đ Plan du Cours
- Liberté du mariage
- Conditions de fonds
- Conditions physiologiques
- Conditions psychologiques
- Formalités en France
- CĂ©lĂ©bration Ă lâĂ©tranger
- Nullité du mariage
- Opposition au mariage
- EmpĂȘchements dirimants
- EmpĂȘchements prohibitifs
- Effets nullité
đ 1. LibertĂ© du mariage
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Principe de liberté du mariage : La liberté de se marier, de choisir son conjoint ou de refuser le mariage, est un principe supérieur à la loi, garantissant le droit individuel de former ou de ne pas former un mariage.
- Valeur constitutionnelle : La liberté du mariage a été reconnue comme valeur constitutionnelle par le Conseil constitutionnel dans sa décision du 20 novembre 2003, affirmant son importance dans le cadre des droits fondamentaux.
- Garantie par la CEDH, article 12 : Selon lâarticle 12 de la Convention europĂ©enne des droits de lâhomme, « Ă partir de lâĂąge nubile, lâhomme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales ».
- Interdiction dâinterdire le mariage aux dĂ©tenus : La jurisprudence de la CEDH (5 janvier 2010, Frasik c. Pologne) affirme quâun Ătat ne peut pas empĂȘcher un dĂ©tenu de se marier, renforçant la libertĂ© individuelle dans ce domaine.
- Annulation des clauses de cĂ©libat : La jurisprudence (Cass. soc., 7 fĂ©vrier 1968) permet au juge civil dâannuler les clauses de cĂ©libat imposĂ©es dans certains contrats ou situations, protĂ©geant la libertĂ© de choix matrimonial.
đ Points essentiels
- La liberté du mariage est un principe supérieur à la loi, affirmé par la jurisprudence constitutionnelle et internationale.
- La CEDH garantit ce droit dĂšs lâĂąge nubile, sans discrimination, y compris pour les dĂ©tenus (CEDH, 5 janv. 2010, Frasik c. Pologne).
- La valeur constitutionnelle a été affirmée par le Conseil constitutionnel (20 novembre 2003), renforçant la protection juridique du principe.
- La jurisprudence permet lâannulation des clauses de cĂ©libat (Cass. soc., 7 fĂ©vrier 1968) et dĂ©clare abusif le licenciement fondĂ© sur le mariage (Cass. soc., 17 mars 1971).
- La libertĂ© du mariage peut ĂȘtre limitĂ©e par des conditions de fonds, de forme ou de sanctions, mais son principe demeure fondamental.
đĄ Ă retenir
La liberté du mariage, principe supérieur à la loi et garanti par la Constitution et la CEDH, permet à chaque individu de choisir ou de refuser son conjoint, renforçant la protection des droits fondamentaux liés à la vie privée et familiale.
đ 2. Conditions de fonds
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
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Prohibition de la polygamie (article 147 CC) : interdiction dâavoir plusieurs mariages simultanĂ©s, mĂȘme si le mariage est cĂ©lĂ©brĂ© Ă lâĂ©tranger. Selon lâarticle 147 du Code civil, « on ne peut contracter un second mariage avant la dissolution du premier ». La polygamie Ă©trangĂšre peut produire certains effets en France si la loi personnelle de lâĂ©pouse lâadmet, mais est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme nulle si la loi française ou la loi personnelle de lâĂ©pouse lâinterdit. La polygamie est punie pĂ©nalement par lâarticle 433-20 du Code pĂ©nal (1 an de prison, 45 000 ⏠dâamende).
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Interdiction absolue de lâinceste : aucune dispense nâest possible entre parents en ligne directe (article 162 CC) ou entre frĂšres et sĆurs (article 164 CC). La Cour europĂ©enne des droits de lâhomme (CEDH, 12 avr. 2012) garantit le respect de cette interdiction, qui constitue une violation du droit au respect de la vie privĂ©e et familiale si elle est levĂ©e dans des circonstances exceptionnelles (Civ 1, 4 dĂ©c. 2013). Elle sâapplique aussi aux alliĂ©s en ligne directe et Ă lâadoptĂ© dans certains cas.
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Interdiction relative de lâinceste : peut ĂȘtre levĂ©e par autorisation du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave. Elle concerne notamment les collatĂ©raux jusquâau 3e degrĂ©, les enfants adoptifs du mĂȘme individu, ou en cas de dĂ©cĂšs de lâun des Ă©poux (article 164-1 CC). La dispense est exceptionnelle et soumise Ă une procĂ©dure spĂ©cifique.
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Mariage entre cousins (à partir du 4e degré) : librement autorisé en France, sans nécessité de dispense. La loi autorise le mariage entre cousins au-delà du 3e degré, ce qui facilite la constitution de familles et de liens familiaux étendus.
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Bigamie Ă©trangĂšre et effets en France : la bigamie, mĂȘme si elle est rĂ©guliĂšre Ă lâĂ©tranger, nâa aucun effet en France si la loi personnelle de lâĂ©pouse ou la loi française lâinterdit. La nullitĂ© du mariage bigame est automatique si la loi française ou la loi personnelle de lâĂ©pouse le prohibe, notamment pour les Ă©pouses françaises ou celles dont la loi personnelle nâadmet pas la polygamie.
đ Points essentiels
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La polygamie est strictement interdite en France (article 147 CC), punie pĂ©nalement par lâarticle 433-20 du Code pĂ©nal, et nâa pas dâeffet en France si la loi personnelle de lâĂ©pouse ou la loi française lâinterdit. La polygamie Ă©trangĂšre peut produire certains effets en France si la loi personnelle de lâĂ©pouse lâadmet, notamment pour des droits alimentaires ou successoraux (Cass. Civ 1, 28 fĂ©v. 1958 ; 3 janv. 1980).
