đ Plan du Cours
- Notion de personnalité juridique et capacité juridique
- Acquisition de la personnalité juridique avant et aprÚs la naissance
- Conditions juridiques et constat de la mort
- Dons dâorganes et don du corps Ă la science
- Ătat civil et attribution du nom de famille
- Personne morale de droit public et privé : caractéristiques et formes
- Naissance, fin et identification de la personnalité morale
- Principes généraux et particuliers de protection du corps humain
- Maternité pour autrui : cadre juridique et jurisprudence
- Droit au respect de la vie privĂ©e et droit Ă lâimage
- Incapacité du mineur et émancipation
- Gestion des biens des mineurs et protection juridique des majeurs
đ 1. Notion de personnalitĂ© juridique et capacitĂ© juridique
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
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PersonnalitĂ© juridique : aptitude Ă ĂȘtre titulaire de droits et dâobligations.
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Capacité de jouissance : aptitude à acquérir un droit.
-
CapacitĂ© dâexercice : aptitude Ă exercer soi-mĂȘme les droits dont on dispose.
-
Summa divisio personnes/choses : distinction fondamentale entre les personnes et les choses, qui structure lâintroduction du droit des personnes.
-
Code civil : code citĂ© dans la source Ă propos de lâarticle 528, ainsi que des articles 55, 56 et 79-1.
đ Points essentiels
- La personnalitĂ© juridique dĂ©signe lâaptitude Ă ĂȘtre titulaire de droits et dâobligations.
- La capacitĂ© de jouissance est lâaptitude Ă acquĂ©rir un droit.
- La capacitĂ© dâexercice est lâaptitude Ă exercer soi-mĂȘme les droits dont on dispose.
- La distinction personnes/choses structure lâintroduction du droit des personnes.
đĄ Ă retenir
Il faut distinguer lâaptitude Ă avoir des droits, qui relĂšve de la personnalitĂ© juridique et de la capacitĂ© de jouissance, de lâaptitude Ă les exercer soi-mĂȘme, qui relĂšve de la capacitĂ© dâexercice. Cette opposition sâinscrit dans la distinction fondatrice entre personnes et choses.
đ 2. Acquisition de la personnalitĂ© juridique avant et aprĂšs la naissance
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
-
Crémation :
-
Crémation :
-
décret du 12 mars 2007
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loi du 19 décembre 2008
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urne conservĂ©e au crĂ©matorium ou dans un lieu de culte pendant un dĂ©lai maximum dâun an
-
Puis conservĂ©e dans un lieu dĂ©diĂ© Ă cet effet (columbarium, sĂ©pultureâŠ) ou dispersĂ©es dans la nature ou dans un « jardin du souvenir » § 2 : La mort prĂ©sumĂ©e
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pas de corps
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loi du 28 décembre 1977 A.
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Enfant Ă naĂźtre : Avant la naissance : le statut de lâenfant Ă naĂźtre a.
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Personne humaine potentielle : La protection de la personne potentielle
-
« lâembryon ou le fĆtus doit ĂȘtre reconnu comme une personne humaine potentielle » : CCNE, avis n° 24, 24 juin 1991 c.
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Déclaration de naissance : La déclaration de naissance
-
déclenche la reconnaissance de la personnalité juridique
-
sanctionné pénalement
-
régularisation par décision de justice.
đ Points essentiels
- La déclaration de naissance déclenche la reconnaissance de la personnalité juridique.
- Avant la naissance, lâenfant Ă naĂźtre ne possĂšde pas la personnalitĂ© juridique.
đĄ Ă retenir
La déclaration de naissance déclenche la reconnaissance de la personnalité juridique.
đ 3. Conditions juridiques et constat de la mort
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
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Acte de décÚs : et lorsque la mÚre sera accouchée hors de son domicile, par la personne chez qui elle sera accouchée
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acte de naissance
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article 79-1 alinéa 1er : acte de naissance et un acte de décÚs
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cas des enfants trouvés B.
đ Points essentiels
- La mort est constatée médicalement selon des critÚres légaux, par un ou deux médecins établissant un procÚs-verbal de constat.
