Revision sheet: Les principes fondamentaux du budget public

Plan du Cours

  1. Approche historique et comparée
  2. Cadre budgétaire intégré européen
  3. Fondements juridiques du budget de l’État
  4. Préparation gouvernementale du budget
  5. Procédure budgétaire parlementaire
  6. Exécution budgétaire et contrÎle
  7. Lois de financement de la Sécurité sociale
  8. Ressources, dépenses et dette sociales
  9. Droit budgétaire local
  10. Adoption et exécution des budgets locaux

1. Approche historique et comparée

Notions clés & Définitions

  • Consentement parlementaire Ă  l’impĂŽt : Notion de finances publiques oĂč l’imposition ne devient lĂ©gale et stable que si elle est acceptĂ©e par des reprĂ©sentants du pays.
  • AnnualitĂ© budgĂ©taire : Principe budgĂ©taire selon lequel recettes et dĂ©penses publiques sont autorisĂ©es et votĂ©es pour une durĂ©e d’un an, puis renouvelĂ©es.
  • Finances publiques classiques : ModĂšle oĂč le budget vise une gestion prudente et libĂ©rale, avec État plutĂŽt abstentionniste et recherche d’équilibre.
  • Finances publiques modernes : ModĂšle oĂč le budget sert aussi des objectifs Ă©conomiques et sociaux, admet gĂ©nĂ©ralement le dĂ©sĂ©quilibre et privilĂ©gie la soutenabilitĂ©.

Points essentiels

  • En Angleterre, l’imposition directe doit ĂȘtre acceptĂ©e par le Parlement Ă  partir de 1628, puis le Bill of Right (1689) rend illĂ©gale toute levĂ©e d’argent non accordĂ©e par le Parlement.
  • En Angleterre, le Parlement parvient Ă  une annualitĂ© aprĂšs 1688-1689, en autorisant des fonds publics pour une seule annĂ©e et en Ă©largissant son contrĂŽle.
  • En France, le vote de l’impĂŽt par les États gĂ©nĂ©raux paraĂźt Ă©tabli au XVe siĂšcle mais finit par disparaĂźtre Ă  la fin du XVIe siĂšcle, avant que la monarchie ne convoque de nouveau les États gĂ©nĂ©raux pour obtenir des subsides.
  • En Allemagne, la Constitution de Weimar (1919, puis 1933) consacre des principes budgĂ©taires (dont universalitĂ©, annualitĂ©, antĂ©rioritĂ© et interdiction des cavaliers budgĂ©taires).
  • Dans l’opposition classique/moderne, la logique moderne abandonne l’équilibre comme fin, au profit de la soutenabilitĂ©, c’est-Ă -dire la capacitĂ© Ă  rester solvable et Ă  honorer les engagements.
  • En Europe, la comparaison met en avant une homogĂ©nĂ©isation autour de standards comme l’annualitĂ©, l’unitĂ© (un document budgĂ©taire unique) et l’universalitĂ© (pas de compensation ni de contraction).

Astuce mémo

3 Ă©tapes Ă  retrouver : recettes votĂ©es → dĂ©penses discutĂ©es → votes pĂ©riodiques jusqu’à l’annualitĂ©.

2. Cadre budgétaire intégré européen

Notions clés & Définitions

  • Union Ă©conomique et monĂ©taire : L’ensemble UEM subordonne la gestion budgĂ©taire nationale Ă  des exigences communes, pour prĂ©server la stabilitĂ© de la zone et encadrer les finances publiques des États membres.
  • CritĂšres de convergence de Maastricht : Des critĂšres chiffrĂ©s de convergence nominale imposent aux États de respecter des limites observables (prix, taux, change) avant et pendant l’adoption de l’euro.
  • Pacte de stabilitĂ© et de croissance : Le PSC encadre les politiques budgĂ©taires de l’UEM via une surveillance prĂ©ventive annuelle puis une procĂ©dure rĂ©pressive en cas de dĂ©ficit excessif.
  • TraitĂ© TSCG : Le TSCG durcit les rĂšgles budgĂ©taires en exigeant un Ă©quilibre ou un ajustement vers l’équilibre, avec un dĂ©ficit structurel limitĂ© dans le droit interne.
  • Clause de suspension gĂ©nĂ©rale : Pendant une crise exceptionnelle, le PSC permet de suspendre temporairement la surveillance et la correction des Ă©carts, tout en maintenant des obligations de publication.

