Revision sheet: Introduction au droit public des affaires

Plan du Cours

  1. Définition du droit public des affaires
  2. Trois figures de l’État face au marchĂ©
  3. Alternance interventionnisme et libéralisme
  4. DĂ©cret d’Allarde et loi Le Chapelier
  5. État providence et solidaritĂ© nationale
  6. Sources internes du droit public des affaires
  7. Droit souple et critĂšres de qualification
  8. Sources européennes et droits conventionnels
  9. Libertés économiques à vocation générale
  10. Libertés économiques par ricochet
  11. Secteur public et opérateurs publics
  12. ContrĂŽle de l’accĂšs au marchĂ© et autorisations

1. Définition du droit public des affaires

Notions clés & Définitions

  • Droit public des affaires : Le droit public des affaires dĂ©signe le droit des relations entre l’administration et les opĂ©rateurs Ă©conomiques.
  • Administration au sens large : L’administration au sens large regroupe l’ensemble des autoritĂ©s publiques susceptibles d’interagir avec le marchĂ© et ses acteurs.
  • OpĂ©rateurs Ă©conomiques : Les opĂ©rateurs Ă©conomiques sont les entreprises et acteurs du marchĂ© qui Ă©changent des biens ou des services.
  • MarchĂ© : Le marchĂ© est un espace d’échange oĂč se rencontrent une offre et une demande de biens ou de services.
  • DUE : Le droit de l’Union europĂ©enne irrigue largement la matiĂšre et influence les rĂšgles mobilisĂ©es en droit public des affaires.

Points essentiels

  • Le droit public des affaires traite des problĂ©matiques Ă©conomiques (notamment crises climatique et sanitaire) Ă  travers des rĂšgles de droit public.
  • La matiĂšre se situe Ă  la frontiĂšre entre droit et Ă©conomie, et entre droit public et droit privĂ©, tout en mobilisant fortement le droit de l’Union europĂ©enne.
  • Le rĂŽle de la puissance publique est analysĂ© sous deux angles : en tant qu’opĂ©rateur et en tant que rĂ©gulateur.
  • La logique d’intervention de l’État Ă©volue avec les crises et le contexte gĂ©opolitique mondial.
  • Le droit public des affaires est aussi reliĂ© Ă  la souverainetĂ© Ă©conomique europĂ©enne, remise en avant dans le discours politique et juridique.
  • Le droit public des affaires retient deux figures centrales de l’État : opĂ©rateur et rĂ©gulateur.

Astuce mémo

DPA = Administration ↔ Entreprises, avec l’UE en fil conducteur (opĂ©rateur + rĂ©gulateur).

2. Trois figures de l’État face au marchĂ©

Notions clés & Définitions

  • Compagnie des Indes Orientales : Compagnie coloniale créée en 1664, organisĂ©e sous impulsion royale pour regrouper des entreprises coloniales dĂ©ficitaires et mobiliser l’épargne privĂ©e.
  • Roi actionnaire : ModĂšle oĂč le souverain intervient comme actionnaire et encadre la gouvernance d’une sociĂ©tĂ© privĂ©e, mĂȘlant capitaux publics et contrĂŽle royal.
  • État gendarme : Figure de l’État libĂ©ral du XVIIIe siĂšcle, cantonnĂ© au maintien de l’ordre et Ă  la protection des libertĂ©s nĂ©cessaires au marchĂ©.
  • État providence : Figure interventionniste des XIXe-XXe siĂšcles, centrĂ©e sur la prestation de services publics et la cohĂ©sion sociale via la solidaritĂ© nationale.
  • État rĂ©gulateur : Figure contemporaine oĂč l’État ne dirige pas directement le marchĂ© mais stabilise et garantit le libre jeu concurrentiel, notamment par des autoritĂ©s indĂ©pendantes.

Points essentiels

  • La Compagnie des Indes Orientales illustre une logique de regroupement d’activitĂ©s coloniales dĂ©ficitaires sous une mĂȘme structure, avec rĂ©daction des statuts et mobilisation de l’épargne privĂ©e.
  • Le contrĂŽle royal est Ă©troit sous Louis XIV, notamment par la nomination des directeurs jusqu’à une direction effective.
  • La doctrine qualifie ce phĂ©nomĂšne de « roi actionnaire », prĂ©figurant l’économie mixte (capitaux publics et privĂ©s au sein d’une sociĂ©tĂ© privĂ©e).
  • La rupture de 1789 met fin Ă  cette politique et s’accompagne d’une traduction juridique du libĂ©ralisme Ă©conomique.
  • En 1789, la DDHC consacre le droit de propriĂ©tĂ© privĂ©e (art. 2 et 17).
  • Le dĂ©cret d’Allard du 2 et 17 mars 1791 consacre la libertĂ© du commerce et de l’industrie, et la loi Le Chapelier (1791) abolit les corporations.

