đ Plan du Cours
- DĂ©finition du droit commercial et champ dâapplication
- LibertĂ© dâentreprendre et fondements juridiques
- Encadrement de la libertĂ© dâentreprendre
- Statut de commerçant et critĂšres dâidentification
- Actes de commerce par nature, forme et accessoire
- Négoce, industrie et services comme actes
- OpĂ©rations dâintermĂ©diaires et distinction des mandats
- Anatocisme et prescription en matiĂšre commerciale
- Actes mixtes et distributivité des rÚgles
- Conjoint commerçant et conditions de qualification
- Tribunaux de commerce : histoire, composition et compétence
- Artisans, agriculteurs et professions libérales
đ 1. DĂ©finition du droit commercial et champ dâapplication
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit commercial : Branche du droit privĂ© qui encadre les opĂ©rations juridiques rĂ©alisĂ©es par des commerçants entre eux ou avec leurs clients, liĂ©es Ă lâexercice du commerce.
- Conception subjective : Conception du champ du droit commercial fondĂ©e sur le statut du sujet, câest-Ă -dire sur la qualitĂ© de commerçant.
- Conception objective : Conception du champ du droit commercial fondĂ©e sur la nature de lâacte, le droit commercial visant les actes de commerce.
- Acte de commerce : Opération juridique qualifiée par la loi comme ayant une nature commerciale, indépendamment de la profession de la personne qui la réalise.
- Droit des affaires : Expression regroupant les rÚgles qui régissent le fonctionnement des entreprises, notamment leurs financements, activités et relations avec les partenaires et clients.
đ Points essentiels
- Le droit commercial peut ĂȘtre prĂ©sentĂ© soit par la qualitĂ© du commerçant, soit par la nature de lâacte, et ces deux approches sont complĂ©mentaires en droit français.
- Dans la conception objective, le droit commercial correspond au droit des actes de commerce, déterminés par la loi comme commerciaux.
- Historiquement, le droit commercial est né de la pratique des marchands sous la « lex mercatoria », puis a été codifié par une ordonnance de Colbert en 1673.
- Le Code de commerce (1807) construit un droit dĂ©rogatoire au droit commun civil, mĂȘme si la frontiĂšre civil/commercial sâest ensuite assouplie.
- La rĂ©duction des oppositions entre commerçants et autres professionnels a conduit Ă privilĂ©gier lâidĂ©e de « professionnel » et, pour lâenseignement, la notion de droit des affaires.
- Lâentreprise ne dispose pas de personnalitĂ© juridique : elle nâest pas un acteur autonome du droit, mĂȘme si elle exerce une activitĂ© Ă©conomique.
đĄ Astuce mĂ©mo
Subjectif = Sujet (commerçant) ; Objectif = Objet (acte).
đ 2. LibertĂ© dâentreprendre et fondements juridiques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Clause de non-concurrence : Clause contractuelle limitant la possibilité pour une personne de concurrencer une entreprise aprÚs une période donnée.
- Contrepartie financiÚre du salarié : Somme versée au salarié pour rémunérer la restriction de non-concurrence et conditionner la validité de la clause.
- Non-concurrence de plein droit : Interdiction de concurrence dĂ©gagĂ©e par la jurisprudence qui sâapplique sans quâune clause spĂ©cifique soit prĂ©vue.
- Obligation de non-concurrence du vendeur : RĂšgle jurisprudentielle issue de lâobligation de garantir une jouissance paisible de lâacquĂ©reur, empĂȘchant le vendeur de concurrencer.
đ Points essentiels
- Les restrictions Ă la libertĂ© dâentreprendre doivent ĂȘtre limitĂ©es dans le temps et dans lâespace, et indispensables Ă la protection dâintĂ©rĂȘts lĂ©gitimes de lâentreprise.
- La validitĂ© dâune clause de non-concurrence visant un salariĂ© exige une contrepartie financiĂšre au profit du salariĂ©.
- La contrepartie financiĂšre ne doit pas ĂȘtre dĂ©risoire et doit ĂȘtre proportionnĂ©e aux intĂ©rĂȘts protĂ©gĂ©s par lâentreprise et aux intĂ©rĂȘts financiers du salariĂ©.
