đ Plan du Cours
- Interactions entre droit laĂŻc et droit religieux dans les Ătats confessionnels
- Conditions de reconnaissance des divorces étrangers au Québec et ordre public international
- Modes de divorce en droit musulman et leur réception dans les juridictions occidentales
- Opposition et acceptation de la répudiation unilatérale musulmane selon la jurisprudence
- Approche nuancée de l'ordre public international et principe de proximité dans la
- Analyse in concreto de la loi religieuse étrangÚre face à l'ordre public dans les décisions
- Organisation du statut personnel en Ăgypte selon la personnalitĂ© religieuse de la loi
- Pluralisme juridique et coexistence des lois religieuses dans le statut personnel égyptien
- Divorce, répudiation et enjeux du pluralisme religieux dans le statut personnel égyptien
- Impact de la religion dominante sur l'Ă©quilibre juridique et les droits des minoritĂ©s en Ăgypte
- Jurisprudence égyptienne sur la répudiation et assimilation contestée au divorce judiciaire
- Limites du pluralisme religieux et absence de laïcité dans les réformes du statut personnel
đ 1. Interactions entre droit laĂŻc et droit religieux dans les Ătats confessionnels
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Jusqu'alors : Marque temporelle qui renvoie Ă lâĂ©tat antĂ©rieur des choses, ici Ă des institutions familiales musulmanes restĂ©es figĂ©es ou perçues comme telles avant la multiplication rĂ©cente du contentieux.
đ Points essentiels
- Les contacts entre systĂšmes juridiques religieux et systĂšmes juridiques laĂŻcs se multiplient sous lâeffet de la mondialisation et de la circulation des populations.
- Dans les Ătats confessionnels, la laĂŻcisation du systĂšme juridique nâa Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e que partiellement, surtout en droit des obligations et en droit des biens.
- Un juge dâun Ătat de tradition laĂŻque peut devoir articuler une loi civile avec une loi religieuse dans un mĂȘme litige, notamment pour donner effet Ă une situation constituĂ©e Ă lâĂ©tranger.
- Le droit civil des successions ou des aliments peut recevoir des effets dâun mariage polygame.
đĄ Ă retenir
La frontiĂšre entre droit laĂŻc et droit religieux nâest pas Ă©tanche : les circulations internationales et les litiges familiaux obligent souvent les juges Ă articuler les deux ordres juridiques. Cette articulation devient particuliĂšrement visible lorsque des effets civils sont demandĂ©s pour des situations constituĂ©es dans un pays musulman.
đ 2. Conditions de reconnaissance des divorces Ă©trangers au QuĂ©bec et ordre public international
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- CaractĂšre final : QualitĂ© dâune dĂ©cision de divorce qui scelle dĂ©finitivement le sort de lâunion; un jugement rĂ©vocable ne la remplit pas, car la situation peut encore ĂȘtre modifiĂ©e Ă lâĂ©tranger.
- AntĂ©rioritĂ© de la dĂ©cision : Absence dâun divorce dĂ©jĂ prononcĂ© ou dâune instance dĂ©jĂ pendante au QuĂ©bec au moment oĂč la dĂ©cision Ă©trangĂšre est invoquĂ©e.
- Ordre public international de fond : MĂ©canisme de contrĂŽle qui permet de refuser la reconnaissance dâune dĂ©cision Ă©trangĂšre lorsque son rĂ©sultat heurte de front les conceptions morales, sociales, Ă©conomiques ou politiques qui sous-tendent lâordre juridique quĂ©bĂ©cois.
đ Points essentiels
- Au QuĂ©bec, un divorce Ă©tranger ne produit effet quâaprĂšs un contrĂŽle de conditions intrinsĂšques, dont le caractĂšre final et la compĂ©tence de lâautoritĂ© Ă©trangĂšre au sens de lâarticle 3155.
- Un jugement de divorce rĂ©vocable est exclu de la reconnaissance parce que le sort de lâunion nâest pas dĂ©finitivement scellĂ©.
đĄ Ă retenir
Au QuĂ©bec, un divorce Ă©tranger ne produit effet quâaprĂšs un contrĂŽle de conditions intrinsĂšques, dont le caractĂšre final et la compĂ©tence de lâautoritĂ© Ă©trangĂšre au sens de lâarticle 3155.