Astuce mémo

Gendarme = ordre + libertés ; Providence = solidarité + services ; Régulateur = rÚgles pour laisser jouer le marché.

3. Alternance interventionnisme et libéralisme

Notions clés & Définitions

  • Droit souple : Le droit souple regroupe des actes non impĂ©ratifs (avis, recommandations, mises en garde, prises de position) pouvant nĂ©anmoins produire des effets sur les destinataires.
  • Recours pour excĂšs de pouvoir : Le recours pour excĂšs de pouvoir est un contentieux visant l’annulation d’un acte administratif, en contrĂŽlant ses vices de lĂ©galitĂ©.
  • Jurisprudence Fairvesta : La jurisprudence Fairvesta admet le REP contre certains actes de droit souple d’autoritĂ©s de rĂ©gulation lorsque des conditions sont rĂ©unies.
  • Jurisprudence Mme Le Pen : La jurisprudence Mme Le Pen Ă©tend le REP aux actes de droit souple d’autoritĂ©s administratives classiques dĂšs lors qu’ils ont des effets notables.
  • Jurisprudence Gisti : La jurisprudence Gisti regroupe les documents de portĂ©e gĂ©nĂ©rale et permet le REP contre des actes de droit souple susceptibles d’avoir des effets notables sur les droits.

Points essentiels

  • Le CE refuse que le REP reste fermĂ© aux actes de droit souple dĂšs lors qu’ils produisent des effets Ă©conomiques et pas seulement juridiques.
  • Dans CE, 21 mars 2016, SociĂ©tĂ© Fairvesta et SociĂ©tĂ© NumĂ©ricable, le REP est admis contre certains actes de droit souple d’autoritĂ©s de rĂ©gulation dans deux cas.
  • Le premier cas (Fairvesta) vise les actes de droit souple qui entrent dans la formulation d’actes de droit dur dĂ©guisĂ©s.
  • Le second cas (Fairvesta) vise les actes de droit souple de nature Ă  produire des effets notables, notamment Ă©conomiques, ou destinĂ©s Ă  influer significativement les comportements des destinataires.
  • Le CE raisonne de façon consĂ©quentialiste : l’acte fait grief par ses effets (juridiques et/ou Ă©conomiques) et non par son contenu.
  • La recevabilitĂ© est doublement limitĂ©e : elle vise des autoritĂ©s de rĂ©gulation et des actes limitativement Ă©numĂ©rĂ©s (avis, recommandations, mises en garde, prises de position).

Astuce mémo

Effets d’abord : si l’acte fait bouger l’économie, le juge ouvre le prĂ©toire.

4. DĂ©cret d’Allarde et loi Le Chapelier

Notions clés & Définitions

  • LibertĂ© d’entreprendre : La libertĂ© d’entreprendre protĂšge l’accĂšs Ă  une activitĂ© Ă©conomique et son exercice, mais elle peut ĂȘtre limitĂ©e par le lĂ©gislateur.
  • Exigence constitutionnelle : Une exigence constitutionnelle est un motif tirĂ© du bloc de constitutionnalitĂ© qui peut justifier une atteinte Ă  la libertĂ© d’entreprendre.
  • Objectif de valeur constitutionnelle : Un objectif de valeur constitutionnelle est un but constitutionnellement reconnu pouvant justifier des limitations Ă  la libertĂ© d’entreprendre.
  • LibertĂ© du commerce et de l’industrie : La libertĂ© du commerce et de l’industrie garantit l’exercice des activitĂ©s Ă©conomiques sans autorisation prĂ©alable imposĂ©e par l’administration, et interdit la non-concurrence publique.
  • Libre concurrence : La libre concurrence vise le respect d’une concurrence saine, libre, Ă©gale et loyale, et s’apprĂ©cie au regard du marchĂ©.