- La jurisprudence a reconnu, dans certains domaines oĂč ces clauses Ă©taient frĂ©quentes, une interdiction de concurrence applicable de plein droit sans contrat.
- La jurisprudence a aussi dĂ©gagĂ© une obligation de non-concurrence du salariĂ© envers son employeur pendant lâexĂ©cution du contrat de travail.
- La non-concurrence du vendeur a Ă©tĂ© justifiĂ©e par lâobligation de garantir une jouissance paisible de lâacquĂ©reur : concurrencer empĂȘcherait cette garantie.
đĄ Astuce mĂ©mo
3T + indispensable : Temps, Territoire, (contrepartie) + intĂ©rĂȘt lĂ©gitime ; puis « plein droit » quand la JP lâimpose sans clause.
đ 3. Encadrement de la libertĂ© dâentreprendre
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Acte de commerce par nature : Un acte de commerce est qualifiĂ© commercial par sa nature, indĂ©pendamment de la personne qui lâaccomplit.
- Acte civil accessoire : Un acte civil peut rester soumis au droit civil lorsquâil nâest quâaccessoire Ă une activitĂ© principale civile.
- Speciala generalibus derogant : Principe selon lequel une rÚgle spéciale écarte la rÚgle générale quand les deux sont en concours.
- SolidaritĂ© active : Technique de solidaritĂ© oĂč chaque crĂ©ancier peut rĂ©clamer au dĂ©biteur le paiement de toute la dette.
- SolidaritĂ© passive : Technique de solidaritĂ© oĂč un crĂ©ancier peut exiger le paiement intĂ©gral de sa crĂ©ance auprĂšs dâun seul dĂ©biteur.
đ Points essentiels
- Un acte commercial par nature peut basculer sous le droit civil sâil est accessoire Ă une activitĂ© principale civile.
- LâactivitĂ© agricole est civile par nature, et la vente de la production par lâagriculteur relĂšve du civil.
- Lâachat-revente de denrĂ©es par un agriculteur peut ĂȘtre traitĂ© comme accessoire Ă lâactivitĂ© civile principale, donc hors rĂ©gime commercial.
- La jurisprudence admet quâun acte civil soit accessoire Ă lâactivitĂ© dâune personne, et aussi Ă une opĂ©ration commerciale principale.
- Les rÚgles du régime des actes de commerce sont des dérogations au droit commun, sans constituer un corps complet autonome.
- En droit commercial, la dérogation vise notamment la fluidité des échanges via des rÚgles plus légÚres sur la forme et la preuve.
đĄ Astuce mĂ©mo
Accessoire = bascule : activitĂ© principale civile â acte accessoire hors commercial.
đ 4. Statut de commerçant et critĂšres dâidentification
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ActivitĂ© commerciale habituelle : LâactivitĂ© commerciale habituelle est lâexercice rĂ©gulier dâactes de commerce Ă titre de profession, permettant dâidentifier la personne comme commerçante.
- Conjoint commerçant : Le conjoint peut ĂȘtre reconnu commerçant sâil exerce une activitĂ© commerciale sĂ©parĂ©e de celle de son Ă©poux ou Ă©pouse.
- Conjoint collaborateur : Le conjoint collaborateur est celui qui travaille rĂ©guliĂšrement dans lâentreprise sans rĂ©munĂ©ration et sans percevoir une rĂ©munĂ©ration liĂ©e Ă cette activitĂ©.
- Conjoint salariĂ© : Le conjoint salariĂ© est celui qui participe effectivement Ă lâentreprise de façon habituelle et reçoit une rĂ©munĂ©ration au moins Ă©gale au SMIC.
- Commerçant de faits : Le commerçant de faits est une personne qui exerce rĂ©ellement une activitĂ© commerciale sans ĂȘtre immatriculĂ©e, sans pouvoir invoquer les rĂšgles favorables liĂ©es Ă lâimmatriculation.
đ Points essentiels
- La qualité de commerçant est reconnue au conjoint qui exerce une activité séparée de celle de son époux ou épouse, sans co-exploitation envisagée.
- La preuve de lâactivitĂ© commerciale habituelle du conjoint incombe Ă celui qui invoque le statut de commerçant.
