Revision sheet: Introduction au droit commercial et ses acteurs

Plan du Cours

  1. DĂ©finition du droit commercial et champ d’application
  2. LibertĂ© d’entreprendre et fondements juridiques
  3. Encadrement de la libertĂ© d’entreprendre
  4. Statut de commerçant et critùres d’identification
  5. Actes de commerce par nature, forme et accessoire
  6. Négoce, industrie et services comme actes
  7. OpĂ©rations d’intermĂ©diaires et distinction des mandats
  8. Anatocisme et prescription en matiĂšre commerciale
  9. Actes mixtes et distributivité des rÚgles
  10. Conjoint commerçant et conditions de qualification
  11. Tribunaux de commerce : histoire, composition et compétence
  12. Artisans, agriculteurs et professions libérales

1. DĂ©finition du droit commercial et champ d’application

Notions clés & Définitions

  • Droit commercial : Branche du droit privĂ© qui encadre les opĂ©rations juridiques rĂ©alisĂ©es par des commerçants entre eux ou avec leurs clients, liĂ©es Ă  l’exercice du commerce.
  • Conception subjective : Conception du champ du droit commercial fondĂ©e sur le statut du sujet, c’est-Ă -dire sur la qualitĂ© de commerçant.
  • Conception objective : Conception du champ du droit commercial fondĂ©e sur la nature de l’acte, le droit commercial visant les actes de commerce.
  • Acte de commerce : OpĂ©ration juridique qualifiĂ©e par la loi comme ayant une nature commerciale, indĂ©pendamment de la profession de la personne qui la rĂ©alise.
  • Droit des affaires : Expression regroupant les rĂšgles qui rĂ©gissent le fonctionnement des entreprises, notamment leurs financements, activitĂ©s et relations avec les partenaires et clients.

Points essentiels

  • Le droit commercial peut ĂȘtre prĂ©sentĂ© soit par la qualitĂ© du commerçant, soit par la nature de l’acte, et ces deux approches sont complĂ©mentaires en droit français.
  • Dans la conception objective, le droit commercial correspond au droit des actes de commerce, dĂ©terminĂ©s par la loi comme commerciaux.
  • Historiquement, le droit commercial est nĂ© de la pratique des marchands sous la « lex mercatoria », puis a Ă©tĂ© codifiĂ© par une ordonnance de Colbert en 1673.
  • Le Code de commerce (1807) construit un droit dĂ©rogatoire au droit commun civil, mĂȘme si la frontiĂšre civil/commercial s’est ensuite assouplie.
  • La rĂ©duction des oppositions entre commerçants et autres professionnels a conduit Ă  privilĂ©gier l’idĂ©e de « professionnel » et, pour l’enseignement, la notion de droit des affaires.
  • L’entreprise ne dispose pas de personnalitĂ© juridique : elle n’est pas un acteur autonome du droit, mĂȘme si elle exerce une activitĂ© Ă©conomique.

Astuce mémo

Subjectif = Sujet (commerçant) ; Objectif = Objet (acte).

2. LibertĂ© d’entreprendre et fondements juridiques

Notions clés & Définitions

  • Clause de non-concurrence : Clause contractuelle limitant la possibilitĂ© pour une personne de concurrencer une entreprise aprĂšs une pĂ©riode donnĂ©e.
  • Contrepartie financiĂšre du salariĂ© : Somme versĂ©e au salariĂ© pour rĂ©munĂ©rer la restriction de non-concurrence et conditionner la validitĂ© de la clause.
  • Non-concurrence de plein droit : Interdiction de concurrence dĂ©gagĂ©e par la jurisprudence qui s’applique sans qu’une clause spĂ©cifique soit prĂ©vue.
  • Obligation de non-concurrence du vendeur : RĂšgle jurisprudentielle issue de l’obligation de garantir une jouissance paisible de l’acquĂ©reur, empĂȘchant le vendeur de concurrencer.

