Hoja de repaso: Introduction au droit public économique

📋 Plan du Cours

  1. Droit public économique
  2. Evolution du droit économique
  3. Organisation du marché
  4. Libertés économiques
  5. Régulation et institutions
  6. Opérateurs publics
  7. Droit applicable aux opérateurs
  8. Privatisations exceptionnelles
  9. Commande publique

📖 1. Droit public économique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit public des affaires : ensemble des règles régissant les relations entre personnes publiques (PPQ) et opérateurs économiques, notamment dans le cadre de la participation de la puissance publique au marché. Il inclut la dimension verticale et unilatérale de l’intervention publique, ainsi que la dimension horizontale contractuelle entre PPQ dans leurs relations économiques (Source : introduction, définition générale).

  • Droit public économique : champ d’intervention des PPQ dans l’économie, visant à arbitrer entre intérêts privés et publics. Il concerne la participation des PPQ au marché, leur rôle de régulateur, et leur capacité à intervenir en tant qu’opérateurs ou régulateurs, tout en respectant le cadre juridique (Source : introduction, définition générale).

  • Dimension verticale et unilatérale du droit public économique : caractéristique selon laquelle la puissance publique intervient de manière unilatérale et hiérarchique dans l’économie, en imposant des règles ou en exerçant des prérogatives de puissance publique, sans nécessairement recourir à des relations contractuelles (Source : évolution historique).

  • Dimension horizontale contractuelle dans le droit public économique : aspect selon lequel PPQ peuvent établir des relations contractuelles avec des opérateurs économiques privés ou publics, dans le cadre de leur intervention économique, traduisant une banalisation du comportement des opérateurs publics et une relation de partenariat ou de régulation contractuelle (Source : introduction).

  • Spécificité du droit public économique : capacité à arbitrer entre intérêts privés et publics, en conciliant la nécessité d’intervention de la puissance publique pour assurer l’intérêt général tout en respectant la liberté d’entreprendre et la concurrence. Il se distingue par sa structuration autour d’un cadre général économique et par ses modalités d’intervention (Source : introduction, définition).

📝 Points essentiels

  • Le droit public des affaires existe dans tous les États, qu’ils soient capitalistes, à économie mixte ou communistes, et concerne principalement les relations entre PPQ et opérateurs économiques.

  • La distinction classique entre « État gendarme » (intervention limitée, veillant au bon fonctionnement du marché) et « État providence » (intervention plus active, notamment par nationalisation et fourniture de services publics) a marqué l’évolution du droit public économique, mais cette distinction est aujourd’hui dépassée.

  • Depuis les années 1980, le rôle de l’État dans l’économie s’est transformé en un « État régulateur » : il n’intervient plus en tant qu’opérateur direct mais organise, régule, contrôle le marché tout en respectant la concurrence, en utilisant des autorités indépendantes.

  • La dimension contractuelle permet aux PPQ d’établir des relations avec des opérateurs privés ou publics, dans un cadre qui privilégie la régulation plutôt que l’intervention unilatérale.

  • La régulation du marché inclut le contrôle des opérateurs privés (concentrations, pratiques anti-concurrentielles) et la régulation des opérateurs publics, notamment dans le cadre des services publics ou des SIEG (services d’intérêt économique général).

  • La jurisprudence et le droit européen encadrent strictement l’intervention publique, notamment par la nécessité de respecter la concurrence tout en conciliant l’intérêt général.

💡 À retenir

Le droit public économique se caractérise par sa capacité à arbitrer entre intervention publique et liberté économique, en utilisant un cadre juridique précis qui privilégie la régulation et la conciliation des intérêts privés et publics.