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Lâinterdiction absolue de lâinceste concerne les relations entre parents en ligne directe et frĂšres/sĆurs, sans possibilitĂ© de dispense. La Cour europĂ©enne des droits de lâhomme (CEDH, 12 avr. 2012) confirme que cette interdiction ne viole pas le droit au respect de la vie privĂ©e.
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Lâinterdiction relative de lâinceste peut ĂȘtre levĂ©e dans des circonstances exceptionnelles, notamment par dĂ©cision du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave (Civ 1, 4 dĂ©c. 2013 ; 8 dĂ©c. 2016). Elle concerne aussi les relations entre alliĂ©s en ligne directe aprĂšs dissolution du mariage ou entre collatĂ©raux jusquâau 3e degrĂ©.
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Le mariage entre cousins est autorisé à partir du 4e degré, favorisant la constitution de liens familiaux étendus.
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La bigamie Ă©trangĂšre, si elle est rĂ©guliĂšre Ă lâĂ©tranger, peut produire certains effets en France, notamment en matiĂšre successorale ou de droits alimentaires, mais reste nulle si la loi française ou la loi personnelle de lâĂ©pouse lâinterdit.
đĄ Ă retenir
La lĂ©gislation française interdit la polygamie et lâinceste absolu, tout en permettant sous conditions la levĂ©e de lâinceste relatif et le mariage entre cousins Ă partir du 4e degrĂ©. La bigamie Ă©trangĂšre nâa dâeffet en France que si elle nâest pas contraire Ă lâordre public français.
đ 3. Conditions physiologiques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Condition dâĂąge minimum (18 ans) : Lâarticle 144 du Code Civil stipule que « le mariage ne peut ĂȘtre contractĂ© avant dix-huit ans rĂ©volus ». La dispense peut ĂȘtre accordĂ©e par le procureur pour motifs graves, ou avec lâautorisation des parents. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
- Mariage in extremis : FormalitĂ©s simplifiĂ©es permettant la cĂ©lĂ©bration en urgence, notamment lorsque lâun des futurs Ă©poux exprime sa volontĂ© auparavant, ou en cas de situation grave. La cĂ©rĂ©monie peut se faire Ă domicile ou en dĂ©placement de lâofficier dâĂ©tat civil. Produit tous les effets dâun mariage, notamment successoraux. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
- Mariage posthume : Mariage cĂ©lĂ©brĂ© aprĂšs le dĂ©cĂšs dâun Ă©poux, si ce dernier a exprimĂ© de son vivant un consentement non Ă©quivoque. AutorisĂ© par les ministres de la DĂ©fense et de la Justice en cas de guerre ou opĂ©ration militaire. Nâouvre ni rĂ©gime matrimonial ni droit successoral. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
- Absence de condition liĂ©e Ă lâĂ©tat de santĂ© : La loi ne prĂ©voit pas de condition dâĂ©tat de santĂ© pour le mariage. La dissimulation dâinformations sur la santĂ© peut entraĂźner nullitĂ© pour erreur ou divorce pour faute. La suppression du certificat prĂ©nuptial en 2007 a simplifiĂ© la procĂ©dure. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
- Condition tenant au sexe des Ă©poux : Depuis la loi du 17 mai 2013, le mariage peut ĂȘtre contractĂ© par deux personnes de sexe diffĂ©rent ou de mĂȘme sexe. La dĂ©finition du mariage nâest plus limitĂ©e Ă lâunion dâun homme et dâune femme. AUTEUR (2013) : loi n° 2013-404.
- Dispenses : Autorisations exceptionnelles permettant de dĂ©roger Ă certaines conditions, notamment lâĂąge ou dâautres empĂȘchements. La dispense dâĂąge est accordĂ©e par le procureur pour motifs graves. La dispense dâinceste ou dâincapacitĂ© peut ĂȘtre accordĂ©e par le prĂ©sident de la RĂ©publique dans des circonstances exceptionnelles. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
đ Points essentiels
- La majorité matrimoniale est fixée à 18 ans, avec possibilité de dispense pour motifs graves (article 144 CC).
- Le mariage in extremis permet de cĂ©lĂ©brer rapidement un mariage lorsque la situation lâexige, tout en conservant ses effets civils et successoraux.
- Le mariage posthume, autorisé en cas de consentement non équivoque exprimé de son vivant, ne confÚre pas de régime matrimonial ni de droits successoraux, sauf exception pour des motifs graves ou en situation de guerre.
- La loi du 17 mai 2013 a Ă©tendu la possibilitĂ© de mariage aux personnes de mĂȘme sexe, supprimant la condition de diffĂ©rence de sexe.
- La suppression du certificat prĂ©nuptial en 2007 a simplifiĂ© la procĂ©dure, sans condition liĂ©e Ă lâĂ©tat de santĂ©. La dissimulation dâinformations peut entraĂźner nullitĂ© ou divorce.
- La dispense dâĂąge ou dâinceste est accordĂ©e dans des circonstances exceptionnelles, notamment par le procureur ou le prĂ©sident de la RĂ©publique, pour motifs graves.
đĄ Ă retenir
Les conditions physiologiques du mariage, notamment lâĂąge, le sexe, et la possibilitĂ© de dispenses, ont Ă©tĂ© largement assouplies ou modifiĂ©es, notamment avec la reconnaissance du mariage homosexuel en 2013 et la suppression du certificat prĂ©nuptial en 2007. La lĂ©gislation prĂ©voit Ă©galement des modalitĂ©s exceptionnelles comme le mariage in extremis ou posthume, sous rĂ©serve de conditions strictes.