Points essentiels

  • Depuis Maastricht (1992), les États doivent organiser une surveillance multilatĂ©rale en transmettant leurs projets de budget aux instances de l’Union, avec recommandations possibles en cas de risque de stabilitĂ© de l’UEM.
  • Les critĂšres de convergence imposent notamment une inflation ≀ 1,5% au-delĂ  de la rĂ©fĂ©rence des 3 meilleurs États pour la stabilitĂ© des prix et des taux d’intĂ©rĂȘt Ă  long terme ≀ 2% au-delĂ  de la rĂ©fĂ©rence des 3 meilleurs États.
  • Le dĂ©ficit public ne doit pas dĂ©passer 3% du PIB et la dette publique ne doit pas dĂ©passer 60% du PIB pour respecter les objectifs budgĂ©taires liĂ©s Ă  l’UEM.
  • Le PSC (rĂšglements de 1997) combine un volet prĂ©ventif (programmes de stabilitĂ©/convergence, trajectoire pluriannuelle) et un volet rĂ©pressif oĂč le Conseil peut constater un dĂ©ficit excessif avec dĂ©lais de correction et sanctions financiĂšres.
  • Depuis le TSCG (2011), le dĂ©ficit structurel est plafonnĂ© Ă  0,5% du PIB et la rĂšgle doit ĂȘtre transposĂ©e dans le droit interne par des dispositions contraignantes et permanentes de prĂ©fĂ©rence constitutionnelle.
  • En mars 2020, la crise sanitaire a conduit Ă  activer une clause de suspension temporaire des rĂšgles de discipline du PSC jusqu’à 2023 inclus.

Astuce mémo

3-60-0,5 : 3% déficit, 60% dette, puis 0,5% déficit structurel sous TSCG.

3. Fondements juridiques du budget de l’État

Notions clés & Définitions

  • RĂšgle d’or budgĂ©taire chiffrĂ©e : La rĂšgle d’or budgĂ©taire chiffrĂ©e est une contrainte constitutionnelle imposant l’équilibre ou la limite d’un indicateur budgĂ©taire (notamment le dĂ©ficit structurel) selon une valeur maximale fixĂ©e.
  • Consentement Ă  l’impĂŽt : Le consentement Ă  l’impĂŽt est un principe constitutionnel selon lequel les citoyens ou leurs reprĂ©sentants autorisent l’impĂŽt, servant de base au contrĂŽle dĂ©mocratique des finances publiques.
  • SincĂ©ritĂ© comptable : La sincĂ©ritĂ© comptable est une exigence constitutionnelle imposant que les comptes budgĂ©taires prĂ©sentĂ©s au Parlement reflĂštent fidĂšlement la rĂ©alitĂ© financiĂšre de l’État.

Points essentiels

  • En Allemagne, depuis l’introduction de 2009 dans la loi fondamentale (arts 109, 115 et 143), le dĂ©ficit structurel du gouvernement fĂ©dĂ©ral ne peut pas dĂ©passer 0,35% du PIB et les budgets structurels doivent ĂȘtre Ă©quilibrĂ©s.
  • Au Royaume-Uni, une rĂšgle d’or chiffrĂ©e est consacrĂ©e en 2008 et un dispositif de responsabilitĂ© budgĂ©taire est créé en 2011 pour faire respecter cette rĂšgle au niveau des finances publiques.
  • En France, le principe de consentement Ă  l’impĂŽt figure Ă  l’article 14 de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen, tandis que la Constitution encadre la procĂ©dure et les conditions financiĂšres liĂ©es aux initiatives parlementaires.
  • Dans la plupart des pays europĂ©ens, l’initiative financiĂšre appartient en pratique Ă  l’exĂ©cutif, avec des bases constitutionnelles ou Ă©quivalentes comme les articles 34, 47 et 47-1 en France, l’article 110 en Allemagne, l’article 45 au Danemark et l’article 81 en Italie.

