đ Plan du Cours
- Notion de droit social et composantes
- Droit du travail : relations individuelles et collectives
- Droit de la sécurité sociale : protection contre les risques
- Champ d'application du droit du travail
- Champ d'application du droit de la sécurité sociale
- Calcul de l'effectif pour l'application des rĂšgles
- Textes constitutionnels et hiérarchie des normes
- Lois, rĂšglements et ordonnances en droit du travail
- Jurisprudence sociale et rĂŽle de la Cour de cassation
- Conventions et accords collectifs : types et articulation
- Usages professionnels et conditions de reconnaissance
- Engagement unilatéral de l'employeur et dénonciation
đ 1. Notion de droit social et composantes
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit social : Le droit social est une branche autonome du droit composée du droit du travail et du droit de la sécurité sociale.
- Droit du travail : Le droit du travail encadre les relations entre employeurs et salariĂ©s, quâelles soient individuelles ou collectives.
- Relations individuelles : Les relations individuelles concernent les rÚgles issues du contrat de travail entre un employeur et un salarié.
- Relations collectives de travail : Les relations collectives regroupent les rĂšgles entre lâemployeur et la collectivitĂ© des salariĂ©s via des reprĂ©sentants.
- Droit de la sécurité sociale : Le droit de la sécurité sociale organise la protection sociale contre des risques liés à la vie professionnelle ou personnelle.
đ Points essentiels
- Le droit du travail fixe notamment des rĂšgles sur la formation du contrat, les conditions de travail et la rupture du contrat.
- En matiĂšre individuelle, le droit du travail couvre par exemple la durĂ©e du travail, les congĂ©s, la rĂ©munĂ©ration, ainsi que lâhygiĂšne et la sĂ©curitĂ©.
- En matiĂšre collective, le droit du travail prĂ©voit des seuils dĂ©clenchant la mise en place dâune institution reprĂ©sentative du personnel.
- Le comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) est lâinstitution visĂ©e, avec des missions et des droits pour ses membres (ex. heures de dĂ©lĂ©gation, droit Ă lâinformation).
- La protection contre le chÎmage relÚve du droit du travail et non du droit de la sécurité sociale.
đĄ Astuce mĂ©mo
Droit social = Travail (contrat + conditions + CSE) + Sécurité sociale (protection contre risques).
đ 2. Droit du travail : relations individuelles et collectives
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- EPIC : EPIC : personne publique chargĂ©e dâune mission de service public, dont lâactivitĂ© peut relever dâun caractĂšre industriel ou commercial.
- Contrat de travail : Contrat de travail : accord liant un salarié à un employeur, caractérisé par un lien de subordination.
- SalariĂ© : SalariĂ© : personne liĂ©e Ă un employeur par un contrat de travail, avec un pouvoir de lâemployeur sur lâexĂ©cution du travail.
- Travailleur indĂ©pendant : Travailleur indĂ©pendant : personne qui exerce pour son propre compte, sans ĂȘtre placĂ©e sous la subordination dâun employeur.
- Fonction publique : Fonction publique : ensemble des fonctionnaires soumis Ă un statut relevant du droit administratif, distinct du droit du travail.
đ Points essentiels
- EPIC : les plus connus sont la SNCF et la RATP, mais il en existe aussi dans dâautres secteurs que le transport.
- Exemples dâEPIC : INC, INA, CNES, IFREMER, ADEME, ONF, ComĂ©die française, OpĂ©ra de Paris.
- Le contrat de travail repose sur la subordination, qui donne Ă lâemployeur des pouvoirs de direction, de contrĂŽle et disciplinaire.
- Sont exclus du droit du travail : les travailleurs indĂ©pendants, car ils ne travaillent pas sous la subordination dâun employeur.
- Sont exclus du droit du travail : les fonctionnaires soumis au statut de la fonction publique, relevant du droit administratif.