Points essentiels

  • Les restrictions Ă  la libertĂ© d’entreprendre doivent ĂȘtre limitĂ©es dans le temps et dans l’espace, et indispensables Ă  la protection d’intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de l’entreprise.
  • La validitĂ© d’une clause de non-concurrence visant un salariĂ© exige une contrepartie financiĂšre au profit du salariĂ©.
  • La contrepartie financiĂšre ne doit pas ĂȘtre dĂ©risoire et doit ĂȘtre proportionnĂ©e aux intĂ©rĂȘts protĂ©gĂ©s par l’entreprise et aux intĂ©rĂȘts financiers du salariĂ©.
  • La jurisprudence a reconnu, dans certains domaines oĂč ces clauses Ă©taient frĂ©quentes, une interdiction de concurrence applicable de plein droit sans contrat.
  • La jurisprudence a aussi dĂ©gagĂ© une obligation de non-concurrence du salariĂ© envers son employeur pendant l’exĂ©cution du contrat de travail.
  • La non-concurrence du vendeur a Ă©tĂ© justifiĂ©e par l’obligation de garantir une jouissance paisible de l’acquĂ©reur : concurrencer empĂȘcherait cette garantie.

Astuce mémo

3T + indispensable : Temps, Territoire, (contrepartie) + intĂ©rĂȘt lĂ©gitime ; puis « plein droit » quand la JP l’impose sans clause.

3. Encadrement de la libertĂ© d’entreprendre

Notions clés & Définitions

  • Acte de commerce par nature : Un acte de commerce est qualifiĂ© commercial par sa nature, indĂ©pendamment de la personne qui l’accomplit.
  • Acte civil accessoire : Un acte civil peut rester soumis au droit civil lorsqu’il n’est qu’accessoire Ă  une activitĂ© principale civile.
  • Speciala generalibus derogant : Principe selon lequel une rĂšgle spĂ©ciale Ă©carte la rĂšgle gĂ©nĂ©rale quand les deux sont en concours.
  • SolidaritĂ© active : Technique de solidaritĂ© oĂč chaque crĂ©ancier peut rĂ©clamer au dĂ©biteur le paiement de toute la dette.
  • SolidaritĂ© passive : Technique de solidaritĂ© oĂč un crĂ©ancier peut exiger le paiement intĂ©gral de sa crĂ©ance auprĂšs d’un seul dĂ©biteur.

Points essentiels

  • Un acte commercial par nature peut basculer sous le droit civil s’il est accessoire Ă  une activitĂ© principale civile.
  • L’activitĂ© agricole est civile par nature, et la vente de la production par l’agriculteur relĂšve du civil.
  • L’achat-revente de denrĂ©es par un agriculteur peut ĂȘtre traitĂ© comme accessoire Ă  l’activitĂ© civile principale, donc hors rĂ©gime commercial.
  • La jurisprudence admet qu’un acte civil soit accessoire Ă  l’activitĂ© d’une personne, et aussi Ă  une opĂ©ration commerciale principale.
  • Les rĂšgles du rĂ©gime des actes de commerce sont des dĂ©rogations au droit commun, sans constituer un corps complet autonome.
  • En droit commercial, la dĂ©rogation vise notamment la fluiditĂ© des Ă©changes via des rĂšgles plus lĂ©gĂšres sur la forme et la preuve.

Astuce mémo

Accessoire = bascule : activitĂ© principale civile → acte accessoire hors commercial.

4. Statut de commerçant et critùres d’identification

Notions clés & Définitions

  • ActivitĂ© commerciale habituelle : L’activitĂ© commerciale habituelle est l’exercice rĂ©gulier d’actes de commerce Ă  titre de profession, permettant d’identifier la personne comme commerçante.
  • Conjoint commerçant : Le conjoint peut ĂȘtre reconnu commerçant s’il exerce une activitĂ© commerciale sĂ©parĂ©e de celle de son Ă©poux ou Ă©pouse.
  • Conjoint collaborateur : Le conjoint collaborateur est celui qui travaille rĂ©guliĂšrement dans l’entreprise sans rĂ©munĂ©ration et sans percevoir une rĂ©munĂ©ration liĂ©e Ă  cette activitĂ©.
  • Conjoint salariĂ© : Le conjoint salariĂ© est celui qui participe effectivement Ă  l’entreprise de façon habituelle et reçoit une rĂ©munĂ©ration au moins Ă©gale au SMIC.
  • Commerçant de faits : Le commerçant de faits est une personne qui exerce rĂ©ellement une activitĂ© commerciale sans ĂȘtre immatriculĂ©e, sans pouvoir invoquer les rĂšgles favorables liĂ©es Ă  l’immatriculation.

