Revision sheet: Introduction au droit social et ses composantes

📋 Plan du Cours

  1. Notion de droit social et composantes
  2. Droit du travail : relations individuelles et collectives
  3. Droit de la sécurité sociale : protection contre les risques
  4. Champ d'application du droit du travail
  5. Champ d'application du droit de la sécurité sociale
  6. Calcul de l'effectif pour l'application des rĂšgles
  7. Textes constitutionnels et hiérarchie des normes
  8. Lois, rĂšglements et ordonnances en droit du travail
  9. Jurisprudence sociale et rĂŽle de la Cour de cassation
  10. Conventions et accords collectifs : types et articulation
  11. Usages professionnels et conditions de reconnaissance
  12. Engagement unilatéral de l'employeur et dénonciation

📖 1. Notion de droit social et composantes

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit social : Le droit social est une branche autonome du droit composĂ©e du droit du travail et du droit de la sĂ©curitĂ© sociale.
  • Droit du travail : Le droit du travail encadre les relations entre employeurs et salariĂ©s, qu’elles soient individuelles ou collectives.
  • Relations individuelles : Les relations individuelles concernent les rĂšgles issues du contrat de travail entre un employeur et un salariĂ©.
  • Relations collectives de travail : Les relations collectives regroupent les rĂšgles entre l’employeur et la collectivitĂ© des salariĂ©s via des reprĂ©sentants.
  • Droit de la sĂ©curitĂ© sociale : Le droit de la sĂ©curitĂ© sociale organise la protection sociale contre des risques liĂ©s Ă  la vie professionnelle ou personnelle.

📝 Points essentiels

  • Le droit du travail fixe notamment des rĂšgles sur la formation du contrat, les conditions de travail et la rupture du contrat.
  • En matiĂšre individuelle, le droit du travail couvre par exemple la durĂ©e du travail, les congĂ©s, la rĂ©munĂ©ration, ainsi que l’hygiĂšne et la sĂ©curitĂ©.
  • En matiĂšre collective, le droit du travail prĂ©voit des seuils dĂ©clenchant la mise en place d’une institution reprĂ©sentative du personnel.
  • Le comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) est l’institution visĂ©e, avec des missions et des droits pour ses membres (ex. heures de dĂ©lĂ©gation, droit Ă  l’information).
  • La protection contre le chĂŽmage relĂšve du droit du travail et non du droit de la sĂ©curitĂ© sociale.

💡 Astuce mĂ©mo

Droit social = Travail (contrat + conditions + CSE) + Sécurité sociale (protection contre risques).

📖 2. Droit du travail : relations individuelles et collectives

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • EPIC : EPIC : personne publique chargĂ©e d’une mission de service public, dont l’activitĂ© peut relever d’un caractĂšre industriel ou commercial.
  • Contrat de travail : Contrat de travail : accord liant un salariĂ© Ă  un employeur, caractĂ©risĂ© par un lien de subordination.
  • SalariĂ© : SalariĂ© : personne liĂ©e Ă  un employeur par un contrat de travail, avec un pouvoir de l’employeur sur l’exĂ©cution du travail.
  • Travailleur indĂ©pendant : Travailleur indĂ©pendant : personne qui exerce pour son propre compte, sans ĂȘtre placĂ©e sous la subordination d’un employeur.
  • Fonction publique : Fonction publique : ensemble des fonctionnaires soumis Ă  un statut relevant du droit administratif, distinct du droit du travail.

📝 Points essentiels

  • EPIC : les plus connus sont la SNCF et la RATP, mais il en existe aussi dans d’autres secteurs que le transport.
  • Exemples d’EPIC : INC, INA, CNES, IFREMER, ADEME, ONF, ComĂ©die française, OpĂ©ra de Paris.
  • Le contrat de travail repose sur la subordination, qui donne Ă  l’employeur des pouvoirs de direction, de contrĂŽle et disciplinaire.
  • Sont exclus du droit du travail : les travailleurs indĂ©pendants, car ils ne travaillent pas sous la subordination d’un employeur.
  • Sont exclus du droit du travail : les fonctionnaires soumis au statut de la fonction publique, relevant du droit administratif.
  • Comparaison : salariĂ© vs travailleur indĂ©pendant — le salariĂ© est subordonnĂ© Ă  un employeur via un contrat de travail, tandis que l’indĂ©pendant agit pour son propre compte via un contrat d’entreprise avec ses clients.

