Revision sheet: Introduction aux relations collectives et CSE

Plan du Cours

  1. Fondements des relations collectives
  2. Comité social et économique
  3. Établissement distinct et pĂ©rimĂštre Ă©lectoral
  4. Processus électoral du CSE
  5. Attributions du petit CSE
  6. Attributions du grand CSE
  7. Droits d'alerte et activités sociales
  8. Représentation de proximité
  9. Liberté syndicale
  10. Statut et actions du syndicat
  11. Accords collectifs et contrat de travail
  12. Révision et extinction des accords

1. Fondements des relations collectives

Notions clés & Définitions

  • Relation collective : Relation qui unit un ou plusieurs employeurs Ă  un groupement de salariĂ©s, organisĂ© ou non, avec ou sans personnalitĂ© civile.
  • Rééquilibrage de la relation de travail : FinalitĂ© des relations collectives consistant Ă  corriger l’asymĂ©trie du contrat individuel entre employeur et salariĂ©s.
  • Subordination du contrat individuel : MĂ©canisme expliquant pourquoi le contrat individuel est structurellement dĂ©sĂ©quilibrĂ© au dĂ©triment des salariĂ©s.
  • ReprĂ©sentation Ă©lue : Voie de reprĂ©sentation fondĂ©e sur des Ă©lus qui informent et portent la parole des salariĂ©s.
  • ReprĂ©sentation syndicale : Voie de reprĂ©sentation fondĂ©e sur des dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux qui portent des revendications.

Points essentiels

  • Le contrat individuel est structurellement inĂ©galitaire Ă  cause du lien de subordination qui place les salariĂ©s en position de dĂ©pendance face Ă  l’employeur.
  • Les relations collectives regroupent les salariĂ©s afin qu’ils pĂšsent davantage dans les Ă©changes avec l’employeur.
  • En France, la reprĂ©sentation des salariĂ©s fonctionne en double canal : reprĂ©sentation Ă©lue et reprĂ©sentation syndicale.
  • La reprĂ©sentation Ă©lue vise Ă  la fois l’information et la prise de parole des salariĂ©s dans l’entreprise.
  • Les dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux portent les revendications dans le cadre de la reprĂ©sentation syndicale.

Astuce mémo

Individuel = déséquilibre (subordination), collectif = poids (rééquilibrage) ; double voix : élus pour dire/informer, syndicats pour revendiquer.

2. Comité social et économique

Notions clés & Définitions

  • CSE : Le comitĂ© social et Ă©conomique est l’instance unique de reprĂ©sentation Ă©lue des salariĂ©s, issue de la fusion opĂ©rĂ©e en 2017.

Points essentiels

  • Le CSE remplace les anciennes instances (dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel, comitĂ© d’entreprise, CHSCT) depuis la rĂ©forme de 2017.
  • La mise en place du CSE est obligatoire dĂšs que l’effectif atteint 11 salariĂ©s pendant 12 mois consĂ©cutifs.
  • L’employeur prĂ©side le CSE et peut ĂȘtre assistĂ© de 3 collaborateurs.
  • La dĂ©lĂ©gation du personnel comprend des salariĂ©s Ă©lus titulaires et supplĂ©ants pour un mandat de 4 ans.
  • Les reprĂ©sentants syndicaux disposent d’une voix consultative uniquement et ne votent pas.
  • Le CSE est le canal unique de reprĂ©sentation Ă©lue, Ă  condition que chaque salariĂ© soit rattachĂ© Ă  un CSE.

Astuce mémo

CSE = unique “tribune” Ă©lue depuis 2017 (anciens DP/CE/CHSCT fusionnĂ©s).

3. Établissement distinct et pĂ©rimĂštre Ă©lectoral

Notions clés & Définitions

  • Double collĂšge : Organisation Ă©lectorale qui rĂ©partit les Ă©lecteurs en deux catĂ©gories, ouvriers et employĂ©s d’un cĂŽtĂ©, ingĂ©nieurs, cadres et agents de maĂźtrise de l’autre.
  • CollĂšge unique : Dispositif d’élection rĂ©servĂ© aux petites structures oĂč le nombre de salariĂ©s (11 Ă  24) conduit Ă  n’élire qu’un titulaire et un supplĂ©ant.
  • CollĂšge des cadres : CollĂšge spĂ©cifique prĂ©vu lorsque l’effectif des cadres atteint au moins 25 personnes, ce qui impose une organisation distincte.
  • DREETS : AutoritĂ© administrative appelĂ©e Ă  trancher la rĂ©partition des collĂšges lorsque les nĂ©gociations Ă©chouent dans l’organisation du scrutin.

