Revision sheet: Introduction au droit international public

📋 Plan du Cours

  1. Objet du droit international public
  2. ONU et sécurité collective
  3. Traités : définition, champ et exclusions
  4. Coutume internationale : formation et difficulté
  5. Sources subsidiaires : jurisprudence et justice internationale
  6. Sources subsidiaires : doctrine et équité
  7. Actes unilatĂ©raux des États et des organisations
  8. ÉlĂ©ments constitutifs de l’État : territoire, population, gouvernement
  9. Droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes
  10. Concept de reconnaissance des États
  11. Fin de l’État et succession d’États
  12. SouverainetĂ© de l’État : sens positif et nĂ©gatif

📖 1. Objet du droit international public

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit international public : Le droit international public est l’ensemble des rĂšgles qui encadrent les relations entre les sujets de la sociĂ©tĂ© internationale.
  • SociĂ©tĂ© internationale : La sociĂ©tĂ© internationale dĂ©signe l’ensemble des acteurs et des interactions entre États et autres entitĂ©s, qui influencent directement les caractĂ©ristiques du DIP.
  • Sujet de droit international : Un sujet de droit international est une entitĂ© Ă  laquelle le droit international reconnaĂźt des droits et des obligations.
  • Acteur de la vie internationale : Un acteur de la vie internationale est une entitĂ© prĂ©sente dans les relations internationales sans ĂȘtre forcĂ©ment un sujet de droit international.
  • Organisation des Nations Unies : L’Organisation des Nations Unies est une organisation internationale créée pour prĂ©server la paix grĂące Ă  la coopĂ©ration et Ă  la sĂ©curitĂ© collective.

📝 Points essentiels

  • Le DIP sert Ă  comprendre ce qu’est cette branche du droit et ce qu’elle n’est pas, en lien avec les caractĂ©ristiques de la sociĂ©tĂ© internationale.
  • Le cours distingue les sujets du DIP (notamment l’État, puis les organisations internationales) des acteurs de la vie internationale.
  • Une partie du cours traite des moyens d’encadrer des relations souvent conflictuelles entre sujets du DIP : diplomatiques, juridictionnels et encadrement du recours Ă  la force.
  • L’ONU est fondĂ©e le 24 octobre 1945 par 51 pays et compte 193 Membres aujourd’hui.
  • Un État Membre accepte les obligations de la Charte des Nations Unies, qui fixe les principes de base des relations entre pays.
  • Les buts de l’ONU sont au nombre de quatre : paix et sĂ©curitĂ©, relations amicales, coopĂ©ration pour rĂ©soudre des problĂšmes et encourager le respect des droits de l’homme, et centre d’harmonisation des efforts des nations

💡 Astuce mĂ©mo

DIP = rÚgles pour la société internationale (sujets) ; ONU = Charte = principes + paix.

📖 2. ONU et sĂ©curitĂ© collective

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU : Institution de l’ONU oĂč chaque État membre dispose d’une voix pour dĂ©libĂ©rer et adopter des dĂ©cisions.
  • Conseil de sĂ©curitĂ© : Organe de l’ONU chargĂ© de questions majeures liĂ©es Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ©, notamment pour l’élection de ses membres.
  • Consensus en AssemblĂ©e : Pratique diplomatique visant Ă  adopter des rĂ©solutions sans vote formel quand les dĂ©lĂ©gations sont prĂȘtes.
  • MajoritĂ© des deux tiers : RĂšgle de vote qui s’applique Ă  certaines dĂ©cisions importantes Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale.
  • MajoritĂ© simple : RĂšgle de vote utilisĂ©e pour les dĂ©cisions de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale qui ne relĂšvent pas des cas Ă  deux tiers.

📝 Points essentiels

  • Chaque État membre a une voix Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, ce qui structure la recherche d’accords.
  • Les dĂ©cisions sur certaines questions importantes (recommandations relatives Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ©, Ă©lection des membres du Conseil de sĂ©curitĂ©) exigent une majoritĂ© des deux tiers.
  • Les dĂ©cisions sur les autres questions Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale sont prises Ă  la majoritĂ© simple.
  • Ces derniĂšres annĂ©es, les États membres privilĂ©gient l’adoption par consensus plutĂŽt que le vote pour Ă©largir le soutien aux rĂ©solutions.
  • Le PrĂ©sident consulte les dĂ©lĂ©gations pour vĂ©rifier si elles sont prĂȘtes Ă  adopter une rĂ©solution sans vote.