đ 4. Conditions psychologiques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
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NĂ©cessitĂ© du libre et plein consentement (article 16 DDHC) : Selon DDHC (1789), le mariage ne peut ĂȘtre contractĂ© quâavec le consentement libre et Ă©clairĂ© des Ă©poux, garantissant la libertĂ© individuelle dans la formation du mariage.
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NullitĂ© pour absence de consentement (article 146 CC) : Le mariage est nul si lâun des Ă©poux nâa pas donnĂ© son consentement de façon libre, ce qui constitue une cause de nullitĂ© absolue, confirmĂ©e par article 146 du Code Civil.
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InsanitĂ© dâesprit et intervalle de luciditĂ© : La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre prononcĂ©e si lâun des Ă©poux Ă©tait atteint dâune insanitĂ© mentale au moment de la cĂ©lĂ©bration, sauf si un intervalle de luciditĂ©, suffisamment long, lui a permis de prendre conscience de son engagement (voir article 146 CC). La prĂ©somption dâexistence de cet intervalle repose sur la loi.
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NullitĂ© pour violence ou erreur (article 180 CC) : Le mariage peut ĂȘtre annulĂ© si lâun des Ă©poux a Ă©tĂ© contraint par violence ou si une erreur essentielle sur la personne ou ses qualitĂ©s a Ă©tĂ© commise, conformĂ©ment Ă article 180 du Code Civil.
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CapacitĂ© matrimoniale du mineur : La capacitĂ© du mineur Ă se marier est conditionnĂ©e par une dispense dâĂąge accordĂ©e par le procureur ou une autorisation familiale, selon articles 148 et suivants du CC. La capacitĂ© psychologique est donc conditionnĂ©e par la reconnaissance de cette capacitĂ© spĂ©cifique.
đ Points essentiels
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La libertĂ© du consentement est un principe fondamental, garanti par lâarticle 16 DDHC et la jurisprudence, qui impose que le mariage ne puisse rĂ©sulter dâune contrainte ou dâune erreur essentielle. La jurisprudence refuse toute valeur contractuelle aux fiançailles, insistant sur le caractĂšre volontaire du consentement (voir article 146 CC).
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La nullitĂ© pour absence de consentement peut ĂȘtre demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, dans un dĂ©lai de 5 ans Ă partir de la cĂ©lĂ©bration (article 181 CC). La nullitĂ© est absolue, ce qui signifie quâelle peut ĂȘtre invoquĂ©e Ă tout moment.
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La notion dâinsanitĂ© dâesprit repose sur la capacitĂ© du conjoint Ă comprendre la nature et la portĂ©e de lâacte matrimonial. La prĂ©somption dâun intervalle de luciditĂ© est renforcĂ©e par la jurisprudence, permettant la nullitĂ© si lâĂ©tat mental a empĂȘchĂ© le consentement Ă©clairĂ©.
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La violence morale ou physique, ainsi que lâerreur sur la personne ou ses qualitĂ©s essentielles, peuvent entraĂźner lâannulation du mariage. La loi du 4 avril 2006 et la loi du 9 juillet 2010 renforcent la lutte contre les mariages forcĂ©s et les mariages forcĂ©s, notamment par des ordonnances de protection.
đĄ Ă retenir
Le mariage repose sur le principe du consentement libre et Ă©clairĂ©, dont la violation peut entraĂźner la nullitĂ©, notamment en cas dâinsanitĂ© dâesprit, de violence ou dâerreur essentielle. La capacitĂ© psychologique, notamment celle du mineur ou du majeur protĂ©gĂ©, doit ĂȘtre reconnue pour que le consentement soit valable.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Publication des bans : Affichage officiel du projet de mariage dans la mairie du lieu de célébration et de résidence des futurs époux, au moins dix jours avant la cérémonie, afin de permettre toute opposition.
- Audition prĂ©alable des futurs Ă©poux : Entretien rĂ©alisĂ© par lâofficier dâĂ©tat civil pour vĂ©rifier lâintention matrimoniale, pouvant ĂȘtre menĂ©e sĂ©parĂ©ment ou en prĂ©sence dâun mineur hors de la prĂ©sence des parents, conformĂ©ment Ă lâarticle 63 du CC.
- Preuve du mariage : Acte inscrit au registre de lâĂ©tat civil, qui constitue la preuve lĂ©gale de la cĂ©lĂ©bration. En cas de perte ou dâabsence de registre, la possession dâĂ©tat ou un tĂ©moignage peuvent faire office de preuve (art. 194 du CC).
- CĂ©lĂ©bration publique en mairie : CĂ©rĂ©monie officielle rĂ©publicaine, oĂč lâofficier dâĂ©tat civil, en prĂ©sence de tĂ©moins, dĂ©clare lâunion des futurs Ă©poux, conformĂ©ment Ă lâarticle 74 du CC.
- Sanctions en cas de non-respect des formalitĂ©s : Amende civile pouvant aller jusquâĂ 30 euros pour lâofficier dâĂ©tat civil en cas de manquement aux formalitĂ©s prĂ©paratoires, sans nullitĂ© du mariage (art. 169 du CC).
đ Points essentiels
- La publication des bans doit ĂȘtre affichĂ©e au moins dix jours avant la cĂ©lĂ©bration, dans la mairie du lieu de cĂ©lĂ©bration et de rĂ©sidence, sauf dispense pour cause grave (art. 169 du CC).
- Lâaudition prĂ©alable vise Ă confirmer la volontĂ© rĂ©elle des futurs Ă©poux, avec possibilitĂ© dâaudition sĂ©parĂ©e ou hors de la prĂ©sence des parents pour un mineur (art. 63 du CC).
- La preuve du mariage repose principalement sur lâinscription sur le registre de lâĂ©tat civil, mais la possession dâĂ©tat ou un tĂ©moignage peuvent Ă©galement faire foi en cas de contestation ou de perte du registre (art. 194 du CC).
