Revision sheet: Introduction aux droits de la famille

Plan du Cours

  1. Droits des enfants et intĂ©rĂȘt supĂ©rieur
  2. Filiation et autorité parentale
  3. Ordonnances parentales et garde
  4. Obligation alimentaire envers les enfants
  5. Obligation alimentaire entre époux
  6. Mise Ă  jour et perception des pensions
  7. Patrimoine familial
  8. Partage du patrimoine familial
  9. SociĂ©tĂ© d’acquĂȘts
  10. Survie alimentaire et conjoints de fait

1. Droits des enfants et intĂ©rĂȘt supĂ©rieur

Notions clés & Définitions

  • Protection de l’enfant : Droit de l’enfant Ă  la protection, Ă  la sĂ©curitĂ© et Ă  l’attention que ses parents ou les personnes qui en tiennent lieu peuvent lui donner.
  • IntĂ©rĂȘt supĂ©rieur de l’enfant : Principe selon lequel toute dĂ©cision qui concerne l’enfant doit ĂȘtre prise dans son intĂ©rĂȘt et en respectant ses droits.
  • DĂ©cisions dans le respect des droits : Exigence que les besoins de l’enfant et des facteurs comme son Ăąge, sa santĂ©, sa personnalitĂ© et son milieu familial soient considĂ©rĂ©s.
  • Droit d’ĂȘtre entendu : PossibilitĂ© pour l’enfant d’exprimer sa position devant le tribunal lorsque son Ăąge et son discernement le permettent.

Points essentiels

  • Les art. 32 Ă  34 CCQ reconnaissent l’enfant comme un sujet de droits et imposent une protection juridique.
  • L’art. 32 CCQ sert souvent Ă  restreindre ou annuler les accĂšs d’un parent pour Ă©viter des risques comme la violence ou l’aliĂ©nation mentale.
  • L’art. 33 CCQ est l’article-pilier: les dĂ©cisions doivent tenir compte, en plus des besoins moraux, intellectuels, affectifs et physiques, de l’ñge, de la santĂ©, du caractĂšre et du milieu familial.
  • L’art. 604 CCQ permet au titulaire de l’autoritĂ© parentale de saisir le tribunal en cas de difficultĂ©s, et le tribunal statue dans l’intĂ©rĂȘt de l’enfant aprĂšs avoir favorisĂ© la conciliation.
  • En vertu de l’art. 34 CCQ, chaque fois qu’une demande met en jeu l’intĂ©rĂȘt d’un enfant, le tribunal doit lui permettre d’ĂȘtre entendu si son Ăąge et son discernement le permettent.

2. Filiation et autorité parentale

Notions clés & Définitions

  • Filiation : La filiation est l’effet juridique Ă©tablissant le lien parent-enfant, sans devoir correspondre Ă  la rĂ©alitĂ© biologique.
  • Possession constante d’état : La possession constante d’état est une preuve de filiation fondĂ©e sur une conduite continue traitant l’enfant comme son enfant, Ă  partir de la naissance.
  • PrĂ©somption de parentalitĂ© : La prĂ©somption de parentalitĂ© est une prĂ©somption lĂ©gale qui rattache un enfant Ă  l’autre parent selon le moment de naissance et la situation conjugale ou d’union.
  • AutoritĂ© parentale : L’autoritĂ© parentale est l’ensemble des droits et devoirs des parents envers l’enfant, notamment la garde, la surveillance, l’éducation et la dĂ©cision des sujets importants.
  • DĂ©chĂ©ance de l’autoritĂ© parentale : La dĂ©chĂ©ance de l’autoritĂ© parentale est une mesure exceptionnelle qui peut retirer l’autoritĂ© d’un parent lorsque des motifs graves et l’intĂ©rĂȘt de l’enfant le justifient.

