📋 Plan du Cours
- PACS et contractualisation du droit de la famille
- Régime impératif et régime supplétif du PACS
- Contribution légale aux charges du ménage
- Dépenses d’investissement et comptes de liquidation
- Solidarité des dettes ménagères et dette somptuaire
- Protection de la résidence principale et loyauté
- Impossibilité de contractualiser la rupture du PACS
- Convention modificative et distinction aménagement changement
- Motifs de changement de régime patrimonial
- Procédure de changement ou d’aménagement pacsal
- Rupture par décès et droits du partenaire survivant
- Rupture par séparation et liquidation des intérêts
📖 1. PACS et contractualisation du droit de la famille
🔑 Notions clés & Définitions
- PACS : Le PACS est un pacte civil de solidarité, créé par la loi du 15 novembre 1999, qui organise une vie commune par un accord entre partenaires.
- Contractualisation du droit de la famille : La contractualisation du droit de la famille désigne le passage d’un droit surtout fondé sur l’ordre public vers des règles où la volonté contractuelle joue un rôle.
- Liberté contractuelle : La liberté contractuelle correspond au principe selon lequel les parties déterminent le contenu de leur accord, sous réserve des limites légales.
- Régime légal du PACS : Le régime légal du PACS est celui qui s’applique par défaut entre partenaires, fixé par la loi et distinct du régime conventionnel.
- Régime primaire impératif : Le régime primaire impératif regroupe les règles obligatoires qui s’imposent aux partenaires car le PACS touche à l’état des personnes.
📝 Points essentiels
- Le PACS a été créé par la loi du 15 novembre 1999.
- Contrairement au droit commun des contrats, le PACS peut être rompu unilatéralement.
- La loi du 23 juin 2006 a modifié le régime légal du PACS en le rattachant à la séparation de biens.
- La loi de 2011 a confié au notaire la compétence d’enregistrement du PACS.
- La loi de 2018 a encore étendu la compétence d’enregistrement (selon le contenu du cours).
- La liberté pacsimoniale est une liberté contractuelle réduite car le PACS relève de l’état des personnes et impose un régime primaire impératif.
💡 Astuce mémo
PACS = « contrat mais pas comme les autres » : liberté limitée + rupture possible unilatéralement.
📖 2. Régime impératif et régime supplétif du PACS
🔑 Notions clés & Définitions
- Régime impératif du PACS : Régime légal qui s’applique automatiquement à tous les partenaires, sans pouvoir être écarté par la convention.
- Régime supplétif du PACS : Régime choisi par les partenaires, pouvant être aménagé dans les limites prévues par la loi.
- Aide matérielle réciproque : Obligation d’assistance entre partenaires, organisée par le régime impératif et liée à la contribution aux charges.
- Solidarité aux dettes ménagères : Mécanisme du régime impératif qui engage les partenaires pour certaines dettes liées à la vie courante du ménage.
- Cotitularité de plein droit au bail : Effet du régime impératif qui attribue aux deux partenaires la qualité de cotitulaires du bail d’habitation.
📝 Points essentiels
- Le PACS se distingue du mariage par l’absence d’avantages successoraux et de mécanismes comme la pension de réversion pour le partenaire survivant.
- Le PACS ne prévoit pas de prestation compensatoire en cas de séparation, contrairement au mariage.
- Le régime impératif s’impose à tous les partenaires, tandis que le régime supplétif dépend du choix des partenaires et peut être aménagé sous réserve des règles légales.
- Le régime impératif comprend une aide matérielle réciproque, une solidarité pour les dettes ménagères et une cotitularité de plein droit au bail d’habitation.
- La contribution légale au titre de l’aide matérielle est proportionnelle aux facultés respectives, mais la convention peut en préciser l’étendue.
- La question de la contribution a suscité des débats, notamment sur la place des charges du quotidien et leur extension à certains frais de loisirs ou de vacances.
💡 Astuce mémo
Impératif = 3 “I” : Indivision des charges (aide), Impayés du ménage (dettes ménagères), Inhabitation (bail en cotitularité).