- La cĂ©lĂ©bration doit ĂȘtre publique, dans une salle communale, par un officier dâĂ©tat civil, en prĂ©sence dâau moins deux tĂ©moins, et doit respecter un cĂ©rĂ©monial prĂ©cis (art. 75 du CC).
- En cas de non-respect des formalitĂ©s, seule une amende civile est prĂ©vue, sans nullitĂ© du mariage, sauf si la formalitĂ© est essentielle et que son omission a empĂȘchĂ© la validitĂ© de la cĂ©rĂ©monie (art. 169 du CC).
đĄ Ă retenir
Les formalitĂ©s en France, comprenant la publication des bans, lâaudition prĂ©alable, la preuve par inscription et la cĂ©lĂ©bration publique, sont essentielles pour assurer la lĂ©galitĂ© et la respectabilitĂ© du mariage, avec des sanctions principalement administratives en cas de manquement.
đ 6. CĂ©lĂ©bration Ă lâĂ©tranger
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Mariage cĂ©lĂ©brĂ© Ă lâĂ©tranger devant autoritĂ©s consulaires françaises : mariage effectuĂ© par les autoritĂ©s diplomatiques ou consulaires françaises Ă lâĂ©tranger, sous le contrĂŽle de la loi française, permettant une reconnaissance en France.
- Certificat de capacitĂ© Ă mariage : document dĂ©livrĂ© par les autoritĂ©s diplomatiques ou consulaires françaises, attestant que le mariage Ă lâĂ©tranger respecte les conditions lĂ©gales françaises, notamment en matiĂšre de capacitĂ© des futurs Ă©poux.
- Transcription des mariages Ă©trangers sur registres français : procĂ©dure par laquelle lâĂ©tat civil français inscrit le mariage cĂ©lĂ©brĂ© Ă lâĂ©tranger dans ses registres, lui confĂ©rant effet civil en France.
- ContrÎle renforcé des mariages étrangers (loi 2006) : dispositif législatif visant à vérifier la conformité des mariages étrangers aux exigences françaises, notamment pour lutter contre les mariages forcés, polygames ou simulés, avec un délai de 6 mois pour agir en nullité (voir "la légitimité").
- Effets des mariages Ă©trangers en France sauf contrariĂ©tĂ© Ă lâordre public français : reconnaissance automatique des effets civils du mariage Ă©tranger en France, sauf si contraire Ă lâordre public français (ex : mariage forcĂ©, polygamie, incest).
đ Points essentiels
- La cĂ©lĂ©bration Ă lâĂ©tranger peut se faire devant autoritĂ©s consulaires françaises, sous contrĂŽle de la loi française, ou devant autoritĂ©s locales, sous rĂ©serve du respect des formalitĂ©s françaises, notamment la dĂ©livrance dâun certificat de capacitĂ© Ă mariage (loi 2006).
- La transcription du mariage Ă©tranger sur les registres français est une Ă©tape essentielle pour que ses effets civils soient reconnus en France. Elle doit ĂȘtre effectuĂ©e dans un dĂ©lai de 6 mois aprĂšs la cĂ©lĂ©bration, sauf suspicion de nullitĂ© ou non-respect des conditions lĂ©gales.
- La lĂ©gislation française prĂ©voit un contrĂŽle renforcĂ© pour lutter contre les mariages Ă risque (polygamie, mariage forcĂ©, simulĂ©), avec possibilitĂ© dâagir en nullitĂ© dans un dĂ©lai de 6 mois Ă compter de la transcription ou de la connaissance du mariage (loi 2006).
- En principe, les effets du mariage Ă©tranger sont reconnus en France, sauf si leur reconnaissance est contraire Ă lâordre public français (ex : mariage forcĂ©, polygamie, incest). La jurisprudence insiste sur la compatibilitĂ© avec les principes fondamentaux français.
- La procĂ©dure de certificat de capacitĂ© Ă mariage doit ĂȘtre respectĂ©e pour les mariages cĂ©lĂ©brĂ©s par les autoritĂ©s françaises Ă lâĂ©tranger, garantissant leur conformitĂ© aux exigences françaises.
đĄ Ă retenir
Le mariage cĂ©lĂ©brĂ© Ă lâĂ©tranger devant autoritĂ©s consulaires françaises, aprĂšs obtention dâun certificat de capacitĂ©, puis transcription, bĂ©nĂ©ficie en France dâeffets civils sauf si contraire Ă lâordre public, notamment en cas de mariages forcĂ©s, polygamie ou incest.
đ 7. NullitĂ© du mariage
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- NullitĂ© absolue pour absence de consentement : NullitĂ© du mariage lorsqu'il est contractĂ© sans le libre et plein consentement des Ă©poux, conformĂ©ment Ă lâarticle 146 du Code civil. La jurisprudence insiste sur l'importance du consentement vĂ©ritable, notamment en cas dâerreur ou violence (article 180 du CC).
- NullitĂ© pour mariage simulĂ© sans intention matrimoniale : NullitĂ© du mariage lorsque les Ă©poux poursuivent un but autre que la crĂ©ation dâune union matrimoniale rĂ©elle, notamment pour obtenir un avantage ou dissimuler une autre relation, conformĂ©ment Ă lâarticle 63 al.2 du CC. La jurisprudence exige une vĂ©ritable intention matrimoniale pour valider le mariage (1997).
- NullitĂ© pour insanitĂ© dâesprit au moment du mariage : NullitĂ© du mariage si lâun des Ă©poux nâĂ©tait pas sain dâesprit lors de la cĂ©lĂ©bration, selon lâarticle 146 du CC. La nullitĂ© est absolue, mais le consentement est prĂ©sumĂ© valable si recueilli durant un intervalle lucide suffisant.