Points essentiels

  • La filiation se prouve, Ă  l’égard de la mĂšre ou du parent par le fait de donner naissance, et pour l’autre parent par la reconnaissance figurant Ă  l’acte de naissance (art. 523 CCQ).
  • La possession constante d’état exige une conduite commençant Ă  la naissance et se poursuivant au moins 24 mois, sauf circonstances exceptionnelles, et elle ne peut ĂȘtre exercĂ©e par plus d’une personne simultanĂ©ment (art. 524 CCQ).
  • L’enfant nĂ© pendant le mariage, l’union civile ou l’union de fait, ou dans les 300 jours aprĂšs leur dissolution, est prĂ©sumĂ© avoir pour autre parent le conjoint de sa mĂšre ou du parent qui lui a donnĂ© naissance (art. 525 CCQ).
  • Les pĂšre et mĂšre ont le droit et le devoir de garde, surveillance et Ă©ducation, et doivent nourrir et entretenir leur enfant; l’autoritĂ© parentale s’exerce ensemble (art. 599-600 CCQ).
  • En cas de difficultĂ©s, le titulaire de l’autoritĂ© parentale peut saisir le tribunal, qui statue dans l’intĂ©rĂȘt de l’enfant aprĂšs avoir favorisĂ© la conciliation (art. 604 CCQ).
  • La dĂ©chĂ©ance de l’autoritĂ© parentale peut ĂȘtre prononcĂ©e pour des motifs graves dans l’intĂ©rĂȘt de l’enfant (art. 606 CCQ) et ne rompt pas le lien de filiation, mais l’enfant ne doit plus des aliments au parent dĂ©chu (art. 585 CCQ).

Astuce mémo

RepÚres chiffrés : 523 acte de naissance, 524 24 mois de conduite, 525 300 jours pour la présomption, et 604 tribunal en cas de difficulté.

3. Ordonnances parentales et garde

Notions clés & Définitions

  • Garde exclusive : La garde exclusive est une modalitĂ© oĂč un parent assume le quotidien de l’enfant pour la majoritĂ© du temps, tandis que l’autre bĂ©nĂ©ficie d’un temps plus rĂ©duit.
  • Garde partagĂ©e : La garde partagĂ©e est une modalitĂ© oĂč l’enfant passe au moins 40% de son temps avec chaque parent, selon le calcul annuel.
  • Droits d’accĂšs : Les droits d’accĂšs sont le temps accordĂ© au parent non gardien pour voir l’enfant, gĂ©nĂ©ralement sous forme de visites ou de sorties planifiĂ©es.
  • Meilleur intĂ©rĂȘt de l’enfant : Le meilleur intĂ©rĂȘt de l’enfant est le critĂšre central qui guide toutes les dĂ©cisions judiciaires touchant la garde et l’accĂšs.

Points essentiels

  • Quand un tribunal dĂ©cide de la garde ou des droits d’accĂšs, il applique comme critĂšre principal l’intĂ©rĂȘt de l’enfant et le respect de ses droits.
  • Pour une garde exclusive, le parent gardien a environ 80% ou plus du temps annuel, et l’autre parent environ 20%.
  • Pour le droit de visite ou l’accĂšs prolongĂ©, le parent non gardien a environ 20% Ă  40% du temps annuel.
  • DĂšs que le temps avec un parent atteint 40% (sur l’annĂ©e), on bascule dans la garde partagĂ©e, y compris des configurations comme 60-40.
  • En garde partagĂ©e, le tribunal analyse notamment cinq Ă©lĂ©ments : stabilitĂ© et intĂ©rĂȘt de l’enfant, capacitĂ© parentale, capacitĂ© de communication, absence de conflit et proximitĂ© des rĂ©sidences.

Astuce mémo

IntĂ©rĂȘt d’abord, puis pourcentages : 80-20 garde exclusive, 20-40 accĂšs prolongĂ©, 40-60 garde partagĂ©e (stabilitĂ© + communication).

