Revision sheet: Principes et Conditions du Mariage

Plan du Cours

  1. Liberté du mariage
  2. Conditions de fonds
  3. Conditions physiologiques
  4. Conditions psychologiques
  5. Formalités en France
  6. CĂ©lĂ©bration Ă  l’étranger
  7. Nullité du mariage
  8. Opposition au mariage
  9. EmpĂȘchements dirimants
  10. EmpĂȘchements prohibitifs
  11. Effets nullité

1. Liberté du mariage

Notions clés & Définitions

  • Principe de libertĂ© du mariage : La libertĂ© de se marier, de choisir son conjoint ou de refuser le mariage, est un principe supĂ©rieur Ă  la loi, garantissant le droit individuel de former ou de ne pas former un mariage.
  • Valeur constitutionnelle : La libertĂ© du mariage a Ă©tĂ© reconnue comme valeur constitutionnelle par le Conseil constitutionnel dans sa dĂ©cision du 20 novembre 2003, affirmant son importance dans le cadre des droits fondamentaux.
  • Garantie par la CEDH, article 12 : Selon l’article 12 de la Convention europĂ©enne des droits de l’homme, « Ă  partir de l’ñge nubile, l’homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales ».
  • Interdiction d’interdire le mariage aux dĂ©tenus : La jurisprudence de la CEDH (5 janvier 2010, Frasik c. Pologne) affirme qu’un État ne peut pas empĂȘcher un dĂ©tenu de se marier, renforçant la libertĂ© individuelle dans ce domaine.
  • Annulation des clauses de cĂ©libat : La jurisprudence (Cass. soc., 7 fĂ©vrier 1968) permet au juge civil d’annuler les clauses de cĂ©libat imposĂ©es dans certains contrats ou situations, protĂ©geant la libertĂ© de choix matrimonial.

Points essentiels

  • La libertĂ© du mariage est un principe supĂ©rieur Ă  la loi, affirmĂ© par la jurisprudence constitutionnelle et internationale.
  • La CEDH garantit ce droit dĂšs l’ñge nubile, sans discrimination, y compris pour les dĂ©tenus (CEDH, 5 janv. 2010, Frasik c. Pologne).
  • La valeur constitutionnelle a Ă©tĂ© affirmĂ©e par le Conseil constitutionnel (20 novembre 2003), renforçant la protection juridique du principe.
  • La jurisprudence permet l’annulation des clauses de cĂ©libat (Cass. soc., 7 fĂ©vrier 1968) et dĂ©clare abusif le licenciement fondĂ© sur le mariage (Cass. soc., 17 mars 1971).
  • La libertĂ© du mariage peut ĂȘtre limitĂ©e par des conditions de fonds, de forme ou de sanctions, mais son principe demeure fondamental.

À retenir

La liberté du mariage, principe supérieur à la loi et garanti par la Constitution et la CEDH, permet à chaque individu de choisir ou de refuser son conjoint, renforçant la protection des droits fondamentaux liés à la vie privée et familiale.

2. Conditions de fonds

Notions clés & Définitions

  • Prohibition de la polygamie (article 147 CC) : interdiction d’avoir plusieurs mariages simultanĂ©s, mĂȘme si le mariage est cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’étranger. Selon l’article 147 du Code civil, « on ne peut contracter un second mariage avant la dissolution du premier ». La polygamie Ă©trangĂšre peut produire certains effets en France si la loi personnelle de l’épouse l’admet, mais est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme nulle si la loi française ou la loi personnelle de l’épouse l’interdit. La polygamie est punie pĂ©nalement par l’article 433-20 du Code pĂ©nal (1 an de prison, 45 000 € d’amende).

  • Interdiction absolue de l’inceste : aucune dispense n’est possible entre parents en ligne directe (article 162 CC) ou entre frĂšres et sƓurs (article 164 CC). La Cour europĂ©enne des droits de l’homme (CEDH, 12 avr. 2012) garantit le respect de cette interdiction, qui constitue une violation du droit au respect de la vie privĂ©e et familiale si elle est levĂ©e dans des circonstances exceptionnelles (Civ 1, 4 dĂ©c. 2013). Elle s’applique aussi aux alliĂ©s en ligne directe et Ă  l’adoptĂ© dans certains cas.

  • Interdiction relative de l’inceste : peut ĂȘtre levĂ©e par autorisation du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave. Elle concerne notamment les collatĂ©raux jusqu’au 3e degrĂ©, les enfants adoptifs du mĂȘme individu, ou en cas de dĂ©cĂšs de l’un des Ă©poux (article 164-1 CC). La dispense est exceptionnelle et soumise Ă  une procĂ©dure spĂ©cifique.

  • Mariage entre cousins (Ă  partir du 4e degrĂ©) : librement autorisĂ© en France, sans nĂ©cessitĂ© de dispense. La loi autorise le mariage entre cousins au-delĂ  du 3e degrĂ©, ce qui facilite la constitution de familles et de liens familiaux Ă©tendus.

  • Bigamie Ă©trangĂšre et effets en France : la bigamie, mĂȘme si elle est rĂ©guliĂšre Ă  l’étranger, n’a aucun effet en France si la loi personnelle de l’épouse ou la loi française l’interdit. La nullitĂ© du mariage bigame est automatique si la loi française ou la loi personnelle de l’épouse le prohibe, notamment pour les Ă©pouses françaises ou celles dont la loi personnelle n’admet pas la polygamie.

Points essentiels

  • La polygamie est strictement interdite en France (article 147 CC), punie pĂ©nalement par l’article 433-20 du Code pĂ©nal, et n’a pas d’effet en France si la loi personnelle de l’épouse ou la loi française l’interdit. La polygamie Ă©trangĂšre peut produire certains effets en France si la loi personnelle de l’épouse l’admet, notamment pour des droits alimentaires ou successoraux (Cass. Civ 1, 28 fĂ©v. 1958 ; 3 janv. 1980).