Points essentiels

  • La libertĂ© d’entreprendre n’est ni gĂ©nĂ©rale ni absolue : le Conseil constitutionnel admet des limitations par le lĂ©gislateur.
  • Le contrĂŽle du Conseil constitutionnel se fait en deux temps : justification de l’atteinte par une exigence constitutionnelle ou un objectif de valeur constitutionnelle, puis contrĂŽle de la proportionnalitĂ©.
  • Le Conseil constitutionnel n’annule que les atteintes manifestement disproportionnĂ©es, en Ă©vitant de substituer son apprĂ©ciation Ă  celle du Parlement.
  • Exemples de motifs : Ă©quilibre des relations commerciales, protection du cadre de vie, ou fonctionnement concurrentiel du marchĂ© de l’électricitĂ© et stabilitĂ© des prix.
  • Les exigences constitutionnelles sont notamment tirĂ©es du PrĂ©ambule de 1946, par exemple sĂ©curitĂ© matĂ©rielle et pluralisme des mĂ©dias.
  • Les objectifs de valeur constitutionnelle incluent la protection de la santĂ© et de l’environnement, avec une dĂ©cision clĂ© en 2020 (UIPP) reconnaissant l’environnement comme OVC fondĂ© sur la Charte de l’environnement.

Astuce mémo

Justification puis proportionnalitĂ© : « Motif constitutionnel → pas de dĂ©sĂ©quilibre manifeste ».

5. État providence et solidaritĂ© nationale

Notions clés & Définitions

  • Principe d’incessibilitĂ© Ă  vil prix : Le principe constitutionnel interdit de cĂ©der des biens publics Ă  des personnes privĂ©es Ă  un prix infĂ©rieur Ă  leur valeur vĂ©nale.
  • Droits de dĂ©fense : Les droits issus de la DDHC sont conçus comme des garanties contre les ingĂ©rences de l’État dans la sphĂšre individuelle.
  • Principe d’égalitĂ© : Le principe d’égalitĂ© impose un traitement identique des personnes placĂ©es dans la mĂȘme situation, sauf justification et conditions.
  • ÉgalitĂ© de concurrence : L’égalitĂ© de concurrence exige que les opĂ©rateurs soient placĂ©s dans des conditions comparables pour participer au jeu Ă©conomique.
  • SĂ©curitĂ© juridique : La sĂ©curitĂ© juridique vise Ă  stabiliser les situations et Ă  limiter les remises en cause brutales du droit.

Points essentiels

  • Le Conseil constitutionnel protĂšge la propriĂ©tĂ© publique et refuse la cession de biens publics Ă  des personnes privĂ©es Ă  un prix infĂ©rieur Ă  la valeur vĂ©nale.
  • La critique de 1789 soutient que les auteurs de la DDHC n’auraient pas eu l’intention de protĂ©ger la propriĂ©tĂ© publique au mĂȘme degrĂ©.
  • Le contrĂŽle de l’égalitĂ© est un contrĂŽle « par ricochet » : le principe n’est pas limitĂ© Ă  l’économie mais prend un relief particulier dans les interventions Ă©conomiques.
  • Les diffĂ©rences de traitement sont possibles si les personnes ne sont pas dans la mĂȘme situation, ce qui neutralise l’atteinte au principe d’égalitĂ©.
  • MĂȘme en prĂ©sence d’une mĂȘme situation, une dĂ©rogation est admise si un motif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral l’impose et si les diffĂ©rences respectent adĂ©quation et proportionnalitĂ©.
  • En droit de l’UE, la sĂ©curitĂ© juridique s’articule avec la confiance lĂ©gitime (principe fondamental), tandis qu’en droit interne français le CE consacre la sĂ©curitĂ© juridique comme PGD via la DDHC.

Astuce mémo

IncessibilitĂ© Ă  vil prix = pas de « braderie » du public ; ÉgalitĂ© = mĂȘme situation + (sinon hors champ) ou motif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral + adĂ©quation + proportionnalitĂ© ; SĂ©curitĂ© juridique = stabilitĂ© et adaptation sans rupture brutale.

6. Sources internes du droit public des affaires

Notions clés & Définitions

  • Établissement public national : Personne morale de droit public rattachĂ©e Ă  l’État ou Ă  la collectivitĂ© qui l’a créée, pouvant exercer une activitĂ© Ă©conomique.
  • EPIC : Établissement public industriel et commercial, forme privilĂ©giĂ©e pour les activitĂ©s Ă©conomiques et historiquement trĂšs utilisĂ©e.
  • SociĂ©tisation des EPIC : Transformation progressive d’EPIC en sociĂ©tĂ©s commerciales, faisant basculer le rĂ©gime du droit public vers le droit privĂ©.
  • Privatisation du statut juridique : Transformation d’un EPIC en sociĂ©tĂ© (souvent une SA) sans transfert nĂ©cessaire du capital au secteur privĂ©.
  • Quasi-domanialitĂ© publique : RĂ©gime inspirĂ© de la domanialitĂ© publique appliquĂ© Ă  certains biens de sociĂ©tĂ©s privĂ©es chargĂ©es d’une mission de service public.

