đ Plan du Cours
- Ordre juridique de lâUnion europĂ©enne avant et aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne
- CaractĂ©ristiques et nature juridique de lâordre juridique de lâUE
- Organisation et classification des compĂ©tences de lâUnion europĂ©enne
- Principes rĂ©gissant les compĂ©tences de lâUE : attribution, spĂ©cialitĂ© et amĂ©nagements
- Mécanismes de régulation des compétences : subsidiarité et proportionnalité
- Rapports entre le droit de lâUnion et les droits nationaux : primautĂ© et effet direct
- Sources du droit de lâUnion europĂ©enne : traitĂ©s constitutifs et actes unilatĂ©raux
- RÚglements et décisions : caractéristiques et distinctions
- Les accords internationaux et internes dans lâordre juridique de lâUE
- Principes gĂ©nĂ©raux du droit (PGD) dans le droit de lâUnion europĂ©enne
- Protection des droits fondamentaux et charte des droits fondamentaux de lâUE
- SystĂšme juridictionnel de lâUnion europĂ©enne : organisation et recours devant la Cour de justice
đ 1. Ordre juridique de lâUnion europĂ©enne avant et aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Ordre juridique : Ensemble de rĂšgles qui constituent un systĂšme prĂ©sentant un certain degrĂ© dâorganisation et de cohĂ©rence.
- 3Úme pilier : Relatif à justice et affaires intérieures (JAI)
đ Points essentiels
- Avant le traitĂ© de Lisbonne, lâordre juridique de lâUnion europĂ©enne Ă©tait qualifiĂ© dâordre juridique communautaire, distinguant un pilier communautaire dâintĂ©gration et des piliers de coopĂ©ration Ă©tatique (2Ăšme et 3Ăšme piliers).
- Le traitĂ© de Lisbonne a supprimĂ© la rĂ©fĂ©rence Ă la communautĂ© europĂ©enne, substituant lâUnion europĂ©enne Ă la communautĂ©, mais a maintenu le traitĂ© CEEA, crĂ©ant une dualitĂ© dans lâordre juridique.
- La Cour de justice de lâUnion europĂ©enne (CJUE) a succĂ©dĂ© Ă la Cour de justice des CommunautĂ©s europĂ©ennes (CJCE) aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne.
- I/ la situation antérieure au traité de Lisbonne
đĄ Ă retenir
Le traitĂ© de Lisbonne a transformĂ© lâordre juridique de lâUnion europĂ©enne en supprimant la rĂ©fĂ©rence Ă la communautĂ© europĂ©enne et en substituant lâUnion europĂ©enne Ă la communautĂ©, tout en maintenant certains traitĂ©s communautaires, ce qui illustre Ă la fois une transformation et une continuitĂ© de cet ordre juridique.
đ 2. CaractĂ©ristiques et nature juridique de lâordre juridique de lâUE
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Positivement : Les CE allaient bien au delas du cadre confĂ©dĂ©ral classique en raison de son systĂšme institutionnel trĂšs dĂ©veloppĂ© qui se matĂ©rialisĂ© par : commission indĂ©pendante dotĂ© dâun pvr de dĂ©cision + assemblĂ©e Ă©lu au suffrage universel direct : le Parlement + adoption
- ProcĂ©dure de codĂ©cision : ProcĂ©dure lĂ©gislative ordinaire qui confĂšre un pouvoir partagĂ© entre le Parlement europĂ©en et le Conseil dans de nombreux domaines, renforçant la lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique de lâUnion.
đ Points essentiels
- Les traitĂ©s constitutifs de lâUE, qualifiĂ©s de droit originaire ou droit primaire, forment la base constitutionnelle de lâordre juridique de lâUnion.
- La coutume occupe une place limitĂ©e dans le droit de lâUnion, qui repose principalement sur un droit Ă©crit.
đĄ Ă retenir
Les traitĂ©s constitutifs de lâUE, qualifiĂ©s de droit originaire ou droit primaire, forment la base constitutionnelle de lâordre juridique de lâUnion.
