📋 Plan du Cours
- Définir le crime en criminologie
- Crime comme violation d’une norme sociale
- Crime comme violation d’une norme juridique
- Crime comme violation d’une norme universelle
- Techniques d’approche du chiffre noir
- Évaluations qualitatives des conséquences du crime
- Criminologie et sociologie criminelle
- Criminologie et sociologie pénale
- Criminologie et criminalistique
- Criminologie et pénologie
- Réagir au crime : répression et prévention
- Répression chez les classiques et fonctions de la peine
📖 1. Définir le crime en criminologie
🔑 Notions clés & Définitions
- Criminologie : La criminologie est une étude scientifique des causes, du développement et du contrôle du phénomène criminel, à la fois socialement et individuellement.
- Crime : Le crime désigne un comportement qualifié comme tel par un cadre de référence (social, juridique ou universel) utilisé pour l’analyse criminologique.
- Déviance : La déviance est l’écart à des normes d’un groupe, et elle sert de base possible pour définir le crime comme comportement non acceptable.
- Positivisme juridique : Le positivisme juridique définit le crime à partir de la qualification donnée par les lois en vigueur, plutôt que par une essence morale.
- Malum in se : Le malum in se correspond à un mal répréhensible par nature, indépendamment du fait qu’il soit seulement interdit.
📝 Points essentiels
- Les notions pour parler du crime (crime, délit, contravention) sont d’abord des catégories juridiques, et la criminologie privilégie souvent les termes délinquance ou criminalité.
- Définir le crime par la morale rend la qualification dépendante de la morale choisie, donc potentiellement relative dans le temps et selon les groupes.
- Les morales peuvent diverger (ex. débat Kant vs Constant sur le droit de mentir), ce qui montre que la morale ne suffit pas à produire une définition stable du crime.
- Définir le crime par le droit revient à dire qu’un acte est criminel s’il est qualifié d’infraction par le droit national, ce qui donne une notion prévisible, fiable et utile pour l’action.
- La définition juridique pose des limites : relativité spatiale (États, systèmes) et temporelle (évolution des lois), et risque d’arbitraire dans certains régimes.
- Définir le crime comme mal universel vise une définition valable pour toutes les époques, opposant malum in se (mal en soi) et malum prohibitum (mal parce qu’interdit).
💡 Astuce mémo
Morale = variable, Droit = liste, Universel = invariants : 3 définitions, 3 sources.
📖 2. Crime comme violation d’une norme sociale
🔑 Notions clés & Définitions
- Statistiques policières : Données produites par la police à partir des affaires enregistrées et traitées, utilisées comme indicateur de la délinquance.
- Chiffre noir : Part des infractions qui ne sont pas détectées ni enregistrées par la police, donc absentes des statistiques policières.
- Chiffre gris : Ensemble des faits subis ou commis qui ne débouchent pas sur des suites judiciaires claires, rendant la mesure incomplète.
- Enquête d’auto-confession : Méthode où des personnes répondent à un questionnaire sur leurs actes pour estimer des infractions non repérées par la police.
- Enquête de victimisation : Enquête où l’on interroge les victimes pour mesurer la délinquance subie et les raisons de ne pas porter plainte.
📝 Points essentiels
- Les statistiques policières peuvent être biaisées car elles dépendent de l’activité des forces de l’ordre autant que de l’état réel de la délinquance.
- Les catégories statistiques sont parfois trop vagues (ex : type de violence ou détention) et ne décrivent pas toujours la gravité ou les détails utiles.
- Les statistiques sont malléables : une variation peut refléter un changement d’intérêt policier ou une stratégie politique plutôt qu’une variation du crime.
- Les statistiques policières mesurent souvent l’activité policière plus que la réalité criminelle, ce qui rend les comparaisons délicates.
- Une affaire peut être comptée comme résolue par la police sans que la personne soit reconnue coupable par la justice.