- En cas de dĂ©faut de dĂ©claration du statut et de lâactivitĂ© du conjoint, la sanction peut entraĂźner une dĂ©qualification obligatoire en contrat de travail et des consĂ©quences financiĂšres et sociales.
- Le conjoint collaborateur doit exercer une activitĂ© professionnelle rĂ©guliĂšre, sans rĂ©munĂ©ration, et ne doit pas ĂȘtre associĂ© au sens du droit des sociĂ©tĂ©s.
- Si le conjoint perçoit une rĂ©munĂ©ration, il relĂšve du statut de salariĂ©, et lâactivitĂ© parallĂšle peut faire prĂ©sumer lâabsence de rĂ©gularitĂ© (notamment si une activitĂ© salariĂ©e extĂ©rieure atteint au moins la moitiĂ© de la
- Lâimmatriculation au registre (RCS/RNE selon le cas) crĂ©e une prĂ©somption simple de commercialitĂ©, mais elle peut ĂȘtre combattue par la preuve contraire.
đĄ Astuce mĂ©mo
Conjoint = 3 statuts : sans paie = collaborateur, avec paie ℠SMIC = salarié, en société = associé.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Commerçant : Personne qui exerce à titre habituel une activité commerciale et qui est soumise à des obligations spécifiques envers les tiers.
- Acte de commerce : Opération qualifiée de commerciale par la loi, ce qui détermine la compétence des juridictions et le régime applicable.
- Acte de commerce par nature : Acte que la loi qualifie de commercial en raison de sa nature, indépendamment de la qualité des parties.
- Acte de commerce par la forme : Acte commercial parce quâil est accompli sous une forme lĂ©galement prĂ©vue, ce qui lui donne un caractĂšre commercial.
- Acte de commerce accessoire : Acte qui devient commercial parce quâil est liĂ© Ă lâactivitĂ© commerciale principale dâune personne ou dâune entreprise.
đ Points essentiels
- Les obligations du commerçant visent surtout les relations avec les tiers, notamment lâadministration fiscale et les autres acteurs publics.
- Lâimmatriculation au RCS sert de support Ă la publicitĂ© et doit ĂȘtre maintenue Ă jour pendant toute lâactivitĂ©.
- Les notaires et le greffier doivent aussi provoquer/mentionner des inscriptions au RCS lorsquâils ont connaissance dâactes ou dâun jugement dâouverture dâune procĂ©dure collective.
- Le non-respect des obligations de publicitĂ© expose Ă des sanctions civiles et pĂ©nales, avec une base lĂ©gale indiquĂ©e Ă lâarticle L. 123-5 du Code de commerce.
- Le commerçant doit tenir une comptabilité et établir notamment livre journal, grand livre, bilan et compte de résultat, indissociables.
- Les documents comptables doivent ĂȘtre conservĂ©s 10 ans, et une comptabilitĂ© fictive ou la disparition de documents peut constituer un dĂ©lit de banqueroute (5 ans et 75 000 euros).
đĄ Astuce mĂ©mo
Nature = âce que câestâ, Forme = âcomment câest faitâ, Accessoire = âliĂ© Ă lâactivitĂ©â.
đ 6. NĂ©goce, industrie et services comme actes
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Compétence territoriale de principe : RÚgle de droit commun issue du Code de procédure civile selon laquelle le tribunal compétent est celui du domicile du défendeur.
- Jurisprudence des gares principales : Solution jurisprudentielle permettant au demandeur de saisir le tribunal du lieu dâune succursale si le litige relĂšve de lâactivitĂ© de cette succursale.
- Tribunal de commerce : Juridiction spĂ©cialisĂ©e compĂ©tente pour les litiges commerciaux, avec une procĂ©dure plus rapide et davantage fondĂ©e sur lâoralitĂ©.
- RĂ©fĂ©rĂ© du prĂ©sident du tribunal de commerce : ProcĂ©dure dâurgence devant le prĂ©sident du tribunal de commerce destinĂ©e Ă obtenir des mesures sans trancher le fond du litige.
- Tribunaux des activités économiques : Expérimentation lancée par la loi du 20 novembre 2023 visant à remplacer progressivement certains tribunaux de commerce, notamment pour les entreprises en difficulté.