đ 3. Modes de divorce en droit musulman et leur rĂ©ception dans les juridictions occidentales
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit musulman : Ordre juridique classique qui admet la dissolution du mariage par des moyens trĂšs variĂ©s, pour des motifs trĂšs diffĂ©rents et selon des proportions variables suivant lâĂ©cole considĂ©rĂ©e.
- Divorce souvent usitĂ©s dans : Ensemble de quatre modes de dissolution du mariage frĂ©quemment retenus dans les systĂšmes dâinspiration musulmane, le mariage y Ă©tant prĂ©sentĂ© comme de nature purement consensuelle.
- Modes de divorce souvent usitĂ©s : Quatre formes principales de rupture du lien matrimonial sont distinguĂ©es dans les systĂšmes dâinspiration musulmane : la volontĂ© unilatĂ©rale du mari, le divorce par consentement mutuel avec compensation, et la rĂ©siliation judiciaire Ă la demande dâune partie.
đ Points essentiels
- Le talaq est la rupture du mariage par la volonté unilatérale du mari.
- Le khul est un divorce par consentement mutuel moyennant compensation, notamment par renoncement Ă la dot.
- Le tafriq ou faskh est une rĂ©siliation du lien matrimonial prononcĂ©e par le juge Ă la demande de lâune des parties dans les cas dĂ©terminĂ©s par la loi.
- Le divorce par consentement mutuel avec ou sans compensation ne pose guĂšre de difficultĂ©s en pratique, notamment au Canada oĂč un divorce peut ĂȘtre obtenu en cas de sĂ©paration dâun an.
đĄ Ă retenir
Le droit musulman classique admet plusieurs formes de dissolution du mariage, mais leur réception varie selon leur compatibilité avec les modÚles occidentaux. Le khul et le divorce judiciaire sont plus facilement accueillis que la répudiation unilatérale.
đ 4. Opposition et acceptation de la rĂ©pudiation unilatĂ©rale musulmane selon la jurisprudence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- RĂ©pudiation unilatĂ©rale : Mode de dissolution du mariage par dĂ©claration unilatĂ©rale du mari, couramment appelĂ© rĂ©pudiation dans la littĂ©rature occidentale, et seul divorce musulman susceptible dâattirer les foudres de lâordre public.
- ĂgalitĂ© des Ă©poux : Principe invoquĂ© pour refuser lâeffet dâune rĂ©pudiation Ă©trangĂšre lorsque la dĂ©cision heurte lâidĂ©e que lâhomme et la femme sont Ă©gaux durant le mariage et lors de sa dissolution.
đ Points essentiels
- La rĂ©pudiation unilatĂ©rale du mari est le seul divorce musulman classiquement susceptible de heurter lâordre public.
- Goldstein et Groffier estiment quâun grand nombre de rĂ©pudiations doit ĂȘtre rejetĂ© en raison des discriminations fondĂ©es sur le sexe quâelles consacrent.
- En 1997, dans Droit de la famille - 20,54, la Cour refuse lâeffet dâune rĂ©pudiation algĂ©rienne pour incompatibilitĂ© manifeste avec lâordre public international quĂ©bĂ©cois et le principe de lâĂ©galitĂ© des Ă©poux.
- Le juge se rĂ©fĂšre aux Chartes canadienne et quĂ©bĂ©coise ainsi quâĂ la DĂ©claration universelle des droits de lâhomme pour rappeler lâĂ©galitĂ© de lâhomme et de la femme durant le mariage et lors de sa dissolution.
đĄ Ă retenir
La rĂ©pudiation unilatĂ©rale du mari est le seul divorce musulman classiquement susceptible de heurter lâordre public.
đ 5. Approche nuancĂ©e de l'ordre public international et principe de proximitĂ© dans la
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- RelativitĂ© de lâordre public : MĂ©canisme de dĂ©fense de lâordre juridique du for qui constitue un frein aux solutions subordonnĂ©es Ă des exigences de rĂ©gularitĂ© dâordre extrinsĂšque.
đ Points essentiels
- La jurisprudence quĂ©bĂ©coise subordonne le dĂ©clenchement de lâexception dâordre public Ă lâexistence de liens suffisants de la situation avec lâordre juridique quĂ©bĂ©cois au moment du prononcĂ© Ă©tranger.