- Les nouvelles techniques visent d’abord à approcher le chiffre noir, puis à compléter la mesure quantitative par une évaluation qualitative des conséquences.
💡 Astuce mémo
Statistiques = Police (activité) ; Crime réel = Noir (non vu) ; Victimes/aveux = Mesure indirecte.
📖 3. Crime comme violation d’une norme juridique
🔑 Notions clés & Définitions
- Tolérance au crime : La tolérance au crime est le niveau social de permissivité face aux violences et infractions, qui peut baisser même si la violence réelle ne change pas.
- Peur pour autrui : La peur pour autrui est une insécurité centrée sur le sort des autres, liée à la crainte envers certaines catégories ou lieux.
- Peur concrète : La peur concrète est la crainte d’être victime d’une infraction précise dans une situation donnée.
- Peur informelle : La peur informelle est un sentiment diffus d’insécurité qui ne s’appuie pas sur une infraction clairement identifiée.
- Décorrélation insécurité-risque : La décorrélation insécurité-risque désigne le fait que le sentiment d’insécurité ne correspond pas toujours au risque réel d’être victime.
📝 Points essentiels
- La baisse de la tolérance à la violence peut donner l’impression d’une société plus violente sans hausse réelle de la violence.
- La peur pour autrui renvoie à une insécurité fondée sur ce que certaines situations ou groupes pourraient faire aux autres.
- La peur concrète vise une infraction précise, tandis que la peur informelle reste diffuse et difficile à réduire chez les individus.
- En 2014 (enquête CVS), 17,4% des personnes se sentent en insécurité à domicile, avec un taux plus élevé chez les femmes (21,2% au total pour le quartier/village).
- Le sentiment d’insécurité est décorrélé du risque : les plus exposés ne sont pas forcément ceux qui se sentent le plus en insécurité.
- Les personnes craintives se surprotègent, ce qui réduit leur exposition mais augmente leur isolement et donc leur crainte.
💡 Astuce mémo
Tolérance ↓ = impression ↑ : la peur change plus vite que la violence.
📖 4. Crime comme violation d’une norme universelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Dissuasion pénale : La dissuasion pénale est l’idée qu’une sanction doit décourager la récidive en rendant le passage à l’acte moins attractif.
- Immédiateté de la sanction : L’immédiateté de la sanction désigne le fait que la punition est plus efficace lorsqu’elle survient rapidement après les faits.
- Non-contradiction de la sanction : La non-contradiction impose que la sanction ne soit pas neutralisée par des récompenses ou des traitements contradictoires avant ou après les faits.
- Continuité et sursis : La continuité et le sursis renvoient à l’exigence de certitude ressentie de la peine, que le sursis peut affaiblir en donnant l’impression d’une victoire.
- Neutralisation pénale : La neutralisation vise à empêcher la récidive en retirant ou neutralisant les délinquants les plus actifs, plutôt qu’en cherchant seulement à les intimider.
📝 Points essentiels
- Des sanctions très fortes dès la première infraction peuvent être contre-productives chez les enfants car elles ne sont pas crues comme réellement appliquées.
- Une sanction jugée disproportionnée peut être vécue comme une injustice, générant rancœur et hostilité envers la société, ce qui peut favoriser la récidive.
- L’intimidation suppose que le délinquant pense pouvoir éviter la sanction, ce qui rend difficile de trouver une peine réellement dissuasive.
- La sanction est dite plus efficace lorsqu’elle intervient immédiatement après les faits, mais la transposabilité des résultats animaux aux humains reste incertaine.
- La sanction perd en efficacité si elle est contrebalancée par des récompenses antérieures ou ultérieures, car le message punitif est brouillé.
- Si la sanction n’est pas certaine (ex : délinquant choppé seulement sur une partie des infractions), le calcul de risques peut rendre la conduite fautive rentable sur la carrière.
💡 Astuce mémo
Dissuasion = Croire + Comprendre + Être sûr + Être rapide ; sinon la récidive gagne.