- La mort cĂ©rĂ©brale correspond Ă une activitĂ© du cerveau irrĂ©mĂ©diablement altĂ©rĂ©e alors que les fonctions cardiaques et respiratoires peuvent ĂȘtre maintenues artificiellement.
- Le dĂ©cĂšs doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© Ă lâofficier dâĂ©tat civil de la commune oĂč a eu lieu le dĂ©cĂšs dans les 24 heures et donner lieu Ă un acte de dĂ©cĂšs conforme aux exigences de lâarticle 79 du Code civil.
- âą toute personne intĂ©ressĂ©e ou le ministĂšre public au tribunal judiciaire du lieu de la disparition, Ă dĂ©faut (disparition Ă lâĂ©tranger) au tribunal du dernier domicile ou de la derniĂšre rĂ©sidence du disparu, et Ă dĂ©faut au tribunal judiciaire de Paris âą date de dĂ©cĂšs fixĂ©e par le tribunal, en fonction des circonstances ou au moment de la disparition âą jugement transcrit sur les registres de lâĂ©tat civil = acte de dĂ©cĂšs âą cas oĂč le disparaĂźt reparaĂźt (article 92 du Code civil) La forme des actes dâĂ©tat civil âą actes de naissance, actes de mariage, actes de dĂ©cĂšs âą en français, sans blanc, ni rature, ni interligne, ni surcharge âą datĂ©, et signature manuscrite de lâofficier dâĂ©tat civil âą mentions marginales sur lâexemplaire du registre Ă la mairie (loi du 13 janvier 1989) âą rĂ©pertoire civil b.
- Acte de décÚs
- dĂ©claration Ă lâofficier dâĂ©tat civil de la commune oĂč a eu lieu le dĂ©cĂšs dans les 24 h soit par un parent, soit par une personne possĂ©dant le plus de renseignements possibles sur lâĂ©tat civil soit par le directeur de lâĂ©tablissant mĂ©dical (santĂ© ou accueillant des personnes ĂągĂ©es) (article 78 du Code civil).
đĄ Ă retenir
La mort relĂšve dâun double rĂ©gime : mĂ©dical pour son constat et civil pour sa dĂ©claration et son acte. Les consĂ©quences funĂ©raires sont encadrĂ©es par la volontĂ© du dĂ©funt, puis par la famille, avec seulement la mise en terre et la crĂ©mation comme modes de sĂ©pulture.
đ 4. Dons dâorganes et don du corps Ă la science
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Don dâorganes : PrĂ©lĂšvement dâorganes fondĂ© sur le consentement des personnes majeures et capables, sauf opposition exprimĂ©e du vivant de lâindividu, dans le contexte de la mort cĂ©rĂ©brale.
- Registre national de refus : Registre oĂč peut ĂȘtre inscrite lâopposition au prĂ©lĂšvement dâorganes, conformĂ©ment au dĂ©cret du 11 aoĂ»t 2016 et Ă lâarticle R1232-4-4 du code de la santĂ© publique.
- Don du corps Ă la science : Don Ă une facultĂ© de mĂ©decine, soit aux fins de recherches, soit aux fins dâenseignement aprĂšs embaumement, qui suppose une demande Ă©crite auprĂšs dâun centre de don.
- PrĂ©somption de consentement : RĂšgle selon laquelle le prĂ©lĂšvement dâorganes repose, depuis la loi du 22 dĂ©cembre 1976, sur lâidĂ©e que les personnes majeures et capables sont rĂ©putĂ©es consentantes sauf opposition de leur vivant.
đ Points essentiels
- Le refus de prĂ©lĂšvement peut ĂȘtre inscrit au registre national de refus, confiĂ© par Ă©crit Ă un proche sâil est datĂ©, signĂ© et identifiĂ©, ou rapportĂ© oralement par un tĂ©moignage circonstanciĂ© retranscrit par Ă©crit.
- Le don dâorganes repose sur le consentement des personnes majeures et capables, mais ce principe fonctionne en pratique sous une prĂ©somption de consentement depuis la loi du 22 dĂ©cembre 1976.