Points essentiels

  • La rĂšgle du double collĂšge impose un collĂšge ouvriers/employĂ©s et un second ingĂ©nieurs/cadres/agents de maĂźtrise pour l’élection.
  • Un troisiĂšme collĂšge pour les cadres devient obligatoire lorsque le nombre de cadres est au moins Ă©gal Ă  25.
  • Pour 11 Ă  24 salariĂ©s, un collĂšge unique s’applique avec l’élection d’un titulaire et d’un supplĂ©ant.
  • En cas d’échec des nĂ©gociations sur la rĂ©partition, l’autoritĂ© administrative (DREETS) dĂ©cide aprĂšs une tentative loyale de nĂ©gociation.
  • Si aucun syndicat ne se prĂ©sente, l’employeur dĂ©cide seul la rĂ©partition des collĂšges.

Astuce mémo

Double collĂšge = 2 mondes : ouvriers/employĂ©s d’un cĂŽtĂ©, cadres/agents de maĂźtrise de l’autre.

4. Processus électoral du CSE

Notions clés & Définitions

  • Protocole d’Accord Préélectoral : Le protocole d’accord préélectoral fixe les modalitĂ©s pratiques des Ă©lections du CSE, sauf quand il reste silencieux sur certains points.
  • Monopole syndical du premier tour : Le premier tour est rĂ©servĂ© aux syndicats invitĂ©s Ă  nĂ©gocier le protocole d’accord préélectoral.
  • Quorum Ă©lectoral au CSE : Le second tour dĂ©pend de l’existence d’un quorum, avec un seuil vĂ©rifiĂ© par le niveau de votants parmi les inscrits.
  • Vote Ă©lectronique du CSE : Le vote Ă©lectronique est possible pour les Ă©lections du CSE seulement si un accord collectif le prĂ©voit, ou Ă  dĂ©faut si l’employeur en prend une dĂ©cision unilatĂ©rale.
  • Tribunal judiciaire Ă©lectoral : Le tribunal judiciaire est la juridiction compĂ©tente pour les contestations en matiĂšre Ă©lectorale du CSE, sans appel possible.

Points essentiels

  • Si le protocole d’accord préélectoral est silencieux sur les modalitĂ©s d’organisation, elles peuvent ĂȘtre fixĂ©es par le juge judiciaire, et Ă  dĂ©faut par l’employeur.
  • Le second tour a lieu en cas d’absence de quorum (votants < 50 % des inscrits) ou en l’absence de candidature syndicale au premier tour.
  • Les candidatures au second tour sont libres et le vote peut ĂȘtre organisĂ© physiquement, par correspondance ou par voie Ă©lectronique.
  • Le scrutin se dĂ©roule pendant le temps de travail, conformĂ©ment Ă  l’article L.2314-27 du Code du travail.
  • La contestation doit ĂȘtre portĂ©e devant le tribunal judiciaire dans les dĂ©lais de l’article R.2314-24 : 3 jours pour la liste Ă©lectorale et 15 jours pour la rĂ©gularitĂ© ou les listes de candidats.
  • L’élection peut ĂȘtre annulĂ©e si l’irrĂ©gularitĂ© est contraire aux principes gĂ©nĂ©raux du droit Ă©lectoral ou a influencĂ© le rĂ©sultat, et l’annulation n’est pas rĂ©troactive sur la perte de la qualitĂ© d’élu.

Astuce mémo

1er tour réservé aux syndicats du PAP ; 2e tour si quorum <50% ou pas de candidats syndicaux au 1er tour.