Astuce mémo

RepĂšre la trilogie : 0,35% (Allemagne) ‱ art 14 DDHC (consentement) ‱ sincĂ©ritĂ© (comptes fidĂšles).

4. Préparation gouvernementale du budget

Notions clés & Définitions

  • AutoritĂ© du Premier ministre : Pouvoir de pilotage central qui encadre la prĂ©paration du projet de loi de finances par le ministre chargĂ© des finances sous l’autoritĂ© du Premier ministre.
  • Lettre de cadrage : Courrier du Premier ministre adressĂ© aux ministres aprĂšs le sĂ©minaire budgĂ©taire pour fixer les stratĂ©gies qui guideront la prĂ©paration du projet de loi de finances.
  • ConfĂ©rences de performance : RĂ©unions oĂč les ministres tirent les consĂ©quences des orientations budgĂ©taires et examinent les rĂ©formes Ă  intĂ©grer dans la gestion des programmes de la future loi de finances.
  • Lettre plafond : Document envoyĂ© aux ministres aprĂšs les arbitrages pour arrĂȘter les plafonds de missions du projet de loi de finances en crĂ©dits et en effectifs ainsi que les rĂ©formes structurelles Ă  mener.
  • RĂ©unions de rĂ©partition et finalisation : Étapes techniques oĂč les crĂ©dits et les emplois sont ventilĂ©s entre les programmes des missions du projet de loi de finances dans le respect des plafonds fixĂ©s.

Points essentiels

  • Le ministre chargĂ© des finances prĂ©pare le projet de loi de finances, qui est dĂ©libĂ©rĂ© en conseil des ministres sous l’autoritĂ© du Premier ministre.
  • AprĂšs le sĂ©minaire budgĂ©taire, le Premier ministre envoie une lettre de cadrage aux ministres pour fixer les stratĂ©gies sous-tendant le projet de loi de finances.
  • Les lettres plafond sont envoyĂ©es en juin et les arbitrages du Premier ministre ne peuvent plus ĂȘtre remis en cause, avant la finalisation du projet de loi de finances.
  • Les projets de loi de finances sont soumis obligatoirement au Conseil d’État avant l’adoption en conseil des ministres, puis dĂ©posĂ©s Ă  l’AssemblĂ©e nationale le premier mardi d’octobre au plus tard.
  • Le contenu des travaux en fin de prĂ©paration repose sur la ventilation des crĂ©dits et des emplois entre programmes et sur la prĂ©cision des projets annuels de performance, adossĂ©s Ă  des indicateurs de rĂ©sultats.

Astuce mémo

SĂ©minaire → Lettre de cadrage → ConfĂ©rences (performance/ budgĂ©tisation) → Arbitrage (lettres plafond) → RĂ©partition-finalisation → DĂ©pĂŽt en AN (1er mardi d’octobre).

5. Procédure budgétaire parlementaire

Notions clés & Définitions

  • DĂ©bat d’orientation des finances publiques : Le dĂ©bat d’orientation des finances publiques est une consultation parlementaire organisĂ©e Ă  l’échelle des finances publiques, sans vote, pour Ă©clairer les choix budgĂ©taires du gouvernement.
  • Commission des finances : La commission des finances est l’organe parlementaire central chargĂ© d’examiner en amont le PLF, d’ĂȘtre informĂ©e de certains actes d’exĂ©cution et de prĂ©parer de nombreux travaux et amendements.
  • Bleus budgĂ©taires : Les bleus budgĂ©taires sont les annexes au PLF qui prĂ©sentent les crĂ©dits et demandes soumises Ă  l’autorisation parlementaire, avec des documents de performance associĂ©s.