Points essentiels

  • La sociĂ©tisation a touchĂ© de grands EPIC nationaux (France TĂ©lĂ©com en 1996, EDF en 2004, AĂ©roports de Paris en 2005, SNCF en 2020).
  • Le principe de spĂ©cialitĂ© limite l’activitĂ© de l’établissement public Ă  l’objet fixĂ© par le texte constitutif, avec une logique plus stricte que l’objet social d’une SA.
  • L’absence de capital social rĂ©duit la capacitĂ© de rĂ©aliser des opĂ©rations capitalistiques dans un cadre de marchĂ©.
  • Le DUE n’interdit pas l’existence d’entreprises publiques (art. 345 TFUE), mais impose une banalisation des comportements et une concurrence Ă©gale, saine et loyale.
  • Dans l’arrĂȘt CJUE 3 avril 2014, La Poste (C-559/12), la CJUE retient que le statut d’EPIC crĂ©e une garantie implicite et illimitĂ©e de l’État, prĂ©sumĂ©e constituer une aide d’État illĂ©gale faute de notification.
  • La CJUE (arrĂȘt 19 septembre 2018, IFP, C-438/16) confirme la logique de contestation et la solution envisagĂ©e consiste Ă  faire tomber le statut public en transfĂ©rant en SA, sans exclure des rĂ©gimes protecteurs maintenus.

Astuce mémo

EPIC = « État garantit » → DUE voit une aide d’État ; SA = « quasi-domanialitĂ© » pour garder le service public.

7. Droit souple et critĂšres de qualification

Notions clés & Définitions

  • Droit souple : Le droit souple regroupe des normes non directement contraignantes qui orientent les comportements sans imposer une obligation juridique classique.
  • CritĂšres de qualification : Les critĂšres de qualification sont les Ă©lĂ©ments permettant de dĂ©terminer si une situation relĂšve d’un rĂ©gime juridique donnĂ©.
  • Nationalisation : La nationalisation est un transfert forcĂ© de propriĂ©tĂ© d’une entreprise ou d’un bien vers l’État, rĂ©alisĂ© par acte de puissance publique et moyennant indemnisation.
  • Quasi domanialitĂ© publique : La quasi domanialitĂ© publique dĂ©signe un rĂ©gime de contrĂŽle et de protection des biens qui, sans ĂȘtre pleinement domaniaux, reste fortement encadrĂ© par l’État.
  • État partenaire : L’État partenaire est une figure d’intervention oĂč l’État conserve une capacitĂ© d’influence sans ĂȘtre majoritaire, notamment via des mĂ©canismes d’encadrement.

Points essentiels

  • La frontiĂšre entre secteur public et secteur privĂ© est poreuse : la privatisation n’efface pas tout contrĂŽle Ă©tatique, elle peut produire des mĂ©canismes d’influence rĂ©ciproques.
  • Michel Bazex qualifie ces mĂ©canismes de « retour de l’État » en soulignant le maintien d’un contrĂŽle dans l’entreprise privatisĂ©e.
  • Le professeur Dreyfus parle de « sociĂ©tĂ© de troisiĂšme type » pour dĂ©crire un systĂšme hybride entre public et privĂ©.
  • JP Colson et P. Idoux opposent l’État entrepreneur (figure du passĂ©) Ă  l’État partenaire, qui influence sans majoritĂ© et peut devenir un État rĂ©gulateur.
  • La protection des entreprises stratĂ©giques vise la souverainetĂ© Ă©conomique et peut justifier ces mĂ©canismes d’encadrement.
  • Une nationalisation a un caractĂšre forcĂ© : c’est un acte de souverainetĂ© et de puissance publique, avec indemnisation des propriĂ©taires.

Astuce mémo

Privatisation ≠ disparition : l’État reste prĂ©sent (influence) ; Nationalisation = forcĂ©e + puissance publique + indemnitĂ©.