📖 2. Evolution du droit économique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit public économique (DPE) : ensemble des modalités d’intervention de la puissance publique dans l’économie, incluant la dimension verticale unilatérale et la dimension horizontale contractuelle dans les relations entre personnes publiques et privées (PPQ). Il s’agit d’un droit structuré par un cadre général économique, permettant un arbitrage entre intérêts privés et publics (source : introduction, évolution historique).
  • Etat gendarme : conception selon laquelle l’État doit veiller au bon fonctionnement du marché sans intervenir directement dans la production ou la gestion des activités économiques, en limitant son rôle à la police économique (source : distinction classique, période libérale).
  • Etat providence : conception où l’État intervient activement pour assurer la protection sociale, le droit au travail, la nationalisation d’entreprises privées, et la fourniture de services publics, notamment après la Seconde Guerre mondiale (source : période de 1946, droit au travail, nationalisations).
  • Période libérale : période antérieure à 1914 où l’État est considéré comme un « gendarme », limitant ses interventions à la régulation du marché, sans action directe en tant qu’opérateur économique (source : évolution historique).
  • Changements liés à la mondialisation et à l’idéologie néo-libérale : contexte à partir des années 1980 marqué par la mondialisation, les progrès technologiques, et la montée de l’idéologie néo-libérale, qui favorisent un rôle de l’État en tant que régulateur plutôt qu’interventionniste, tout en limitant ses actions directes (source : évolution récente).
  • Rôle actuel de l’État : principalement celui de régulateur, limitant son interventionnisme à la régulation du marché, à la prévention des abus et à l’organisation de la concurrence, sans intervention massive en tant qu’opérateur direct (source : rôle actuel, intervention limitée).

📝 Points essentiels

  • La distinction historique entre Etat gendarme et Etat providence a guidé les rapports entre pouvoirs publics et économie, avec une intervention limitée jusqu’à la Première Guerre mondiale, puis une expansion après 1946 avec la nationalisation et la protection sociale.
  • La période libérale privilégie la non-intervention de l’État, inspirée par la théorie d’Adam Smith, mais la réalité française montre une intervention continue, notamment par la « tradition colbertiste » (interventionnisme historique).
  • La révolution libérale a été influencée par la théorie de A. Smith (laissez-faire), mais la France a maintenu une intervention significative, notamment par la réglementation et la nationalisation.
  • La distinction entre Etat gendarme et Etat providence s’est progressivement dépassée dans les années 1980, avec l’émergence d’un rôle de l’État en tant que régulateur dans un contexte de mondialisation, de progrès technologiques et d’idéologie néo-libérale.
  • La conception moderne de l’État dans l’économie est celle d’un régulateur : il ne remet pas en cause l’existence d’opérateurs privés mais limite leur action pour garantir la concurrence, tout en intervenant en amont pour organiser le marché et en aval pour réprimer les atteintes.
  • La mondialisation et l’intégration européenne ont renforcé cette évolution, en insistant sur la régulation plutôt que sur l’intervention directe, tout en respectant la souveraineté nationale dans la gestion des services publics et des missions d’intérêt général.

💡 À retenir

L’évolution du droit public économique témoigne d’un passage progressif d’un État « gendarme » interventionniste à un État régulateur, limitant ses actions directes pour favoriser la concurrence et s’adapter à la mondialisation et à l’idéologie néo-libérale.

📖 3. Organisation du marché

🔑 Notions clés & Définitions

  • Organisation du marché : ensemble des modalités et structures permettant la régulation, la gestion et le fonctionnement du marché, dans le cadre du droit public économique, afin d’assurer la concurrence et le respect des libertés économiques (voir section 1).

  • Cadre général de la régulation : ensemble des règles matérielles et institutionnelles établies par la Constitution, le TFUE, et la législation nationale pour encadrer l’intervention de la puissance publique dans le marché (voir chapitre 1).

  • Libertés économiques : droits fondamentaux garantis par le droit de l’UE et le droit national, comprenant la propriété, le commerce, et l’industrie, avec leurs principes et exceptions (voir section 4).

  • Propriété : droit inviolable et sacré (art. 17 DDHC), permettant à son titulaire d’en disposer librement, sous réserve des restrictions légales justifiées par la nécessité publique (voir section 4).

