Revision sheet: Introduction au droit et ses sources

📋 Plan du Cours

  1. Le droit comme phénomÚne social
  2. Droit objectif et droit subjectif
  3. CaractĂšres de la rĂšgle de droit
  4. RÚgle de droit générale et impersonnelle
  5. Permanence et sécurité juridique
  6. Sources de la rĂšgle de droit
  7. Sources informelles et force normative
  8. Usages et coutumes comme sources
  9. Jurisprudence et systÚme du précédent
  10. Codécision Conseil et Parlement européens
  11. Droit primaire et droit dĂ©rivĂ© de l’Union
  12. Pyramide des juridictions et étages

📖 1. Le droit comme phĂ©nomĂšne social

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit : Le droit est un ensemble de rĂšgles visant Ă  organiser la vie en sociĂ©tĂ© et Ă  encadrer les relations entre les personnes.
  • PhĂ©nomĂšne social : Le droit ne peut exister que dans un cadre collectif oĂč des individus doivent apprendre Ă  vivre ensemble.
  • Droit objectif : Le droit objectif dĂ©signe l’ensemble des rĂšgles de droit envisagĂ©es pour elles-mĂȘmes, indĂ©pendamment de leur application Ă  une personne prĂ©cise.
  • Droit subjectif : Le droit subjectif correspond aux droits reconnus aux personnes Ă  travers l’application concrĂšte des rĂšgles de droit.
  • RĂšgle de droit : La rĂšgle de droit est une norme sociale particuliĂšre qui fixe des comportements et peut ĂȘtre mobilisĂ©e devant le juge.

📝 Points essentiels

  • Sans sociĂ©tĂ©, il n’y a pas de besoin d’organiser des relations : le droit apparaĂźt quand des individus doivent coexister.
  • Le droit vise Ă  dĂ©terminer les rĂšgles de fonctionnement d’une sociĂ©tĂ© et Ă  organiser les relations entre les membres qui la composent.
  • La rĂšgle de droit sert de rĂ©fĂ©rence pour identifier les comportements fautifs et organiser les rapports sociaux.
  • La rĂšgle de droit est gĂ©nĂ©rale et impersonnelle : elle vise toute personne entrant dans la situation qu’elle dĂ©crit.
  • La rĂšgle de droit est dotĂ©e d’une certaine permanence, ce qui renforce la sĂ©curitĂ© juridique.
  • La rĂšgle de droit est obligatoire et coercitive quand elle prescrit ou interdit un comportement, avec des consĂ©quences en cas de violation.

💡 Astuce mĂ©mo

SociĂ©tĂ© → rĂšgles → juge : sans sociĂ©tĂ©, pas de droit; avec litige, la rĂšgle s’invoque.

📖 2. Droit objectif et droit subjectif

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit public : Le droit public encadre l’action des personnes publiques et les rapports avec les particuliers, avec une place majeure de la jurisprudence administrative.
  • Droit privĂ© : Le droit privĂ© rĂ©git les rapports entre particuliers et s’appuie davantage sur les textes, avec une jurisprudence moins centrale.
  • Jurisprudence : La jurisprudence dĂ©signe l’ensemble des dĂ©cisions des juridictions qui interprĂštent et, dans certains cas, contribuent Ă  prĂ©ciser la rĂšgle de droit.
  • Article 5 du Code civil : L’article 5 du Code civil pose l’idĂ©e que le juge ne doit pas crĂ©er des rĂšgles de droit de maniĂšre autonome, tout en admettant en pratique l’effet normatif des dĂ©cisions.
  • Standards juridiques : Les standards juridiques sont des critĂšres de conduite sociale moyenne utilisĂ©s pour apprĂ©cier un comportement en termes de normalitĂ©.