📖 3. Contribution légale aux charges du ménage
🔑 Notions clés & Définitions
- Contribution légale : Obligation d’aide matérielle entre partenaires, proportionnée à leurs facultés respectives, pouvant être aménagée par convention sur les modalités.
- Charges du ménage : Notion couvrant les dépenses courantes du couple, et pouvant inclure l’entretien et l’éducation des enfants.
- Dépenses d’investissement : Dépenses liées à l’acquisition ou à l’amélioration d’un bien, susceptibles d’être qualifiées de charges du ménage selon leur nature.
- Contribution au jour le jour : Clause contractuelle présumant que chacun contribue au quotidien, afin de limiter les comptes entre partenaires en fin de régime.
- Art. 515-7 al. 11 : Dispositif du PACS permettant une compensation des créances par les avantages tirés de la vie commune, à la fin du régime.
📝 Points essentiels
- L’aide matérielle est proportionnelle aux facultés respectives, mais la convention peut en déterminer les modalités.
- Les dépenses de loisirs et de vacances ont été rattachées aux dépenses courantes dans la pratique.
- La majorité des auteurs admet que la notion de charges du ménage inclut l’entretien et l’éducation des enfants, même si la question se posait pour le PACS.
- La Cour de cassation a jugé que certaines dépenses d’investissement peuvent être considérées comme des charges du ménage, ce qui empêche la réalisation d’un compte final pour ces dépenses.
- Pour les époux séparés de biens, la qualification vise les dépenses d’acquisition et de travaux pour la résidence principale et la résidence secondaire, ainsi que les résidences affectées à l’usage des époux, en excluant
- Pour le PACS, la jurisprudence citée ne concerne que les dépenses d’acquisition pour la résidence principale (arrêt du 27 janvier 2021).
💡 Astuce mémo
Charges du ménage = quotidien + enfants (majorité), et certains investissements peuvent “passer” en charges → moins de comptes.
📖 4. Dépenses d’investissement et comptes de liquidation
🔑 Notions clés & Définitions
- Compensation en fin de vie commune : Mécanisme de fin de PACS permettant à chaque partenaire de compenser ses créances avec les avantages tirés de la vie commune.
- Clause de contribution au jour le jour : Clause prévoyant une participation régulière pendant la vie commune, qui peut empêcher l’application du mécanisme de compensation de fin.
- Dépenses d’investissement et d’amélioration : Catégorie de dépenses généralement exclue des charges prises en compte pendant le PACS, ce qui conduit à des comptes lors de la liquidation.
- Comptes de liquidation : Règlement final des dépenses et contributions entre partenaires lorsque certaines charges ne sont pas traitées par la compensation en fin de vie commune.
- Solidarité ménagère : Régime exceptionnel où les dettes liées à la vie quotidienne engagent les deux partenaires, contrairement au principe des dettes personnelles.
📝 Points essentiels
- La compensation en fin de vie commune vise à éviter qu’un partenaire ayant moins contribué conserve une créance, car sa participation est prise en compte via les avantages reçus.
- L’insertion d’une clause de contribution au jour le jour bloque l’application du mécanisme de compensation prévu par l’art 515-7 al 11.
- En pratique, les dépenses d’investissement et d’amélioration du champ des charges du mariage sont généralement exclues, ce qui renvoie au règlement par comptes à la fin.
- La décision de faire ou non des comptes dépend de la volonté des clients : il faut les sonder avant de structurer la convention.
- Principe de l’aménagement de la solidarité ménagère : chacun répond de ses dettes propres, mais les dettes ménagères bénéficient d’une solidarité entre partenaires.
- Exception dans les dettes ménagères : la dette somptuaire (ex. achat d’une voiture de luxe) n’entre pas dans le mécanisme de solidarité ménagère.
💡 Astuce mémo
Fin de vie commune = compensation; si contribution au jour le jour = pas de compensation; investissements/améliorations = comptes; dettes ménagères = solidarité sauf somptuaire.