💡 Astuce mĂ©mo

Subordination = Pouvoirs (direction, contrĂŽle, discipline) : si l’employeur dĂ©cide, c’est du contrat de travail.

📖 3. Droit de la sĂ©curitĂ© sociale : protection contre les risques

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit Ă  la protection sociale : Droit social constitutionnel garantissant une protection des personnes contre certains risques sociaux, dont le contenu est prĂ©cisĂ© par des textes et parfois par la jurisprudence.
  • Bloc de constitutionnalitĂ© : Ensemble de textes constitutionnels servant de rĂ©fĂ©rence aux principes fondamentaux du droit français, incluant des droits sociaux comme la protection sociale.
  • Code du travail : Recueil principal qui prĂ©cise les rĂšgles applicables en droit du travail et contribue Ă  concrĂ©tiser certains droits sociaux issus du bloc constitutionnel.
  • Jurisprudence sociale : Ensemble des dĂ©cisions des juridictions sociales qui interprĂštent et prĂ©cisent le droit, notamment pour donner du contenu Ă  des principes.

📝 Points essentiels

  • La protection sociale fait partie des droits sociaux fondamentaux reconnus par le bloc de constitutionnalitĂ©.
  • Le bloc de constitutionnalitĂ© regroupe la Constitution du 4 octobre 1958, la DĂ©claration de 1789, le PrĂ©ambule de 1946 et la Charte de l’environnement.
  • Le contenu des droits sociaux (dont la protection sociale) est prĂ©cisĂ© par d’autres textes, notamment le Code du travail.
  • La jurisprudence peut aussi prĂ©ciser le contenu et la portĂ©e de ces droits sociaux.
  • Le droit du travail relĂšve de matiĂšres partagĂ©es : les principes sont fixĂ©s par la loi (Parlement) et les modalitĂ©s par le pouvoir rĂ©glementaire (Gouvernement).

💡 Astuce mĂ©mo

Protection sociale = bloc constitutionnel → prĂ©cisĂ© par textes (Code du travail) + parfois par jurisprudence.

📖 4. Champ d'application du droit du travail

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Loi du 4 mai 2004 : Loi du 4 mai 2004 : texte qui pose le principe de la formation professionnelle tout au long de la vie et crĂ©e un droit Ă  la formation pour chaque salariĂ©.
  • Loi du 25 juin 2008 : Loi du 25 juin 2008 : texte qui institue la rupture conventionnelle homologuĂ©e dans le cadre de la modernisation du marchĂ© du travail.
  • Loi du 8 aoĂ»t 2016 : Loi du 8 aoĂ»t 2016 : texte qui prĂ©voit, pour le temps de travail, la primautĂ© de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche, mĂȘme moins favorable.
  • Dispositions d’ordre public : Dispositions d’ordre public : rĂšgles impĂ©ratives qui s’imposent Ă  tous et ne peuvent pas ĂȘtre Ă©cartĂ©es par des accords ou conventions.
  • Dispositions supplĂ©tives : Dispositions supplĂ©tives : rĂšgles qui peuvent ĂȘtre Ă©cartĂ©es par des dispositions contraires prĂ©vues par une convention ou un accord collectif.

📝 Points essentiels

  • La loi du 4 mai 2004 fonde la formation professionnelle tout au long de la vie et instaure un droit Ă  la formation pour chaque salariĂ©.
  • La loi du 25 juin 2008 crĂ©e la rupture conventionnelle homologuĂ©e.
  • En temps de travail, la loi du 8 aoĂ»t 2016 impose la primautĂ© de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche, mĂȘme si les rĂšgles sont moins favorables.
  • Les dispositions d’ordre public ne peuvent pas ĂȘtre Ă©cartĂ©es car elles s’imposent Ă  tous.
  • Les dispositions supplĂ©tives peuvent ĂȘtre Ă©cartĂ©es par une convention ou un accord collectif contraire.
  • Exemple supplĂ©tif : les 8 premiĂšres heures supplĂ©mentaires majorĂ©es Ă  25% puis les suivantes Ă  50% peuvent ĂȘtre modifiĂ©es par un accord collectif ; exemple impĂ©ratif : le taux ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă  10%.

