📋 Plan du Cours
- Genèse de la diplomatie moderne
- Sources d’inspiration de la diplomatie
- Institutionnalisation et professionnalisation diplomatique
- Conférences de La Haye et droit de guerre
- Cour permanente d’arbitrage internationale
- Secrétariat de la Société des Nations
- Administration internationale et bureaucratie permanente
- Blocage du Conseil de sécurité et droit de veto
- Résolution 377 et réinvention de la sécurité collective
- Sanctions économiques du Conseil de sécurité
- Interventions militaires et mandats sous chapitre VII
- Opérations de maintien de la paix et casques bleus
📖 1. Genèse de la diplomatie moderne
🔑 Notions clés & Définitions
- Diplomatie moderne : La diplomatie moderne désigne des relations diplomatiques régulières entre États, tardives par rapport aux formes anciennes de contacts politiques.
- Multilatéralisme : Le multilatéralisme est la coordination de plusieurs États dans des négociations ou institutions communes plutôt que par accords bilatéraux isolés.
- Droit international : Le droit international regroupe des règles juridiques qui structurent les relations entre acteurs étatiques et rendent certaines négociations plus prévisibles.
- Société des nations : La Société des nations est une organisation internationale pensée pour organiser la coopération et la paix entre États à l’échelle internationale.
- Organisation internationale du travail : L’Organisation internationale du travail est une organisation internationale centrée sur les normes et conditions de travail à l’échelle mondiale.
📝 Points essentiels
- La diplomatie moderne est tardive car les États n’entretiennent pas toujours des relations régulières entre eux comme aujourd’hui.
- Le mot « diplomatie » apparaît en français dans les années 1790 et se diffuse dans les dictionnaires à la fin des années 1790.
- La diplomatie moderne s’inspire de plusieurs sources historiques : Rome (ambassadeurs), papauté (légats) et cités-États italiennes (réseaux de correspondance).
- En France, le ministère des Affaires étrangères se stabilise au Quai d’Orsay avec une fonction définie au tournant du XVIIe siècle, notamment sous Richelieu via une bureaucratie.
- À l’étranger, des institutions diplomatiques se mettent en place progressivement : Foreign Office en 1782 (Grande-Bretagne) et Département d’État en 1789 (États-Unis).
- La professionnalisation passe par la théorisation du métier et par des concours à partir du XVIIIe siècle, avec une entrée dans la diplomatie ou la carrière consulaire en 1877 en France.
💡 Astuce mémo
Diplomatie = tardive (années 1790) + professionnalisée (concours) : « 1790 puis concours ».
📖 2. Sources d’inspiration de la diplomatie
🔑 Notions clés & Définitions
- Société civile internationale : La société civile internationale regroupe des acteurs non étatiques (industriels, religieux, journalistes) qui influencent les échanges diplomatiques.
- Congrès de Vienne : Le Congrès de Vienne est une organisation multilatérale inédite qui structure la négociation entre États européens et leurs représentants.
- Commissions du Congrès de Vienne : Les commissions du Congrès de Vienne sont des groupes spécialisés qui préparent les décisions sur le territoire, les thèmes et la rédaction des traités.
- Commission des Cinq : La commission des Cinq est un organe où les grandes puissances chapeautent et valident les travaux du congrès.
- Concert européen : Le Concert européen est un système diplomatique multilatéral visant à garantir la paix en Europe par la négociation et l’équilibre des puissances.
📝 Points essentiels
- Environ 100 000 étrangers auraient séjourné à Vienne entre l’été 1814 et le printemps 1815, avec participation de chambres de commerce et de communautés religieuses.
- Le Congrès de Vienne organise 2 séances plénières (ouverture et clôture) et 11 comités ou commissions.
- Six comités traitent des questions de territoire et de souveraineté, dont l’indépendance, la souveraineté et la neutralité de la Suisse.