💡 Astuce mĂ©mo

Deux tiers = sujets “majeurs” (paix/sĂ©curitĂ©, Conseil) ; simple = le reste ; consensus = rĂ©solution sans vote aprĂšs consultation du PrĂ©sident.

📖 3. TraitĂ©s : dĂ©finition, champ et exclusions

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Paix de Westphalie : TraitĂ© de 1648 qui consacre l’affaiblissement de la PapautĂ© et l’égalitĂ© confessionnelle entre États chrĂ©tiens, avec des effets sur l’ordre international europĂ©en.
  • Cujus regio, ejus religio : Principe liant la religion des sujets Ă  celle du souverain, limitant la libertĂ© religieuse dans les États aprĂšs la Paix de Westphalie.
  • Jus gentium : Notion de droit des gens issue du droit romain, pensĂ©e pour rĂ©gir les relations entre Romains et non-Romains, sans ĂȘtre un droit international au sens strict.
  • Droit des gens : DĂ©signation du droit international Ă  l’époque, proche du jus gentium, associĂ©e Ă  l’idĂ©e d’un droit fondĂ© sur une raison universelle.
  • Ordre juridique international : Cadre du droit international distinct de l’ordre interne, caractĂ©risĂ© par l’absence de constitution, de lĂ©gislateur, d’exĂ©cutif et de juridiction obligatoire.

📝 Points essentiels

  • La Paix de Westphalie consacre l’égalitĂ© religieuse entre catholiques et protestants au niveau international, y compris entre luthĂ©riens et calvinistes.
  • Cette Ă©galitĂ© ne donne pas une libertĂ© religieuse aux sujets : ils doivent suivre la religion du prince ou Ă©migrer.
  • L’acceptation de l’égalitĂ© confessionnelle entre États chrĂ©tiens suppose l’uniformitĂ© religieuse Ă  l’intĂ©rieur de chaque État.
  • Le champ des relations internationales reste europĂ©en mais n’exclut pas des traitĂ©s entre États europĂ©ens et États hors d’Europe.
  • Le droit international contemporain hĂ©rite de la Paix de Westphalie comme ossature europĂ©enne fondĂ©e sur souverainetĂ© et Ă©galitĂ© des États.
  • Le jus gentium est conçu pour rĂ©gir des relations entre Romains et non-Romains, donc entre particuliers, et non entre entitĂ©s territoriales souveraines.

💡 Astuce mĂ©mo

Westphalie = ÉGALITÉ entre États, mais sujets = PRINCE (cujus regio).

📖 4. Coutume internationale : formation et difficultĂ©

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Coutume internationale : La coutume internationale est une norme issue d’une pratique gĂ©nĂ©rale, acceptĂ©e comme Ă©tant le droit par les Etats.
  • Article 38 du Statut de la CIJ : L’article 38 du Statut de la CIJ Ă©numĂšre les modes de dĂ©termination du droit que la Cour applique aux diffĂ©rends.
  • Valeur coutumiĂšre de l’article 38 : La valeur coutumiĂšre de l’article 38 signifie que sa liste est considĂ©rĂ©e comme reflĂ©tant le droit applicable au-delĂ  du seul texte.
  • Ex aequo et bono : Ex aequo et bono dĂ©signe la facultĂ© pour la Cour de trancher en Ă©quitĂ© lorsque les parties y consentent.
  • Actes unilatĂ©raux : Les actes unilatĂ©raux d’Etats ou d’organisations internationales peuvent produire des effets juridiques pour leurs auteurs, mĂȘme sans ĂȘtre citĂ©s Ă  l’article 38.