- Comparaison : salariĂ© vs travailleur indĂ©pendant â le salariĂ© est subordonnĂ© Ă un employeur via un contrat de travail, tandis que lâindĂ©pendant agit pour son propre compte via un contrat dâentreprise avec ses clients.
đĄ Astuce mĂ©mo
Subordination = Pouvoirs (direction, contrĂŽle, discipline) : si lâemployeur dĂ©cide, câest du contrat de travail.
đ 3. Droit de la sĂ©curitĂ© sociale : protection contre les risques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit à la protection sociale : Droit social constitutionnel garantissant une protection des personnes contre certains risques sociaux, dont le contenu est précisé par des textes et parfois par la jurisprudence.
- Bloc de constitutionnalité : Ensemble de textes constitutionnels servant de référence aux principes fondamentaux du droit français, incluant des droits sociaux comme la protection sociale.
- Code du travail : Recueil principal qui précise les rÚgles applicables en droit du travail et contribue à concrétiser certains droits sociaux issus du bloc constitutionnel.
- Jurisprudence sociale : Ensemble des décisions des juridictions sociales qui interprÚtent et précisent le droit, notamment pour donner du contenu à des principes.
đ Points essentiels
- La protection sociale fait partie des droits sociaux fondamentaux reconnus par le bloc de constitutionnalité.
- Le bloc de constitutionnalitĂ© regroupe la Constitution du 4 octobre 1958, la DĂ©claration de 1789, le PrĂ©ambule de 1946 et la Charte de lâenvironnement.
- Le contenu des droits sociaux (dont la protection sociale) est prĂ©cisĂ© par dâautres textes, notamment le Code du travail.
- La jurisprudence peut aussi préciser le contenu et la portée de ces droits sociaux.
- Le droit du travail relÚve de matiÚres partagées : les principes sont fixés par la loi (Parlement) et les modalités par le pouvoir réglementaire (Gouvernement).
đĄ Astuce mĂ©mo
Protection sociale = bloc constitutionnel â prĂ©cisĂ© par textes (Code du travail) + parfois par jurisprudence.
đ 4. Champ d'application du droit du travail
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Loi du 4 mai 2004 : Loi du 4 mai 2004 : texte qui pose le principe de la formation professionnelle tout au long de la vie et crée un droit à la formation pour chaque salarié.
- Loi du 25 juin 2008 : Loi du 25 juin 2008 : texte qui institue la rupture conventionnelle homologuée dans le cadre de la modernisation du marché du travail.
- Loi du 8 aoĂ»t 2016 : Loi du 8 aoĂ»t 2016 : texte qui prĂ©voit, pour le temps de travail, la primautĂ© de lâaccord dâentreprise sur lâaccord de branche, mĂȘme moins favorable.
- Dispositions dâordre public : Dispositions dâordre public : rĂšgles impĂ©ratives qui sâimposent Ă tous et ne peuvent pas ĂȘtre Ă©cartĂ©es par des accords ou conventions.
- Dispositions supplĂ©tives : Dispositions supplĂ©tives : rĂšgles qui peuvent ĂȘtre Ă©cartĂ©es par des dispositions contraires prĂ©vues par une convention ou un accord collectif.
đ Points essentiels
- La loi du 4 mai 2004 fonde la formation professionnelle tout au long de la vie et instaure un droit à la formation pour chaque salarié.
- La loi du 25 juin 2008 crée la rupture conventionnelle homologuée.
- En temps de travail, la loi du 8 aoĂ»t 2016 impose la primautĂ© de lâaccord dâentreprise sur lâaccord de branche, mĂȘme si les rĂšgles sont moins favorables.
- Les dispositions dâordre public ne peuvent pas ĂȘtre Ă©cartĂ©es car elles sâimposent Ă tous.
- Les dispositions supplĂ©tives peuvent ĂȘtre Ă©cartĂ©es par une convention ou un accord collectif contraire.