- Trois commissions thématiques portent notamment sur le traité des esclaves (déclaration solennelle d’abolition de la traite) et sur la circulation fluviale en temps de paix comme de guerre.
- Une commission du Rhin traite le Rhin comme fleuve international et encadre la libre circulation fluviale.
- Le protocole diplomatique est discuté via des règles communes de hiérarchie et une signature par ordre alphabétique, avec 3 classes d’agents diplomatiques (légats/agents, ministres/envoyés, chargés d’affaires).
💡 Astuce mémo
Vienne = Commissions (territoire, thèmes, techniques) puis Cinq = validation.
📖 3. Institutionnalisation et professionnalisation diplomatique
🔑 Notions clés & Définitions
- Revue de droit international et de législation comparée : Revue fondée en 1869 qui sert de lieu de discussion entre juristes et contribue à faire émerger la discipline du droit international.
- Gustave Rolin : Juriste belge qui crée et dirige la revue de 1869, puis mène aussi une carrière politique en Belgique.
- Tobias Asser : Juriste et professeur néerlandais qui participe à la revue de 1869 et jouera plus tard un rôle dans les conférences de La Haye.
- John Westlake : Juriste britannique impliqué dans la revue de 1869, qui devient ensuite député et arbitre à la Cour permanente de La Haye.
- Institut du droit international à Gand : Institution créée en 1873 à Gand pour réunir des juristes de plusieurs pays et articuler savoir juridique et action politique.
📝 Points essentiels
- La fin du XIXe siècle voit une montée en puissance du droit international via la multiplication des normes, la création d’une juridiction à La Haye et l’essor du droit international comme discipline savante.
- La discipline se professionnalise aussi par des lieux de production intellectuelle, notamment la création de revues spécialisées (ex. revue de droit international public à Paris en 1894).
- Le droit international devient un enseignement obligatoire dans les facultés de droit, ce qui renforce sa diffusion académique.
- Le droit international reste toutefois très politique : son contenu et son application reflètent surtout les intérêts des États, ce qui renvoie à une logique de “loi du plus fort”.
- Pour rendre le droit international crédible, un processus de dépolitisation se met en place surtout après la Première Guerre mondiale.
- La dépolitisation passe notamment par la multiplication d’organisations internationales (SDN, OIT) et par la création d’institutions à La Haye (Académie du droit international en 1913, Cour de justice internationale en 2
💡 Astuce mémo
Revues + chaires + instituts = “les juristes fabriquent le droit” ; après 14-18, dépolitiser = “institutions qui neutralisent partiellement”.
📖 4. Conférences de La Haye et droit de guerre
🔑 Notions clés & Définitions
- Conférences de La Haye : Réunions internationales visant à encadrer des règles de conduite en cas de guerre et à limiter certains comportements militaires.
- Droit de guerre : Ensemble des règles qui déterminent ce qui est permis ou interdit pendant un conflit armé, notamment pour les belligérants.
- SDN : Société des Nations, organisation internationale chargée de traiter des questions de paix et de sécurité entre États.
- Conférence de paix de 1919 : Réunion post-Première Guerre mondiale qui a contribué à la mise en place de l’architecture internationale de l’après-guerre.
📝 Points essentiels
- Le contenu fourni ne donne pas de règles précises issues des conférences de La Haye ni de mécanismes spécifiques du droit de guerre.
- La section source est centrée sur la SDN (adhésions, organes, secrétariat) et non sur le contenu normatif des conférences de La Haye.
- On observe une chronologie liée à la SDN : adhésion de l’URSS en 1934 après une période de non-adhésion, et exclusion de l’URSS en décembre 1939.
- La SDN est présentée comme un cadre multilatéral avec une Assemblée où chaque État membre dispose d’une voix égale, et des résolutions adoptées à l’unanimité (hors procédures).
- Le Conseil de la SDN est décrit comme non égalitaire : membres permanents (États cités) et membres non permanents désignés, avec unanimité requise donc droit de veto.