5. Attributions du petit CSE

Notions clés & Définitions

  • Petit CSE : Le petit CSE dĂ©signe le CSE dans les entreprises de moins de 50 salariĂ©s, avec un fonctionnement allĂ©gĂ© par rapport au grand CSE.
  • RĂ©union mensuelle : La rĂ©union du petit CSE a lieu au moins une fois par mois, avec des Ă©changes organisĂ©s selon une procĂ©dure Ă©crite et un retour de l’employeur.
  • Note Ă©crite prĂ©alable : La note Ă©crite des Ă©lus constitue le support formel de la rĂ©union, transmise Ă  l’employeur avant le rendez-vous.
  • Registre spĂ©cial : Le registre spĂ©cial est le support oĂč l’employeur consigne la confirmation Ă©crite de sa rĂ©ponse aprĂšs l’échange oral.

Points essentiels

  • Le petit CSE (moins de 50 salariĂ©s) est rĂ©uni collectivement au moins une fois par mois.
  • Les Ă©lus transmettent une note Ă©crite Ă  l’employeur au moins 2 jours avant la rĂ©union.
  • À la rĂ©ception de la note, l’employeur rĂ©pond oralement puis confirme par Ă©crit sur le registre spĂ©cial dans un dĂ©lai de 6 jours.
  • La procĂ©dure du petit CSE organise la transition entre rĂ©ponse orale et confirmation Ă©crite afin d’encadrer le dĂ©bat en rĂ©union.

Astuce mémo

RepÚre 2-6 : note 2 jours avant, réponse écrite sous 6 jours (sur registre spécial).

6. Attributions du grand CSE

7. Droits d'alerte et activités sociales

Notions clés & Définitions

  • Assistance juridique syndicale : L’assistance juridique est une activitĂ© du syndicat qui ne doit pas constituer son activitĂ© exclusive, surtout si elle est rĂ©munĂ©rĂ©e par les adhĂ©rents.
  • Action classique du syndicat : L’action classique est une action en justice du syndicat pour dĂ©fendre ses propres intĂ©rĂȘts de groupement, notamment contre des dĂ©cisions qui le concernent directement.
  • Action de substitution : L’action de substitution est une exception au principe de non-recours par procureur oĂč le syndicat agit Ă  la place d’un salariĂ© pour le protĂ©ger.
  • IntĂ©rĂȘt collectif de la profession : L’action en dĂ©fense de l’intĂ©rĂȘt collectif permet au syndicat d’agir pour tout fait causant un prĂ©judice direct ou indirect au collectif de la profession.

Points essentiels

  • Le syndicat possĂšde la personnalitĂ© civile, ce qui lui permet de constituer un patrimoine et d’agir en justice selon trois catĂ©gories d’actions distinctes.
  • L’assistance juridique ne doit pas ĂȘtre l’activitĂ© exclusive du syndicat, en particulier lorsqu’elle est rĂ©munĂ©rĂ©e par les adhĂ©rents, ce qui peut remettre en cause la rĂ©gularitĂ© de son activitĂ©.
  • L’action de substitution exige un texte spĂ©cial, un syndicat reprĂ©sentatif et l’absence d’opposition du salariĂ© informĂ© sur la dĂ©marche engagĂ©e.
  • La Cour de cassation impose de distinguer l’intĂ©rĂȘt collectif de la profession de l’intĂ©rĂȘt individuel du salariĂ© lors de l’apprĂ©ciation des demandes du syndicat.
  • Le syndicat peut obtenir des dommages-intĂ©rĂȘts pour le prĂ©judice portĂ© Ă  la profession, mais il ne peut pas demander au juge de rĂ©gulariser la situation individuelle des salariĂ©s, comme la requalification d’un contrat en CDI.

Astuce mémo

3 actions = dĂ©fendre, remplacer, protĂ©ger le collectif : classique → intĂ©rĂȘts du syndicat ; substitution → Ă  la place du salariĂ© ; intĂ©rĂȘt collectif → prĂ©judice Ă  toute la profession.