📝 Points essentiels

  • En droit public, la jurisprudence joue un rĂŽle important et les rĂšgles mobilisĂ©es proviennent principalement de dĂ©cisions du Conseil d’État.
  • En droit privĂ©, la jurisprudence a une place plus restreinte, notamment en lien avec l’article 5 du Code civil et l’existence de nombreux textes.
  • MĂȘme si l’article 5 du Code civil existe, les dĂ©cisions des juges sont reconnues comme une source de rĂšgles de droit en pratique.
  • Le juge peut crĂ©er une rĂšgle adaptĂ©e quand aucune rĂšgle existante ne correspond exactement au litige, en s’appuyant sur un texte mĂȘme Ă©loignĂ©.
  • Le juge peut aussi faire Ă©voluer une rĂšgle imprĂ©cise en la prĂ©cisant, notamment quand la loi emploie des notions vagues appelĂ©es standards juridiques.
  • Le pouvoir normatif du juge est encadrĂ© : il doit fonder son raisonnement sur une rĂšgle formelle prĂ©existante et ne crĂ©e pas “purement” sans texte de rattachement.

💡 Astuce mĂ©mo

Public = Conseil d’État (jurisprudence forte) ; PrivĂ© = Code civil (jurisprudence plus limitĂ©e) ; Standards = “moyenne de conduite”.

📖 3. Caractùres de la rùgle de droit

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Pyramide des normes de Kelsen : La pyramide de Kelsen est un modĂšle hiĂ©rarchique qui classe les normes juridiques selon leur valeur et leurs conditions de validitĂ©.
  • Bloc de conventionnalitĂ© : Le bloc de conventionnalitĂ© regroupe, sous la Constitution, les traitĂ©s internationaux et certaines rĂšgles issues de l’Union et du Conseil de l’Europe.
  • TraitĂ©s internationaux : Les traitĂ©s internationaux sont des accords conclus entre deux ou plusieurs États qui crĂ©ent des rĂšgles de droit pour leurs parties.
  • Droit primaire de l’Union europĂ©enne : Le droit primaire de l’Union europĂ©enne dĂ©signe les traitĂ©s fondateurs qui organisent l’Union et fixent son fonctionnement.
  • Navette parlementaire : La navette parlementaire est la procĂ©dure de va-et-vient entre AssemblĂ©e nationale et SĂ©nat jusqu’à l’adoption d’un texte identique.

📝 Points essentiels

  • Dans la pyramide de Kelsen, les normes situĂ©es sous la Constitution relĂšvent notamment du bloc de conventionnalitĂ© et du bloc de lĂ©galitĂ©.
  • Les traitĂ©s internationaux ne deviennent applicables en France que si la Constitution exige une ratification, la signature ne suffisant pas.
  • Pour certains traitĂ©s (paix, commerce, organisation internationale, engagement des finances), la ratification peut nĂ©cessiter une loi d’autorisation du Parlement.
  • La ratification peut aussi dĂ©pendre d’un rĂ©fĂ©rendum si le traitĂ© a une incidence sur le fonctionnement des institutions.
  • Entre la signature et la ratification de la convention europĂ©enne, 24 annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es avant l’applicabilitĂ© en droit français.
  • L’Union europĂ©enne fonctionne autour de cinq institutions : Conseil europĂ©en, Commission, Conseil de l’Union europĂ©enne, Parlement europĂ©en, Cour de justice de l’Union europĂ©enne.

💡 Astuce mĂ©mo

Signature ≠ effet : il faut ratifier (et parfois loi ou rĂ©fĂ©rendum).

📖 4. RĂšgle de droit gĂ©nĂ©rale et impersonnelle

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Loi : La loi est une source de droit votĂ©e par le Parlement qui fixe des principes dans les matiĂšres relevant de l’article 34 de la Constitution.
  • RĂšglement d’application : Le rĂšglement d’application est une source de droit prise par le pouvoir exĂ©cutif pour prĂ©ciser concrĂštement les modalitĂ©s d’un principe posĂ© par la loi.
  • Ordonnance ratifiĂ©e : L’ordonnance ratifiĂ©e est une ordonnance adoptĂ©e par le gouvernement puis approuvĂ©e par le Parlement, ce qui lui donne valeur de loi.
  • RĂšglement autonome : Le rĂšglement autonome est une source de droit prise par le pouvoir exĂ©cutif dans les matiĂšres qui ne relĂšvent pas du domaine de la loi.
  • Ordonnance non ratifiĂ©e : L’ordonnance non ratifiĂ©e conserve la valeur d’un rĂšglement car elle n’a pas acquis celle d’une loi.