📖 5. Solidarité des dettes ménagères et dette somptuaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Solidarité des dettes ménagères : Règle de solidarité qui peut s’appliquer à certaines dettes liées à la vie quotidienne, sous des conditions prévues par le régime applicable.
- Dette somptuaire : Dette jugée excessive ou de convenance, dont le caractère peut empêcher la mise en jeu de la solidarité.
- Clause d’origine des deniers : Clause insérée dans l’acte d’acquisition pour expliquer le financement d’une opération et rattacher les fonds à un patrimoine déterminé.
- Convention d’indivision : Convention qui fixe les quote-parts d’acquisition entre partenaires et encadre la répartition des droits.
- Régime légal de la séparation des biens : Régime supplétif où chaque partenaire conserve la propriété et la gestion de ses biens personnels, avec des règles spécifiques sur les dettes et les preuves.
📝 Points essentiels
- La solidarité ne joue pas pour toutes les dettes : certaines dettes, notamment somptuaires, peuvent rester personnelles et donc non solidaires.
- L’aménagement du régime supplétif se fait par le choix du régime, avec l’idée de ne pas multiplier des régimes « à la carte » au-delà des options prévues.
- En séparation des biens, l’égalité est présumée, tandis que l’indivision d’acquêts repose sur une égalité « indiquée » avec une preuve contraire non possible.
- En séparation des biens, les biens personnels relèvent de la propriété exclusive de chacun et l’autonomie de gestion s’exerce sur ces biens.
- Les dettes qui restent personnelles ne sont pas solidaires, sauf mécanisme de solidarité expressément prévu par le régime.
- La preuve du caractère personnel d’un bien peut se faire par tous moyens, ce qui doit être anticipé lors de l’acquisition.
💡 Astuce mémo
Solidarité = quotidien ; Somptuaire = pas solidaire (quotidien solidaire, excès non).
📖 6. Protection de la résidence principale et loyauté
🔑 Notions clés & Définitions
- Indivision d’acquêts du PACS : Régime d’indivision qui concerne les biens acquis pendant le PACS, avec des règles spécifiques de répartition et de gestion entre partenaires.
- Clause d’emploi : Clause permettant d’affecter des fonds provenant de succession ou donation à l’acquisition d’un bien, afin d’en préserver l’origine hors indivision d’acquêts.
- Fonds personnels : Catégorie de fonds réservée aux sommes issues de succession ou donation, distincte des gains et salaires qui, eux, entrent dans l’indivision d’acquêts.
- Périmètre de l’indivision d’acquêts : Étendue des biens couverts par l’indivision d’acquêts, qui ne peut pas être modifiée sans base textuelle claire.
- Convention modificative de PACS : Acte modifiant le PACS, conclu avec l’accord des deux partenaires et soumis à des formalités d’envoi et d’enregistrement par l’autorité compétente.
📝 Points essentiels
- Une clause d’exclusion de communauté peut exister, mais l’exclusion de l’indivision d’acquêts du PACS est souvent inutile car l’indivision naît avec l’enregistrement du PACS.
- On ne peut pas apporter un bien à l’indivision d’acquêts après la naissance de l’indivision, car celle-ci est constituée au moment de l’enregistrement du PACS.
- Les biens acquis par les partenaires entrent automatiquement dans l’indivision d’acquêts, et l’acte d’acquisition ne permet pas de prévoir des quotités différentes (ex. pas de 60/40).
- L’art. 515-5-2 réserve le cas de l’emploi : si le partenaire finance l’intégralité avec des fonds, une clause d’emploi doit être insérée dans l’acte d’acquisition.
- Les fonds personnels visés par la clause d’emploi sont ceux provenant de succession ou donation ; les gains et salaires, même injectés, tombent dans l’indivision d’acquêts sans mécanisme de remboursement en cas de surcon
- La clause d’emploi ne peut viser que des fonds issus de succession ou donation, ce qui limite fortement l’aménagement possible en pratique.
