📋 Plan du Cours
- Territorialité de la TVA et territoires
- Ventes à distance et seuils de localisation
- Principes du champ d’application de la TVA
- Régime TVA des terrains à bâtir et non constructibles
- Immeubles neufs et anciens : TVA et exonération
- Option pour soumettre à la TVA immobilière
- Exonérations de TVA par disposition expresse
- Fait générateur et exigibilité de la TVA
- Opérations spécifiques : livraison à soi-même et importations
- Régime réel simplifié : seuils et acomptes
- Déclaration CA12 et régularisation des acomptes
- Franchise en base de TVA et option vers un régime supérieur
📖 1. Territorialité de la TVA et territoires
🔑 Notions clés & Définitions
- Territorialité de la TVA : La territorialité de la TVA désigne le fait que la taxe s’applique seulement aux opérations rattachées à un territoire déterminé par des règles de localisation.
- Territoire TVA français : Le territoire TVA français regroupe des zones soumises aux règles françaises de TVA, qui ne coïncident pas strictement avec les frontières de l’État.
- DOM : Les DOM sont traités, pour la TVA, comme des territoires d’exportation vis-à-vis de la métropole et des autres États de l’Union européenne.
- TOM : Les TOM sont des territoires d’outre-mer où la TVA française ne s’applique pas.
- Pays tiers : Les pays tiers sont les États considérés comme hors Union européenne pour l’application des règles d’importation et d’exportation.
📝 Points essentiels
- Le champ d’application spatial de la TVA n’est pas illimité : les règles de territorialité déterminent si l’opération relève de la TVA française ou en est exclue.
- Pour la TVA française, le territoire comprend la France continentale, la Corse, la principauté de Monaco, les eaux territoriales et le plateau continental.
- La TVA n’est pas applicable en Guyane.
- Les quatre DOM sont assimilés à des territoires d’exportation par rapport à la France métropolitaine et aux autres membres de l’Union européenne.
- La Guyane et la Réunion sont des territoires d’exportation l’un par rapport à l’autre et par rapport à la Guadeloupe et à la Martinique.
- La Guadeloupe et la Martinique sont considérés comme un territoire unique pour la TVA.
💡 Astuce mémo
Territoire TVA = “France élargie” (continent + Corse + Monaco + eaux + plateau) ; Guyane = exclue ; DOM = export ; TOM = hors TVA.
📖 2. Ventes à distance et seuils de localisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Vente à distance : Opération réalisée sans rencontre physique entre vendeur et acquéreur, souvent via Internet, au profit d’un client non redevable de la TVA.
- Seuil de 10 000 € HT : Montant annuel de ventes à distance apprécié sur l’année en cours et l’année précédente, déclenchant la TVA du pays de destination à partir du 01/07/2021.
- Moyens de transport neufs : Catégorie de biens pour lesquels le régime des ventes à distance ne s’applique pas, la TVA étant due selon le pays de l’acquéreur.
- Auto-liquidation : Mécanisme où le client (preneur) reverse la TVA à l’administration fiscale de son pays lorsque le vendeur facture sans TVA avec la mention correspondante.
- Services en ligne : Catégories de prestations soumises à des règles spécifiques (télécommunications, radiodiffusion/télévision, services fournis par voie électronique).
📝 Points essentiels
- Le vendeur est redevable de la TVA pour les ventes à distance réalisées auprès de personnes non redevables de la TVA.
- Le taux de TVA applicable dépend du montant HT annuel des ventes à distance et du franchissement du seuil de 10 000 € HT.
- Le seuil de 10 000 € HT s’apprécie en additionnant les opérations de l’année civile en cours et de l’année civile précédente.
- Si le seuil n’est pas dépassé, les opérations sont fiscalement localisées dans le pays du vendeur et la TVA française s’applique dans l’exemple.
- Si le seuil est dépassé, le vendeur devient redevable de la TVA dans les États membres de destination à compter du moment où le seuil est franchi, comme illustré à partir de juin N.