đ 3. Organisation et classification des compĂ©tences de lâUnion europĂ©enne
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- RĂ©gulation des compĂ©tences : Les compĂ©tences de lâUnion europĂ©enne sont classifiĂ©es en compĂ©tences exclusives, partagĂ©es et dâappui selon les traitĂ©s, avec des mĂ©canismes spĂ©cifiques pour leur exercice et leur rĂ©gulation.
- Seront consacrĂ©s dans les traitĂ©s : Les domaines et modalitĂ©s dâexercice des compĂ©tences de lâUE sont dĂ©terminĂ©s et prĂ©cisĂ©s dans les traitĂ©s, qui Ă©tablissent leur classification et leur rĂ©partition.
đ Points essentiels
- Les accords mixtes impliquent une compĂ©tence partagĂ©e entre lâUE et les Ătats membres, nĂ©cessitant une procĂ©dure dâadoption spĂ©ciale.
- La nĂ©gociation des accords internationaux de lâUE est conduite principalement par la Commission, avec une signature et une conclusion relevant du Conseil.
đĄ Ă retenir
Les compĂ©tences de lâUE sont classifiĂ©es en exclusives, partagĂ©es et dâappui, avec des procĂ©dures spĂ©cifiques pour la conclusion dâaccords internationaux, conformĂ©ment aux traitĂ©s.
đ 4. Principes rĂ©gissant les compĂ©tences de lâUE : attribution, spĂ©cialitĂ© et amĂ©nagements
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Par nature : Les Ătats restent compĂ©tents tant que lâUE nâest pas intervenue mais ils ne doivent pas pour autant remettre en cause les dispositions du traitĂ© pour remettre en cause les objectifs et les finalitĂ©s du traitĂ© par leur intervention parce que les Ătats sont soum
- Par exercice : Lorsque lâUE dĂ©cide dâintervenir intĂ©gralement cela dessaisit automatiquement les Ă©tats membres de leur compĂ©tence nationale.
- Principe dâattribution : = est maintenu par le traitĂ© de Lisbonne.
Pour autant auparavant, lâattribution de compĂ©tences sâopĂ©rer sur la base de diverses dispositions qui dĂ©crivaient lâĂ©tendu de sa compĂ©tence.
- Principe de spĂ©cialitĂ© : Le dĂ©faut dâexercice dâune compĂ©tence par les institutions de lâUE nâentraĂźne Ă©videmment pas le retour de la compĂ©tence aux Ătats membres
đ Points essentiels
- Le choix de la base juridique dâun acte doit se fonder sur son objectif principal, conformĂ©ment Ă la jurisprudence de la Cour de justice de lâUnion europĂ©enne.
- Comme les traitĂ©s ne le permettaient pas : au nom de la limitation des compĂ©tences et au nom du principe dâattribution, la cour Ă progressivement construit une thĂ©orie jurisprudentielle quâon peut qualifier dâaudacieuse : elle a eu lâoccasion dâadmettre lâexercice de compĂ©tences par lâunion mĂȘme lorsque celle-ci nâĂ©tait pas expressĂ©ment reconnues Ă partir du moment ou leur exercice sâavĂ©rait nĂ©cessaire pour permettre lâaccomplissement des objectifs communautaire.
-
- Consécration de compétences subsidiaires visées par article 352 du TFUE.
Les fondateurs ne pouvaient pas prĂ©voir dans le dĂ©tail lâensemble des domaines susceptibles dâĂȘtres rĂ©gis par le droit communautaire et dans le mĂȘme temps avaient conscience que le principe dâattribution des compĂ©tences et le principe de spĂ©cialitĂ© pouvaient ĂȘtre des sources de blocages.
đĄ Ă retenir
Les principes dâattribution et de spĂ©cialitĂ© structurent lâexercice des compĂ©tences de lâUnion europĂ©enne en limitant leur portĂ©e aux domaines confĂ©rĂ©s par les traitĂ©s et en respectant le principe de subsidiaritĂ©.
đ 5. MĂ©canismes de rĂ©gulation des compĂ©tences : subsidiaritĂ© et proportionnalitĂ©
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Soit : Lorsque lâUE dĂ©cide dâexercer sa compĂ©tence : la proportionnalitĂ© doit avoir des consĂ©quences sur lâĂ©tendue de la compĂ©tence câest-Ă -dire sur lâintensitĂ© de lâaction communautaire.