📝 Points essentiels

  • La formation du droit international a Ă©tĂ© progressivement juridictionnalisĂ©e, ce qui a conduit Ă  des listes de modes de formation dans des textes successifs.
  • La Convention XII de 1907 (Cour internationale de prises) prĂ©voit, Ă  dĂ©faut de convention, l’application des rĂšgles du droit international assimilĂ©es Ă  la coutume, puis des principes d’équitĂ©.
  • La Convention XII de 1907 a Ă©tĂ© signĂ©e par 31 Etats mais n’a Ă©tĂ© ratifiĂ©e que par le Nicaragua en 1909 et n’est jamais entrĂ©e en vigueur.
  • L’article 38 du Statut de la CIJ fait appliquer : conventions, coutume, principes gĂ©nĂ©raux, puis dĂ©cisions et doctrine comme moyens auxiliaires, sous rĂ©serve de l’article 59.
  • L’article 38 ne couvre pas tous les modes de formation : il omet notamment les actes unilatĂ©raux et le droit des organisations internationales, d’oĂč une critique d’incomplĂ©tude.
  • La rĂ©fĂ©rence aux « Nations civilisĂ©es » dans l’article 38 reflĂšte l’idĂ©ologie du XIXe–dĂ©but XXe siĂšcle et le contexte colonial de l’époque de rĂ©daction du Statut de la CIJ/PJCI, mais peut ĂȘtre rĂ©interprĂ©tĂ©e Ă  la lumiĂšre,

💡 Astuce mĂ©mo

Article 38 = « Conventions → Coutume → Principes → Auxiliaires », et si accord des parties : « ÉquitĂ© (ex aequo et bono) ».

📖 5. Sources subsidiaires : jurisprudence et justice internationale

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Convention de Vienne sur le droit des traitĂ©s 1969 : La convention de Vienne de 1969 codifie les rĂšgles relatives Ă  la conclusion, l’application et l’extinction des traitĂ©s, en s’appuyant largement sur le droit coutumier.
  • Commission du droit international : La Commission du droit international est un organe subsidiaire des Nations-Unies composĂ© d’experts indĂ©pendants chargĂ© du dĂ©veloppement progressif du droit international public.
  • Effet relatif des traitĂ©s : L’effet relatif des traitĂ©s signifie que les obligations conventionnelles ne lient en principe que les États qui ont signĂ© ou ratifiĂ© le traitĂ©.
  • TraitĂ© humanitaire : Un traitĂ© humanitaire est un traitĂ© dont l’objet porte sur la personne humaine et qui bĂ©nĂ©ficie d’un rĂ©gime particulier en matiĂšre d’inexĂ©cution.
  • Jus cogens : Le jus cogens dĂ©signe une norme impĂ©rative du droit international gĂ©nĂ©ral qui limite la portĂ©e de certaines rĂšgles du droit des traitĂ©s.

📝 Points essentiels

  • Le traitĂ© est le mode privilĂ©giĂ© de crĂ©ation du droit international, et la multiplication des traitĂ©s renforce l’institutionnalisation et la rĂ©gulation de la sociĂ©tĂ© internationale.
  • La Convention de Vienne sur le droit des traitĂ©s (1969) est entrĂ©e en vigueur le 27 janvier 1980 et ne s’applique pas aux traitĂ©s conclus avant cette date (art. 4).
  • La Convention de Vienne (1969) a un caractĂšre supplĂ©tif : elle s’applique en l’absence d’autres dispositions conventionnelles pertinentes.
  • La codification de 1969 rĂ©sulte des travaux de la Commission du droit international, créée en 1947 par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations-Unies.
  • Une Convention de Vienne de 1986 vise les traitĂ©s entre États et organisations internationales ou entre organisations internationales et reflĂšte largement le droit coutumier.
  • La Convention de Vienne sur la succession d’États en matiĂšre de traitĂ©s (1978) est entrĂ©e en vigueur en 1996 mais a eu un faible nombre de ratifications et un retentissement limitĂ© dans la pratique.

💡 Astuce mĂ©mo

Traités = « rÚgle écrite » : Vienne 1969 (codifie) + effet relatif (liens seulement signataires/ratifiants) + humanitaire = pas de réciprocité.