  • L’interdiction absolue de l’inceste concerne les relations entre parents en ligne directe et frĂšres/sƓurs, sans possibilitĂ© de dispense. La Cour europĂ©enne des droits de l’homme (CEDH, 12 avr. 2012) confirme que cette interdiction ne viole pas le droit au respect de la vie privĂ©e.

  • L’interdiction relative de l’inceste peut ĂȘtre levĂ©e dans des circonstances exceptionnelles, notamment par dĂ©cision du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave (Civ 1, 4 dĂ©c. 2013 ; 8 dĂ©c. 2016). Elle concerne aussi les relations entre alliĂ©s en ligne directe aprĂšs dissolution du mariage ou entre collatĂ©raux jusqu’au 3e degrĂ©.

  • Le mariage entre cousins est autorisĂ© Ă  partir du 4e degrĂ©, favorisant la constitution de liens familiaux Ă©tendus.

  • La bigamie Ă©trangĂšre, si elle est rĂ©guliĂšre Ă  l’étranger, peut produire certains effets en France, notamment en matiĂšre successorale ou de droits alimentaires, mais reste nulle si la loi française ou la loi personnelle de l’épouse l’interdit.

À retenir

La lĂ©gislation française interdit la polygamie et l’inceste absolu, tout en permettant sous conditions la levĂ©e de l’inceste relatif et le mariage entre cousins Ă  partir du 4e degrĂ©. La bigamie Ă©trangĂšre n’a d’effet en France que si elle n’est pas contraire Ă  l’ordre public français.

3. Conditions physiologiques

Notions clés & Définitions

  • Condition d’ñge minimum (18 ans) : L’article 144 du Code Civil stipule que « le mariage ne peut ĂȘtre contractĂ© avant dix-huit ans rĂ©volus ». La dispense peut ĂȘtre accordĂ©e par le procureur pour motifs graves, ou avec l’autorisation des parents. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
  • Mariage in extremis : FormalitĂ©s simplifiĂ©es permettant la cĂ©lĂ©bration en urgence, notamment lorsque l’un des futurs Ă©poux exprime sa volontĂ© auparavant, ou en cas de situation grave. La cĂ©rĂ©monie peut se faire Ă  domicile ou en dĂ©placement de l’officier d’état civil. Produit tous les effets d’un mariage, notamment successoraux. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
  • Mariage posthume : Mariage cĂ©lĂ©brĂ© aprĂšs le dĂ©cĂšs d’un Ă©poux, si ce dernier a exprimĂ© de son vivant un consentement non Ă©quivoque. AutorisĂ© par les ministres de la DĂ©fense et de la Justice en cas de guerre ou opĂ©ration militaire. N’ouvre ni rĂ©gime matrimonial ni droit successoral. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
  • Absence de condition liĂ©e Ă  l’état de santĂ© : La loi ne prĂ©voit pas de condition d’état de santĂ© pour le mariage. La dissimulation d’informations sur la santĂ© peut entraĂźner nullitĂ© pour erreur ou divorce pour faute. La suppression du certificat prĂ©nuptial en 2007 a simplifiĂ© la procĂ©dure. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.
  • Condition tenant au sexe des Ă©poux : Depuis la loi du 17 mai 2013, le mariage peut ĂȘtre contractĂ© par deux personnes de sexe diffĂ©rent ou de mĂȘme sexe. La dĂ©finition du mariage n’est plus limitĂ©e Ă  l’union d’un homme et d’une femme. AUTEUR (2013) : loi n° 2013-404.
  • Dispenses : Autorisations exceptionnelles permettant de dĂ©roger Ă  certaines conditions, notamment l’ñge ou d’autres empĂȘchements. La dispense d’ñge est accordĂ©e par le procureur pour motifs graves. La dispense d’inceste ou d’incapacitĂ© peut ĂȘtre accordĂ©e par le prĂ©sident de la RĂ©publique dans des circonstances exceptionnelles. AUTEUR (date) : rĂ©fĂ©rence lĂ©gale.

Points essentiels

  • La majoritĂ© matrimoniale est fixĂ©e Ă  18 ans, avec possibilitĂ© de dispense pour motifs graves (article 144 CC).
  • Le mariage in extremis permet de cĂ©lĂ©brer rapidement un mariage lorsque la situation l’exige, tout en conservant ses effets civils et successoraux.
  • Le mariage posthume, autorisĂ© en cas de consentement non Ă©quivoque exprimĂ© de son vivant, ne confĂšre pas de rĂ©gime matrimonial ni de droits successoraux, sauf exception pour des motifs graves ou en situation de guerre.
  • La loi du 17 mai 2013 a Ă©tendu la possibilitĂ© de mariage aux personnes de mĂȘme sexe, supprimant la condition de diffĂ©rence de sexe.
  • La suppression du certificat prĂ©nuptial en 2007 a simplifiĂ© la procĂ©dure, sans condition liĂ©e Ă  l’état de santĂ©. La dissimulation d’informations peut entraĂźner nullitĂ© ou divorce.
  • La dispense d’ñge ou d’inceste est accordĂ©e dans des circonstances exceptionnelles, notamment par le procureur ou le prĂ©sident de la RĂ©publique, pour motifs graves.

À retenir

Les conditions physiologiques du mariage, notamment l’ñge, le sexe, et la possibilitĂ© de dispenses, ont Ă©tĂ© largement assouplies ou modifiĂ©es, notamment avec la reconnaissance du mariage homosexuel en 2013 et la suppression du certificat prĂ©nuptial en 2007. La lĂ©gislation prĂ©voit Ă©galement des modalitĂ©s exceptionnelles comme le mariage in extremis ou posthume, sous rĂ©serve de conditions strictes.