Points essentiels

  • La qualitĂ© de commerçant est reconnue au conjoint qui exerce une activitĂ© sĂ©parĂ©e de celle de son Ă©poux ou Ă©pouse, sans co-exploitation envisagĂ©e.
  • La preuve de l’activitĂ© commerciale habituelle du conjoint incombe Ă  celui qui invoque le statut de commerçant.
  • En cas de dĂ©faut de dĂ©claration du statut et de l’activitĂ© du conjoint, la sanction peut entraĂźner une dĂ©qualification obligatoire en contrat de travail et des consĂ©quences financiĂšres et sociales.
  • Le conjoint collaborateur doit exercer une activitĂ© professionnelle rĂ©guliĂšre, sans rĂ©munĂ©ration, et ne doit pas ĂȘtre associĂ© au sens du droit des sociĂ©tĂ©s.
  • Si le conjoint perçoit une rĂ©munĂ©ration, il relĂšve du statut de salariĂ©, et l’activitĂ© parallĂšle peut faire prĂ©sumer l’absence de rĂ©gularitĂ© (notamment si une activitĂ© salariĂ©e extĂ©rieure atteint au moins la moitiĂ© de la
  • L’immatriculation au registre (RCS/RNE selon le cas) crĂ©e une prĂ©somption simple de commercialitĂ©, mais elle peut ĂȘtre combattue par la preuve contraire.

Astuce mémo

Conjoint = 3 statuts : sans paie = collaborateur, avec paie ≄ SMIC = salariĂ©, en sociĂ©tĂ© = associĂ©.

5. Actes de commerce par nature, forme et accessoire

Notions clés & Définitions

  • Commerçant : Personne qui exerce Ă  titre habituel une activitĂ© commerciale et qui est soumise Ă  des obligations spĂ©cifiques envers les tiers.
  • Acte de commerce : OpĂ©ration qualifiĂ©e de commerciale par la loi, ce qui dĂ©termine la compĂ©tence des juridictions et le rĂ©gime applicable.
  • Acte de commerce par nature : Acte que la loi qualifie de commercial en raison de sa nature, indĂ©pendamment de la qualitĂ© des parties.
  • Acte de commerce par la forme : Acte commercial parce qu’il est accompli sous une forme lĂ©galement prĂ©vue, ce qui lui donne un caractĂšre commercial.
  • Acte de commerce accessoire : Acte qui devient commercial parce qu’il est liĂ© Ă  l’activitĂ© commerciale principale d’une personne ou d’une entreprise.

Points essentiels

  • Les obligations du commerçant visent surtout les relations avec les tiers, notamment l’administration fiscale et les autres acteurs publics.
  • L’immatriculation au RCS sert de support Ă  la publicitĂ© et doit ĂȘtre maintenue Ă  jour pendant toute l’activitĂ©.
  • Les notaires et le greffier doivent aussi provoquer/mentionner des inscriptions au RCS lorsqu’ils ont connaissance d’actes ou d’un jugement d’ouverture d’une procĂ©dure collective.
  • Le non-respect des obligations de publicitĂ© expose Ă  des sanctions civiles et pĂ©nales, avec une base lĂ©gale indiquĂ©e Ă  l’article L. 123-5 du Code de commerce.
  • Le commerçant doit tenir une comptabilitĂ© et Ă©tablir notamment livre journal, grand livre, bilan et compte de rĂ©sultat, indissociables.
  • Les documents comptables doivent ĂȘtre conservĂ©s 10 ans, et une comptabilitĂ© fictive ou la disparition de documents peut constituer un dĂ©lit de banqueroute (5 ans et 75 000 euros).

Astuce mémo

Nature = “ce que c’est”, Forme = “comment c’est fait”, Accessoire = “liĂ© Ă  l’activitĂ©â€.

6. Négoce, industrie et services comme actes

Notions clés & Définitions

  • CompĂ©tence territoriale de principe : RĂšgle de droit commun issue du Code de procĂ©dure civile selon laquelle le tribunal compĂ©tent est celui du domicile du dĂ©fendeur.
  • Jurisprudence des gares principales : Solution jurisprudentielle permettant au demandeur de saisir le tribunal du lieu d’une succursale si le litige relĂšve de l’activitĂ© de cette succursale.
  • Tribunal de commerce : Juridiction spĂ©cialisĂ©e compĂ©tente pour les litiges commerciaux, avec une procĂ©dure plus rapide et davantage fondĂ©e sur l’oralitĂ©.
  • RĂ©fĂ©rĂ© du prĂ©sident du tribunal de commerce : ProcĂ©dure d’urgence devant le prĂ©sident du tribunal de commerce destinĂ©e Ă  obtenir des mesures sans trancher le fond du litige.
  • Tribunaux des activitĂ©s Ă©conomiques : ExpĂ©rimentation lancĂ©e par la loi du 20 novembre 2023 visant Ă  remplacer progressivement certains tribunaux de commerce, notamment pour les entreprises en difficultĂ©.