4. Obligation alimentaire envers les enfants

Notions clés & Définitions

  • Obligation alimentaire des parents : Obligation juridique des parents, au premier degrĂ© en ligne directe, de verser des aliments pour leurs enfants en vertu du droit applicable.
  • Contribution alimentaire parentale de base : Montant prĂ©sumĂ© correspondre aux besoins de l’enfant et aux facultĂ©s des parents, calculĂ© Ă  partir des rĂšgles de fixation prĂ©vues pour les pensions alimentaires pour enfants.
  • Frais particuliers nets : DĂ©penses liĂ©es Ă  un besoin particulier de l’enfant qui peuvent s’ajouter Ă  la contribution de base aprĂšs dĂ©duction des subventions, assurances ou montants similaires.
  • Indexation annuelle des pensions : MĂ©canisme lĂ©gal qui fait varier annuellement le montant de la pension alimentaire de base Ă  partir d’une date prĂ©vue par la loi.

Points essentiels

  • La source de l’obligation alimentaire des enfants est l’art. 585 CCQ et le recours de l’enfant mineur peut ĂȘtre exercĂ© par le titulaire de l’autoritĂ© parentale, le tuteur ou la personne qui en a la garde selon les circonstances.
  • La pension de base est Ă©tablie mensuellement Ă  partir d’une contribution alimentaire parentale de base prĂ©sumĂ©e rĂ©pondre aux besoins de l’enfant et aux facultĂ©s des parents en application des rĂšgles provinciales.
  • Les pensions pour enfants sont des mesures d’ordre public créées depuis 1997 et, une fois l’État organisĂ©, elles sont prĂ©vues non dĂ©ductibles et non imposables pour le bĂ©nĂ©ficiaire.
  • La pension de base couvre 9 besoins (logement, nourriture, vĂȘtements, transport, communications, soins personnels, loisirs, entretien mĂ©nager, ameublement) et on ajoute un pourcentage pour les frais particuliers.
  • Les frais particuliers nets sont ajoutĂ©s seulement si le besoin est particulier, raisonnable au regard des facultĂ©s et des moyens des parents, et justifiĂ© par les circonstances de l’enfant.
  • La pension de base est indexĂ©e une fois par annĂ©e (art. 590 CCQ), et les rĂšgles provinciales d’application via la table ne visent que 5 cas prĂ©cis limitĂ©s par la loi.

Astuce mémo

Base (9 besoins) + frais particuliers nets = pension mensuelle; et 1 fois/an, on indexe (art. 590 CCQ).

5. Obligation alimentaire entre époux

Notions clés & Définitions

  • Aliments entre Ă©poux : Obligation alimentaire entre Ă©poux et entre conjoints unis civilement visant Ă  couvrir leurs besoins essentiels.
  • Facteurs des aliments : ÉlĂ©ments utilisĂ©s par le tribunal pour fixer les aliments entre Ă©poux en tenant compte des besoins, des facultĂ©s, des circonstances et, s’il y a lieu, du temps d’autonomie.
  • Formulaire III : Document de type budgĂ©taire oĂč les parties indiquent revenus et dĂ©penses afin d’évaluer les besoins du crĂ©ancier et les moyens du dĂ©biteur.
  • Lignes directrices facultatives : Outils facultatifs servant de repĂšres chiffrĂ©s pour estimer montant et durĂ©e des aliments entre Ă©poux Ă  partir de revenus, Ăąge et durĂ©e de cohabitation.

Points essentiels

  • L’obligation alimentaire entre Ă©poux s’applique aux Ă©poux et aux conjoints unis civilement, mais ne vise pas les ex-conjoints de fait.
  • Les aliments entre ex-Ă©poux peuvent ĂȘtre accordĂ©s pour permettre une autonomie Ă©conomique, sans ĂȘtre automatiquement accordĂ©s aprĂšs la rupture.
  • Pour fixer les aliments entre Ă©poux ou conjoints unis civilement, il n’existe pas de table de fixation et la pension est Ă©tablie selon les besoins et les moyens des parties.
  • Les aliments sont gĂ©nĂ©ralement payables mensuellement, et le tribunal peut exceptionnellement utiliser une somme forfaitaire ou des versements.
  • La pension mensuelle entre ex-Ă©poux est dĂ©ductible pour le dĂ©biteur et imposable pour le crĂ©ancier, contrairement Ă  une somme forfaitaire en capital qui ne l’est pas.
  • Les lignes directrices facultatives ne dispensent pas le remplissage du Formulaire III ni la preuve des critĂšres lĂ©gaux et le juge n’y est pas liĂ©.