4. Conditions psychologiques

Notions clés & Définitions

  • NĂ©cessitĂ© du libre et plein consentement (article 16 DDHC) : Selon DDHC (1789), le mariage ne peut ĂȘtre contractĂ© qu’avec le consentement libre et Ă©clairĂ© des Ă©poux, garantissant la libertĂ© individuelle dans la formation du mariage.

  • NullitĂ© pour absence de consentement (article 146 CC) : Le mariage est nul si l’un des Ă©poux n’a pas donnĂ© son consentement de façon libre, ce qui constitue une cause de nullitĂ© absolue, confirmĂ©e par article 146 du Code Civil.

  • InsanitĂ© d’esprit et intervalle de luciditĂ© : La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre prononcĂ©e si l’un des Ă©poux Ă©tait atteint d’une insanitĂ© mentale au moment de la cĂ©lĂ©bration, sauf si un intervalle de luciditĂ©, suffisamment long, lui a permis de prendre conscience de son engagement (voir article 146 CC). La prĂ©somption d’existence de cet intervalle repose sur la loi.

  • NullitĂ© pour violence ou erreur (article 180 CC) : Le mariage peut ĂȘtre annulĂ© si l’un des Ă©poux a Ă©tĂ© contraint par violence ou si une erreur essentielle sur la personne ou ses qualitĂ©s a Ă©tĂ© commise, conformĂ©ment Ă  article 180 du Code Civil.

  • CapacitĂ© matrimoniale du mineur : La capacitĂ© du mineur Ă  se marier est conditionnĂ©e par une dispense d’ñge accordĂ©e par le procureur ou une autorisation familiale, selon articles 148 et suivants du CC. La capacitĂ© psychologique est donc conditionnĂ©e par la reconnaissance de cette capacitĂ© spĂ©cifique.

Points essentiels

  • La libertĂ© du consentement est un principe fondamental, garanti par l’article 16 DDHC et la jurisprudence, qui impose que le mariage ne puisse rĂ©sulter d’une contrainte ou d’une erreur essentielle. La jurisprudence refuse toute valeur contractuelle aux fiançailles, insistant sur le caractĂšre volontaire du consentement (voir article 146 CC).

  • La nullitĂ© pour absence de consentement peut ĂȘtre demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, dans un dĂ©lai de 5 ans Ă  partir de la cĂ©lĂ©bration (article 181 CC). La nullitĂ© est absolue, ce qui signifie qu’elle peut ĂȘtre invoquĂ©e Ă  tout moment.

  • La notion d’insanitĂ© d’esprit repose sur la capacitĂ© du conjoint Ă  comprendre la nature et la portĂ©e de l’acte matrimonial. La prĂ©somption d’un intervalle de luciditĂ© est renforcĂ©e par la jurisprudence, permettant la nullitĂ© si l’état mental a empĂȘchĂ© le consentement Ă©clairĂ©.

  • La violence morale ou physique, ainsi que l’erreur sur la personne ou ses qualitĂ©s essentielles, peuvent entraĂźner l’annulation du mariage. La loi du 4 avril 2006 et la loi du 9 juillet 2010 renforcent la lutte contre les mariages forcĂ©s et les mariages forcĂ©s, notamment par des ordonnances de protection.

À retenir

Le mariage repose sur le principe du consentement libre et Ă©clairĂ©, dont la violation peut entraĂźner la nullitĂ©, notamment en cas d’insanitĂ© d’esprit, de violence ou d’erreur essentielle. La capacitĂ© psychologique, notamment celle du mineur ou du majeur protĂ©gĂ©, doit ĂȘtre reconnue pour que le consentement soit valable.

5. Formalités en France

Notions clés & Définitions

  • Publication des bans : Affichage officiel du projet de mariage dans la mairie du lieu de cĂ©lĂ©bration et de rĂ©sidence des futurs Ă©poux, au moins dix jours avant la cĂ©rĂ©monie, afin de permettre toute opposition.
  • Audition prĂ©alable des futurs Ă©poux : Entretien rĂ©alisĂ© par l’officier d’état civil pour vĂ©rifier l’intention matrimoniale, pouvant ĂȘtre menĂ©e sĂ©parĂ©ment ou en prĂ©sence d’un mineur hors de la prĂ©sence des parents, conformĂ©ment Ă  l’article 63 du CC.
  • Preuve du mariage : Acte inscrit au registre de l’état civil, qui constitue la preuve lĂ©gale de la cĂ©lĂ©bration. En cas de perte ou d’absence de registre, la possession d’état ou un tĂ©moignage peuvent faire office de preuve (art. 194 du CC).
  • CĂ©lĂ©bration publique en mairie : CĂ©rĂ©monie officielle rĂ©publicaine, oĂč l’officier d’état civil, en prĂ©sence de tĂ©moins, dĂ©clare l’union des futurs Ă©poux, conformĂ©ment Ă  l’article 74 du CC.
  • Sanctions en cas de non-respect des formalitĂ©s : Amende civile pouvant aller jusqu’à 30 euros pour l’officier d’état civil en cas de manquement aux formalitĂ©s prĂ©paratoires, sans nullitĂ© du mariage (art. 169 du CC).