💡 Astuce mĂ©mo

Ordre public = On ne négocie pas ; Supplétif = On peut remplacer (ex : 25%/50% modifiable, seuil 10% non).

📖 5. Champ d'application du droit de la sĂ©curitĂ© sociale

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Tribunal judiciaire : Juridiction de droit commun qui connaĂźt notamment du contentieux Ă©lectoral et, depuis 2019, d’une partie du contentieux de la sĂ©curitĂ© sociale.
  • Contentieux de la sĂ©curitĂ© sociale : Ensemble des litiges relatifs aux droits et prestations des assurĂ©s, dont une partie relĂšve dĂ©sormais du tribunal judiciaire depuis la rĂ©forme de 2019.
  • Tribunaux des affaires de sĂ©curitĂ© sociale : Anciennes juridictions spĂ©cialisĂ©es en matiĂšre de sĂ©curitĂ© sociale, supprimĂ©es par la loi de modernisation de la justice au XXIe siĂšcle.
  • Juridictions pĂ©nales : Juridictions chargĂ©es de juger les infractions au droit du travail, pouvant ĂȘtre mobilisĂ©es en lien avec des manquements rĂ©primĂ©s.

📝 Points essentiels

  • Depuis le 1er janvier 2019, le tribunal judiciaire est chargĂ© du contentieux de la sĂ©curitĂ© sociale auparavant confiĂ© aux tribunaux des affaires de sĂ©curitĂ© sociale supprimĂ©s par la loi de modernisation de la justice au
  • Le tribunal judiciaire intervient en sĂ©curitĂ© sociale notamment en cas de contestation d’immatriculation ou d’affiliation d’un assurĂ©.
  • Le tribunal judiciaire connaĂźt aussi des refus de remboursement de frais mĂ©dicaux.
  • Le tribunal judiciaire tranche enfin les contestations portant sur le montant des indemnitĂ©s journaliĂšres.
  • Le conseil de prud’hommes rĂšgle les litiges individuels travail salariĂ©/employeur, tandis que le tribunal judiciaire traite notamment le contentieux de la sĂ©curitĂ© sociale depuis 2019.

💡 Astuce mĂ©mo

2019 = Tribunal judiciaire prend la sécurité sociale (remplace les tribunaux des affaires de sécurité sociale).

📖 6. Calcul de l'effectif pour l'application des rùgles

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Jurisprudence sociale : La jurisprudence sociale dĂ©signe l’ensemble des dĂ©cisions des juridictions qui prĂ©cisent ou complĂštent les rĂšgles de droit du travail en cas de texte incomplet ou imprĂ©cis.
  • InterprĂ©tation des textes : L’interprĂ©tation des textes est l’opĂ©ration par laquelle le juge donne un sens Ă  une rĂšgle lĂ©gale quand elle est trop vague, incomplĂšte ou absente.
  • Source de droit : Une source de droit est un Ă©lĂ©ment qui produit des rĂšgles applicables, notamment lorsque la dĂ©cision de justice fixe le sens d’un texte.
  • Cour de cassation : La Cour de cassation est la juridiction qui rend des dĂ©cisions pouvant crĂ©er une orientation juridique, en particulier par l’interprĂ©tation qu’elle impose.

📝 Points essentiels

  • Le juge doit rendre une dĂ©cision mĂȘme si la rĂšgle lĂ©gale est incomplĂšte, imprĂ©cise ou inexistante.
  • Quand le texte est insuffisant, le juge complĂšte, prĂ©cise et parfois interprĂšte la rĂšgle applicable.
  • L’interprĂ©tation judiciaire peut devenir une source de droit, surtout pour les dĂ©cisions de la Cour de cassation.
  • La jurisprudence joue un rĂŽle majeur en droit du travail en raison du grand nombre de litiges et de l’imprĂ©cision de nombreuses rĂšgles.
  • Dans certains domaines, la rĂšgle applicable provient largement de la jurisprudence (exemples citĂ©s : clause de non-concurrence, cause rĂ©elle et sĂ©rieuse, classification des fautes, droit de grĂšve, rupture conventionnelle

💡 Astuce mĂ©mo

Texte flou → juge tranche → interprĂ©tation devient rĂšgle (jurisprudence, surtout Cour de cassation).

