Scheda di revisione: Introduction à la criminologie et ses approches

📋 Plan du Cours

  1. Définir le crime en criminologie
  2. Crime comme violation d’une norme sociale
  3. Crime comme violation d’une norme juridique
  4. Crime comme violation d’une norme universelle
  5. Techniques d’approche du chiffre noir
  6. Évaluations qualitatives des conséquences du crime
  7. Criminologie et sociologie criminelle
  8. Criminologie et sociologie pénale
  9. Criminologie et criminalistique
  10. Criminologie et pénologie
  11. Réagir au crime : répression et prévention
  12. Répression chez les classiques et fonctions de la peine

📖 1. Définir le crime en criminologie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Criminologie : La criminologie est une étude scientifique des causes, du développement et du contrôle du phénomène criminel, à la fois socialement et individuellement.
  • Crime : Le crime désigne un comportement qualifié comme tel par un cadre de référence (social, juridique ou universel) utilisé pour l’analyse criminologique.
  • Déviance : La déviance est l’écart à des normes d’un groupe, et elle sert de base possible pour définir le crime comme comportement non acceptable.
  • Positivisme juridique : Le positivisme juridique définit le crime à partir de la qualification donnée par les lois en vigueur, plutôt que par une essence morale.
  • Malum in se : Le malum in se correspond à un mal répréhensible par nature, indépendamment du fait qu’il soit seulement interdit.

📝 Points essentiels

  • Les notions pour parler du crime (crime, délit, contravention) sont d’abord des catégories juridiques, et la criminologie privilégie souvent les termes délinquance ou criminalité.
  • Définir le crime par la morale rend la qualification dépendante de la morale choisie, donc potentiellement relative dans le temps et selon les groupes.
  • Les morales peuvent diverger (ex. débat Kant vs Constant sur le droit de mentir), ce qui montre que la morale ne suffit pas à produire une définition stable du crime.
  • Définir le crime par le droit revient à dire qu’un acte est criminel s’il est qualifié d’infraction par le droit national, ce qui donne une notion prévisible, fiable et utile pour l’action.
  • La définition juridique pose des limites : relativité spatiale (États, systèmes) et temporelle (évolution des lois), et risque d’arbitraire dans certains régimes.
  • Définir le crime comme mal universel vise une définition valable pour toutes les époques, opposant malum in se (mal en soi) et malum prohibitum (mal parce qu’interdit).

💡 Astuce mémo

Morale = variable, Droit = liste, Universel = invariants : 3 définitions, 3 sources.

📖 2. Crime comme violation d’une norme sociale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Statistiques policières : Données produites par la police à partir des affaires enregistrées et traitées, utilisées comme indicateur de la délinquance.
  • Chiffre noir : Part des infractions qui ne sont pas détectées ni enregistrées par la police, donc absentes des statistiques policières.
  • Chiffre gris : Ensemble des faits subis ou commis qui ne débouchent pas sur des suites judiciaires claires, rendant la mesure incomplète.
  • Enquête d’auto-confession : Méthode où des personnes répondent à un questionnaire sur leurs actes pour estimer des infractions non repérées par la police.
  • Enquête de victimisation : Enquête où l’on interroge les victimes pour mesurer la délinquance subie et les raisons de ne pas porter plainte.

📝 Points essentiels

  • Les statistiques policières peuvent être biaisées car elles dépendent de l’activité des forces de l’ordre autant que de l’état réel de la délinquance.
  • Les catégories statistiques sont parfois trop vagues (ex : type de violence ou détention) et ne décrivent pas toujours la gravité ou les détails utiles.
  • Les statistiques sont malléables : une variation peut refléter un changement d’intérêt policier ou une stratégie politique plutôt qu’une variation du crime.
  • Les statistiques policières mesurent souvent l’activité policière plus que la réalité criminelle, ce qui rend les comparaisons délicates.
  • Une affaire peut être comptée comme résolue par la police sans que la personne soit reconnue coupable par la justice.
  • Les nouvelles techniques visent d’abord à approcher le chiffre noir, puis à compléter la mesure quantitative par une évaluation qualitative des conséquences.