- Le secrétariat de la SDN est présenté comme une administration internationale permanente à Genève, avec cinq tâches principales et des effectifs croissants (120 en 1919, 400 en 1922, 700 en 1931).
📖 5. Cour permanente d’arbitrage internationale
🔑 Notions clés & Définitions
- Cour permanente d’arbitrage internationale : Juridiction internationale prévue par le Pacte de la SDN, mise en place progressivement, chargée de régler des différends entre États et d’émettre des avis interprétatifs.
- Juges permanents internationaux : Catégorie de membres de la cour, élus pour exercer leur fonction de façon indépendante des États membres.
- Saisine par accord des États : Mécanisme de recours à la cour qui exige que les deux États en conflit acceptent de la saisir.
- Avis interprétatifs : Fonction de la cour consistant à répondre à une demande du Conseil ou de l’Assemblée pour interpréter un pacte, une convention ou un traité.
📝 Points essentiels
- La cour n’est pas créée immédiatement malgré sa présence dans le Pacte : le projet est lancé en 1920, la mise en vigueur intervient en 1921 et la cour commence à fonctionner en 1922.
- La cour compte 15 juges élus par l’Assemblée et le Conseil, avec une logique de représentation à 9 juges.
- Les juges sont décrits comme permanents et indépendants des États membres, ce qui soutient l’idée d’une juridiction des relations internationales.
- Un État peut saisir la cour contre un autre en cas de conflit, mais le recours dépend de l’accord des deux États concernés.
- La cour peut aussi être saisie par le Conseil ou l’Assemblée pour donner un avis ou une interprétation d’un texte de la SDN ou d’un traité signé.
- Entre 1920 et 1940, la cour traite 29 litiges entre États membres et rend 27 avis interprétatifs, ce qui nourrit une jurisprudence internationale.
💡 Astuce mémo
1920→1921→1922 : projet→vigueur→activité ; 29 litiges, 27 avis.
📖 6. Secrétariat de la Société des Nations
🔑 Notions clés & Définitions
- Pacte Briand-Kellogg : Traité signé en 1928 qui vise à exclure la guerre du règlement des conflits en droit international.
- Interdiction de la guerre : Idée juridique selon laquelle la guerre ne doit plus servir d’instrument politique entre États.
- Médiation de la SDN : Action de la Société des Nations consistant à organiser des négociations et des compromis pour résoudre des conflits.
- Système des mandats : Dispositif prévu par le pacte de la SDN pour confier à des États la supervision de territoires issus de l’ancien empire colonial.
- Article 22 du pacte de la SDN : Disposition qui instaure le système des mandats et encadre la responsabilité des États mandataires.
📝 Points essentiels
- La SDN contribue à détendre les tensions en s’appuyant sur des décisions diplomatiques et des mécanismes de règlement des différends.
- Le pacte Briand-Kellogg (1928) fait déclarer aux signataires que la guerre n’est plus acceptée comme moyen de politique internationale.
- Le pacte est présenté comme un traité à portée symbolique, avec un texte très court structuré autour de la renonciation et de la condamnation du recours à la guerre.
- Exemple îles d’Åland : la SDN organise une médiation aboutissant à un compromis avec souveraineté finlandaise et autonomie sur des sujets politiques.
- Exemple Haute-Silésie : la SDN intervient pour obtenir un cessez-le-feu, puis une médiation menant à un partage accepté par les parties.
- Bilan des années 1920 : période souvent décrite comme un âge d’or de la SDN grâce à plusieurs succès diplomatiques en faveur de la paix et de la sécurité.
💡 Astuce mémo
Pacte Briand-Kellogg = 1928, guerre hors politique ; SDN = médiation pour compromis (Åland, Haute-Silésie).