8. Sources européennes et droits conventionnels

Notions clés & Définitions

  • Code de la commande publique : Le code de la commande publique fixe le cadre actuel permettant Ă  des personnes publiques d’ĂȘtre titulaires de marchĂ©s publics ou de concessions.
  • Avis JLBC : L’avis JLBC est la dĂ©cision qui encadre les conditions de candidature d’un Ă©tablissement public Ă  un marchĂ© public afin d’éviter une concurrence faussĂ©e.
  • Libre concurrence : La libre concurrence dĂ©signe l’exigence que les modalitĂ©s de candidature et d’attribution ne doivent pas fausser le jeu concurrentiel entre opĂ©rateurs.
  • Droit de la concurrence : Le droit de la concurrence regroupe les rĂšgles visant Ă  empĂȘcher ententes, abus de position dominante et distorsions de marchĂ©, y compris pour les opĂ©rateurs publics.
  • OpposabilitĂ© : L’opposabilitĂ© signifie que des actes administratifs peuvent ĂȘtre contrĂŽlĂ©s au regard du droit de la concurrence mĂȘme quand la personne publique n’exerce pas une activitĂ© Ă©conomique.

Points essentiels

  • Le code de la commande publique admet que des personnes publiques soient titulaires de marchĂ©s publics ou de concessions, aux cĂŽtĂ©s des personnes privĂ©es.
  • L’avis JLBC affirme qu’aucun texte ni principe n’interdit Ă  une personne publique de candidater Ă  un marchĂ© public, sans crĂ©er de conditions spĂ©cifiques supplĂ©mentaires pour candidater.
  • Pour que la candidature publique respecte la libre concurrence, le prix doit intĂ©grer tous les coĂ»ts directs et indirects liĂ©s Ă  la prestation.
  • La personne publique ne doit pas fonder son prix sur des avantages tirĂ©s de ses ressources ou de sa mission de service public, et doit notamment dĂ©duire subventions et avantages fiscaux.
  • La personne publique doit justifier le prix par des documents comptables permettant de vĂ©rifier le respect du jeu concurrentiel.
  • Le droit de la concurrence est applicable aux personnes publiques lorsqu’elles exercent une activitĂ© Ă©conomique, et opposable lorsqu’elles prennent des mesures ayant un effet sur le marchĂ©.

Astuce mémo

JLBC = Justifier le prix, Limiter les avantages, ContrĂŽler les documents.

9. Libertés économiques à vocation générale

Notions clés & Définitions

  • LibertĂ©s Ă©conomiques : Notion de libertĂ©s permettant aux acteurs Ă©conomiques d’agir sur le marchĂ©, sous rĂ©serve des limites imposĂ©es par le droit et la rĂ©gulation.
  • RĂ©gulation juridique : Notion de rĂ©gulation qui dĂ©signe un ensemble d’actions juridiques visant Ă  maintenir un Ă©quilibre dans un systĂšme Ă©conomique instable.
  • DĂ©faillances de marchĂ© : CatĂ©gories de situations oĂč le marchĂ© concurrentiel n’atteint pas l’optimum de Pareto et appelle une intervention correctrice.
  • Concurrence pure et parfaite : ModĂšle thĂ©orique idĂ©al fondĂ© sur des conditions cumulatives qui, une fois rĂ©unies, rend l’allocation des ressources efficace.
  • État rĂ©gulateur : IdĂ©e d’une administration dotĂ©e de missions spĂ©cifiques pour corriger les imperfections du marchĂ© tout en prĂ©servant le libre jeu concurrentiel.

Points essentiels

  • La rĂ©gulation est d’abord une idĂ©e Ă©conomique : elle sert Ă  corriger les imperfections du marchĂ© pour se rapprocher de l’optimum de Pareto.
  • La concurrence pure et parfaite repose sur 5 conditions cumulatives : atomicitĂ©, libre entrĂ©e, homogĂ©nĂ©itĂ© des produits, mobilitĂ©, transparence.
  • DĂšs qu’une condition manque, on sort du modĂšle idĂ©al et on parle de concurrence imparfaite, ce qui justifie la rĂ©gulation.
  • Les dĂ©faillances de marchĂ© incluent notamment les externalitĂ©s, le monopole naturel et les asymĂ©tries d’information.
  • Les externalitĂ©s nĂ©gatives se traitent par internalisation via fiscalitĂ© incitative (taxe Pigou) ou via mĂ©canismes de marchĂ© (quotas/certificats).
  • Le monopole naturel apparaĂźt dans les industries de rĂ©seaux et se traite notamment par l’ouverture des ressources aux concurrents Ă  conditions non discriminatoires, objectives et transparentes (infrastructures/ressources

Astuce mémo

CPP = A-L-H-M-T : Atomicité, Libre entrée, Homogénéité, Mobilité, Transparence.

