la Charte de l’ONU : L’article 94 encadre l’obligation de se conformer aux arrêts de la Cour et le recours possible au Conseil de sécurité en cas de non-exécution.
📝 Points essentiels
- La Cour compte 15 juges élus pour 9 ans, rééligibles, sans représentation des États d’origine et avec exigence d’impartialité.
- Les juges sont élus par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, avec majorité absolue dans chacun des deux organes, ce qui peut exiger plusieurs scrutins.
- La Cour se choisit elle-même un président et un vice-président une fois les juges élus.
- La Cour ne peut pas se saisir d’office d’un litige et ne peut pas enquêter ou statuer librement sur les agissements des États souverains.
- Les États doivent consentir à soumettre le différend à la CIJ, car le consentement conditionne la compétence de la Cour.
- Un différend d’ordre juridique vise des questions juridiques, par opposition aux différends de nature politique, ce qui limite le champ d’action de la Cour dans l’ONU.
💡 Astuce mémo
Consentement + pas d’office : la CIJ ne démarre que si les États acceptent, et elle ne se lance pas seule.
📖 9. Secrétariat général de l’ONU et rôle du Secrétaire général
🔑 Notions clés & Définitions
- Secrétariat du Conseil de l’Europe : Le secrétariat est l’organe d’appui qui assiste les organes principaux du Conseil de l’Europe dans leurs activités.
- Secrétaire général du Conseil de l’Europe : Le secrétaire général dirige et coordonne les activités de l’organisation, en plus d’être élu pour un mandat déterminé.
- Comité des Ministres : Le Comité des Ministres est l’organe décisionnel du Conseil de l’Europe, composé de représentants des États membres.
- Assemblée parlementaire : L’Assemblée parlementaire est l’assemblée consultative du Conseil de l’Europe, composée de délégations des parlements des États membres.
- Convention européenne des droits de l’Homme : La Convention européenne des droits de l’Homme est le traité qui énonce les droits garantis et fonde le contrôle par la Cour européenne des droits de l’Homme.
📝 Points essentiels
- Le Conseil de l’Europe comprend un Comité des Ministres et une Assemblée consultative (parlementaire), assistés par un secrétariat.
- Le Comité des Ministres est composé des ministres des Affaires étrangères des États membres et se réunit une fois par an au niveau ministériel.
- Le Comité des Ministres se réunit aussi une fois par semaine au niveau des délégués permanents.
- L’Assemblée parlementaire est composée de délégations des parlements des 46 États membres, avec une taille variable selon l’État.
- L’Assemblée parlementaire élit les juges de la CEDH, le secrétaire général et le commissaire aux droits de l’Homme.
- Le secrétaire général est élu pour 5 ans par l’Assemblée parlementaire, et Alain Berset est cité comme secrétaire général élu.
💡 Astuce mémo
Comité = Ministres (décide), Assemblée = Parlementaires (élit), Secrétariat = soutien, Secrétaire général = coordination.
📖 10. Cour internationale de Justice : compétence et saisine
🔑 Notions clés & Définitions
- Cour internationale de Justice : Juridiction principale des Nations Unies chargée de trancher des différends entre États et de donner des avis juridiques.
- Compétence de la CIJ : Ensemble des cas dans lesquels la CIJ peut connaître d’un litige ou d’une demande, selon les conditions prévues par le droit applicable.
- Saisine de la CIJ : Acte par lequel une demande est portée devant la CIJ, afin qu’elle examine le différend ou la question juridique.
- Accord des États : Base de consentement permettant à la CIJ d’exercer sa compétence dans un différend entre États.
📝 Points essentiels
- La CIJ ne peut juger un différend entre États que si les États concernés ont accepté sa compétence, ce qui conditionne sa compétence.
- La saisine correspond au dépôt d’une demande devant la CIJ, qui déclenche l’examen par la Cour.
- La compétence de la CIJ dépend du type de demande et du cadre juridique invoqué par les parties.