- Le don du corps Ă la science exige une demande Ă©crite auprĂšs dâun centre de don et lâacheminement du corps dans un dĂ©lai maximal de 48 heures.
đĄ Ă retenir
Le don dâorganes repose sur le consentement des personnes majeures et capables, mais ce principe fonctionne en pratique sous une prĂ©somption de consentement depuis la loi du 22 dĂ©cembre 1976.
đ 5. Ătat civil et attribution du nom de famille
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- LâĂ©tat des personnes : Ensemble des Ă©lĂ©ments juridiques attachĂ©s Ă la personne, caractĂ©risĂ©s comme personnels, extrapatrimoniaux, indivisibles, insaisissables par les crĂ©anciers et indisponibles.
- Principe : LâimmutabilitĂ© du nom
- le nom ne peut ĂȘtre changĂ©
- loi du 6 fructidor an II (23 août 1794)
- article 433-19 du Code pĂ©nal (six mois dâemprisonnement + 7500 ⏠dâamende)
- rectification en cas dâerreur sauf obstacle objectif (ex.
- Ătat civil : Les consĂ©quences du changement de sexe Ă lâĂ©tat civil a.
đ Points essentiels
- âą articles 55 et 56 du Code civil.
- LâĂ©tat civil est une composante de lâĂ©tat des personnes et sert Ă identifier juridiquement lâindividu.
đĄ Ă retenir
LâĂ©tat civil est une composante de lâĂ©tat des personnes et sert Ă identifier juridiquement lâindividu. Le nom de famille dĂ©pend surtout du mode dâĂ©tablissement de la filiation, avec des rĂšgles particuliĂšres pour la filiation biologique et un mode distinct en cas dâadoption.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
-
Personne morale : groupement de personnes ou de biens qui est titulaire de la personnalité juridique.
-
Personne morale de droit public : catĂ©gorie de personnes morales comprenant notamment lâĂtat, les collectivitĂ©s locales et les Ă©tablissements publics.
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Personne morale de droit privé : catégorie de personnes morales relevant de formes distinctes selon leur finalité et leur régime de constitution, notamment les sociétés, les associations, les syndicats et les fondations.
-
SociĂ©tĂ© : groupement de personnes Ă but lucratif soumis Ă lâarticle 1832 du Code civil, caractĂ©risĂ© par des apports mutuels, la participation aux bĂ©nĂ©fices et aux pertes, et lâaffectio societatis.
-
Personne morale de droit : expression renvoyant à une personne morale envisagée selon sa nature juridique, publique ou privée, et selon la finalité qui la caractérise.
đ Points essentiels
- La personne morale est définie comme un groupement de personnes ou de biens titulaire de la personnalité juridique.
- Les personnes morales de droit public comprennent notamment lâĂtat, les collectivitĂ©s locales et les Ă©tablissements publics.
- Les sociĂ©tĂ©s sont des groupements Ă but lucratif soumis Ă lâarticle 1832 du Code civil. Elles se distinguent par trois conditions : les apports mutuels, la participation aux bĂ©nĂ©fices et aux pertes, et lâaffectio societatis.
- Les personnes morales de droit privé recouvrent des formes distinctes : les sociétés, les associations, les syndicats et les fondations.
- Les associations, syndicats et fondations ont des finalités et des régimes de constitution différents.
- Les syndicats sont des groupements de personnes relevant du Code du travail et ayant pour objet lâĂ©tude et la dĂ©fense des droits et intĂ©rĂȘts, collectifs et individuels, des personnes mentionnĂ©es par leur statut, câest-Ă -dire des intĂ©rĂȘts professionnels.
- Les fondations sont des groupements de biens ; elles rĂ©sultent de lâaffectation irrĂ©vocable de biens, droits ou ressources Ă la rĂ©alisation dâune Ćuvre dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et Ă but non lucratif.
- Les associations relĂšvent dâune forme distincte de personne morale de droit privĂ©, avec une constitution par dĂ©claration en prĂ©fecture.
