Revision sheet: Organisation et principes du droit de l'UE

Plan du Cours

  1. Ordre juridique de l’Union europĂ©enne avant et aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne
  2. CaractĂ©ristiques et nature juridique de l’ordre juridique de l’UE
  3. Organisation et classification des compĂ©tences de l’Union europĂ©enne
  4. Principes rĂ©gissant les compĂ©tences de l’UE : attribution, spĂ©cialitĂ© et amĂ©nagements
  5. Mécanismes de régulation des compétences : subsidiarité et proportionnalité
  6. Rapports entre le droit de l’Union et les droits nationaux : primautĂ© et effet direct
  7. Sources du droit de l’Union europĂ©enne : traitĂ©s constitutifs et actes unilatĂ©raux
  8. RÚglements et décisions : caractéristiques et distinctions
  9. Les accords internationaux et internes dans l’ordre juridique de l’UE
  10. Principes gĂ©nĂ©raux du droit (PGD) dans le droit de l’Union europĂ©enne
  11. Protection des droits fondamentaux et charte des droits fondamentaux de l’UE
  12. SystĂšme juridictionnel de l’Union europĂ©enne : organisation et recours devant la Cour de justice

1. Ordre juridique de l’Union europĂ©enne avant et aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne

Notions clés & Définitions

  • Ordre juridique : Ensemble de rĂšgles qui constituent un systĂšme prĂ©sentant un certain degrĂ© d’organisation et de cohĂ©rence.
  • 3Ăšme pilier : Relatif Ă  justice et affaires intĂ©rieures (JAI)

Points essentiels

  • Avant le traitĂ© de Lisbonne, l’ordre juridique de l’Union europĂ©enne Ă©tait qualifiĂ© d’ordre juridique communautaire, distinguant un pilier communautaire d’intĂ©gration et des piliers de coopĂ©ration Ă©tatique (2Ăšme et 3Ăšme piliers).
  • Le traitĂ© de Lisbonne a supprimĂ© la rĂ©fĂ©rence Ă  la communautĂ© europĂ©enne, substituant l’Union europĂ©enne Ă  la communautĂ©, mais a maintenu le traitĂ© CEEA, crĂ©ant une dualitĂ© dans l’ordre juridique.
  • La Cour de justice de l’Union europĂ©enne (CJUE) a succĂ©dĂ© Ă  la Cour de justice des CommunautĂ©s europĂ©ennes (CJCE) aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne.
  • I/ la situation antĂ©rieure au traitĂ© de Lisbonne

À retenir

Le traitĂ© de Lisbonne a transformĂ© l’ordre juridique de l’Union europĂ©enne en supprimant la rĂ©fĂ©rence Ă  la communautĂ© europĂ©enne et en substituant l’Union europĂ©enne Ă  la communautĂ©, tout en maintenant certains traitĂ©s communautaires, ce qui illustre Ă  la fois une transformation et une continuitĂ© de cet ordre juridique.

2. CaractĂ©ristiques et nature juridique de l’ordre juridique de l’UE

Notions clés & Définitions

  • Positivement : Les CE allaient bien au delas du cadre confĂ©dĂ©ral classique en raison de son systĂšme institutionnel trĂšs dĂ©veloppĂ© qui se matĂ©rialisĂ© par : commission indĂ©pendante dotĂ© d’un pvr de dĂ©cision + assemblĂ©e Ă©lu au suffrage universel direct : le Parlement + adoption
  • ProcĂ©dure de codĂ©cision : ProcĂ©dure lĂ©gislative ordinaire qui confĂšre un pouvoir partagĂ© entre le Parlement europĂ©en et le Conseil dans de nombreux domaines, renforçant la lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique de l’Union.

Points essentiels

  • Les traitĂ©s constitutifs de l’UE, qualifiĂ©s de droit originaire ou droit primaire, forment la base constitutionnelle de l’ordre juridique de l’Union.
  • La coutume occupe une place limitĂ©e dans le droit de l’Union, qui repose principalement sur un droit Ă©crit.

À retenir

Les traitĂ©s constitutifs de l’UE, qualifiĂ©s de droit originaire ou droit primaire, forment la base constitutionnelle de l’ordre juridique de l’Union.

3. Organisation et classification des compĂ©tences de l’Union europĂ©enne

Notions clés & Définitions

  • RĂ©gulation des compĂ©tences : Les compĂ©tences de l’Union europĂ©enne sont classifiĂ©es en compĂ©tences exclusives, partagĂ©es et d’appui selon les traitĂ©s, avec des mĂ©canismes spĂ©cifiques pour leur exercice et leur rĂ©gulation.
  • Seront consacrĂ©s dans les traitĂ©s : Les domaines et modalitĂ©s d’exercice des compĂ©tences de l’UE sont dĂ©terminĂ©s et prĂ©cisĂ©s dans les traitĂ©s, qui Ă©tablissent leur classification et leur rĂ©partition.