- En pratique, l’accord préalable des États est déterminant pour que la CIJ puisse être valablement saisie.
- La CIJ peut aussi être sollicitée pour des questions juridiques, mais uniquement dans les conditions prévues par le droit applicable.
💡 Astuce mémo
Accord → Compétence → Saisine : sans consentement des États, la CIJ ne peut pas juger.
📖 11. Droit primaire et droit dérivé de l’Union européenne
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit primaire de l’UE : Ensemble des règles issues des traités qui instituent l’Union et des traités d’adhésion, créés directement par les États membres.
- Droit dérivé de l’UE : Ensemble des normes produites par les institutions de l’UE pour mettre en œuvre les compétences prévues par les traités.
- Ordre juridique européen : Notion désignant l’ensemble cohérent des règles applicables dans l’espace de l’UE, au sens où elles forment un système.
- Actes législatifs : Catégorie d’actes adoptés dans le cadre de la procédure législative de l’UE, visée par l’article 289 TFUE.
- Règlement de l’UE : Acte dérivé à portée générale, obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans chaque État membre.
📝 Points essentiels
- Le droit de l’UE est aussi appelé « droit communautaire » (terme lié à la CEE), mais le Conseil de l’Europe n’est pas une source de ce droit.
- Le droit de l’UE est du « droit européen », mais « droit européen » regroupe plusieurs organisations, donc l’expression est large.
- Les traités fondateurs cités comme sources du droit primaire sont Maastricht, Amsterdam, Nice et Lisbonne, plus les traités d’adhésion.
- La création du droit dérivé est un processus progressif et continu qui donne vie et complète le droit primaire.
- Le droit dérivé comprend des actes législatifs, des actes non législatifs (simples, délégués, d’exécution), des actes non contraignants (avis, recommandations) et des actes non juridiques (résolutions, communications, «
- programmes d’action
📖 12. Règlements et directives de l’Union européenne
🔑 Notions clés & Définitions
- Règlement de l’UE : Acte de l’Union directement applicable, créant des droits et obligations pour les particuliers sans transposition nationale.
- Applicabilité directe : Caractéristique du droit de l’UE permettant son application immédiate dans les États membres, sans mesure de transposition.
- Directive de l’UE : Acte qui lie l’État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant le choix des moyens et de la forme.
- Effet direct du droit de l’UE : Principe selon lequel certaines normes de l’UE peuvent être invoquées par des particuliers devant les juridictions nationales.
- Primauté du droit de l’UE : Principe imposant la supériorité du droit de l’UE sur toute norme nationale en cas de conflit.
📝 Points essentiels
- Un règlement s’applique directement aux États membres sans devoir être transposé dans le droit national.
- Un règlement peut créer des droits et obligations pour les particuliers, qui peuvent l’invoquer devant les juridictions nationales.
- Une directive lie l’État membre destinataire sur le résultat à atteindre, mais laisse le choix de la forme et des moyens.
- L’applicabilité directe et l’effet direct permettent aux justiciables d’utiliser certaines normes de l’UE dans un litige national.
- Dans Van Gend & Loos (1962), la CJUE reconnaît l’effet direct des dispositions du traité CEE au profit des particuliers.
- Dans Costa c. Enel (1964), la CJUE affirme que le droit de l’UE ne peut être écarté par un texte interne ultérieur incompatible, consacrant la primauté.