- Les syndicats relĂšvent dâune forme distincte de personne morale de droit privĂ©, avec une constitution par dĂ©claration en mairie.
- Les fondations relĂšvent dâune forme distincte de personne morale de droit privĂ©, avec une reconnaissance dâutilitĂ© publique Ă©ventuelle.
- Les sociĂ©tĂ©s prĂ©sentent une diversitĂ© de formes : sociĂ©tĂ©s commerciales, soit par leur forme, soit par leur objet, et sociĂ©tĂ©s civiles ; elles peuvent aussi ĂȘtre des sociĂ©tĂ©s de personne ou des sociĂ©tĂ©s de capitaux.
đĄ Ă retenir
Il faut classer les personnes morales dâabord selon leur nature publique ou privĂ©e, puis selon leur finalitĂ©. Les personnes morales de droit public relĂšvent de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral institutionnel, tandis que les personnes morales de droit privĂ© se rĂ©partissent entre logique lucrative, collective ou dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
đ 7. Naissance, fin et identification de la personnalitĂ© morale
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Liquidation : Opération juridique pendant laquelle la personnalité du groupement subsiste seulement pour les besoins de cette opération, aprÚs la dissolution, et uniquement pour cette finalité.
đ Points essentiels
- La fin de la personnalité morale résulte de la dissolution du groupement, la liquidation ne maintenant la personnalité que pour les besoins de cette opération.
- La personnalité survit pendant la liquidation, mais seulement pour les besoins de celle-ci, ce qui combine dissolution et liquidation dans la disparition du groupement.
đĄ Ă retenir
La personne morale est créée, maintenue puis éteinte par des mécanismes juridiques propres. Sa naissance suppose en principe une intervention étatique, tandis que sa disparition résulte de la dissolution, la liquidation ne prolongeant la personnalité que pour ses besoins.
đ 8. Principes gĂ©nĂ©raux et particuliers de protection du corps humain
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DignitĂ© de la personne humaine : Principe consacrĂ© par lâarticle 16 du Code civil et prĂ©sentĂ© comme constitutionnel, qui affirme la primautĂ© de la personne, lâĂ©galitĂ© entre les personnes et interdit toute activitĂ© dĂ©gradante pour la personne humaine.
- IndisponibilitĂ© du corps humain : Principe selon lequel on ne peut pas disposer du corps humain, consacrĂ© par lâAssemblĂ©e plĂ©niĂšre le 31 mai 1991, et que lâencadrement trĂšs strict des cas de disposition confirme implicitement.
đ Points essentiels
- La dignitĂ© de la personne humaine est prĂ©sentĂ©e comme un principe constitutionnel et lĂ©gal fondĂ© sur lâarticle 16 du Code civil.
- Ce principe impose la primautĂ© de la personne, lâĂ©galitĂ© entre les personnes et lâinterdiction des activitĂ©s dĂ©gradantes pour la personne humaine.
- La dignitĂ© sâimpose aussi aux personnes privĂ©es : toute activitĂ©, mĂȘme consentie, doit la respecter.
- Lâacte mĂ©dical constitue une exception Ă lâinviolabilitĂ© du corps humain, avec consentement, information du patient et, pour lâexpertise biologique, application de lâarticle 16-11 du Code civil.
đĄ Ă retenir
La dignitĂ© de la personne humaine est prĂ©sentĂ©e comme un principe constitutionnel et lĂ©gal fondĂ© sur lâarticle 16 du Code civil.
đ 9. MaternitĂ© pour autrui : cadre juridique et jurisprudence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
-
MaternitĂ© pour autrui : pratique juridique apprĂ©hendĂ©e Ă travers le contentieux de la filiation et les limites posĂ©es par lâordre public, avec une difficultĂ© centrale liĂ©e Ă la reconnaissance de ses effets sur lâĂ©tablissement de la filiation de lâenfant.
-
Pour autrui : formule qui renvoie Ă une intervention rĂ©alisĂ©e au bĂ©nĂ©fice dâun autre, ici dans un cadre oĂč la volontĂ© des parties, la rĂ©alitĂ© biologique et la sĂ©curitĂ© de lâĂ©tat civil entrent en tension.
