📋 Plan du Cours
- Après-guerre et naissance de l’intégration européenne
- Nature juridique de l’Union européenne
- CECA, Euratom et CEE dans l’intégration économique
- Traités de Rome et acte unique européen
- Objectifs de l’Union et espace de liberté sécurité justice
- Valeurs et droits fondamentaux dans l’Union
- Structure du TUE et répartition des compétences
- Autonomie et équivalence des traités fondateurs
- Institutions primaires et triangle institutionnel
- Procédure législative ordinaire et trilogue
- Sources du droit de l’Union et hiérarchie
- Recours en annulation et conditions de recevabilité
📖 1. Après-guerre et naissance de l’intégration européenne
🔑 Notions clés & Définitions
- CECA : La CECA est une organisation européenne de coopération économique créée après la Seconde Guerre mondiale pour encadrer un secteur stratégique.
- Euratom : Euratom est une organisation européenne centrée sur l’énergie nucléaire, mise en place pour organiser et développer ce domaine à l’échelle européenne.
- CEE : La CEE est la Communauté économique européenne, conçue pour construire un marché commun et rapprocher les économies des États membres.
- Acte unique européen : L’Acte unique européen est un traité qui relance et renforce l’intégration, notamment en visant l’achèvement du marché intérieur.
- Traité de Maastricht : Le traité de Maastricht est le traité qui crée l’Union européenne et marque une étape majeure dans l’évolution institutionnelle.
📝 Points essentiels
- Après la Seconde Guerre mondiale, l’intégration européenne démarre par une logique d’intégration économique progressive.
- La construction passe par des entités sectorielles puis par une communauté économique plus large, avant l’unification institutionnelle.
- La CECA, Euratom et la CEE constituent le socle des premières grandes étapes d’intégration économique.
- L’Acte unique européen vise à consolider l’intégration en accélérant la réalisation d’objectifs économiques communs.
- La création de l’Union européenne intervient avec le traité de Maastricht, qui transforme le cadre de l’intégration.
- L’évolution se poursuit ensuite avec des traités ultérieurs (Amsterdam, constitutionnel, Lisbonne) qui réforment et structurent davantage l’UE.
💡 Astuce mémo
CECA–Euratom–CEE : 3 briques d’après-guerre, puis AUE pour accélérer, puis Maastricht pour “passer à l’UE”.
📖 2. Nature juridique de l’Union européenne
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation internationale sui generis : L’Union européenne est une entité politique post-nationale, ni État ni organisation internationale classique, qualifiée de sui generis.
- Personnalité juridique de l’UE : La personnalité juridique de l’UE est reconnue mais présentée comme limitée et relative, avec une proximité fonctionnelle avec un État plutôt qu’avec une OI.
- Autonomie juridique de l’UE : L’UE dispose d’un ordre juridique propre, distinct de celui des États, qui est pris en charge par ses institutions et ses traités.
- Sujets de droit de l’UE : Les sujets du droit de l’Union sont principalement les États membres et les citoyens, contrairement au schéma typique des organisations internationales.
- Constitutionnalisation matérielle : Le droit de l’UE prend une forme constitutionnelle au sens matériel, même si les traités restent formellement des traités internationaux.
📝 Points essentiels
- L’UE n’est pas une organisation internationale classique : elle fonctionne sur la base de traités mais avec un mode d’intégration et de prise en charge propre.
- L’UE est décrite comme ayant une personnalité juridique plus poussée que celle d’une OI, avec une autonomie juridique assurée par ses institutions.
- L’identification entre la personne et l’Union est mise en avant : les citoyens sont des sujets du droit de l’UE, pas seulement les États.
- L’ordre juridique européen devient autonome grâce à l’effet direct, la majorité qualifiée, la primauté du droit de l’UE et l’action juridictionnelle de la CJUE.
- La constitutionnalisation est dite progressive : les traités restent internationaux, mais leur contenu et leur fonctionnement sont de type constitutionnel.
- La CJUE insiste sur l’idée que, malgré la forme d’accord international, le traité CEE constitue la charte constitutionnelle d’une communauté de droit.
💡 Astuce mémo
Sui generis = ni État ni OI ; Constitution matérielle = traités internationaux mais effet constitutionnel (direct + primauté + CJUE).
📖 3. CECA, Euratom et CEE dans l’intégration économique
🔑 Notions clés & Définitions
- CECA : Communauté européenne du charbon et de l’acier, créée en 1951 pour organiser un secteur clé de l’économie et dissoute en 2002.