📖 7. Textes constitutionnels et hiĂ©rarchie des normes

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit Ă  la nĂ©gociation collective : Droit constitutionnel qui garantit aux travailleurs la participation Ă  la dĂ©termination collective des conditions de travail.
  • PrĂ©ambule de la Constitution de 1946 : Texte constitutionnel qui consacre le droit Ă  la nĂ©gociation collective.
  • Code du travail : Texte lĂ©gislatif qui reprend et encadre le droit Ă  la nĂ©gociation collective, notamment via la participation des travailleurs.
  • Conventions collectives : Textes conclus par les partenaires sociaux pour traiter l’ensemble des conditions d’emploi, de travail, de formation et des garanties sociales.
  • Accords collectifs : Textes conclus par les partenaires sociaux pour traiter d’un point prĂ©cis des relations de travail.

📝 Points essentiels

  • Le droit du travail est prĂ©sentĂ© comme un droit largement nĂ©gociĂ© grĂące Ă  la nĂ©gociation collective entre partenaires sociaux et syndicats reprĂ©sentatifs.
  • La nĂ©gociation collective vise des accords sur les conditions d’emploi, de travail, de formation professionnelle et sur les garanties sociales.
  • Le droit Ă  la nĂ©gociation collective figure dans le prĂ©ambule de la Constitution de 1946 et dans le Code du travail.
  • Le Code du travail impose des nĂ©gociations obligatoires aux partenaires sociaux, notamment dans les branches professionnelles et certaines entreprises.
  • Les conventions collectives ont en gĂ©nĂ©ral un champ sectoriel (souvent une branche) et peuvent aussi couvrir des niveaux plus larges ou plus restreints selon les cas.
  • Les accords collectifs portent sur un thĂšme unique (ex. temps de travail, salaires, emploi des seniors, formation professionnelle).

💡 Astuce mĂ©mo

Constitution + Code = négociation collective : 1946 (préambule) + Code du travail (participation et négociations obligatoires).

📖 8. Lois, rùglements et ordonnances en droit du travail

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Accord collectif : Accord conclu entre l’employeur et des organisations syndicales reprĂ©sentatives, qui fixe des rĂšgles applicables aux salariĂ©s concernĂ©s.
  • Accord d’entreprise : Accord collectif conclu au sein d’une seule entreprise, applicable aux salariĂ©s de cette entreprise selon son champ.
  • Accord d’établissement : Accord collectif conclu pour un Ă©tablissement, dont les rĂšgles ne s’appliquent qu’à cet Ă©tablissement.
  • Accord de branche : Accord collectif couvrant un champ professionnel plus large, notamment au niveau national, rĂ©gional ou local, et s’appliquant aux entreprises relevant du secteur.
  • Clauses de verrouillage : Clauses prĂ©vues par un accord ou une convention de niveau supĂ©rieur pour empĂȘcher toute disposition moins favorable adoptĂ©e Ă  un niveau infĂ©rieur.

📝 Points essentiels

  • Un accord peut ĂȘtre conclu Ă  un niveau national, rĂ©gional ou local selon son champ gĂ©ographique ou territorial.
  • Avant la rĂ©forme du 4 mai 2004, un accord de niveau infĂ©rieur ne pouvait dĂ©roger Ă  un accord supĂ©rieur que si c’était plus favorable aux salariĂ©s, d’oĂč le « rĂ©gime de faveur ».
  • AprĂšs le 4 mai 2004, certains domaines ont permis des accords dĂ©rogatoires, c’est-Ă -dire des dispositions moins favorables que celles du niveau supĂ©rieur.
  • Deux exceptions limitaient ces dĂ©rogations aprĂšs 2004 : la possibilitĂ© de clauses de verrouillage et l’interdiction des accords dĂ©rogatoires pour certaines questions comme les salaires minima et les classifications.
  • AprĂšs les lois du 8 aoĂ»t 2016 et du 29 mars 2018, le principe de primautĂ© des accords d’entreprise s’applique dans tous les domaines oĂč le Code du travail ne l’interdit pas, rendant inefficaces les clauses de verrouilll[