  • Liberté du commerce et de l’industrie : principe selon lequel toute personne peut exercer une activité commerciale ou industrielle, sous réserve de respecter la concurrence et la réglementation (voir section 4).

  • Droit de propriété : droit reconnu comme fondamental, inviolable, mais pouvant être limité en cas de nécessité publique, notamment par nationalisation, expropriation ou réquisition, sous contrôle juridictionnel (voir section 4).

  • Liberté du commerce et de l’industrie : principes et exceptions : principe de liberté d’entreprendre, avec interdiction de concurrence déloyale des personnes publiques, mais avec des exceptions justifiées par l’intérêt général ou la nécessité de régulation (voir section 4).

  • Libertés garanties par le droit de l’UE : ensemble de droits fondamentaux incluant la libre circulation des biens, la liberté d’établissement, et la libre prestation de services, encadrés par les articles du TFUE (voir section 4).

  • Libre circulation (art. 30 TFUE) : interdiction des restrictions à la circulation des marchandises entre États membres, principe essentiel pour le marché intérieur.

  • Liberté d’établissement (art. 49 TFUE) : droit pour toute personne de créer ou gérer une entreprise dans un autre État membre.

  • Liberté de prestation de services (art. 56 TFUE) : possibilité pour une entreprise d’offrir ses services dans un autre État membre sans discrimination.

📝 Points essentiels

  • La régulation du marché repose sur un cadre institutionnel et matériel, garantissant la liberté économique tout en permettant une intervention limitée de la puissance publique pour assurer la concurrence loyale (chapitre 1).

  • La dimension du droit public économique inclut à la fois la relation verticale unilatérale de la puissance publique avec le marché (ex. nationalisations) et la relation horizontale contractuelle entre PPQ et opérateurs privés (section 1).

  • La distinction historique entre « État gendarme » (intervention limitée) et « État providence » (intervention extensive) a évolué vers un modèle d’État régulateur, qui intervient pour organiser et contrôler le marché sans en être l’opérateur direct (section 1).

  • La liberté de propriété est inviolable mais peut être limitée pour des raisons d’intérêt général, notamment par expropriation ou nationalisation, sous contrôle juridictionnel (section 4).

  • La liberté du commerce et de l’industrie est protégée, mais encadrée par la réglementation et la jurisprudence, notamment pour éviter la concurrence déloyale des personnes publiques (section 4).

  • La directive européenne sur la liberté économique impose une neutralité entre secteur public et privé, tout en permettant des dérogations pour les services d’intérêt économique général, sous conditions strictes (section 4).

  • La régulation du marché inclut le contrôle des opérateurs privés par des actions préventives (contrôle des concentrations) et répressives (pratiques anti-concurrentielles), ainsi que la séparation des fonctions de régulation et d’exploitation pour éviter les abus (section 2).

💡 À retenir

L’organisation du marché repose sur un cadre juridique garantissant la liberté économique tout en permettant une régulation adaptée, notamment par la séparation des fonctions et la surveillance des pratiques anti-concurrentielles, dans un contexte évolutif marqué par la primauté du principe de concurrence et la reconnaissance des services d’intérêt général.

📖 4. Libertés économiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit de propriété : Droit fondamental, considéré comme inviolable et sacré (art. 17 DDHC). Il peut être limité en cas de nécessité publique légalement justifiée, comme nationalisations, expropriations ou réglementations (art. 17 DDHC). La propriété publique bénéficie aussi d'une protection renforcée, notamment en cas de vente de biens publics à vil prix (Cour constitutionnelle, 16/01/1987).

  • Liberté du commerce et de l’industrie : Principe posé par le décret d’Allarde (1791), reconnu comme un principe général du droit public économique. Il comporte deux volets : la liberté d’établissement/exploitation et la non-concurrence des personnes publiques. La jurisprudence a précisé que l’action des personnes publiques dans le domaine économique doit respecter ce principe, sauf exceptions justifiées par l’intérêt général (CE, 29/03/1901 ; CE, 30/05/1930 ; CE, 08/11/2000 ; CE, 31/05/2006).