- Les ventes à distance de moyens de transport neufs ne relèvent pas du régime des ventes à distance : la TVA suit le pays de l’acquéreur pour éviter une déstabilisation des marchés nationaux.
💡 Astuce mémo
Seuil = 10 000 € : en dessous TVA du vendeur, au-dessus TVA du pays du client (destination).
📖 3. Principes du champ d’application de la TVA
🔑 Notions clés & Définitions
- TVA : La TVA est un impôt indirect sur la consommation qui frappe, en principe, tous les biens et services consommés ou utilisés en France.
- Impôt sur la dépense : La TVA est un impôt indirect qui atteint la dépense liée à la consommation plutôt que le revenu ou le bénéfice.
- Opérations imposables : Les opérations imposables sont celles qui entrent dans le champ de la TVA et sont réalisées à titre onéreux par des assujettis.
- Opérations exonérées : Les opérations exonérées sont des opérations qui entrent dans le champ de la TVA mais sont dispensées de TVA par une disposition expresse de la loi.
- Opérations hors champ : Les opérations hors champ sont, en principe, exclues de la TVA car elles ne relèvent pas des conditions d’imposition prévues par la loi.
📝 Points essentiels
- La TVA est un impôt indirect sur la consommation, appliqué en principe à tous les biens et services consommés ou utilisés en France, d’origine nationale ou étrangère.
- La TVA a été instituée en France par la loi du 10 avril 1954 et représente environ 45% des recettes fiscales.
- La TVA est collectée par les intervenants du circuit économique : TVA collectée sur les ventes et TVA déductible sur les achats.
- La TVA nette due se calcule comme TVA collectée − TVA déductible, généralement sur une base mensuelle.
- Si la différence est positive, l’entreprise verse le solde au trésor public ; si elle est négative, elle dispose d’un crédit de TVA pouvant majorer la déduction suivante et parfois être remboursé.
- La TVA ne constitue pas une charge pour l’entreprise et n’affecte donc pas le résultat.
💡 Astuce mémo
TVA = Collectée − Déductible (mensuel) : si + tu payes, si − tu récupères.
📖 4. Régime TVA des terrains à bâtir et non constructibles
🔑 Notions clés & Définitions
- Livraison de biens : La livraison de biens correspond au pouvoir de disposer d’un bien comme un propriétaire, y compris dans certains cas assimilés.
- Prestation de services : Une prestation de services regroupe les opérations qui ne constituent pas une livraison de biens meubles corporels.
- Opération à titre onéreux : Une opération est à titre onéreux lorsqu’elle comporte une contrepartie, en numéraire ou en nature, liée directement à l’opération.
- Assujetti à la TVA : Un assujetti est une personne qui exerce de manière indépendante une activité économique relevant du CGI.
- Livraison à soi-même : La livraison à soi-même est l’opération par laquelle une personne obtient un bien ou un service à partir de moyens qui lui appartiennent.
📝 Points essentiels
- La livraison de biens meubles corporels vise le pouvoir de disposer du bien comme un propriétaire, et certaines remises sont assimilées à une livraison.
- Les apports en société, les échanges de biens et la remise de gaz, électricité, chaleur, froid et biens similaires sont traités comme des livraisons de biens meubles corporels.
- L’article 256 I du CGI ne vise pas les livraisons d’immeubles, et les cessions d’immeubles relèvent d’une logique d’exception par texte spécial.
- Les opérations portant sur des biens meubles incorporels (brevets, marques) sont qualifiées de prestations de services.
- Pour être imposables, livraisons de biens meubles corporels et prestations de services doivent être réalisées à titre onéreux, avec un lien direct entre opération et contre-valeur.
- Le lien direct est établi si le service est rendu à un bénéficiaire déterminé et si les avantages retirés par ce bénéficiaire correspondent à la contre-valeur versée au prestataire.
💡 Astuce mémo
Onéreux = « bénéficiaire identifié » + « avantage ↔ prix » (lien direct).