Points essentiels

  • Le dĂ©bat d’orientation des finances publiques prĂ©vu par la LOLF se tient au dernier trimestre, porte sur l’ensemble des finances publiques et ne donne pas lieu Ă  vote.
  • Le PLF doit ĂȘtre dĂ©posĂ© au plus tard le 1er mardi d’octobre et le Parlement dispose d’un dĂ©lai constitutionnel de 70 jours pour statuer avant recours possible Ă  l’ordonnance si le vote n’est pas intervenu.
  • Dans les 70 jours, l’AssemblĂ©e nationale doit se prononcer en 40 jours, puis le SĂ©nat en dispose de 20 jours en premiĂšre lecture, avec des mĂ©canismes de renvoi en cas de dĂ©saccord.
  • Si le PLF n’est pas adoptĂ© dans le dĂ©lai de 70 jours et que le Parlement ne s’est pas prononcĂ©, le gouvernement peut mettre en Ɠuvre le texte par ordonnance.
  • En cas d’urgence, la procĂ©dure peut scinder le vote : une premiĂšre partie est votĂ©e dĂ©but dĂ©cembre (seule la perception des impĂŽts dĂ©jĂ  existants est autorisĂ©e), puis la seconde partie intervient en janvier.
  • Un amendement parlementaire ne peut pas crĂ©er une mission, ni modifier la rĂ©partition des crĂ©dits entre les actions d’un programme, et il est encadrĂ© par l’article 40 de la Constitution qui interdit d’augmenter les dĂ©penses ou d’aggraver une charge publique.

Astuce mémo

70 jours : 40 AN puis 20 SĂ©nat, sinon ordonnance possible (avec variantes d’urgence dĂ©but et mi-dĂ©cembre).

6. Exécution budgétaire et contrÎle

Notions clés & Définitions

  • RĂ©serve de prĂ©caution : RĂ©serve budgĂ©taire permettant de geler une partie des crĂ©dits en exĂ©cution pour rĂ©guler la dĂ©pense tout en respectant le plafond parlementaire.
  • DĂ©crets d’annulation : Actes rĂ©glementaires qui retirent tout ou partie de crĂ©dits devenus inutiles ou pour prĂ©venir une dĂ©gradation de l’équilibre budgĂ©taire.
  • CrĂ©dits Ă©valuatifs : CatĂ©gorie de crĂ©dits permettant d’imputer des dĂ©penses au-delĂ  des montants ouverts pour couvrir certaines charges obligatoires prĂ©vues par la LOLF.
  • Haut conseil des finances publiques : AutoritĂ© indĂ©pendante chargĂ©e d’identifier les Ă©carts importants entre l’exĂ©cution et l’orientation des lois de programmation.

Points essentiels

  • La rĂ©serve de prĂ©caution (LOLF art 51) correspond Ă  une mise en rĂ©serve des crĂ©dits, avec un taux annoncĂ© au Parlement sans approbation, variant entre 3 et 8% des crĂ©dits hors personnel, selon les programmes.
  • Le taux de dĂ©gel de la rĂ©serve atteint environ 75% en pratique, tandis que la Cour des comptes observe que la rĂ©gulation a servi de plus en plus Ă  absorber des sous-budgĂ©tisations en loi de finances initiale.
  • Les dĂ©crets d’annulation sont soumis Ă  un encadrement avec un plafond Ă  1,5% des crĂ©dits globaux et une information prĂ©alable des commissions des finances, au-delĂ  de ce seuil une loi de finances rectificative est nĂ©cessaire.
  • En matiĂšre de programmation, la rĂšgle europĂ©enne impose de rĂ©duire chaque annĂ©e le dĂ©ficit structurel de 0,5 point du PIB pour atteindre l’objectif Ă  moyen terme.
  • Le Haut conseil des finances publiques (art 23 de la loi organique de 2012) identifie les Ă©carts importants entre exĂ©cution et orientation des lois de programmation, mais le gouvernement n’est pas tenu d’exposer les raisons ni de corriger immĂ©diatement ces Ă©carts.
  • Les crĂ©dits Ă©valuatifs (LOLF art 10) visent notamment les charges de la dette de l’État et certains remboursements, restitutions et dĂ©grĂšvements, avec un paiement pouvant aller au-delĂ  des crĂ©dits ouverts si nĂ©cessaire.

Astuce mémo

1,5% = seuil qui dĂ©clenche une LFR; RĂ©serve: gel (3–8%) puis dĂ©gel ≈ 75%.