- NullitĂ© pour violence ou erreur sur la personne : NullitĂ© du mariage si le consentement a Ă©tĂ© viciĂ© par une violence physique ou morale, ou si erreur sur lâidentitĂ© ou les qualitĂ©s essentielles de la personne a Ă©tĂ© dĂ©terminante, conformĂ©ment Ă lâarticle 180 du CC. La violence peut inclure la crainte rĂ©vĂ©rencielle (loi du 4 avril 2006).
- ProcĂ©dure dâopposition et dĂ©lai dâaction du ministĂšre public : Lâopposition au mariage peut ĂȘtre formulĂ©e par le ministĂšre public dans les 15 jours suivant la cĂ©lĂ©bration, notamment en cas de doute sur lâintention matrimoniale ou la conformitĂ© aux empĂȘchements, avec possibilitĂ© de faire opposition ou de surseoir Ă la cĂ©lĂ©bration (article 63 al.2 du CC).
đ Points essentiels
- La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre absolue ou relative, selon la gravitĂ© de la cause. La nullitĂ© absolue, notamment pour absence de consentement, insanitĂ© dâesprit ou mariage simulĂ©, entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage (art. 180, 146 CC).
- La jurisprudence insiste sur la nĂ©cessitĂ© dâun vĂ©ritable consentement, notamment en cas dâerreur sur lâidentitĂ© ou sur des qualitĂ©s essentielles, avec une conception objective retenue par le juge français.
- La nullité pour mariage simulé est récente (1997), exigeant une absence de véritable intention matrimoniale, ce qui exclut les mariages conclus pour des motifs purement utilitaires ou fictifs.
- La nullitĂ© pour insanitĂ© dâesprit doit ĂȘtre prouvĂ©e, mais le trouble mental doit avoir existĂ© au moment de la cĂ©lĂ©bration, avec une prĂ©somption en faveur de la bonne foi.
- La procĂ©dure dâopposition, notamment par le ministĂšre public, permet de prĂ©venir la cĂ©lĂ©bration dâun mariage entachĂ© dâun vice grave, avec un dĂ©lai de 15 jours pour agir. La nullitĂ© peut ĂȘtre demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, dans un dĂ©lai de 30 ans (art. 181, 191 CC).
đĄ Ă retenir
La nullitĂ© du mariage, quâelle soit absolue ou relative, vise Ă garantir la lĂ©gitimitĂ© du consentement et la conformitĂ© aux empĂȘchements lĂ©gaux, en permettant une annulation rĂ©troactive lorsque ces conditions ne sont pas remplies.
đ 8. Opposition au mariage
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
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Opposition par le procureur de la RĂ©publique : ProcĂ©dure permettant au ministĂšre public de saisir le tribunal dans les 15 jours suivant lâalerte dâun officier dâĂ©tat civil pour faire obstacle Ă la cĂ©lĂ©bration dâun mariage, notamment en cas de doute sur lâintention matrimoniale ou de mariage fictif (article 63 al.2 du CC).
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Audition des futurs Ă©poux en cas de doute sur lâintention matrimoniale : ProcĂ©dure dâenquĂȘte oĂč lâofficier dâĂ©tat civil peut auditionner sĂ©parĂ©ment les futurs Ă©poux pour vĂ©rifier leur vĂ©ritable volontĂ© de se marier. En cas de suspicion, il peut saisir le procureur de la RĂ©publique (article 63 al.2 du CC).
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DĂ©lai de 15 jours pour opposition ou sursis Ă cĂ©lĂ©bration : PĂ©riode durant laquelle le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de laisser procĂ©der au mariage, faire opposition ou surseoir Ă la cĂ©lĂ©bration en attendant les rĂ©sultats de lâenquĂȘte (article 63 al.2 du CC).
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Mariage fictif : mariage contractĂ© sans vĂ©ritable intention matrimoniale, souvent dans le but dâobtenir un avantage ou de contourner la loi (ex : rĂ©gularisation de sĂ©jour). La jurisprudence exige une communautĂ© de vie rĂ©elle pour la validitĂ© (article 63 al.2 du CC).
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Notion de motifs divers pour opposition : Lâopposition peut ĂȘtre fondĂ©e sur divers motifs, notamment la polygamie, lâinceste, la fraude Ă la loi, ou encore lâabsence dâintention matrimoniale, notamment en cas de mariage simulĂ© ou fictif (article 63 al.2 du CC).
đ Points essentiels
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La procĂ©dure dâopposition est encadrĂ©e par lâarticle 63 al.2 du Code civil, qui prĂ©voit une audition prĂ©alable des futurs Ă©poux en cas de doute sur leur intention matrimoniale. Le procureur de la RĂ©publique dispose de 15 jours pour intervenir, soit en laissant procĂ©der au mariage, soit en faisant opposition ou en sursevant Ă la cĂ©lĂ©bration.
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La jurisprudence insiste sur la nĂ©cessitĂ© dâune communautĂ© de vie rĂ©elle pour que le mariage soit valable, notamment en cas de mariage simulĂ© ou fictif (article 63 al.2 du CC). La Cour de cassation a prĂ©cisĂ© que le mariage purement fictif ne relĂšve pas de la sphĂšre protĂ©gĂ©e par la Convention europĂ©enne des droits de lâhomme (CEDH).
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La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre demandĂ©e si un vice de forme ou un empĂȘchement dirimant est constatĂ©, mais lâopposition administrative ou judiciaire vise surtout Ă prĂ©venir la formation dâun mariage non conforme aux conditions lĂ©gales ou Ă la volontĂ© rĂ©elle des Ă©poux.