đ Points essentiels
- La compétence territoriale de principe est celle du tribunal du domicile du défendeur, avec des rÚgles de droit commun issues du Code de procédure civile.
- La jurisprudence des gares principales autorise la saisine du tribunal du lieu dâune succursale du demandeur si le litige concerne lâactivitĂ© de cette succursale.
- En matiĂšre contractuelle, le demandeur peut choisir le tribunal du lieu de livraison effective de la chose ou du lieu dâexĂ©cution de la prestation de service.
- Pour les contrats entre commerçants, un tribunal peut ĂȘtre choisi par stipulation expresse et apparente, afin de dĂ©terminer la compĂ©tence.
- Devant le tribunal de commerce, la procédure reprend les grands principes civils (publicité et contradictoire) mais avec des délais plus brefs et une forte oralité.
- Si lâenjeu dĂ©passe 5 000 âŹ, un appel est possible, tandis que pour des sommes infĂ©rieures le tribunal statue en premier et dernier ressort, rendant lâappel impossible mais laissant place Ă un pourvoi en cassation.
đĄ Astuce mĂ©mo
Domicile du dĂ©fendeur â gares/succursales â livraison ou exĂ©cution : tu choisis le lieu le plus âprocheâ du fait.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Code de lâartisanat : Le Code de lâartisanat est une opĂ©ration de codification entrĂ©e en vigueur le 1er juillet 2023, regroupant les rĂšgles applicables aux artisans.
- Article L111-1 du Code de lâartisanat : Lâarticle L111-1 fixe la dĂ©finition juridique de lâartisan, notamment le critĂšre des moins de onze salariĂ©s et lâactivitĂ© de production, transformation, rĂ©paration ou services.
- Registre national des entreprises : Le registre national des entreprises (RNE) est le registre créé par la loi Pacte de 2019, servant dâĂ©quivalent du RCS pour lâimmatriculation des artisans.
- ThĂ©orie de lâaccessoire : La thĂ©orie de lâaccessoire permet de dĂ©terminer si une activitĂ© commerciale est accessoire Ă lâactivitĂ© artisanale (ou inversement) pour fixer le rĂ©gime applicable.
- Tribunal de commerce : Le tribunal de commerce est la juridiction compétente pour certains litiges des artisans, avec une évolution récente de la compétence en matiÚre de litiges.
đ Points essentiels
- Le Code de lâartisanat comporte une partie lĂ©gislative et une partie rĂ©glementaire, et vise Ă rĂ©unir les dispositions applicables aux artisans.
- Sont artisans, au sens de lâarticle L111-1, les personnes physiques ou morales employant moins de onze salariĂ©s et exerçant une activitĂ© indĂ©pendante de production, transformation, rĂ©paration ou services Ă titre habituel
- Les activitĂ©s artisanales figurent sur une liste Ă©tablie en Conseil dâĂtat aprĂšs consultation de la chambre des mĂ©tiers et de lâartisanat et de la chambre de commerce et de lâindustrie.
- Les artisans doivent ĂȘtre immatriculĂ©s au RNE, créé par la loi Pacte de 2019 et se substituant au rĂ©pertoire des mĂ©tiers (1936).
- Lâimmatriculation au RNE est obligatoire et doit ĂȘtre faite jusquâĂ un mois avant le dĂ©but de lâactivitĂ© et au plus tard dans les 15 jours suivant le dĂ©but, via le guichet unique de lâINPI.
- Les modifications importantes en cours dâactivitĂ© doivent ĂȘtre inscrites au RNE pour informer les tiers, et la radiation intervient Ă la fin de lâactivitĂ© artisanale.
đĄ Astuce mĂ©mo
RNE = Guichet unique INPI : avant (†1 mois) puis aprÚs (†15 jours) ; et la spéculation décide artisan vs commerçant.
đ 8. Anatocisme et prescription en matiĂšre commerciale
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Professions libérales : Les professions libérales sont des activités exercées habituellement, de façon indépendante, avec une rémunération le plus souvent en honoraires et un contenu principalement intellectuel ou technique.
- Profession réglementée : Une profession réglementée est encadrée par des rÚgles légales et déontologiques appliquées par un ordre professionnel qui contrÎle et sanctionne.