💡 Astuce mémo
Indivision = née au PACS : après, pas d’apport ; Emploi = Succession/Donation seulement.
📖 7. Impossibilité de contractualiser la rupture du PACS
🔑 Notions clés & Définitions
- Convention modificative du PACS : Acte permettant de modifier le PACS, qui exige l’accord des deux partenaires.
- Enregistrement de la convention modificative : Formalité imposant que la convention modificative soit enregistrée par l’autorité ayant enregistré le PACS initial.
- Aménagement de clause du PACS : Modification ciblée d’une clause qui conserve le régime patrimonial initial.
- Changement de régime du PACS : Substitution complète du régime patrimonial, avec un régime plus simple à faire évoluer que l’aménagement.
- Parallélisme des formes (PACS) : Principe selon lequel la forme initiale n’est pas reprise à l’identique, l’exigence portant surtout sur l’enregistrement.
📝 Points essentiels
- Pour modifier le PACS, il faut l’accord des deux partenaires.
- La convention modificative doit être transmise à l’officier d’état civil ou au notaire ayant enregistré le PACS initial.
- La convention modificative peut être rédigée par toute personne, mais l’enregistrement doit être fait par la même autorité que pour l’enregistrement initial.
- En cas de PACS initial enregistré par un tribunal, l’enregistrement de la convention modificative se fait ensuite par la mairie du lieu du tribunal.
- En matière de RM, on distingue aménagement (clause modifiée, régime conservé) et changement de régime (régime entièrement modifié).
- Le changement de régime du PACS est présenté comme plus facile que l’aménagement, notamment car il n’y a pas de droit d’opposition des créanciers ni d’exigence de justification d’un intérêt familial.
💡 Astuce mémo
Aménagement = on touche une clause; Changement = on change tout le régime.
📖 8. Convention modificative et distinction aménagement changement
🔑 Notions clés & Définitions
- PACS : Régime d’organisation patrimoniale entre partenaires qui peut être modifié par convention et qui se dissout selon des causes spécifiques.
- Séparation de biens : Régime où chaque partenaire conserve la propriété de ses biens, ce qui influence les conséquences patrimoniales lors d’un changement de régime.
- Indivision : Régime où certains biens sont détenus en commun, ce qui conditionne les opérations à effectuer lors d’une modification de l’organisation patrimoniale.
- Liquidation en cas de changement : Opération patrimoniale exigée en matière de régime matrimonial lorsqu’elle est nécessaire, mais dont l’équivalent n’est pas posé de la même façon pour le PACS.
- Dissolution du PACS : Fin de l’organisation patrimoniale des partenaires, avec règlement de leurs intérêts patrimoniaux selon la cause de rupture.
📝 Points essentiels
- En matière de régime matrimonial, passer de séparation de biens à indivision ne nécessite pas de liquidation, tandis que passer d’indivision à séparation de biens peut imposer une liquidation si elle est nécessaire.
- En matière de PACS, il n’existe pas d’équivalent automatique à la logique de liquidation du régime matrimonial, mais une liquidation est présentée comme préférable.
- Les causes de rupture du PACS comprennent la séparation, le décès et le mariage, ce dernier ne mettant pas fin au patrimoine conjugal.
- Lors du décès, les partenaires ne bénéficient pas des avantages successoraux réservés aux époux, ce qui modifie la protection du partenaire survivant.
- En présence d’enfants, le mariage est plus protecteur que le PACS, notamment parce que les mécanismes successoraux ne sont pas identiques.
- Le décès du partenaire impose de régler les intérêts patrimoniaux dans le cadre de la dissolution du PACS, avec des effets différents selon l’existence d’un testament.
💡 Astuce mémo
Changement = RM liquide si nécessaire ; PACS = pas d’automatisme, mais liquidation souvent conseillée.
📖 9. Motifs de changement de régime patrimonial
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 917 du Code civil : Règle successorale qui organise le sort des liquidités et peut conduire à une indivision entre héritiers en présence d’enfants.
- Action en réduction : Mécanisme qui permet de contester une libéralité lorsque la réserve des enfants est atteinte.