💡 Astuce mémo

Statistiques = Police (activité) ; Crime réel = Noir (non vu) ; Victimes/aveux = Mesure indirecte.

📖 3. Crime comme violation d’une norme juridique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Tolérance au crime : La tolérance au crime est le niveau social de permissivité face aux violences et infractions, qui peut baisser même si la violence réelle ne change pas.
  • Peur pour autrui : La peur pour autrui est une insécurité centrée sur le sort des autres, liée à la crainte envers certaines catégories ou lieux.
  • Peur concrète : La peur concrète est la crainte d’être victime d’une infraction précise dans une situation donnée.
  • Peur informelle : La peur informelle est un sentiment diffus d’insécurité qui ne s’appuie pas sur une infraction clairement identifiée.
  • Décorrélation insécurité-risque : La décorrélation insécurité-risque désigne le fait que le sentiment d’insécurité ne correspond pas toujours au risque réel d’être victime.

📝 Points essentiels

  • La baisse de la tolérance à la violence peut donner l’impression d’une société plus violente sans hausse réelle de la violence.
  • La peur pour autrui renvoie à une insécurité fondée sur ce que certaines situations ou groupes pourraient faire aux autres.
  • La peur concrète vise une infraction précise, tandis que la peur informelle reste diffuse et difficile à réduire chez les individus.
  • En 2014 (enquête CVS), 17,4% des personnes se sentent en insécurité à domicile, avec un taux plus élevé chez les femmes (21,2% au total pour le quartier/village).
  • Le sentiment d’insécurité est décorrélé du risque : les plus exposés ne sont pas forcément ceux qui se sentent le plus en insécurité.
  • Les personnes craintives se surprotègent, ce qui réduit leur exposition mais augmente leur isolement et donc leur crainte.

💡 Astuce mémo

Tolérance ↓ = impression ↑ : la peur change plus vite que la violence.

📖 4. Crime comme violation d’une norme universelle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dissuasion pénale : La dissuasion pénale est l’idée qu’une sanction doit décourager la récidive en rendant le passage à l’acte moins attractif.
  • Immédiateté de la sanction : L’immédiateté de la sanction désigne le fait que la punition est plus efficace lorsqu’elle survient rapidement après les faits.
  • Non-contradiction de la sanction : La non-contradiction impose que la sanction ne soit pas neutralisée par des récompenses ou des traitements contradictoires avant ou après les faits.
  • Continuité et sursis : La continuité et le sursis renvoient à l’exigence de certitude ressentie de la peine, que le sursis peut affaiblir en donnant l’impression d’une victoire.
  • Neutralisation pénale : La neutralisation vise à empêcher la récidive en retirant ou neutralisant les délinquants les plus actifs, plutôt qu’en cherchant seulement à les intimider.

📝 Points essentiels

  • Des sanctions très fortes dès la première infraction peuvent être contre-productives chez les enfants car elles ne sont pas crues comme réellement appliquées.
  • Une sanction jugée disproportionnée peut être vécue comme une injustice, générant rancœur et hostilité envers la société, ce qui peut favoriser la récidive.
  • L’intimidation suppose que le délinquant pense pouvoir éviter la sanction, ce qui rend difficile de trouver une peine réellement dissuasive.
  • La sanction est dite plus efficace lorsqu’elle intervient immédiatement après les faits, mais la transposabilité des résultats animaux aux humains reste incertaine.
  • La sanction perd en efficacité si elle est contrebalancée par des récompenses antérieures ou ultérieures, car le message punitif est brouillé.
  • Si la sanction n’est pas certaine (ex : délinquant choppé seulement sur une partie des infractions), le calcul de risques peut rendre la conduite fautive rentable sur la carrière.