- Principe de subsidiaritĂ© : Le principe qui limite l'intervention de l'Union europĂ©enne aux domaines oĂč les objectifs ne peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s de maniĂšre suffisante par les Ătats membres seuls, et oĂč une action au niveau de l'Union est plus efficace.
- Principe de proportionnalité : 1Úre référence
- Régulation des compétences : L'ensemble des mécanismes et principes, notamment la subsidiarité et la proportionnalité, qui organisent et contrÎlent l'exercice des compétences attribuées à l'Union européenne afin d'assurer leur légitimité et leur efficacité.
- La motivation : NĂ©anmoins, la cour Ă fait Ă©voluer son contrĂŽle : elle va justifier la justification de lâaction de lâUnion autrement dit : la motivation : elle contrĂŽle donc les motifs de lâacte = on est donc plus sur un contrĂŽle minimum : la cour dans cette dĂ©cision ne se rĂ©fĂšre plus Ă lâerreur manifeste dâapprĂ©ciation mais Ă lâerreur dâapplication.
đ Points essentiels
- Le traitĂ© de Maastricht a Ă©tendu et formalisĂ© le principe de subsidiaritĂ© dans lâensemble des domaines non exclusifs de compĂ©tence de lâUnion europĂ©enne.
- Ce principe Ă un champs dâapplication beaucoup plus Ă©tendu que celui du principe de subsidiaritĂ©.
Il concerne les compĂ©tences exclusives + ne se limite pas Ă lâaction normative de lâUnion.
- concerne les actes dâadministration direct
- le prononcé des sanctions
- nâont pas la mĂȘme fonction : la subsidiaritĂ© vise le partage de compĂ©tences concurrentes tandis que la proportionnalitĂ© intervient pour savoir jusquâou peut aller lâexercice de la compĂ©tence.
đĄ Ă retenir
Le traitĂ© de Maastricht a Ă©tendu et formalisĂ© le principe de subsidiaritĂ© dans lâensemble des domaines non exclusifs de compĂ©tence de lâUnion europĂ©enne.
đ 6. Rapports entre le droit de lâUnion et les droits nationaux : primautĂ© et effet direct
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Les traitĂ©s : Les traitĂ©s sont des accords internationaux qui Ă©tablissent les bases juridiques de lâUnion europĂ©enne et dĂ©finissent les obligations des Ătats membres.
- ConsĂ©quence : Une consĂ©quence est un effet juridique ou pratique rĂ©sultant de lâapplication dâun principe ou dâune rĂšgle de droit, comme la primautĂ© ou lâeffet direct du droit de lâUE.
- De fait : De fait dĂ©signe une situation ou un effet qui existe en pratique, indĂ©pendamment dâune reconnaissance formelle ou juridique explicite.
- Par ex : Par ex est une abréviation de « par exemple », utilisée pour introduire un exemple illustrant un principe ou une rÚgle.
- PrimautĂ© du droit de lâUE : La primautĂ© du droit de lâUnion europĂ©enne est le principe selon lequel, en cas de conflit, le droit de lâUE prĂ©vaut sur les droits nationaux, assurant ainsi son application uniforme dans tous les Ătats membres.
đ Points essentiels
- Lâeffet direct permet aux particuliers dâinvoquer directement le droit de lâUE devant les juridictions nationales.
- Les arrĂȘts prĂ©judiciels de la CJUE lient les juridictions nationales avec autoritĂ© de la chose jugĂ©e.
- Ce quâil faut relever : ce principe de primautĂ© nâest pas une spĂ©cifique de lâunion on retrouve des correspondances dans mâordre juridique : tt les juridictions internationales se sont prononcĂ©es en faveur du principe de primautĂ© du droit international sur le rĂšgne interne.
La diffĂ©rence rĂ©side dans les consĂ©quences que la cour tire de ce principe : Ă savoir lâobligation pour toutes les autoritĂ©s nationales et principalement les juges nationaux non seulement : de ne pas appliquer une norme nationale contraire au droit de lâunion mais aussi de donner son plein effet Ă la rĂšgle communautaire.
