📋 Plan du Cours
- Nationalité et acquisition de la nationalité
- Régime des étrangers et compétence de l’État
- Territoire de l’État et éléments constitutifs
- Gouvernement effectif et exclusif de l’État
- Reconnaissance de l’État : caractéristiques et effets
- Changements affectant l’État : transformation et succession
- Personnalité internationale et pouvoirs de l’État
- Acte constitutif et membres des organisations internationales
- Organes et fonctionnement des organisations internationales
- Institutions spécialisées du système des Nations Unies
- Sources du droit international et hiérarchie des normes
- Relations diplomatiques et consulaires : missions et immunités
📖 1. Nationalité et acquisition de la nationalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Nationalité : La nationalité est un lien juridique entre un individu et un État, fixé par le droit interne et produisant des droits et obligations.
- Droit du sang : Le droit du sang est un mode d’acquisition de la nationalité qui attribue la nationalité aux enfants de nationaux de l’État.
- Droit du sol : Le droit du sol est un mode d’acquisition de la nationalité qui attribue la nationalité aux personnes nées sur le territoire de l’État.
- Naturalisation : La naturalisation est l’acquisition d’une nationalité autre que celle de naissance, créant un nouveau lien d’allégeance.
- Apatridie : L’apatridie est la situation où une personne n’a aucun rattachement de nationalité à un État.
📝 Points essentiels
- L’État fixe la législation relative à la nationalité et au contenu du lien, ce qui relève de sa compétence exclusive et discrétionnaire.
- La nationalité est en principe acquise à la naissance, mais elle peut aussi résulter d’une naturalisation.
- Le droit du sang rattache l’enfant à l’État par la nationalité des parents, tandis que le droit du sol rattache par le lieu de naissance.
- Les États peuvent cumuler plusieurs techniques d’attribution (par exemple droit du sol et/ou droit du sang), ce qui peut conduire à la pluralité de nationalités.
- La naturalisation implique, au regard de la logique de la jurisprudence Nottebohm, une rupture d’allégeance et l’établissement d’un autre lien d’allégeance.
- La nationalité est un instrument de droit interne : l’État détermine notamment les droits politiques, l’accès à la fonction publique et la liberté de circulation, ainsi que des obligations comme les charges fiscales et,
💡 Astuce mémo
Nottebohm = « lien plus étroit » : naissance (sang/sol) puis naturalisation = changement d’allégeance.
📖 2. Régime des étrangers et compétence de l’État
🔑 Notions clés & Définitions
- Protection diplomatique : Institution du droit international permettant à un État de défendre un ressortissant contre un autre État, à condition que le lien de nationalité soit réellement effectif.
- Nationalité effective : Exigence d’effectivité du lien de nationalité, utilisée pour déterminer si un État peut exercer la protection diplomatique.
- Convention de Genève : Traité de 1951 encadrant le statut des réfugiés et imposant des limites importantes à la liberté des États en matière de sanctions pénales pour leur présence.
- Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’As : Droit français codifiant le régime des étrangers depuis 2004, en remplacement de l’ordonnance antérieure.
- Citoyenneté de l’Union européenne : Statut reconnu depuis le traité de Maastricht (1992) aux ressortissants des États membres, avec des droits liés à l’UE (notamment politiques et fondamentaux).
📝 Points essentiels
- Après la Seconde Guerre mondiale, les États ont surtout cherché à réduire l’apatridie et les cas de pluralité de nationalités, avec des résultats plus nets pour l’apatridie que pour la pluri-nationalité.
- La pluralité de nationalités peut créer des conflits d’obligations (notamment militaires) car chaque État fixe ses conditions d’attribution de la nationalité.
- La protection diplomatique suppose un lien de nationalité pleinement effectif, ce qui a été consacré par l’arrêt Nottebohm.
- En cas de pluralité de nationalités, la protection diplomatique peut être admise si le lien avec l’État protecteur est plus effectif que l’autre nationalité en conflit.