💡 Astuce mémo
Règlement = « entre sans passeport » (directement applicable) ; Directive = « objectif à atteindre » (moyens laissés).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1648 | Traités de Westphalie signés en 1648, fin de la guerre de 30 ans et validation de principes des relations entre puissances européennes |
| 26 juin 1945 | Signature de la Charte des Nations Unies |
| 24 octobre 1945 | Entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies |
| 1950 | Déclaration Schuman (proposition de création de la CECA) |
📊 Tableaux de synthèse
Relationnel vs institutionnel (René-Jean Dupuy)
| Catégorie | Caractère des règles | Logique |
|---|
| Droit relationnel | Règles occasionnelles, établies au fur et à mesure des besoins | Collaboration entre États via traités/accords, États souverains et négocient entre eux |
| Droit institutionnel | Règles fondées sur un intérêt commun, avec institutions permanentes et contrôle/sanctions | Regroupement des États, régulation plus centralisée et normes dépassant la simple relation entre États |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre « institution » avec un organe : en droit français, institution = organisation (ex. ONU), pas un Parlement.
- Croire que « international » signifie « universel » : le cours insiste que les règles s’appliquent aux sujets du DIP, principalement les États, qui peuvent s’engager puis se désengager.
- Penser que la CIJ peut se saisir d’office : le cours rappelle qu’elle ne peut pas se saisir d’office et que le consentement des États conditionne sa compétence.
- Mélanger signature et ratification de la Charte/traités : la signature n’engage pas l’État, la ratification engage l’État (avec intervention du Parlement).
- Croire que l’ONU a une compétence générale : le cours dit qu’elle n’agit que dans les domaines attribués par la Charte (compétences d’attribution).
- Inverser règlement et directive : le règlement est directement applicable, la directive lie l’État sur le résultat à atteindre en laissant le choix des moyens.
- Penser que le Conseil de sécurité décide sans tenir compte des membres permanents : pour les décisions sur les questions non procédurales, il faut 9 voix dont celles des membres permanents (droit de veto).
✅ Checklist Examen
- Définir « institution » et expliquer pourquoi ce n’est pas un organe isolé (ex. Parlement).
- Expliquer la différence DIP : droit relationnel (occasionnel, traités/accords) vs droit institutionnel (permanent, intérêt commun, contrôle/sanctions).
- Présenter les sujets originaires du DIP (États) et justifier le rôle de la souveraineté (coordination sans autorité supérieure).
- Décrire la SDN : fondée par le traité de Versailles, ratification nécessaire pour l’adhésion, et rappeler l’idée de paix/sécurité collective et ses limites (idéalisme wilsonien).
- Exposer les buts et principes de la Charte : Art.1 (maintien paix/sécurité), Art.2 (interdiction du recours à la force pour régler des litiges), et Art.4 (admission).
- Décrire la procédure d’admission à l’ONU : conditions (obligations Charte + capacité à les remplir) et procédure (AG sur recommandation du Conseil de sécurité).
- Maîtriser la composition et le vote du Conseil de sécurité : 15 membres (5 permanents + 10 non permanents), durée des non permanents, et règle de vote (9 voix, dont les permanents pour les décisions non procédurales).
- Expliquer la gradation des mesures du Chapitre VII : Art.39 (constat/qualification), Art.40 (mesures provisoires), Art.41 (sans force armée), Art.42 (avec force armée).
- Expliquer l’exception à l’interdiction du recours à la force : Art.51 (légitime défense jusqu’à l’action du Conseil) et l’obligation d’informer immédiatement le Conseil.
- Décrire les opérations de maintien de la paix : origine (innovation attribuée à Dag Hammarskjöld en 1956 lors de la crise de Suez), décision (Conseil), mise en place (Secrétaire général), et exigence d’accord du pays hô;
- Présenter la CIJ : fonctions contentieuse/consultative, absence de saisine d’office, consentement des États, composition (15 juges) et exécution des arrêts (Art.94).
- Expliquer l’UE et son droit : distinction droit primaire/dérivé, règlement (directement applicable) vs directive (résultat à atteindre), et les deux principes CJUE (Van Gend & Loos : effet direct ; Costa c. Enel : primat
- Décrire le Conseil de l’Europe et la CEDH : création (1950 Convention, 1959 Cour), siège à Strasbourg, compétence sur requêtes individuelles/interétatiques, et rôle du Comité des Ministres dans l’exécution des arrêts.
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