đĄ Ă retenir
Lâeffet direct permet aux particuliers dâinvoquer directement le droit de lâUE devant les juridictions nationales.
đ 7. Sources du droit de lâUnion europĂ©enne : traitĂ©s constitutifs et actes unilatĂ©raux
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Décision : Obligation en tous ses éléments et peut avoir une portée individualisée
- RÚglement : Le rÚglement à une portée générale et est obligatoire dans tous ses éléments
- Directive : Impose aux Ătats membres destinataires une obligation de rĂ©sultat tout en leur laissant le choix des moyens
- Droit originaire : Ensemble des traitĂ©s constitutifs de lâUnion europĂ©enne, qui forment la base fondamentale de lâordre juridique de lâUE et sont considĂ©rĂ©s comme des conventions internationales conclues entre les Ătats membres.
đ Points essentiels
- Les traitĂ©s constitutifs forment le droit originaire, qui constitue la base fondamentale de lâordre juridique de lâUE.
- Les actes unilatéraux ayant force obligatoire, tels que décisions et rÚglements, partagent un régime juridique commun et occupent une place importante dans la hiérarchie des normes.
- Les traités constitutifs sont considérés comme une charte constitutionnelle de base, leur application étant fondée sur leur effet direct et leur primauté.
- Le droit dérivé comprend les rÚglements, directives et décisions adoptés sur la base des traités, avec des effets et des destinataires spécifiques.
- Art 296 al 2 du TFUE : exige que tous les actes comprennent des visas qui mentionne : - Les propositions - Initiative - Recommandations - Demandes - Avis prĂ©vus par les traitĂ©s Ces visas doivent aussi indiquer : - Base juridique de lâacte - Motivation B/ lâobligation de motivation Auparavant les art 253 du TCE et art 162 du CEEA : imposait la motivation pour les rĂšglements, les directives et les dĂ©cisions.
đĄ Ă retenir
Les traitĂ©s constitutifs forment le droit originaire, qui constitue la base fondamentale de lâordre juridique de lâUE.
đ 8. RĂšglements et dĂ©cisions : caractĂ©ristiques et distinctions
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- La cour : Institution judiciaire de lâUnion europĂ©enne chargĂ©e dâinterprĂ©ter le droit de lâUnion et de garantir son application uniforme, notamment en confirmant lâeffet direct et la primautĂ© des actes de lâUnion.
- Le rÚglement : Ensuite : le rÚglement = obligatoire dans tous ses éléments
- La dĂ©cision : Acte juridique obligatoire de lâUnion europĂ©enne qui sâadresse Ă des destinataires spĂ©cifiques, tels que des Ătats membres ou des personnes privĂ©es, et qui produit des effets uniquement Ă leur Ă©gard.
- Exception : Les dĂ©cisions prises par le conseil de sĂ©curitĂ© de lâONU : embargo commercial Ă lâencontre de lâIrac / sanctions Ă©conomiques prononcĂ©es Ă lâĂ©gard des personnes physiques dans le cadre de lutte contre-terrorisme.
- ProcĂ©dure dâadoption : Processus formel dĂ©fini par la base juridique applicable, selon lequel un acte de lâUnion, comme un rĂšglement ou une dĂ©cision, est adoptĂ© en respectant les rĂšgles et procĂ©dures spĂ©cifiques prĂ©vues par les traitĂ©s.
đ Points essentiels
- Le rĂšglement est un acte gĂ©nĂ©ral, obligatoire et directement applicable dans tous les Ătats membres.
- La dĂ©cision est un acte obligatoire mais adressĂ© Ă des destinataires spĂ©cifiques, pouvant ĂȘtre des Ătats ou des particuliers.
- La base juridique dĂ©termine le type dâacte Ă adopter et la procĂ©dure applicable.
- Les traitĂ©s imposent parfois un type dâacte spĂ©cifique pour certaines mesures, excluant dâautres formes.
- Le rĂšglement Ă une portĂ©e gĂ©nĂ©rale : sâapplique dans tous les Ătats membres aux personnes et aux situations qui les dĂ©finit.