📖 5. Immeubles neufs et anciens : TVA et exonération
🔑 Notions clés & Définitions
- Immeuble neuf : Un immeuble est qualifié de neuf s’il est achevé depuis moins de 5 ans, y compris après certains travaux sur une construction existante.
- Immeuble ancien : Un immeuble est qualifié d’ancien s’il est achevé depuis plus de 5 ans, et sa cession bénéficie en principe d’une exonération de TVA.
- Terrain à bâtir : Un terrain est à bâtir lorsqu’une construction est autorisée par les documents d’urbanisme, ce qui le rend constructible.
- Terrain non constructible : Un terrain est non constructible lorsque la construction n’est pas autorisée par les documents d’urbanisme, et sa cession est exonérée de TVA.
- Option pour la TVA : L’option permet au cédant de soumettre volontairement une cession exonérée au paiement de la TVA afin de récupérer la TVA liée aux dépenses.
📝 Points essentiels
- La TVA immobilière et les droits d’enregistrement se concurrencent lors des cessions d’immeubles réalisées par un professionnel agissant dans le cadre de son activité.
- Pour un terrain à bâtir, la cession est soumise à la TVA.
- Pour un terrain non constructible, la cession est exonérée de TVA, mais le cédant peut opter pour la soumettre à la TVA.
- Un immeuble reste considéré comme neuf pendant 5 ans quel que soit le nombre de mutations intervenant dans ce délai.
- Si la cession d’un immeuble neuf est soumise à la TVA, l’acquéreur supporte aussi des droits d’enregistrement au taux réduit de 0,715%.
- Si la cession d’un immeuble ancien est exonérée, le vendeur peut opter pour la TVA afin de récupérer la TVA payée sur les frais liés à l’immeuble.
💡 Astuce mémo
Neuf = moins de 5 ans (TVA), Ancien = plus de 5 ans (exonération), Terrain à bâtir = TVA, Terrain non constructible = exonéré (option possible).
📖 6. Option pour soumettre à la TVA immobilière
🔑 Notions clés & Définitions
- Exonérations sans option : Ensemble d’opérations exonérées où l’entreprise ne peut pas choisir l’assujettissement à la TVA, ce qui limite en pratique la déduction de la TVA amont.
- Option pour la TVA immobilière : Mécanisme légal permettant à l’assujetti d’être soumis à la TVA sur certaines opérations exonérées, afin de rétablir la déduction de la TVA amont et d’éviter la taxe sur les salaires.
- Dispense de taxe sur les salaires : Conséquence de l’option qui place l’assujetti sous un régime proche de celui des redevables de plein droit pour la taxe sur les salaires.
- Client redevable : Condition liée au client : la TVA facturée est récupérable seulement si le client est lui-même redevable.
- Locations d’immeubles nus : Opérations de location d’immeubles nus (ou meublés à usage d’habitation) qui sont en principe exonérées, avec des cas d’option et des limites selon le locataire.
📝 Points essentiels
- L’exonération empêche en principe la déduction de la TVA amont sur les dépenses liées à ces opérations, sauf cas du commerce international.
- L’assujetti exonéré reste redevable de la taxe sur les salaires, ce qui peut rendre l’exonération défavorable à cause de l’impact sur la déduction.
- L’option permet de déduire la TVA des achats correspondants et de bénéficier d’une dispense de taxe sur les salaires.
- Pour le client, la TVA facturée est récupérable seulement si le client est lui-même redevable, d’où l’importance de la composition de la clientèle.
- Les principales exonérations sans possibilité d’option incluent notamment le secteur médical/paramédical, l’enseignement, les assurances, les services publics locaux, les spectacles/clubs sportifs pro, et les organismes
- Les opérations exonérées avec possibilité d’option incluent notamment la location de locaux nus à usage professionnel/industriel/commercial et certaines professions libérales exonérées sous conditions de franchise (CA <
💡 Astuce mémo
Option = Déduction + Dispense (TVA amont récupérable et taxe sur les salaires évitée) ; si le client n’est pas redevable, l’option perd de l’intérêt.