- Euratom : Communauté européenne de l’énergie atomique, créée en 1958, dont le champ d’application est resté très limité et qui subsiste via le traité Euratom.
- CEE : Communauté économique européenne, créée en 1957, chargée de structurer l’intégration économique et devenue le socle de l’Union après l’évolution institutionnelle.
- Fusion des exécutifs : Mécanisme de 1965 qui réunit les exécutifs des trois Communautés européennes afin de rationaliser leur fonctionnement.
- Communautarisation : Transfert de domaines initialement couverts par d’autres cadres vers le droit et les politiques relevant des Communautés, notamment via Amsterdam et Nice.
📝 Points essentiels
- La CECA est créée en 1951 et disparaît en 2002, ce qui marque la fin du premier pilier communautaire lié au charbon et à l’acier.
- L’Euratom est créée en 1958 par traité et conserve un champ d’application plus restreint que les autres Communautés, même après l’évolution vers l’UE.
- La CEE est créée en 1957 et devient un pilier central de l’intégration économique avant la suppression du système des piliers.
- En 1965, la fusion des exécutifs fait converger le fonctionnement des trois Communautés (CECA, Euratom, CEE) vers une gestion plus unifiée.
- Avant 2002, il existe trois Communautés distinctes chacune régie par son traité, puis l’UE conserve un cadre unique après la suppression du système des piliers en 2009.
- Les domaines couverts à l’origine par les « deuxième et troisième piliers » sont ensuite communautarisés par les traités d’Amsterdam et de Nice, ce qui élargit le champ du droit « communautaire ».
💡 Astuce mémo
CECA (1951) → fin 2002 ; Euratom (1958) = champ réduit ; CEE (1957) = moteur économique ; 1965 fusion des exécutifs = 3 exécutifs → 1 fonctionnement.
📖 4. Traités de Rome et acte unique européen
🔑 Notions clés & Définitions
- Procédure de révision simplifiée : Procédure de modification des traités permettant d’adopter certaines révisions selon un mécanisme allégé, sous conditions strictes.
- Clause passerelle générale : Mécanisme des traités permettant au Conseil européen de faire évoluer le mode de décision vers la majorité qualifiée dans un domaine déterminé, avec garanties procédurales.
- Clause passerelle spécifique : Mécanisme des traités permettant, dans un domaine précis, de basculer vers un autre mode décisionnel sans réviser tout le traité.
- Procédures spéciales de révision : Procédures prévues par les traités pour réviser certains éléments ciblés du droit de l’Union, selon des règles particulières.
- Coopérations renforcées : Mécanisme permettant à un groupe d’États membres d’avancer ensemble dans certains domaines, dans le cadre du droit de l’Union.
📝 Points essentiels
- La CJUE vérifie que les modifications via une procédure simplifiée ne touchent que la troisième partie du TFUE et n’affectent pas d’autres parties du traité.
- La CJUE contrôle aussi que ces modifications n’augmentent pas les compétences attribuées à l’Union.
- L’article 48, paragraphe 7 TUE prévoit une clause passerelle générale : décision du Conseil européen à l’unanimité après consultation du Parlement, avec droit de véto des parlements nationaux pendant six mois.
- Les clauses passerelles permettent de modifier des règles procédurales ou des modes décisionnels uniquement dans des domaines strictement encadrés par les traités.
- Exemples de clauses passerelles spécifiques : environnement (art. 192, par. 2 TFUE), matière sociale (art. 153, par. 2 TFUE) et PESC (art. 31, par. 3 TFUE).
- Lors de l’usage de clauses passerelles spécifiques, les parlements nationaux n’ont pas de droit de véto, sauf pour la coopération judiciaire en droit de la famille.
💡 Astuce mémo
Passerelle = bascule de mode de décision : générale = unanimité + Parlement consulté + véto national 6 mois ; spécifique = pas de véto (sauf droit de la famille).
📖 5. Objectifs de l’Union et espace de liberté sécurité justice
🔑 Notions clés & Définitions
- Objectifs de l’Union : En droit de l’UE, ce sont les finalités fixées par les traités qui orientent l’action de l’Union et ses politiques.
- Espace de liberté sécurité justice : En droit de l’UE, c’est l’ensemble des objectifs visant à garantir aux citoyens un espace où la liberté est protégée par la sécurité et la justice intérieure.
- Marché intérieur : En droit de l’UE, c’est l’objectif central de construction économique visant l’intégration des activités économiques au sein de l’Union.