7. Lois de financement de la Sécurité sociale

Notions clés & Définitions

  • Lois de financement de la SĂ©curitĂ© sociale : Ce sont des lois financiĂšres spĂ©cifiques qui encadrent le financement de la sĂ©curitĂ© sociale et suivent un rĂ©gime distinct de celui des lois de finances ordinaires.
  • Domaine facultatif : C’est la partie des dispositions pouvant figurer dans une loi de financement, comme dans une loi ordinaire, selon leur nature.
  • Domaine interdit : C’est l’ensemble des dispositions qui ne doivent pas ĂȘtre insĂ©rĂ©es dans une loi de financement car elles sont Ă©trangĂšres Ă  son objet.
  • Cavaliers budgĂ©taires : Ce sont des dispositions Ă©trangĂšres au domaine de la loi de financement, qui n’ont ni pour finalitĂ© de rĂ©gler ses ressources, ses charges, sa trĂ©sorerie ou sa dette, ni de garantir sa logique financiĂšre.

Points essentiels

  • En 1991, le Conseil constitutionnel admet que des dispositions fiscales peuvent figurer Ă  la fois dans une loi de finances et dans un texte ordinaire, ce qui a alimentĂ© les discussions sur la dispersion avec les lois de financement de la sĂ©curitĂ© sociale.
  • Le 4 juin 2010, une circulaire vise Ă  mettre fin Ă  la dispersion des rĂšgles des prĂ©lĂšvements obligatoires entre lois de finances, lois de financement de la sĂ©curitĂ© sociale et lois ordinaires, et elle est restĂ©e la rĂšgle de suivi par le gouvernement.
  • Le principe de la circulaire est rĂ©affirmĂ© en janvier 2013, mais des entorses se multiplient avec par exemple 23 dispositions fiscales dans des lois ordinaires et 10 dans des lois ordinaires en 2015.
  • Selon le Conseil constitutionnel, les cavaliers sont des dispositions Ă©trangĂšres au domaine de la loi de financement dĂšs lors qu’elles ne concernent pas ressources, charges, trĂ©sorerie, emprunts, dette, garanties ou comptabilitĂ©.
  • Le prĂ©sident de la commission des finances doit dĂ©clarer irrecevables les dispositions qualifiĂ©es de cavaliers budgĂ©taires, et le Conseil constitutionnel peut soulever d’office cette question.
  • La procĂ©dure d’urgence est indiquĂ©e comme applicable aussi aux lois de financement de la sĂ©curitĂ© sociale, ce qui accĂ©lĂšre le calendrier parlementaire du texte.

Astuce mémo

Dispersion interdite : 2010 circulaire (fin) → 2013 rappel, mais cavaliers = tout ce qui n’est ni ressources, ni charges, ni trĂ©sorerie, ni dette.

8. Ressources, dépenses et dette sociales

Notions clés & Définitions

  • Fiscalisation des ressources : La fiscalisation des ressources sociales dĂ©signe le financement des prestations sociales par des impĂŽts et taxes, en complĂ©ment (ou au dĂ©triment) des cotisations.
  • Cotisations fictives et contributions publiques : Les cotisations fictives et les contributions publiques sont des Ă©lĂ©ments de recettes sociales qui ne proviennent pas d’un prĂ©lĂšvement sur la paie comme les cotisations classiques.
  • DĂ©ficit ininterrompu : Le dĂ©ficit ininterrompu du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral est la situation de dĂ©sĂ©quilibre durable entre recettes et dĂ©penses qui a motivĂ© une intervention plus forte du Parlement.

Points essentiels

  • En 1996, plus de 30% des recettes de la SĂ©curitĂ© sociale proviennent d’impĂŽts et taxes affectĂ©es, de cotisations fictives et de contributions publiques.
  • Depuis 1989, le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral connaĂźt un dĂ©ficit ininterrompu, ce qui renforce la nĂ©cessitĂ© d’un pilotage par le Parlement.
  • La dette publique est abordĂ©e via les disciplines budgĂ©taires visant les administrations publiques, dans le prolongement du TSCG de 2012 et du pacte de stabilitĂ© et de croissance.
  • Les finances sociales peuvent ĂȘtre analysĂ©es via plusieurs pĂ©rimĂštres, du plus restrictif (comptes de la SĂ©curitĂ© sociale) au plus large (comptes de la protection sociale).