-
Droit au respect : protection juridique attachĂ©e au respect de la personne, mobilisĂ©e ici comme point de rĂ©fĂ©rence dans lâanalyse des atteintes et des garanties liĂ©es Ă la vie privĂ©e.
-
Respect de la vie privĂ©e : exigence juridique qui protĂšge la sphĂšre personnelle de lâindividu et sert de cadre Ă lâexamen des atteintes, notamment lorsque sont en jeu lâidentitĂ©, lâintimitĂ©, les correspondances ou la divulgation dâinformations personnelles.
đ Points essentiels
-
La maternitĂ© pour autrui est apprĂ©hendĂ©e Ă travers le contentieux de la filiation et les limites posĂ©es par lâordre public : lâenjeu nâest pas seulement contractuel, mais touche directement Ă la maniĂšre dont le droit accepte ou refuse de faire produire des effets Ă une situation de GPA.
-
La jurisprudence a longtemps refusĂ© de produire certains effets juridiques aux conventions de GPA conclues Ă lâĂ©tranger : la pratique de la maternitĂ© pour autrui pratiquĂ©e Ă lâĂ©tranger a ainsi Ă©tĂ© traitĂ©e avec rĂ©serve, dans une logique de refus de lâĂ©tablissement ou de la reconnaissance de la filiation en France.
-
Le traitement juridique de la GPA dĂ©pend de la tension entre la rĂ©alitĂ© biologique, la volontĂ© des parties et la sĂ©curitĂ© de lâĂ©tat civil : ces trois Ă©lĂ©ments structurent lâanalyse et expliquent les hĂ©sitations du droit face Ă la GPA.
-
La question centrale est celle de la reconnaissance des effets de la GPA sur lâĂ©tablissement de la filiation de lâenfant : câest autour de cette reconnaissance que se cristallise le contentieux, avec pour enjeu la place accordĂ©e Ă la filiation dans lâordre juridique.
đĄ Ă retenir
La GPA apparaĂźt comme un point de friction entre volontĂ© procrĂ©ative, filiation et ordre public. Elle ne se rĂ©duit pas Ă un simple contrat : le droit lâaborde surtout Ă travers la question de ses effets sur lâĂ©tat civil et la reconnaissance de la filiation de lâenfant.
đ 10. Droit au respect de la vie privĂ©e et droit Ă lâimage
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit au respect de la vie privĂ©e : Droit fondamental protĂ©gĂ© par lâarticle 9 du Code civil et par plusieurs textes internationaux, qui cesse lorsque la personnalitĂ© juridique cesse, câest-Ă -dire Ă la mort.
đ Points essentiels
- Les atteintes Ă la vie privĂ©e peuvent donner lieu Ă des dommages-intĂ©rĂȘts et Ă des mesures prĂ©ventives comme la saisie, le sĂ©questre ou la publication dâun encart.
- Il nâest pas nĂ©cessaire quâil y ait une mauvaise intention de la part de lâauteur pour engager la sanction des atteintes Ă la vie privĂ©e.
- Le droit Ă lâimage permet de sâopposer Ă la prise et Ă la publication dâimages sans autorisation.
- Le droit Ă lâimage connaĂźt des limites liĂ©es au droit Ă lâinformation, Ă lâabsence dâidentification des personnes prĂ©sentes dans un lieu public et Ă une renonciation interprĂ©tĂ©e strictement.
- DĂ©finition du droit Ă lâimage
- sâopposer Ă ce quâune personne tierce prenne une photographie ou un film de vous sans votre autorisation
- sâopposer Ă la publication de telles images
- Lien avec la vie privée?
đĄ Ă retenir
Le droit au respect de la vie privĂ©e protĂšge lâidentitĂ© de la personne et peut ĂȘtre sanctionnĂ© par des dommages-intĂ©rĂȘts et des mesures prĂ©ventives, sans exigence de mauvaise intention. Le droit Ă lâimage est distinct : il permet de contrĂŽler la prise et la publication dâimages, mais il est limitĂ© par le droit Ă lâinformation, lâabsence dâidentification et la renonciation strictement interprĂ©tĂ©e.