- ThĂ©orie de lâaccessoire : La thĂ©orie de lâaccessoire qualifie de civil un acte potentiellement commercial lorsquâil reste subordonnĂ© Ă lâactivitĂ© libĂ©rale principale.
- ThĂ©orie de lâunicitĂ© du patrimoine : La thĂ©orie de lâunicitĂ© du patrimoine affirme quâune personne ne dispose que dâun seul patrimoine, ce qui entraĂźne la confusion des dettes personnelles et professionnelles en entreprise individuelle.
- DĂ©claration notariĂ©e dâinsaisissabilitĂ© : La dĂ©claration notariĂ©e dâinsaisissabilitĂ© est un dispositif par lequel lâentrepreneur fait dĂ©clarer insaisissable un bien (notamment immobilier) contre les crĂ©anciers professionnels.
đ Points essentiels
- Les professions libĂ©rales sont traditionnellement considĂ©rĂ©es comme fondamentalement civiles, ce qui rend lâaccomplissement dâactes de commerce parfois incompatible avec certaines professions.
- Les actes de commerce qui demeurent accessoires Ă lâactivitĂ© libĂ©rale ne sont pas interdits et sont traitĂ©s comme des actes civils grĂące Ă la thĂ©orie de lâaccessoire.
- Les professions libérales relÚvent du tribunal judiciaire pour les litiges et pour les procédures collectives, avec une exception pour les auxiliaires de justice.
- En matiÚre de procédure collective, les TAE deviennent compétents pour les professions libérales sauf pour les auxiliaires de justice.
- La dĂ©claration notariĂ©e dâinsaisissabilitĂ© (DNI) a Ă©tĂ© instaurĂ©e par une loi de 2003 et visait dâabord la rĂ©sidence principale.
- Depuis la loi Macron du 6 aoĂ»t 2015, la rĂ©sidence principale de lâentrepreneur individuel immatriculĂ© est insaisissable de droit par ses crĂ©anciers professionnels, sans DNI prĂ©alable, et lâinsaisissabilitĂ© peut sâĂ©tendre
đĄ Astuce mĂ©mo
AccĂšsâOrdreâSanction : professions libĂ©rales = honoraires + rĂšgles dĂ©ontologiques via un ordre ; Accessoire = acte commercial âavalĂ©â par lâactivitĂ© civile principale.
đ 9. Actes mixtes et distributivitĂ© des rĂšgles
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Entrepreneur individuel : Lâentrepreneur individuel est une personne qui exerce une activitĂ© sans crĂ©er de sociĂ©tĂ© distincte, et dont les bĂ©nĂ©fices servent de base Ă lâimpĂŽt et aux cotisations sociales.
- Entrepreneur individuel Ă responsabilitĂ© limitĂ©e : LâEIRL est un ancien statut permettant dâaffecter un patrimoine professionnel sĂ©parĂ© du patrimoine personnel, sans crĂ©er de personne morale distincte.
- Patrimoine dâaffectation : Le patrimoine dâaffectation regroupe les biens utiles Ă lâactivitĂ© professionnelle, distinctement du patrimoine personnel de lâentrepreneur.
- Entreprise individuelle depuis 2022 : Depuis la loi du 14 fĂ©vrier 2022, lâentreprise individuelle devient un statut unique avec sĂ©paration automatique des biens utiles Ă lâactivitĂ© et des biens personnels.
- Micro-entrepreneur : Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel bĂ©nĂ©ficiant dâun rĂ©gime fiscal et social simplifiĂ© sous conditions de seuils de chiffre dâaffaires.
đ Points essentiels
- Au sens de la sĂ©curitĂ© sociale, lâentrepreneur individuel est un travailleur indĂ©pendant dont les cotisations sont calculĂ©es sur le bĂ©nĂ©fice rĂ©alisĂ© par lâentreprise.
- LâEIRL a Ă©tĂ© créé par la loi du 15 juin 2010 et ne crĂ©e pas nĂ©cessairement une personne juridique distincte, mais impose deux patrimoines (personnel et professionnel affectĂ©).
- Lâarticle L626-6 du Code de commerce prĂ©voit lâaffectation dâun patrimoine sĂ©parĂ© Ă lâactivitĂ© professionnelle sans crĂ©ation de personne morale, afin de protĂ©ger les biens professionnels contre les crĂ©anciers pro.