📖 7. Exonérations de TVA par disposition expresse
🔑 Notions clés & Définitions
- Crédit exonéré de TVA : L’opération de crédit entre dans le champ de la TVA mais peut être exonérée par application expresse de l’article 261-C-1 du CGI.
- Intérêts moratoires : Les intérêts moratoires sont des sommes réclamées en cas de défaillance du client et sont exonérés de TVA lorsqu’ils rémunèrent un préjudice.
- Débours des intermédiaires : Les débours sont des sommes avancées par un intermédiaire pour le nom et le compte de son commettant, et peuvent être exclus de la base imposable sous conditions.
- Échange assimilé à une double vente : Lors d’un échange, chaque échangiste est réputé effectuer une vente, ce qui déclenche les mécanismes de TVA pour l’acquéreur et le vendeur.
- Subventions et indemnités : Les subventions et indemnités sont traitées comme des éléments de prix lorsqu’elles constituent la contrepartie d’un complément de prix ou d’un service rendu.
📝 Points essentiels
- Les opérations de crédit sont exonérées de TVA malgré leur inclusion dans le champ d’application, via l’article 261-C-1 du CGI.
- Les intérêts moratoires réclamés pour une défaillance du client ne sont pas soumis à TVA lorsqu’ils indemnisent un préjudice.
- Les débours ne sont pas compris dans la base imposable si les conditions de l’article 267-II-2° du CGI sont remplies simultanément.
- Les conditions des débours exigent un mandat explicite et préalable, une reddition des comptes précise avec justification, et une comptabilisation en comptes de tiers.
- Un échange est traité comme une double vente : pour chaque partie, l’achat génère une TVA déductible et la vente une TVA collectée si l’échangiste est assujetti.
- Les subventions et indemnités deviennent imposables lorsqu’elles rémunèrent un service rendu ou servent de contrepartie à un complément de prix.
💡 Astuce mémo
Crédit/Intérêts = indemniser ou financer sans TVA ; Débours = avancer pour autrui avec mandat + comptes + tiers ; Échange = double vente.
📖 8. Fait générateur et exigibilité de la TVA
🔑 Notions clés & Définitions
- Fait générateur : Le fait générateur est l’événement qui fait naître le droit de l’État à percevoir la TVA pour l’opération concernée.
- Exigibilité de la TVA : L’exigibilité est la date à laquelle la TVA devient due et doit être versée au Trésor.
- Paiement sur les débits : Le paiement sur les débits est une option qui fait exiger la TVA à l’encaissement des créances (et non à l’achèvement de la prestation) pour certaines opérations.
- Paiement sur les livraisons : Le paiement sur les livraisons est une option propre aux entrepreneurs de travaux immobiliers, où la TVA devient exigible lors de la remise de l’immeuble.
- Acompte : Un acompte est un versement reçu avant la réalisation complète de la prestation ou la livraison, pouvant déclencher l’exigibilité selon le régime applicable.
📝 Points essentiels
- Pour les prestations de services, le fait générateur correspond à l’achèvement de la prestation, moment où naît la créance sur le Trésor.
- La TVA est exigible à la date du règlement, avec des règles différentes selon le mode de paiement.
- Chèque : l’exigibilité intervient à la remise matérielle du chèque ; espèce : à la remise des liquidités ; lettre de change : à l’échéance de l’effet de commerce.
- Virement : l’exigibilité intervient à la date d’inscription au compte du prestataire ; remise à l’escompte : n’a aucune incidence sur l’exigibilité.
- Affacturage : l’exigibilité intervient au paiement effectif du client à la société d’affacturage.
- Option paiement sur les débits : réservée aux entreprises réalisant des opérations où l’exigibilité est normalement liée à l’encaissement (prestataires de services, entrepreneurs de travaux immobiliers) ; la TVA est exig
💡 Astuce mémo
Chèque/espèce = remise matérielle, virement = inscription au compte, lettre de change = échéance, affacturage = paiement effectif.