📖 7. Administration internationale et bureaucratie permanente
🔑 Notions clés & Définitions
- Système des tutelles : Le système des tutelles est un mécanisme onusien conçu pour encadrer la décolonisation après la Seconde Guerre mondiale.
- Secrétariat de la SDN : Le secrétariat de la SDN est l’appareil administratif chargé de préparer et d’exécuter le travail des organes de la Société des Nations.
- Section des mandats : La section des mandats est la partie du secrétariat de la SDN dédiée au suivi des territoires placés sous mandat.
- Activités techniques de la SDN : Les activités techniques de la SDN regroupent des domaines d’intervention présentés comme techniques mais porteurs d’enjeux politiques.
- Organisation internationale du travail : L’Organisation internationale du travail (OIT) est une organisation multilatérale créée en 1919 à Paris, en même temps que la SDN.
📝 Points essentiels
- La décolonisation après la Seconde Guerre mondiale a été marquée par des dispositifs inspirés du système de l’ONU, notamment les tutelles.
- La préparation du travail administratif de la SDN s’appuie sur son secrétariat, et plus précisément sur la section chargée des mandats.
- Les membres de la section des mandats cherchent à proposer des idées plus réformatrices et critiques aux membres de la commission.
- L’article 23 du pacte de la SDN donne à l’organisation une compétence pour intervenir dans des domaines techniques variés liés au travail, à la traite, aux drogues, à la liberté de communication et de transport, au droit
- Pour remplir ses missions, la SDN s’appuie sur des organes dédiés, notamment des sections techniques spécialisées du secrétariat préfigurant des agences de l’ONU.
- Les enjeux qualifiés de « techniques » sont en réalité politiques, par exemple via les affaires économiques et financières ou le droit humanitaire et la protection des réfugiés après la Première Guerre mondiale.
💡 Astuce mémo
SDN = « technique » en apparence, « politique » en profondeur.
📖 8. Blocage du Conseil de sécurité et droit de veto
🔑 Notions clés & Définitions
- Conseil de sécurité : Organe central de l’ONU chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, avec des membres permanents et non permanents.
- Droit de veto : Pouvoir des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de bloquer l’adoption d’une décision, même si d’autres États la soutiennent.
- Cinq permanents : Groupe des États disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité et du droit de veto associé.
- Conférence de Yalta : Réunion de février 1945 où est acté le droit de veto des cinq permanents au Conseil de sécurité.
📝 Points essentiels
- Le droit de veto concerne les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.
- Le veto a été acté lors de la conférence de Yalta en février 1945.
- La demande expresse du veto vient des États-Unis et de l’URSS.
- Le veto permet un blocage même quand une majorité d’États est favorable à la décision.
- Le Conseil de sécurité s’inscrit dans l’objectif de maintien de la paix et de la sécurité internationales inscrit dans la Charte.
💡 Astuce mémo
Yalta = Veto : février 1945, USA + URSS obtiennent le blocage au Conseil de sécurité.
📖 9. Résolution 377 et réinvention de la sécurité collective
🔑 Notions clés & Définitions
- Résolution 377 : Résolution de l’ONU visant à organiser la réaction collective quand le Conseil de sécurité est bloqué par le veto.
- Sécurité collective : Principe selon lequel la paix est assurée par une action coordonnée des États via des organes internationaux.
- Conseil de sécurité : Organe de l’ONU chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationale, dont les résolutions sont en théorie obligatoires.
- Droit de veto : Pouvoir des cinq membres permanents du Conseil de sécurité d’empêcher l’adoption de certaines décisions.
📝 Points essentiels
- La Charte est conclue le 25 juin 1945, signée le 26 juin 1945 et entre en vigueur le 24 octobre 1945.
- La Charte comprend 19 chapitres, 111 articles et un préambule.
- Le Conseil de sécurité est le seul organe dont les décisions sont (en théorie) juridiquement obligatoires pour tous les membres.
- Le Conseil de sécurité peut décider d’actions militaires et de sanctions économiques pour le maintien de la paix.