- Exemple supplĂ©tif : les 8 premiĂšres heures supplĂ©mentaires majorĂ©es Ă 25% puis les suivantes Ă 50% peuvent ĂȘtre modifiĂ©es par un accord collectif ; exemple impĂ©ratif : le taux ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă 10%.
đĄ Astuce mĂ©mo
Ordre public = On ne négocie pas ; Supplétif = On peut remplacer (ex : 25%/50% modifiable, seuil 10% non).
đ 5. Champ d'application du droit de la sĂ©curitĂ© sociale
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Tribunal judiciaire : Juridiction de droit commun qui connaĂźt notamment du contentieux Ă©lectoral et, depuis 2019, dâune partie du contentieux de la sĂ©curitĂ© sociale.
- Contentieux de la sécurité sociale : Ensemble des litiges relatifs aux droits et prestations des assurés, dont une partie relÚve désormais du tribunal judiciaire depuis la réforme de 2019.
- Tribunaux des affaires de sécurité sociale : Anciennes juridictions spécialisées en matiÚre de sécurité sociale, supprimées par la loi de modernisation de la justice au XXIe siÚcle.
- Juridictions pĂ©nales : Juridictions chargĂ©es de juger les infractions au droit du travail, pouvant ĂȘtre mobilisĂ©es en lien avec des manquements rĂ©primĂ©s.
đ Points essentiels
- Depuis le 1er janvier 2019, le tribunal judiciaire est chargé du contentieux de la sécurité sociale auparavant confié aux tribunaux des affaires de sécurité sociale supprimés par la loi de modernisation de la justice au
- Le tribunal judiciaire intervient en sĂ©curitĂ© sociale notamment en cas de contestation dâimmatriculation ou dâaffiliation dâun assurĂ©.
- Le tribunal judiciaire connaßt aussi des refus de remboursement de frais médicaux.
- Le tribunal judiciaire tranche enfin les contestations portant sur le montant des indemnités journaliÚres.
- Le conseil de prudâhommes rĂšgle les litiges individuels travail salariĂ©/employeur, tandis que le tribunal judiciaire traite notamment le contentieux de la sĂ©curitĂ© sociale depuis 2019.
đĄ Astuce mĂ©mo
2019 = Tribunal judiciaire prend la sécurité sociale (remplace les tribunaux des affaires de sécurité sociale).
đ 6. Calcul de l'effectif pour l'application des rĂšgles
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Jurisprudence sociale : La jurisprudence sociale dĂ©signe lâensemble des dĂ©cisions des juridictions qui prĂ©cisent ou complĂštent les rĂšgles de droit du travail en cas de texte incomplet ou imprĂ©cis.
- InterprĂ©tation des textes : LâinterprĂ©tation des textes est lâopĂ©ration par laquelle le juge donne un sens Ă une rĂšgle lĂ©gale quand elle est trop vague, incomplĂšte ou absente.
- Source de droit : Une source de droit est un Ă©lĂ©ment qui produit des rĂšgles applicables, notamment lorsque la dĂ©cision de justice fixe le sens dâun texte.
- Cour de cassation : La Cour de cassation est la juridiction qui rend des dĂ©cisions pouvant crĂ©er une orientation juridique, en particulier par lâinterprĂ©tation quâelle impose.
đ Points essentiels
- Le juge doit rendre une dĂ©cision mĂȘme si la rĂšgle lĂ©gale est incomplĂšte, imprĂ©cise ou inexistante.
- Quand le texte est insuffisant, le juge complÚte, précise et parfois interprÚte la rÚgle applicable.
- LâinterprĂ©tation judiciaire peut devenir une source de droit, surtout pour les dĂ©cisions de la Cour de cassation.
- La jurisprudence joue un rĂŽle majeur en droit du travail en raison du grand nombre de litiges et de lâimprĂ©cision de nombreuses rĂšgles.