8. Représentation de proximité

9. Liberté syndicale

Notions clés & Définitions

  • ReprĂ©sentant de section syndicale RSS : Le RSS est un salariĂ© dĂ©signĂ© par un syndicat pour reprĂ©senter celui-ci dans l’entreprise, avec des rĂšgles de renouvellement encadrĂ©es.
  • Principe de loyautĂ© en nĂ©gociation : La loyautĂ© impose Ă  l’employeur et aux parties de conduire les Ă©changes de façon non discriminatoire et transparente entre syndicats concernĂ©s.
  • NullitĂ© de l’accord dĂ©loyal : La dĂ©loyautĂ© dans la nĂ©gociation peut entraĂźner l’anĂ©antissement de l’accord, mĂȘme s’il a Ă©tĂ© signĂ© par des parties.
  • Accord de mĂ©thodes : Un accord facultatif peut fixer Ă  l’avance les rĂšgles de nĂ©gociation, notamment les informations partagĂ©es, le calendrier et des moyens accordĂ©s aux nĂ©gociateurs.
  • Exception d’illĂ©galitĂ© : L’exception d’illĂ©galitĂ© permet d’écarter l’application d’un accord illĂ©gal dans un litige individuel, sans le supprimer pour tous.

Points essentiels

  • Le mĂȘme salariĂ© ne peut pas ĂȘtre dĂ©signĂ© Ă  nouveau RSS immĂ©diatement aprĂšs une non-reprĂ©sentativitĂ©, et le syndicat doit attendre 6 mois avant le renommer pour la pĂ©riode suivante.
  • Une nĂ©gociation est jugĂ©e dĂ©loyale si l’employeur n’invite pas tous les syndicats concernĂ©s Ă  la table, s’il nĂ©gocie sĂ©parĂ©ment pour isoler certains syndicats, ou s’il empĂȘche les discussions sur les termes dĂ©finitifs avant signature.
  • La sanction d’une dĂ©loyautĂ© est la nullitĂ© de l’accord conclu.
  • Si les parties concluent un accord de mĂ©thodes prĂ©voyant que sa violation entraĂźne la nullitĂ©, le juge appliquera cette nullitĂ© aux accords futurs ; sinon, seule la preuve d’une dĂ©loyautĂ© rĂ©elle peut faire tomber l’accord final.
  • L’exception d’illĂ©galitĂ© est perpĂ©tuelle et ne peut pas servir Ă  contester les conditions de nĂ©gociation (comme la dĂ©loyautĂ©), mais uniquement le contenu d’une clause ou la qualitĂ© des signataires.

Astuce mémo

LoyautĂ© = Tous Ă  la table : mĂȘmes rĂšgles pour tous les syndicats, sinon nullitĂ©.

10. Statut et actions du syndicat

Notions clés & Définitions

  • ReprĂ©sentativitĂ© syndicale : Notion dĂ©signant le niveau de poids Ă©lectoral d’un syndicat, qui devient dĂ©cisif pour l’extension d’un accord Ă  tout un secteur.
  • Monopole du dĂ©lĂ©guĂ© syndical : RĂšgle selon laquelle, dans les entreprises dotĂ©es d’un dĂ©lĂ©guĂ© syndical, les syndicats reprĂ©sentatifs ne peuvent pas choisir un autre mandataire pour nĂ©gocier et signer.
  • RĂ©fĂ©rendum de sauvetage : MĂ©canisme permettant de valider un accord d’entreprise minoritaire si une majoritĂ© des salariĂ©s votants l’approuve aprĂšs un appel Ă  consultation.
  • Action pour intĂ©rĂȘt collectif : ProcĂ©dure ouverte aux syndicats, mĂȘme non-signataires, lorsque l’inexĂ©cution d’un accord porte prĂ©judice Ă  l’ensemble de la profession.

Points essentiels

  • La reprĂ©sentativitĂ© n’est pas une condition pour nĂ©gocier, mais elle devient nĂ©cessaire pour l’extension d’un accord Ă  toutes les entreprises du secteur.
  • Un accord interprofessionnel valide obĂ©it Ă  une majoritĂ© dĂ©doublĂ©e : signature d’organisations ayant au moins 30% des suffrages exprimĂ©s et absence d’opposition de syndicats dĂ©passant 50% des suffrages.
  • Dans les entreprises pourvues d’un dĂ©lĂ©guĂ© syndical, le monopole du dĂ©lĂ©guĂ© syndical interdit aux syndicats reprĂ©sentatifs de choisir un autre mandataire pour nĂ©gocier et signer l’accord.
  • En cas d’échec des nĂ©gociations d’entreprise, l’employeur n’a pas Ă  conclure un accord mais doit Ă©tablir un PV de dĂ©saccord avec les propositions de chaque partie et les mesures unilatĂ©rales prĂ©vues.
  • Pour agir en justice, les syndicats signataires peuvent demander l’exĂ©cution et des dommages-intĂ©rĂȘts, et les syndicats non-signataires peuvent agir si l’inexĂ©cution nuit Ă  l’intĂ©rĂȘt collectif de la profession. (Chaque salariĂ© peut aussi agir individuellement.)