Astuce mémo

Époux = aliments; Conjoints de fait = non; Calcul = besoins + moyens (Formulaire III) ; Pas de table, seulement repùres facultatifs.

6. Mise Ă  jour et perception des pensions

Notions clés & Définitions

  • Changement de situation : Le changement de situation est un Ă©vĂ©nement important ou significatif qui justifie la modification d’une ordonnance alimentaire.
  • Pension forfaitaire : Une pension forfaitaire est une somme payĂ©e en capital que le tribunal ne peut rĂ©viser que dans des conditions prĂ©cises liĂ©es Ă  son exĂ©cution.
  • RĂ©vision annuelle des revenus : La rĂ©vision permet, sur demande, d’exiger des preuves de revenus afin d’ajuster le montant des pensions au plus une fois par annĂ©e.
  • Loi facilitant le paiement des pensions alimentaires : La loi organise une perception automatique des pensions payĂ©es en paiements Ă©chelonnĂ©s, au profit du crĂ©ancier, via l’entremise du Ministre du Revenu.
  • Exemption de perception : L’exemption est une exception Ă  la perception automatique qui exige une demande conjointe ou une garantie suffisante approuvĂ©e par le tribunal.

Points essentiels

  • La pension peut ĂȘtre revue Ă  chaque fois que les circonstances le justifient, mais une pension forfaitaire n’est rĂ©visable que si elle n’a pas Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e.
  • Pour un enfant, des aliments peuvent ĂȘtre rĂ©clamĂ©s rĂ©troactivement jusqu’à 3 ans avant la demande, sauf exception liĂ©e Ă  un comportement rĂ©prĂ©hensible du dĂ©biteur.
  • Pour un ex-Ă©poux ou un ex-conjoint uni civilement, la rĂ©troactivitĂ© est limitĂ©e Ă  1 an et le demandeur doit prouver son impossibilitĂ© d’agir plus tĂŽt.
  • Dans le cadre de la modification aprĂšs divorce, le tribunal doit d’abord constater un changement de situation pour rendre une ordonnance modificative.
  • La perception s’applique automatiquement aux ordonnances alimentaires, mais seulement aux pensions versĂ©es au crĂ©ancier sous forme de paiements Ă©chelonnĂ©s.
  • L’exemption de perception exige soit une fiducie garantissant le paiement, soit une demande conjointe avec sĂ»retĂ© suffisante (1 mois d’avance si salariĂ©, 3 mois si travailleur autonome) et une approbation judiciaire.

Astuce mémo

Rétroactivité: enfant = 3 ans, ex-époux = 1 an; pension forfaitaire = seulement si non exécutée.

7. Patrimoine familial

Notions clés & Définitions

  • Patrimoine familial : Le patrimoine familial est l’ensemble de certains biens affectĂ©s par le mariage ou l’union civile et partageables lors de la sĂ©paration, du divorce ou du dĂ©cĂšs.
  • Dispositions d’ordre public : Les rĂšgles sur le patrimoine familial s’imposent aux couples et ne peuvent pas ĂȘtre Ă©cartĂ©es par choix de rĂ©gime matrimonial.
  • Biens de catĂ©gorie 1 : Les biens de catĂ©gorie 1 regroupent les rĂ©sidences familiales, meubles servant au mĂ©nage et vĂ©hicules automobiles utilisĂ©s pour les dĂ©placements de la famille.
  • Biens de catĂ©gorie 2 : Les biens de catĂ©gorie 2 regroupent les gains et droits accumulĂ©s durant le mariage liĂ©s Ă  un rĂ©gime de retraite ou Ă  la RRQ et programmes Ă©quivalents.