Points essentiels

  • La publication des bans doit ĂȘtre affichĂ©e au moins dix jours avant la cĂ©lĂ©bration, dans la mairie du lieu de cĂ©lĂ©bration et de rĂ©sidence, sauf dispense pour cause grave (art. 169 du CC).
  • L’audition prĂ©alable vise Ă  confirmer la volontĂ© rĂ©elle des futurs Ă©poux, avec possibilitĂ© d’audition sĂ©parĂ©e ou hors de la prĂ©sence des parents pour un mineur (art. 63 du CC).
  • La preuve du mariage repose principalement sur l’inscription sur le registre de l’état civil, mais la possession d’état ou un tĂ©moignage peuvent Ă©galement faire foi en cas de contestation ou de perte du registre (art. 194 du CC).
  • La cĂ©lĂ©bration doit ĂȘtre publique, dans une salle communale, par un officier d’état civil, en prĂ©sence d’au moins deux tĂ©moins, et doit respecter un cĂ©rĂ©monial prĂ©cis (art. 75 du CC).
  • En cas de non-respect des formalitĂ©s, seule une amende civile est prĂ©vue, sans nullitĂ© du mariage, sauf si la formalitĂ© est essentielle et que son omission a empĂȘchĂ© la validitĂ© de la cĂ©rĂ©monie (art. 169 du CC).

À retenir

Les formalitĂ©s en France, comprenant la publication des bans, l’audition prĂ©alable, la preuve par inscription et la cĂ©lĂ©bration publique, sont essentielles pour assurer la lĂ©galitĂ© et la respectabilitĂ© du mariage, avec des sanctions principalement administratives en cas de manquement.

6. CĂ©lĂ©bration Ă  l’étranger

Notions clés & Définitions

  • Mariage cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’étranger devant autoritĂ©s consulaires françaises : mariage effectuĂ© par les autoritĂ©s diplomatiques ou consulaires françaises Ă  l’étranger, sous le contrĂŽle de la loi française, permettant une reconnaissance en France.
  • Certificat de capacitĂ© Ă  mariage : document dĂ©livrĂ© par les autoritĂ©s diplomatiques ou consulaires françaises, attestant que le mariage Ă  l’étranger respecte les conditions lĂ©gales françaises, notamment en matiĂšre de capacitĂ© des futurs Ă©poux.
  • Transcription des mariages Ă©trangers sur registres français : procĂ©dure par laquelle l’état civil français inscrit le mariage cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’étranger dans ses registres, lui confĂ©rant effet civil en France.
  • ContrĂŽle renforcĂ© des mariages Ă©trangers (loi 2006) : dispositif lĂ©gislatif visant Ă  vĂ©rifier la conformitĂ© des mariages Ă©trangers aux exigences françaises, notamment pour lutter contre les mariages forcĂ©s, polygames ou simulĂ©s, avec un dĂ©lai de 6 mois pour agir en nullitĂ© (voir "la lĂ©gitimitĂ©").
  • Effets des mariages Ă©trangers en France sauf contrariĂ©tĂ© Ă  l’ordre public français : reconnaissance automatique des effets civils du mariage Ă©tranger en France, sauf si contraire Ă  l’ordre public français (ex : mariage forcĂ©, polygamie, incest).

Points essentiels

  • La cĂ©lĂ©bration Ă  l’étranger peut se faire devant autoritĂ©s consulaires françaises, sous contrĂŽle de la loi française, ou devant autoritĂ©s locales, sous rĂ©serve du respect des formalitĂ©s françaises, notamment la dĂ©livrance d’un certificat de capacitĂ© Ă  mariage (loi 2006).
  • La transcription du mariage Ă©tranger sur les registres français est une Ă©tape essentielle pour que ses effets civils soient reconnus en France. Elle doit ĂȘtre effectuĂ©e dans un dĂ©lai de 6 mois aprĂšs la cĂ©lĂ©bration, sauf suspicion de nullitĂ© ou non-respect des conditions lĂ©gales.
  • La lĂ©gislation française prĂ©voit un contrĂŽle renforcĂ© pour lutter contre les mariages Ă  risque (polygamie, mariage forcĂ©, simulĂ©), avec possibilitĂ© d’agir en nullitĂ© dans un dĂ©lai de 6 mois Ă  compter de la transcription ou de la connaissance du mariage (loi 2006).
  • En principe, les effets du mariage Ă©tranger sont reconnus en France, sauf si leur reconnaissance est contraire Ă  l’ordre public français (ex : mariage forcĂ©, polygamie, incest). La jurisprudence insiste sur la compatibilitĂ© avec les principes fondamentaux français.
  • La procĂ©dure de certificat de capacitĂ© Ă  mariage doit ĂȘtre respectĂ©e pour les mariages cĂ©lĂ©brĂ©s par les autoritĂ©s françaises Ă  l’étranger, garantissant leur conformitĂ© aux exigences françaises.

À retenir

Le mariage cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’étranger devant autoritĂ©s consulaires françaises, aprĂšs obtention d’un certificat de capacitĂ©, puis transcription, bĂ©nĂ©ficie en France d’effets civils sauf si contraire Ă  l’ordre public, notamment en cas de mariages forcĂ©s, polygamie ou incest.

7. Nullité du mariage

Notions clés & Définitions

  • NullitĂ© absolue pour absence de consentement : NullitĂ© du mariage lorsqu'il est contractĂ© sans le libre et plein consentement des Ă©poux, conformĂ©ment Ă  l’article 146 du Code civil. La jurisprudence insiste sur l'importance du consentement vĂ©ritable, notamment en cas d’erreur ou violence (article 180 du CC).
  • NullitĂ© pour mariage simulĂ© sans intention matrimoniale : NullitĂ© du mariage lorsque les Ă©poux poursuivent un but autre que la crĂ©ation d’une union matrimoniale rĂ©elle, notamment pour obtenir un avantage ou dissimuler une autre relation, conformĂ©ment Ă  l’article 63 al.2 du CC. La jurisprudence exige une vĂ©ritable intention matrimoniale pour valider le mariage (1997).
  • NullitĂ© pour insanitĂ© d’esprit au moment du mariage : NullitĂ© du mariage si l’un des Ă©poux n’était pas sain d’esprit lors de la cĂ©lĂ©bration, selon l’article 146 du CC. La nullitĂ© est absolue, mais le consentement est prĂ©sumĂ© valable si recueilli durant un intervalle lucide suffisant.
  • NullitĂ© pour violence ou erreur sur la personne : NullitĂ© du mariage si le consentement a Ă©tĂ© viciĂ© par une violence physique ou morale, ou si erreur sur l’identitĂ© ou les qualitĂ©s essentielles de la personne a Ă©tĂ© dĂ©terminante, conformĂ©ment Ă  l’article 180 du CC. La violence peut inclure la crainte rĂ©vĂ©rencielle (loi du 4 avril 2006).
  • ProcĂ©dure d’opposition et dĂ©lai d’action du ministĂšre public : L’opposition au mariage peut ĂȘtre formulĂ©e par le ministĂšre public dans les 15 jours suivant la cĂ©lĂ©bration, notamment en cas de doute sur l’intention matrimoniale ou la conformitĂ© aux empĂȘchements, avec possibilitĂ© de faire opposition ou de surseoir Ă  la cĂ©lĂ©bration (article 63 al.2 du CC).