- Union économique et monétaire : En droit de l’UE, c’est le cadre des politiques monétaires et économiques qui organise la politique monétaire de l’Union.
- Espace Schengen : En droit de l’UE, c’est le modèle d’ouverture interne des frontières accompagné de contrôles renforcés aux frontières extérieures.
📝 Points essentiels
- L’art. 3 TUE fixe les objectifs de l’Union, dont un volet économique et des objectifs plus généraux.
- L’art. 3 TUE vise notamment le marché intérieur (objectif quasi abouti) et des objectifs sociaux comme le plein emploi et le progrès social.
- L’art. 3 TUE inclut des objectifs transversaux, notamment environnementaux, et la promotion du progrès scientifique et technique.
- L’art. 3 TUE prévoit aussi l’Union économique et monétaire et organise la politique monétaire dans un cadre à dominante économique.
- L’art. 3 TUE garantit aux citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice, lié à la logique Schengen.
- Dans la logique Schengen, l’ouverture des frontières internes s’accompagne de contrôles renforcés aux frontières extérieures (asile, immigration, criminalité).
💡 Astuce mémo
Schengen = « ouverture dedans, contrôle dehors » : liberté interne compensée par sécurité externe.
📖 6. Valeurs et droits fondamentaux dans l’Union
🔑 Notions clés & Définitions
- Déficit démocratique de l’UE : Notion décrivant la distance entre décisions européennes et contrôle démocratique direct, notamment quand des compétences sont transférées à un niveau supranational.
- Traité de Lisbonne : Traité entré en vigueur qui renforce la démocratie dans l’UE en précisant des principes démocratiques dans le Titre II du TUE.
- État de droit : Principe selon lequel l’Union et les États membres doivent respecter des règles et être soumis au contrôle de conformité de leurs actes.
- Union de droit : Qualification jurisprudentielle de l’Union comme communauté soumise au contrôle et à la conformité de ses actes au traité.
- Règlement de conditionnalité : Mécanisme budgétaire de l’UE qui conditionne l’accès aux financements au respect de l’État de droit.
📝 Points essentiels
- Le transfert de compétences à une organisation supranationale peut déposséder les parlements nationaux et les citoyens de certains pouvoirs au niveau national, ce qui nourrit le débat sur un déficit démocratique.
- Le déficit démocratique est présenté comme « compensé » par la participation des parlements nationaux dans la procédure législative européenne.
- L’art. 12 TUE et le Protocole 1 prévoient la consultation et l’intervention des parlements nationaux dans la procédure législative européenne.
- L’art. 5 TUE et le Protocole 2 donnent aux parlements nationaux un rôle lié au contrôle politique du respect de la subsidiarité.
- L’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne renforce la démocratie en précisant des principes démocratiques directs et indirects dans le Titre II du TUE.
- L’art. 9 TUE consacre l’égalité politique entre citoyens, et les art. 10 et 11 TUE encadrent la démocratie représentative et participative.
💡 Astuce mémo
Lis : « Lisbonne = démocratie précisée » (Titre II TUE).
📖 7. Structure du TUE et répartition des compétences
🔑 Notions clés & Définitions
- Principe d’autonomie institutionnelle : Principe selon lequel chaque institution organise elle-même son fonctionnement interne via un règlement d’organisation et le met à jour pour durer.
- Principe de capacité de fonctionner : Principe selon lequel une institution doit disposer des moyens nécessaires pour atteindre les objectifs qui lui sont confiés.
- Principe de transparence : Principe selon lequel les institutions travaillent de manière ouverte pour permettre l’information du public, avec des limites liées à la confidentialité.
- Institutions primaires : Institutions dotées d’un vrai pouvoir de décision conféré par les traités, à distinguer des autres organes et agences.
- Triangle institutionnel : Modèle de fonctionnement où la Commission, le Conseil et le Parlement participent conjointement à l’adoption du droit de l’Union.
📝 Points essentiels
- Chaque institution adopte un règlement d’organisation intérieure et l’actualise pour garantir durablement l’organisation de son travail.
- La capacité de fonctionner implique de prévoir les moyens (personnel, matériel) et d’organiser la priorisation des tâches pour atteindre les objectifs.
- Le principe de transparence a été introduit dans les traités par les auteurs, concrétisé à l’UE avec le traité de Maastricht, et vise l’information du public (ONG, société civile, médias).
- L’accès aux documents n’est pas absolu : certaines informations peuvent rester confidentielles, notamment dans des négociations en cours.