  • Principes de non-concurrence et liberté d’établissement : La liberté d’établissement permet aux opérateurs économiques d’exercer leur activité sans entrave, tandis que le principe de non-concurrence interdit aux personnes publiques d’entrer en concurrence avec des acteurs privés dans le même domaine, sauf exceptions.

  • Interprétation restrictive des dérogations aux libertés économiques : Toute dérogation doit être interprétée de manière restrictive, notamment en droit de la concurrence (CJUE). Les exceptions doivent respecter le principe de subsidiarité, c’est-à-dire que ce qui peut être fait au niveau national ne doit pas être imposé par l’UE.

  • Rôle de la CJUE dans la protection des libertés économiques : La Cour de justice de l’Union européenne veille à l’application restrictive des dérogations aux règles de la concurrence, notamment via le principe de l’effet direct, permettant à toute personne intéressée de faire valoir ses droits en droit interne.

📝 Points essentiels

  • Le droit de propriété est un droit fondamental protégé par la Constitution, mais peut être limité pour des raisons d’intérêt public, avec une protection renforcée pour la propriété publique (nationalisations, vente à vil prix).

  • La liberté du commerce et de l’industrie, issue du décret d’Allarde, est un principe structurant du droit public économique, garantissant la liberté d’entreprendre et d’établir ses activités, sous réserve de respecter les règles de concurrence.

  • La jurisprudence a précisé que l’action des personnes publiques dans le domaine économique doit respecter le principe de concurrence, sauf si une exception est justifiée par l’intérêt général, en tenant compte de l’équilibre entre liberté d’entreprendre et impératifs d’intérêt public.

  • Les règles européennes en matière de libertés économiques (libre circulation, établissement, services) sont encadrées par des principes restrictifs, notamment en ce qui concerne les dérogations, qui doivent être interprétées de façon restrictive par la CJUE.

  • La régulation du marché repose sur un cadre juridique national et européen, avec une séparation claire entre fonctions de régulation et d’exploitation, pour éviter tout abus de position dominante ou distorsion de concurrence.

💡 À retenir

La liberté de propriété et la liberté du commerce et de l’industrie constituent des droits fondamentaux protégés, mais leur exercice est encadré par des principes de non-concurrence, des exceptions justifiées par l’intérêt général, et une interprétation restrictive des dérogations, notamment sous l’œil vigilant de la CJUE.

📖 5. Régulation et institutions

🔑 Notions clés & Définitions

Institutions de régulation : Organes chargés de contrôler, organiser ou orienter le marché, notamment par la sanction ou la réglementation. Elles peuvent être nationales ou locales, indépendantes ou dépendantes du pouvoir politique.

Autorités administratives indépendantes (AAI) : Autorités dotées d’un pouvoir propre, créées pour réguler certains secteurs économiques ou administratifs, sans dépendance hiérarchique du pouvoir exécutif. Elles disposent de prérogatives telles que la réglementation, l’enquête, la sanction ou la prise de règlements, tout en étant indépendantes dans leur fonctionnement (DC 17/01/1989).

Autorités publiques indépendantes (API) : Autorités dotées de la puissance publique, créées pour exercer des missions de régulation ou de contrôle, sans lien hiérarchique direct avec le pouvoir politique. Elles relaient l’action du pouvoir politique par leur autonomie.

Pouvoirs publics : Ensemble des organes et institutions exerçant le pouvoir politique, notamment le Parlement, le gouvernement, et les autorités indépendantes.

Régulation locale : Compétences des collectivités territoriales (communes, régions, départements) pour intervenir dans le domaine économique, notamment via leur clause de compétence générale, bien que celle-ci ait été limitée par la loi du 07/08/2015.