💡 Astuce mémo

Dissuasion = Croire + Comprendre + Être sûr + Être rapide ; sinon la récidive gagne.

📖 5. Techniques d’approche du chiffre noir

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dépénalisation : La dépénalisation est une politique criminelle qui réduit ou supprime la peine attachée à un comportement, sans forcément retirer l’interdit de l’ordre juridique.
  • Décriminalisation : La décriminalisation consiste à retirer du champ du droit pénal un acte ou une activité qui y figurait auparavant.
  • Abolition du système pénal : L’abolition du système pénal est l’idée que le droit pénal n’est plus nécessaire et devrait être remplacé par d’autres modes de gestion sociale.
  • Tolérance zéro : La tolérance zéro est une politique de politique criminelle qui impose une réponse significative à toutes les infractions, même les plus mineures.
  • Fenêtre brisée : La théorie de la fenêtre brisée affirme qu’un désordre non corrigé rapidement favorise la multiplication d’autres désordres.

📝 Points essentiels

  • Le mouvement abolitionniste est présenté comme une progression en étapes : dépénalisation, décriminalisation, puis abolition du système pénal.
  • La dépénalisation atténue ou supprime la peine d’un comportement, par exemple un acte autrefois délictueux peut devenir une contravention.
  • La décriminalisation retire un comportement du droit pénal, et de nombreux exemples de décriminalisation sont situés dans les années 70.
  • L’abolition du système pénal supposerait une intervention collective généralisée pour le maintien de l’ordre, faute de sanctions pénales.
  • Les partisans de l’abolition invoquent parfois des raisons pratiques (stigmatisation, incapacité à suivre l’inflation de la délinquance) ou scientifiques (efficacité supposée), mais sans preuve car aucun pays n’a supprim
  • Le retour au pénal apparaît au début des années 90 d’abord aux États-Unis, puis en France, avec une logique de maximisation de la répression.

💡 Astuce mémo

Dépénalisation = on baisse la peine ; Décriminalisation = on sort du pénal ; Abolition = on supprime le pénal.

📖 6. Évaluations qualitatives des conséquences du crime

🔑 Notions clés & Définitions

  • Prévention tertiaire : La prévention tertiaire vise les populations de délinquants afin de réduire la récidive.
  • Prévention sociale : La prévention sociale regroupe des politiques visant à améliorer le bien-être général de la population pour diminuer la criminalité.
  • Prévention situationnelle : La prévention situationnelle cherche à réduire les passages à l’acte en modifiant les éléments propices avant l’infraction.
  • Prévention communautaire : La prévention communautaire vise à agir à l’échelle d’une ville ou d’un quartier en améliorant le cadre de vie et les liens sociaux.
  • Prévention développementale : La prévention développementale consiste à prévenir la criminalité en influençant le développement de l’individu, surtout chez l’enfant.

📝 Points essentiels

  • Une classification des mesures de prévention distingue aussi celles qui cherchent à influer sur un comportement visé et sur le type d’action mené.
  • La prévention situationnelle peut agir à la « racine du mal » en désamorçant un événement qui peut conduire au passage à l’acte, par exemple via l’interdiction de vente d’armes à feu.
  • La prévention communautaire repose sur l’empowerment, c’est-à-dire développer chez les habitants la capacité d’améliorer leurs conditions de vie et de lutter contre la délinquance.
  • Les effets de prévention peuvent être observables très longtemps après, car certaines actions agissent en amont (jusqu’à des décennies).
  • Des écoles criminologiques contestent la possibilité de réduire le crime : absence d’effet de la prévention (pas de libre arbitre), déterminisme biologique (Lombroso), normalité du crime (Durkheim), causalité économique/
  • Les études sur la prévention montrent souvent un effet limité et parfois biaisé, avec un risque de report de la délinquance dans le temps et l’espace plutôt qu’une baisse réelle.

💡 Astuce mémo

Terti-SoCi- Situa-Commu- Dév : tertiaire (récidive), sociale (bien-être), situationnelle (situation), communautaire (quartier/empowerment), développementale (enfant/long terme).