📖 9. Opérations spécifiques : livraison à soi-même et importations
🔑 Notions clés & Définitions
- Livraison à soi-même : Opération assimilée à une livraison, dont la TVA devient exigible selon le moment d’utilisation du bien.
- Première utilisation : Moment déclencheur de l’exigibilité de la TVA pour une livraison à soi-même.
- Importations : Opérations soumises à TVA à l’entrée en France, avec exigibilité liée au dédouanement.
- Dédouanement : Événement douanier qui fixe l’exigibilité de la TVA sur les importations.
📝 Points essentiels
- Livraison à soi-même : l’exigibilité intervient à la première utilisation du bien.
- Livraison à soi-même : l’exigibilité est fixée à la date de réception de la facture au plus tard le 15 du mois suivant la livraison.
- Importations : l’exigibilité de la TVA se rattache à l’entrée en France et au dédouanement.
- Importations : la TVA devient exigible à la date du dédouanement.
- Exemple (taux 20%) : livraison à soi-même facturée le 02/02 pour une livraison le 18/02 → TVA exigible 02/02 = 2 400×20% = 480 €.
- Exemple (taux 20%) : importation facturée le 20/02 pour des marchandises livrées le 25/01/N → TVA exigible au dédouanement = 2 200×20% = 440 €.
💡 Astuce mémo
Livraison à soi-même = première utilisation (ou facture reçue avant le 15 du mois suivant) ; Importation = dédouanement (entrée en France).
📖 10. Régime réel simplifié : seuils et acomptes
🔑 Notions clés & Définitions
- TVA non déductible : La TVA non déductible est une TVA facturée qui ne peut pas être récupérée par déduction, donc elle devient un coût pour l’entreprise.
- Seuils de franchise en base de TVA : Les seuils de franchise en base de TVA fixent les plafonds de chiffre d’affaires au-delà desquels l’entreprise ne bénéficie plus de la franchise de plein droit.
- Régime réel simplifié : Le régime réel simplifié est un régime d’imposition où la déclaration de TVA est annuelle et qui s’applique sous des conditions de CA et de TVA due en N-1.
- Crédit de TVA : Le crédit de TVA correspond à une TVA déductible supérieure à la TVA collectée, ouvrant droit à report ou remboursement selon les cas.
📝 Points essentiels
- La TVA facturée sur des dépenses exclues du droit à déduction ne peut pas être déduite et doit être comptabilisée en charge ou en immobilisation plutôt qu’en créance.
- Exemples d’exclusions : TVA sur véhicules de tourisme et assimilés, produits pétroliers, et dépenses somptuaires (dépenses non déductibles du résultat fiscal).
- Exceptions à l’exclusion : certaines dépenses liées au personnel (hébergement du personnel, logement des gardiens, crèches et dortoirs) ouvrent droit à déduction.
- Conditions de forme : la TVA n’est déductible que si elle figure sur un document justificatif (facture, document douanier, déclaration intracommunautaire, acte notarié).
- Conditions de délai : la déduction est possible jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant l’omission, puis le droit à déduction est perdu.
- Crédit de TVA : il apparaît quand la TVA collectée est inférieure à la TVA déductible et peut être reporté sur la TVA collectée des déclarations suivantes en procédure normale.
💡 Astuce mémo
Non déductible = non récupérable : facture + délai (jusqu’au 31/12 N+2) sinon perte du droit.
📖 11. Déclaration CA12 et régularisation des acomptes
🔑 Notions clés & Définitions
- Déclaration CA12 : La déclaration CA12 est la déclaration annuelle qui sert à régulariser la TVA après les acomptes versés pendant l’année.
- Acomptes de TVA : Les acomptes de TVA sont des versements provisionnels calculés à partir de la TVA due de l’exercice précédent.
- Régime réel simplifié : Le régime réel simplifié est un régime de TVA avec versement d’acomptes et déclaration annuelle CA12, sous conditions de seuils.
- Régularisation des acomptes : La régularisation des acomptes correspond à l’imputation des acomptes déjà payés sur la TVA nette due lors du dépôt de la CA12.