- La rĂ©forme de 2022 a supprimĂ© les EIRL : seules les anciennes EIRL subsistent, tandis que les nouvelles relĂšvent du rĂ©gime unique de lâentreprise individuelle.
- Depuis le 15 mai 2022, les biens utiles Ă lâactivitĂ© professionnelle sont automatiquement sĂ©parĂ©s des autres biens de lâentrepreneur, sans formalitĂ©s, crĂ©ant un patrimoine dâactivitĂ© et un patrimoine personnel.
- Les biens utiles Ă lâactivitĂ© incluent notamment des fonds (fonds de commerce, artisanaux, libĂ©raux) avec biens corporels et incorporels, ainsi que certains immeubles utilisĂ©s pour lâusage professionnel (dont la partie d
đĄ Astuce mĂ©mo
EI 2022 = séparation automatique (sans démarches) ; EIRL = séparation sur demande (ancien régime).
đ 10. Conjoint commerçant et conditions de qualification
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Fonds de commerce : Ensemble dâĂ©lĂ©ments corporels et incorporels dont la mise en commun vise Ă attirer et conserver une clientĂšle.
- ClientĂšle : Ensemble des personnes en relation dâaffaires avec le commerçant, qui constitue lâĂ©lĂ©ment central du fonds de commerce.
- Achalandage : Ensemble des clients de passage attirés temporairement par la situation du commerce, notion souvent rapprochée de la clientÚle.
- ClientĂšle certaine et rĂ©elle : CaractĂ©ristique exigĂ©e par la jurisprudence : la clientĂšle doit exister effectivement, pas seulement ĂȘtre envisagĂ©e.
- Droit au bail commercial : Droit incorporel attachĂ© au fonds de commerce permettant au preneur dâexploiter dans les lieux louĂ©s, sans que lâimmeuble fasse partie du fonds.
đ Points essentiels
- Le fonds de commerce ne peut pas exister sans clientÚle, car la clientÚle est un élément constitutif retenu par la loi et la jurisprudence.
- Le Code de commerce (art. L. 142-2) inclut notamment lâenseigne, le nom commercial, le droit au bail, la clientĂšle et lâachalandage dans le nantissement du fonds.
- ArrĂȘt Cass. 27 mars 2002 (3e civ.) : la clientĂšle fait partie intĂ©grante du fonds de commerce.
- La jurisprudence ne tire pas de consĂ©quence juridique dĂ©cisive du fait quâun commerce attire seulement des chalands plutĂŽt que des habituĂ©s.
- La franchise peut impliquer deux clientÚles : une clientÚle nationale liée à la notoriété du franchiseur et une clientÚle locale liée aux moyens du franchisé, dont le bail.
- ArrĂȘt Cass. 27 fĂ©vrier 1973 (ch. com.) : la clientĂšle ne peut pas ĂȘtre virtuelle ou potentielle, elle doit ĂȘtre actuelle et prouvable par lâactivitĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
ClientĂšle = cĆur du fonds : sans clients, pas de fonds (certain et rĂ©el).
đ 11. Tribunaux de commerce : histoire, composition et compĂ©tence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit au bail : Le droit au bail est un droit incorporel attachĂ© au fonds de commerce, permettant au titulaire de bĂ©nĂ©ficier de lâexploitation dans les lieux louĂ©s.
- Fonds de commerce : Le fonds de commerce est un ensemble Ă©conomique permettant lâexploitation dâune activitĂ©, dont certains Ă©lĂ©ments peuvent exister mĂȘme sans bail commercial.
- Propriété commerciale : La propriété commerciale désigne le droit du locataire au renouvellement du bail commercial, organisé par les articles L145-8 à L145-30 du Code de commerce.
- IndemnitĂ© dâĂ©viction : LâindemnitĂ© dâĂ©viction est le corollaire du droit au renouvellement, due au locataire lorsque le bailleur refuse le renouvellement dans les conditions prĂ©vues.
- Bail commercial : Le bail commercial est le contrat de location dâun immeuble bĂąti destinĂ© Ă lâexploitation dâune activitĂ© commerciale, soumis Ă un rĂ©gime protecteur.