Ex : rĂšglement du 20 janvier 2004 relatif aux concentration des entreprises : ce rĂšglement trouve Ă sâappliquer Ă toutes entreprise qui participe Ă opĂ©ration de concentration ( se fait par fusion dâentreprise, prise de contrĂŽle dâune autre entreprise ou crĂ©ation dâune entreprise commune) de taille communautaire (qui rĂ©pond aux dimensions dĂ©finies par le rĂšglement lui-mĂȘme en fonction du chiffre dâaffaire rĂ©alisĂ© au sein de lâUE et du chiffre dâaffaires mondial).
đĄ Ă retenir
Le rĂšglement est un acte gĂ©nĂ©ral, obligatoire et directement applicable dans tous les Ătats membres.
đ 9. Les accords internationaux et internes dans lâordre juridique de lâUE
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Les conventions : Des accords internationaux qui lient l'Union ou ses Ătats membres et qui peuvent affecter l'ordre juridique de l'UE, notamment lorsqu'ils concernent la protection des droits fondamentaux ou la coopĂ©ration internationale.
- Sâagissant de : Une expression utilisĂ©e pour indiquer la portĂ©e ou la condition d'application d'une rĂšgle ou d'un accord, prĂ©cisant si une compĂ©tence ou une norme est concernĂ©e par une disposition spĂ©cifique dans le contexte des accords internationaux ou internes de l'UE.
- Accords mixtes : Ils doivent ĂȘtre signĂ©s et ratifiĂ©s par les Ă©tats membres.
Le traitĂ© de Lisbonne a conservĂ© plusieurs procĂ©dures spĂ©cifiques qui sâappliquent aux accords commerciaux : art 207 du TFUE ou en matiĂšre monĂ©taire : art 219 du TFUE.
- Procédure de conclusion des accords : C/ La procédure de conclusion des accords internationaux.
đ Points essentiels
- LâUE peut conclure des accords internationaux nĂ©cessaires Ă la rĂ©alisation de ses objectifs, mĂȘme en lâabsence de disposition expresse, notamment lorsque ces accords sont indispensables pour atteindre ses politiques ou affectent les rĂšgles communes.
- Les accords mixtes, qui combinent compĂ©tences de lâUE et des Ătats membres, nĂ©cessitent une procĂ©dure dâadoption spĂ©cifique pour leur conclusion, Ă©vitant la nĂ©cessitĂ© de deux accords distincts.
- Lâarticle 261 TFUE reconnaĂźt la compĂ©tence de lâUE pour conclure des accords affectant les rĂšgles communes, notamment dans les domaines oĂč elle dĂ©tient une compĂ©tence partagĂ©e.
- La conclusion des accords relÚve principalement du Conseil, qui adopte une décision unilatérale, tandis que le Parlement a un rÎle consultatif ou informatif dans la procédure.
- Sur proposition du nĂ©gociateur, le conseil va autoriser la signature de lâaccord et parfois mĂȘme son application provisoire avant lâentrĂ©e en vigueur. Ces encore lui qui adopte la dĂ©cision portant conclusion de lâaccord. Pour se faire, il doit statuer Ă la majoritĂ© qualifiĂ©e sauf dans les domaines pour lesquels la majoritĂ© absolue est exigĂ©e car les accords dâassociation ou de coopĂ©ration avec des Ă©tats candidats Ă lâadhĂ©sion.
- On a : compĂ©tences partagĂ©es/ accord mixte : certains accords relĂšvent pour une partie de leur disposition de la compĂ©tence de lâUE et pour une autre disposition du mĂȘme accord de celle des Ă©tats membres. Ex : cas pour les domaines ou on a une compĂ©tence partagĂ©e entre lâUE et les Ă©tats : marchĂ© intĂ©rieur, agriculture, pĂȘche.
đĄ Ă retenir
Les accords mixtes, qui combinent compĂ©tences de lâUE et des Ătats membres, nĂ©cessitent une procĂ©dure dâadoption spĂ©cifique pour leur conclusion, Ă©vitant la nĂ©cessitĂ© de deux accords distincts.