📖 5. Techniques d’approche du chiffre noir
🔑 Notions clés & Définitions
- Dépénalisation : La dépénalisation est une politique criminelle qui réduit ou supprime la peine attachée à un comportement, sans forcément retirer l’interdit de l’ordre juridique.
- Décriminalisation : La décriminalisation consiste à retirer du champ du droit pénal un acte ou une activité qui y figurait auparavant.
- Abolition du système pénal : L’abolition du système pénal est l’idée que le droit pénal n’est plus nécessaire et devrait être remplacé par d’autres modes de gestion sociale.
- Tolérance zéro : La tolérance zéro est une politique de politique criminelle qui impose une réponse significative à toutes les infractions, même les plus mineures.
- Fenêtre brisée : La théorie de la fenêtre brisée affirme qu’un désordre non corrigé rapidement favorise la multiplication d’autres désordres.
📝 Points essentiels
- Le mouvement abolitionniste est présenté comme une progression en étapes : dépénalisation, décriminalisation, puis abolition du système pénal.
- La dépénalisation atténue ou supprime la peine d’un comportement, par exemple un acte autrefois délictueux peut devenir une contravention.
- La décriminalisation retire un comportement du droit pénal, et de nombreux exemples de décriminalisation sont situés dans les années 70.
- L’abolition du système pénal supposerait une intervention collective généralisée pour le maintien de l’ordre, faute de sanctions pénales.
- Les partisans de l’abolition invoquent parfois des raisons pratiques (stigmatisation, incapacité à suivre l’inflation de la délinquance) ou scientifiques (efficacité supposée), mais sans preuve car aucun pays n’a supprim
- Le retour au pénal apparaît au début des années 90 d’abord aux États-Unis, puis en France, avec une logique de maximisation de la répression.
💡 Astuce mémo
Dépénalisation = on baisse la peine ; Décriminalisation = on sort du pénal ; Abolition = on supprime le pénal.
📖 6. Évaluations qualitatives des conséquences du crime
🔑 Notions clés & Définitions
- Prévention tertiaire : La prévention tertiaire vise les populations de délinquants afin de réduire la récidive.
- Prévention sociale : La prévention sociale regroupe des politiques visant à améliorer le bien-être général de la population pour diminuer la criminalité.
- Prévention situationnelle : La prévention situationnelle cherche à réduire les passages à l’acte en modifiant les éléments propices avant l’infraction.
- Prévention communautaire : La prévention communautaire vise à agir à l’échelle d’une ville ou d’un quartier en améliorant le cadre de vie et les liens sociaux.
- Prévention développementale : La prévention développementale consiste à prévenir la criminalité en influençant le développement de l’individu, surtout chez l’enfant.
📝 Points essentiels
- Une classification des mesures de prévention distingue aussi celles qui cherchent à influer sur un comportement visé et sur le type d’action mené.
- La prévention situationnelle peut agir à la « racine du mal » en désamorçant un événement qui peut conduire au passage à l’acte, par exemple via l’interdiction de vente d’armes à feu.
- La prévention communautaire repose sur l’empowerment, c’est-à-dire développer chez les habitants la capacité d’améliorer leurs conditions de vie et de lutter contre la délinquance.
- Les effets de prévention peuvent être observables très longtemps après, car certaines actions agissent en amont (jusqu’à des décennies).
- Des écoles criminologiques contestent la possibilité de réduire le crime : absence d’effet de la prévention (pas de libre arbitre), déterminisme biologique (Lombroso), normalité du crime (Durkheim), causalité économique/
- Les études sur la prévention montrent souvent un effet limité et parfois biaisé, avec un risque de report de la délinquance dans le temps et l’espace plutôt qu’une baisse réelle.
💡 Astuce mémo
Terti-SoCi- Situa-Commu- Dév : tertiaire (récidive), sociale (bien-être), situationnelle (situation), communautaire (quartier/empowerment), développementale (enfant/long terme).