Astuce mémo

RepĂšre clĂ© : en 1996, les ressources sociales dĂ©passent 30% par l’impĂŽt/ taxes (fiscalisation).

9. Droit budgétaire local

10. Adoption et exécution des budgets locaux

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1628En Angleterre, toute imposition directe doit ĂȘtre acceptĂ©e par le Parlement.
1689Bill of Right : toute levĂ©e d’argent non accordĂ©e par le Parlement est dĂ©clarĂ©e illĂ©gale.
1791En France, les contributions publiques sont délibérées et fixées chaque année par le corps législatif, et les dépenses sont présentées chaque année.
1919Constitution de Weimar : consécration de principes budgétaires (dont universalité, annualité, antériorité, interdiction des cavaliers budgétaires).
2001Adoption de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances) : bascule vers une logique de résultat.
2009En Allemagne, introduction du « frein Ă  l’endettement » : dĂ©ficit structurel fĂ©dĂ©ral plafonnĂ© (0,35% du PIB) et budgets structurels Ă©quilibrĂ©s.
2011TSCG : déficit structurel plafonné à 0,5% du PIB et transposition en droit interne via des dispositions contraignantes et permanentes de préférence constitutionnelle.
mars 2020Activation de la clause de suspension temporaire des rùgles de discipline du PSC jusqu’en 2023 inclus.

Tableaux de synthĂšse

Finances publiques classiques vs modernes

Logique/objectifÉquilibre vs soutenabilitĂ©RĂŽle de l’État
ClassiquesBudget neutre, limitĂ© et Ă©quilibréÉtat plutĂŽt abstentionniste : ne doit pas modifier les comportements ni produire d’impact Ă©conomique (neutralitĂ©).
ModernesObjectif : soutenabilitĂ© (rester solvable, honorer les engagements)État interventionniste : budget sert aussi des objectifs Ă©conomiques et sociaux, accepte gĂ©nĂ©ralement le dĂ©sĂ©quilibre.

Procédure budgétaire : délais parlementaires PLF vs PLFSS

TexteDélais constitutionnelsIssue si non voté
PLF70 jours (40 jours AN puis 20 jours SĂ©nat en 1re lecture, avec mĂ©canismes de renvoi en cas de dĂ©saccord)Gouvernement peut mettre en Ɠuvre par ordonnance si le Parlement ne s’est pas prononcĂ© dans le dĂ©lai de 70 jours.
PLFSS50 joursSi non adoptĂ© dans le dĂ©lai de 50 jours, le gouvernement peut mettre en Ɠuvre par ordonnance.

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre le vote annuel des recettes/dĂ©penses (annualitĂ©) avec la pluri-annualitĂ© introduite par la programmation : les deux coexistent mais ne valent pas mĂȘme chose.
  2. Croire que la rĂ©serve de prĂ©caution est approuvĂ©e par le Parlement : le taux est annoncĂ©/communiquĂ© mais l’approbation n’a pas lieu.
  3. Penser que les crĂ©dits Ă©valuatifs restent limitatifs : ils peuvent ĂȘtre dĂ©passĂ©s si nĂ©cessaire (paiements au-delĂ  des crĂ©dits ouverts).
  4. Mélanger « cavaliers budgétaires » et « cavaliers sociaux » : la notion est commune, mais le domaine et la censure visent le régime des LF/ LFSS.
  5. Assimiler déficit nominal et déficit structurel : le TSCG vise spécifiquement le déficit structurel (plafond 0,5% du PIB).
  6. Croire que l’amendement parlementaire peut crĂ©er une mission : en rĂ©alitĂ©, il ne peut pas crĂ©er une mission et il est encadrĂ© (art 7 LOLF et recevabilitĂ© art 40 C.).
  7. InterprĂ©ter la clause de suspension du PSC comme une suspension « dĂ©finitive » : elle est temporaire et accompagnĂ©e d’obligations de publication jusqu’à la pĂ©riode prĂ©vue (jusqu’en 2023 inclus dans le cours).