Astuce mémo

MajoritĂ© dĂ©doublĂ©e : 30% pour signer + pas d’opposition Ă  50% (puis au pire, rĂ©fĂ©rendum pour “sauver” l’accord d’entreprise).

11. Accords collectifs et contrat de travail

Notions clés & Définitions

  • Accord collectif de droit commun : Accord appliquĂ© au contrat de travail avec un effet automatique et immĂ©diat sur les relations individuelles, sans besoin d’acceptation du salariĂ©.
  • Conflit de clauses : Situation oĂč des clauses d’un accord et du contrat se contredisent, oĂč seule la clause la plus favorable au salariĂ© doit ĂȘtre retenue.
  • Accord de Performance Collective : RĂ©gime spĂ©cial permettant de modifier, via l’accord, des Ă©lĂ©ments du contrat (durĂ©e du travail, rĂ©munĂ©ration, mobilitĂ©) afin de prĂ©server l’emploi.
  • Usage et engagement unilatĂ©ral : RĂšgles non nĂ©gociĂ©es (pratiques ou engagements de l’employeur) qui peuvent ĂȘtre remplacĂ©es ou Ă©cartĂ©es par l’arrivĂ©e d’un accord collectif.

Points essentiels

  • L’accord collectif de droit commun produit un effet impĂ©ratif, automatique et immĂ©diat sur le contrat en application de l’article L.2254-1, et le salariĂ© ne peut pas y renoncer.
  • En cas de conflit, seule la clause la plus favorable s’applique : si l’accord est meilleur il se substitue au contrat, et s’il est moins bon il est Ă©cartĂ©.
  • Sauf loi contraire, un accord collectif ne peut pas modifier un contrat de travail de façon unilatĂ©rale.
  • L’Accord de Performance Collective (L.2254-2) substitue de plein droit ses clauses aux clauses contraires du contrat, mĂȘme si l’accord est dĂ©favorable.
  • Le salariĂ© peut refuser l’APC dans le mois, mais ce refus expose Ă  un licenciement fondĂ© sur une cause rĂ©elle et sĂ©rieuse prĂ©constituĂ©e.
  • Quand l’accord collectif est postĂ©rieur, il met fin automatiquement Ă  l’usage ou Ă  l’engagement unilatĂ©ral antĂ©rieur, quelle que soit sa faveur ; quand il est antĂ©rieur, on applique la rĂšgle la plus favorable.

Astuce mémo

Droit commun = « la meilleure clause gagne » ; APC = « substitution mĂȘme dĂ©favorable », avec refus sous 1 mois.

12. Révision et extinction des accords

Notions clés & Définitions

  • RĂ©vision de l’accord collectif : ProcĂ©dure permettant de modifier le contenu d’un accord sans mettre fin Ă  son existence, avec des rĂšgles qui varient selon la pĂ©riode par rapport au cycle Ă©lectoral.
  • Cycle Ă©lectoral : PĂ©riode d’environ 4 ans qui commande qui peut dĂ©clencher la rĂ©vision d’un accord de branche ou interprofessionnel, avec un basculement progressif du rĂ©gime.
  • Avenant de rĂ©vision : Accord modificatif qui se substitue de plein droit aux parties de l’accord initial qu’il vise, et peut ĂȘtre interprĂ©tatif avec effet rĂ©troactif Ă  la date initiale.
  • RĂ©vision-extinction : Technique admise par la jurisprudence oĂč un avenant peut Ă©teindre un accord sans lui substituer directement ses clauses, si un accord de remplacement autonome couvre le mĂȘme champ professionnel et gĂ©ographique.
  • Extinction de l’accord collectif : Fin de l’accord, par expiration, caducitĂ© liĂ©e Ă  la disparition de son objet ou par dĂ©nonciation ou mise en cause produisant ensuite un rĂ©gime de survie et de substitution.