- La transparence est garantie par l’art. 1 al. 2 TUE et complétée par l’art. 11 par. 3 TUE, et elle est proche des logiques de motivation (art. 295 TFUE) et de publicité (art. 297 TFUE).
- Les institutions primaires sont listées à l’art. 13 TUE et incluent notamment le Parlement européen, le Conseil de l’UE, la Commission, le Conseil européen, la CJUE, la BCE et la Cour des comptes (avec des agences à part
💡 Astuce mémo
Autonomie + Capacité = Organisation qui tient; Transparence = Public informé (mais pas tout). Triangle = Commission–Conseil–Parlement, sinon pas de législation.
📖 8. Autonomie et équivalence des traités fondateurs
🔑 Notions clés & Définitions
- Acte nul pour formalité essentielle : Sanction juridique qui frappe un acte de l’Union lorsque une formalité jugée essentielle n’a pas été respectée.
- Consultation du Parlement : Procédure où le Conseil recueille l’avis du Parlement, sans que celui-ci puisse modifier le texte en cas de consultation simple.
- Procédure de concertation : Procédure ajoutée par accord interinstitutionnel, permettant un échange supplémentaire entre institutions avant la décision.
- Procédure d’échange à lecture unique : Modalité de consultation où le Parlement ne peut qu’accepter ou refuser le texte transmis par le Conseil, sans amendement.
- Majorité qualifiée : Règle de vote du Conseil fondée sur une double majorité combinant nombre d’États et part de population de l’Union.
📝 Points essentiels
- Si une formalité essentielle n’est pas respectée, l’acte concerné est nul pour non-respect de l’exigence procédurale (art. 263 TFUE).
- Une nouvelle consultation du Parlement s’impose si le texte adopté par le Conseil s’écarte trop du texte initial (CJCE, Chemiefarma ; CJCE, Parlement c. Conseil).
- En procédure de consultation à lecture unique, le Parlement ne peut pas proposer d’amendements et se limite à accepter ou refuser le texte transmis.
- La concertation n’est pas prévue directement par les traités mais par un accord interinstitutionnel, et elle rallonge la procédure en ajoutant un échange avant décision.
- Le Conseil siège dans différentes formations selon le thème traité, ce qui implique que les ministres présents à Bruxelles varient selon la matière.
- En pratique, le vote formel au Conseil est rare car un compromis est souvent trouvé en amont, de sorte que l’adoption peut se faire sans vote spectaculaire.
💡 Astuce mémo
Formalités essentielles → nullité ; texte trop différent → nouvelle consultation ; consultation = accepter/refuser ; concertation = échange en plus.
📖 9. Institutions primaires et triangle institutionnel
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil européen : Le Conseil européen est l’instance qui fixe les grandes orientations politiques de l’Union et donne des impulsions générales.
- Président du Conseil européen : Le président du Conseil européen organise et préside les travaux, puis veille à la continuité des décisions et des mandats.
- Agences de l’Union européenne : Les agences de l’Union sont des organismes créés par la Commission pour l’aider dans l’exécution de tâches techniques ou opérationnelles.
- Cour de justice de l’Union européenne : La CJUE est l’organe juridictionnel suprême de l’Union chargé d’assurer l’interprétation et l’application uniformes du droit de l’Union.
- Principe d’attribution des compétences : Le principe d’attribution impose que l’Union n’agisse que dans les domaines que les traités lui confient, tandis que le reste appartient aux États membres.
📝 Points essentiels
- Le Conseil européen n’est pas le Conseil de l’Union européenne : il s’agit d’une autre institution, intégrée formellement par le traité de Lisbonne (art. 15 TUE).
- Le Conseil européen est composé des chefs d’État ou de gouvernement (en monarchie, c’est le premier ministre qui participe, pas le roi).
- Le Conseil européen donne une ligne politique générale et établit des programmes et projets communs, notamment pour les grands travaux.
- Les réunions ont lieu en principe tous les 6 mois au sommet européen, avec possibilité de réunions plus fréquentes.
- Les décisions du Conseil européen sont prises par consensus (art. 15 §4 TUE), sauf exceptions prévues notamment à l’art. 235 §1 TFUE.
- Le président du Conseil européen n’est pas un chef d’État, fait partie du trio représentant l’UE et est élu pour 2,5 ans (selon le contenu fourni).
💡 Astuce mémo
Conseil européen = « tête politique » : grandes lignes, chefs de gouvernements, consensus.
📖 10. Procédure législative ordinaire et trilogue
🔑 Notions clés & Définitions
- Procédure législative ordinaire : Procédure législative de droit de l’Union où le Parlement européen et le Conseil participent à l’adoption d’un acte, avec une logique de co-décision.