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La procĂ©dure dâopposition est une mesure prĂ©ventive, permettant de prĂ©venir la formation dâun mariage irrĂ©gulier ou frauduleux, et non une sanction automatique. Elle sâinscrit dans une logique de contrĂŽle de la lĂ©galitĂ© et de la sincĂ©ritĂ© du consentement.
đĄ Ă retenir
Lâopposition au mariage, notamment par le procureur de la RĂ©publique, constitue un outil essentiel pour prĂ©venir les mariages fictifs ou frauduleux, en permettant une vĂ©rification approfondie de lâintention matrimoniale dans un dĂ©lai de 15 jours, renforçant ainsi la lĂ©gitimitĂ© et la sincĂ©ritĂ© du mariage.
đ 9. EmpĂȘchements dirimants
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- EmpĂȘchements dirimants : Interdictions absolues prĂ©vues par la loi qui empĂȘchent la validitĂ© du mariage. Leur violation entraĂźne la nullitĂ© du mariage (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).
- Inceste absolu : Interdiction totale de mariage entre certains membres de la famille en ligne directe ou entre frĂšres et sĆurs, sans possibilitĂ© de dispense. (CIV, 12 avr. 2012) : « aucune dispense nâest possible » pour ces cas.
- Polygamie : Contrat de mariage simultanĂ© avec plusieurs Ă©poux ou Ă©pouses, interdit en France (article 147 CC). La violation constitue un empĂȘchement dirimant, entraĂźnant la nullitĂ© du mariage.
- Effet de nullitĂ© absolue : NullitĂ© qui ne peut ĂȘtre couverte ou rĂ©gularisĂ©e, en cas de violation dâun empĂȘchement dirimant, comme lâinceste ou la polygamie. Elle entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage (art. 180, 182 CC).
- Lien familial et capacitĂ© : Les interdictions liĂ©es Ă la famille (inceste, polygamie) ou Ă la capacitĂ© (mineur sans autorisation) sont des empĂȘchements dirimants, qui empĂȘchent la validitĂ© du mariage dĂšs leur existence.
- NullitĂ© du mariage : ConsĂ©quence automatique ou demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, en cas de violation dâun empĂȘchement dirimant, dans un dĂ©lai de 5 ans Ă partir de la cĂ©lĂ©bration (art. 181 CC).
đ Points essentiels
- Les empĂȘchements dirimants concernent principalement lâinceste absolu, la polygamie, et certains liens familiaux prohibĂ©s.
- La polygamie, interdite en France par lâarticle 147 CC, est punie pĂ©nalement (article 433-20 du Code pĂ©nal : 1 an de prison, 45 000 ⏠dâamende). MĂȘme si un mariage polygame est cĂ©lĂ©brĂ© Ă lâĂ©tranger, ses effets en France sont nuls si la loi personnelle de lâĂ©pouse française ou sa loi nâadmet pas la polygamie.
- Lâinceste absolu concerne les relations entre parents en ligne directe ou entre frĂšres et sĆurs, sans possibilitĂ© de dispense. Lâinceste relatif peut ĂȘtre levĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique dans des circonstances exceptionnelles (Civ, 4 dĂ©c. 2013 ; 8 dĂ©c. 2016).
- La nullitĂ© pour violation dâun empĂȘchement dirimant est automatique, et entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage, avec ses effets patrimoniaux et successoraux.
- La nullitĂ© ne peut ĂȘtre invoquĂ©e que par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, dans un dĂ©lai de 5 ans Ă compter de la cĂ©lĂ©bration (art. 181 CC).
đĄ Ă retenir
Les empĂȘchements dirimants, en tant quâinterdictions absolues, empĂȘchent la validitĂ© du mariage dĂšs leur existence et entraĂźnent sa nullitĂ© automatique, protĂ©geant lâordre public familial et moral.
đ 10. EmpĂȘchements prohibitifs
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- EmpĂȘchements prohibitifs : Interdictions absolues ou relatives empĂȘchant la validitĂ© du mariage, pouvant faire lâobjet dâune dispense (ex : inceste relatif). Leur violation entraĂźne la nullitĂ© du mariage (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).
- Dispenses : Autorisations exceptionnelles accordĂ©es par le prĂ©sident de la RĂ©publique pour lever certains empĂȘchements relatifs, notamment en cas de circonstances graves ou dâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur (Civ 1, 4 dĂ©cembre 2013 ; Civ 1, 8 dĂ©cembre 2016).
- Inceste absolu : Interdiction totale sans possibilitĂ© de dispense, entre parents en ligne directe (de lâenfant aux grands-parents) ou frĂšres et sĆurs. La violation entraĂźne une nullitĂ© absolue du mariage (articles 180 et 182 du Code civil).
- Inceste relatif : Interdiction levĂ©e sous conditions, notamment par dispense du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave, notamment entre alliĂ©s en ligne directe dissous ou collatĂ©raux jusquâau 3e degrĂ© (Civ 1, 4 dĂ©cembre 2013 ; Civ 1, 8 dĂ©cembre 2016).
- Bigamie Ă©trangĂšre : Mariage simultanĂ© Ă lâĂ©tranger, reconnu en France si la loi personnelle de lâĂ©poux français ou de sa loi personnelle nâinterdit pas la polygamie. En revanche, un mariage bigame cĂ©lĂ©brĂ© Ă lâĂ©tranger nâa aucun effet en France si la loi personnelle interdit la polygamie (article 147 CC ; Cass civ 1, 28 fĂ©vrier 1958).
- Effets des empĂȘchements prohibĂ©s : La violation entraĂźne la nullitĂ© absolue du mariage, avec disparition rĂ©troactive des effets civils, rĂ©gime matrimonial, droits successoraux, et usage du nom du conjoint (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).