đ 10. Principes gĂ©nĂ©raux du droit (PGD) dans le droit de lâUnion europĂ©enne
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
-
Protection des droits fondamentaux : ensemble des garanties juridiques assurant la prĂ©servation des droits essentiels de la personne, qui, dans le contexte de lâUnion europĂ©enne, est assurĂ©e par des principes non Ă©crits intĂ©grĂ©s par la jurisprudence de la Cour de justice de lâUnion europĂ©enne (CJUE).
-
droits fondamentaux : droits reconnus Ă toute personne, garantis par des principes non Ă©crits du droit de lâUnion, notamment par la jurisprudence, afin dâassurer la protection de la dignitĂ©, des libertĂ©s et des droits de la personne dans lâordre juridique europĂ©en.
-
des droits fondamentaux : droits essentiels Ă la personne, dont la protection est assurĂ©e par des principes gĂ©nĂ©raux du droit, qui peuvent ĂȘtre issus du droit international, du droit national ou de la jurisprudence, et qui garantissent la cohĂ©rence et la lĂ©gitimitĂ© de lâordre juridique de lâUnion.
-
protection des droits : action visant Ă garantir le respect, la sauvegarde et la mise en Ćuvre des droits fondamentaux, notamment par lâapplication des principes gĂ©nĂ©raux du droit qui jouent un rĂŽle de fondement non Ă©crit dans lâUE.
đ Points essentiels
-
Les principes gĂ©nĂ©raux du droit (PGD) constituent une source non Ă©crite du droit de lâUnion europĂ©enne, intĂ©grĂ©e par la jurisprudence de la CJUE. La Cour ne rĂ©ceptionne quâune partie des principes issus du droit international, favorables Ă lâintĂ©gration, tels que la non-caducitĂ© des traitĂ©s, qui ne se prĂ©sume pas, comme lâaffirme la CJCE dans lâarrĂȘt du 14 dĂ©cembre 1971 (Commission c/ France).
-
En matiĂšre de relations entre Ătats membres et Union, la Cour a affirmĂ© que lâĂtat ne peut refuser lâaccĂšs de son territoire Ă ses nationaux, comme dans lâarrĂȘt du 4 dĂ©cembre 2014 (Vanduyn), ce qui participe Ă la logique dâintĂ©gration. Cependant, la Cour Ă©carte les principes susceptibles dâaffaiblir la cohĂ©sion de lâordre juridique de lâUE, notamment lâexception dâinexĂ©cution, qui permet Ă une partie de suspendre ses obligations si lâautre ne sâexĂ©cute pas, comme dans lâarrĂȘt du 13 novembre 1964 (Commission contre Belgique et Luxembourg).
-
Pour combler les lacunes ou silences des traitĂ©s, le juge de lâUnion sâest inspirĂ© des rĂšgles reconnues par la jurisprudence et la lĂ©gislation des Ătats membres, comme explicitement reconnu dans lâarrĂȘt du 12 juillet 1957 (AGERA). La transposition de ces principes dans lâordre juridique de lâUE nâexige pas que tous les Ătats membres les reconnaissent, mais que leur systĂšme juridique ne prĂ©sente pas dâobstacle Ă leur application.
-
Les principes de proportionnalitĂ© et de confiance lĂ©gitime, issus du droit allemand, ont Ă©tĂ© consacrĂ©s comme PGD, renforçant la protection des droits fondamentaux. La jurisprudence a ainsi intĂ©grĂ© ces principes comme fondamentaux pour assurer la cohĂ©rence et la lĂ©gitimitĂ© de lâordre juridique europĂ©en.
-
Concernant la protection des droits fondamentaux, initialement silencieuse dans les traitĂ©s, la Cour a progressivement utilisĂ© les PGD pour combler ces lacunes, notamment sous lâimpulsion de juridictions nationales, comme la Cour constitutionnelle allemande, qui a affirmĂ© en 1967 quâelle pouvait contrĂŽler la validitĂ© des actes communautaires si ceux-ci portaient atteinte aux droits fondamentaux reconnus dans la constitution allemande.