- Un État ne peut pas exercer la protection diplomatique contre un autre État si la personne est ressortissante des deux États en même temps.
- Pour les sociétés anonymes, la CIJ (arrêt Barcelona Traction, 5/02/1970) rattache la nationalité à des critères liés au système de constitution et à l’État du siège, ce qui peut empêcher l’exercice de la protection si le
💡 Astuce mémo
Nationalité effective = passeport diplomatique : sans effectivité, pas de protection (Nottebohm).
📖 3. Territoire de l’État et éléments constitutifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Eaux territoriales : Les eaux territoriales sont la bande maritime adjacente au littoral sur laquelle l’État exerce une souveraineté pleine et entière.
- Zone contiguë : La zone contiguë est l’espace maritime situé au-delà des eaux territoriales où l’État peut prévenir et réprimer certaines infractions liées à sa réglementation.
- Zone économique exclusive : La zone économique exclusive est l’espace maritime où l’État côtier dispose de droits exclusifs d’exploitation des ressources marines jusqu’à 200 milles marins.
- Plateau continental : Le plateau continental est la prolongation sous-marine du continent, relevant de la géologie, sur laquelle l’État peut exercer des droits liés aux fonds marins.
- Haute mer : La haute mer est la zone maritime située au-delà de la zone économique exclusive, ouverte à tous et non soumise à la souveraineté d’un État.
📝 Points essentiels
- Les eaux territoriales s’étendent jusqu’à 12 milles marins à partir du littoral, contre 3 milles marins auparavant.
- La limite des eaux territoriales est le droit de passage inoffensif exercé par les navires étrangers.
- La zone contiguë peut aller jusqu’à 24 milles marins et permet à l’État d’agir contre des atteintes à ses intérêts douaniers, fiscaux, sanitaires et à l’immigration.
- Dans la ZEE, l’État côtier a des droits exclusifs sur l’exploitation des ressources marines, tandis que tous les États conservent la liberté de navigation.
- Le plateau continental peut exister même sans eaux territoriales, mais il n’est pas universel selon la géographie et la géologie des rivages.
- Si le plateau continental dépasse 200 milles marins, l’État peut revendiquer des droits sur le plateau au-delà dans la limite de 350 milles marins, avec dissociation entre fonds marins et eaux surjacentes.
💡 Astuce mémo
12-24-200 : 12 souveraineté, 24 contrôle, 200 ressources, puis haute mer libre.
📖 4. Gouvernement effectif et exclusif de l’État
🔑 Notions clés & Définitions
- État failli : Un État failli est un État dont les capacités sont trop faibles pour assurer la sécurité et le contrôle effectif de ses frontières.
- État fragile : Un État fragile est un État dont l’incapacité à garantir l’État de droit et la régulation économique empêche l’accès aux mécanismes d’aide au développement du droit commun.
- Légitimité interne : La légitimité interne désigne l’autorité d’un gouvernement au regard de sa propre acceptation et de son fonctionnement à l’intérieur de l’État.
- Reconnaissance d’État : La reconnaissance d’État est un acte par lequel un État admet qu’un autre État existe et dont l’existence devient opposable dans les relations internationales.
- Reconnaissance du gouvernement : La reconnaissance du gouvernement est l’acte par lequel un État accepte de travailler avec une nouvelle autorité issue d’une transformation politique radicale.
📝 Points essentiels
- Dans les années 90, l’idée se développe qu’un État en situation de fragilité peut ne plus exercer une autorité effective, ce qui conduit à la notion de quasi-État ou d’État failli.
- La notion d’État fragile apparaît dans les années 2000 et est reprise par des organisations internationales, notamment dans le cadre de l’OCDE et de la Banque mondiale.
- Le paradoxe souligné est que les États et populations ayant le plus besoin d’aide sont ceux qui ne reçoivent pas les mécanismes ordinaires d’assistance.