- Les décisions de procédure se prennent à 9 voix affirmatives, et les autres décisions aussi à 9 voix affirmatives avec possibilité de veto par les permanents.
- L’abstention ne vaut pas veto : seul un vote des permanents peut bloquer l’adoption selon le mécanisme décrit.
💡 Astuce mémo
Veto = blocage : 5 permanents peuvent empêcher, donc la sécurité collective doit “contourner” le blocage.
📖 10. Sanctions économiques du Conseil de sécurité
🔑 Notions clés & Définitions
- Sanctions économiques : Mesures coercitives non militaires décidées pour restaurer la paix lorsqu’une menace pèse sur la sécurité collective.
- Conseil de sécurité : Organe central de l’ONU chargé de mettre en œuvre le système de sécurité collective et d’adopter, notamment, des mesures coercitives.
- Droit de veto P5 : Pouvoir de blocage détenu par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, empêchant l’adoption de certaines résolutions.
- Mesures coercitives : Actions décidées par le Conseil de sécurité pour faire face à une menace contre la paix, pouvant inclure sanctions économiques et interventions militaires.
📝 Points essentiels
- Le Conseil de sécurité peut adopter des mesures coercitives, dont des sanctions économiques, si une situation menace la paix.
- Le recours à la force est interdit sauf légitime défense (Article 51) ou autorisation du Conseil de sécurité.
- Le système de sécurité collective est régulièrement bloqué par le droit de veto des P5, ce qui entraîne des blocages majeurs.
- Depuis la création de l’ONU, environ 210 propositions de résolution ont été bloquées par un veto des P5.
- Les États-Unis et l’URSS (puis la Russie) sont les principaux utilisateurs du droit de veto, avec des vétos concentrés au début de la guerre froide.
- En cas de blocage, l’Assemblée générale peut parfois contourner via la Résolution 377 « Union pour le maintien de la paix » (ex. guerre de Corée, 1950).
💡 Astuce mémo
Veto = blocage ; Sanctions = coercition sans force ; Contournement = Résolution 377 (AG) quand le Conseil est paralysé.
📖 11. Interventions militaires et mandats sous chapitre VII
🔑 Notions clés & Définitions
- Chapitre VII de la Charte : Le chapitre VII encadre les mesures du Conseil de sécurité en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix ou d’acte d’agression.
- Article 39 : L’article 39 définit les situations qui autorisent le Conseil de sécurité à agir pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.
- Conseil de sécurité : Le Conseil de sécurité est l’organe central habilité à décider de mesures, y compris coercitives, dans le cadre du système de sécurité collective.
- Droit de veto des P5 : Le droit de veto permet à un membre permanent de bloquer l’adoption de décisions du Conseil de sécurité.
- Résolution 377 Union pour le maintien de la paix : La résolution 377 permet à l’Assemblée générale d’examiner une crise quand le Conseil est paralysé par l’absence d’unanimité entre membres permanents.
📝 Points essentiels
- Le Conseil de sécurité peut adopter des mesures, y compris coercitives, en cas de menace contre la paix, rupture de la paix ou acte d’agression pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales (art. 39,
- Le système de sécurité collective est freiné par la concentration du pouvoir entre les P5 et leur droit de veto, ce qui entraîne des blocages récurrents.
- Entre 1946 et février 2022, 210 propositions de résolution ont fait l’objet d’au moins un veto, soit 263 vetos au total.
- Sur la même période, les vetos se répartissent ainsi : URSS/Russie 117, États-Unis 86, Royaume-Uni 29, France 16, Chine 16.
- La résolution 377 (3 novembre 1950) est utilisée pour contourner l’impossibilité d’obtenir l’unanimité au Conseil et déclencher des recommandations de l’Assemblée générale.