📝 Points essentiels

  • La loi fixe des principes gĂ©nĂ©raux, tandis que les rĂšglements d’application prĂ©cisent les modalitĂ©s concrĂštes de mise en Ɠuvre.
  • En droit du travail, la loi impose Ă  l’employeur de publier chaque annĂ©e des indicateurs sur les Ă©carts de rĂ©munĂ©ration et les actions prĂ©vues, puis un rĂšglement prĂ©cise les indicateurs et leur mĂ©thode de calcul.
  • Dans la logique de la pyramide des normes, la loi n’est pas la seule source du bloc de lĂ©galitĂ© : ce bloc inclut aussi certaines sources ayant une valeur Ă©gale Ă  celle de la loi.
  • Une ordonnance est un texte adoptĂ© par le gouvernement sur habilitation du Parlement, sur le fondement de l’article 38 de la Constitution.
  • Le Parlement autorise le gouvernement par une loi d’habilitation, qui fixe une pĂ©riode et des thĂšmes prĂ©cis pour les ordonnances.
  • Une ordonnance devient une norme de valeur lĂ©gislative seulement si elle est ratifiĂ©e par le Parlement ; sinon, elle descend au rang de rĂšglement.

💡 Astuce mĂ©mo

Loi = principes ; RĂšglement d’application = mode d’emploi ; Ordonnance ratifiĂ©e = loi bis ; Ordonnance non ratifiĂ©e = rĂšglement.

📖 5. Permanence et sĂ©curitĂ© juridique

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • EntrĂ©e en vigueur : L’entrĂ©e en vigueur dĂ©signe le moment Ă  partir duquel une rĂšgle de droit devient obligatoire et produit des effets juridiques.
  • Publication : La publication est la formalitĂ© qui rend une rĂšgle de droit accessible au public, conditionnant en principe son entrĂ©e en vigueur.
  • Promulgation : La promulgation est l’acte par lequel le chef de l’État constate officiellement l’existence d’une loi et lui donne sa force exĂ©cutoire.
  • Dispositions transitoires : Les dispositions transitoires sont des clauses qui fixent une entrĂ©e en vigueur diffĂ©rĂ©e d’une rĂšgle, pour organiser la transition.
  • Disparition pour l’avenir : La disparition pour l’avenir est l’extinction d’une rĂšgle qui cesse de produire des effets seulement pour le futur.

📝 Points essentiels

  • Principe : une rĂšgle issue de sources formelles entre en vigueur le lendemain de sa publication.
  • Cas de la loi : la publication ne suffit pas, elle doit ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©e par la promulgation.
  • Promulgation (Constitution, art. 10) : le prĂ©sident adopte un dĂ©cret prĂ©sidentiel dans les 15 jours suivant la transmission au gouvernement.
  • Deux exceptions Ă  l’entrĂ©e en vigueur « lendemain de publication » : date ultĂ©rieure prĂ©vue par la rĂšgle et lois ne fixant que des principes avec rĂšglements d’application Ă  venir.
  • Effets de droit : une fois entrĂ©e en vigueur, la rĂšgle rend obligatoires les comportements qu’elle prescrit et interdit ceux qu’elle proscrit, avec sanction en cas de non-respect.
  • Fin de durĂ©e de vie : une rĂšgle cesse d’exister dans l’ordre juridique, soit par disparition pour l’avenir, soit par disparition rĂ©troactive (pour le passĂ© et l’avenir).

💡 Astuce mĂ©mo

Publication → lendemain ; Loi : Promulgation d’abord (15 jours) ; Disparition : avenir = acquis, rĂ©troactivitĂ© = « comme si jamais ».