10. Libertés économiques par ricochet

Notions clés & Définitions

  • CritĂšre matĂ©riel de la rĂ©gulation : La rĂ©gulation se dĂ©finit par son contenu et ses finalitĂ©s, plutĂŽt que par la forme des actes ou l’identitĂ© de l’autoritĂ© qui agit.
  • Droit souple : Le droit souple regroupe des actes non impĂ©ratifs qui orientent les comportements sans imposer directement une obligation comme le ferait un droit dur.
  • CritĂšre institutionnel de la rĂ©gulation : Le critĂšre institutionnel rattache la rĂ©gulation Ă  une mission confiĂ©e Ă  des autoritĂ©s spĂ©cifiques, souvent prĂ©sentĂ©es comme des autoritĂ©s indĂ©pendantes de marchĂ©.
  • OP Ă©conomique : L’OP Ă©conomique dĂ©signe l’objectif de maintien du fonctionnement concurrentiel du marchĂ© et de sa discipline, au-delĂ  de la seule concurrence.
  • Police Ă©conomique : La police Ă©conomique est une approche qui assimile la rĂ©gulation Ă  une logique de prĂ©vention et de rĂ©tablissement de l’ordre Ă©conomique, avec des dimensions ex ante et ex post.

Points essentiels

  • La rĂ©gulation est parfois dĂ©crite par trois critĂšres (formel, institutionnel, partiel), mais le critĂšre formel est Ă©cartĂ© car le droit souple ne suffit pas Ă  caractĂ©riser la rĂ©gulation.
  • Le critĂšre formel est Ă©cartĂ© notamment car le droit souple est aussi utilisĂ© par des autoritĂ©s administratives classiques et peut faire l’objet d’un recours pour excĂšs de pouvoir (REP) avec un contentieux alignĂ© sur le «
  • Le critĂšre institutionnel ne peut pas ĂȘtre le seul critĂšre car toutes les autoritĂ©s indĂ©pendantes ne rĂ©gulent pas l’économie et l’indĂ©pendance n’est pas un critĂšre en soi (ministre, prĂ©fet, collectivitĂ© rĂ©gulent aussi).
  • Le critĂšre partiel est retenu : la rĂ©gulation est une fonction de puissance publique visant Ă  Ă©quilibrer des objectifs Ă©conomiques et non Ă©conomiques dans un marchĂ© concurrentiel.
  • L’OP Ă©conomique est l’objet central de la rĂ©gulation : elle impose une discipline de marchĂ© et le maintien du bon fonctionnement du marchĂ© concurrentiel.
  • La rĂ©gulation est rapprochĂ©e de la police Ă©conomique (prĂ©ventif ex ante, rĂ©pressif ex post), mais elle ne se confond pas avec la police administrative et ne couvre pas toutes ses attributions (ex : rĂšglement des diffĂ©rĂšs

Astuce mémo

OP Ă©conomique = « discipline du marchĂ© » (concurrence + autres objectifs) ; droit souple ≠ rĂ©gulation (trop large).

11. Secteur public et opérateurs publics

Notions clés & Définitions

  • LibertĂ© d’établissement : La libertĂ© d’établissement permet Ă  un prestataire de s’installer durablement et de façon stable et continue dans un autre État membre.
  • Libre circulation des services : La libre circulation des services permet de fournir une prestation transfrontaliĂšre sans s’installer de maniĂšre permanente dans l’État d’accueil.
  • Traitement national : Le traitement national impose de rĂ©server aux ressortissants d’autres États membres le mĂȘme accĂšs et les mĂȘmes conditions que ceux accordĂ©s aux nationaux de l’État d’accueil.
  • Discrimination directe : La discrimination directe vise des mesures qui affichent expressĂ©ment une diffĂ©rence de traitement fondĂ©e sur la nationalitĂ©.
  • Discrimination indirecte : La discrimination indirecte rĂ©sulte de conditions apparemment neutres qui dĂ©favorisent en pratique les non-nationaux.

Points essentiels

  • Dans la libertĂ© d’établissement, la diffĂ©rence avec la prestation transfrontaliĂšre tient Ă  la possibilitĂ© de s’installer de façon permanente, stable et continue.
  • Les restrictions aux libertĂ©s de circulation sont interdites par principe, mais des dĂ©rogations existent sous conditions strictes.
  • Le juge assimile l’interdiction des restrictions Ă  l’interdiction des discriminations et exige le traitement national des ressortissants des autres États membres.
  • Une discrimination est interdite qu’elle soit directe (condition de nationalitĂ© explicite) ou indirecte (mesure neutre qui dĂ©favorise en pratique les non-nationaux).
  • Au-delĂ  de la discrimination, une mesure peut ĂȘtre interdite si elle constitue une entrave Ă  la libre circulation des services, mĂȘme si elle s’applique indistinctement.
  • Les dĂ©rogations exigent quatre conditions cumulatives : absence de discrimination, justification par des raisons prĂ©vues, efficacitĂ© de la mesure et proportionnalitĂ© (pas au-delĂ  du nĂ©cessaire).