Contentieux économique : Juridictionnalité duale en matière économique, où le contentieux peut relever du juge administratif ou du juge judiciaire selon la nature de l’action (critère organique). La jurisprudence distingue si la personne publique agit dans ses prérogatives de puissance publique ou dans un rôle d’opérateur économique (TC 22/01/1901).

Critères d’intervention : Conditions justifiant l’intervention des institutions de régulation, notamment la nécessité de préserver la concurrence, la protection de l’intérêt général, ou la régulation des opérateurs publics et privés. La légitimité de l’intervention dépend du respect des principes de séparation, de non-discrimination, et de proportionnalité.

📝 Points essentiels

  • La régulation du marché repose sur des institutions nationales (pouvoir politique, autorités indépendantes) et locales (collectivités territoriales).
  • Les autorités indépendantes (AAI/API) exercent des missions de régulation sans dépendance hiérarchique, avec des pouvoirs d’enquête, de sanction et de réglementation, mais leur autonomie doit être limitée par la loi (DC 17/01/1989).
  • La compétence des collectivités territoriales pour intervenir en droit public économique a été recentrée par la loi du 07/08/2015, limitant leur clause de compétence générale.
  • Le contentieux économique est dualiste : il peut relever du juge administratif ou judiciaire, selon que l’action publique est dans ses prérogatives de puissance publique ou dans une activité d’opérateur économique (TC 22/01/1901).
  • La régulation locale et nationale doit respecter le cadre général posé par la Constitution et le TFUE, notamment en matière de libertés économiques et de concurrence.
  • La régulation des opérateurs privés et publics inclut des actions préventives (contrôle des concentrations) et répressives (pratiques anti-concurrentielles), sous la surveillance d’autorités indépendantes ou de la CJUE.

💡 À retenir

Les institutions de régulation, qu’elles soient nationales ou locales, indépendantes ou dépendantes, jouent un rôle clé dans l’organisation, la surveillance et la régulation du marché, en veillant à concilier liberté économique, intérêt général et respect des principes de concurrence.

📖 6. Opérateurs publics

🔑 Notions clés & Définitions

  • Contrôle du marché : régulation des opérateurs privés par la puissance publique pour assurer un fonctionnement concurrentiel et équitable, conformément au cadre général de régulation (voir section 7).
  • Contrôle des concentrations : prévention des abus de position dominante par la surveillance des opérations de concentration entre entreprises, notamment via le contrôle préventif des fusions et acquisitions dépassant certains seuils de chiffre d’affaires (art. L 430 code de commerce).
  • Pratiques anti-concurrentielles : comportements prohibés par le droit de la concurrence, tels que les ententes (actions concertées visant à fausser la concurrence), abus de position dominante (exploitation abusive d’une puissance économique pour fausser la concurrence), abus d’état de dépendance économique (imposer des conditions commerciales abusives par des fournisseurs ou partenaires), et offre de prix abusivement bas (prix prédateurs visant à éliminer la concurrence).
  • Répression des pratiques anti-concurrentielles : mesures prises par l’autorité de la concurrence pour sanctionner ces comportements, incluant des injonctions, des amendes pouvant atteindre 10% du chiffre d’affaires mondial, et des poursuites pénales (voir section 7).