Checklist Examen

  1. Section 1 (origines Angleterre/France/Allemagne) : expliquer les 3 Ă©tapes (recettes votĂ©es → dĂ©penses discutĂ©es → pĂ©riodicitĂ©/annualitĂ©) et donner les repĂšres 1628 et 1689 pour l’Angleterre.
  2. Section 1 (origines France) : retracer le consentement Ă  l’impĂŽt par les États gĂ©nĂ©raux (Ă©tablissement au XVe puis disparition fin XVIe, reprise par convocation) et la montĂ©e de l’annualitĂ© (1789 puis 1791).
  3. Section 1 (origines Allemagne) : connaßtre la Constitution de Weimar (1919, puis 1933) et la liste des principes budgétaires (universalité, annualité, antériorité, interdiction des cavaliers budgétaires).
  4. Section 2 (finances publiques) : distinguer finances publiques classiques et modernes, et savoir ce que signifient neutralité (classiques) et soutenabilité (modernes).
  5. Section 3 (droit europĂ©en contemporain) : rĂ©citer les standards (annualitĂ©, unitĂ©, universalitĂ©) et rappeler l’absence de compensation/contration (universalitĂ©) telle que prĂ©sentĂ©e dans le cours.
  6. Section 3 (procĂ©dure de prĂ©paration gouvernementale du PLF) : ordonner les Ă©tapes SĂ©minaire budgĂ©taire → lettre de cadrage → confĂ©rences (performance/budgĂ©tisation) → arbitrages/lettres plafond → rĂ©partition-finalisation → dĂ©pĂŽt (1er mardi d’octobre).
  7. Section 4 (procĂ©dure parlementaire du PLF) : maĂźtriser le dĂ©bat d’orientation des finances publiques (dernier trimestre, sans vote) et la navette avec dĂ©lais 70 jours (40 AN puis 20 SĂ©nat), y compris l’ordonnance et la scission d’urgence dĂ©but dĂ©cembre/ janvier.
  8. Section 5 (exĂ©cution et contrĂŽle) : expliquer la rĂ©serve de prĂ©caution (gel sans approbation du Parlement, taux annoncĂ© entre 3 et 8% hors personnel, dĂ©gel ≈ 75%) et les dĂ©crets d’annulation (seuil 1,5% pour dĂ©clencher LFR).
  9. Section 5 (exĂ©cution) : distinguer crĂ©dits Ă©valuatifs, dĂ©crets d’avance (urgence, plafond 1% de la LF initiale) et les rĂšgles de reports (plafond 3% des crĂ©dits initiaux).
  10. Section 5 (contrĂŽle) : citer les moyens du Parlement (commissions finances, rapporteurs spĂ©ciaux, mission d’évaluation et de contrĂŽle LMEC, assistance de la Cour des comptes) et distinguer contrĂŽle (rĂ©gularitĂ©) vs Ă©valuation (efficacitĂ©/opportunitĂ©).
  11. Section 6-8 (LFSS et finances sociales) : définir LFSS et cavaliers sociaux, et connaßtre les idées de compensation des allÚgements (monopole/neutralité) et la logique des périmÚtres (comptes de la SS, administrations de SS, protection sociale).
  12. Chapitre 7 (finances locales, repĂšres du cours) : rappeler l’organisation du budget local (deux sections) et les Ă©tapes : adoption en Ă©quilibre, information/procĂ©dure de vote, modifications de l’autorisation, exĂ©cution, endettement et trĂ©sorerie.

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1. Quel principe budgĂ©taire implique que les recettes et les dĂ©penses publiques sont autorisĂ©es et votĂ©es pour une durĂ©e d’un an avant d’ĂȘtre renouvelĂ©es ?

2. Quelle est la dĂ©finition de l’approche historique et comparĂ©e en matiĂšre de finances publiques?

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Approche historique — Angleterre ?

Imposition directe acceptée par le Parlement dÚs 1628.

Consentement parlementaire Ă  l’impĂŽt: dĂ©finition

Légitimation des impÎts par représentation.

Cadre europĂ©en — critĂšre de convergence ?

Inflation ≀ 1,5%, dĂ©ficit ≀ 3%, dette ≀ 60% du PIB.

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