💡 Astuce mĂ©mo

PrimautĂ© = « entreprise d’abord » (quand le Code ne l’interdit pas) ; avant 2004 : « plus favorable seulement ».

📖 9. Jurisprudence sociale et rîle de la Cour de cassation

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • PrimautĂ© de l’accord d’entreprise : Principe selon lequel l’accord conclu au niveau de l’entreprise peut primer sur la convention ou l’accord de branche, sauf exceptions prĂ©vues par le Code du travail.
  • Article L2253-1 Code du travail : Dispositif qui fixe une liste limitative des domaines oĂč la convention ou l’accord de branche prĂ©vaut sur l’accord d’entreprise.
  • Clauses de verrouillage : MĂ©canisme permettant Ă  une convention ou un accord de branche de rendre certaines de ses dispositions opposables, mais dont la possibilitĂ© est dĂ©sormais trĂšs encadrĂ©e.
  • Usages professionnels : Pratiques mises en place spontanĂ©ment par l’employeur, rĂ©pĂ©tĂ©es et devenant un avantage pour les salariĂ©s pouvant acquĂ©rir un caractĂšre obligatoire.

📝 Points essentiels

  • La primautĂ© de l’accord d’entreprise sur la branche est confirmĂ©e par la loi du 29 mars 2018 ratifiant l’ordonnance du 22 septembre 2017 relative Ă  la nĂ©gociation collective.
  • La primautĂ© s’applique sauf dans les cas limitativement prĂ©vus Ă  l’article L2253-1 du Code du travail.
  • Dans les domaines de l’article L2253-1, les dispositions de la branche priment sur celles de l’entreprise, notamment pour le salaire minimum, les classifications professionnelles et certaines rĂšgles de pĂ©riode d’essai.
  • Exemple : un accord d’entreprise peut fixer une durĂ©e hebdomadaire maximale de 46 heures en moyenne sur douze semaines consĂ©cutives mĂȘme si la convention de branche l’interdit.
  • Exemple : un accord d’entreprise peut prĂ©voir un taux de majoration des heures supplĂ©mentaires moins favorable que la branche si le taux n’est pas infĂ©rieur au minimum lĂ©gal de 10 %.
  • Les usages professionnels doivent prĂ©senter trois caractĂ©ristiques : gĂ©nĂ©ralitĂ©, fixitĂ© et rĂ©pĂ©tition suffisamment installĂ©e pour crĂ©er un avantage devenu droit.

💡 Astuce mĂ©mo

Accord d’entreprise = rĂšgle, L2253-1 = exceptions; usages = avantage spontanĂ© devenu droit (gĂ©nĂ©ralitĂ© + fixitĂ© + rĂ©pĂ©tition).

📖 10. Conventions et accords collectifs : types et articulation

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Usages professionnels : Pratiques spontanĂ©es mises en place par l’employeur, sans obligation initiale, qui peuvent devenir un droit des salariĂ©s par leur rĂ©pĂ©tition et leurs caractĂ©ristiques.
  • GĂ©nĂ©ralitĂ© de l’usage : CaractĂ©ristique d’un usage selon laquelle l’avantage est accordĂ© Ă  l’ensemble des salariĂ©s ou Ă  l’ensemble d’une catĂ©gorie.
  • FixitĂ© de l’usage : CaractĂ©ristique d’un usage selon laquelle les modalitĂ©s de l’avantage restent identiques dans le temps.
  • Constance de l’usage : CaractĂ©ristique d’un usage selon laquelle la pratique est rĂ©guliĂšre et se rĂ©pĂšte.
  • Engagement unilatĂ©ral de l’employeur : Manifestation de volontĂ© de l’employeur qui dĂ©cide seul d’accorder un avantage aux salariĂ©s, sans accord collectif prĂ©alable.