📖 7. Criminologie et sociologie criminelle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Chiffre noir de la délinquance : Le chiffre noir désigne la part des infractions non révélées aux autorités, donc non comptabilisées dans les statistiques officielles.
  • Victimologie : La victimologie étudie le rôle de la victime dans la commission et la révélation des infractions, notamment à travers ses comportements et son contexte.
  • Victimologie critique : La victimologie critique regroupe les approches qui reprochent à la première victimologie d’imputer trop de responsabilité à la victime.
  • Criminel né : Le criminel né est, selon Lombroso, un individu biologiquement programmé pour commettre des infractions, identifiable par des stigmates.
  • Théorie de l’imitation : La théorie de l’imitation explique les conduites humaines, y compris criminelles, par la reproduction de modèles observés ou transmis.

📝 Points essentiels

  • Pour les vols, une faible part des victimes invoque la gravité insuffisante (2%) ou l’inaction policière (10% et 20% selon les formulations), tandis qu’une part importante règle seule (16%).
  • Pour les vols, 6% jugent l’appel à la police inopportun et 4% indiquent que d’autres autorités (ex : assurance) ont été informées.
  • Pour les violences, seulement 28% des victimes dénoncent les faits, dont 16% via une plainte et 12% via une main courante.
  • Le choix de ne pas dénoncer dépend fortement de la nature de l’infraction et de la connaissance entre victime et auteur, notamment par peur de représailles.
  • Les critiques adressées à la première victimologie ont notamment été portées par des courants féministes, conduisant à la naissance d’une seconde victimologie.
  • L’idée fondatrice de la criminologie (début XIXe) repose sur l’observation statistique : criminalité et suicide sont relativement stables selon les époques et les groupes, mais varient selon les lieux.

💡 Astuce mémo

Chiffre noir = Non dit : gravité (2%) + police (10–20%) + soi-même (16%) + pas opportun (6%) + autres (4%).

📖 8. Criminologie et sociologie pénale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Désindividualisation : La désindividualisation est un état où l’individu se perçoit moins comme une personne singulière et davantage comme un membre d’un groupe, ce qui favorise des comportements de groupe.
  • Effet Lucifer : L’effet Lucifer désigne la désindividualisation qui conduit à des comportements particulièrement agressifs ou cruels.
  • Choc carcéral : Le choc carcéral est un choc psychologique vécu par des personnes entrant en prison pour la première fois.
  • Criminalité morbide : La criminalité morbide est une situation où le niveau de criminalité devient anormalement élevé par rapport à la taille de la société.
  • Bio-criminologie : La bio-criminologie regroupe des théories qui expliquent la délinquance par des causes biologiques plutôt que par l’organisation sociale.

📝 Points essentiels

  • Dans une foule, l’imitation des autres peut déclencher une panique et une désindividualisation, ce qui augmente la radicalisation.
  • Robert Watson (1973) observe que des guerriers se peignant le visage commettent plus d’atrocités, car ils seraient davantage désindividualisés.
  • L’uniforme produit un comportement de groupe plus homogène en réduisant la perception individuelle.
  • L’expérience de Philippe Zimbardo (1971) oppose détenus et gardiens, mais elle est arrêtée après quelques jours à cause d’abus de pouvoir et de comportements sadiques.
  • Zimbardo nomme l’effet Lucifer la désindividualisation menant à des conduites très agressives.
  • Durkheim affirme que le crime est normal et inévitable : toute société définit une norme majoritaire et comporte toujours des écarts à cette norme, donc une société sans crime serait inutile et stérile socialement.

💡 Astuce mémo

Foule = moins de “moi” → plus de “nous” → plus de radicalité.