đ Points essentiels
- Le bail commercial est un Ă©lĂ©ment central de la valeur du fonds de commerce car lâimmeuble nâen fait pas partie.
- Le droit au bail fait partie intĂ©grante du fonds de commerce comme Ă©lĂ©ment incorporel, mais il nâest pas un Ă©lĂ©ment nĂ©cessaire : le fonds peut exister sans bail commercial.
- Une ordonnance dâexpropriation Ă©teignant le droit au bail nâentraĂźne pas la disparition du fonds de commerce exploitĂ© dans lâimmeuble.
- Le régime des baux commerciaux est apparu par une loi de 1926, puis complété par un décret de 1953 intégré aux articles L145-1 et suivants du Code de commerce.
- Les rĂšgles relatives au bail commercial sont dâordre public : elles sâappliquent sans possibilitĂ© dây dĂ©roger par contrat.
- Les litiges relatifs à un bail commercial relÚvent de la compétence du tribunal judiciaire, et non des tribunaux de commerce.
đĄ Astuce mĂ©mo
Ordre public + tribunal judiciaire : bail commercial = protection automatique, pas de contrat qui change les rĂšgles.
đ 12. Artisans, agriculteurs et professions libĂ©rales
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Clauses de recettes : Clauses contractuelles qui rendent une partie du loyer variable selon le chiffre dâaffaires rĂ©alisĂ© par le locataire.
- Droit de prĂ©emption du locataire : Droit lĂ©gal permettant au locataire dâacheter le local en prioritĂ© lors de la vente du bien louĂ©.
- PropriĂ©tĂ© commerciale : Droit du locataire au renouvellement du bail commercial, qui confĂšre une forme de stabilitĂ© de lâexploitation.
- CongĂ© : Acte juridique unilatĂ©ral qui, lorsquâil est rĂ©guliĂšrement dĂ©livrĂ©, met fin au bail commercial.
- IndemnitĂ© dâĂ©viction : Somme due par le bailleur au locataire lorsque le renouvellement est refusĂ© sans motif permettant dâĂ©carter ce droit.
đ Points essentiels
- Les clauses de recettes lient une fraction du loyer Ă lâactivitĂ© du locataire, en lien direct avec lâobjet du bail ou lâactivitĂ© des parties.
- Ces clauses sont frĂ©quemment prĂ©vues dans les centres commerciaux en raison dâune communautĂ© dâintĂ©rĂȘts.
- En cas de vente du local louĂ©, le locataire bĂ©nĂ©ficie dâun droit de prĂ©emption dâordre public avec information prĂ©alable du bailleur sur le prix et les conditions.
- Lâinformation du bailleur vaut offre de vente et le locataire dispose dâun dĂ©lai dâ1 mois Ă compter de la rĂ©ception pour se prononcer.
- Le renouvellement du bail commercial est un droit du locataire et lâĂ©chĂ©ance de base est de 9 ans, sans renouvellement automatique.
- Si aucune partie ne se manifeste Ă lâissue de 9 ans, le bail initial se poursuit, mais une initiative est nĂ©cessaire pour mettre fin ou obtenir le renouvellement selon le cas.
đĄ Astuce mĂ©mo
Préemption = « 1 mois pour dire oui » ; Renouvellement = « 9 ans puis initiative ».
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 1673 | Codification du droit commercial par une ordonnance de Colbert |
| 1807 | Code de commerce (1807) et construction dâun droit dĂ©rogatoire au droit commun |
| 23 avril 1991 | ArrĂȘt Hofner et Elser : dĂ©finition de lâentreprise en droit de la concurrence |
đ Tableaux de synthĂšse
Conceptions du champ du droit commercial
| Approche | CritÚre | Résultat |
|---|
| Conception subjective | le sujet (commerçant) | le droit commercial vise les commerçants |
| Conception objective | lâobjet (actes de commerce) | le droit commercial vise les actes de commerce, indĂ©pendamment de la profession |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre conception subjective et conception objective : la premiĂšre vise la qualitĂ© de commerçant, la seconde la nature de lâacte.
- Croire que lâentreprise a une personnalitĂ© juridique : en droit, lâentreprise nâest pas une personne, mĂȘme si elle a une existence juridique.