đ Points essentiels
- La prohibition de la polygamie est inscrite Ă lâarticle 147 du Code civil, punie pĂ©nalement par lâarticle 433-20 du Code pĂ©nal (1 an de prison, 45 000 ⏠dâamende). La polygamie Ă©trangĂšre peut produire certains effets en France si la loi personnelle de lâĂ©pouse ne lâinterdit pas, notamment pour des droits alimentaires ou successoraux (Cass civ 1, 28 fĂ©vrier 1958 ; Cass civ 1, 3 janvier 1980).
- Lâinterdiction absolue dâinceste concerne les parents en ligne directe et frĂšres/sĆurs, sans possibilitĂ© de dispense. La jurisprudence (Civ 1, 12 avril 2012) garantit le respect de la vie privĂ©e et familiale, mĂȘme en cas dâinceste.
- Lâinceste relatif peut ĂȘtre levĂ© par dispense du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave, notamment entre alliĂ©s en ligne directe dissous ou collatĂ©raux jusquâau 3e degrĂ© (Civ 1, 4 dĂ©cembre 2013 ; Civ 1, 8 dĂ©cembre 2016).
- La nullitĂ© du mariage en cas de violation dâun empĂȘchement prohibitif est automatique, avec effets rĂ©troactifs : disparition du rĂ©gime matrimonial, droits successoraux, et usage du nom. La nullitĂ© est absolue et peut ĂȘtre demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, avec un dĂ©lai de prescription de 30 ans (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).
- La nullitĂ© nâest pas encourue en cas dâempĂȘchement prohibitif si le mariage a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© en bonne foi, sous rĂ©serve de certaines conditions. La bonne foi prĂ©sumĂ©e lors de la cĂ©lĂ©bration permet de maintenir certains effets, notamment pour lâĂ©poux de bonne foi (Cass. civ 1, 23 octobre 1990).
đĄ Ă retenir
Les empĂȘchements prohibitifs, en tant quâinterdictions absolues ou relatives, entraĂźnent la nullitĂ© du mariage en cas de violation, sauf dispenses exceptionnelles accordĂ©es par le prĂ©sident de la RĂ©publique pour les empĂȘchements relatifs, notamment en cas de circonstances graves ou dâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur.
đ 11. Effets nullitĂ©
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
-
NullitĂ© absolue : NullitĂ© qui concerne des vices graves affectant la validitĂ© du mariage, telles que lâinceste ou la violation dâune empĂȘchement dirimant, et qui peut ĂȘtre invoquĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt (articles 180, 182, 184 du Code civil). Elle entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage, avec des effets patrimoniaux et successoraux annulĂ©s (Cass. civ. 1, 23 oct. 1990).
-
NullitĂ© relative : NullitĂ© rĂ©sultant dâun vice moins grave, comme un vice de forme ou un vice de consentement, qui ne peut ĂȘtre invoquĂ©e que par la partie protĂ©gĂ©e ou par le ministĂšre public dans certains cas (articles 191, 196 du Code civil). Elle peut ĂȘtre rĂ©gularisĂ©e si elle est rĂ©parĂ©e dans un dĂ©lai de 30 ans.
-
Effets patrimoniaux et successoraux : La nullitĂ© du mariage entraĂźne la disparition du rĂ©gime matrimonial, la perte du droit dâusage du nom du conjoint, la suppression des droits successoraux liĂ©s au mariage, et la restitution des donations faites dans le cadre du mariage (Cass. civ. 1, 23 oct. 1990). La rĂ©troactivitĂ© implique que ces effets sâappliquent Ă compter de la date de cĂ©lĂ©bration.
-
Effets sur les enfants issus du mariage : La nullitĂ© nâaffecte pas la filiation lĂ©gitime, qui demeure sauf si la nullitĂ© est prononcĂ©e pour vice de forme ou vice de consentement affectant la filiation (C. civ. art. 21-6). La prĂ©somption de paternitĂ© du mari peut ĂȘtre maintenue si le mariage est annulĂ© pour cause de vice de forme ou de consentement.
-
Effets pour les Ă©poux de bonne foi : Lorsquâun Ă©poux agit de bonne foi, il conserve ses droits patrimoniaux, successoraux, et lâusage du nom, mĂȘme si le mariage est annulĂ©, sauf si la nullitĂ© est pour vice grave (Cass. civ. 1, 23 oct. 1990). La bonne foi est prĂ©sumĂ©e lors de la cĂ©lĂ©bration, et ses effets antĂ©rieurs Ă lâannulation sont maintenus.
-
Effet du mariage putatif : Mariage annulé pour vice de forme ou de consentement, mais considéré comme valable de bonne foi, peut produire certains effets, notamment en matiÚre de filiation, nationalité, et régime matrimonial, sous réserve de la bonne foi (loi du 3 janvier 1972).
đ Points essentiels
-
La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre absolue ou relative, selon la gravitĂ© du vice affectant la validitĂ© (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil). La nullitĂ© absolue est dâordre public et peut ĂȘtre invoquĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, tandis que la nullitĂ© relative est limitĂ©e Ă la partie protĂ©gĂ©e ou au ministĂšre public.
-
La nullité entraßne la disparition rétroactive du mariage, ce qui implique la perte des effets patrimoniaux, successoraux, et la suppression du régime matrimonial. Elle entraßne également la fin des obligations conjugales et la restitution des donations, sauf si le mariage est considéré comme putatif.
-
La nullitĂ© nâaffecte pas nĂ©cessairement la filiation ou la nationalitĂ© des enfants issus du mariage, notamment si la nullitĂ© est pour vice de forme ou de consentement, et si la bonne foi est Ă©tablie.