Points essentiels

  • La compĂ©tence territoriale de principe est celle du tribunal du domicile du dĂ©fendeur, avec des rĂšgles de droit commun issues du Code de procĂ©dure civile.
  • La jurisprudence des gares principales autorise la saisine du tribunal du lieu d’une succursale du demandeur si le litige concerne l’activitĂ© de cette succursale.
  • En matiĂšre contractuelle, le demandeur peut choisir le tribunal du lieu de livraison effective de la chose ou du lieu d’exĂ©cution de la prestation de service.
  • Pour les contrats entre commerçants, un tribunal peut ĂȘtre choisi par stipulation expresse et apparente, afin de dĂ©terminer la compĂ©tence.
  • Devant le tribunal de commerce, la procĂ©dure reprend les grands principes civils (publicitĂ© et contradictoire) mais avec des dĂ©lais plus brefs et une forte oralitĂ©.
  • Si l’enjeu dĂ©passe 5 000 €, un appel est possible, tandis que pour des sommes infĂ©rieures le tribunal statue en premier et dernier ressort, rendant l’appel impossible mais laissant place Ă  un pourvoi en cassation.

Astuce mémo

Domicile du dĂ©fendeur → gares/succursales → livraison ou exĂ©cution : tu choisis le lieu le plus “proche” du fait.

7. OpĂ©rations d’intermĂ©diaires et distinction des mandats

Notions clés & Définitions

  • Code de l’artisanat : Le Code de l’artisanat est une opĂ©ration de codification entrĂ©e en vigueur le 1er juillet 2023, regroupant les rĂšgles applicables aux artisans.
  • Article L111-1 du Code de l’artisanat : L’article L111-1 fixe la dĂ©finition juridique de l’artisan, notamment le critĂšre des moins de onze salariĂ©s et l’activitĂ© de production, transformation, rĂ©paration ou services.
  • Registre national des entreprises : Le registre national des entreprises (RNE) est le registre créé par la loi Pacte de 2019, servant d’équivalent du RCS pour l’immatriculation des artisans.
  • ThĂ©orie de l’accessoire : La thĂ©orie de l’accessoire permet de dĂ©terminer si une activitĂ© commerciale est accessoire Ă  l’activitĂ© artisanale (ou inversement) pour fixer le rĂ©gime applicable.
  • Tribunal de commerce : Le tribunal de commerce est la juridiction compĂ©tente pour certains litiges des artisans, avec une Ă©volution rĂ©cente de la compĂ©tence en matiĂšre de litiges.

Points essentiels

  • Le Code de l’artisanat comporte une partie lĂ©gislative et une partie rĂ©glementaire, et vise Ă  rĂ©unir les dispositions applicables aux artisans.
  • Sont artisans, au sens de l’article L111-1, les personnes physiques ou morales employant moins de onze salariĂ©s et exerçant une activitĂ© indĂ©pendante de production, transformation, rĂ©paration ou services Ă  titre habituel
  • Les activitĂ©s artisanales figurent sur une liste Ă©tablie en Conseil d’État aprĂšs consultation de la chambre des mĂ©tiers et de l’artisanat et de la chambre de commerce et de l’industrie.
  • Les artisans doivent ĂȘtre immatriculĂ©s au RNE, créé par la loi Pacte de 2019 et se substituant au rĂ©pertoire des mĂ©tiers (1936).
  • L’immatriculation au RNE est obligatoire et doit ĂȘtre faite jusqu’à un mois avant le dĂ©but de l’activitĂ© et au plus tard dans les 15 jours suivant le dĂ©but, via le guichet unique de l’INPI.
  • Les modifications importantes en cours d’activitĂ© doivent ĂȘtre inscrites au RNE pour informer les tiers, et la radiation intervient Ă  la fin de l’activitĂ© artisanale.

Astuce mémo

RNE = Guichet unique INPI : avant (≀ 1 mois) puis aprĂšs (≀ 15 jours) ; et la spĂ©culation dĂ©cide artisan vs commerçant.