📝 Points essentiels
- Dans le réel simplifié, la CA12 est déposée en N+1 et les acomptes versés en N s’imputent sur la TVA due au titre de N.
- Les acomptes sont calculés à partir de la TVA due de N-1, en excluant la TVA sur immobilisations.
- Si le seuil de TVA de N-1 est dépassé, des déclarations mensuelles sont exigées même si les seuils de chiffre d’affaires ne sont pas dépassés.
- La modulation des acomptes est possible si l’assujetti estime que les acomptes déjà versés sont au moins égaux à la TVA réellement due.
- La modulation peut aussi se faire par semestre si la TVA réellement due est inférieure d’au moins 10% à l’acompte exigible, permettant de limiter le versement.
- En cas de crédit de TVA non remboursé, il reste en attente et n’est pas automatiquement compensé par une demande de remboursement dans l’exemple fourni.
💡 Astuce mémo
CA12 = Année → on régularise : Acomptes déjà payés viennent en déduction de la TVA nette due.
📖 12. Franchise en base de TVA et option vers un régime supérieur
🔑 Notions clés & Définitions
- Franchise en base de TVA : La franchise en base de TVA est un régime qui dispense l’assujetti de la TVA tant que ses seuils de chiffre d’affaires restent inférieurs aux limites prévues.
- Assujetti non redevable : L’assujetti non redevable est une personne relevant de la TVA sans être tenue de la collecter, car elle bénéficie de la franchise en base.
- Mention sur les factures : La mention sur les factures est l’indication obligatoire qui précise que la TVA n’est pas applicable pour les opérations réalisées sous franchise.
- Option pour la TVA : L’option pour la TVA est le choix permettant de sortir de la franchise afin d’être soumis à la TVA selon un régime supérieur.
- Régime réel pour la TVA : Le régime réel pour la TVA est un mode de détermination de la TVA qui remplace la franchise lorsque l’option est exercée.
📝 Points essentiels
- La franchise dépend de la nature de l’activité et du chiffre d’affaires HT de l’année précédente.
- Ventes de biens, ventes à consommer sur place et prestations d’hébergement : franchise si CA HT < 85 000 €.
- Prestations de services : franchise si CA HT < 37 500 €.
- Ventes et prestations de services : franchise si CA global < 85 000 € et CA prestations de services < 37 500 €.
- La franchise est indépendante du statut juridique (entreprise individuelle ou société), contrairement au régime micro-entreprises pour l’impôt sur le revenu.
- Les avocats et auteurs d’œuvres de l’esprit bénéficient de la franchise si le CA est < 47 700 €.
💡 Astuce mémo
Seuils = 85 000 (biens/hébergement) et 37 500 (services) : si tu restes sous les deux, la TVA s’arrête.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 10 avril 1954 | Institution de la TVA en France |
| 01/07/2021 | Seuil de 10 000 € HT des ventes à distance déclenchant la TVA du pays de destination à compter du 01/07/2021 |
| 1er janvier 2022 | Mise en place de l’auto-liquidation de la TVA due par l’importateur |
| 01 janvier 1993 | Suppression des frontières fiscales et douanières avec le marché unique européen |
| 28 mai 2021 | Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nantes soulignant l’incompatibilité du droit national avec la directive TVA |
| 22 décembre 2014 | Imposition des livraisons à soi-même à compter du 22 décembre 2014 |
| 01 janvier 2023 | Exigibilité de la TVA sur les livraisons de biens lors du versement d’un acompte |
| 1er janvier 2009 | Remboursement mensuel du crédit de TVA si le crédit est au moins égal à 760 € (disposition valable à partir du 01/01/2009) |
📊 Tableaux de synthèse
Territoires TVA : traitement général
| Zone | Règle TVA |
|---|
| France (territoire TVA français) | TVA applicable selon règles de territorialité |
| Guyane | TVA non applicable |
| DOM | Assimilés à des territoires d’exportation |
| TOM | TVA française non applicable |
| Pays tiers | Hors Union européenne pour import/export |
Exigibilité : opérations principales
| Opération | Fait générateur | Exigibilité |
|---|
| Livraison de biens meubles corporels | Livraison | Acomptes puis livraison (et depuis 01/01/2023 : exigible lors du versement d’un acompte) |
| Prestations de services | Achèvement de la prestation | Date du règlement (chèque/espèce/lettre de change/virement/affacturage) |
| Livraison à soi-même | Première utilisation | Première utilisation (ou facture reçue au plus tard le 15 du mois suivant) |
| Importations | — | Dédouanement |
| Acquisitions intracommunautaires | — | Exigibilité selon la livraison (factures avant livraison traitées comme acomptes) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre territorialité et champ d’application : la TVA française dépend des règles de localisation, pas seulement du fait que l’opération concerne la France.