- Renonciation à l’usufruit : Acte par lequel le survivant abandonne la valeur de son droit, assimilé à une donation.
- Droit d’usage et d’habitation : Droit démembré permettant au survivant de rester dans le logement, avec une valorisation plus faible qu’un usufruit.
- Démembrement croisé en SCI : Montage où chacun détient l’usufruit des parts de l’autre via une SCI, pour organiser la protection du survivant.
📝 Points essentiels
- En présence d’enfants, un testament laissant le partenaire légataire universel peut être réduit, car la protection prévue peut être neutralisée par l’article 917.
- L’article 917 peut imposer le partage des liquidités et placer la maison en indivision, d’où la nécessité d’anticiper ou d’écarter son application.
- Pour éviter l’effet de l’article 917, on peut prévoir une exclusion de son application et/ou une caducité en cas de séparation.
- Le choix entre legs universel et legs portant sur tout ou partie du patrimoine dépend de la volonté des clients et de l’objectif recherché pour le survivant.
- Si le logement familial est légué au partenaire survivant, il faut alerter sur le risque d’action en réduction.
- En famille recomposée, le survivant peut vouloir la jouissance sans toucher le prix de vente, ce qui implique de réfléchir au sort de la valeur économique des droits démembrés après vente.
💡 Astuce mémo
917 = « 1/2 pour les enfants » : partage des liquidités et indivision possible, donc penser à l’écarter ou à prévoir une caducité.
📖 10. Procédure de changement ou d’aménagement pacsal
🔑 Notions clés & Définitions
- Démembrement croisé : Notion de démembrement où les droits sont répartis de façon croisée entre les partenaires, ce qui peut influencer la liquidation et les droits transmis.
- Abattement de 80 000 euros : Dispositif fiscal permettant, sous conditions, de réduire la base taxable lors de certains transferts entre partenaires, mais il peut être remis en cause en cas de séparation rapide.
- Donation indirecte : Qualification fiscale d’un avantage patrimonial non formalisé comme une donation, mais résultant d’un acte ou d’un abandon de droits.
- Liquidation de l’indivision : Opération qui fixe les droits de chaque indivisaire dans la masse à partager, en déterminant ce que chacun doit recevoir ou payer.
- Convention d’indivision : Accord permettant de maintenir une partie du patrimoine en indivision pendant une durée, notamment pour conserver l’éligibilité à certains avantages fiscaux.
📝 Points essentiels
- La séparation n’entraîne pas automatiquement la remise en cause des testaments.
- L’abattement de 80 000 euros est remis en cause si la séparation intervient dans l’année de la donation, ce qui impose d’anticiper.
- Le versement d’une somme au partenaire n’est pas possible en principe, sauf à jouer sur la valorisation des biens, avec risques fiscaux (redressement ou action en complément de part).
- L’abandon de soulte est regardé par l’administration fiscale comme une donation indirecte devant être taxée.
- En cas de séparation, la liquidation n’est pas soumise à un passage obligatoire devant notaire ou juge : elle est laissée à l’initiative des partenaires.
- La liquidation sert à déterminer les droits de chacun dans la masse à partager, et le partage est un mode de règlement de ces droits.
💡 Astuce mémo
Anticiper l’abattement : séparation dans l’année = abattement remis en cause ; soulte abandonnée = donation indirecte taxée.
📖 11. Rupture par décès et droits du partenaire survivant
🔑 Notions clés & Définitions
- Indivision : Régime de propriété commune où plusieurs personnes détiennent ensemble un même bien et doivent ensuite liquider leurs droits.
- Compte d’indivision : Opération de liquidation qui retrace, pour chaque indivisaire, les flux liés à la jouissance et aux opérations sur le bien indivis.
- Indemnité d’occupation précaire : Dette de l’indivisaire qui a joui du bien indivis sans droit exclusif, envers l’indivision.
- Créance d’apport : Créance due à l’indivisaire qui a financé plus que sa part lors de l’acquisition, ouvrant droit à un remboursement.