8. Anatocisme et prescription en matiĂšre commerciale

Notions clés & Définitions

  • Professions libĂ©rales : Les professions libĂ©rales sont des activitĂ©s exercĂ©es habituellement, de façon indĂ©pendante, avec une rĂ©munĂ©ration le plus souvent en honoraires et un contenu principalement intellectuel ou technique.
  • Profession rĂ©glementĂ©e : Une profession rĂ©glementĂ©e est encadrĂ©e par des rĂšgles lĂ©gales et dĂ©ontologiques appliquĂ©es par un ordre professionnel qui contrĂŽle et sanctionne.
  • ThĂ©orie de l’accessoire : La thĂ©orie de l’accessoire qualifie de civil un acte potentiellement commercial lorsqu’il reste subordonnĂ© Ă  l’activitĂ© libĂ©rale principale.
  • ThĂ©orie de l’unicitĂ© du patrimoine : La thĂ©orie de l’unicitĂ© du patrimoine affirme qu’une personne ne dispose que d’un seul patrimoine, ce qui entraĂźne la confusion des dettes personnelles et professionnelles en entreprise individuelle.
  • DĂ©claration notariĂ©e d’insaisissabilitĂ© : La dĂ©claration notariĂ©e d’insaisissabilitĂ© est un dispositif par lequel l’entrepreneur fait dĂ©clarer insaisissable un bien (notamment immobilier) contre les crĂ©anciers professionnels.

Points essentiels

  • Les professions libĂ©rales sont traditionnellement considĂ©rĂ©es comme fondamentalement civiles, ce qui rend l’accomplissement d’actes de commerce parfois incompatible avec certaines professions.
  • Les actes de commerce qui demeurent accessoires Ă  l’activitĂ© libĂ©rale ne sont pas interdits et sont traitĂ©s comme des actes civils grĂące Ă  la thĂ©orie de l’accessoire.
  • Les professions libĂ©rales relĂšvent du tribunal judiciaire pour les litiges et pour les procĂ©dures collectives, avec une exception pour les auxiliaires de justice.
  • En matiĂšre de procĂ©dure collective, les TAE deviennent compĂ©tents pour les professions libĂ©rales sauf pour les auxiliaires de justice.
  • La dĂ©claration notariĂ©e d’insaisissabilitĂ© (DNI) a Ă©tĂ© instaurĂ©e par une loi de 2003 et visait d’abord la rĂ©sidence principale.
  • Depuis la loi Macron du 6 aoĂ»t 2015, la rĂ©sidence principale de l’entrepreneur individuel immatriculĂ© est insaisissable de droit par ses crĂ©anciers professionnels, sans DNI prĂ©alable, et l’insaisissabilitĂ© peut s’étendre

Astuce mémo

AccĂšs→Ordre→Sanction : professions libĂ©rales = honoraires + rĂšgles dĂ©ontologiques via un ordre ; Accessoire = acte commercial “avalĂ©â€ par l’activitĂ© civile principale.

9. Actes mixtes et distributivité des rÚgles

Notions clés & Définitions

  • Entrepreneur individuel : L’entrepreneur individuel est une personne qui exerce une activitĂ© sans crĂ©er de sociĂ©tĂ© distincte, et dont les bĂ©nĂ©fices servent de base Ă  l’impĂŽt et aux cotisations sociales.
  • Entrepreneur individuel Ă  responsabilitĂ© limitĂ©e : L’EIRL est un ancien statut permettant d’affecter un patrimoine professionnel sĂ©parĂ© du patrimoine personnel, sans crĂ©er de personne morale distincte.
  • Patrimoine d’affectation : Le patrimoine d’affectation regroupe les biens utiles Ă  l’activitĂ© professionnelle, distinctement du patrimoine personnel de l’entrepreneur.
  • Entreprise individuelle depuis 2022 : Depuis la loi du 14 fĂ©vrier 2022, l’entreprise individuelle devient un statut unique avec sĂ©paration automatique des biens utiles Ă  l’activitĂ© et des biens personnels.
  • Micro-entrepreneur : Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel bĂ©nĂ©ficiant d’un rĂ©gime fiscal et social simplifiĂ© sous conditions de seuils de chiffre d’affaires.