Points essentiels

  • La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre absolue ou relative, selon la gravitĂ© de la cause. La nullitĂ© absolue, notamment pour absence de consentement, insanitĂ© d’esprit ou mariage simulĂ©, entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage (art. 180, 146 CC).
  • La jurisprudence insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’un vĂ©ritable consentement, notamment en cas d’erreur sur l’identitĂ© ou sur des qualitĂ©s essentielles, avec une conception objective retenue par le juge français.
  • La nullitĂ© pour mariage simulĂ© est rĂ©cente (1997), exigeant une absence de vĂ©ritable intention matrimoniale, ce qui exclut les mariages conclus pour des motifs purement utilitaires ou fictifs.
  • La nullitĂ© pour insanitĂ© d’esprit doit ĂȘtre prouvĂ©e, mais le trouble mental doit avoir existĂ© au moment de la cĂ©lĂ©bration, avec une prĂ©somption en faveur de la bonne foi.
  • La procĂ©dure d’opposition, notamment par le ministĂšre public, permet de prĂ©venir la cĂ©lĂ©bration d’un mariage entachĂ© d’un vice grave, avec un dĂ©lai de 15 jours pour agir. La nullitĂ© peut ĂȘtre demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, dans un dĂ©lai de 30 ans (art. 181, 191 CC).

À retenir

La nullitĂ© du mariage, qu’elle soit absolue ou relative, vise Ă  garantir la lĂ©gitimitĂ© du consentement et la conformitĂ© aux empĂȘchements lĂ©gaux, en permettant une annulation rĂ©troactive lorsque ces conditions ne sont pas remplies.

8. Opposition au mariage

Notions clés & Définitions

  • Opposition par le procureur de la RĂ©publique : ProcĂ©dure permettant au ministĂšre public de saisir le tribunal dans les 15 jours suivant l’alerte d’un officier d’état civil pour faire obstacle Ă  la cĂ©lĂ©bration d’un mariage, notamment en cas de doute sur l’intention matrimoniale ou de mariage fictif (article 63 al.2 du CC).

  • Audition des futurs Ă©poux en cas de doute sur l’intention matrimoniale : ProcĂ©dure d’enquĂȘte oĂč l’officier d’état civil peut auditionner sĂ©parĂ©ment les futurs Ă©poux pour vĂ©rifier leur vĂ©ritable volontĂ© de se marier. En cas de suspicion, il peut saisir le procureur de la RĂ©publique (article 63 al.2 du CC).

  • DĂ©lai de 15 jours pour opposition ou sursis Ă  cĂ©lĂ©bration : PĂ©riode durant laquelle le procureur de la RĂ©publique peut dĂ©cider de laisser procĂ©der au mariage, faire opposition ou surseoir Ă  la cĂ©lĂ©bration en attendant les rĂ©sultats de l’enquĂȘte (article 63 al.2 du CC).

  • Mariage fictif : mariage contractĂ© sans vĂ©ritable intention matrimoniale, souvent dans le but d’obtenir un avantage ou de contourner la loi (ex : rĂ©gularisation de sĂ©jour). La jurisprudence exige une communautĂ© de vie rĂ©elle pour la validitĂ© (article 63 al.2 du CC).

  • Notion de motifs divers pour opposition : L’opposition peut ĂȘtre fondĂ©e sur divers motifs, notamment la polygamie, l’inceste, la fraude Ă  la loi, ou encore l’absence d’intention matrimoniale, notamment en cas de mariage simulĂ© ou fictif (article 63 al.2 du CC).

Points essentiels

  • La procĂ©dure d’opposition est encadrĂ©e par l’article 63 al.2 du Code civil, qui prĂ©voit une audition prĂ©alable des futurs Ă©poux en cas de doute sur leur intention matrimoniale. Le procureur de la RĂ©publique dispose de 15 jours pour intervenir, soit en laissant procĂ©der au mariage, soit en faisant opposition ou en sursevant Ă  la cĂ©lĂ©bration.

  • La jurisprudence insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’une communautĂ© de vie rĂ©elle pour que le mariage soit valable, notamment en cas de mariage simulĂ© ou fictif (article 63 al.2 du CC). La Cour de cassation a prĂ©cisĂ© que le mariage purement fictif ne relĂšve pas de la sphĂšre protĂ©gĂ©e par la Convention europĂ©enne des droits de l’homme (CEDH).

  • La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre demandĂ©e si un vice de forme ou un empĂȘchement dirimant est constatĂ©, mais l’opposition administrative ou judiciaire vise surtout Ă  prĂ©venir la formation d’un mariage non conforme aux conditions lĂ©gales ou Ă  la volontĂ© rĂ©elle des Ă©poux.