- Cette approche sâinspire de la thĂ©orie allemande de la Binnenbersekung, qui fait dĂ©pendre lâintensitĂ© de lâintervention de lâordre public des attaches de la situation litigieuse avec le for.
- Lâordre public ne sâoppose pas aux rĂ©pudiations prononcĂ©es alors que toutes les personnes concernĂ©es rĂ©sidaient Ă lâĂ©tranger au moment de la rĂ©pudiation, indĂ©pendamment de leur immigration ultĂ©rieure au Canada.
- Cette position Ă©vite de faire du pays dâaccueil le royaume des divorces bancales et limite le forum shopping.
- La Cour de cassation française adopte une logique comparable en subordonnant lâintervention de lâordre public Ă des liens de proximitĂ© avec le for, notamment la nationalitĂ© ou le domicile en France.
đĄ Ă retenir
Lâordre public international est ici conçu comme un mĂ©canisme conditionnĂ© par les attaches territoriales et personnelles de la situation avec le for. Il ne sâoppose pas de façon abstraite aux normes Ă©trangĂšres, mais seulement lorsque les liens suffisants avec lâordre juridique du for sont rĂ©unis.
đ 6. Analyse in concreto de la loi religieuse Ă©trangĂšre face Ă l'ordre public dans les dĂ©cisions
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Loi religieuse Ă©trangĂšre : Norme Ă©trangĂšre de nature religieuse que le juge de droit laĂŻcisĂ© doit prendre connaissance avant dâapprĂ©cier sa compatibilitĂ© avec lâordre public.
- RĂ©sultat concret : Effet rĂ©el produit par lâapplication de la loi Ă©trangĂšre Ă la situation, seul Ă©lĂ©ment pertinent au stade de la confrontation Ă lâordre public.
đ Points essentiels
- Le juge doit prendre connaissance de la loi religieuse Ă©trangĂšre avant de statuer sur sa compatibilitĂ© avec lâordre public.
- Au stade de la confrontation Ă lâordre public, ce qui compte est le rĂ©sultat concret de lâapplication de la loi Ă©trangĂšre, non la solution abstraite du juge Ă©tranger.
- Une dĂ©cision Ă©trangĂšre peut sembler contraire Ă lâordre public alors que son rĂ©sultat concret ne lâest pas nĂ©cessairement.
- AppliquĂ© Ă la rĂ©pudiation, ce raisonnement peut permettre la reconnaissance si les circonstances de lâespĂšce neutralisent lâatteinte redoutĂ©e.
- AppliquĂ© Ă la rĂ©pudiation, le principe de l'apprĂ©ciation in concreto pourrait sauvegarder la reconnaissance si les circonstances de l'espĂšce Les moĂșvations du juge SenĂ©cal sur ce point ont Ă©tĂ© implicitement approuvĂ©es par la Cour d'appel.
đĄ Ă retenir
Le juge doit prendre connaissance de la loi religieuse Ă©trangĂšre avant de statuer sur sa compatibilitĂ© avec lâordre public.
đ 7. Organisation du statut personnel en Ăgypte selon la personnalitĂ© religieuse de la loi
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Tribunaux confessionnels : Avant 1955 ce sont les tribunaux confessionnels (mahÄgim charya) qui organisaient le statut
- Conseils communautaires : personnel des musulmans ct les conseils communautaires, (majalis mailla) celui des non- musulmans
đ Points essentiels
- En Ăgypte, le statut personnel est la seule branche du droit encore organisĂ©e selon le principe de la personnalitĂ© religieuse de la loi.
- Avant 1955, les tribunaux confessionnels réglaient le statut personnel des musulmans et les conseils communautaires celui des non-musulmans.
- Le statut personnel Ă©gyptien couvre notamment le mariage, le divorce, la filiation, lâadoption, la tutelle, les successions et les testaments.
- Cela signifie que chaque communautĂ© religieuse a sa propre loi sur le statut persollen et que la loi nâest applicable quâĂ la communautĂ© pour laquelle elle a Ă©tĂ© mise en place.
- Quant aux lages de statut personnel des Ăgyptiens non-musulmans, nis en
đĄ Ă retenir
En Ăgypte, le statut personnel est la seule branche du droit encore organisĂ©e selon le principe de la personnalitĂ© religieuse de la loi.