- Pour les États fragiles, l’aide internationale est organisée dans un cadre différent du droit commun, avec des dispositifs ciblés tenant compte de la fragilité de l’appareil étatique.
- Doctrine Blair : l’absence de pertinence du critère de légitimité interne signifie que la qualification ne dépend pas de la légitimité du gouvernement dans ses relations internes.
- Doctrine Blair : le respect des droits de l’homme n’a pas d’effet sur la qualification et les critères de l’État.
💡 Astuce mémo
État fragile = droit de l’État de droit + régulation économique en panne → aide ciblée (pas l’aide standard).
📖 5. Reconnaissance de l’État : caractéristiques et effets
🔑 Notions clés & Définitions
- Reconnaissance internationale de l’État : La reconnaissance internationale est l’acte par lequel un État (ou une organisation) admet l’existence et la qualité d’un autre État dans ses relations extérieures.
- Accords de coopération territoriale : Les accords de coopération territoriale sont des conventions locales qui prolongent ou remplacent des accords internationaux, sans être de véritables traités.
- Protection diplomatique : La protection diplomatique est le mécanisme par lequel un État fait valoir, au nom de son ressortissant, des demandes liées à des atteintes subies à l’étranger.
- Souveraineté interne : La souveraineté interne désigne le pouvoir de l’État d’édicter des normes dans son ordre juridique sans autorité supérieure dans cet ordre.
- Souveraineté externe : La souveraineté externe correspond à l’indépendance de l’État dans ses relations avec les autres entités, impliquant l’absence d’ingérence.
📝 Points essentiels
- Les accords de coopération territoriale ne sont pas des traités internationaux véritables, mais des prolongements ou substituts pour éviter les confusions.
- En droit français, l’État interdisait ces accords par des circulaires de la République, tout en admettant des dérogations possibles sur accord du préfet pour la coopération territoriale.
- La faculté de présenter une réclamation internationale recouvre deux finalités : défendre les intérêts d’un ressortissant et saisir une juridiction ou un arbitre.
- La caractéristique majeure du recours à la force a longtemps été la liberté pour un État d’y recourir, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.
- L’égalité souveraine signifie égalité en droit entre États, même si les différences de puissance créent des inégalités de fait.
- La souveraineté implique l’indépendance et la compétence exclusive sur le territoire, tout en admettant des limites issues du droit international que l’État a acceptées (traités et coutume).
💡 Astuce mémo
Reconnaissance = accepter l’État ; effets = liberté territoriale + égalité en droit ; limites = droit international accepté.
🔑 Notions clés & Définitions
- Insurgés : Les insurgés sont des groupes armés qui luttent contre l’autorité établie sans être reconnus comme gouvernement régulier.
- Belligérants : Les belligérants sont des parties à un conflit armé reconnues comme telles, notamment quand elles contrôlent une part significative du territoire.
- Statut de mouvement de libération nationale : Le statut de mouvement de libération nationale est une reconnaissance accordée dans le cadre des Nations Unies aux mouvements revendiquant le droit à l’autodétermination.
- Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un droit de libre détermination menant, dans son évolution, à la reconnaissance de l’indépendance.
- Comité international de la Croix-Rouge : Le Comité international de la Croix-Rouge est une association suisse chargée de missions de droit humanitaire, notamment liées à l’application des Conventions de Genève.
📝 Points essentiels
- La reconnaissance d’insurgés et de belligérants répond à un besoin pratique : elle permet l’application du droit de la guerre et encadre le traitement des prisonniers.
- La responsabilité internationale de l’État n’est pas engagée pour les actes commis contre les insurgés lorsque leur statut est reconnu.
- La reconnaissance de la belligérance intervient typiquement quand les insurgés ont réussi à prendre une part importante du territoire.
- Quand la situation se clarifie par disparition des belligérants ou création d’un nouvel État, la belligérance perd sa pertinence.