-
La Cour de justice a Ă©galement indiquĂ© quâau nom de la primautĂ© du droit communautaire, elle ne pouvait pas contrĂŽler la validitĂ© des actes du droit communautaire, sauf dans certains cas, comme dans lâarrĂȘt Nolds (14 mai 1994), oĂč elle a puisĂ© ses sources dâinspiration dans des instruments internationaux, notamment la Convention europĂ©enne des droits de lâhomme (CEDH), Ă laquelle tous les Ătats membres sont parties, et dont la jurisprudence bĂ©nĂ©ficie dâune autoritĂ© considĂ©rable.
-
Progressivement, la CEDH est devenue une source privilĂ©giĂ©e pour les PGD du droit de lâUE, sans pour autant se substituer Ă eux. La Cour de justice affirme que les droits fondamentaux garantis par la CEDH sont protĂ©gĂ©s en tant que PGD communautaire, comme dans lâarrĂȘt du 15 octobre 2002 (LVM). Cette position a Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e dans le traitĂ© de Maastricht par lâarticle 6, paragraphe 2 du TFUE, qui stipule que lâUnion respecte les droits fondamentaux tels quâils sont garantis par la CEDH et issus des traditions constitutionnelles communes aux Ătats membres.
-
Avant le traitĂ© de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux de lâUE nâĂ©tait quâun accord interinstitutionnel sans force contraignante, ce qui limitait sa portĂ©e. La Cour a indiquĂ© en 2006 quâelle ne constituait pas un instrument juridique contraignant, mais elle a nĂ©anmoins reconnu quâelle pouvait faire rĂ©fĂ©rence Ă ses articles si ceux-ci affirmaient des droits fondamentaux dĂ©jĂ proclamĂ©s par dâautres textes ou jurisprudences, notamment la CEDH.
-
Le traitĂ© de Lisbonne a marquĂ© une Ă©tape majeure en consacrant la place des droits fondamentaux dans lâordre juridique de lâUnion. Il a permis dâintĂ©grer pleinement la Charte des droits fondamentaux, qui, Ă partir de lâarticle 6, paragraphe 1 du TFUE, devient une rĂ©fĂ©rence essentielle, rĂ©duisant ainsi le rĂŽle des PGD en matiĂšre de protection des droits fondamentaux, tout en assurant leur cohĂ©rence avec la Charte et la jurisprudence europĂ©enne.
đĄ Ă retenir
Les principes gĂ©nĂ©raux du droit jouent un rĂŽle fondamental en tant que source non Ă©crite garantissant la cohĂ©rence et la protection des droits fondamentaux dans lâordre juridique de lâUnion europĂ©enne, notamment par leur inspiration dans le droit international et national.
đ 11. Protection des droits fondamentaux et charte des droits fondamentaux de lâUE
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Compétence : Les juges élisent parmi eux le président pour une durée de 3 ans au scrutin secret et majorité absolue.
Soit : produit des effets de droits lâacte qui modifie une situation juridique soit : en crĂ©ant des droits, soit en imposant des obligations.
Par consĂ©quent, sont exclus de ce type de recours : les actes prĂ©paratoires, les actes confirmatif (ceux qui ne modifient pas situation juridique antĂ©rieur) et MOI (mesure dâordre intĂ©rieur).
- Composition : Le protocole n°3 du statut de la CJUE fixe le nombre de juges du tribunal à au moins 1 juge par état membre.
- Charte des droits fondamentaux de lâUE : Texte codifiant les droits fondamentaux applicables dans lâUnion europĂ©enne, ayant depuis le traitĂ© de Lisbonne la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s, distinguant entre droits et principes, ces derniers ayant une justiciabilitĂ© limitĂ©e.
đ Points essentiels
- Depuis le traitĂ© de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux de lâUE a la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s et sert de base juridique Ă la protection des droits fondamentaux.
- La protection des droits fondamentaux est assurĂ©e par la Cour de justice et les institutions de lâUnion dans lâensemble des Ătats membres.
- Les droits garantis par la Charte ont le mĂȘme sens et la mĂȘme portĂ©e que ceux de la Convention europĂ©enne des droits de lâhomme, sauf si la Charte confĂšre une protection plus Ă©tendue.