📖 7. Criminologie et sociologie criminelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Chiffre noir de la délinquance : Le chiffre noir désigne la part des infractions non révélées aux autorités, donc non comptabilisées dans les statistiques officielles.
- Victimologie : La victimologie étudie le rôle de la victime dans la commission et la révélation des infractions, notamment à travers ses comportements et son contexte.
- Victimologie critique : La victimologie critique regroupe les approches qui reprochent à la première victimologie d’imputer trop de responsabilité à la victime.
- Criminel né : Le criminel né est, selon Lombroso, un individu biologiquement programmé pour commettre des infractions, identifiable par des stigmates.
- Théorie de l’imitation : La théorie de l’imitation explique les conduites humaines, y compris criminelles, par la reproduction de modèles observés ou transmis.
📝 Points essentiels
- Pour les vols, une faible part des victimes invoque la gravité insuffisante (2%) ou l’inaction policière (10% et 20% selon les formulations), tandis qu’une part importante règle seule (16%).
- Pour les vols, 6% jugent l’appel à la police inopportun et 4% indiquent que d’autres autorités (ex : assurance) ont été informées.
- Pour les violences, seulement 28% des victimes dénoncent les faits, dont 16% via une plainte et 12% via une main courante.
- Le choix de ne pas dénoncer dépend fortement de la nature de l’infraction et de la connaissance entre victime et auteur, notamment par peur de représailles.
- Les critiques adressées à la première victimologie ont notamment été portées par des courants féministes, conduisant à la naissance d’une seconde victimologie.
- L’idée fondatrice de la criminologie (début XIXe) repose sur l’observation statistique : criminalité et suicide sont relativement stables selon les époques et les groupes, mais varient selon les lieux.
💡 Astuce mémo
Chiffre noir = Non dit : gravité (2%) + police (10–20%) + soi-même (16%) + pas opportun (6%) + autres (4%).
📖 8. Criminologie et sociologie pénale
🔑 Notions clés & Définitions
- Désindividualisation : La désindividualisation est un état où l’individu se perçoit moins comme une personne singulière et davantage comme un membre d’un groupe, ce qui favorise des comportements de groupe.
- Effet Lucifer : L’effet Lucifer désigne la désindividualisation qui conduit à des comportements particulièrement agressifs ou cruels.
- Choc carcéral : Le choc carcéral est un choc psychologique vécu par des personnes entrant en prison pour la première fois.
- Criminalité morbide : La criminalité morbide est une situation où le niveau de criminalité devient anormalement élevé par rapport à la taille de la société.
- Bio-criminologie : La bio-criminologie regroupe des théories qui expliquent la délinquance par des causes biologiques plutôt que par l’organisation sociale.
📝 Points essentiels
- Dans une foule, l’imitation des autres peut déclencher une panique et une désindividualisation, ce qui augmente la radicalisation.
- Robert Watson (1973) observe que des guerriers se peignant le visage commettent plus d’atrocités, car ils seraient davantage désindividualisés.
- L’uniforme produit un comportement de groupe plus homogène en réduisant la perception individuelle.
- L’expérience de Philippe Zimbardo (1971) oppose détenus et gardiens, mais elle est arrêtée après quelques jours à cause d’abus de pouvoir et de comportements sadiques.
- Zimbardo nomme l’effet Lucifer la désindividualisation menant à des conduites très agressives.
- Durkheim affirme que le crime est normal et inévitable : toute société définit une norme majoritaire et comporte toujours des écarts à cette norme, donc une société sans crime serait inutile et stérile socialement.
💡 Astuce mémo
Foule = moins de “moi” → plus de “nous” → plus de radicalité.
📖 9. Criminologie et criminalistique
🔑 Notions clés & Définitions
- Anomie de Merton : Théorie criminologique reliant la délinquance à un décalage entre objectifs valorisés et moyens licites disponibles.