- Créance entre indivisaires : Créance distincte de l’indivision, née du lien entre indivisaires, notamment après un excès de financement ou des comptes à régulariser.
📝 Points essentiels
- Les dettes envers l’indivision incluent l’indemnité d’occupation, les avances en capital, les indemnités liées à la détérioration/dévaluation, et l’encaissement de capitaux reçus lors d’un sinistre sur le bien.
- Les créances envers l’indivision comprennent l’amélioration des biens, les impenses nécessaires à la conservation, et la prise en charge par l’indivisaire d’une taxe exécutoire.
- Les 5 commandements du compte d’indivision sont : établir un compte par indivisaire, fixer la date de jouissance divise (naissance de l’indivision et date de clôture la plus proche du partage), qualifier les flux, évaler
- La liquidation classique consiste à déduire le prêt du passif puis à appliquer les quote-parts de propriété, même si le raisonnement mathématique peut être critiquable.
- La Cour de cassation qualifie le passif comme un passif de l’indivision et valide la liquidation classique car la contribution se fait proportionnellement aux quote-parts.
- Après la liquidation principale, on traite la créance entre indivisaires, déconnectée de l’indivision, proche d’un prêt entre eux.
💡 Astuce mémo
Date de jouissance divise = naissance + clôture la plus proche du partage (N+P).
📖 12. Rupture par séparation et liquidation des intérêts
🔑 Notions clés & Définitions
- Cause de la créance : Notion qui classe l’origine de la créance afin d’identifier le régime applicable lors de la liquidation des intérêts.
- Dépense nécessaire : Notion qui désigne une dépense indispensable à la conservation ou à la gestion d’un bien, ouvrant droit à créance.
- Créance d’indivision : Notion qui regroupe les sommes dues entre indivisaires liées à la gestion, à la conservation ou à la jouissance du bien indivis.
- Indemnité d’occupation : Notion qui correspond à la compensation due par l’indivisaire qui jouit de façon exclusive du bien indivis.
- Prescription de l’action en paiement : Notion qui désigne le délai qui éteint la possibilité d’agir en justice pour obtenir le paiement d’une créance.
📝 Points essentiels
- La cause de la créance se décompose notamment en financement d’une acquisition, dépenses de gestion/administration, puis créances liées à la jouissance d’un bien indivis.
- Le remboursement d’un prêt constitue une dépense nécessaire donnant lieu à créance dès lors qu’il y a eu décaissement effectif.
- Le remboursement anticipé d’un prêt par un indivisaire est regardé comme une dépense nécessaire à la conservation du bien.
- L’indivisaire qui use ou jouit du bien est redevable d’une indemnité d’occupation seulement si la jouissance est exclusive, l’autre indivisaire ne devant pas pouvoir jouir du bien.
- Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit prouver l’existence de la créance.
- La preuve des créances suit une règle dérogatoire au-delà de 1500 euros : un écrit est exigé, mais le lien conjugal peut justifier l’impossibilité d’un écrit et conduire à accepter la preuve par tous moyens.
💡 Astuce mémo
Décaissement → cause → preuve : prêt remboursé = créance ; jouissance exclusive = indemnité ; au-delà de 1500 € : écrit, sauf lien conjugal.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 15 novembre 1999 | Création du PACS par la loi |
| 23 juin 2006 | Modification du régime légal du PACS (rattachement à la séparation de biens) |
| 2011 | Compétence d’enregistrement du PACS confiée au notaire |
| 2018 | Extension de la compétence d’enregistrement du PACS |
| 2007 | Assouplissement des règles pour la personne sous tutelle (assistance par le tuteur, sans représentation requise pour l’enregistrement) |
| 2019 | Assouplissement des règles pour la personne sous curatelle (signature possible avec assistance du curateur) |
| 27 janvier 2021 | Jurisprudence : certaines dépenses d’acquisition pour la résidence principale peuvent être qualifiées de charges du ménage en PACS |
📊 Tableaux de synthèse
PACS vs mariage (différences patrimoniales et successorales)
| Point de comparaison | PACS | Mariage |
|---|
| Vocation successorale ab intestat | Absence d’avantages successoraux ab intestat | Présence d’avantages successoraux entre époux |
| Prestation compensatoire en cas de séparation | Absence | Présence (mécanisme du mariage) |
| Pension de réversion | Toujours refusée au partenaire survivant | Existe pour l’époux survivant |
| Droits successoraux via testament | Possibilité de léguer (au mieux) ; pas de QDS créée par testament | Existence de mécanismes successoraux plus protecteurs |
| Protection du logement après décès | Droit temporaire au logement d’un an (non viager) | Droit viager relais (logique de protection plus forte) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre contractualisation et liberté totale : le PACS est un contrat, mais il touche à l’état des personnes et impose un régime primaire impératif.