📖 9. Criminologie et criminalistique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Anomie de Merton : Théorie criminologique reliant la délinquance à un décalage entre objectifs valorisés et moyens licites disponibles.
  • Conflit de culture : Idée selon laquelle des groupes sociaux peuvent avoir des normes incompatibles, ce qui favorise des comportements perçus différemment selon le groupe.
  • Sous-culture délinquante : Culture minoritaire au sein d’une culture globale qui valorise des normes pouvant conduire à des actes délinquants.
  • Théorie du lien social : Théorie du contrôle social expliquant la délinquance par la faiblesse des attaches et de l’engagement envers autrui et la société.
  • Justice procédurale : Théorie de la justice selon laquelle l’acceptation de la loi dépend surtout de la perception d’équité des procédures, pas du contenu.

📝 Points essentiels

  • La criminalité apparaît quand la société propose des buts de réussite sans fournir les moyens institutionnels permettant d’y parvenir.
  • La délinquance correspond à un mode alternatif pour atteindre les buts de réussite, donc à une adaptation aux perspectives valorisées.
  • Typologie de Merton : conformisme (buts + moyens licites), innovation (buts + moyens illicites), ritualisme (moyens licites + refus des buts), évasion/retrait (refus des buts et des moyens), rébellion (refus des buts et/
  • Dans le conflit de culture, les règles varient selon les groupes ayant le pouvoir, ce qui peut rendre certains actes non perçus comme infractionnels par le groupe concerné.
  • La sous-culture délinquante fournit des justifications internes aux actes, en opposant souvent les valeurs du groupe à celles des accusateurs ou de l’État.
  • Exemple de conflit de valeurs : opposition entre culture ouvrière et culture de classe moyenne, avec des différences sur chance vs ambition, individualisme vs réciprocité, et contrôle émotionnel, pouvant produire une sur

💡 Astuce mémo

Objectifs sans moyens → délinquance (Merton) ; règles qui s’opposent → conflit (culture) ; attaches faibles → passage à l’acte (lien social) ; procédure jugée équitable → obéissance (Rawls).

📖 10. Criminologie et pénologie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Théorie de la fenêtre brisée : Théorie criminologique reliant la délinquance à la dégradation visible et à l’affaiblissement des normes locales de respect de la loi.
  • Tolérance 0 : Politique de lutte contre la délinquance fondée sur l’idée que réprimer les incivilités réduit ensuite les infractions plus graves.
  • Criminologie critique : Courant qui s’oppose aux explications « mainstream » en contestant l’ordre social et en cherchant la cause de la délinquance dans l’organisation institutionnelle.
  • Théorie de la stigmatisation : Approche selon laquelle le crime résulte surtout de la réaction sociale qui fabrique des catégories de déviants plutôt que d’une réalité autonome de l’acte.
  • Criminologie idéologique : Ensemble de théories expliquant la criminalité par des rapports de pouvoir et des conflits entre groupes, plutôt que par des facteurs individuels isolés.

📝 Points essentiels

  • L’expérience de Zimbardo montre que l’abandon d’un bien sans protection déclenche une destruction rapide dans un quartier où le non-respect de la propriété est déjà normalisé.
  • Dans un quartier plus paisible, la propriété est mieux respectée et l’anonymat est moindre, mais les passants peuvent quand même être incités à commettre des infractions dès qu’un premier acte de destruction démarre.
  • La théorie de la fenêtre brisée soutient que l’incitation à enfreindre la loi fonctionne d’autant mieux que l’environnement a déjà installé des normes de comportement permissives.
  • La politique de tolérance 0 s’appuie sur ces idées en visant la réduction des incivilités pour prévenir la délinquance.
  • La criminologie critique conteste l’ordre institutionnel et attribue la délinquance à l’organisation des institutions plutôt qu’à un simple « défaut » individuel.
  • La théorie de la stigmatisation affirme que le crime est une construction issue de la réaction sociale, donc une catégorie produite par police et justice pour justifier leur rôle (réaction sociale).

💡 Astuce mémo

Fenêtre brisée = « petit désordre visible → normes qui lâchent → passage à l’acte ».