📝 Points essentiels

  • Un usage devient un droit pour les salariĂ©s s’il remplit cumulativement gĂ©nĂ©ralitĂ©, fixitĂ© et constance.
  • En cas de litige sur l’existence d’un usage, la charge de la preuve pĂšse sur le salariĂ© qui le revendique.
  • L’employeur peut dĂ©noncer un usage seulement s’il informe personnellement chaque salariĂ© concernĂ© (preuve de la formalitĂ©), informe le comitĂ© social et Ă©conomique et respecte un dĂ©lai de prĂ©venance suffisant.
  • Quand un accord collectif ayant le mĂȘme objet qu’un usage d’entreprise est conclu entre l’employeur et des organisations reprĂ©sentatives, l’accord met fin Ă  l’usage.
  • L’engagement unilatĂ©ral est une dĂ©cision unilatĂ©rale de l’employeur (ex. rĂ©union du CSE ou note de service) pouvant porter sur toute mesure.
  • La dĂ©nonciation d’un engagement unilatĂ©ral exige aussi une information individuelle, l’information des reprĂ©sentants du personnel et un dĂ©lai de prĂ©venance suffisant, sinon elle est inopposable aux salariĂ©s (Cass. soc. 4

💡 Astuce mĂ©mo

Usage = G-F-C : Généralité, Fixité, Constance ; Dénoncer = Individuel + CSE + Délai.

📖 11. Usages professionnels et conditions de reconnaissance

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Usages professionnels : Pratiques constantes et gĂ©nĂ©rales dans l’entreprise ou la profession, qui peuvent s’imposer aux salariĂ©s comme source de droits.
  • Engagement unilatĂ©ral de l’employeur : Promesse ou dĂ©cision prise par l’employeur qui crĂ©e des droits au profit des salariĂ©s, sans nĂ©gociation collective prĂ©alable.
  • Accord atypique : Accord conclu entre l’employeur et des reprĂ©sentants Ă©lus du personnel ou l’ensemble des salariĂ©s, sans syndicats reprĂ©sentatifs.
  • DĂ©lai de prĂ©venance : PĂ©riode minimale avant la dĂ©nonciation permettant d’informer suffisamment les salariĂ©s pour limiter l’effet brutal du retrait.
  • InopposabilitĂ© : CaractĂšre d’un acte juridique qui ne peut pas produire d’effet Ă  l’égard des salariĂ©s concernĂ©s.

📝 Points essentiels

  • La dĂ©nonciation d’un engagement unilatĂ©ral relatif Ă  une prime aux travailleurs de nuit est inopposable aux salariĂ©s si elle n’est pas prĂ©cĂ©dĂ©e d’un dĂ©lai de prĂ©venance suffisant (Cass. soc., 4-12-2019, n° 18-20.763).
  • La dĂ©nonciation d’un engagement unilatĂ©ral instaurant un rĂ©gime de retraite supplĂ©mentaire est inopposable si elle est irrĂ©guliĂšre faute d’information prĂ©alable du salariĂ© (Cass. soc., 14-10-2020, n° 19-14.265).
  • En cas d’inopposabilitĂ©, l’employeur reste tenu de verser la pension au niveau de rente viagĂšre auquel il s’était engagĂ© (Cass. soc., 14-10-2020, n° 19-14.265).
  • Les accords atypiques sont Ă©quivalents Ă  un engagement unilatĂ©ral de l’employeur, donc soumis Ă  des logiques proches pour la dĂ©nonciation et l’opposabilitĂ©.
  • Les accords atypiques peuvent ĂȘtre dĂ©noncĂ©s par l’employeur dans les mĂȘmes conditions que l’engagement unilatĂ©ral ou les usages professionnels.

💡 Astuce mĂ©mo

PrĂ©venir ou informer : sans dĂ©lai suffisant ou sans information prĂ©alable, la dĂ©nonciation devient inopposable et l’employeur paie comme promis.