- Exemples d’usages de la résolution 377 : crise de Suez et Hongrie (1956), Liban (1958), Congo (1960), Inde/Pakistan (1971), Afghanistan (1980), Namibie (1981), Bosnie-Herzégovine (1992), Ukraine (mars 2022).
💡 Astuce mémo
Chapitre VII = « agir pour la paix » (art. 39), mais le veto des P5 peut geler le Conseil ; la résolution 377 relance via l’Assemblée générale quand le Conseil ne peut pas décider.
📖 12. Opérations de maintien de la paix et casques bleus
🔑 Notions clés & Définitions
- Casques bleus : Les casques bleus désignent les personnels déployés dans les opérations de maintien de la paix, reconnaissables par leur rôle sous mandat onusien.
- Résolution Acheson : La résolution Acheson est une décision de l’Assemblée générale utilisée pour contourner le blocage du Conseil et autoriser le déploiement d’une force d’interposition en 1956.
- Force d’urgence des Nations unies : La Force d’urgence des Nations unies est la première force d’interposition créée en 1956 pour répondre à la crise de Suez.
- Consentement des parties : Le consentement des parties est un principe central des opérations de maintien de la paix, qui suppose l’accord des acteurs concernés.
- Impartialité des troupes : L’impartialité des troupes est un principe central des opérations de maintien de la paix, qui impose une neutralité opérationnelle des forces onusiennes.
📝 Points essentiels
- Les opérations de maintien de la paix (OMP) ne sont pas prévues par la Charte, car elles apparaissent dans un chapitre « VI bis » entre le règlement pacifique (VI) et la coercition (VII).
- La première OMP est créée en 1956 par l’Assemblée générale, sous l’impulsion du secrétaire général Dag Hammarskjöld.
- La résolution Acheson permet à l’Assemblée générale d’autoriser une force d’interposition appelée « Force d’urgence des Nations unies » (FUNU) malgré le blocage du Conseil.
- Les « trois cardinaux » des OMP définis dans un rapport de 1958 sont : consentement des parties, impartialité des troupes, interdiction de toute initiative de recours à la force.
- Avant 1990, seulement 18 OMP sont lancées, puis 36 entre 1988 et 1998, ensuite 15 entre 1999 et 2009, et enfin 7 entre 2010 et 2021.
- On distingue trois générations d’OMP : première génération (interposition), deuxième génération (peacebuilding et peace consolidation), troisième génération (peace enforcement et peace protecting).
💡 Astuce mémo
FUNU = Acheson (Assemblée) + Suez 1956 : consentement + impartialité + pas d’initiative de force.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1790’s | Apparition du mot « diplomatie » en français (diplomate = négociateur au nom du souverain) |
| 1798 | Le mot « diplomatie » apparaît dans les dictionnaires |
| 1782 | Création du Foreign Office (Grande-Bretagne) |
| 1789 | Institution du Département d’État (États-Unis) par le Congrès |
| 1877 | Concours pour l’entrée dans la diplomatie / carrière consulaire en France |
| 1643-1648 | Congrès de Westphalie (négociations à Münster puis Osnabrück) |
| mai 1648 | Traité de Münster (Espagne et Provinces-Unies) |
| oct 1648 | Traités de Münster et Osnabrück (solde de la guerre de 30 ans) |
| 1814 | Convocation du Congrès de Vienne pour régler des questions territoriales et politiques |
| 1814-1815 | Congrès de Vienne (cadre des négociations multilatérales) |
📊 Tableaux de synthèse
Congrès de paix : Westphalie vs Vienne
| Période | Type de négociation | Caractéristiques |
|---|
| 1643-1648 | Congrès de paix européen | Première grande négociation impliquant une multitude d’États ; clauses territoriales, politiques et religieuses ; modèle de négociation à plusieurs |
| 1814-1815 | Congrès de paix multilatéral | Grande ampleur (300 délégations, ~500 diplomates accrédités) ; 2 séances plénières et 11 comités/commissions ; protocole diplomatique et commissions techniques |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la diplomatie moderne (tardive, années 1790) avec l’existence ancienne d’ambassadeurs : le cours insiste sur la régularité tardive des relations diplomatiques.