📖 11. Réagir au crime : répression et prévention

🔑 Notions clés & Définitions

  • Émeutes urbaines : Événements collectifs violents survenant dans des quartiers, souvent liés à des tensions sociales et à des conflits avec les forces de l’ordre.
  • Délinquance en col blanc : Délinquance commise dans le cadre d’activités professionnelles ou d’affaires, souvent au détriment d’entreprises, de l’État ou du public.
  • Théorie du choix rationnel : Théorie selon laquelle un individu évalue coûts, risques et gains avant d’agir, y compris dans le passage à l’acte criminel.
  • Syndicats criminels : Grandes organisations criminelles structurées, capables de violence, d’intimidation et de contrôle d’activités illicites à grande échelle.
  • Délinquance idéologique : Criminalité motivée par des idées, où l’action illégale sert à défendre une cause ou à imposer une idéologie.

📝 Points essentiels

  • Les enquêtes menées après les émeutes de 2005 et 2011 montrent des raisons assez similaires invoquées par les jeunes participants.
  • Les raisons avancées sont doubles : frustration liée à des difficultés sociales et sentiment de ne pas être citoyen à part entière, puis colère contre des pratiques policières jugées vexatoires.
  • Les études concluent que l’amélioration des relations entre populations et police passe par des plaintes traitées de façon plus impartiale et une refonte des rapports police-minorités.
  • Les émeutes de 2011 contredisent l’idée que le modèle anglo-saxon serait supérieur au modèle français d’assimilation, et les émeutes de 2023 suggèrent que le problème n’est pas réglé.
  • La délinquance en col blanc regroupe notamment la délinquance lucrative liée au droit pénal des affaires et la délinquance commise par des professionnels dans leur activité.
  • Le point majeur relevé est l’impunité : ces infractions sont difficiles à détecter et à reconnaître, et elles sont souvent complexes à qualifier juridiquement.

💡 Astuce mémo

Frustration + colère : émeute = « pas citoyen » + « police vexatoire ».

📖 12. Répression chez les classiques et fonctions de la peine

🔑 Notions clés & Définitions

  • Profil type des terroristes : Ensemble de caractéristiques souvent observées chez les terroristes, variables selon l’idéologie et le parcours.
  • Déradicalisation : Processus visant à réduire l’adhésion idéologique et la disposition à la violence chez un individu radicalisé.
  • Criminalité féminine : Ensemble des infractions commises par les femmes, mesuré par des indicateurs de police, de justice et d’incarcération.
  • Criminalité masculine : Ensemble des infractions commises par les hommes, mesuré par des indicateurs de police, de justice et d’incarcération.
  • Hypothèse chevaleresque : Thèse selon laquelle la criminalité féminine serait sous-estimée à cause d’une indulgence des agents envers les femmes.

📝 Points essentiels

  • L’identification du terroriste est difficile car il ne se distingue pas forcément du reste de la population et les profils varient selon l’idéologie.
  • Deux profils types sont évoqués pour le terrorisme djihadiste : un jeune homme éduqué se sentant victime de discrimination, et un petit délinquant se radicalisant notamment en prison.
  • La déradicalisation est jugée très difficile car beaucoup de terroristes sont prêts à tuer et surtout à mourir pour leurs causes.
  • En France, les femmes représentent 15% des personnes mises en cause, 10% des condamnations et 3% des détenues, avec de fortes variations selon les infractions.
  • Les femmes sont décrites comme se concentrant sur une délinquance moins lucrative, moins organisée et moins violente, avec une exception majeure : l’infanticide.
  • L’hypothèse physiologique (force/hormones) est présentée comme peu convaincante car beaucoup d’infractions ne demandent pas de force particulière et aucune « hormone du crime » n’est identifiée.