Points essentiels

  • La rĂ©vision des accords de branche ou interprofessionnels suit une logique contractuelle pendant le mĂȘme cycle (≈4 ans), puis devient ouverte Ă  tout syndicat reprĂ©sentatif lors du cycle suivant.
  • L’employeur conserve la facultĂ© de dĂ©clencher la rĂ©vision des accords d’entreprise mĂȘme si le texte est parfois silencieux, et en l’absence de dĂ©lĂ©guĂ© syndical (<50 salariĂ©s) les acteurs sont interchangeables selon celui compĂ©tent Ă  l’instant T.
  • L’avenant de rĂ©vision se substitue de plein droit aux dispositions modifiĂ©es de l’accord initial, et s’il est qualifiĂ© d’interprĂ©tatif il peut produire un effet rĂ©troactif Ă  la date de l’accord initial.
  • Depuis l’admission de la rĂ©vision-extinction par la Cour de cassation le 4 octobre 2023, un avenant peut Ă©teindre l’accord Ă  condition qu’un accord de remplacement autonome couvre le mĂȘme champ professionnel et gĂ©ographique.
  • Par dĂ©faut, un accord dure 5 ans (L.2222-4) si les parties ne prĂ©cisent rien, et il cesse ses effets Ă  l’expiration sauf renouvellement ou clause de tacite reconduction.
  • En cas de dĂ©nonciation ou de mise en cause, l’accord survit pendant 3 mois de prĂ©avis puis 12 mois (15 mois au total) avec possibilitĂ© de substitution par un nouvel accord pendant cette pĂ©riode.

Astuce mémo

DĂ©nonciation / mise en cause = prĂ©avis 3 mois + survie 12 mois = 15 mois, puis nĂ©gociation d’un nouvel accord pendant la survie.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
2017Fusion des anciennes instances dans le CSE (ordonnances Macron de 2017).
1er juin 2023PrĂ©cision : un accord d’établissement ne suffit pas pour instaurer les reprĂ©sentants de proximitĂ©.
4 octobre 2023Admission de la « rĂ©vision-extinction » : un avenant peut Ă©teindre l’accord avec accord de remplacement autonome.
17 avril 2019Tentative loyale de nĂ©gociation prĂ©alable exigĂ©e avant dĂ©cision unilatĂ©rale de l’employeur (DUE).
17 mai 2011L’absence d’élections du CSE cause nĂ©cessairement un prĂ©judice aux salariĂ©s.

Tableaux de synthĂšse

Représentation des salariés : élu vs syndical

VoieActeursRĂŽle
Représentation élueCSE éluInforme + porte la parole des salariés
Représentation syndicaleDélégués syndicauxPorte les revendications

Petit CSE vs Grand CSE

EntrepriseRéunions/minimumAttributions clés
< 50 salariĂ©sAu moins 1 fois/moisRĂ©clamations (salaires/droit), SSCT, droits d’alerte, pas de revendications
≄ 50 salariĂ©s6 Ă  12/an (dont au moins 4 SSCT)+ information/consultation Ă©conomiques (pas de veto) + expertises et droit d’alerte Ă©conomique/social

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre « site physique » et « établissement distinct » : la loi impose un découpage fondé sur autonomie de gestion et implantation, pas sur de simples locaux.
  2. Croire que l’employeur peut dĂ©cider seul la rĂ©partition des collĂšges sans condition : en cas de dĂ©saccord il doit saisir la DREETS, et Ă  dĂ©faut seulement si aucun syndicat ne se prĂ©sente.
  3. Penser que le second tour du CSE est automatique : il dĂ©pend du quorum (votants < 50 % des inscrits) ou de l’absence de candidature syndicale au 1er tour.
  4. Oublier que le PAP ne se conteste que trĂšs restrictivement : un syndicat ayant signĂ© ou prĂ©sentĂ© sans rĂ©serve est en principe empĂȘchĂ© de contester.
  5. Confondre la contestation des élections (TJ) et celle du PAP : le Tribunal judiciaire statue en dernier ressort, sans appel, avec délais spécifiques.
  6. Citer les attributions du CSE sans distinguer celles des représentants de proximité : ces derniers ne peuvent jamais exercer les attributions consultatives du CSE.
  7. Réduire « accord de droit commun » à un pouvoir de modification unilatérale : sauf cas prévu, un accord ne peut pas modifier un contrat unilatéralement, sauf mécanismes spéciaux (APC).