- Conflit de culture : Idée selon laquelle des groupes sociaux peuvent avoir des normes incompatibles, ce qui favorise des comportements perçus différemment selon le groupe.
- Sous-culture délinquante : Culture minoritaire au sein d’une culture globale qui valorise des normes pouvant conduire à des actes délinquants.
- Théorie du lien social : Théorie du contrôle social expliquant la délinquance par la faiblesse des attaches et de l’engagement envers autrui et la société.
- Justice procédurale : Théorie de la justice selon laquelle l’acceptation de la loi dépend surtout de la perception d’équité des procédures, pas du contenu.
📝 Points essentiels
- La criminalité apparaît quand la société propose des buts de réussite sans fournir les moyens institutionnels permettant d’y parvenir.
- La délinquance correspond à un mode alternatif pour atteindre les buts de réussite, donc à une adaptation aux perspectives valorisées.
- Typologie de Merton : conformisme (buts + moyens licites), innovation (buts + moyens illicites), ritualisme (moyens licites + refus des buts), évasion/retrait (refus des buts et des moyens), rébellion (refus des buts et/
- Dans le conflit de culture, les règles varient selon les groupes ayant le pouvoir, ce qui peut rendre certains actes non perçus comme infractionnels par le groupe concerné.
- La sous-culture délinquante fournit des justifications internes aux actes, en opposant souvent les valeurs du groupe à celles des accusateurs ou de l’État.
- Exemple de conflit de valeurs : opposition entre culture ouvrière et culture de classe moyenne, avec des différences sur chance vs ambition, individualisme vs réciprocité, et contrôle émotionnel, pouvant produire une sur
💡 Astuce mémo
Objectifs sans moyens → délinquance (Merton) ; règles qui s’opposent → conflit (culture) ; attaches faibles → passage à l’acte (lien social) ; procédure jugée équitable → obéissance (Rawls).
📖 10. Criminologie et pénologie
🔑 Notions clés & Définitions
- Théorie de la fenêtre brisée : Théorie criminologique reliant la délinquance à la dégradation visible et à l’affaiblissement des normes locales de respect de la loi.
- Tolérance 0 : Politique de lutte contre la délinquance fondée sur l’idée que réprimer les incivilités réduit ensuite les infractions plus graves.
- Criminologie critique : Courant qui s’oppose aux explications « mainstream » en contestant l’ordre social et en cherchant la cause de la délinquance dans l’organisation institutionnelle.
- Théorie de la stigmatisation : Approche selon laquelle le crime résulte surtout de la réaction sociale qui fabrique des catégories de déviants plutôt que d’une réalité autonome de l’acte.
- Criminologie idéologique : Ensemble de théories expliquant la criminalité par des rapports de pouvoir et des conflits entre groupes, plutôt que par des facteurs individuels isolés.
📝 Points essentiels
- L’expérience de Zimbardo montre que l’abandon d’un bien sans protection déclenche une destruction rapide dans un quartier où le non-respect de la propriété est déjà normalisé.
- Dans un quartier plus paisible, la propriété est mieux respectée et l’anonymat est moindre, mais les passants peuvent quand même être incités à commettre des infractions dès qu’un premier acte de destruction démarre.
- La théorie de la fenêtre brisée soutient que l’incitation à enfreindre la loi fonctionne d’autant mieux que l’environnement a déjà installé des normes de comportement permissives.
- La politique de tolérance 0 s’appuie sur ces idées en visant la réduction des incivilités pour prévenir la délinquance.
- La criminologie critique conteste l’ordre institutionnel et attribue la délinquance à l’organisation des institutions plutôt qu’à un simple « défaut » individuel.
- La théorie de la stigmatisation affirme que le crime est une construction issue de la réaction sociale, donc une catégorie produite par police et justice pour justifier leur rôle (réaction sociale).
💡 Astuce mémo
Fenêtre brisée = « petit désordre visible → normes qui lâchent → passage à l’acte ».