Points essentiels

  • Le patrimoine familial naĂźt du mariage ou de l’union civile et vise une mise en commun de la valeur de certains biens acquis pendant la vie commune, avec droit Ă  la moitiĂ© de la valeur lors de la sĂ©paration, divorce ou dĂ©cĂšs.
  • Les dispositions du patrimoine familial s’appliquent depuis le 1er juillet 1989, et le cas des mariages avant cette date est couvert sauf convention d’exclusion notariĂ©e conclue avant le 30 dĂ©cembre 1990.
  • L’union civile a les mĂȘmes effets que le mariage concernant le patrimoine familial et l’on ne peut pas renoncer aux rĂšgles du patrimoine familial, peu importe le rĂ©gime.
  • Le patrimoine familial comprend notamment les rĂ©sidences de la famille ou droits qui en confĂšrent l’usage, les meubles servant Ă  l’usage du mĂ©nage, les vĂ©hicules automobiles utilisĂ©s pour les dĂ©placements familiaux et certains droits de retraite accumulĂ©s durant le mariage.
  • Les biens reçus par succession ou donation avant ou pendant le mariage sont exclus, mais un bien acquis grĂące Ă  l’argent d’une succession ou donation ne suit pas automatiquement cette exclusion; cela peut ouvrir une dĂ©duction selon l’art. 418 al. 2 CCQ.
  • Les gains RRQ sont exclus du patrimoine familial si la dissolution rĂ©sulte du dĂ©cĂšs (art. 415 al. 3 CCQ), et les gains de retraite accumulĂ©s sont aussi exclus au dĂ©cĂšs si la loi du rĂ©gime accorde des prestations au conjoint survivant.

Astuce mémo

Catégories = 1 Maison/Meubles/Voiture; 2 Retraite/RRQ. DécÚs = exclusions pour RRQ et retraites avec prestations au conjoint survivant.

8. Partage du patrimoine familial

Notions clés & Définitions

  • Moins-value proportionnelle : La moins-value proportionnelle est la part de la baisse de valeur du bien pendant le mariage calculĂ©e au prorata du rapport entre la valeur nette au mariage et la valeur brute au mariage.
  • Remploi : Le remploi est la dĂ©duction accordĂ©e lorsqu’un bien acquis avant le mariage est vendu puis que le produit sert Ă  acheter un autre bien, ou lorsqu’un bien est acquis pendant le mariage avec des biens donnĂ©s ou hĂ©ritĂ©s.
  • CrĂ©ance de patrimoine familial : La crĂ©ance de patrimoine familial est le montant rééquilibrant les patrimoines aprĂšs calcul de la valeur partageable de chaque Ă©poux.
  • Paiement compensatoire : Le paiement compensatoire est une somme que le tribunal peut ordonner pour compenser la sortie ou la diversion d’un bien du patrimoine familial dans la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant la dissolution ou le dĂ©cĂšs.

Points essentiels

  • La dĂ©duction pour moins-value (418) se calcule d’abord avec la moins-value proportionnelle = moins-value acquise pendant le mariage × (valeur nette au mariage Ă· valeur brute au mariage), puis la dĂ©duction totale = valeur nette au mariage − moins-value proportionnelle.
  • Pour le remploi d’un bien possĂ©dĂ© avant le mariage, il faut faire deux calculs : une dĂ©duction au moment de la vente du 1er bien, puis une dĂ©duction liĂ©e Ă  la plus-value du 2e bien Ă  la dissolution, en additionnant pour obtenir la dĂ©duction totale Ă  utiliser ensuite.
  • La crĂ©ance (mĂ©thode 1) est Ă©gale Ă  la moitiĂ© de la diffĂ©rence entre les valeurs partageables des Ă©poux, et le conjoint ayant la valeur partageable la plus Ă©levĂ©e verse Ă  l’autre le montant de la crĂ©ance.
  • Le partage du patrimoine familial s’exĂ©cute en numĂ©raire, par dation en paiement (transfert de biens), ou par versements Ă©chelonnĂ©s ordonnĂ©s sur une pĂ©riode maximale de 10 ans.
  • Le tribunal peut ordonner un paiement compensatoire (421) si un bien du patrimoine familial a Ă©tĂ© aliĂ©nĂ©/diverti dans l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant le dĂ©cĂšs ou l’introduction de l’instance, et l’exigence d’intention malicieuse n’est nĂ©cessaire que si l’aliĂ©nation/diversion remonte Ă  plus d’un an.
  • Le tribunal peut demander un partage inĂ©gal (422) sur demande si l’injustice Ă©conomique rĂ©sulte notamment d’une brĂšve durĂ©e du mariage, d’une dilapidation de certains biens, ou de la mauvaise foi d’un Ă©poux.