- Après 1945, la question se traite surtout au sein des Nations Unies, avec une pratique privilégiant le statut de mouvement de libération nationale.
- Le statut de mouvement de libération nationale s’accompagne de droits et d’obligations et constitue un embryon de personnalité juridique internationale, dépendant des États qui reconnaissent le mouvement.
💡 Astuce mémo
Insurgés → droit de la guerre sans engager la responsabilité de l’État ; Belligérants → contrôle du territoire ; ONU → mouvement de libération nationale → autodétermination.
📖 7. Personnalité internationale et pouvoirs de l’État
🔑 Notions clés & Définitions
- Qualité de membre : La qualité de membre désigne le statut d’un État au sein d’une organisation internationale, obtenu par adhésion ou admission selon les conditions prévues.
- Membres originaires : Les membres originaires sont les États ayant participé à la création de l’organisation et à l’acte constitutif.
- Membres admis : Les membres admis sont les États qui rejoignent l’organisation après sa création, via une procédure prévue par l’acte constitutif.
- Retrait volontaire : Le retrait volontaire est la procédure permettant à un État de quitter l’organisation, généralement organisée par l’acte constitutif.
- Personnalité internationale de l’organisation : La personnalité internationale est la capacité juridique reconnue à l’organisation pour agir dans l’ordre international, fondée sur l’acte constitutif.
📝 Points essentiels
- Les États ne sont pas tenus d’adhérer à une organisation internationale, même aux Nations unies.
- La procédure d’admission varie selon l’acte constitutif (accord de la majorité ou traité signé par tous les membres).
- Un État membre doit respecter le traité constitutif qu’il a souscrit, mais cela n’implique pas l’égalité stricte des prérogatives entre États.
- Les actes peuvent prévoir des droits spécifiques selon les États, notamment pour la contribution financière ou le droit de veto des 5 membres permanents du Conseil de sécurité.
- La perte de la qualité de membre suit une procédure de retrait fixée par l’acte constitutif, et le retrait reste admis même si l’acte ne le prévoit pas (ex. Brexit).
- Un État peut quitter un organe sans quitter l’organisation (ex. retrait du commandement militaire intégré de l’OTAN en 1966 par la France).
💡 Astuce mémo
Membre = adhésion + traité; Retrait = acte constitutif (ou possible quand même).
📖 8. Acte constitutif et membres des organisations internationales
🔑 Notions clés & Définitions
- Contrat de fonctionnaire international : Le contrat lie le fonctionnaire à l’organisation et peut être modifié par celle-ci via des règlements applicables à l’ensemble du personnel.
- Accord de siège : L’accord de siège fixe le cadre juridique de l’organisation sur le territoire de l’État où elle est installée, notamment pour les privilèges et immunités.
- Tribunal administratif de l’OIT : Le tribunal administratif de l’OIT est une juridiction créée pour connaître des litiges opposant les agents à l’organisation.
- Membres originaires de l’ONU : Les membres originaires de l’ONU regroupent les États définis par la charte, notamment ceux ayant signé la déclaration de 1942 et les participants de San Francisco.
- Article 4 de la Charte de l’ONU : L’article 4 encadre l’admission de nouveaux États en imposant des conditions et une procédure impliquant le Conseil de sécurité puis l’Assemblée générale.
📝 Points essentiels
- Les fonctionnaires internationaux sont soumis à l’organisation, notamment par des règlements que l’organisation peut adopter pour répondre à ses besoins.
- La soumission implique des limites à l’exercice d’activités incompatibles et une obligation de réserve en général.
- Les fonctionnaires bénéficient des privilèges et immunités, avec une assimilation au régime diplomatique et des immunités personnelles, civiles, pénales et fiscales.
- Les privilèges sont prévus dans l’accord de siège liant l’organisation à l’État du siège.
- Les litiges entre agents et organisations ne sont pas confiés aux États, car des juridictions internes à l’organisation existent.