📖 11. Réagir au crime : répression et prévention
🔑 Notions clés & Définitions
- Émeutes urbaines : Événements collectifs violents survenant dans des quartiers, souvent liés à des tensions sociales et à des conflits avec les forces de l’ordre.
- Délinquance en col blanc : Délinquance commise dans le cadre d’activités professionnelles ou d’affaires, souvent au détriment d’entreprises, de l’État ou du public.
- Théorie du choix rationnel : Théorie selon laquelle un individu évalue coûts, risques et gains avant d’agir, y compris dans le passage à l’acte criminel.
- Syndicats criminels : Grandes organisations criminelles structurées, capables de violence, d’intimidation et de contrôle d’activités illicites à grande échelle.
- Délinquance idéologique : Criminalité motivée par des idées, où l’action illégale sert à défendre une cause ou à imposer une idéologie.
📝 Points essentiels
- Les enquêtes menées après les émeutes de 2005 et 2011 montrent des raisons assez similaires invoquées par les jeunes participants.
- Les raisons avancées sont doubles : frustration liée à des difficultés sociales et sentiment de ne pas être citoyen à part entière, puis colère contre des pratiques policières jugées vexatoires.
- Les études concluent que l’amélioration des relations entre populations et police passe par des plaintes traitées de façon plus impartiale et une refonte des rapports police-minorités.
- Les émeutes de 2011 contredisent l’idée que le modèle anglo-saxon serait supérieur au modèle français d’assimilation, et les émeutes de 2023 suggèrent que le problème n’est pas réglé.
- La délinquance en col blanc regroupe notamment la délinquance lucrative liée au droit pénal des affaires et la délinquance commise par des professionnels dans leur activité.
- Le point majeur relevé est l’impunité : ces infractions sont difficiles à détecter et à reconnaître, et elles sont souvent complexes à qualifier juridiquement.
💡 Astuce mémo
Frustration + colère : émeute = « pas citoyen » + « police vexatoire ».
📖 12. Répression chez les classiques et fonctions de la peine
🔑 Notions clés & Définitions
- Profil type des terroristes : Ensemble de caractéristiques souvent observées chez les terroristes, variables selon l’idéologie et le parcours.
- Déradicalisation : Processus visant à réduire l’adhésion idéologique et la disposition à la violence chez un individu radicalisé.
- Criminalité féminine : Ensemble des infractions commises par les femmes, mesuré par des indicateurs de police, de justice et d’incarcération.
- Criminalité masculine : Ensemble des infractions commises par les hommes, mesuré par des indicateurs de police, de justice et d’incarcération.
- Hypothèse chevaleresque : Thèse selon laquelle la criminalité féminine serait sous-estimée à cause d’une indulgence des agents envers les femmes.
📝 Points essentiels
- L’identification du terroriste est difficile car il ne se distingue pas forcément du reste de la population et les profils varient selon l’idéologie.
- Deux profils types sont évoqués pour le terrorisme djihadiste : un jeune homme éduqué se sentant victime de discrimination, et un petit délinquant se radicalisant notamment en prison.
- La déradicalisation est jugée très difficile car beaucoup de terroristes sont prêts à tuer et surtout à mourir pour leurs causes.
- En France, les femmes représentent 15% des personnes mises en cause, 10% des condamnations et 3% des détenues, avec de fortes variations selon les infractions.
- Les femmes sont décrites comme se concentrant sur une délinquance moins lucrative, moins organisée et moins violente, avec une exception majeure : l’infanticide.
- L’hypothèse physiologique (force/hormones) est présentée comme peu convaincante car beaucoup d’infractions ne demandent pas de force particulière et aucune « hormone du crime » n’est identifiée.