Checklist Examen

  1. Expliquer ce qu’est une relation collective et son objectif de rééquilibrage via la subordination et le regroupement des salariĂ©s.
  2. Définir le CSE et préciser son caractÚre unique, sa mise en place obligatoire dÚs 11 salariés pendant 12 mois, et le mandat des élus (4 ans).
  3. Retenir la logique de dĂ©coupage en pĂ©rimĂštres : entreprise, UES, et Ă©tablissements distincts, avec l’idĂ©e de proximitĂ© et l’ordre de prioritĂ© (accord majoritaire puis subsidiaire puis DUE).
  4. MaĂźtriser le dĂ©clenchement des Ă©lections : obligation de l’employeur, renouvellement dans les 15 jours avant expiration, et Ă©lections partielles en cas de collĂšge non reprĂ©sentĂ© ou titulaires divisĂ©s par deux.
  5. Rappeler le PAP : invitation des syndicats concernés, obligation de loyauté, et que le manquement à la loyauté peut entraßner la nullité du PAP.
  6. ConnaĂźtre la rĂšgle des collĂšges : double collĂšge (ouvriers/employĂ©s ; ingĂ©nieurs/cadres/agents de maĂźtrise), exceptions (3e collĂšge cadres si ≄ 25 ; collĂšge unique 11 Ă  24) et que la DREETS tranche en cas d’échec des nĂ©gociations.
  7. Savoir les dĂ©lais et voies de contestation Ă©lectorales : TJ seul compĂ©tent, 3 jours pour la liste Ă©lectorale et 15 jours pour rĂ©gularitĂ©/lists de candidats, avec annulation non rĂ©troactive sur la perte de qualitĂ© d’élu.
  8. Distinguer les attributions du petit CSE (< 50) et du grand CSE (≄ 50) : rĂ©clamations vs information/consultation Ă©conomiques, SSCT, et droits d’alerte (Ă©conomique et social).
  9. Expliquer la procĂ©dure de consultation du CSE et le principe de silence (silence = avis nĂ©gatif), ainsi que l’arrĂȘt/dĂ©placement du dĂ©lai en cas d’informations insuffisantes et l’importance de la BDESE.
  10. PrĂ©senter la libertĂ© syndicale (collective et individuelle), le statut/capacitĂ© du syndicat et les 3 actions (classique, substitution, intĂ©rĂȘt collectif de la profession), en distinguant intĂ©rĂȘt collectif et intĂ©rĂȘt individuel.
  11. Rappeler les rĂšgles de conclusion des accords : validitĂ© des accords interprofessionnels/de branche et, pour l’entreprise, accord majoritaire puis rĂ©fĂ©rendum de sauvetage (si >30 %) et nĂ©gociation sans DS selon les tranches d’effectifs.
  12. Expliquer l’articulation des normes (loi vs accord, contrat, usage/engagement) et le mĂ©canisme d’articulation branche/entreprise en 3 blocs, puis les rĂšgles de rĂ©vision et extinction (durĂ©e 5 ans par dĂ©faut, dĂ©nonciation/mise en cause : prĂ©avis 3 mois + survie 12 mois).

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1. Quel est l’objectif principal des relations collectives dans l’entreprise ?

2. Dans quelle situation un collĂšge unique est-il prĂ©vu pour l’élection du CSE ?

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Relations collectives — dĂ©finition ?

Relations entre employeurs et salariés organisés.

Rééquilibrage de la relation — objectif ?

Corriger l’asymĂ©trie du contrat individuel.

Subordination — rîle ?

Explique le déséquilibre du contrat individuel.

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