  • La procĂ©dure d’opposition est une mesure prĂ©ventive, permettant de prĂ©venir la formation d’un mariage irrĂ©gulier ou frauduleux, et non une sanction automatique. Elle s’inscrit dans une logique de contrĂŽle de la lĂ©galitĂ© et de la sincĂ©ritĂ© du consentement.

À retenir

L’opposition au mariage, notamment par le procureur de la RĂ©publique, constitue un outil essentiel pour prĂ©venir les mariages fictifs ou frauduleux, en permettant une vĂ©rification approfondie de l’intention matrimoniale dans un dĂ©lai de 15 jours, renforçant ainsi la lĂ©gitimitĂ© et la sincĂ©ritĂ© du mariage.

9. EmpĂȘchements dirimants

Notions clés & Définitions

  • EmpĂȘchements dirimants : Interdictions absolues prĂ©vues par la loi qui empĂȘchent la validitĂ© du mariage. Leur violation entraĂźne la nullitĂ© du mariage (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).
  • Inceste absolu : Interdiction totale de mariage entre certains membres de la famille en ligne directe ou entre frĂšres et sƓurs, sans possibilitĂ© de dispense. (CIV, 12 avr. 2012) : « aucune dispense n’est possible » pour ces cas.
  • Polygamie : Contrat de mariage simultanĂ© avec plusieurs Ă©poux ou Ă©pouses, interdit en France (article 147 CC). La violation constitue un empĂȘchement dirimant, entraĂźnant la nullitĂ© du mariage.
  • Effet de nullitĂ© absolue : NullitĂ© qui ne peut ĂȘtre couverte ou rĂ©gularisĂ©e, en cas de violation d’un empĂȘchement dirimant, comme l’inceste ou la polygamie. Elle entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage (art. 180, 182 CC).
  • Lien familial et capacitĂ© : Les interdictions liĂ©es Ă  la famille (inceste, polygamie) ou Ă  la capacitĂ© (mineur sans autorisation) sont des empĂȘchements dirimants, qui empĂȘchent la validitĂ© du mariage dĂšs leur existence.
  • NullitĂ© du mariage : ConsĂ©quence automatique ou demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, en cas de violation d’un empĂȘchement dirimant, dans un dĂ©lai de 5 ans Ă  partir de la cĂ©lĂ©bration (art. 181 CC).

Points essentiels

  • Les empĂȘchements dirimants concernent principalement l’inceste absolu, la polygamie, et certains liens familiaux prohibĂ©s.
  • La polygamie, interdite en France par l’article 147 CC, est punie pĂ©nalement (article 433-20 du Code pĂ©nal : 1 an de prison, 45 000 € d’amende). MĂȘme si un mariage polygame est cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’étranger, ses effets en France sont nuls si la loi personnelle de l’épouse française ou sa loi n’admet pas la polygamie.
  • L’inceste absolu concerne les relations entre parents en ligne directe ou entre frĂšres et sƓurs, sans possibilitĂ© de dispense. L’inceste relatif peut ĂȘtre levĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique dans des circonstances exceptionnelles (Civ, 4 dĂ©c. 2013 ; 8 dĂ©c. 2016).
  • La nullitĂ© pour violation d’un empĂȘchement dirimant est automatique, et entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage, avec ses effets patrimoniaux et successoraux.
  • La nullitĂ© ne peut ĂȘtre invoquĂ©e que par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, dans un dĂ©lai de 5 ans Ă  compter de la cĂ©lĂ©bration (art. 181 CC).

À retenir

Les empĂȘchements dirimants, en tant qu’interdictions absolues, empĂȘchent la validitĂ© du mariage dĂšs leur existence et entraĂźnent sa nullitĂ© automatique, protĂ©geant l’ordre public familial et moral.

10. EmpĂȘchements prohibitifs

Notions clés & Définitions

  • EmpĂȘchements prohibitifs : Interdictions absolues ou relatives empĂȘchant la validitĂ© du mariage, pouvant faire l’objet d’une dispense (ex : inceste relatif). Leur violation entraĂźne la nullitĂ© du mariage (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).
  • Dispenses : Autorisations exceptionnelles accordĂ©es par le prĂ©sident de la RĂ©publique pour lever certains empĂȘchements relatifs, notamment en cas de circonstances graves ou d’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur (Civ 1, 4 dĂ©cembre 2013 ; Civ 1, 8 dĂ©cembre 2016).
  • Inceste absolu : Interdiction totale sans possibilitĂ© de dispense, entre parents en ligne directe (de l’enfant aux grands-parents) ou frĂšres et sƓurs. La violation entraĂźne une nullitĂ© absolue du mariage (articles 180 et 182 du Code civil).
  • Inceste relatif : Interdiction levĂ©e sous conditions, notamment par dispense du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave, notamment entre alliĂ©s en ligne directe dissous ou collatĂ©raux jusqu’au 3e degrĂ© (Civ 1, 4 dĂ©cembre 2013 ; Civ 1, 8 dĂ©cembre 2016).
  • Bigamie Ă©trangĂšre : Mariage simultanĂ© Ă  l’étranger, reconnu en France si la loi personnelle de l’époux français ou de sa loi personnelle n’interdit pas la polygamie. En revanche, un mariage bigame cĂ©lĂ©brĂ© Ă  l’étranger n’a aucun effet en France si la loi personnelle interdit la polygamie (article 147 CC ; Cass civ 1, 28 fĂ©vrier 1958).
  • Effets des empĂȘchements prohibĂ©s : La violation entraĂźne la nullitĂ© absolue du mariage, avec disparition rĂ©troactive des effets civils, rĂ©gime matrimonial, droits successoraux, et usage du nom du conjoint (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).