- Dans certains domaines, la rÚgle applicable provient largement de la jurisprudence (exemples cités : clause de non-concurrence, cause réelle et sérieuse, classification des fautes, droit de grÚve, rupture conventionnelle
đĄ Astuce mĂ©mo
Texte flou â juge tranche â interprĂ©tation devient rĂšgle (jurisprudence, surtout Cour de cassation).
đ 7. Textes constitutionnels et hiĂ©rarchie des normes
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit à la négociation collective : Droit constitutionnel qui garantit aux travailleurs la participation à la détermination collective des conditions de travail.
- Préambule de la Constitution de 1946 : Texte constitutionnel qui consacre le droit à la négociation collective.
- Code du travail : Texte législatif qui reprend et encadre le droit à la négociation collective, notamment via la participation des travailleurs.
- Conventions collectives : Textes conclus par les partenaires sociaux pour traiter lâensemble des conditions dâemploi, de travail, de formation et des garanties sociales.
- Accords collectifs : Textes conclus par les partenaires sociaux pour traiter dâun point prĂ©cis des relations de travail.
đ Points essentiels
- Le droit du travail est présenté comme un droit largement négocié grùce à la négociation collective entre partenaires sociaux et syndicats représentatifs.
- La nĂ©gociation collective vise des accords sur les conditions dâemploi, de travail, de formation professionnelle et sur les garanties sociales.
- Le droit à la négociation collective figure dans le préambule de la Constitution de 1946 et dans le Code du travail.
- Le Code du travail impose des négociations obligatoires aux partenaires sociaux, notamment dans les branches professionnelles et certaines entreprises.
- Les conventions collectives ont en général un champ sectoriel (souvent une branche) et peuvent aussi couvrir des niveaux plus larges ou plus restreints selon les cas.
- Les accords collectifs portent sur un thĂšme unique (ex. temps de travail, salaires, emploi des seniors, formation professionnelle).
đĄ Astuce mĂ©mo
Constitution + Code = négociation collective : 1946 (préambule) + Code du travail (participation et négociations obligatoires).
đ 8. Lois, rĂšglements et ordonnances en droit du travail
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Accord collectif : Accord conclu entre lâemployeur et des organisations syndicales reprĂ©sentatives, qui fixe des rĂšgles applicables aux salariĂ©s concernĂ©s.
- Accord dâentreprise : Accord collectif conclu au sein dâune seule entreprise, applicable aux salariĂ©s de cette entreprise selon son champ.
- Accord dâĂ©tablissement : Accord collectif conclu pour un Ă©tablissement, dont les rĂšgles ne sâappliquent quâĂ cet Ă©tablissement.
- Accord de branche : Accord collectif couvrant un champ professionnel plus large, notamment au niveau national, rĂ©gional ou local, et sâappliquant aux entreprises relevant du secteur.
- Clauses de verrouillage : Clauses prĂ©vues par un accord ou une convention de niveau supĂ©rieur pour empĂȘcher toute disposition moins favorable adoptĂ©e Ă un niveau infĂ©rieur.
đ Points essentiels
- Un accord peut ĂȘtre conclu Ă un niveau national, rĂ©gional ou local selon son champ gĂ©ographique ou territorial.
- Avant la rĂ©forme du 4 mai 2004, un accord de niveau infĂ©rieur ne pouvait dĂ©roger Ă un accord supĂ©rieur que si câĂ©tait plus favorable aux salariĂ©s, dâoĂč le « rĂ©gime de faveur ».
- AprĂšs le 4 mai 2004, certains domaines ont permis des accords dĂ©rogatoires, câest-Ă -dire des dispositions moins favorables que celles du niveau supĂ©rieur.
- Deux exceptions limitaient ces dĂ©rogations aprĂšs 2004 : la possibilitĂ© de clauses de verrouillage et lâinterdiction des accords dĂ©rogatoires pour certaines questions comme les salaires minima et les classifications.