📝 Points essentiels

  • Rôle des opérateurs publics : ils poursuivent un but d’intérêt général, ce qui justifie leur statut de monopoles publics ou leur intervention dans le marché, tout en étant soumis au droit de la concurrence sauf exceptions (arrêt CE 03/11/1997).
  • Application du droit de la concurrence aux services publics : la jurisprudence et le droit interne (art. L 410-1 code de commerce) autorisent l’application du droit de la concurrence aux entités publiques exerçant une activité économique, sous réserve qu’elles ne abusent pas de leur position dominante ou ne faussent pas la concurrence.
  • Droit de la concurrence européen : s’applique également aux services d’intérêt économique général (SIEG), sous réserve que leur mission ne fasse pas obstacle à l’accomplissement de leur objectif d’intérêt général (art. 106 TFUE).
  • Principe de séparation : pour éviter les abus de position dominante, la réglementation impose la dissociation des fonctions de régulation et d’exploitation (ex. création d’autorités indépendantes sectorielles), et la séparation des activités de gestion de l’infrastructure et d’exploitation en cas de monopole naturel.
  • Indépendance des autorités de régulation : les autorités administratives indépendantes (AAI) ou publiques indépendantes (API) jouent un rôle clé dans la régulation des marchés, avec des pouvoirs de contrôle, d’enquête, et de sanction, tout en étant séparées de l’administration centrale (voir section 7).

💡 À retenir

Les opérateurs publics, tout en poursuivant des missions d’intérêt général, sont soumis au cadre de régulation et de contrôle du marché, notamment par la régulation des opérateurs privés, la prévention des abus de position dominante, et la répression des pratiques anti-concurrentielles, afin de garantir un fonctionnement concurrentiel et équitable.

📖 7. Droit applicable aux opérateurs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Régulation des opérateurs publics : Ensemble des actions visant à encadrer, organiser et limiter l’activité des opérateurs publics sur le marché, notamment par le contrôle, la régulation et la répression des pratiques anti-concurrentielles.
  • Contrôle : Surveillance et vérification du respect des règles par les opérateurs publics, notamment via le contrôle des concentrations et la régulation des pratiques anti-concurrentielles.
  • Organisation : Mise en place de structures, de règles et de modalités pour assurer une régulation efficace du marché par les opérateurs publics, en séparant notamment fonctions de régulation et d’exploitation.
  • Limites : Restrictions imposées à l’intervention des opérateurs publics pour éviter les abus de position dominante ou la distorsion de concurrence, notamment par la séparation des fonctions ou la limitation de leur champ d’action.
  • Actions préventives : Mesures visant à anticiper et empêcher les pratiques anticoncurrentielles, telles que le contrôle des concentrations pour éviter les positions dominantes abusives.
  • Contrôle des concentrations : Vérification préalable des opérations de fusion ou d’acquisition pour prévenir la création ou le renforcement de positions de domination pouvant nuire à la concurrence.
  • Actions répressives : Sanctions et mesures prises à l’encontre des pratiques anti-concurrentielles telles que ententes, abus de position dominante ou offre de prix abusivement bas.
  • Pratiques anti-concurrentielles : Comportements prohibés par le droit, notamment ententes, abus de position dominante, abus d’état de dépendance économique, et offre de prix abusivement bas.
  • Sanctions : Punitions (amendes, injonctions, mesures correctives) appliquées par l’autorité de la concurrence pour faire respecter le droit.
  • Rôle des autorités de la concurrence : Organes indépendants chargés de veiller au respect des règles de concurrence, de contrôler les concentrations, de sanctionner les pratiques anti-concurrentielles, et d’assurer une régulation équilibrée du marché.
  • Rôle de la CJUE : La Cour de justice de l’Union européenne veille à l’application uniforme du droit de la concurrence européen, notamment en contrôlant la compatibilité des pratiques des opérateurs publics avec le droit de l’UE.

📝 Points essentiels

  • La régulation des opérateurs publics vise à concilier leur mission de service public et le respect des règles de concurrence, en évitant qu’ils n’abusent de leur position ou ne faussent le marché.
  • La distinction entre contrôle préventif (contrôle des concentrations) et contrôle répressif (sanctions pour pratiques anti-concurrentielles) est fondamentale.
  • La séparation des fonctions de régulation et d’exploitation est une règle clé pour éviter les abus de position dominante, notamment par la dissociation des activités.
  • La régulation s’applique aussi bien aux opérateurs publics qu’aux entreprises privées, sous réserve de leur comportement et de leur mission.
  • Les autorités de la concurrence, indépendantes, disposent de pouvoirs d’injonction, de sanction, et de recommandation pour faire respecter le droit.
  • La CJUE intervient pour assurer la compatibilité des pratiques des opérateurs publics avec le droit européen, notamment en matière de services d’intérêt économique général et d’aides d’État.
  • La réglementation européenne impose la séparation des activités de gestion de l’infrastructure et d’exploitation en cas de monopole naturel, pour garantir la concurrence.