📖 6. Sources subsidiaires : doctrine et Ă©quitĂ©

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • DĂ©claration unilatĂ©rale : Une dĂ©claration unilatĂ©rale est un acte par lequel un État manifeste sa volontĂ© d’écarter ou de modifier l’effet juridique de certaines clauses d’un traitĂ© Ă  son Ă©gard.
  • RĂ©serve au traitĂ© : Une rĂ©serve au traitĂ© est une dĂ©claration par laquelle un État vise Ă  exclure ou Ă  modifier l’effet juridique de certaines dispositions du traitĂ© dans son application.
  • Coutume internationale : La coutume internationale est une rĂšgle de droit issue d’une pratique gĂ©nĂ©rale et de l’acceptation de cette pratique comme Ă©tant le droit.
  • Opinio juris sive necessitatis : L’opinio juris sive necessitatis est l’élĂ©ment psychologique qui traduit la conviction des États que la pratique correspond Ă  une obligation juridique.
  • Principes gĂ©nĂ©raux du droit : Les principes gĂ©nĂ©raux du droit sont des rĂšgles communes aux ordres juridiques internes que le juge international transpose dans l’ordre international.

📝 Points essentiels

  • La Charte des Nations unies prime en principe sur les autres traitĂ©s internationaux, ce qui limite le jeu du volontarisme conventionnel.
  • La CIJ rattache certains principes fondamentaux de la Charte Ă  la coutume, ce qui les rend moins dĂ©pendants des choix conventionnels des États.
  • Les rĂ©serves sont des dĂ©clarations faites lors de la signature, le plus souvent, ou parfois lors de la ratification d’un traitĂ©.
  • La rĂ©serve vise Ă  exclure ou Ă  modifier l’effet juridique de clauses, mĂȘme si le libellĂ© ou la dĂ©signation de la dĂ©claration varie.
  • La coutume se dĂ©gage d’une pratique gĂ©nĂ©rale reconnue et respectĂ©e, mais elle peut ĂȘtre difficile Ă  identifier tant qu’elle n’est pas formulĂ©e.
  • La coutume est dite « spontanĂ©e » car le passage du fait social au caractĂšre juridique se fait par une prise de conscience collective sans mĂ©canisme formel dĂ©terminĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Coutume = Pratique + Conviction (opinio juris). RĂ©serve = Clause “pas pour moi” (ou “pas comme ça”).

📖 7. Actes unilatĂ©raux des États et des organisations

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Charte des Nations unies : TraitĂ© fondateur de l’ONU qui encadre le rĂšglement des diffĂ©rends et interdit le recours Ă  la force entre États.
  • Article 2 paragraphe 3 : Disposition de la Charte qui impose aux États de rĂ©gler leurs diffĂ©rends internationaux par des moyens pacifiques pour prĂ©server la paix, la sĂ©curitĂ© et la justice.
  • Article 33 : Disposition de la Charte qui propose une liste de moyens de rĂšglement des diffĂ©rends internationaux.
  • Justice internationale : Ensemble de mĂ©canismes oĂč un tiers tranche un litige international, avec des organes indĂ©pendants et une procĂ©dure contradictoire fondĂ©e sur le droit.
  • Mesures conservatoires : DĂ©cisions provisoires de la CIJ destinĂ©es Ă  protĂ©ger les droits des parties pendant l’instance jusqu’à la dĂ©cision dĂ©finitive.

📝 Points essentiels

  • La Charte de l’ONU interdit le recours Ă  la force et impose le rĂšglement pacifique des diffĂ©rends internationaux.
  • L’article 33 distingue des moyens proposĂ©s aux parties (enquĂȘte, mĂ©diation, conciliation) et des moyens imposĂ©s (arbitrage, rĂšglement judiciaire).
  • La justice internationale se rapproche de la justice interne par la prĂ©sence d’un tiers, l’indĂ©pendance de l’organe, la contradiction et le fondement juridique.
  • Dans l’ordre international, les principaux justiciables sont les États et le droit de saisine des individus est exceptionnel.
  • La justice internationale est facultative et il n’existe ni coordination ni hiĂ©rarchie entre les juridictions internationales.
  • Les mĂ©canismes internationaux sont nombreux et leurs compĂ©tences varient selon l’organe et le type de litige (matĂ©riel et personnel).