- Croire que les DOM sont “dans la France” pour la TVA : ils sont assimilés à des territoires d’exportation, avec des conséquences sur l’exonération.
- Appliquer le régime des ventes à distance aux moyens de transport neufs : le cours précise que le régime ne s’applique pas et que la TVA suit le pays de l’acquéreur.
- Mélanger fait générateur et exigibilité : pour les prestations de services, le fait générateur est l’achèvement, mais l’exigibilité dépend du règlement.
- Oublier que la TVA est exigible sur les acomptes pour les livraisons de biens depuis 01/01/2023 : sinon, on calcule une TVA exigible au mauvais moment.
- Penser que l’exonération permet toujours la déduction : en réalité, l’exonération empêche la déduction de la TVA amont sauf exceptions (commerce international) et l’option peut rétablir la déduction.
- Confondre franchise en base et option : la franchise dispense de TVA tant que les seuils sont respectés, tandis que l’option “sort” de la franchise et permet la déduction (et modifie aussi la taxe sur les salaires).
✅ Checklist Examen
- Identifier les éléments du territoire TVA français (France continentale, Corse, Monaco, eaux territoriales, plateau continental) et conclure sur l’exclusion de la Guyane.
- Classer les zones d’outre-mer : DOM assimilés à des territoires d’exportation, TOM hors champ TVA française, et distinguer pays tiers pour import/export.
- Rappeler les taux et domaines d’application (20%, 10%, 5,5%, 2,10%) tels qu’énoncés dans le cours.
- Pour les ventes à distance : définir l’opération, déterminer le redevable (vendeur) et le taux selon le seuil de 10 000 € HT apprécié sur l’année civile en cours et la précédente.
- Expliquer le régime des ventes à distance pour services en ligne : distinguer BtoB (auto-liquidation) et BtoC (seuil 10 000 € et localisation du client).
- Connaître les principes du champ d’application : opérations imposables (à titre onéreux par un assujetti), exonérées (par disposition expresse) et hors champ (en principe exclues).
- Maîtriser la qualification des opérations : livraison de biens meubles corporels vs prestations de services, et le critère d’opération à titre onéreux avec lien direct (bénéficiaire individualisé + avantage ↔ contre-val.
- Traiter l’immobilier : distinguer terrain à bâtir (TVA) et terrain non constructible (exonéré), puis immeuble neuf (<5 ans) soumis à TVA et immeuble ancien (>5 ans) exonéré avec option.
- Savoir quand et pourquoi l’option pour la TVA immobilière est possible (mention dans l’acte, intérêt pour récupérer la TVA des dépenses) et rappeler le droit à déduction côté acquéreur.
- Expliquer les exonérations par disposition expresse et leurs conséquences : non collecte, non déduction (sauf commerce international) et redevabilité de la taxe sur les salaires.
- Distinguer base d’imposition et TVA exigible : calculer la base (prix + frais accessoires, exclusions type réductions/ intérêts moratoires/ débours sous conditions) et donner le bon moment d’exigibilité selon l’opération
- Réciter les règles de TVA déductible (assujetti redevable, affectation à l’activité économique, justificatifs, délai jusqu’au 31 décembre de la 2e année) et relier au régime réel simplifié (acomptes, CA12, modulation, et
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