📖 6. Sources de la rùgle de droit

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Article 2 du Code civil : Principe gĂ©nĂ©ral d’application de la loi, posant l’absence d’effet rĂ©troactif et la vocation de la loi Ă  rĂ©gir l’avenir.
  • Application immĂ©diate : Principe selon lequel une rĂšgle nouvelle s’applique aux situations juridiques futures et Ă  leur dĂ©roulement Ă  venir.
  • Non-rĂ©troactivitĂ© : Principe selon lequel une rĂšgle nouvelle ne s’applique pas aux faits et situations entiĂšrement passĂ©s dĂ©jĂ  terminĂ©s.
  • Survie de la loi ancienne : Principe selon lequel, pour certaines situations contractuelles en cours, la loi ancienne continue de rĂ©gir le futur du contrat.
  • Ordre public intĂ©rieur : Notion dĂ©signant des rĂšgles d’une importance telle qu’elles s’appliquent immĂ©diatement, y compris aux contrats en cours.

📝 Points essentiels

  • La solution du conflit de loi dans le temps se raisonne Ă  partir d’une frise chronologique avec un repĂšre correspondant Ă  l’entrĂ©e en vigueur de la rĂšgle nouvelle.
  • L’article 2 du Code civil combine deux idĂ©es : application de la loi pour l’avenir et absence d’effet rĂ©troactif de la loi nouvelle.
  • Pour une situation entiĂšrement passĂ©e (ex. anciens Ă©tudiants), la loi nouvelle ne s’applique pas et la loi ancienne continue de rĂ©gir.
  • Pour une situation entiĂšrement future (ex. futurs Ă©tudiants), la loi nouvelle s’applique dĂšs son entrĂ©e en vigueur.
  • Pour une situation en cours (ex. Ă©tudiants dĂ©jĂ  engagĂ©s), la loi ancienne rĂ©git la partie dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©e et la loi nouvelle rĂ©git la partie Ă  venir.
  • La survie de la loi ancienne vise les situations contractuelles en cours, car l’application immĂ©diate en cours de contrat crĂ©erait une modification imprĂ©vue des rĂšgles choisies au dĂ©part.

💡 Astuce mĂ©mo

Frise + croix : Futur = loi nouvelle, PassĂ© = loi ancienne, Contrat en cours = survie de l’ancienne (sauf ordre public intĂ©rieur).

📖 7. Sources informelles et force normative

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Pyramide des normes : HiĂ©rarchie des rĂšgles de droit oĂč chaque norme tire sa validitĂ© de la norme supĂ©rieure.
  • ContrĂŽle de constitutionnalitĂ© : MĂ©canisme permettant de vĂ©rifier qu’une rĂšgle respecte la Constitution avant ou aprĂšs son entrĂ©e en vigueur.
  • ContrĂŽle a priori : ContrĂŽle de constitutionnalitĂ© exercĂ© avant la promulgation d’une loi, pour empĂȘcher l’entrĂ©e en vigueur d’une loi inconstitutionnelle.
  • Question prioritaire de constitutionnalitĂ© : ProcĂ©dure permettant de contester la constitutionnalitĂ© d’une disposition lĂ©gislative dĂ©jĂ  en vigueur, Ă  l’occasion d’un litige.
  • ContrĂŽle de constitutionnalitĂ© du traitĂ© : VĂ©rification prĂ©alable de la conformitĂ© d’un traitĂ© Ă  la Constitution avant sa ratification.

📝 Points essentiels

  • Une rĂšgle de valeur infĂ©rieure ne s’impose pas si elle est contraire Ă  une rĂšgle supĂ©rieure, la norme la plus Ă©levĂ©e l’emportant.
  • En cas de soupçon de conflit, il faut vĂ©rifier concrĂštement la contrariĂ©tĂ© entre la norme infĂ©rieure et la norme supĂ©rieure.
  • Le contrĂŽle de constitutionnalitĂ© est prĂ©vu par les articles 61 et 61-1 de la Constitution.
  • Le contrĂŽle a priori (art. 61) porte sur une loi entre son adoption et sa promulgation, et le Conseil constitutionnel statue avant l’entrĂ©e en vigueur.
  • Le contrĂŽle a priori peut ĂȘtre demandĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique, le Premier ministre, les prĂ©sidents des assemblĂ©es, ou 60 dĂ©putĂ©s/sĂ©nateurs.
  • Si la loi est inconstitutionnelle en contrĂŽle a priori, elle ne peut pas ĂȘtre promulguĂ©e (art. 62) et donc ne sera pas publiĂ©e ni applicable, sauf modification du texte.