- AprĂšs les lois du 8 aoĂ»t 2016 et du 29 mars 2018, le principe de primautĂ© des accords dâentreprise sâapplique dans tous les domaines oĂč le Code du travail ne lâinterdit pas, rendant inefficaces les clauses de verrouilll[
đĄ Astuce mĂ©mo
PrimautĂ© = « entreprise dâabord » (quand le Code ne lâinterdit pas) ; avant 2004 : « plus favorable seulement ».
đ 9. Jurisprudence sociale et rĂŽle de la Cour de cassation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- PrimautĂ© de lâaccord dâentreprise : Principe selon lequel lâaccord conclu au niveau de lâentreprise peut primer sur la convention ou lâaccord de branche, sauf exceptions prĂ©vues par le Code du travail.
- Article L2253-1 Code du travail : Dispositif qui fixe une liste limitative des domaines oĂč la convention ou lâaccord de branche prĂ©vaut sur lâaccord dâentreprise.
- Clauses de verrouillage : Mécanisme permettant à une convention ou un accord de branche de rendre certaines de ses dispositions opposables, mais dont la possibilité est désormais trÚs encadrée.
- Usages professionnels : Pratiques mises en place spontanĂ©ment par lâemployeur, rĂ©pĂ©tĂ©es et devenant un avantage pour les salariĂ©s pouvant acquĂ©rir un caractĂšre obligatoire.
đ Points essentiels
- La primautĂ© de lâaccord dâentreprise sur la branche est confirmĂ©e par la loi du 29 mars 2018 ratifiant lâordonnance du 22 septembre 2017 relative Ă la nĂ©gociation collective.
- La primautĂ© sâapplique sauf dans les cas limitativement prĂ©vus Ă lâarticle L2253-1 du Code du travail.
- Dans les domaines de lâarticle L2253-1, les dispositions de la branche priment sur celles de lâentreprise, notamment pour le salaire minimum, les classifications professionnelles et certaines rĂšgles de pĂ©riode dâessai.
- Exemple : un accord dâentreprise peut fixer une durĂ©e hebdomadaire maximale de 46 heures en moyenne sur douze semaines consĂ©cutives mĂȘme si la convention de branche lâinterdit.
- Exemple : un accord dâentreprise peut prĂ©voir un taux de majoration des heures supplĂ©mentaires moins favorable que la branche si le taux nâest pas infĂ©rieur au minimum lĂ©gal de 10 %.
- Les usages professionnels doivent présenter trois caractéristiques : généralité, fixité et répétition suffisamment installée pour créer un avantage devenu droit.
đĄ Astuce mĂ©mo
Accord dâentreprise = rĂšgle, L2253-1 = exceptions; usages = avantage spontanĂ© devenu droit (gĂ©nĂ©ralitĂ© + fixitĂ© + rĂ©pĂ©tition).
đ 10. Conventions et accords collectifs : types et articulation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Usages professionnels : Pratiques spontanĂ©es mises en place par lâemployeur, sans obligation initiale, qui peuvent devenir un droit des salariĂ©s par leur rĂ©pĂ©tition et leurs caractĂ©ristiques.
- GĂ©nĂ©ralitĂ© de lâusage : CaractĂ©ristique dâun usage selon laquelle lâavantage est accordĂ© Ă lâensemble des salariĂ©s ou Ă lâensemble dâune catĂ©gorie.
- FixitĂ© de lâusage : CaractĂ©ristique dâun usage selon laquelle les modalitĂ©s de lâavantage restent identiques dans le temps.
- Constance de lâusage : CaractĂ©ristique dâun usage selon laquelle la pratique est rĂ©guliĂšre et se rĂ©pĂšte.
- Engagement unilatĂ©ral de lâemployeur : Manifestation de volontĂ© de lâemployeur qui dĂ©cide seul dâaccorder un avantage aux salariĂ©s, sans accord collectif prĂ©alable.