📖 12. Engagement unilatĂ©ral de l'employeur et dĂ©nonciation

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Principe de lĂ©galitĂ© : Principe juridique selon lequel une norme ne peut pas contredire une norme de niveau supĂ©rieur, ce qui impose la conformitĂ© de toutes les rĂšgles entre elles.
  • Ordre public social : En droit du travail, ensemble de rĂšgles protectrices qui permettent en principe des amĂ©liorations au profit des salariĂ©s par rapport au droit commun.
  • Ordre public absolu : CatĂ©gorie de rĂšgles d’ordre public qui ne peuvent faire l’objet d’aucune dĂ©rogation, mĂȘme si la modification serait plus favorable aux salariĂ©s.
  • Ordre public dĂ©rogatoire : MĂ©canisme du droit du travail permettant d’écarter certaines rĂšgles lĂ©gales supplĂ©tives pour instaurer des rĂšgles moins favorables, dans des domaines limitĂ©s.
  • Accords dĂ©rogatoires : Accords collectifs autorisĂ©s Ă  dĂ©roger Ă  des rĂšgles supplĂ©tives, uniquement dans des champs prĂ©cis comme le temps de travail.

📝 Points essentiels

  • Un contrat de travail doit respecter l’ensemble des sources applicables, notamment lois et accords collectifs, qui doivent elles-mĂȘmes respecter les normes supĂ©rieures.
  • Une convention ou un accord collectif peut prĂ©voir des stipulations plus favorables aux salariĂ©s que la loi, par exemple une durĂ©e de travail infĂ©rieure Ă  35 heures.
  • La dĂ©rogation favorable a des limites : on ne peut pas fixer une durĂ©e de travail supĂ©rieure Ă  la durĂ©e lĂ©gale si cela prive les salariĂ©s des majorations dues.
  • Les congĂ©s payĂ©s peuvent ĂȘtre augmentĂ©s par convention collective (6 ou 7 semaines), mais pas rĂ©duits Ă  3 ou 4 semaines.
  • Certaines rĂšgles relĂšvent de l’ordre public absolu et interdisent toute dĂ©rogation, comme l’interdiction absolue d’indexer les salaires sur le SMIC.
  • Les accords dĂ©rogatoires issus de la loi (4 mai 2004 et 8 aoĂ»t 2016) peuvent Ă©carter des rĂšgles supplĂ©tives pour mettre en place des rĂšgles moins favorables, dans des domaines limitĂ©s notamment le temps de travail.

💡 Astuce mĂ©mo

Hiérarchie = conformité ; Social = mieux pour le salarié ; Absolu = jamais ; Dérogatoire = moins, mais seulement sur le temps de travail.

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
4 octobre 1958Constitution formant le bloc de constitutionnalité
1789DĂ©claration des droits de l’Homme et du Citoyen (bloc de constitutionnalitĂ©)
1946Préambule de la Constitution de 1946 (bloc de constitutionnalité)
4 mai 2004Loi permettant des accords dérogatoires dans certains domaines
1er janvier 2019Tribunal judiciaire chargé du contentieux de la sécurité sociale
19 janvier 2000Loi Aubry 2 fixant le principe d’une durĂ©e hebdomadaire Ă  35 heures
4 mai 2004Loi posant le principe de la formation professionnelle tout au long de la vie
25 juin 2008Loi portant modernisation du marché du travail créant la rupture conventionnelle homologuée
8 aoĂ»t 2016Loi Travail : primautĂ© de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche en temps de travail
22 septembre 2017Ordonnance relative au renforcement de la négociation collective (ratifiée ensuite)

📊 Tableaux de synthùse

Salarié vs travailleur indépendant

CritÚreSalariéTravailleur indépendant
Lien avec l’employeurLiĂ© par un contrat de travailExerce pour son propre compte
Caractéristique centraleSubordinationAbsence de subordination
Cadre juridique des relationsContrat de travailContrat d’entreprise avec les clients