Astuce mémo

Moins-value = on remplace les “+” par des “−” et on travaille au prorata (valeur nette au mariage sur valeur brute au mariage).

9. SociĂ©tĂ© d’acquĂȘts

Notions clés & Définitions

  • Biens propres : Les biens propres regroupent, pendant le rĂ©gime, ce qui est qualifiĂ© propre par la loi ou par les rĂšgles spĂ©ciales prĂ©vues au CCQ.
  • Biens acquĂȘts : Les biens acquĂȘts sont, pendant le rĂ©gime, les biens non qualifiĂ©s propres et notamment le produit du travail et les fruits et revenus.
  • RĂ©compense : La rĂ©compense est un mĂ©canisme de compensation entre masses lorsque l’une s’est enrichie au dĂ©triment de l’autre.
  • Valeur marchande : La valeur marchande est le prix que paierait un acheteur pour acquĂ©rir le bien au moment pertinent de l’évaluation.

Points essentiels

  • Les acquĂȘts comprennent notamment le produit du travail pendant le rĂ©gime et les fruits et revenus Ă©chus ou perçus pendant le rĂ©gime, mĂȘme si leur source est propre ou acquĂȘt, sous rĂ©serve d’une stipulation de propre.
  • Tout bien est prĂ©sumĂ© acquĂȘt, tant entre les Ă©poux qu’à l’égard des tiers, Ă  moins qu’il soit prouvĂ© que c’est un propre.
  • Si on ne peut prouver que le bien est exclusivement propre ou exclusivement acquĂȘt, le bien est prĂ©sumĂ© appartenir aux deux Ă©poux en indivision, Ă  chacun pour moitiĂ©, en vertu de l’art. 460 CCQ.
  • Pour un bien acquis avec des propres et des acquĂȘts (art. 451 CCQ), il est propre Ă  charge de rĂ©compense si la valeur des propres employĂ©s dĂ©passe la moitiĂ© du coĂ»t total d’acquisition, sinon il est acquĂȘt Ă  charge de rĂ©compense.
  • Le bien acquis avec des propres et des acquĂȘts doit ĂȘtre Ă©valuĂ© Ă  la valeur marchande, et la valeur nette des acquĂȘts sert au partage pour dĂ©terminer ce qui est rĂ©ellement partageable.
  • La construction, ouvrage ou plantation ajoutĂ©s sur un immeuble propre restent propres sauf rĂ©compense si leur valeur ne dĂ©passe pas celle du bien propre; si elle est ≄ Ă  celle du bien propre, le tout devient acquĂȘt Ă  charge de rĂ©compense (art. 455 CCQ).

Astuce mémo

Seuil Ă  retenir : plus de la moitiĂ© des coĂ»ts en propres ⇒ le bien reste propre (sinon ⇒ acquĂȘt Ă  charge de rĂ©compense).

10. Survie alimentaire et conjoints de fait

Notions clés & Définitions

  • Survie de l’obligation alimentaire : MĂ©canisme du Code civil qui permet, dans certains cas, de rĂ©clamer Ă  la succession une contribution Ă  titre d’aliments aprĂšs le dĂ©cĂšs du dĂ©biteur.
  • Conjoints de fait : Deux personnes qui vivent une union sans ĂȘtre mariĂ©es ou unies civilement, avec des droits et recours entre elles diffĂ©rents de ceux des couples mariĂ©s.
  • SociĂ©tĂ© tacite : Institution qui peut naĂźtre de la conduite des partenaires de fait lorsqu’ils ont mis en commun apports et partage des pertes et profits.
  • Enrichissement injustifiĂ© : Recours qui oblige celui qui s’enrichit aux dĂ©pens d’autrui Ă  indemniser l’autre jusqu’à concurrence de l’enrichissement, si aucun motif ne le justifie.