đ Points essentiels
- Un usage devient un droit pour les salariĂ©s sâil remplit cumulativement gĂ©nĂ©ralitĂ©, fixitĂ© et constance.
- En cas de litige sur lâexistence dâun usage, la charge de la preuve pĂšse sur le salariĂ© qui le revendique.
- Lâemployeur peut dĂ©noncer un usage seulement sâil informe personnellement chaque salariĂ© concernĂ© (preuve de la formalitĂ©), informe le comitĂ© social et Ă©conomique et respecte un dĂ©lai de prĂ©venance suffisant.
- Quand un accord collectif ayant le mĂȘme objet quâun usage dâentreprise est conclu entre lâemployeur et des organisations reprĂ©sentatives, lâaccord met fin Ă lâusage.
- Lâengagement unilatĂ©ral est une dĂ©cision unilatĂ©rale de lâemployeur (ex. rĂ©union du CSE ou note de service) pouvant porter sur toute mesure.
- La dĂ©nonciation dâun engagement unilatĂ©ral exige aussi une information individuelle, lâinformation des reprĂ©sentants du personnel et un dĂ©lai de prĂ©venance suffisant, sinon elle est inopposable aux salariĂ©s (Cass. soc. 4
đĄ Astuce mĂ©mo
Usage = G-F-C : Généralité, Fixité, Constance ; Dénoncer = Individuel + CSE + Délai.
đ 11. Usages professionnels et conditions de reconnaissance
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Usages professionnels : Pratiques constantes et gĂ©nĂ©rales dans lâentreprise ou la profession, qui peuvent sâimposer aux salariĂ©s comme source de droits.
- Engagement unilatĂ©ral de lâemployeur : Promesse ou dĂ©cision prise par lâemployeur qui crĂ©e des droits au profit des salariĂ©s, sans nĂ©gociation collective prĂ©alable.
- Accord atypique : Accord conclu entre lâemployeur et des reprĂ©sentants Ă©lus du personnel ou lâensemble des salariĂ©s, sans syndicats reprĂ©sentatifs.
- DĂ©lai de prĂ©venance : PĂ©riode minimale avant la dĂ©nonciation permettant dâinformer suffisamment les salariĂ©s pour limiter lâeffet brutal du retrait.
- InopposabilitĂ© : CaractĂšre dâun acte juridique qui ne peut pas produire dâeffet Ă lâĂ©gard des salariĂ©s concernĂ©s.
đ Points essentiels
- La dĂ©nonciation dâun engagement unilatĂ©ral relatif Ă une prime aux travailleurs de nuit est inopposable aux salariĂ©s si elle nâest pas prĂ©cĂ©dĂ©e dâun dĂ©lai de prĂ©venance suffisant (Cass. soc., 4-12-2019, n° 18-20.763).
- La dĂ©nonciation dâun engagement unilatĂ©ral instaurant un rĂ©gime de retraite supplĂ©mentaire est inopposable si elle est irrĂ©guliĂšre faute dâinformation prĂ©alable du salariĂ© (Cass. soc., 14-10-2020, n° 19-14.265).
- En cas dâinopposabilitĂ©, lâemployeur reste tenu de verser la pension au niveau de rente viagĂšre auquel il sâĂ©tait engagĂ© (Cass. soc., 14-10-2020, n° 19-14.265).
- Les accords atypiques sont Ă©quivalents Ă un engagement unilatĂ©ral de lâemployeur, donc soumis Ă des logiques proches pour la dĂ©nonciation et lâopposabilitĂ©.
- Les accords atypiques peuvent ĂȘtre dĂ©noncĂ©s par lâemployeur dans les mĂȘmes conditions que lâengagement unilatĂ©ral ou les usages professionnels.