đ 8. Pluralisme juridique et coexistence des lois religieuses dans le statut personnel Ă©gyptien
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Statut personnel : MatiĂšre des litiges familiaux et personnels qui, entre Ăgyptiens non-musulmans unis en communautĂ© et en confession, est rĂ©gie par leurs lois religieuses personnelles, en conformitĂ© avec lâordre public.
- Droit commun musulman : Sont considérées comme des lois d'exception au droit commun musulman, les lois des communautés religieuses qui avaient des juridictions communautaires organisée à la date du 31 décembre 1955, date d'entrée en vigueur de la loi 462/1955 qui a mis fin à ces juridictions.
- Unité de communauté et de confession : Toutefois, en cas d'absence d'unité de communauté et de confession, c'est le droit musulman en sant que droit camanm qui est appliqué.
đ Points essentiels
- En Ăgypte, les litiges de statut personnel entre Ăgyptiens non-musulmans unis en communautĂ© et en confession sont rĂ©gis par leurs lois religieuses propres, en conformitĂ© avec lâordre public.
- En lâabsence dâunitĂ© de communautĂ© et de confession, câest le droit musulman qui sâapplique comme droit commun.
- Les lois des communautĂ©s religieuses ayant conservĂ© des juridictions communautaires organisĂ©es au 31 dĂ©cembre 1955 sont traitĂ©es comme des lois dâexception au droit commun musulman.
- Le pluralisme juridique égyptien repose sur une coexistence hiérarchisée des régimes religieux.
- Ce qui fait que le contentieux du statut personnel entre des ,nationaux non muxulman se voit largement rĂ©gis par le droit musulman en tant que droit commun DAns kes cas dâun divorce engre des couples nonunis en commuanutĂ© et en confession des subterfuges et des contournements de ka loi de 1995 par els justicibales sont trĂšs frĂ©quents.
- Le 20 avril 1978 un communiquĂ© fut signĂ© par les chefs religieux des communautĂ©s chrĂ©tiennes et constitue une critique gĂ©nĂ©rale adressĂ©e Ă le loi 462/1955, appliquant le droit musulman aux non-musulmans en cas de non-unite de confession et de communautĂ©, et qui rĂ©vĂšle, entre autres, le malaise gĂ©nĂ©ral entre les communautĂ©s religieuses : « Les chefs religieux de toutes les Ăglises d'Egypte, rĂ©unis Ă ce jour-ci jeudi 20 avril 1978, au couvent Abna Bishwa dans la VallĂ©e de Natroum, dĂ©clarent ce qui suit : «Toutes les Ăglises, sous ses diffĂ©rentes confessions, ne reconnaissent pas la rĂ©pudiation.
đĄ Ă retenir
Le pluralisme juridique Ă©gyptien organise une coexistence des lois religieuses, mais cette coexistence nâest pas symĂ©trique. Le droit musulman demeure le droit commun, tandis que les lois communautaires ne jouent quâĂ titre dâexception lorsque lâunitĂ© de communautĂ© et de confession est rĂ©unie.
đ 9. Divorce, rĂ©pudiation et enjeux du pluralisme religieux dans le statut personnel Ă©gyptien
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Divorce par compensation : ProcĂ©dure de divorce demandĂ©e par une femme musulmane, utilisĂ©e ici comme solution de contournement lorsque lâĂ©pouse se convertit Ă lâislam pour Ă©viter les obstacles liĂ©s Ă sa confession dâorigine.
- RĂ©pudiation : FacultĂ© de rupture unilatĂ©rale du mariage Ă©voquĂ©e comme un droit dont peut bĂ©nĂ©ficier le mari aprĂšs conversion Ă lâislam dans les cas dĂ©crits.
- Litige de statut personnel : Contentieux portant sur le mariage et le divorce, rĂ©glĂ© selon le droit religieux personnel des non-musulmans unis en communautĂ© et en confession, ou selon le droit musulman en lâabsence dâunitĂ© confessionnelle.
đ Points essentiels
- Une Ă©pouse catholique mariĂ©e Ă un orthodoxe peut se convertir Ă lâislam pour demander le divorce par compensation et Ă©viter les lourdeurs procĂ©durales liĂ©es Ă sa confession.
- Un mari catholique peut aussi se convertir Ă lâislam pour bĂ©nĂ©ficier du droit de rĂ©pudiation.