Points essentiels

  • Au sens de la sĂ©curitĂ© sociale, l’entrepreneur individuel est un travailleur indĂ©pendant dont les cotisations sont calculĂ©es sur le bĂ©nĂ©fice rĂ©alisĂ© par l’entreprise.
  • L’EIRL a Ă©tĂ© créé par la loi du 15 juin 2010 et ne crĂ©e pas nĂ©cessairement une personne juridique distincte, mais impose deux patrimoines (personnel et professionnel affectĂ©).
  • L’article L626-6 du Code de commerce prĂ©voit l’affectation d’un patrimoine sĂ©parĂ© Ă  l’activitĂ© professionnelle sans crĂ©ation de personne morale, afin de protĂ©ger les biens professionnels contre les crĂ©anciers pro.
  • La rĂ©forme de 2022 a supprimĂ© les EIRL : seules les anciennes EIRL subsistent, tandis que les nouvelles relĂšvent du rĂ©gime unique de l’entreprise individuelle.
  • Depuis le 15 mai 2022, les biens utiles Ă  l’activitĂ© professionnelle sont automatiquement sĂ©parĂ©s des autres biens de l’entrepreneur, sans formalitĂ©s, crĂ©ant un patrimoine d’activitĂ© et un patrimoine personnel.
  • Les biens utiles Ă  l’activitĂ© incluent notamment des fonds (fonds de commerce, artisanaux, libĂ©raux) avec biens corporels et incorporels, ainsi que certains immeubles utilisĂ©s pour l’usage professionnel (dont la partie d

Astuce mémo

EI 2022 = séparation automatique (sans démarches) ; EIRL = séparation sur demande (ancien régime).

10. Conjoint commerçant et conditions de qualification

Notions clés & Définitions

  • Fonds de commerce : Ensemble d’élĂ©ments corporels et incorporels dont la mise en commun vise Ă  attirer et conserver une clientĂšle.
  • ClientĂšle : Ensemble des personnes en relation d’affaires avec le commerçant, qui constitue l’élĂ©ment central du fonds de commerce.
  • Achalandage : Ensemble des clients de passage attirĂ©s temporairement par la situation du commerce, notion souvent rapprochĂ©e de la clientĂšle.
  • ClientĂšle certaine et rĂ©elle : CaractĂ©ristique exigĂ©e par la jurisprudence : la clientĂšle doit exister effectivement, pas seulement ĂȘtre envisagĂ©e.
  • Droit au bail commercial : Droit incorporel attachĂ© au fonds de commerce permettant au preneur d’exploiter dans les lieux louĂ©s, sans que l’immeuble fasse partie du fonds.

Points essentiels

  • Le fonds de commerce ne peut pas exister sans clientĂšle, car la clientĂšle est un Ă©lĂ©ment constitutif retenu par la loi et la jurisprudence.
  • Le Code de commerce (art. L. 142-2) inclut notamment l’enseigne, le nom commercial, le droit au bail, la clientĂšle et l’achalandage dans le nantissement du fonds.
  • ArrĂȘt Cass. 27 mars 2002 (3e civ.) : la clientĂšle fait partie intĂ©grante du fonds de commerce.
  • La jurisprudence ne tire pas de consĂ©quence juridique dĂ©cisive du fait qu’un commerce attire seulement des chalands plutĂŽt que des habituĂ©s.
  • La franchise peut impliquer deux clientĂšles : une clientĂšle nationale liĂ©e Ă  la notoriĂ©tĂ© du franchiseur et une clientĂšle locale liĂ©e aux moyens du franchisĂ©, dont le bail.
  • ArrĂȘt Cass. 27 fĂ©vrier 1973 (ch. com.) : la clientĂšle ne peut pas ĂȘtre virtuelle ou potentielle, elle doit ĂȘtre actuelle et prouvable par l’activitĂ©.

Astuce mémo

ClientĂšle = cƓur du fonds : sans clients, pas de fonds (certain et rĂ©el).

11. Tribunaux de commerce : histoire, composition et compétence

Notions clés & Définitions

  • Droit au bail : Le droit au bail est un droit incorporel attachĂ© au fonds de commerce, permettant au titulaire de bĂ©nĂ©ficier de l’exploitation dans les lieux louĂ©s.
  • Fonds de commerce : Le fonds de commerce est un ensemble Ă©conomique permettant l’exploitation d’une activitĂ©, dont certains Ă©lĂ©ments peuvent exister mĂȘme sans bail commercial.
  • PropriĂ©tĂ© commerciale : La propriĂ©tĂ© commerciale dĂ©signe le droit du locataire au renouvellement du bail commercial, organisĂ© par les articles L145-8 Ă  L145-30 du Code de commerce.
  • IndemnitĂ© d’éviction : L’indemnitĂ© d’éviction est le corollaire du droit au renouvellement, due au locataire lorsque le bailleur refuse le renouvellement dans les conditions prĂ©vues.
  • Bail commercial : Le bail commercial est le contrat de location d’un immeuble bĂąti destinĂ© Ă  l’exploitation d’une activitĂ© commerciale, soumis Ă  un rĂ©gime protecteur.