đĄ Astuce mĂ©mo
PrĂ©venir ou informer : sans dĂ©lai suffisant ou sans information prĂ©alable, la dĂ©nonciation devient inopposable et lâemployeur paie comme promis.
đ 12. Engagement unilatĂ©ral de l'employeur et dĂ©nonciation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Principe de légalité : Principe juridique selon lequel une norme ne peut pas contredire une norme de niveau supérieur, ce qui impose la conformité de toutes les rÚgles entre elles.
- Ordre public social : En droit du travail, ensemble de rÚgles protectrices qui permettent en principe des améliorations au profit des salariés par rapport au droit commun.
- Ordre public absolu : CatĂ©gorie de rĂšgles dâordre public qui ne peuvent faire lâobjet dâaucune dĂ©rogation, mĂȘme si la modification serait plus favorable aux salariĂ©s.
- Ordre public dĂ©rogatoire : MĂ©canisme du droit du travail permettant dâĂ©carter certaines rĂšgles lĂ©gales supplĂ©tives pour instaurer des rĂšgles moins favorables, dans des domaines limitĂ©s.
- Accords dérogatoires : Accords collectifs autorisés à déroger à des rÚgles supplétives, uniquement dans des champs précis comme le temps de travail.
đ Points essentiels
- Un contrat de travail doit respecter lâensemble des sources applicables, notamment lois et accords collectifs, qui doivent elles-mĂȘmes respecter les normes supĂ©rieures.
- Une convention ou un accord collectif peut prévoir des stipulations plus favorables aux salariés que la loi, par exemple une durée de travail inférieure à 35 heures.
- La dérogation favorable a des limites : on ne peut pas fixer une durée de travail supérieure à la durée légale si cela prive les salariés des majorations dues.
- Les congĂ©s payĂ©s peuvent ĂȘtre augmentĂ©s par convention collective (6 ou 7 semaines), mais pas rĂ©duits Ă 3 ou 4 semaines.
- Certaines rĂšgles relĂšvent de lâordre public absolu et interdisent toute dĂ©rogation, comme lâinterdiction absolue dâindexer les salaires sur le SMIC.
- Les accords dérogatoires issus de la loi (4 mai 2004 et 8 août 2016) peuvent écarter des rÚgles supplétives pour mettre en place des rÚgles moins favorables, dans des domaines limités notamment le temps de travail.
đĄ Astuce mĂ©mo
Hiérarchie = conformité ; Social = mieux pour le salarié ; Absolu = jamais ; Dérogatoire = moins, mais seulement sur le temps de travail.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 4 octobre 1958 | Constitution formant le bloc de constitutionnalité |
| 1789 | DĂ©claration des droits de lâHomme et du Citoyen (bloc de constitutionnalitĂ©) |
| 1946 | Préambule de la Constitution de 1946 (bloc de constitutionnalité) |
| 4 mai 2004 | Loi permettant des accords dérogatoires dans certains domaines |
| 1er janvier 2019 | Tribunal judiciaire chargé du contentieux de la sécurité sociale |
| 19 janvier 2000 | Loi Aubry 2 fixant le principe dâune durĂ©e hebdomadaire Ă 35 heures |
| 4 mai 2004 | Loi posant le principe de la formation professionnelle tout au long de la vie |
| 25 juin 2008 | Loi portant modernisation du marché du travail créant la rupture conventionnelle homologuée |
| 8 aoĂ»t 2016 | Loi Travail : primautĂ© de lâaccord dâentreprise sur lâaccord de branche en temps de travail |
| 22 septembre 2017 | Ordonnance relative au renforcement de la négociation collective (ratifiée ensuite) |
đ Tableaux de synthĂšse
Salarié vs travailleur indépendant
| CritÚre | Salarié | Travailleur indépendant |
|---|
| Lien avec lâemployeur | LiĂ© par un contrat de travail | Exerce pour son propre compte |
| Caractéristique centrale | Subordination | Absence de subordination |
| Cadre juridique des relations | Contrat de travail | Contrat dâentreprise avec les clients |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre droit du travail et droit de la sĂ©curitĂ© sociale : le chĂŽmage relĂšve du droit du travail, mĂȘme si la protection sociale est un droit social.