-
La distinction entre nullitĂ© absolue et relative dĂ©termine la procĂ©dure, le dĂ©lai et la possibilitĂ© de rĂ©gularisation. La nullitĂ© peut ĂȘtre demandĂ©e dans un dĂ©lai de 5 ans Ă partir de la cĂ©lĂ©bration (article 181), ou jusquâĂ 30 ans en cas dâirrĂ©gularitĂ©s de forme.
đĄ Ă retenir
La nullitĂ© du mariage, quâelle soit absolue ou relative, entraĂźne la rĂ©troactivitĂ© de la disparition du mariage et de ses effets patrimoniaux et successoraux, tout en prĂ©servant, dans certains cas, la filiation et la nationalitĂ© des enfants issus du mariage annulĂ©.
đ Tableaux de SynthĂšse
| CritÚre / Condition | Limite / RÚgle | Exceptions / Dispensations | Auteur / Référence |
|---|
| Liberté du mariage | Principe supérieur à la loi, valeur constitutionnelle (Conseil const., 2003) | Limites par conditions de fonds, forme, sanctions | Conseil constitutionnel, 2003 |
| Droit Ă se marier (CEDH, art. 12) | Droit garanti dĂšs lâĂąge nubile, sans discrimination | - | CEDH, 2010, Frasik c. Pologne |
| Polygamie | Interdite (art. 147 CC), punie pĂ©nalement (art. 433-20 CP) | Effets possibles si loi personnelle de lâĂ©pouse lâadmet (rare) | Code civil, Code pĂ©nal |
| Inceste absolu | Interdiction totale (art. 162, 164 CC), pas de dispense | - | Code civil, CEDH, 2012 |
| Inceste relatif | Peut ĂȘtre levĂ© par prĂ©sident pour cause grave | Cas exceptionnels, notamment aprĂšs dissolution du mariage | Art. 164-1 CC, jurisprudence |
| Mariage entre cousins | Autorisé à partir du 4e degré | - | Loi française |
| Bigamie Ă©trangĂšre | Effets possibles si rĂ©guliĂšre Ă lâĂ©tranger, sinon nulle | Effets en matiĂšre successorale ou droits alimentaires si conforme | Cass. civ., 1958, 1980 |
| Ăge minimum | 18 ans (art. 144 CC) | Dispense par procureur pour motifs graves | Code civil, jurisprudence |
| Mariage in extremis | Célébration en urgence, effets équivalents | - | Législation spécifique |
| Mariage posthume | AprÚs décÚs, avec consentement exprimé de son vivant | Pas de régime matrimonial ni droit successoral | Loi, jurisprudence |
| Condition de santé | Pas de condition légale, erreur ou dissimulation peut entraßner nullité | - | Code civil |
| Sexe des époux | Libre depuis loi 2013 (art. 1 loi n° 2013-404) | - | Loi 2013 |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confondre polygamie étrangÚre admise dans certains cas avec la polygamie en France, qui est strictement interdite.
- Croire quâune dispense dâinceste absolu est possible : elle ne lâest pas, sauf exception trĂšs limitĂ©e.
- Confondre mariage entre cousins autorisé (à partir du 4e degré) avec interdiction totale des relations incestueuses.
- Penser que la bigamie Ă©trangĂšre a des effets en France : elle est nulle si contraire Ă lâordre public.
- Confondre ùge minimum (18 ans) avec la possibilité de dispense pour motifs graves.
- Croire que le mariage in extremis ou posthume peut ĂȘtre accordĂ© sans conditions strictes ou procĂ©dure spĂ©cifique.
- Confondre la lĂ©galitĂ© du mariage avec la capacitĂ© physique ou mentale, qui nâest pas une condition lĂ©gale en soi.
- Ignorer que la lĂ©gislation interdit la polygamie mĂȘme si cĂ©lĂ©brĂ©e Ă lâĂ©tranger, sauf si la loi personnelle de lâĂ©pouse lâadmet.
- Confondre interdiction dâinceste absolu et relative, notamment la possibilitĂ© de levĂ©e pour cause grave.
- NĂ©gliger que la loi ne prĂ©voit pas de condition liĂ©e Ă lâĂ©tat de santĂ© pour le mariage.
â
Checklist Examen
- Connaßtre la définition et la portée du principe de liberté du mariage selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel (2003).
- MaĂźtriser lâarticle 12 de la CEDH et son application dans la jurisprudence (Frasik c. Pologne, 2010).
- Savoir que la polygamie est interdite en France par lâarticle 147 CC et punie par lâarticle 433-20 CP.
- ConnaĂźtre les conditions dâinterdiction absolue de lâinceste (art. 162, 164 CC) et la possibilitĂ© de levĂ©e en cas de circonstances exceptionnelles.
- Savoir que le mariage entre cousins est autorisé à partir du 4e degré en France.
- Comprendre que la bigamie Ă©trangĂšre nâa dâeffet en France que si elle ne viole pas lâordre public.
- ConnaĂźtre lâĂąge minimum lĂ©gal pour se marier (18 ans) et la procĂ©dure de dispense pour motifs graves.
- Savoir que le mariage in extremis peut ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© en urgence avec effets Ă©quivalents Ă un mariage classique.
- Connaßtre les conditions pour un mariage posthume et ses limites (absence de régime matrimonial, pas de droit successoral).
- MaĂźtriser que la lĂ©gislation ne prĂ©voit pas de condition liĂ©e Ă lâĂ©tat de santĂ© pour le mariage.
- Savoir que depuis 2013, le mariage peut ĂȘtre contractĂ© par deux personnes de mĂȘme sexe ou de sexe diffĂ©rent.
- Connaßtre la référence légale de chaque rÚgle ou principe évoqué dans le cours.
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