- Trilogue : Négociation informelle à trois (Parlement, Conseil, Commission) visant à rapprocher les positions avant le vote final.
- Acte législatif : Catégorie d’acte de droit dérivé adoptée selon une procédure prévue par les traités, qui sert de base à des mesures ultérieures.
- Acte délégué : Acte pris par la Commission sur délégation du Parlement et du Conseil pour compléter ou modifier des éléments non essentiels d’un acte législatif.
- Acte d’exécution : Acte adopté pour assurer l’exécution uniforme du droit de l’Union, en principe par les États membres.
📝 Points essentiels
- Le trilogue intervient pour trouver un accord politique avant l’adoption formelle de l’acte dans la procédure législative ordinaire.
- La procédure législative ordinaire implique un rôle du Parlement et du Conseil, ce qui renforce la légitimité démocratique de l’acte.
- Un acte délégué doit comporter la mention « acte délégué » pour être valable.
- Un acte délégué permet à la Commission de compléter ou modifier des éléments non essentiels d’un acte législatif, dans un cadre strictement encadré.
- Les actes d’exécution sont adoptés pour mettre en œuvre le droit de l’Union, avec comme principe que l’exécution revient aux États membres.
- Dans certains cas, les traités prévoient que l’exécution peut être confiée à l’Union plutôt qu’aux États membres.
💡 Astuce mémo
Trilogue = « 3 voix pour verrouiller le texte » : Parlement + Conseil + Commission avant le vote final.
📖 11. Sources du droit de l’Union et hiérarchie
🔑 Notions clés & Définitions
- Langues officielles de l’UE : Les actes de l’Union existent dans les 25 langues officielles, ce qui impose de comparer les versions pour interpréter correctement le droit.
- Recueil officiel et consolidation : Les textes sont publiés au recueil officiel, mais des modifications ou abrogations exigent un système de texte consolidé pour garder une lecture accessible.
- Authentification des actes : L’authentification correspond à la validation formelle de l’acte, notamment par signature, avant sa publication.
- Publication au Journal officiel : La publication au Journal officiel de l’UE est une condition de validité pour que l’acte puisse produire ses effets.
- Base juridique dans les traités : La base juridique est la disposition des traités qui autorise l’adoption d’un acte et détermine le type d’acte et la procédure à respecter.
📝 Points essentiels
- Les actes de l’UE sont publiés au Journal officiel et doivent être valablement authentifiés pour être opposables.
- L’entrée en vigueur est fixée dans l’acte lui-même, avec un délai prévu et sans rétroactivité sauf mention expresse.
- Le type d’acte (règlement, décision, etc.) et la procédure à suivre doivent correspondre à ce que prévoient les traités dans la base juridique.
- Le respect de la compétence d’attribution (TUE) encadre la validité des actes et permet un contrôle juridictionnel de la compétence et de la procédure.
- La motivation exigée par le TFUE est un élément essentiel, et une motivation insuffisante peut conduire à l’annulation de l’acte.
- Dans la proposition de la Commission, les justifications portent sur le choix de l’acte, la procédure, le respect des principes de l’UE et l’intérêt public.
💡 Astuce mémo
Publication = opposabilité ; Base juridique = compétence ; Motivation = contrôle (annulation possible).
📖 12. Recours en annulation et conditions de recevabilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Recours en annulation : Recours de l’UE visant à faire annuler un acte d’une institution de l’Union qui produit des effets juridiques contraires aux traités.
- Acte attaquable : Acte adopté par une institution de l’UE, relevant du droit dérivé, existant et produisant des effets juridiques, susceptible d’être contesté.
- Légitimation active : Qualité permettant d’introduire un recours en annulation, selon que le requérant est privilégié, semi-privilégié ou un particulier.
- Légitimation passive : Qualité de l’institution dont l’acte peut être attaqué, car le recours est dirigé contre des actes d’institutions de l’UE.
- Délai de recours : Période pour introduire le recours en annulation, calculée à partir de la publication, de la notification ou de la connaissance de l’acte.
📝 Points essentiels
- Le recours en annulation vise l’annulation d’un acte d’une institution de l’UE destiné à produire des effets juridiques à l’égard d’autres acteurs, lorsqu’il est contraire aux traités.
- L’acte doit être déjà adopté et relever d’une institution de l’UE (droit dérivé), et non un acte futur ou le droit primaire.