- Penser que la clientĂšle doit ĂȘtre « habituelle » : la jurisprudence nâattache pas de consĂ©quence dĂ©cisive au fait dâattirer seulement des chalands.
- Oublier que la solidarité passive ne se présume pas en droit civil mais est présumée en droit commercial pour les actes de commerce.
- Confondre acte de commerce par nature et par accessoire : lâaccessoire suit le principal (civil/commercial) et peut « basculer » selon lâactivitĂ© principale.
- Croire que lâimmatriculation au RCS/RNE crĂ©e la qualitĂ© de commerçant : elle donne une prĂ©somption simple, combattable, et lâabsence nâempĂȘche pas la qualification de « commerçant de faits ».
- Penser que le fonds de commerce inclut lâimmeuble : le droit au bail est incorporel, lâimmeuble nâest pas dans le fonds.
â
Checklist Examen
- DĂ©finir le droit commercial et distinguer les notions de commerçant et dâopĂ©ration juridique, puis expliquer les deux conceptions (subjective/objective) et leur complĂ©mentaritĂ©.
- Expliquer lâhistorique du droit commercial (lex mercatoria, ordonnance de Colbert, codification, porositĂ© civil/commercial) et le passage Ă lâidĂ©e de « droit des affaires ».
- PrĂ©senter la libertĂ© dâentreprendre : textes fondateurs (loi des 2 et 17 mars 1791, dĂ©cret dâAllarde ; loi Royer du 27 dĂ©cembre 1973) et sa valeur constitutionnelle (Conseil constitutionnel, 16 janvier 1982).
- Exposer les limites Ă la libertĂ© dâentreprendre : incapacitĂ©s/incompatibilitĂ©s, encadrement par lâactivitĂ©, et encadrement contractuel (conditions de validitĂ© des clauses de non-concurrence + contrepartie financiĂšre).
- Décrire le statut de commerçant (art. L.121-1) : actes de commerce par nature, profession habituelle (but lucratif), et profession personnelle (agir en son nom et à ses risques).
- Distinguer les statuts du conjoint : conjoint commerçant (activité séparée), conjoint collaborateur (sans rémunération, pas associé), conjoint salarié (rémunération au moins égale au SMIC), conjoint associé (exploitation
- Expliquer la preuve et le régime des actes de commerce : principe de liberté de la preuve en droit commercial (art. L.110-3) et rÚgles de distributivité en actes mixtes (tribunal compétent et choix des rÚgles).
- Présenter les actes de commerce par nature (négoce, industrie, services/intermédiaires, location de meubles, transport rémunéré, fourniture, spectacles, dépÎt, activités financiÚres) et distinguer commissionnaire/agent (
- Expliquer les actes de commerce par la forme (lettre de change ; sociétés commerciales par la forme) et les actes de commerce par accessoire (rÚgle prétorienne : accessoire suit le principal).
- Exposer les tribunaux de commerce : histoire, composition, compétence matérielle/territoriale (domicile du défendeur, gares principales, choix en contrats entre commerçants), procédure (oralité, délais) et voies de droit
- DĂ©crire lâarbitrage : clause compromissoire vs compromis dâarbitrage, exigences dâĂ©crit, rĂŽle des arbitres et sentence (autoritĂ© de la chose jugĂ©e + exequatur).
- MaĂźtriser le fonds de commerce : dĂ©finition (universalitĂ© dâĂ©lĂ©ments corporels/incorporels), condition indispensable de clientĂšle (certaine et rĂ©elle, personnelle, commerciale, licite), et rĂŽle du droit au bail (incorpor
- Expliquer le bail commercial : durĂ©e minimale (9 ans), renouvellement/propriĂ©tĂ© commerciale, congĂ©, indemnitĂ© dâĂ©viction, et mĂ©canismes de rĂ©vision du loyer (triennale + plafonnement + clauses dâindexation/recettes + prĂ©
- Conclure sur artisans/agriculteurs/professions libĂ©rales : critĂšres dâartisan (moins de onze salariĂ©s, activitĂ© indĂ©pendante de production/transformation/rĂ©paration/prestation, spĂ©culation), caractĂšre civil de lâactivitĂ©
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