- Le tribunal administratif de l’OIT a été créé en 1927 et il est compétent pour les agents.
💡 Astuce mémo
Soumission + immunités + juge interne : contrat modifiable, accord de siège, tribunal spécialisé.
📖 9. Organes et fonctionnement des organisations internationales
🔑 Notions clés & Définitions
- Assemblée générale : L’Assemblée générale est l’organe plénier des Nations Unies où tous les États disposent d’une voie et où les décisions prennent surtout la forme de recommandations.
- Sessions ordinaires et extraordinaires : Les sessions ordinaires et extraordinaires sont les périodes de réunion de l’Assemblée générale prévues par la Charte, avec des modalités d’urgence admises par la pratique.
- Résolution 377 : La résolution 377 encadre la tenue de sessions extraordinaires d’urgence de l’Assemblée générale lorsque le Conseil de sécurité est paralysé.
- Conseil de sécurité : Le Conseil de sécurité est l’organe permanent chargé du maintien de la paix, composé de 15 membres dont 5 permanents dotés d’un droit de veto.
- Droit de veto : Le droit de veto est le mécanisme permettant à un membre permanent d’empêcher l’adoption de certaines décisions du Conseil de sécurité.
📝 Points essentiels
- L’Assemblée générale se réunit en sessions ordinaires (tous les ans) et extraordinaires (quand les circonstances l’exigent).
- Depuis la résolution 377, des sessions extraordinaires d’urgence peuvent être convoquées si la réunion du Conseil de sécurité est paralysée.
- En session d’urgence, la décision est prise à la majorité de 9/15 sans veto car il s’agit d’une question de procédure.
- Les questions « importantes » à l’Assemblée générale exigent 2/3 des membres présents, notamment recommandations, élections, admission de nouveaux membres, et suspension ou exclusion.
- L’Assemblée générale n’a pas d’omnicompétence : elle ne peut pas se saisir d’une question pendant que le Conseil de sécurité exerce ses fonctions (art. 12).
- Le Conseil de sécurité comprend 15 membres (5 permanents et 10 non permanents) et les non permanents sont élus pour 2 ans sans rééligibilité directe, avec une répartition géographique équitable.
💡 Astuce mémo
AG = 2/3 pour l’important, 9/15 en urgence (procédure) ; veto = blocage au Conseil.
📖 10. Institutions spécialisées du système des Nations Unies
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation mondiale de la propriété intellectuelle : Institution spécialisée chargée de la protection et de la coopération autour de la propriété intellectuelle.
- Organisation mondiale du tourisme : Institution spécialisée dédiée aux enjeux du tourisme, créée en 1970 et reliée aux NU par un accord de liaison en 2003.
- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agri : Institution spécialisée basée à Rome, spécialisée depuis 1946 et centrée sur l’alimentation et l’agriculture.
- Organisation mondiale de la santé : Institution spécialisée héritière de coopérations sanitaires du XIXe siècle, créée après la conférence de New York en 1946 et devenue institution spécialisée en 1948.
- Organisation internationale du travail : Institution spécialisée tripartite qui produit des normes du travail via des conventions et organise des mécanismes de suivi.
📝 Points essentiels
- L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a été créée en 1967 par la convention de Stockholm et a conclu un accord de liaison en 1974.
- L’Organisation mondiale du tourisme a été créée en 1970 et a conclu un accord de liaison avec les NU en 2003.
- La FAO a son siège à Rome et son organe plénier est la conférence, qui élit un conseil et un directeur général pour un mandat de 6 ans.
- L’OMS a été créée après la conférence de New York de 1946 adoptant sa Constitution le 22 juillet 1946, puis est devenue institution spécialisée en 1948.
- L’OMS dispose d’un pouvoir normatif via le règlement sanitaire international, obligatoire pour les États sauf refus ou réserves sur certains points.