💡 Astuce mĂ©mo

Charte = Paix + Justice : art. 2§3 = pacifique, art. 33 = moyens (proposés vs imposés).

📖 8. ÉlĂ©ments constitutifs de l’État : territoire, population, gouvernement

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Territoire de l’État : Le territoire est l’assise spatiale sur laquelle l’État exerce ses fonctions et fonde sa souverainetĂ©.
  • Population de l’État : La population dĂ©signe l’ensemble des personnes rattachĂ©es Ă  l’État, sur lesquelles s’exercent ses compĂ©tences.
  • Gouvernement de l’État : Le gouvernement est l’autoritĂ© organisĂ©e qui permet Ă  l’État d’agir et d’exĂ©cuter ses dĂ©cisions.
  • SouverainetĂ© territoriale : La souverainetĂ© territoriale correspond au pouvoir exclusif de l’État d’exercer des fonctions sur son territoire, Ă  l’exclusion des autres États.

📝 Points essentiels

  • Il ne peut pas exister d’État sans territoire, car le territoire conditionne l’exercice de la souverainetĂ©.
  • Dans l’affaire de l’üle de Palmas (sentence du 4 avril 1928), la souverainetĂ© est dĂ©crite comme une indĂ©pendance permettant d’exercer des fonctions Ă©tatiques sur une partie du globe.
  • La souverainetĂ© implique une compĂ©tence exclusive de l’État pour son propre territoire, en excluant l’intervention d’un autre État sur le mĂȘme espace.
  • Le territoire sert de base Ă  l’organisation nationale et au dĂ©veloppement du droit international, qui consolide l’idĂ©e de compĂ©tence exclusive.
  • La population et le gouvernement complĂštent la dĂ©finition de l’État en permettant respectivement l’effectivitĂ© du lien humain et la capacitĂ© d’action de l’autoritĂ© Ă©tatique.

💡 Astuce mĂ©mo

Territoire = sol de la souverainetĂ© ; Population = corps rattachĂ© ; Gouvernement = tĂȘte qui dĂ©cide.

📖 9. Droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Libre dĂ©termination des peuples : Principe de droit international selon lequel les peuples choisissent librement leur statut politique et poursuivent leur dĂ©veloppement sans ingĂ©rence extĂ©rieure.
  • Droit inaliĂ©nable de choisir un systĂšme : Droit international proclamĂ© par l’ONU qui garantit aux peuples le choix de leur organisation politique, Ă©conomique, sociale et culturelle sans ingĂ©rence d’un autre État.
  • Reconnaissance internationale : ProcĂ©dĂ© par lequel un sujet du droit international accepte qu’une situation ou un acte, nĂ© sans sa participation, lui soit opposable juridiquement.
  • ThĂ©orie constitutive de la reconnaissance : ThĂšse selon laquelle la reconnaissance serait un acte qui ferait naĂźtre ou produire des effets juridiques Ă  l’égard de l’État reconnu.
  • ThĂ©orie dĂ©clarative de la reconnaissance : ThĂšse selon laquelle la reconnaissance n’est qu’une attestation de l’existence prĂ©existante de l’État, sans la crĂ©er.

📝 Points essentiels

  • La RĂ©solution 1514 (XV) de l’AGNU affirme que tous les peuples ont le droit de libre dĂ©termination et dĂ©terminent librement leur statut politique et leur dĂ©veloppement.
  • La RĂ©solution 2625 (XXV) de l’AGNU Ă©voque un droit inaliĂ©nable de choisir son systĂšme politique, Ă©conomique, social et culturel sans ingĂ©rence Ă©trangĂšre.
  • Le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes apparaĂźt comme la base dont dĂ©coule la libre dĂ©termination des peuples.
  • La reconnaissance rend opposable juridiquement une situation ou un acte Ă  l’État qui n’y a pas participĂ© Ă  l’origine.
  • La sentence arbitrale de 1929 (Deutsche Continental Gas-Gesellschaft) retient que la reconnaissance n’est pas constitutive mais dĂ©clarative.
  • Dans l’affaire Kosovo, l’AGNU (rĂ©solution A/RES/63/3 du 8 octobre 2008) demande Ă  la CIJ un avis consultatif sur la conformitĂ© au droit international de la dĂ©claration d’indĂ©pendance des institutions provisoires d’autoad

💡 Astuce mĂ©mo

Libre détermination = choix politique + développement libre (AGNU 1514 XV) ; Reconnaissance = attestation (déclarative) et non création.