Points essentiels

  • La prohibition de la polygamie est inscrite Ă  l’article 147 du Code civil, punie pĂ©nalement par l’article 433-20 du Code pĂ©nal (1 an de prison, 45 000 € d’amende). La polygamie Ă©trangĂšre peut produire certains effets en France si la loi personnelle de l’épouse ne l’interdit pas, notamment pour des droits alimentaires ou successoraux (Cass civ 1, 28 fĂ©vrier 1958 ; Cass civ 1, 3 janvier 1980).
  • L’interdiction absolue d’inceste concerne les parents en ligne directe et frĂšres/sƓurs, sans possibilitĂ© de dispense. La jurisprudence (Civ 1, 12 avril 2012) garantit le respect de la vie privĂ©e et familiale, mĂȘme en cas d’inceste.
  • L’inceste relatif peut ĂȘtre levĂ© par dispense du prĂ©sident de la RĂ©publique pour cause grave, notamment entre alliĂ©s en ligne directe dissous ou collatĂ©raux jusqu’au 3e degrĂ© (Civ 1, 4 dĂ©cembre 2013 ; Civ 1, 8 dĂ©cembre 2016).
  • La nullitĂ© du mariage en cas de violation d’un empĂȘchement prohibitif est automatique, avec effets rĂ©troactifs : disparition du rĂ©gime matrimonial, droits successoraux, et usage du nom. La nullitĂ© est absolue et peut ĂȘtre demandĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, avec un dĂ©lai de prescription de 30 ans (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil).
  • La nullitĂ© n’est pas encourue en cas d’empĂȘchement prohibitif si le mariage a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© en bonne foi, sous rĂ©serve de certaines conditions. La bonne foi prĂ©sumĂ©e lors de la cĂ©lĂ©bration permet de maintenir certains effets, notamment pour l’époux de bonne foi (Cass. civ 1, 23 octobre 1990).

À retenir

Les empĂȘchements prohibitifs, en tant qu’interdictions absolues ou relatives, entraĂźnent la nullitĂ© du mariage en cas de violation, sauf dispenses exceptionnelles accordĂ©es par le prĂ©sident de la RĂ©publique pour les empĂȘchements relatifs, notamment en cas de circonstances graves ou d’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur.

11. Effets nullité

Notions clés & Définitions

  • NullitĂ© absolue : NullitĂ© qui concerne des vices graves affectant la validitĂ© du mariage, telles que l’inceste ou la violation d’une empĂȘchement dirimant, et qui peut ĂȘtre invoquĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt (articles 180, 182, 184 du Code civil). Elle entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage, avec des effets patrimoniaux et successoraux annulĂ©s (Cass. civ. 1, 23 oct. 1990).

  • NullitĂ© relative : NullitĂ© rĂ©sultant d’un vice moins grave, comme un vice de forme ou un vice de consentement, qui ne peut ĂȘtre invoquĂ©e que par la partie protĂ©gĂ©e ou par le ministĂšre public dans certains cas (articles 191, 196 du Code civil). Elle peut ĂȘtre rĂ©gularisĂ©e si elle est rĂ©parĂ©e dans un dĂ©lai de 30 ans.

  • Effets patrimoniaux et successoraux : La nullitĂ© du mariage entraĂźne la disparition du rĂ©gime matrimonial, la perte du droit d’usage du nom du conjoint, la suppression des droits successoraux liĂ©s au mariage, et la restitution des donations faites dans le cadre du mariage (Cass. civ. 1, 23 oct. 1990). La rĂ©troactivitĂ© implique que ces effets s’appliquent Ă  compter de la date de cĂ©lĂ©bration.

  • Effets sur les enfants issus du mariage : La nullitĂ© n’affecte pas la filiation lĂ©gitime, qui demeure sauf si la nullitĂ© est prononcĂ©e pour vice de forme ou vice de consentement affectant la filiation (C. civ. art. 21-6). La prĂ©somption de paternitĂ© du mari peut ĂȘtre maintenue si le mariage est annulĂ© pour cause de vice de forme ou de consentement.

  • Effets pour les Ă©poux de bonne foi : Lorsqu’un Ă©poux agit de bonne foi, il conserve ses droits patrimoniaux, successoraux, et l’usage du nom, mĂȘme si le mariage est annulĂ©, sauf si la nullitĂ© est pour vice grave (Cass. civ. 1, 23 oct. 1990). La bonne foi est prĂ©sumĂ©e lors de la cĂ©lĂ©bration, et ses effets antĂ©rieurs Ă  l’annulation sont maintenus.

  • Effet du mariage putatif : Mariage annulĂ© pour vice de forme ou de consentement, mais considĂ©rĂ© comme valable de bonne foi, peut produire certains effets, notamment en matiĂšre de filiation, nationalitĂ©, et rĂ©gime matrimonial, sous rĂ©serve de la bonne foi (loi du 3 janvier 1972).

Points essentiels

  • La nullitĂ© du mariage peut ĂȘtre absolue ou relative, selon la gravitĂ© du vice affectant la validitĂ© (articles 180, 182, 184, 191 du Code civil). La nullitĂ© absolue est d’ordre public et peut ĂȘtre invoquĂ©e par toute personne ayant intĂ©rĂȘt, tandis que la nullitĂ© relative est limitĂ©e Ă  la partie protĂ©gĂ©e ou au ministĂšre public.

  • La nullitĂ© entraĂźne la disparition rĂ©troactive du mariage, ce qui implique la perte des effets patrimoniaux, successoraux, et la suppression du rĂ©gime matrimonial. Elle entraĂźne Ă©galement la fin des obligations conjugales et la restitution des donations, sauf si le mariage est considĂ©rĂ© comme putatif.

  • La nullitĂ© n’affecte pas nĂ©cessairement la filiation ou la nationalitĂ© des enfants issus du mariage, notamment si la nullitĂ© est pour vice de forme ou de consentement, et si la bonne foi est Ă©tablie.