đĄ Ă retenir
Depuis le traitĂ© de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux de lâUE a la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s et sert de base juridique Ă la protection des droits fondamentaux.
đ 12. SystĂšme juridictionnel de lâUnion europĂ©enne : organisation et recours devant la Cour de justice
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- La saisine de la cour : Câest une facultĂ©, pas une obligation, la commission ne lâexerce que si elle le souhaite.
- Recours en annulation : ProcĂ©dure permettant de contester la lĂ©galitĂ© dâun acte de lâUnion devant la Cour de justice, qui peut annuler lâacte si celui-ci est jugĂ© illĂ©gal.
- ProcĂ©dure orale : Phase de la procĂ©dure devant la Cour de justice oĂč les parties prĂ©sentent leurs observations oralement, aprĂšs une phase Ă©crite, avec possibilitĂ© dâamĂ©nagements pour accĂ©lĂ©rer ou simplifier la procĂ©dure.
- Saisir la cour : Action de porter une affaire devant la Cour de justice, que ce soit par un recours direct ou par une procĂ©dure prĂ©judicielle, pour obtenir une interprĂ©tation ou une dĂ©cision sur la validitĂ© dâun acte de lâUnion.
đ Points essentiels
- La Cour de justice de lâUnion europĂ©enne est lâorgane juridictionnel suprĂȘme garantissant lâinterprĂ©tation uniforme du droit de lâUnion.
- Le recours en annulation permet de contester la lĂ©galitĂ© des actes de lâUnion devant la Cour.
- Le recours prĂ©judiciel permet aux juridictions nationales de saisir la Cour pour interprĂ©tation ou validitĂ© du droit de lâUE.
đĄ Ă retenir
La Cour de justice de lâUnion europĂ©enne est lâorgane juridictionnel suprĂȘme garantissant lâinterprĂ©tation uniforme du droit de lâUnion.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 2004 | Traité de Lisbonne |
| 1971 | Cour de justice de lâUnion europĂ©enne (CJUE) succĂšde Ă la CJCE |
| 2014 | ArrĂȘt Vanduyn sur principes non Ă©crits et droits fondamentaux |
| 1964 | Traité CEEA |
| 1957 | Traité de Rome |
| 1967 | Traité d'Amsterdam (non mentionné mais dans la chronologie) |
đ Tableaux de SynthĂšse
Classification des compĂ©tences de lâUE
| Type de compétence | Exemples | Procédure de conclusion |
|---|
| Compétences exclusives | Marché intérieur | Procédure spéciale |
| Compétences partagées | Agriculture | Procédure législative ordinaire |
| CompĂ©tences dâappui | Education | ProcĂ©dure consultative |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confusion entre ordre juridique communautaire et ordre juridique de lâUE aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne.
- Confusion entre principes dâattribution et de spĂ©cialitĂ©.
- MĂ©langer les sources du droit de lâUnion : traitĂ©s, actes unilatĂ©raux, droit dĂ©rivĂ©.
- Confusion entre primautĂ© et effet direct du droit de lâUE.
- Confusion entre rÚglements, directives et décisions.
- Confusion entre la protection des droits fondamentaux et la Charte des droits fondamentaux.
- MĂ©langer les compĂ©tences de lâUE avec celles des Ătats membres.
â
Checklist Examen
- Identifier la date du traité de Lisbonne.
- Expliquer la diffĂ©rence entre ordre juridique communautaire et de lâUE.
- Distinguer les types de compĂ©tences de lâUE.
- Comprendre le principe dâattribution et ses implications.
- ConnaĂźtre les sources du droit de lâUnion.
- Différencier rÚglements, directives et décisions.
- Expliquer la valeur juridique de la Charte des droits fondamentaux.
- Savoir comment saisir la Cour de justice.
- Comprendre le rĂŽle de la Cour dans lâinterprĂ©tation du droit.
- Identifier les principes régissant la subsidiarité et la proportionnalité.
- ConnaĂźtre la hiĂ©rarchie des normes dans lâUE.
- Différencier les recours en annulation et préjudiciels.
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