- L’OIT a une structure tripartite avec participation des États, des salariés et des organisations patronales, et un conseil d’administration composé de représentants gouvernementaux, travailleurs et patronat (28/14/14).
💡 Astuce mémo
OIT = Tripartite (États + salariés + patronat) ; OMS = Règlement sanitaire international (obligatoire sauf refus/réserves).
📖 11. Sources du droit international et hiérarchie des normes
🔑 Notions clés & Définitions
- Cour permanente de justice internationale : Juridiction internationale créée en 1920 dans le cadre de la SDN, dont la disparition a laissé une jurisprudence encore consultée.
- Cour internationale de justice : Juridiction internationale de l’ONU compétente pour les litiges entre États et pour des avis consultatifs, avec des juges inamovibles.
- Monisme : Approche doctrinale selon laquelle le droit interne et le droit international relèvent d’un même ordre juridique, inspirée notamment par Kelsen.
- Dualisme : Approche doctrinale selon laquelle le droit international et le droit interne sont deux ordres distincts, sans fondement l’un dans l’autre.
- Article 55 de la Constitution : Dispositif constitutionnel français fixant la place des traités dans l’ordre interne, au-dessus de la loi.
📝 Points essentiels
- La CPJI (1920) est liée à la SDN sans en être un organe, et sa jurisprudence demeure une référence après sa disparition.
- La CIJ rend des avis consultatifs dont l’autorité est décrite comme comparable à celle des arrêts dans les faits.
- En droit international, la primauté du droit international est présentée comme s’imposant à toutes les normes, y compris constitutionnelles.
- En droit français, la primauté des traités sur les lois antérieures est admise par le CE via l’interprétation de l’article 55.
- La primauté complète des traités sur les lois est consacrée par la Cour de cassation (Café Jacques Vabre, 4 mai 1975) et par le CE (Nicolo, 20 octobre 1989).
- Le CE affirme que la Constitution prime les traités, confirmé par la Cour de cassation en assemblée plénière (Fraisse, 2 juin 2000).
💡 Astuce mémo
Dualisme = deux boîtes séparées ; Monisme = une seule boîte (Kelsen).
📖 12. Relations diplomatiques et consulaires : missions et immunités
🔑 Notions clés & Définitions
- Fonctionnaires consulaires : Personnes affectées à une mission consulaire, qui accomplissent des tâches officielles pour l’État d’envoi.
- Immunité juridictionnelle : Protection qui empêche, en principe, qu’un agent étranger soit jugé par les juridictions d’un autre État pour des actes liés à sa fonction.
- Légitime défense : Exception au principe d’interdiction du recours à la force, permettant une riposte en cas d’agression.
- Sécurité collective : Mécanisme où la paix est assurée par l’action coordonnée des États, notamment via le Conseil de sécurité des Nations Unies.
- Responsabilité de protéger : Principe issu des Nations Unies visant à prévenir les atteintes graves aux populations, en particulier lorsque l’État concerné ne protège pas.
📝 Points essentiels
- Les membres d’une mission consulaire ne peuvent pas être arrêtés en principe, sauf en cas de crime grave.
- L’immunité juridictionnelle n’est pas totale : elle ne couvre en principe que les actes accomplis dans l’exercice des fonctions.
- Le recours à la force armée est en principe interdit par le droit international, notamment par l’art. 2 §4 de la Charte des NU.
- La légitime défense (art. 51) suppose une réponse à une agression, et la dimension collective rend la mise en œuvre plus complexe en cas d’alliances.
- La riposte doit être proportionnelle à l’agression et ne doit pas aller au-delà d’une simple réponse (référence à l’arrêt Nicaragua du 27 juin 1986).
- Le Conseil de sécurité peut autoriser des mesures pouvant aller jusqu’à l’usage de la force, et l’AG peut être mobilisée si le Conseil est bloqué par un véto.