đ 11. IncapacitĂ© du mineur et Ă©mancipation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Ămancipation lĂ©gale : Mode dâĂ©mancipation qui rĂ©sulte de la loi par le mariage.
- Ămancipation judiciaire : Mode dâĂ©mancipation prononcĂ© par le juge aux affaires familiales pour un mineur ĂągĂ© dâau moins 16 ans, pour justes motifs, avec un caractĂšre irrĂ©vocable.
- Mineur capable de discernement : Les nuances en fonction de lâĂąge
- Lâinfans
- Le mineur capable de discernement
- article 12 de la convention des Nations unies sur les droits de lâenfant
- pas dâĂąge fixe
- Le grand adolescent
- Reconnaissance
- action en recherche de paternité au nom de son enfant
- Nationalité
- disposer par testament pour la moitié de ses biens
- ouvrir un livret dâĂ©pargne et retirer lâargent y figurant
- entrepreneur Ă titre individuel
- créer une association
- avoir une profession
- Avec autorisation § 2 : LâĂ©mancipation A.
đ Points essentiels
- Le mineur de moins de 18 ans est en principe incapable, avec de rares exceptions.
- Le mineur capable de discernement peut voir son ùge et sa maturité pris en compte juridiquement dans certaines situations.
- LâĂ©mancipation lĂ©gale rĂ©sulte du mariage, tandis que lâĂ©mancipation judiciaire est prononcĂ©e par le juge aux affaires familiales pour un mineur dâau moins 16 ans.
- LâĂ©mancipation confĂšre la pleine capacitĂ© civile, mais elle ne donne pas le droit de vote et nâautorise pas lâexercice habituel du commerce.
- Les effets de lâĂ©mancipation
- article 413-6 du Code civil : pleine capacité civile
- pas de droit de vote, pas de pacs, nĂ©cessitĂ© de lâautorisation pour se marier, dĂ©lais de prescription Ă compter de la majoritĂ© ne courent pas, pas dâexercice habituel du commerce.
- LâincapacitĂ©
- moins de 18 ans : incapable
- article 388 du Code civil
- rares exceptions B.
đĄ Ă retenir
LâincapacitĂ© du mineur est la rĂšgle avant 18 ans, mais elle peut ĂȘtre nuancĂ©e par la prise en compte du discernement. Elle peut aussi ĂȘtre levĂ©e par lâĂ©mancipation, qui confĂšre la pleine capacitĂ© civile tout en laissant subsister certaines restrictions.
đ 12. Gestion des biens des mineurs et protection juridique des majeurs
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Tutelle des mineurs : Mesure de protection dĂ©cidĂ©e par le juge pour une cause grave lorsque lâenfant nâa ni pĂšre ni mĂšre, lorsque les deux parents sont dĂ©cĂ©dĂ©s ou lorsquâils se sont vus retirer lâautoritĂ© parentale.
- Habilitation familiale : Mesure de protection juridique ouverte pour une personne majeure ou mineure Ă©mancipĂ©e dans lâimpossibilitĂ© de pourvoir seule Ă ses intĂ©rĂȘts, sur la base dâune altĂ©ration des facultĂ©s mentales ou physiques mĂ©dicalement constatĂ©e, permettant Ă un proche habilitĂ© dâassister ou de reprĂ©senter la personne sans surveillance ou autorisation continue du juge, dans la limite de lâhabilitation.
- Mandat de protection future : § 2 : Le mandat de protection future
- loi du 5 mars 2007
- Conventionnelle
- articles 477 et suivants du Code civil A.
đ Points essentiels
- La tutelle des mineurs sâouvre notamment en lâabsence de pĂšre et mĂšre, en cas de dĂ©cĂšs des deux parents ou de retrait de lâautoritĂ© parentale.