Points essentiels

  • Le bail commercial est un Ă©lĂ©ment central de la valeur du fonds de commerce car l’immeuble n’en fait pas partie.
  • Le droit au bail fait partie intĂ©grante du fonds de commerce comme Ă©lĂ©ment incorporel, mais il n’est pas un Ă©lĂ©ment nĂ©cessaire : le fonds peut exister sans bail commercial.
  • Une ordonnance d’expropriation Ă©teignant le droit au bail n’entraĂźne pas la disparition du fonds de commerce exploitĂ© dans l’immeuble.
  • Le rĂ©gime des baux commerciaux est apparu par une loi de 1926, puis complĂ©tĂ© par un dĂ©cret de 1953 intĂ©grĂ© aux articles L145-1 et suivants du Code de commerce.
  • Les rĂšgles relatives au bail commercial sont d’ordre public : elles s’appliquent sans possibilitĂ© d’y dĂ©roger par contrat.
  • Les litiges relatifs Ă  un bail commercial relĂšvent de la compĂ©tence du tribunal judiciaire, et non des tribunaux de commerce.

Astuce mémo

Ordre public + tribunal judiciaire : bail commercial = protection automatique, pas de contrat qui change les rĂšgles.

12. Artisans, agriculteurs et professions libérales

Notions clés & Définitions

  • Clauses de recettes : Clauses contractuelles qui rendent une partie du loyer variable selon le chiffre d’affaires rĂ©alisĂ© par le locataire.
  • Droit de prĂ©emption du locataire : Droit lĂ©gal permettant au locataire d’acheter le local en prioritĂ© lors de la vente du bien louĂ©.
  • PropriĂ©tĂ© commerciale : Droit du locataire au renouvellement du bail commercial, qui confĂšre une forme de stabilitĂ© de l’exploitation.
  • CongĂ© : Acte juridique unilatĂ©ral qui, lorsqu’il est rĂ©guliĂšrement dĂ©livrĂ©, met fin au bail commercial.
  • IndemnitĂ© d’éviction : Somme due par le bailleur au locataire lorsque le renouvellement est refusĂ© sans motif permettant d’écarter ce droit.

Points essentiels

  • Les clauses de recettes lient une fraction du loyer Ă  l’activitĂ© du locataire, en lien direct avec l’objet du bail ou l’activitĂ© des parties.
  • Ces clauses sont frĂ©quemment prĂ©vues dans les centres commerciaux en raison d’une communautĂ© d’intĂ©rĂȘts.
  • En cas de vente du local louĂ©, le locataire bĂ©nĂ©ficie d’un droit de prĂ©emption d’ordre public avec information prĂ©alable du bailleur sur le prix et les conditions.
  • L’information du bailleur vaut offre de vente et le locataire dispose d’un dĂ©lai d’1 mois Ă  compter de la rĂ©ception pour se prononcer.
  • Le renouvellement du bail commercial est un droit du locataire et l’échĂ©ance de base est de 9 ans, sans renouvellement automatique.
  • Si aucune partie ne se manifeste Ă  l’issue de 9 ans, le bail initial se poursuit, mais une initiative est nĂ©cessaire pour mettre fin ou obtenir le renouvellement selon le cas.

Astuce mémo

Préemption = « 1 mois pour dire oui » ; Renouvellement = « 9 ans puis initiative ».

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1673Codification du droit commercial par une ordonnance de Colbert
1807Code de commerce (1807) et construction d’un droit dĂ©rogatoire au droit commun
23 avril 1991ArrĂȘt Hofner et Elser : dĂ©finition de l’entreprise en droit de la concurrence

Tableaux de synthĂšse

Conceptions du champ du droit commercial

ApprocheCritÚreRésultat
Conception subjectivele sujet (commerçant)le droit commercial vise les commerçants
Conception objectivel’objet (actes de commerce)le droit commercial vise les actes de commerce, indĂ©pendamment de la profession