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre droit du travail et droit de la sĂ©curitĂ© sociale : le chĂŽmage relĂšve du droit du travail, mĂȘme si la protection sociale est un droit social.
  2. Croire que tous les litiges en sĂ©curitĂ© sociale relĂšvent du conseil de prud’hommes : depuis le 1er janvier 2019, c’est le tribunal judiciaire pour une partie du contentieux.
  3. MĂ©langer ordre public absolu et ordre public dĂ©rogatoire : l’absolu ne se nĂ©gocie jamais, mĂȘme si ce serait plus favorable.
  4. Penser que l’accord d’entreprise peut toujours dĂ©roger Ă  la branche : la primautĂ© ne joue que sauf cas limitativement prĂ©vus (article L2253-1).
  5. Oublier que l’usage doit ĂȘtre G-F-C (gĂ©nĂ©ralitĂ©, fixitĂ©, constance) pour devenir un droit opposable aux salariĂ©s.
  6. Croire que la charge de la preuve de l’usage incombe Ă  l’employeur : en cas de litige, elle pĂšse sur le salariĂ© qui revendique l’usage.
  7. Confondre engagement unilatĂ©ral et accord collectif : l’engagement unilatĂ©ral est une dĂ©cision de l’employeur, tandis que l’accord collectif implique des syndicats reprĂ©sentatifs.

✅ Checklist Examen

  1. Définir le droit social et distinguer ses deux composantes : droit du travail et droit de la sécurité sociale.
  2. Expliquer ce que couvre le droit du travail en relations individuelles (formation du contrat, conditions de travail, durée, congés, rémunération, hygiÚne/sécurité, rupture).
  3. Expliquer ce que couvre le droit du travail en relations collectives : seuils, CSE, missions et droits (ex. heures de dĂ©lĂ©gation, droit Ă  l’information).
  4. Identifier les personnes soumises au droit du travail : employeurs privĂ©s et EPIC, puis prĂ©ciser ce qu’est un EPIC et donner des exemples.
  5. Identifier les salariés soumis au droit du travail : lien de subordination et pouvoirs de direction, contrÎle et disciplinaire.
  6. Lister les personnes exclues du droit du travail : travailleurs indépendants (pas de subordination) et fonctionnaires (statut de droit administratif).
  7. Expliquer la vocation universaliste du droit de la sécurité sociale et citer des exemples de régimes (régime général, régimes spéciaux, régime étudiant, etc.).
  8. MaĂźtriser le calcul de l’effectif : CDI temps complet pris intĂ©gralement, CDD/temporaires/mis Ă  disposition au prorata, temps partiel au prorata horaire, et exclusions (apprentis, contrat de professionnalisation CDD, etc
  9. Expliquer la hiérarchie des sources et le principe de légalité : conformité de chaque contrat aux sources supérieures (lois/accords collectifs).
  10. Distinguer ordre public social (amĂ©liorations possibles) et ordre public absolu (aucune dĂ©rogation), puis donner un exemple d’ordre public absolu.
  11. Expliquer l’ordre public dĂ©rogatoire : Ă©carter des rĂšgles supplĂ©tives pour mettre en place des rĂšgles moins favorables dans des domaines limitĂ©s (notamment temps de travail).
  12. PrĂ©senter les sources nationales du droit du travail : loi (Parlement), rĂšglements (gouvernement : dĂ©crets/arrĂȘtĂ©s), ordonnances, et rĂŽle pratique du Code du travail.
  13. DĂ©crire les juridictions en droit du travail et leurs rĂŽles : conseil de prud’hommes (litiges individuels), tribunal judiciaire (contentieux Ă©lectoral et sĂ©curitĂ© sociale depuis 2019), juridictions pĂ©nales (infractions),
  14. Expliquer le rÎle de la jurisprudence sociale : obligation de trancher, complément/précision/interprétation, et rÎle de la Cour de cassation comme source de droit dans certains cas.

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1. Quelle est la composition du droit social ?

2. Quel ensemble de rĂšgles relĂšve des relations individuelles de travail ?

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Droit social — dĂ©finition ?

Branche autonome regroupant droit du travail et sécurité sociale.

Droit du travail — rîle ?

Encadrer relations individuelles et collectives employeur-salarié.

Relations individuelles — exemples ?

Contrat, durée, rémunération, conditions de travail.

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