đĄ Ă retenir
Un mari catholique peut aussi se convertir Ă lâislam pour bĂ©nĂ©ficier du droit de rĂ©pudiation.
đ 10. Impact de la religion dominante sur l'Ă©quilibre juridique et les droits des minoritĂ©s en Ăgypte
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- HomogĂ©nĂ©itĂ© sociale : Situation dâunitĂ© religieuse garantie par une loi religieuse de la majoritĂ©, prĂ©sentĂ©e comme plus simple Ă gouverner mais obtenue au dĂ©triment du pluralisme.
- Ăquilibre juridique : RĂ©partition des protections entre communautĂ©s que lâĂtat confessionnel rompt au profit de la majoritĂ© religieuse.
- Religion dominante : L'homogénéisation garantie par la religion dominante, ne sera pas neutre dans un pareil ordre jun digue.
đ Points essentiels
- LâĂtat Ă©gyptien tire avantage de lâhomogĂ©nĂ©itĂ© religieuse produite par la religion dominante, ce qui rend la gouvernance plus simple.
- La cohabitation entre divers droits religieux dans un Ătat confessionnel se fait en gĂ©nĂ©ral au dĂ©triment des droits de la communautĂ© minoritaire.
- LâĂtat, qui tire avantage de lâhomogĂ©nĂ©isation garantie par la religion dominante, nâest pas neutre dans un pareil ordre juridique.
- Dans un tel ordre juridique, lâĂtat rompt avec lâĂ©quilibre juridique au profit de la majoritĂ© religieuse.
- La religion dominante fait moins de place au pluralisme des opinions, surtout religieuses, et sert de support Ă un ordre juridique moins pluraliste.
đĄ Ă retenir
LâĂtat Ă©gyptien tire avantage de lâhomogĂ©nĂ©itĂ© religieuse produite par la religion dominante, ce qui rend la gouvernance plus simple.
đ 11. Jurisprudence Ă©gyptienne sur la rĂ©pudiation et assimilation contestĂ©e au divorce judiciaire
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ArrĂȘt du 17 janvier 1979 : DĂ©cision de la Cour de cassation Ă©gyptienne qui a admis la rĂ©pudiation conforme au droit musulman mĂȘme pour des non-musulmans, en lâabsence de diffĂ©rence de fond retenue par la Cour entre rĂ©pudiation et divorce judiciaire.
- Dans un arrĂȘt : Formule renvoyant Ă une dĂ©cision jurisprudentielle prĂ©cise dans laquelle la Cour a autorisĂ© lâapplication de la rĂ©pudiation musulmane Ă des personnes non musulmanes.
- Dans le droit : Expression introductive qui situe la solution dans le droit Ă©gyptien de la famille, oĂč la Cour de cassation a fait prĂ©valoir cette assimilation entre rĂ©pudiation et divorce judiciaire.
- Cette derniĂšre : Expression dĂ©signant la rĂ©pudiation, institution que la Cour a permis dâexercer par des non-musulmans en lâassimilant au divorce judiciaire.
đ Points essentiels
- La Cour de cassation a admis, dans lâarrĂȘt du 17 janvier 1979, la rĂ©pudiation selon le droit musulman mĂȘme pour des non-musulmans, alors que cette institution est prĂ©sentĂ©e comme inexistante chez les protestants et les orthodoxes.
- Pour justifier sa solution, la Cour a soutenu quâil nâexistait aucune diffĂ©rence de fond entre divorce par volontĂ© unilatĂ©rale et divorce judiciaire, la distinction ne portant que sur la procĂ©dure.
- Cette assimilation est critiquĂ©e comme erronĂ©e, car la rĂ©pudiation dĂ©pend de la seule volontĂ© de lâhomme, sans intervention de la femme, tandis que le divorce obĂ©it Ă dâautres conditions et se fait devant le juge.
- La Cour a invoquĂ© des donnĂ©es historiques tirĂ©es de la tradition romaine et juive, mais ces rĂ©fĂ©rences sont prĂ©sentĂ©es comme sans fondement pour lâapplication du droit Ă©gyptien actuel.
- LâarrĂȘt est critiquĂ© parce quâil Ă©tend Ă des non-musulmans une spĂ©cificitĂ© de la lĂ©gislation musulmane, la rĂ©pudiation, qui ne devrait normalement pas leur ĂȘtre appliquĂ©e.