- Le mandat de protection future permet dâorganiser Ă lâavance la protection de sa personne et/ou de ses biens, avec des causes de fin spĂ©cifiques comme le rĂ©tablissement des facultĂ©s, le dĂ©cĂšs ou le placement sous un autre rĂ©gime de protection.
- Les cas dâouverture de la tutelle des mineurs
- Décidé par le juge pour une cause grave
- lâenfant nâa ni pĂšre ni mĂšre
- les deux parents sont décédés
- les deux parents se sont vus retirer lâautoritĂ© parentale.
đĄ Ă retenir
La tutelle des mineurs sâouvre notamment en lâabsence de pĂšre et mĂšre, en cas de dĂ©cĂšs des deux parents ou de retrait de lâautoritĂ© parentale.
𧩠Compléments de couverture
- Lâinterruption volontaire de grossesse a Ă©tĂ© constitutionnalisĂ©e le 8 mars 2024, aprĂšs la loi Veil de 1975, avec un relĂšvement progressif du dĂ©lai lĂ©gal Ă 10 semaines puis 12 semaines en 2001 et 14 semaines en 2022.
- Le don dâorganes repose sur le consentement des personnes majeures et capables, avec une rĂšgle spĂ©cifique pour les dons Ă des membres de la famille proche.
- LâĂ©tat civil a une histoire ancienne qui passe par le droit romain, lâĂglise, lâordonnance de Villers-CotterĂȘts du 15 aoĂ»t 1539 et le dĂ©cret des 20-25 septembre 1792.
- En cas de dĂ©saccord clairement manifestĂ© Ă lâofficier dâĂ©tat civil, le nom de lâenfant est attribuĂ© par ordre alphabĂ©tique ; Ă dĂ©faut de dĂ©saccord manifestĂ©, il prend le nom du pĂšre.
- Les sociĂ©tĂ©s commerciales peuvent prendre une forme comme la SARL, lâEURL ou la SA, ou ĂȘtre dĂ©finies par leur objet commercial.
- Les sociétés de personne se distinguent des sociétés de capitaux.
- Les associations sont rĂ©gies par la loi du 1er juillet 1901 et doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©es en prĂ©fecture ; elles peuvent obtenir une reconnaissance dâutilitĂ© publique.
- Les syndicats sont rĂ©gis par le Code du travail, ont pour objet la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts professionnels et relĂšvent de la loi du 21 mars 1884 avec dĂ©claration en mairie.
- La naissance de la personnalité morale suppose en principe une intervention étatique, par enregistrement ou décret, sauf hypothÚses fondées sur le seul accord des volontés.
- La personnalité morale survit pendant la liquidation, mais uniquement pour les besoins de celle-ci.
- Le nom dâune personne morale peut ĂȘtre une raison sociale, une dĂ©nomination sociale, un titre ou une dĂ©nomination, sous rĂ©serve de lâordre public, des bonnes mĆurs et des droits des tiers.
- Lâinterruption volontaire de grossesse loi Veil de 1975 Constitutionnalisation : 8 mars 2024 10 semaines puis 12 semaines en 2001 puis 14 en 2022 loi du 4 aoĂ»t 2014 ;.
- Loi du 5 mars 2007 entrĂ©e en vigueur le 1er janvier 2009, complĂ©tĂ©e par lâordonnance du 15 octobre 2015 § 1 : Le principe.
- CEDH, Mennesson et Labassée, 26 juin 2014 (21 juillet 2016 puis du 19 janvier 2017) : condamnation.
- 25 octobre 2005 Motifs légitimes : religion, ridicule (CA Angers 9 juin 2010) mais pas caractÚre démodé (CA Douai, 16 novembre 2009) ou diminutif (2e civ.
- Exemples : articles 725 et 906 Code civil ; 1re civ, 10 décembre 1985 ; chambres réunies, 8 mars 1939.
- Motifs légitimes : religion, ridicule (CA Angers 9 juin 2010) mais pas caractÚre démodé (CA Douai, 16 novembre 2009) ou diminutif (2e civ.