📖 10. Concept de reconnaissance des États

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ÉgalitĂ© souveraine des États : Principe du droit international selon lequel les États membres de l’ONU ont des droits et obligations Ă©quivalents, impliquant une rĂ©ciprocitĂ© des avantages.
  • PersonnalitĂ© internationale de l’État : Notion juridique dĂ©signant l’État comme sujet de droit international titulaire de droits et d’obligations, maintenu malgrĂ© des changements matĂ©riels ou territoriaux.
  • ContinuitĂ© de l’État : Principe selon lequel l’État subsiste en droit international mĂȘme si son territoire ou sa configuration matĂ©rielle change, sauf cas d’anĂ©antissement juridique.
  • DĂ©bellatio : Situation de mort juridique d’un État liĂ©e Ă  son anĂ©antissement militaire par un autre État, entraĂźnant la disparition de la personnalitĂ© internationale.
  • CapacitĂ© internationale de l’État : Ensemble des compĂ©tences dont dispose l’État dans l’ordre juridique international, encadrĂ©es par des limites imposĂ©es par le droit international.

📝 Points essentiels

  • L’égalitĂ© souveraine implique une rĂ©ciprocitĂ© des droits et avantages, mais certains États en dĂ©veloppement ont contestĂ© cette logique dans le domaine Ă©conomique.
  • La personnalitĂ© internationale de l’État correspond Ă  une entitĂ© juridique dotĂ©e de capacitĂ©s et de droits/obligations issus de normes du droit international.
  • La continuitĂ© de l’État joue lors d’une acquisition ou d’une perte de territoire : l’État ne disparaĂźt pas automatiquement en droit.
  • L’État ne cesse que dans des hypothĂšses comme la fusion d’États ou la mort juridique liĂ©e Ă  la dĂ©bellatio.
  • La capacitĂ© internationale est limitĂ©e par la soumission Ă  l’ordre juridique international et par l’interdiction du recours Ă  la force armĂ©e.
  • La capacitĂ© internationale est aussi limitĂ©e par l’obligation de rĂšglement pacifique des diffĂ©rends et par la non-ingĂ©rence dans les affaires intĂ©rieures d’un État.

💡 Astuce mĂ©mo

ContinuitĂ© = territoire change, État reste ; disparition = fusion ou dĂ©bellatio (mort juridique).

📖 11. Fin de l’État et succession d’États

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Constitution d’une organisation internationale : Une constitution d’organisation internationale dĂ©signe l’ensemble des rĂšgles issues de l’acte constitutif qui fixe le cadre d’action de l’organisation.
  • Acte constitutif : L’acte constitutif est le traitĂ© qui crĂ©e l’organisation internationale et dĂ©termine ses compĂ©tences ainsi que ses moyens.
  • Pacta sunt servanda : Le principe pacta sunt servanda impose aux États de respecter les engagements internationaux qu’ils ont acceptĂ©s.
  • Article 103 de la Charte de l’ONU : L’article 103 rĂšgle les conflits entre obligations des États en vertu de la Charte et celles issues d’autres traitĂ©s internationaux.
  • PersonnalitĂ© juridique objective de l’ONU : La personnalitĂ© juridique objective est l’idĂ©e que l’ONU possĂšde une capacitĂ© juridique internationale nĂ©cessaire Ă  l’exercice de ses fonctions, mĂȘme si la Charte ne la formule pas explicitement.