💡 Astuce mĂ©mo

Hiérarchie = « la plus haute gagne » ; Constitution = contrÎle avant/aprÚs : art. 61 puis art. 61-1 (QPC).

📖 8. Usages et coutumes comme sources

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Usages : Les usages sont des pratiques rĂ©pĂ©tĂ©es qui, lorsqu’elles remplissent des conditions prĂ©vues par le droit, peuvent produire des effets juridiques.
  • Coutumes : Les coutumes sont des pratiques sociales considĂ©rĂ©es comme obligatoires, pouvant servir de fondement Ă  des droits et obligations.
  • Source de droits subjectifs : Une source de droits subjectifs est l’élĂ©ment qui permet Ă  une rĂšgle de droit objectif de se traduire concrĂštement en droits rĂ©ellement exigibles.
  • ÉvĂ©nement juridique : Un Ă©vĂ©nement juridique est un fait ou un acte qui dĂ©clenche la naissance effective de droits subjectifs et d’obligations.

📝 Points essentiels

  • Les rĂšgles de droit objectif reconnaissent seulement la potentialitĂ© de droits subjectifs, mais ces droits n’existent rĂ©ellement qu’aprĂšs un Ă©vĂ©nement dĂ©clencheur.
  • Un droit subjectif devient rĂ©ellement exigible quand une personne juridique en devient titulaire grĂące Ă  un acte juridique ou un fait juridique.
  • Un acte juridique suppose une volontĂ© de produire des effets de droit, tandis qu’un fait juridique n’a pas pour but de crĂ©er ces effets.
  • Les faits juridiques peuvent ĂȘtre volontaires ou non dans leur origine, mais leurs consĂ©quences juridiques ne sont jamais recherchĂ©es.
  • Quand le comportement est voulu, on parle de dĂ©lit civil, et quand il ne l’est pas, on parle de quasi-dĂ©lit.
  • Les faits juridiques peuvent aussi venir de la nature (ex. naissance, tempĂȘte) et produire des effets sans intervention humaine.

💡 Astuce mĂ©mo

Acte = volontĂ© d’effets ; Fait = pas d’intention d’effets (mais effets quand mĂȘme).

📖 9. Jurisprudence et systĂšme du prĂ©cĂ©dent

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Article 9 du Code de procĂ©dure civile : RĂšgle de rĂ©partition de la preuve qui impose Ă  chaque partie de prouver les faits nĂ©cessaires au succĂšs de sa prĂ©tention, conformĂ©ment Ă  la loi.
  • Charge de la preuve : Obligation procĂ©durale de dĂ©montrer les faits allĂ©guĂ©s, dont l’échec entraĂźne en principe la perte du procĂšs.
  • ProcĂ©dure inquisitoire : Type de procĂ©dure oĂč la charge de la preuve pĂšse sur le juge, qui recherche les Ă©lĂ©ments Ă  charge et Ă  dĂ©charge.
  • ProcĂ©dure accusatoire : Type de procĂ©dure oĂč la charge de la preuve repose sur les parties, qui doivent rĂ©unir elles-mĂȘmes les Ă©lĂ©ments probants.
  • Article 1353 du Code civil : RĂšgle qui organise un transfert de la charge de la preuve entre demandeur et dĂ©fendeur selon que l’on rĂ©clame l’exĂ©cution ou que l’on invoque une libĂ©ration.