💡 Astuce mémo
Crime grave → arrestation possible ; actes de fonction → immunité juridictionnelle (pas d’immunité pour tout).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1955 | Arrêt Nottebohm : effectivité de la nationalité et naturalisation non effective |
| 5/02/1970 | Arrêt Barcelona Traction (CIJ) : critères de nationalité des sociétés anonymes |
| 4 mai 1975 | Café Jacques Vabre : primauté des traités sur les lois antérieures |
📊 Tableaux de synthèse
Modes d’acquisition de la nationalité
| Technique | Idée centrale | Effet typique |
|---|
| Droit du sang | attribue la nationalité aux enfants de nationaux | rattachement par la nationalité des parents |
| Droit du sol | attribue la nationalité aux personnes nées sur le territoire | rattachement par le lieu de naissance |
| Naturalisation | acquisition d’une nationalité autre que celle de naissance | rupture d’allégeance et autre lien d’allégeance |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre nationalité et « nation » : la nationalité est un lien juridique, alors que la nation varie selon les traditions et usages.
- Croire que la nationalité est toujours « plus qu’une » : la logique Nottebohm suppose un lien plus étroit, ce qui complique la pluri-nationalité.
- Penser que la protection diplomatique est automatique : elle exige une nationalité pleinement effective et peut être écartée en cas de conflit de nationalités.
- Inverser les espaces maritimes : eaux territoriales = souveraineté pleine jusqu’à 12 milles, zone contiguë = contrôle contre certaines infractions jusqu’à 24, ZEE = ressources jusqu’à 200 milles avec liberté de nav.
- Croire que la reconnaissance d’État est constitutive : elle est déclarative, l’État existe indépendamment de la reconnaissance.
- Mélanger exclusivité et effectivité du gouvernement : l’exclusivité vise l’absence d’autorité concurrente, l’effectivité l’autorité réelle sur territoire et population.
- Penser que la légitimité interne ou le respect des droits de l’homme déterminent la qualification d’État : selon la doctrine Blair, non.
✅ Checklist Examen
- Définir l’État (territoire, population, autorité exclusive et effective) et expliquer le rôle du gouvernement dans ces critères.
- Expliquer la nationalité comme institution de droit interne (compétence exclusive et discrétionnaire de l’État) et distinguer acquisition à la naissance, droit du sang, droit du sol, naturalisation.
- Présenter les « situations anormales » : apatridie et pluralité de nationalités, et leurs difficultés (notamment obligations concurrentes).
- Expliquer l’effectivité de la nationalité en droit international et la protection diplomatique (lien pleinement effectif, principes en cas de pluralité).
- Exposer les limites de la compétence de l’État sur les étrangers : droit international/ européen des droits de l’homme et Convention de Genève (réfugiés).
- Décrire les éléments constitutifs du territoire : terrestre, maritime (eaux territoriales, zone contiguë, ZEE, plateau continental, haute mer) et aérien, puis le régime juridique (souveraineté, passage, acceptation).
- Maîtriser la notion d’extraterritorialités : comprendre l’idée de projection de souveraineté (navires au pavillon, services publics) plutôt que seulement une « renonciation ».
- Expliquer la reconnaissance de l’État : caractéristiques (acte unilatéral, sans formalisme, discrétionnaire) et effets (déclaratif, opposabilité dans les relations).
- Traiter les changements affectant l’État : continuité (survie malgré transformations) et succession (transmission de possession, questions de traités, biens/dettes).
- Présenter les prérogatives internationales de l’État : personnalité internationale, droit de légation, traités, réclamation internationale, recours à la force (cadre général).
- Expliquer la personnalité internationale des organisations : acte constitutif (traité), membres, personnalité internationale vs interne, compétences spécialisées et moyens (personnel, immunités).
- Décrire le système des NU : organes principaux (AG, Conseil de sécurité, secrétariat) et institutions spécialisées (ex : OIT, OMS) ainsi que les mécanismes de contrôle du droit international (arbitrage, juridictions).
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