📝 Points essentiels

  • Les traitĂ©s constitutifs d’organisations lient les États Ă  l’organisation et entre eux, et les États doivent en principe accepter le traitĂ© en bloc sans rĂ©serves incompatibles avec ses buts.
  • Les traitĂ©s constitutifs organisent souvent la primautĂ© de l’acte dans sa sphĂšre de compĂ©tence sur les autres engagements internationaux des États.
  • La Charte de l’ONU (art. 103) fait prĂ©valoir les obligations des États membres au titre de la Charte sur leurs obligations issues de tout autre accord international.
  • Dans l’affaire Lockerbie, la CIJ a admis que l’art. 103 impose de cĂ©der Ă  une rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ©, mĂȘme face Ă  une convention invoquĂ©e par la Libye pour juger elle-mĂȘme les suspects.
  • Les accords sur le rĂšglement des diffĂ©rends et la juridiction de la CIJ conclus par les parties restent subordonnĂ©s Ă  l’art. 103 en cas de conflit d’obligations.
  • Les organisations internationales se distinguent de leurs membres : elles disposent d’organes propres qui expriment la volontĂ© de l’organisation, imputable Ă  l’organisation et non aux États pris individuellement.

💡 Astuce mĂ©mo

Art. 103 = « Charte au-dessus du reste » : en conflit, la Charte gagne.

📖 12. SouverainetĂ© de l’État : sens positif et nĂ©gatif

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • PersonnalitĂ© juridique internationale : La personnalitĂ© juridique internationale est la capacitĂ© d’une organisation Ă  ĂȘtre titulaire de droits et Ă  agir sur la scĂšne internationale.
  • PersonnalitĂ© objective : La personnalitĂ© objective dĂ©signe une personnalitĂ© opposable Ă  tous les États, indĂ©pendamment de leur qualitĂ© de membres.
  • Principe de spĂ©cialitĂ© : Le principe de spĂ©cialitĂ© limite les organisations internationales aux compĂ©tences d’attribution nĂ©cessaires Ă  leurs objectifs communs.
  • Pouvoirs implicites : Les pouvoirs implicites sont des compĂ©tences non Ă©crites dans la charte mais nĂ©cessaires pour accomplir efficacement la mission de l’organisation.
  • Organisation internationale sujet second : La notion de sujet second signifie que l’organisation internationale agit dans un cadre dĂ©rivĂ© et limitĂ© par le droit et les États.

📝 Points essentiels

  • La CIJ relie la personnalitĂ© juridique internationale Ă  la capacitĂ© d’accomplir effectivement les fonctions confiĂ©es Ă  l’organisation.
  • Dans l’affaire Bernadotte, la CIJ juge que l’ONU devait pouvoir agir pour rĂ©clamer un dĂ©dommagement, ce qui suppose une large mesure de personnalitĂ© et de capacitĂ© d’action internationale.
  • La CIJ qualifie la personnalitĂ© de l’ONU d’« objective » et l’oppose Ă  tous les États, y compris ceux qui ne sont pas membres.
  • La CIJ fonde l’admission de cette personnalitĂ© objective sur une logique de reprĂ©sentativitĂ© (ex. 50 États reprĂ©sentant une large majoritĂ©).
  • La CIJ prĂ©cise que l’organisation internationale n’est « ni un État ni un super État ».
  • Il n’existe pas de statut uniforme des organisations internationales : on dĂ©duit leurs pouvoirs de la charte constitutive et du droit international applicable Ă  leur action et Ă  la souverainetĂ© des États.

💡 Astuce mĂ©mo

Personnalité = « agir utilement » : sans capacité juridique, pas de mission internationale possible.

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1648TraitĂ©s de Westphalie (Paix de Westphalie) consacrant l’égalitĂ© religieuse entre États chrĂ©tiens et l’ossature europĂ©enne du droit des gens
24 octobre 1945Fondation de l’Organisation des Nations Unies (ONU) par 51 pays
27 janvier 1980Entrée en vigueur de la Convention de Vienne sur le droit des traités (1969)

📊 Tableaux de synthùse

MajoritĂ©s et consensus Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU

DécisionsMajoritéPratique récente
Questions essentielles (paix/sĂ©curitĂ©, admission, budget)majoritĂ© des deux tierstendance au consensus plutĂŽt qu’au vote
Autres questionsmajoritĂ© simpletendance au consensus plutĂŽt qu’au vote