💡 À retenir

La régulation des opérateurs publics consiste à encadrer leur activité pour préserver la concurrence, en combinant contrôle, organisation et sanctions, tout en respectant leur mission de service public et les règles européennes.

📖 8. Privatisations exceptionnelles

🔑 Notions clés & Définitions

Privatisations exceptionnelles : processus par lequel une entreprise ou un service public, généralement en situation de monopole ou d’intérêt général, est transféré du secteur public au secteur privé dans des circonstances particulières, souvent pour des raisons économiques ou stratégiques. Ce type de privatisation se distingue des privatisations classiques par son contexte spécifique, ses modalités particulières et ses enjeux liés à la continuité du service public ou à la souveraineté nationale.

Contexte : situation particulière justifiant une privatisation hors cadre habituel, souvent en réponse à une crise, une restructuration ou une volonté stratégique de l’État. Elle peut impliquer des modalités spécifiques pour préserver l’intérêt général tout en transférant la gestion à des acteurs privés.

Modalités : mécanismes précis encadrant la privatisation exceptionnelle, pouvant inclure des conditions restrictives, des garanties pour l’intérêt public, ou des modalités de cession particulières (ex. vente à prix réduit, clauses de maintien de service, etc.).

Enjeux : questions relatives à la continuité du service public, à la souveraineté nationale, à la régulation du marché, et à la préservation des missions de service public face à la logique de rentabilité privée.

📝 Points essentiels

  • La privatisation exceptionnelle intervient dans un contexte particulier, souvent en réponse à une crise ou pour répondre à des enjeux stratégiques ou économiques spécifiques.
  • Elle peut se faire par des modalités particulières, notamment pour limiter les risques pour l’intérêt général, telles que des clauses restrictives ou des garanties de maintien de missions de service public.
  • Ces privatisations soulèvent des enjeux liés à la souveraineté, la continuité du service public, et la régulation du marché, notamment en ce qui concerne la compatibilité avec le droit de la concurrence.
  • La distinction entre privatisations classiques et exceptionnelles repose sur le contexte, les modalités et les enjeux spécifiques à chaque opération.

💡 À retenir

Les privatisations exceptionnelles sont des opérations de transfert du secteur public au privé réalisées dans des circonstances particulières, avec des modalités et enjeux spécifiques liés à la préservation de l’intérêt général et à la souveraineté nationale.

📖 9. Commande publique

🔑 Notions clés & Définitions

Commande publique : Ensemble des procédures par lesquelles une personne publique (PPQ) acquiert des biens, des services ou réalise des travaux auprès d’opérateurs économiques, dans le cadre de l’exercice de ses missions de service public ou pour répondre à ses besoins. Elle est encadrée par un cadre juridique spécifique, notamment la procédure et le régime applicable (voir cadre juridique).

Commandes publiques (cadre juridique) : Réglementation et procédures encadrant l’attribution des marchés publics, visant à garantir la transparence, la concurrence et l’efficacité dans l’utilisation des fonds publics. Elle inclut la définition, la procédure, et le cadre juridique de ces marchés (voir cadre juridique).

📝 Points essentiels

  • La commande publique concerne principalement les marchés publics, qui sont des contrats passés par des PPQ pour l’achat de biens, services ou travaux.
  • La procédure de passation doit respecter des règles de transparence, d’égalité de traitement et de non-discrimination.
  • La réglementation encadre la définition des marchés, leur procédure d’attribution, et leur exécution.
  • La distinction entre commandes publiques et autres formes d’achats est essentielle : la commande publique est soumise à un régime spécifique pour garantir l’intérêt général.
  • La procédure peut varier selon le montant, la nature du marché, et le type de procédure choisie (appel d’offres, procédure négociée, etc.).
  • La législation prévoit aussi des modalités pour la révision, la résiliation ou la contestation des marchés publics.