📝 Points essentiels

  • L’objet de la preuve rĂ©pond Ă  la question des faits Ă  prouver pour faire gagner sa prĂ©tention devant le juge.
  • Le demandeur doit convaincre le juge que ses droits ont Ă©tĂ© violĂ©s et que la condamnation du dĂ©fendeur est justifiĂ©e.
  • Le dĂ©fendeur doit convaincre le juge que la demande est injustifiĂ©e et qu’il n’y a pas lieu de le condamner.
  • En procĂ©dure inquisitoire, le juge instruit Ă  charge et Ă  dĂ©charge en recherchant les preuves.
  • En procĂ©dure accusatoire, le juge ne se substitue pas aux parties pour rĂ©unir les preuves.
  • L’article 1353 fonctionne comme un ping-pong : le demandeur prouve d’abord l’existence de l’obligation, puis le dĂ©fendeur prouve qu’il s’en est libĂ©rĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Ping-pong : Demandeur prouve l’obligation, DĂ©fendeur prouve la libĂ©ration.

📖 10. CodĂ©cision Conseil et Parlement europĂ©ens

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • CodĂ©cision : La codĂ©cision est une procĂ©dure lĂ©gislative oĂč le Conseil et le Parlement europĂ©en adoptent ensemble un acte, aprĂšs nĂ©gociation et accords.
  • Conseil de l’Union europĂ©enne : Le Conseil de l’Union europĂ©enne est l’institution qui reprĂ©sente les États membres et participe Ă  l’adoption des actes avec le Parlement europĂ©en.
  • Parlement europĂ©en : Le Parlement europĂ©en est l’institution qui reprĂ©sente les citoyens de l’Union et participe Ă  l’adoption des actes avec le Conseil.
  • ProcĂ©dure lĂ©gislative ordinaire : La procĂ©dure lĂ©gislative ordinaire est le cadre principal de l’adoption conjointe du droit de l’Union par le Conseil et le Parlement.

📝 Points essentiels

  • La codĂ©cision implique une adoption conjointe par le Conseil et le Parlement, ce qui renforce le rĂŽle du Parlement dans la dĂ©cision finale.
  • Le Parlement et le Conseil examinent et modifient le texte au cours de la procĂ©dure jusqu’à parvenir Ă  un accord sur la version adoptĂ©e.
  • La procĂ©dure lĂ©gislative ordinaire est le mĂ©canisme central utilisĂ© pour la codĂ©cision dans l’Union europĂ©enne.
  • Le Conseil agit au nom des États membres, tandis que le Parlement agit au nom des citoyens, ce qui explique la logique de nĂ©gociation entre les deux.
  • La codĂ©cision se distingue des procĂ©dures oĂč le Parlement n’a qu’un rĂŽle consultatif ou oĂč le Conseil dĂ©cide seul.

💡 Astuce mĂ©mo

CodĂ©cision = Conseil + Parlement : deux “cƓurs” qui doivent s’accorder pour adopter la loi.

📖 11. Droit primaire et droit dĂ©rivĂ© de l’Union

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit primaire de l’Union : Ensemble des rĂšgles fondatrices qui fixent les objectifs, l’organisation et les limites de l’action de l’Union.
  • Droit dĂ©rivĂ© de l’Union : Ensemble des actes pris par les institutions de l’Union pour appliquer le droit primaire et produire des effets concrets.
  • Principe de primautĂ© du droit de l’Union : Principe selon lequel le droit de l’Union prime sur les normes nationales contraires, mĂȘme postĂ©rieures.
  • Effet direct du droit de l’Union : MĂ©canisme permettant Ă  certaines dispositions de l’Union d’ĂȘtre invoquĂ©es par les particuliers devant les juridictions nationales.

📝 Points essentiels

  • Le droit primaire constitue le socle : il ne dĂ©pend pas d’actes d’application pour exister et s’imposer.
  • Le droit dĂ©rivĂ© est adoptĂ© pour mettre en Ɠuvre le droit primaire et encadrer les situations concrĂštes.
  • La primautĂ© vise Ă  Ă©carter l’application d’une norme nationale incompatible avec une rĂšgle de l’Union.
  • L’effet direct concerne seulement les dispositions suffisamment claires, prĂ©cises et inconditionnelles (selon les cas).
  • Les juridictions nationales doivent assurer l’application du droit de l’Union dans le cadre de leurs compĂ©tences.
  • En cas de conflit, l’analyse porte d’abord sur la hiĂ©rarchie (primaire vs dĂ©rivĂ©) puis sur la compatibilitĂ© avec le droit de l’Union.