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre conception subjective et conception objective : la premiĂšre vise la qualitĂ© de commerçant, la seconde la nature de l’acte.
  2. Croire que l’entreprise a une personnalitĂ© juridique : en droit, l’entreprise n’est pas une personne, mĂȘme si elle a une existence juridique.
  3. Penser que la clientĂšle doit ĂȘtre « habituelle » : la jurisprudence n’attache pas de consĂ©quence dĂ©cisive au fait d’attirer seulement des chalands.
  4. Oublier que la solidarité passive ne se présume pas en droit civil mais est présumée en droit commercial pour les actes de commerce.
  5. Confondre acte de commerce par nature et par accessoire : l’accessoire suit le principal (civil/commercial) et peut « basculer » selon l’activitĂ© principale.
  6. Croire que l’immatriculation au RCS/RNE crĂ©e la qualitĂ© de commerçant : elle donne une prĂ©somption simple, combattable, et l’absence n’empĂȘche pas la qualification de « commerçant de faits ».
  7. Penser que le fonds de commerce inclut l’immeuble : le droit au bail est incorporel, l’immeuble n’est pas dans le fonds.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir le droit commercial et distinguer les notions de commerçant et d’opĂ©ration juridique, puis expliquer les deux conceptions (subjective/objective) et leur complĂ©mentaritĂ©.
  2. Expliquer l’historique du droit commercial (lex mercatoria, ordonnance de Colbert, codification, porositĂ© civil/commercial) et le passage Ă  l’idĂ©e de « droit des affaires ».
  3. PrĂ©senter la libertĂ© d’entreprendre : textes fondateurs (loi des 2 et 17 mars 1791, dĂ©cret d’Allarde ; loi Royer du 27 dĂ©cembre 1973) et sa valeur constitutionnelle (Conseil constitutionnel, 16 janvier 1982).
  4. Exposer les limites Ă  la libertĂ© d’entreprendre : incapacitĂ©s/incompatibilitĂ©s, encadrement par l’activitĂ©, et encadrement contractuel (conditions de validitĂ© des clauses de non-concurrence + contrepartie financiĂšre).
  5. Décrire le statut de commerçant (art. L.121-1) : actes de commerce par nature, profession habituelle (but lucratif), et profession personnelle (agir en son nom et à ses risques).
  6. Distinguer les statuts du conjoint : conjoint commerçant (activité séparée), conjoint collaborateur (sans rémunération, pas associé), conjoint salarié (rémunération au moins égale au SMIC), conjoint associé (exploitation
  7. Expliquer la preuve et le régime des actes de commerce : principe de liberté de la preuve en droit commercial (art. L.110-3) et rÚgles de distributivité en actes mixtes (tribunal compétent et choix des rÚgles).
  8. Présenter les actes de commerce par nature (négoce, industrie, services/intermédiaires, location de meubles, transport rémunéré, fourniture, spectacles, dépÎt, activités financiÚres) et distinguer commissionnaire/agent (
  9. Expliquer les actes de commerce par la forme (lettre de change ; sociétés commerciales par la forme) et les actes de commerce par accessoire (rÚgle prétorienne : accessoire suit le principal).
  10. Exposer les tribunaux de commerce : histoire, composition, compétence matérielle/territoriale (domicile du défendeur, gares principales, choix en contrats entre commerçants), procédure (oralité, délais) et voies de droit
  11. DĂ©crire l’arbitrage : clause compromissoire vs compromis d’arbitrage, exigences d’écrit, rĂŽle des arbitres et sentence (autoritĂ© de la chose jugĂ©e + exequatur).
  12. MaĂźtriser le fonds de commerce : dĂ©finition (universalitĂ© d’élĂ©ments corporels/incorporels), condition indispensable de clientĂšle (certaine et rĂ©elle, personnelle, commerciale, licite), et rĂŽle du droit au bail (incorpor
  13. Expliquer le bail commercial : durĂ©e minimale (9 ans), renouvellement/propriĂ©tĂ© commerciale, congĂ©, indemnitĂ© d’éviction, et mĂ©canismes de rĂ©vision du loyer (triennale + plafonnement + clauses d’indexation/recettes + prĂ©
  14. Conclure sur artisans/agriculteurs/professions libĂ©rales : critĂšres d’artisan (moins de onze salariĂ©s, activitĂ© indĂ©pendante de production/transformation/rĂ©paration/prestation, spĂ©culation), caractĂšre civil de l’activitĂ©

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Droit commercial — dĂ©finition ?

Branche du droit privé encadrant les actes de commerce.

Champ d’application — conception subjective ?

Basée sur la qualité de commerçant.

Champ d’application — conception objective ?

BasĂ©e sur la nature de l’acte.

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