- Historique de lâĂ©tat civil droit romain Ăglise ordonnance de Villers-CotterĂȘts du 15 aoĂ»t 1539 de François Ier dĂ©cret des 20-25 septembre 1792 Ă©tat civil confiĂ© Ă chaque commune sous la direction du maire B.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 2007 | Décret sur la crémation |
| 2008 | Loi sur la crémation |
| 1977 | Loi sur la mort présumée |
| 1991 | Avis CCNE sur lâembryon ou le fĆtus |
| 1989 | Loi sur les mentions marginales |
| 2016 | CEDH Mennesson et Labassée, suite de la condamnation |
đ Tableaux de SynthĂšse
Personnalité juridique et capacité
| Notion | Définition | Idée clé |
|---|
| PersonnalitĂ© juridique | Aptitude Ă ĂȘtre titulaire de droits et dâobligations | Avoir des droits |
| Capacité de jouissance | Aptitude à acquérir un droit | Acquérir un droit |
| CapacitĂ© dâexercice | Aptitude Ă exercer soi-mĂȘme les droits dont on dispose | Exercer ses droits |
Personnes morales et formes
| Catégorie | Caractéristiques | Exemples |
|---|
| Personne morale de droit public | Comprend notamment lâĂtat, les collectivitĂ©s locales et les Ă©tablissements publics | Ătat, collectivitĂ©s locales, Ă©tablissements publics |
| Personne morale de droit privé | Formes distinctes selon la finalité et le régime de constitution | Sociétés, associations, syndicats, fondations |
| SociĂ©tĂ© | Groupement Ă but lucratif soumis Ă lâarticle 1832 du Code civil | Apports mutuels, bĂ©nĂ©fices et pertes, affectio societatis |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confondre personnalitĂ© juridique et capacitĂ© dâexercice : la premiĂšre vise le fait dâĂȘtre titulaire de droits, la seconde le fait de les exercer soi-mĂȘme.
- Confondre capacitĂ© de jouissance et capacitĂ© dâexercice : la jouissance permet dâacquĂ©rir un droit, lâexercice permet dâagir soi-mĂȘme.
- Croire que la mort est seulement mĂ©dicale : le constat est mĂ©dical, mais la dĂ©claration et lâacte de dĂ©cĂšs relĂšvent de lâĂ©tat civil.
- Assimiler personne morale de droit public et de droit privĂ© : leurs catĂ©gories et leurs formes ne sont pas les mĂȘmes.
- Oublier que la dignitĂ© de la personne humaine sâimpose aussi aux personnes privĂ©es, mĂȘme en prĂ©sence du consentement.
- Confondre les rĂšgles de nom de famille avec celles du nom dâune personne morale : les logiques juridiques sont diffĂ©rentes.
- Penser que la personnalitĂ© morale naĂźt toujours de la mĂȘme maniĂšre : elle suppose en principe une intervention Ă©tatique, sauf hypothĂšses fondĂ©es sur le seul accord des volontĂ©s.
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Checklist Examen
- DĂ©finir la personnalitĂ© juridique comme lâaptitude Ă ĂȘtre titulaire de droits et dâobligations.
- Distinguer capacitĂ© de jouissance et capacitĂ© dâexercice.
- Rappeler la distinction fondatrice entre personnes et choses.
- Expliquer lâacquisition de la personnalitĂ© juridique avant et aprĂšs la naissance.
- Savoir que la déclaration de naissance déclenche la reconnaissance de la personnalité juridique.
- Distinguer constat médical de la mort et déclaration civile du décÚs.
- Connaßtre les catégories de personnes morales de droit public et de droit privé.
- Identifier les caractĂ©ristiques de la sociĂ©tĂ© au sens de lâarticle 1832 du Code civil.
- Retenir les principes de dignitĂ© de la personne humaine et dâindisponibilitĂ© du corps humain.
- Situer la maternitĂ© pour autrui dans le contentieux de la filiation et lâordre public.
- Distinguer le droit au respect de la vie privĂ©e du droit Ă lâimage.
- ConnaĂźtre lâincapacitĂ© du mineur, lâĂ©mancipation et la protection juridique des majeurs.
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