- Mélanger Congrès de Vienne et « Concert européen » : Vienne organise les commissions et le protocole, tandis que le Concert européen est un système multilatéral de garantie de paix.
- Croire que le droit international est apolitique : le cours rappelle qu’il reste longtemps très politique (« loi du plus fort ») avant une dépolitisation partielle après la Première Guerre mondiale.
- Confondre la Cour permanente d’arbitrage (CPA) et la Cour permanente de justice internationale : la CPA est un mécanisme d’arbitrage (greffe + liste d’arbitres), la CPI/CIJ relève d’autres institutions.
- Penser que les OMP sont prévues par la Charte : le cours dit qu’elles ne sont pas prévues, car elles apparaissent dans un chapitre « VI bis » entre VI et VII.
- Oublier que la résolution 377 n’est pas un « remplacement » du Conseil : elle sert à contourner le blocage quand l’unanimité entre permanents ne se réalise pas.
- Confondre le tripartisme de l’OIT avec le fonctionnement de l’ONU : l’OIT associe gouvernements, syndicats et patronat dans ses organes, alors que l’ONU est dominée par la logique Conseil/AG et le veto P5.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi la diplomatie moderne est dite « tardive » et donner les jalons linguistiques (1790’s, 1798) et institutionnels (Foreign Office 1782, Département d’État 1789, concours 1877).
- Identifier les sources d’inspiration de la diplomatie moderne (Rome, papauté, cités-États italiennes) et relier ces sources à l’idée d’invention progressive.
- Décrire l’institutionnalisation/professionnalisation : ministères diplomatiques, ambassades permanentes et théorisation du métier (Bernard du Rosier, Hotman, Callières).
- Maîtriser les congrès de paix comme formes de diplomatie multilatérale : Westphalie (1643-1648) et ses clauses, puis Vienne (1814-1815) avec séances plénières, commissions et protocole.
- Expliquer le « Concert européen » : héritage de Vienne, rôle des grandes puissances, piliers (négociation multilatérale et équilibre des puissances) et limites (pas d’empêchement de la guerre mondiale).
- Présenter la juridicisation des RI via La Haye : 1899 et 1907, objectifs (paix gérée collectivement, arbitrage/médiation) et résultats (CPA, traités et déclarations).
- Expliquer la montée en puissance du droit international à la fin du XIXe siècle : multiplication des normes, juridiction à La Haye, discipline savante (revues, cours obligatoires, Institut à Gand).
- Décrire la dépolitisation du droit international après la Première Guerre mondiale : multiplication des organisations internationales et institutions à La Haye (Académie 1913, Cour de justice internationale 1923).
- Raconter la genèse de la SDN : conférence de paix (ouverture 18 janvier 1919), Pacte (projet 13 février 1919, adoption 28 avril 1919) et structure (préambule + articles, mandats, missions techniques).
- Comparer Assemblée et Conseil de la SDN : égalité des voix à l’Assemblée, unanimité et droit de veto de fait au Conseil, et composition (permanents et non-permanents).
- Expliquer le secrétariat de la SDN : 5 tâches principales, sections (dont mandats) et rôle du Secrétaire général comme acteur politique et garant.
- Maîtriser la Cour permanente d’arbitrage internationale (CPA) et la Cour de justice de la SDN : conditions de saisine (accord des États) et fonctions (avis interprétatifs).
- Décrire les activités « techniques » de la SDN via l’article 23 : domaines couverts et idée que ces enjeux sont politiques en profondeur.
- Expliquer la création de l’OIT (1919) : tripartisme, traité fondateur approuvé le 11 avril 1919, et justification par la « justice sociale » (paix fondée sur la justice sociale).
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