💡 Astuce mĂ©mo

Primaire = Constitution, Dérivé = Décrets; Primauté = priorité, Effet direct = invocable.

📖 12. Pyramide des juridictions et Ă©tages

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • CompĂ©tence matĂ©rielle : La compĂ©tence matĂ©rielle dĂ©signe l’aptitude d’une juridiction Ă  juger un litige selon sa nature et la matiĂšre dont il relĂšve.
  • Ordre administratif : L’ordre administratif regroupe les juridictions compĂ©tentes pour les litiges impliquant l’administration.
  • Ordre judiciaire : L’ordre judiciaire regroupe les juridictions compĂ©tentes pour les litiges ne mettant pas en cause l’administration, entre personnes privĂ©es.
  • Tribunal des conflits : Le tribunal des conflits tranche les litiges de compĂ©tence quand un conflit oppose l’ordre administratif et l’ordre judiciaire.
  • Ressort de juridiction : Le ressort d’une juridiction est le pĂ©rimĂštre gĂ©ographique dans lequel elle est compĂ©tente pour connaĂźtre d’un litige.

📝 Points essentiels

  • La compĂ©tence matĂ©rielle sert Ă  choisir entre juridictions administratives et judiciaires selon que l’administration intervient ou non.
  • La matiĂšre judiciaire se divise en matiĂšre civile (pas d’infraction pĂ©nale) et matiĂšre pĂ©nale (infraction pĂ©nale commise).
  • Les conflits de compĂ©tence peuvent ĂȘtre positifs (les deux ordres se disent compĂ©tents) ou nĂ©gatifs (les deux ordres se disent incompĂ©tents).
  • Le tribunal des conflits tranche dans les deux cas et dĂ©cide Ă  quelle juridiction revient le litige.
  • Pour les juridictions pĂ©nales du premier degrĂ© : tribunal de police pour les contraventions, tribunal correctionnel pour les dĂ©lits, cour criminelle dĂ©partementale et cour d’assises pour les crimes.

💡 Astuce mĂ©mo

Matériel = nature du litige ; Conflit = tribunal des conflits ; Géographique = ressort.

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1958Constitution de la 5e République siégeant en haut de la pyramide
25 mars 1957TraitĂ© de Rome (naissance de l’Union europĂ©enne, alors CEE)
17/01/1975Loi prĂ©voyant une pĂ©riode de 5 ans de non-poursuites pĂ©nales pour les femmes ayant recours Ă  l’IVG

📊 Tableaux de synthùse

Sources informelles vs sources formelles

TypeExemplesRĂŽle
InformellesUsages et coutumes ; jurisprudence ; actes unilatĂ©raux privĂ©sCrĂ©ent des rĂšgles de droit sans ĂȘtre officiellement instituĂ©es par l’État pour cela, mais avec une force normative dans le systĂšme
FormellesConstitution ; traitĂ©s et droit de l’Union/Conseil de l’Europe ; loi ; rĂšglementsSont institutionnellement posĂ©es et reconnues comme habilitĂ©es Ă  crĂ©er des rĂšgles de droit, avec une hiĂ©rarchie