Points essentiels

  • La contribution Ă  titre d’aliments aprĂšs dĂ©cĂšs peut ĂȘtre rĂ©clamĂ©e Ă  la succession dans les 6 mois suivant le dĂ©cĂšs par tout crĂ©ancier d’aliments, sauf l’indigne de succĂ©der.
  • La contribution prend la forme d’une somme forfaitaire payable au comptant ou par versements, sauf pour l’ex-conjoint qui percevait effectivement une pension au dĂ©cĂšs.
  • Pour fixer le maximum, la contribution du conjoint ou d’un descendant est plafonnĂ©e par la diffĂ©rence entre la moitiĂ© de sa part ab intestat et ce qu’il reçoit de la succession, puis pour l’ex-conjoint et les autres crĂ©anciers la durĂ©e est 12 mois ou 6 mois avec un plafond supplĂ©mentaire de 10% de la valeur de la succession.
  • Les conjoints de fait n’ont pas, entre eux, l’application des rĂšgles du Code civil sur l’obligation alimentaire, mais conservent les mĂȘmes droits et obligations envers leurs enfants.
  • En l’absence de contrat, les conjoints de fait peuvent fonder leurs demandes patrimoniales sur des mĂ©canismes gĂ©nĂ©raux comme la sociĂ©tĂ© tacite ou l’enrichissement injustifiĂ©.

Astuce mémo

DĂ©cĂšs + aliments = 6 mois : rĂ©clamation Ă  la succession, forfait plafonnĂ© (12 mois pour l’ex-conjoint, 6 mois pour les autres) avec plafond Ă  10%.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
18 ansMajoritĂ©; l’autoritĂ© parentale est exercĂ©e par les deux parents jusqu’à la majoritĂ©
24 moisPossession constante d’état: conduite commençant Ă  la naissance et se poursuivant au moins 24 mois
300 joursPrésomption de parentalité: enfant né dans les 300 jours suivant dissolution/annulation; autre parent présumé

Tableaux de synthĂšse

Seuils de temps parental (garde/accĂšs)

CatégoriePourcentage/tempsRepÚre de jours (année)
Garde exclusive80% et plus avec un parent≈ 80%+ (365 jours)
AccÚs/visites prolongées20% à 40% avec le parent non gardien74 à 145 jours
Garde partagéeau moins 40% (selon calcul annuel) avec chaque parent146 à 219 jours (p.ex. 50-50 = 182,5)
TransitiondÚs que 40% atteintbascule en garde partagée

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre « meilleur intĂ©rĂȘt de l’enfant » (critĂšre central) avec une simple commoditĂ© pratique du parent: le tribunal guide la dĂ©cision par l’intĂ©rĂȘt et le respect des droits.
  2. Croire que la garde exclusive fait perdre au parent non gardien l’autoritĂ© parentale: l’art. 605 CCQ maintient le droit de surveiller l’entretien et l’éducation.
  3. Se tromper sur la possession constante d’état: elle doit commencer Ă  la naissance, durer au moins 24 mois, et ne peut ĂȘtre Ă©tablie si exercĂ©e simultanĂ©ment par plus d’une personne.
  4. MĂ©langer les seuils de temps parental entre garde exclusive, accĂšs prolongĂ©s (20–40%) et garde partagĂ©e (≄40%) lors du calcul annuel de jours.
  5. Penser que la table provinciale s’applique Ă  tous les cas: elle vise des situations prĂ©cises et ne vise pas, notamment, l’enfant majeur rĂ©clamant pour lui-mĂȘme.
  6. Confondre la rĂ©troactivitĂ© des aliments: enfant = jusqu’à 3 ans; ex-Ă©poux/ex-conjoint uni civilement = jusqu’à 1 an (avec preuve d’impossibilitĂ© d’agir plus tĂŽt).
  7. MĂ©langer patrimoine familial et sociĂ©tĂ© d’acquĂȘts: le patrimoine familial est d’ordre public et prime sur le rĂ©gime matrimonial pour les biens qu’il vise; ne pas appliquer les rĂšgles au mauvais ensemble de biens.