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre DIP et ONU : le DIP est un ensemble de rĂšgles, tandis que l’ONU n’est pas un gouvernement mondial et ne lĂ©gifĂšre pas.
  2. MĂ©langer sujets et acteurs : les individus, ONG et entreprises sont des acteurs, mais n’ont pas la qualitĂ© de sujets de DIP (droit essentiellement interĂ©tatique).
  3. Croire que l’égalitĂ© confessionnelle de Westphalie implique la libertĂ© religieuse des sujets : ils doivent suivre la religion du prince (cujus regio, ejus religio) ou Ă©migrer.
  4. Penser que l’article 38 de la CIJ Ă©puise toutes les sources : il est incomplet (il omet notamment les actes unilatĂ©raux et le droit des organisations internationales).
  5. Inverser coutume et traité : la coutume exige pratique générale + opinio juris, alors que le traité est un accord écrit régi par le droit international.
  6. Oublier l’effet relatif des traitĂ©s : en principe, les obligations lient seulement les États signataires/ratifiants, avec des exceptions notamment pour les traitĂ©s humanitaires.
  7. Confondre reconnaissance constitutive et dĂ©clarative : la reconnaissance d’État n’est pas constitutive mais dĂ©clarative (attestation de l’existence).

✅ Checklist Examen

  1. Définir le DIP, la société internationale et distinguer sujets du DIP et acteurs de la vie internationale.
  2. Expliquer le rĂŽle de l’ONU dans la sĂ©curitĂ© collective et rappeler les quatre buts de l’ONU.
  3. MaĂźtriser le fonctionnement de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale : une voix par État, deux tiers vs majoritĂ© simple, et la logique du consensus (consultation du PrĂ©sident).
  4. PrĂ©senter la Paix de Westphalie : Ă©galitĂ© religieuse entre États chrĂ©tiens, absence de libertĂ© religieuse des sujets, et lien avec souverainetĂ©/Ă©galitĂ©.
  5. Expliquer l’ordre juridique international (absence de constitution, lĂ©gislateur, exĂ©cutif, juridiction obligatoire) et situer le DIP classique vs moderne.
  6. DĂ©crire la coutume internationale : formation, difficultĂ© d’identification, et les deux Ă©lĂ©ments (pratique + opinio juris).
  7. Savoir ce que recouvre l’article 38 du Statut de la CIJ : conventions, coutume, principes gĂ©nĂ©raux, jurisprudence/doctrine, valeur coutumiĂšre et ex aequo et bono avec accord.
  8. Comparer les sources subsidiaires : jurisprudence (source auxiliaire) et doctrine, puis expliquer l’équitĂ© ex aequo et bono (facultĂ© conditionnĂ©e).
  9. DĂ©finir traitĂ© et ses exclusions (accords verbaux, engagements politiques, etc.), puis rappeler l’intĂ©rĂȘt du rĂ©gime des traitĂ©s (Vienne 1969, caractĂšre supplĂ©tif, effet relatif).
  10. Expliquer signature, ratification et adhĂ©sion, ainsi que pacta sunt servanda et l’exception liĂ©e au jus cogens.
  11. Définir réserve et déclaration unilatérale, préciser leur moment (souvent signature, parfois ratification) et leur fonction juridique.
  12. Expliquer les actes unilatĂ©raux : reconnaissance, protestation, notification, et distinguer leurs effets ; puis maĂźtriser les Ă©lĂ©ments constitutifs de l’État (territoire, population, gouvernement) et la souverainetĂ© (ind

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1. Quel Ă©lĂ©ment est indispensable Ă  l’existence d’un État en droit international ?

2. Quels sont les deux Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires Ă  la formation d’une coutume internationale ?

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Droit international public — dĂ©finition ?

RÚgles encadrant relations entre sujets de la société internationale.

SociĂ©tĂ© internationale — acteurs ?

États, organisations internationales, autres entitĂ©s reconnues.

Sujet de droit international — exemple ?

L’État, les organisations internationales.

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