  • La distinction entre nullitĂ© absolue et relative dĂ©termine la procĂ©dure, le dĂ©lai et la possibilitĂ© de rĂ©gularisation. La nullitĂ© peut ĂȘtre demandĂ©e dans un dĂ©lai de 5 ans Ă  partir de la cĂ©lĂ©bration (article 181), ou jusqu’à 30 ans en cas d’irrĂ©gularitĂ©s de forme.

À retenir

La nullitĂ© du mariage, qu’elle soit absolue ou relative, entraĂźne la rĂ©troactivitĂ© de la disparition du mariage et de ses effets patrimoniaux et successoraux, tout en prĂ©servant, dans certains cas, la filiation et la nationalitĂ© des enfants issus du mariage annulĂ©.

Tableaux de SynthĂšse

CritÚre / ConditionLimite / RÚgleExceptions / DispensationsAuteur / Référence
Liberté du mariagePrincipe supérieur à la loi, valeur constitutionnelle (Conseil const., 2003)Limites par conditions de fonds, forme, sanctionsConseil constitutionnel, 2003
Droit à se marier (CEDH, art. 12)Droit garanti dùs l’ñge nubile, sans discrimination-CEDH, 2010, Frasik c. Pologne
PolygamieInterdite (art. 147 CC), punie pĂ©nalement (art. 433-20 CP)Effets possibles si loi personnelle de l’épouse l’admet (rare)Code civil, Code pĂ©nal
Inceste absoluInterdiction totale (art. 162, 164 CC), pas de dispense-Code civil, CEDH, 2012
Inceste relatifPeut ĂȘtre levĂ© par prĂ©sident pour cause graveCas exceptionnels, notamment aprĂšs dissolution du mariageArt. 164-1 CC, jurisprudence
Mariage entre cousinsAutorisé à partir du 4e degré-Loi française
Bigamie Ă©trangĂšreEffets possibles si rĂ©guliĂšre Ă  l’étranger, sinon nulleEffets en matiĂšre successorale ou droits alimentaires si conformeCass. civ., 1958, 1980
Âge minimum18 ans (art. 144 CC)Dispense par procureur pour motifs gravesCode civil, jurisprudence
Mariage in extremisCélébration en urgence, effets équivalents-Législation spécifique
Mariage posthumeAprÚs décÚs, avec consentement exprimé de son vivantPas de régime matrimonial ni droit successoralLoi, jurisprudence
Condition de santéPas de condition légale, erreur ou dissimulation peut entraßner nullité-Code civil
Sexe des épouxLibre depuis loi 2013 (art. 1 loi n° 2013-404)-Loi 2013

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre polygamie étrangÚre admise dans certains cas avec la polygamie en France, qui est strictement interdite.
  2. Croire qu’une dispense d’inceste absolu est possible : elle ne l’est pas, sauf exception trĂšs limitĂ©e.
  3. Confondre mariage entre cousins autorisé (à partir du 4e degré) avec interdiction totale des relations incestueuses.
  4. Penser que la bigamie Ă©trangĂšre a des effets en France : elle est nulle si contraire Ă  l’ordre public.
  5. Confondre ùge minimum (18 ans) avec la possibilité de dispense pour motifs graves.
  6. Croire que le mariage in extremis ou posthume peut ĂȘtre accordĂ© sans conditions strictes ou procĂ©dure spĂ©cifique.
  7. Confondre la lĂ©galitĂ© du mariage avec la capacitĂ© physique ou mentale, qui n’est pas une condition lĂ©gale en soi.
  8. Ignorer que la lĂ©gislation interdit la polygamie mĂȘme si cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  l’étranger, sauf si la loi personnelle de l’épouse l’admet.
  9. Confondre interdiction d’inceste absolu et relative, notamment la possibilitĂ© de levĂ©e pour cause grave.
  10. NĂ©gliger que la loi ne prĂ©voit pas de condition liĂ©e Ă  l’état de santĂ© pour le mariage.

Checklist Examen

  1. Connaßtre la définition et la portée du principe de liberté du mariage selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel (2003).
  2. Maütriser l’article 12 de la CEDH et son application dans la jurisprudence (Frasik c. Pologne, 2010).
  3. Savoir que la polygamie est interdite en France par l’article 147 CC et punie par l’article 433-20 CP.
  4. ConnaĂźtre les conditions d’interdiction absolue de l’inceste (art. 162, 164 CC) et la possibilitĂ© de levĂ©e en cas de circonstances exceptionnelles.
  5. Savoir que le mariage entre cousins est autorisé à partir du 4e degré en France.
  6. Comprendre que la bigamie Ă©trangĂšre n’a d’effet en France que si elle ne viole pas l’ordre public.
  7. ConnaĂźtre l’ñge minimum lĂ©gal pour se marier (18 ans) et la procĂ©dure de dispense pour motifs graves.
  8. Savoir que le mariage in extremis peut ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© en urgence avec effets Ă©quivalents Ă  un mariage classique.
  9. Connaßtre les conditions pour un mariage posthume et ses limites (absence de régime matrimonial, pas de droit successoral).
  10. MaĂźtriser que la lĂ©gislation ne prĂ©voit pas de condition liĂ©e Ă  l’état de santĂ© pour le mariage.
  11. Savoir que depuis 2013, le mariage peut ĂȘtre contractĂ© par deux personnes de mĂȘme sexe ou de sexe diffĂ©rent.
  12. Connaßtre la référence légale de chaque rÚgle ou principe évoqué dans le cours.

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1. Qu'est-ce que la liberté du mariage ?

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LibertĂ© du mariage — principe ?

Droit de choisir ou refuser de se marier.

Valeur constitutionnelle — date ?

2003, par le Conseil constitutionnel.

CEDH, art 12 — rîle ?

Garantit le droit de se marier dùs l’ñge nubile.

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