Astuce mémo

ÉgalitĂ© d’abord : traitement national, puis contrĂŽle des entraves (discrimination directe/indirecte).

12. ContrĂŽle de l’accĂšs au marchĂ© et autorisations

Notions clés & Définitions

  • ContrĂŽle des concentrations : ContrĂŽle des opĂ©rations de concentration par l’autoritĂ© de concurrence afin d’éviter qu’elles ne rĂ©duisent la concurrence de maniĂšre durable.
  • Phase 1 : Phase initiale d’examen d’une concentration oĂč l’autoritĂ© autorise l’opĂ©ration ou ouvre une suite si des problĂšmes sĂ©rieux apparaissent.
  • Phase 2 : ProcĂ©dure approfondie dĂ©clenchĂ©e en cas de doute sĂ©rieux sur l’atteinte Ă  la concurrence, avec un examen plus dĂ©taillĂ© de l’opĂ©ration.
  • Engagements : Mesures proposĂ©es par les parties pour neutraliser les effets anticoncurrentiels d’une concentration, permettant une autorisation sous conditions.
  • Pouvoir d’évocation du ministre : PrĂ©rogative française permettant au ministre de l’économie de rĂ©examiner une dĂ©cision de l’autoritĂ© de concurrence dans un dĂ©lai fixĂ©.

Points essentiels

  • La plupart des concentrations sont autorisĂ©es soit en phase 1, soit aprĂšs autorisation sous rĂ©serve d’engagements nĂ©gociĂ©s avec l’autoritĂ© de concurrence.
  • Un doute sĂ©rieux d’atteinte Ă  la concurrence dĂ©clenche la phase 2, qui correspond Ă  un examen approfondi de l’opĂ©ration.
  • DurĂ©e de la phase 2 : 65 jours devant l’autoritĂ© de concurrence française et 90 jours devant la Commission europĂ©enne.
  • DĂ©cisions possibles aprĂšs examen approfondi : interdiction, autorisation, ou autorisation sous condition d’engagements.
  • ContrĂŽle prospectif : l’autoritĂ© anticipe les effets futurs de l’opĂ©ration sur la concurrence.
  • DĂ©limitation du marchĂ© pertinent : Ă©tape qui fixe le pĂ©rimĂštre de l’analyse concurrentielle de la concentration.

Astuce mémo

Phase 1 = feu vert ou engagements ; Phase 2 = doute sĂ©rieux → examen lourd (65/90 jours).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1664Création de la Compagnie des Indes Orientales
1789Rupture de 1789 (fin de la politique précédente) et consécration des droits en DDHC
2 et 17 mars 1791DĂ©cret d’Allard consacrant la libertĂ© du commerce et de l’industrie
1791Loi Le Chapelier abolit les corporations
21 mars 2016CE, Société Fairvesta et Société Numéricable (REP contre certains actes de droit souple)

Tableaux de synthĂšse

Figures de l’État face au marchĂ©

FigureLogique d’actionExemple/illustration
État gendarmeMaintien de l’ordre et protection des libertĂ©s nĂ©cessaires au marchĂ©LibĂ©ralisme du XVIIIe siĂšcle ; interventions minimales (monnaie, douanes, monopoles rares)
État providencePrestation de services publics et cohĂ©sion sociale par solidaritĂ© nationaleInterventionnisme XIXe-XXe siĂšcles ; services publics et solidaritĂ© nationale
État rĂ©gulateurStabiliser et garantir le libre jeu concurrentiel sans diriger directement le marchĂ©AutoritĂ©s indĂ©pendantes ; rĂ©gulation et droit souple en appui