đĄ Ă retenir
La Cour de cassation a admis, dans lâarrĂȘt du 17 janvier 1979, la rĂ©pudiation selon le droit musulman mĂȘme pour des non-musulmans, alors que cette institution est prĂ©sentĂ©e comme inexistante chez les protestants et les orthodoxes.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Statut personnel national unifiĂ© : RĂ©gime unique du statut personnel, dĂ©tachĂ© de tout rĂ©fĂ©rent religieux selon certains auteurs, qui aurait pu Ă©viter les conflits nĂ©s de la coexistence des communautĂ©s et garantir lâĂ©galitĂ© entre les nationaux du mĂȘme pays.
- LaĂŻcitĂ© : Orientation juridique consistant Ă inscrire le statut personnel dans des rĂ©formes sans rĂ©fĂ©rence religieuse, ce que lâĂtat Ă©gyptien ne manifeste pas vouloir faire dans les chantiers Ă©voquĂ©s.
đ Points essentiels
- Certains auteurs estiment quâun statut personnel national unifiĂ© aurait Ă©vitĂ© les conflits apparus avec la coexistence des communautĂ©s et des rĂ©gimes religieux.
- Selon cette critique, un statut personnel dĂ©tachĂ© de tout rĂ©fĂ©rent religieux serait le seul Ă garantir lâĂ©galitĂ© entre les nationaux du mĂȘme pays.
- LâĂtat Ă©gyptien nâa pas manifestĂ© la volontĂ© dâinscrire la laĂŻcitĂ© dans ses chantiers de rĂ©formes du statut personnel.
- Le maintien du pluralisme religieux montre une limite structurelle des réformes, qui ne visent pas à neutraliser la référence confessionnelle.
- Lâabsence de laĂŻcitĂ© est prĂ©sentĂ©e comme un choix politique assumĂ©, et non comme une simple lacune technique.
đĄ Ă retenir
LâĂtat Ă©gyptien nâa pas manifestĂ© la volontĂ© dâinscrire la laĂŻcitĂ© dans ses chantiers de rĂ©formes du statut personnel.
𧩠Compléments de couverture
- La mondialisation et la circulation des populations expliquent en partie lâaccroissement des contacts entre droit religieux et droit laĂŻc.
- Dans les Ătats confessionnels, la laĂŻcisation du systĂšme juridique nâa Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e que partiellement, surtout en droit des obligations et des biens.
- Le juge dâun Ătat laĂŻque peut devoir appliquer un droit civil des successions ou des aliments aux effets dâun mariage polygame.
- La rĂ©ception des normes familiales musulmanes en France a pris de lâampleur dĂšs les annĂ©es 1980 selon Jean DĂ©prez.
- La communautĂ© musulmane Ă©tablie en France a rendu le statut personnel plus frĂ©quent et plus visible, au point dâen faire un problĂšme de sociĂ©tĂ©.
- Au QuĂ©bec, la reconnaissance dâun divorce Ă©tranger suppose dâabord de vĂ©rifier le caractĂšre final du divorce et la compĂ©tence de lâautoritĂ© Ă©trangĂšre au sens de lâarticle 3155.
- Un jugement de divorce rĂ©vocable ne satisfait pas lâexigence de caractĂšre final, car le sort de lâunion nâest pas dĂ©finitivement scellĂ©.
- Le khul peut ĂȘtre admis en droit canadien et a aussi Ă©tĂ© admis en droit français par une dĂ©cision du 24/09/2014.
- En 1991, dans Droit de la famille - 1466, la Cour dâappel du QuĂ©bec a admis quâune partie puisse renoncer Ă certains droits pour obtenir lâacquiescement de lâautre au divorce.
- En 2003, dans lâaffaire L.P. c. F.B., le juge a rattachĂ© lâordre public international aux Chartes canadienne et quĂ©bĂ©coise ainsi quâĂ la DĂ©claration universelle des droits de lâhomme.
- En 2007, dans Droit de la famille - 072464, le juge Senécal a refusé une opposition systématique aux divorces prononcés selon les principes islamiques.
- LâĂ©valuation de la proximitĂ© se fait au moment du prononcĂ© de la dĂ©cision Ă©trangĂšre, et non au moment de sa rĂ©ception au QuĂ©bec.