- Croire que tous les litiges en sĂ©curitĂ© sociale relĂšvent du conseil de prudâhommes : depuis le 1er janvier 2019, câest le tribunal judiciaire pour une partie du contentieux.
- MĂ©langer ordre public absolu et ordre public dĂ©rogatoire : lâabsolu ne se nĂ©gocie jamais, mĂȘme si ce serait plus favorable.
- Penser que lâaccord dâentreprise peut toujours dĂ©roger Ă la branche : la primautĂ© ne joue que sauf cas limitativement prĂ©vus (article L2253-1).
- Oublier que lâusage doit ĂȘtre G-F-C (gĂ©nĂ©ralitĂ©, fixitĂ©, constance) pour devenir un droit opposable aux salariĂ©s.
- Croire que la charge de la preuve de lâusage incombe Ă lâemployeur : en cas de litige, elle pĂšse sur le salariĂ© qui revendique lâusage.
- Confondre engagement unilatĂ©ral et accord collectif : lâengagement unilatĂ©ral est une dĂ©cision de lâemployeur, tandis que lâaccord collectif implique des syndicats reprĂ©sentatifs.
â
Checklist Examen
- Définir le droit social et distinguer ses deux composantes : droit du travail et droit de la sécurité sociale.
- Expliquer ce que couvre le droit du travail en relations individuelles (formation du contrat, conditions de travail, durée, congés, rémunération, hygiÚne/sécurité, rupture).
- Expliquer ce que couvre le droit du travail en relations collectives : seuils, CSE, missions et droits (ex. heures de dĂ©lĂ©gation, droit Ă lâinformation).
- Identifier les personnes soumises au droit du travail : employeurs privĂ©s et EPIC, puis prĂ©ciser ce quâest un EPIC et donner des exemples.
- Identifier les salariés soumis au droit du travail : lien de subordination et pouvoirs de direction, contrÎle et disciplinaire.
- Lister les personnes exclues du droit du travail : travailleurs indépendants (pas de subordination) et fonctionnaires (statut de droit administratif).
- Expliquer la vocation universaliste du droit de la sécurité sociale et citer des exemples de régimes (régime général, régimes spéciaux, régime étudiant, etc.).
- MaĂźtriser le calcul de lâeffectif : CDI temps complet pris intĂ©gralement, CDD/temporaires/mis Ă disposition au prorata, temps partiel au prorata horaire, et exclusions (apprentis, contrat de professionnalisation CDD, etc
- Expliquer la hiérarchie des sources et le principe de légalité : conformité de chaque contrat aux sources supérieures (lois/accords collectifs).
- Distinguer ordre public social (amĂ©liorations possibles) et ordre public absolu (aucune dĂ©rogation), puis donner un exemple dâordre public absolu.
- Expliquer lâordre public dĂ©rogatoire : Ă©carter des rĂšgles supplĂ©tives pour mettre en place des rĂšgles moins favorables dans des domaines limitĂ©s (notamment temps de travail).
- PrĂ©senter les sources nationales du droit du travail : loi (Parlement), rĂšglements (gouvernement : dĂ©crets/arrĂȘtĂ©s), ordonnances, et rĂŽle pratique du Code du travail.
- DĂ©crire les juridictions en droit du travail et leurs rĂŽles : conseil de prudâhommes (litiges individuels), tribunal judiciaire (contentieux Ă©lectoral et sĂ©curitĂ© sociale depuis 2019), juridictions pĂ©nales (infractions),
- Expliquer le rÎle de la jurisprudence sociale : obligation de trancher, complément/précision/interprétation, et rÎle de la Cour de cassation comme source de droit dans certains cas.
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