💡 Astuce mémo

Profil djihadiste = « discrimination → religion approfondie » ou « petit délinquant → prison → bascule » ; Déradicalisation = « tuer + mourir » donc très peu de solutions.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
mai 68Naissance du mouvement d’abandon du pénal, associé aux idées libertaires.
1827Premier ouvrage de statistique pénale : compte général de l’administration de la justice criminelle en France (année 1825).
1964Sellin et Wolfgang tentent de mesurer la perception du crime dans la population US via un questionnaire.
1977Wolfgang reproduit l’expérience à très grande échelle et observe une consistance des classements de gravité.
1971Expérience de Zimbardo (désindividualisation, effet Lucifer).
1977Wolfgang reproduit l’expérience à très grande échelle (ordre de gravité des infractions).
1981Abrogation de la peine de mort en France ; analyses sur l’évolution des taux d’homicides.
1990Sondage canadien (âge des victimes : 16-34 ans plus touchés que +55 ans).
2005Mise en place de la MCI pour la prise en charge automatique des mains courantes dans les statistiques policières (France).
2011Enquêtes après les émeutes de 2011 ; raisons similaires et débat sur l’assimilation vs modèle anglo-saxon.

📊 Tableaux de synthèse

Définir le crime : trois approches

ApprocheCritère de définitionForces/limites
SocialeViolation des normes morales/religieuses/coutumièresCrime dépend de la morale choisie ; relativité temporelle et culturelle (ex Kant vs Constant).
JuridiqueActe qualifié d’infraction par le droit nationalPrévisibilité/fiabilité/statistiques ; relativité spatiale et temporelle ; risque d’arbitraire en régimes politiques.
UniverselleMalum in se vs malum prohibitum ; invariantsVise une généralité (meurtre, viol, vol) ; difficulté : relativité possible et problème de ce qui est déjà qualifié d’infraction.

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre crime (catégorie d’analyse) et déviance : la déviance est un écart à des normes de groupe, pas forcément une infraction juridique.
  2. Croire que les statistiques policières mesurent directement le crime réel : elles reflètent aussi l’activité policière et produisent du chiffre noir.
  3. Mélanger chiffre noir et chiffre gris : le noir = infractions non détectées ; le gris = infractions connues mais pas traitées jusqu’au bout.
  4. Inverser peur du crime et préoccupation du crime : la peur est corrélée positivement au taux de criminalité, la préoccupation négativement.
  5. Penser que “tolérance zéro” = seulement plus de sévérité : l’idée centrale est une réponse significative à toutes les infractions/incivilités, appuyée sur la fenêtre brisée.
  6. Confondre dépénalisation, décriminalisation et abolition : dépénaliser = réduire/supprimer la peine ; décriminaliser = sortir du pénal ; abolition = supprimer le système pénal.
  7. Croire que la dissuasion dépend surtout de la sévérité : le cours insiste sur certitude et immédiateté (et sur la non-contradiction/continuité).

✅ Checklist Examen

  1. Définir la criminologie comme étude scientifique des causes, du développement et du contrôle du phénomène criminel, en distinguant macro et micro criminologie.
  2. Expliquer pourquoi les notions pour parler du crime sont d’abord juridiques, et pourquoi on privilégie souvent délinquance/criminalité en criminologie.
  3. Comparer les trois définitions du crime (sociale, juridique, universelle) et citer au moins un exemple de relativité (Kant vs Constant, ou relativité spatiale/ temporelle du droit).
  4. Décrire la logique des statistiques pénales et les distinguer : origine policière/justice/pénitentiaire et statistiques internationales (avec la difficulté de comparabilité).
  5. Construire le schéma chiffre noir/chiffre gris et donner la différence exacte entre criminalité réelle, apparente policière, apparente judiciaire et apparente légale.
  6. Expliquer les biais des statistiques policières : imprécision (catégories vagues), absence de retour judiciaire, et malléabilité (activité policière/stratégies politiques).
  7. Présenter les deux techniques d’approche du chiffre noir : enquête d’auto-confession (limites : connaissance de la loi, efficacité moindre sur infractions graves) et enquête de victimisation (sur/sous-évaluation par méfi

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