- En Ăgypte, trois communautĂ©s cohabitent : musulmane, chrĂ©tienne et juive.
- A l'opposé, une démarche plus nuancée a été retenue en 2007 dans l'affaire Droit de la famille - 072464.
- Pareil raisonnement a également prévalu en 2003 dans l'affaire L.
- 2007 dans l'affaire Droit de la famille - 072464.
- 17 janvier 1979 non application de la charia en cas de contradiction avec les principes fondateurs de la religion chrétienne.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 1997 | Refus dâeffet dâune rĂ©pudiation algĂ©rienne au QuĂ©bec |
| 1955 | Fin des juridictions communautaires organisĂ©es en Ăgypte |
| 1995 | Réforme égyptienne du statut personnel invoquée dans les contournements |
| 1978 | Décision égyptienne sur le statut personnel des non-musulmans |
| 1979 | Non-application de la charia en cas de contradiction avec les principes chrétiens |
| 1980 | Montée de la réception des normes familiales musulmanes en France selon Jean Déprez |
đ Tableaux de SynthĂšse
Divorces musulmans et réception occidentale
| Mode | Logique | Réception |
|---|
| Talaq | Rupture unilatĂ©rale du mari | Classiquement le plus susceptible de heurter lâordre public |
| Khul | Divorce par consentement mutuel avec compensation | Plus facilement accueilli |
| Tafriq / faskh | RĂ©siliation prononcĂ©e par le juge Ă la demande dâune partie | Plus facilement accueilli |
Statut personnel égyptien
| ĂlĂ©ment | RĂšgle | Effet |
|---|
| Principe | PersonnalitĂ© religieuse de la loi | Le statut personnel reste organisĂ© selon lâappartenance religieuse |
| Non-musulmans unis en communautĂ© et en confession | Leurs lois religieuses propres | Application en conformitĂ© avec lâordre public |
| Absence dâunitĂ© de communautĂ© et de confession | Droit musulman | Droit commun applicable |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confondre reconnaissance dâun divorce Ă©tranger et validation automatique : au QuĂ©bec, un contrĂŽle du caractĂšre final et de lâordre public demeure nĂ©cessaire.
- Assimiler toute forme de divorce musulman à la répudiation : le khul et le divorce judiciaire sont distingués de la répudiation unilatérale.
- Croire que lâordre public international se limite Ă une comparaison abstraite des rĂšgles : le rĂ©sultat concret de la loi Ă©trangĂšre compte.
- Penser que le pluralisme égyptien est symétrique : le droit musulman y reste le droit commun et les lois communautaires sont des exceptions.
- Oublier que la rĂ©pudiation est la forme de divorce musulman la plus exposĂ©e au refus pour atteinte Ă lâĂ©galitĂ© des Ă©poux.
- Confondre la date de la dĂ©cision Ă©trangĂšre et la date de son apprĂ©ciation : la proximitĂ© sâĂ©value au moment du prononcĂ© de la dĂ©cision Ă©trangĂšre.
â
Checklist Examen
- DĂ©finir le caractĂšre final dâun divorce Ă©tranger.
- VĂ©rifier lâabsence de divorce dĂ©jĂ prononcĂ© ou dâinstance pendante au QuĂ©bec.
- Expliquer lâordre public international de fond comme contrĂŽle des rĂ©sultats incompatibles avec les valeurs quĂ©bĂ©coises.
- Distinguer talaq, khul et tafriq/faskh.
- Retenir que le divorce par consentement mutuel pose peu de difficultés en pratique.
- Savoir que la répudiation unilatérale est la forme la plus contestée.
- Relier le refus de la rĂ©pudiation Ă lâĂ©galitĂ© des Ă©poux et aux Chartes.
- Comprendre lâanalyse in concreto de la loi religieuse Ă©trangĂšre.
- Situer le statut personnel égyptien dans la personnalité religieuse de la loi.
- Identifier le droit musulman comme droit commun en Ăgypte en lâabsence dâunitĂ© confessionnelle.
- Retenir que les lois communautaires Ă©gyptiennes sont traitĂ©es comme des lois dâexception.
- ConnaĂźtre la distinction entre laĂŻcisation partielle et absence de laĂŻcitĂ© complĂšte dans les Ătats confessionnels.
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