- Croire que le PACS crée un lien familial générant des obligations alimentaires : le cours insiste sur l’absence de lien familial/personnel au sens des obligations alimentaires.
- Penser que l’on peut rompre unilatéralement comme dans le droit commun : en droit commun c’est impossible, mais pour le PACS la rupture unilatérale est possible.
- Mélanger les mécanismes de fin de PACS : la compensation de l’art. 515-7 al. 11 est bloquée si la convention contient une clause de contribution au jour le jour.
- Rattacher toutes les dépenses au même régime : certaines dépenses d’investissement peuvent être qualifiées de charges du ménage en PACS (arrêt du 27 janvier 2021) mais le principe reste que les investissements renvoient,
- Confondre solidarité ménagère et dettes personnelles : la solidarité ne joue pas pour toutes les dettes, et la dette somptuaire peut rester personnelle.
- Oublier que l’indivision d’acquêts du PACS naît à l’enregistrement : on ne peut pas apporter ensuite un bien à l’indivision d’acquêts, sauf mécanisme d’emploi encadré par l’art. 515-5-2.
✅ Checklist Examen
- Identifier la loi de création du PACS et expliquer en quoi il illustre la contractualisation du droit de la famille.
- Définir la liberté contractuelle pacsimoniale et justifier l’existence d’un régime primaire impératif (état des personnes).
- Lister les composantes du régime impératif : aide matérielle réciproque, solidarité aux dettes ménagères, cotitularité de plein droit au bail d’habitation.
- Expliquer la contribution légale : proportion aux facultés respectives et aménagement possible des modalités, puis distinguer charges du ménage et dépenses d’investissement.
- Exposer le rôle de la clause de contribution au jour le jour et préciser son effet sur la compensation de fin prévue par l’art. 515-7 al. 11.
- Savoir qualifier les dettes ménagères et la dette somptuaire : principe de solidarité pour certaines dettes liées à la vie quotidienne et exclusion possible des dettes excessives.
- Maîtriser la protection de la résidence principale dans le PACS : absence d’équivalent à l’art. 215 al. 3 et conséquences à la dissolution (sort du partenaire non propriétaire).
- Distinguer aménagement et changement de régime patrimonial du PACS et rappeler la procédure d’enregistrement de la convention modificative.
- Expliquer les motifs de changement de régime : passage indivision→séparation (ex. quote-parts différentes, association) et séparation→indivision (volonté de partager les investissements).
- Décrire la rupture par décès : absence de vocation successorale ab intestat, droit temporaire au logement d’un an, et conditions liées au testament (QD, absence de QDS créée).
- Présenter la liquidation en cas de séparation : absence de passage obligatoire devant notaire/juge, rôle de la liquidation et des comptes d’indivision, et les 5 commandements du compte d’indivision.
- Raisonner sur les créances et leur preuve : cause de la créance (financement, gestion, jouissance), indemnité d’occupation en cas de jouissance exclusive, règle de preuve au-delà de 1500 € et articulation avec la preuve/
- Prescription : rappeler l’idée d’interruption/suspension selon PACS vs concubinage, et les limites d’aménagement (réduction minimale à 1 an, extension maximale à 10 ans).
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