- Le recours suppose un acte produisant des effets juridiques, condition liée aux exigences de l’art. 263 TFUE (notamment al. 5 TFUE).
- La légitimation active distingue les requérants privilégiés, semi-privilégiés et les particuliers, avec des exigences d’intérêt différentes selon les cas.
- Pour les particuliers, l’intérêt est requis et la recevabilité dépend notamment de trois situations : destinataire direct, concerné directement et individuellement, ou acte réglementaire directement concerné sans mesures
- La condition « directement concerné » renvoie à des effets immédiats sur la situation juridique et à l’absence de marge d’appréciation pour l’autorité d’exécution (application directe). La condition « individuellement »]
💡 Astuce mémo
Annulation = « 263 » : Acte existant + Effets juridiques + Institution + Délai (2 mois + 10 jours) + Qualité du requérant (privilégié/particulier).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1951 | Création de la CECA |
| 1957 | Signature des traités de Rome (CEE et Euratom) |
| 1986 | Adoption de l’Acte unique européen (AUE) |
📊 Tableaux de synthèse
Actes et effets (règlement vs directive)
| Acte | Destinataires | Effet |
|---|
| Règlement | États membres (application) | Directement applicable et effet direct dans tous les États membres |
| Directive | États membres (transposition) | Oblige les États à atteindre un résultat ; pas d’invocabilité directe en principe |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre Conseil européen (chefs d’État/gouvernement, impulsions, consensus) et Conseil de l’UE (ministres, législation/budget, vote).
- Croire que la directive est directement invocable par les particuliers comme un règlement : en principe non, sauf conditions d’exception liées à la transposition.
- Mélanger clause passerelle générale et clauses passerelles spécifiques : la générale implique unanimité + consultation du Parlement + véto national 6 mois, les spécifiques n’ont pas ce véto (sauf droit de la famille).
- Penser que l’UE est une organisation internationale classique : elle est sui generis, avec autonomie juridique et sujets de droit (États membres et citoyens).
- Oublier que le trilogue n’est pas une procédure formelle de conciliation : c’est une négociation informelle à trois (Parlement, Conseil, Commission) pour rapprocher les positions.
- Confondre primauté et effet direct : la primauté impose de laisser inappliqué le droit national contraire, tandis que l’effet direct permet d’invoquer directement certaines normes devant le juge.
- Se tromper sur le recours en annulation : il faut un acte existant, adopté par une institution, produisant des effets juridiques, et respecter les conditions de recevabilité (notamment intérêt/qualité et « directement et
✅ Checklist Examen
- Identifier les étapes de l’intégration économique : CECA (1951), Euratom (1958), CEE (1957), puis Acte unique européen (1986) et traité de Maastricht (1992).
- Expliquer pourquoi l’UE est sui generis : ni État ni OI classique, avec personnalité juridique et autonomie juridique (ordre juridique propre).
- Distinguer CECA/Euratom/CEE et leurs logiques : secteur stratégique, énergie nucléaire à champ limité, construction économique (marché commun).
- Maîtriser les mécanismes de révision : procédure ordinaire (art. 48 TUE) vs révision simplifiée (art. 48 §6 TUE) et les conditions (ne pas accroître les compétences).
- Savoir utiliser les clauses passerelles : générale (art. 48 §7 TUE) et spécifiques (exemples environnement, social, PESC) et comprendre le rôle du véto des parlements nationaux.
- Réciter les objectifs de l’UE (art. 3 TUE) et relier l’espace de liberté sécurité justice à la logique Schengen (« ouverture dedans, contrôle dehors »).
- Présenter les valeurs et droits fondamentaux : art. 2 TUE, art. 6 TUE (Charte contraignante, adhésion à la CEDH, rôle des traditions constitutionnelles communes).
- Connaître la structure institutionnelle (art. 13 TUE) et le triangle institutionnel (Commission–Conseil–Parlement) en distinguant Conseil européen et Conseil de l’UE.
- Expliquer la procédure législative ordinaire : rôle du monopole d’initiative de la Commission, lectures, et trilogue comme négociation informelle.
- Savoir distinguer règlement, directive et décision (effet direct vs transposition) et les conditions de validité (publication, base juridique, motivation).
- Maîtriser les recours juridictionnels : recours en annulation (art. 263 TFUE), recours en manquement (art. 258-260 TFUE), renvoi préjudiciel (art. 267 TFUE) et leurs conditions clés.
- Conclure sur les rapports UE/droit interne : statut (monisme), primauté, applicabilité immédiate et effet direct (régimes et exceptions).
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