💡 Astuce mémo
Profil djihadiste = « discrimination → religion approfondie » ou « petit délinquant → prison → bascule » ; Déradicalisation = « tuer + mourir » donc très peu de solutions.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| mai 68 | Naissance du mouvement d’abandon du pénal, associé aux idées libertaires. |
| 1827 | Premier ouvrage de statistique pénale : compte général de l’administration de la justice criminelle en France (année 1825). |
| 1964 | Sellin et Wolfgang tentent de mesurer la perception du crime dans la population US via un questionnaire. |
| 1977 | Wolfgang reproduit l’expérience à très grande échelle et observe une consistance des classements de gravité. |
| 1971 | Expérience de Zimbardo (désindividualisation, effet Lucifer). |
| 1977 | Wolfgang reproduit l’expérience à très grande échelle (ordre de gravité des infractions). |
| 1981 | Abrogation de la peine de mort en France ; analyses sur l’évolution des taux d’homicides. |
| 1990 | Sondage canadien (âge des victimes : 16-34 ans plus touchés que +55 ans). |
| 2005 | Mise en place de la MCI pour la prise en charge automatique des mains courantes dans les statistiques policières (France). |
| 2011 | Enquêtes après les émeutes de 2011 ; raisons similaires et débat sur l’assimilation vs modèle anglo-saxon. |
📊 Tableaux de synthèse
Définir le crime : trois approches
| Approche | Critère de définition | Forces/limites |
|---|
| Sociale | Violation des normes morales/religieuses/coutumières | Crime dépend de la morale choisie ; relativité temporelle et culturelle (ex Kant vs Constant). |
| Juridique | Acte qualifié d’infraction par le droit national | Prévisibilité/fiabilité/statistiques ; relativité spatiale et temporelle ; risque d’arbitraire en régimes politiques. |
| Universelle | Malum in se vs malum prohibitum ; invariants | Vise une généralité (meurtre, viol, vol) ; difficulté : relativité possible et problème de ce qui est déjà qualifié d’infraction. |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre crime (catégorie d’analyse) et déviance : la déviance est un écart à des normes de groupe, pas forcément une infraction juridique.
- Croire que les statistiques policières mesurent directement le crime réel : elles reflètent aussi l’activité policière et produisent du chiffre noir.
- Mélanger chiffre noir et chiffre gris : le noir = infractions non détectées ; le gris = infractions connues mais pas traitées jusqu’au bout.
- Inverser peur du crime et préoccupation du crime : la peur est corrélée positivement au taux de criminalité, la préoccupation négativement.
- Penser que “tolérance zéro” = seulement plus de sévérité : l’idée centrale est une réponse significative à toutes les infractions/incivilités, appuyée sur la fenêtre brisée.
- Confondre dépénalisation, décriminalisation et abolition : dépénaliser = réduire/supprimer la peine ; décriminaliser = sortir du pénal ; abolition = supprimer le système pénal.
- Croire que la dissuasion dépend surtout de la sévérité : le cours insiste sur certitude et immédiateté (et sur la non-contradiction/continuité).
✅ Checklist Examen
- Définir la criminologie comme étude scientifique des causes, du développement et du contrôle du phénomène criminel, en distinguant macro et micro criminologie.
- Expliquer pourquoi les notions pour parler du crime sont d’abord juridiques, et pourquoi on privilégie souvent délinquance/criminalité en criminologie.
- Comparer les trois définitions du crime (sociale, juridique, universelle) et citer au moins un exemple de relativité (Kant vs Constant, ou relativité spatiale/ temporelle du droit).
- Décrire la logique des statistiques pénales et les distinguer : origine policière/justice/pénitentiaire et statistiques internationales (avec la difficulté de comparabilité).
- Construire le schéma chiffre noir/chiffre gris et donner la différence exacte entre criminalité réelle, apparente policière, apparente judiciaire et apparente légale.
- Expliquer les biais des statistiques policières : imprécision (catégories vagues), absence de retour judiciaire, et malléabilité (activité policière/stratégies politiques).
- Présenter les deux techniques d’approche du chiffre noir : enquête d’auto-confession (limites : connaissance de la loi, efficacité moindre sur infractions graves) et enquête de victimisation (sur/sous-évaluation par méfi
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