Checklist Examen

  1. Citer et expliquer l’art. 32 CCQ (droit Ă  protection/sĂ©curitĂ©/attention) et l’art. 33 CCQ (dĂ©cisions dans l’intĂ©rĂȘt et respect des droits, dont Ăąge/santĂ©/caractĂšre/milieu familial).
  2. Expliquer la logique des art. 34 CCQ et 290-291 CPC: possibilitĂ© pour l’enfant d’ĂȘtre entendu si Ăąge et discernement le permettent; mention du tribunal et de la reprĂ©sentation par avocat.
  3. Identifier les preuves de filiation selon le cours: acte de naissance (art. 523) et, Ă  dĂ©faut, possession constante d’état (art. 523 al. 2) et ses exigences (art. 524).
  4. Expliquer la prĂ©somption de parentalitĂ© (art. 525): enfant nĂ© pendant/liĂ© au mariage/union/union de fait ou dans les 300 jours; connaĂźtre les grandes catĂ©gories d’exceptions vues.
  5. DĂ©terminer les modalitĂ©s de garde/temps parental: garde exclusive (≈80%+), accĂšs/visites prolongĂ©es (20–40%), garde partagĂ©e (≄40%); et les repĂšres de jours annuels (74–145; 146–219; 50-50 = 182,5).
  6. Rattacher la dĂ©cision de garde Ă  l’art. 33 CCQ et Ă  la liste de facteurs (besoins/capacitĂ©/relations/stabilitĂ©/communication/violence familiale via L.d. 16(3) et prioritĂ© 16(2)).
  7. Expliquer le rĂ©gime d’obligation alimentaire des enfants: source art. 585 CCQ; pension de base mensuelle et 9 besoins; frais particuliers nets; indexation une fois par annĂ©e (art. 590).
  8. Expliquer l’obligation alimentaire entre Ă©poux/conjoints unis civilement: absence de table, Formulaire III (budget), paiement mensuel, et l’impact fiscal (dĂ©ductible/imposable seulement pour paiements Ă©chelonnĂ©s).
  9. Maßtriser la mise à jour/perception: art. 594-596.1 CCQ (révision annuelle max; forfait non révisable sauf non exécuté), rétroactivité (3 ans enfant; 1 an ex-époux) et perception automatique via la Loi facilitant le paiement (avec exemptions/fiducie ou demande conjointe).
  10. En patrimoine familial: connaĂźtre la composition (art. 415 CCQ), l’exclusion des biens reçus par succession/donation (art. 415 al. 4) et les exclusions au dĂ©cĂšs (art. 415 al. 3).
  11. En partage du patrimoine familial: comprendre la dĂ©duction (art. 418 CCQ) avec ses 3 cas (valeur nette au mariage + plus-value proportionnelle; apport pendant mariage Ă  mĂȘme succession/donation; remploi) et les mĂ©canismes de compensation/partage inĂ©gal (art. 421-422).
  12. En sociĂ©tĂ© d’acquĂȘts: qualifier propres vs acquĂȘts (prĂ©somption acquĂȘt art. 459 et prĂ©somption indivision art. 460), repĂ©rer le basculement pour acquĂȘts/propres avec seuil « plus de la moitiĂ© », et l’idĂ©e des rĂ©compenses (art. 475 al. 3) sans compensation directe entre masses.

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1. Quel principe impose que toute dĂ©cision concernant un enfant soit prise dans son intĂ©rĂȘt tout en respectant ses droits ?

2. Comment se calcule, en principe, la créance de patrimoine familial ?

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Protection de l’enfant — dĂ©finition ?

Droit à sécurité, attention et protection.

IntĂ©rĂȘt supĂ©rieur — principe ?

DĂ©cisions doivent privilĂ©gier le bien de l’enfant.

DĂ©cisions respectant droits — exigence ?

Considérer besoins, ùge, santé, milieu familial.

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