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre DPA et droit administratif de l’économie : le DPA inclut aussi des sources et des rapports avec les opĂ©rateurs, et ne se rĂ©duit pas aux seuls PGD/techniques du DA gĂ©nĂ©ral.
  2. Croire que le droit souple ne peut jamais faire grief : depuis Fairvesta/Mme Le Pen/Gisti, le juge ouvre le REP selon les effets notables (notamment économiques).
  3. MĂ©langer libertĂ© d’entreprendre et libertĂ© du commerce et de l’industrie : la premiĂšre est Ă  valeur constitutionnelle, la seconde est un PGD et n’a pas la mĂȘme portĂ©e.
  4. Inverser l’analyse de l’égalitĂ© : le principe ne s’applique qu’aux personnes dans la mĂȘme situation ; sinon, on est hors champ ; et mĂȘme dans la mĂȘme situation, une dĂ©rogation peut ĂȘtre justifiĂ©e (IG + adĂ©quation + non-d
  5. Penser que la rĂ©gulation = droit souple : le droit souple peut accompagner la rĂ©gulation, mais il ne suffit pas Ă  la caractĂ©riser ; la rĂ©gulation se dĂ©finit par ses finalitĂ©s et l’OP Ă©conomique.
  6. Croire que la privatisation efface l’État : en rĂ©alitĂ©, l’État peut conserver une influence (État actionnaire, action spĂ©cifique, droits de vote double, quasi-domanialitĂ© publique).
  7. Confondre applicabilitĂ© et opposabilitĂ© du droit de la concurrence : applicable quand l’entitĂ© exerce une activitĂ© Ă©conomique ; opposable quand elle adopte des mesures ayant un effet sur le marchĂ©.

Checklist Examen

  1. Savoir définir le droit public des affaires comme relations entre administration au sens large et opérateurs économiques, et expliquer le rÎle du DUE et la frontiÚre droit/économie.
  2. Être capable de distinguer les trois figures de l’État face au marchĂ© (rĂ©gulateur, opĂ©rateur, collaborateur) et d’indiquer que le cours retient surtout les deux premiĂšres.
  3. MaĂźtriser l’évolution du contentieux du droit souple : REP fermĂ© (Casino) puis ouverture (Fairvesta) puis extension (Mme Le Pen) et synthĂšse (Gisti) via la notion d’effets notables.
  4. ConnaĂźtre la logique constitutionnelle de la libertĂ© d’entreprendre : justification (exigence constitutionnelle/OVC) puis contrĂŽle de proportionnalitĂ©, et savoir citer des exemples (santĂ©/environnement, pouvoir d’achat/Ă©
  5. Savoir exposer le principe d’incessibilitĂ© Ă  vil prix pour la propriĂ©tĂ© publique et la grille d’égalitĂ© (mĂȘme situation ; IG ; adĂ©quation ; proportionnalitĂ©).
  6. Savoir prĂ©senter les sources internes du DPA : EPIC, sociĂ©tisation/privatisation du statut juridique, quasi-domanialitĂ© publique, et l’idĂ©e que le DUE impose une banalisation des comportements.
  7. Être capable d’expliquer l’opposabilitĂ© du droit de la concurrence aux actes administratifs et la logique d’annulation pour mĂ©connaissance (Million et Marais ; RATP ; police/autorisation).
  8. Savoir distinguer les libertĂ©s Ă©conomiques pures (libertĂ© d’entreprendre ; libertĂ© du commerce et de l’industrie ; libertĂ©s UE) et la libre concurrence (rĂ©fĂ©rentiel marchĂ©, dimension horizontale).
  9. MaĂźtriser le contrĂŽle de l’accĂšs au marchĂ© : professions rĂ©glementĂ©es (autorisation prĂ©alable/conditions) et rĂ©gime gĂ©nĂ©ral des restrictions, avec la confrontation droit français/DUE (discriminations/entraves ; directive
  10. Savoir décrire le contrÎle de la structure du marché : notion de concentration (changement durable de contrÎle), seuils (dimension UE/nationale), et procédure en deux phases (phase 1/phase 2).
  11. ConnaĂźtre la logique des aides d’État : 4 critĂšres (intervention de l’État/ressources ; sĂ©lectivitĂ© ; avantage ; affectation concurrence/Ă©changes) + qualitĂ© d’entreprise ; et la distinction aide illĂ©gale/incompatible.
  12. Savoir expliquer la souverainetĂ© Ă©conomique europĂ©enne et ses outils (contrĂŽle des investissements Ă©trangers ; rĂšglement IMPI ; logique de rĂ©duction des dĂ©pendances) et son articulation avec la rĂ©gulation (coexistence, “

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1. Que désigne principalement le droit public des affaires ?

2. Quelle figure de l’État correspond Ă  un État cantonnĂ© au maintien de l’ordre et Ă  la protection des libertĂ©s nĂ©cessaires au marchĂ© ?

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Droit public des affaires — dĂ©finition ?

Relations entre administration et opérateurs économiques.

Trois figures de l’État — exemples ?

Gendarme, providence, régulateur.

Alternance interventionnisme/libĂ©ralisme — principe ?

Évolution des rîles de l’État selon contexte.

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