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre rÚgle de droit et rÚgle sociale : la rÚgle de droit est générale/impersonnelle, permanente, obligatoire/coercitive (quand elle prescrit/interdit) et invocable en justice.
  2. Croire que “gĂ©nĂ©rale” signifie “à tout le monde” : en rĂ©alitĂ©, elle vise toute personne entrant dans la “case” de la situation qu’elle dĂ©crit.
  3. Penser que la jurisprudence ne crĂ©e jamais du droit en droit privĂ© : l’article 5 du Code civil encadre, mais les dĂ©cisions restent une source de rĂšgles en pratique.
  4. Mélanger entrée en vigueur et publication : la rÚgle entre en vigueur en principe le lendemain de la publication, mais la loi exige en plus la promulgation.
  5. Se tromper sur le conflit dans le temps : appliquer la loi nouvelle à un contrat en cours au lieu de la survie de la loi ancienne (sauf ordre public intérieur).
  6. Inverser la logique hiĂ©rarchique : ce n’est pas “la plus rĂ©cente” qui l’emporte, mais la norme de valeur supĂ©rieure dans la pyramide (et il faut vĂ©rifier la contrariĂ©tĂ©).
  7. Confondre preuve et charge de la preuve : l’objet (faits Ă  prouver) et la charge (qui prouve) ne sont pas la mĂȘme question que les moyens de preuve (Ă©crit, tĂ©moignage, etc.).

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi le droit est un phĂ©nomĂšne social et distinguer droit objectif (rĂšgles pour elles-mĂȘmes) et droit subjectif (droits via application concrĂšte).
  2. Décrire les caractÚres de la rÚgle de droit : générale et impersonnelle, permanence (sécurité juridique) et caractÚre obligatoire/coercitif seulement si prescription/interdiction, puis invocabilité en justice.
  3. Distinguer sources informelles et formelles, et donner les exemples du cours pour chacune (usages/coutumes, jurisprudence, actes unilatéraux privés ; Constitution, loi, rÚglements, sources supranationales).
  4. Expliquer comment la jurisprudence fonctionne comme source en droit public (Conseil d’État) et en droit privĂ© (article 5 C. civ. + pouvoir normatif encadrĂ© par un texte de rattachement).
  5. Maßtriser la pyramide des normes : bloc de constitutionnalité (préambule 1958 renvoyant à 1789/1946/2004 + PFRLR + principes politiques, économiques et sociaux), puis bloc de conventionnalité, puis bloc de légalité.
  6. Expliquer l’applicabilitĂ© des traitĂ©s : signature ≠ applicabilitĂ© en France ; ratification requise (et parfois loi d’autorisation ou rĂ©fĂ©rendum) et l’idĂ©e de dĂ©lai avant effet interne.
  7. Distinguer droit primaire et droit dĂ©rivĂ© de l’UE : ratification du primaire (TUE/TFUE) et applicabilitĂ© automatique ; dĂ©rivĂ© (rĂšglements/directives) adoptĂ© par institutions de l’UE.
  8. DĂ©finir loi, domaine de l’article 34 (loi fixe les rĂšgles dans certains cas ; dĂ©termine les principes fondamentaux dans d’autres) et rĂŽle des rĂšglements d’application ; puis situer ordonnances ratifiĂ©es vs non ratifiĂ©es.
  9. Expliquer l’entrĂ©e en vigueur et la durĂ©e de vie : publication (principe lendemain), promulgation pour la loi (art. 10), exceptions (date ultĂ©rieure ; lois Ă  principes avec rĂšglements d’application), puis fin par abrog./
  10. disparition pour l’avenir
  11. disparition rétroactive
  12. annulation (effet comme si jamais).
  13. RĂ©soudre un conflit dans le temps avec la frise : application immĂ©diate pour le futur, non-rĂ©troactivitĂ© pour le passĂ©, survie de la loi ancienne pour les situations contractuelles en cours, et exception d’ordre public (
  14. application immĂ©diate malgrĂ© contrat).“,

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Test your knowledge on Introduction au droit et ses sources with 24 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quel énoncé décrit le mieux le droit comme phénomÚne social ?

2. Pourquoi le droit n’a-t-il de sens que dans une sociĂ©tĂ© ?

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Droit — dĂ©finition ?

Ensemble de rÚgles organisant la société.

PhĂ©nomĂšne social — rĂŽle ?

Le droit naßt de la vie en société.

Droit objectif — concept ?

Normes considĂ©rĂ©es pour elles-mĂȘmes, indĂ©pendantes des personnes.

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