💡 À retenir

La commande publique est un outil essentiel pour l’action des PPQ, encadré par un cadre juridique strict visant à assurer transparence, concurrence et efficacité dans l’utilisation des fonds publics pour répondre aux besoins collectifs.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
Avant 1914Période libérale, rôle limité de l’État, conception de l’État gendarme
1946Expansion de l’État providence, nationalisations, droit au travail
Années 1980Montée de la mondialisation, idéologie néo-libérale, rôle de l’État en tant que régulateur

📊 Tableaux de Synthèse

AspectÉtat gendarmeÉtat providenceÉtat régulateur
InterventionLimitée, police économiqueActive, nationalisations, services publicsLimitée, organisation du marché, contrôle de la concurrence
RôleVeiller au bon fonctionnementProtection sociale, droit au travailOrganiser, réguler, contrôler
ApprocheNon intervention directeIntervention massiveIntervention ciblée, régulation

Auteur clé : A. Smith (laissez-faire, période libérale)

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre l’État gendarme et l’État providence, leur rôle étant historiquement opposé mais aujourd’hui dépassé.
  2. Croire que la période libérale exclut toute intervention de l’État, alors qu’elle limite surtout son rôle à la régulation.
  3. Confondre régulation et intervention directe : la régulation ne signifie pas absence d’intervention.
  4. Omettre que la jurisprudence et le droit européen encadrent strictement l’intervention publique.
  5. Confondre la dimension verticale unilatérale et la dimension horizontale contractuelle du droit public économique.
  6. Penser que la privatisation concerne uniquement la vente d’entreprises publiques, alors qu’elle peut aussi être exceptionnelle.
  7. Confondre l’État régulateur avec une privatisation totale ou une dérégulation complète.

✅ Checklist Examen

  1. Connaître la définition du droit public économique et ses principales notions (relation PPQ-opérateurs, intervention unilatérale et contractuelle).
  2. Maîtriser la distinction entre État gendarme, État providence et État régulateur, en précisant leur rôle historique et actuel.
  3. Identifier les caractéristiques de la dimension verticale unilatérale et de la dimension horizontale contractuelle dans le droit public économique.
  4. Comprendre l’évolution historique du rôle de l’État dans l’économie, notamment la transition du libéralisme vers la régulation moderne.
  5. Connaître les concepts clés d’A. Smith et leur influence sur la pensée économique et le rôle de l’État.
  6. Savoir expliquer la transformation de la conception de l’État dans le contexte de la mondialisation et de l’idéologie néo-libérale.
  7. Identifier les principes fondamentaux de l’organisation du marché dans le cadre du droit public économique.
  8. Connaître la distinction entre intervention directe, régulation et contrôle des opérateurs publics et privés.
  9. Maîtriser la notion de SIEG (Services d’Intérêt Économique Général) et leur régulation.
  10. Connaître les principes de la privatisation exceptionnelle et ses conditions.
  11. Savoir définir la commande publique et ses modalités d’application.
  12. Être capable d’identifier les enjeux liés à la régulation du marché dans le contexte européen et national.

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1. Qu'est-ce que l'organisation du marché dans le contexte du droit public économique ?

2. Comment un État moderne doit-il appliquer ses principes dans la gestion d’un marché public pour respecter l’évolution du droit économique depuis les années 1980 ?

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Droit public économique — définition ?

Règles régissant l’intervention des PPQ dans l’économie.

Dimension verticale — caractéristique ?

Intervention unilatérale de la puissance publique.

Dimension horizontale — aspect ?

Relations contractuelles entre PPQ et opérateurs.

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