Points essentiels

  • Les accords mixtes impliquent une compĂ©tence partagĂ©e entre l’UE et les États membres, nĂ©cessitant une procĂ©dure d’adoption spĂ©ciale.
  • La nĂ©gociation des accords internationaux de l’UE est conduite principalement par la Commission, avec une signature et une conclusion relevant du Conseil.

À retenir

Les compĂ©tences de l’UE sont classifiĂ©es en exclusives, partagĂ©es et d’appui, avec des procĂ©dures spĂ©cifiques pour la conclusion d’accords internationaux, conformĂ©ment aux traitĂ©s.

4. Principes rĂ©gissant les compĂ©tences de l’UE : attribution, spĂ©cialitĂ© et amĂ©nagements

Notions clés & Définitions

  • Par nature : Les États restent compĂ©tents tant que l’UE n’est pas intervenue mais ils ne doivent pas pour autant remettre en cause les dispositions du traitĂ© pour remettre en cause les objectifs et les finalitĂ©s du traitĂ© par leur intervention parce que les États sont soum
  • Par exercice : Lorsque l’UE dĂ©cide d’intervenir intĂ©gralement cela dessaisit automatiquement les Ă©tats membres de leur compĂ©tence nationale.
  • Principe d’attribution : = est maintenu par le traitĂ© de Lisbonne. Pour autant auparavant, l’attribution de compĂ©tences s’opĂ©rer sur la base de diverses dispositions qui dĂ©crivaient l’étendu de sa compĂ©tence.
  • Principe de spĂ©cialitĂ© : Le dĂ©faut d’exercice d’une compĂ©tence par les institutions de l’UE n’entraĂźne Ă©videmment pas le retour de la compĂ©tence aux États membres

Points essentiels

  • Le choix de la base juridique d’un acte doit se fonder sur son objectif principal, conformĂ©ment Ă  la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union europĂ©enne.
  • Comme les traitĂ©s ne le permettaient pas : au nom de la limitation des compĂ©tences et au nom du principe d’attribution, la cour Ă  progressivement construit une thĂ©orie jurisprudentielle qu’on peut qualifier d’audacieuse : elle a eu l’occasion d’admettre l’exercice de compĂ©tences par l’union mĂȘme lorsque celle-ci n’était pas expressĂ©ment reconnues Ă  partir du moment ou leur exercice s’avĂ©rait nĂ©cessaire pour permettre l’accomplissement des objectifs communautaire.
    1. ConsĂ©cration de compĂ©tences subsidiaires visĂ©es par article 352 du TFUE. Les fondateurs ne pouvaient pas prĂ©voir dans le dĂ©tail l’ensemble des domaines susceptibles d’ĂȘtres rĂ©gis par le droit communautaire et dans le mĂȘme temps avaient conscience que le principe d’attribution des compĂ©tences et le principe de spĂ©cialitĂ© pouvaient ĂȘtre des sources de blocages.

À retenir

Les principes d’attribution et de spĂ©cialitĂ© structurent l’exercice des compĂ©tences de l’Union europĂ©enne en limitant leur portĂ©e aux domaines confĂ©rĂ©s par les traitĂ©s et en respectant le principe de subsidiaritĂ©.

5. Mécanismes de régulation des compétences : subsidiarité et proportionnalité

Notions clés & Définitions

  • Soit : Lorsque l’UE dĂ©cide d’exercer sa compĂ©tence : la proportionnalitĂ© doit avoir des consĂ©quences sur l’étendue de la compĂ©tence c’est-Ă -dire sur l’intensitĂ© de l’action communautaire.
  • Principe de subsidiaritĂ© : Le principe qui limite l'intervention de l'Union europĂ©enne aux domaines oĂč les objectifs ne peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©s de maniĂšre suffisante par les États membres seuls, et oĂč une action au niveau de l'Union est plus efficace.
  • Principe de proportionnalitĂ© : 1Ăšre rĂ©fĂ©rence
  • RĂ©gulation des compĂ©tences : L'ensemble des mĂ©canismes et principes, notamment la subsidiaritĂ© et la proportionnalitĂ©, qui organisent et contrĂŽlent l'exercice des compĂ©tences attribuĂ©es Ă  l'Union europĂ©enne afin d'assurer leur lĂ©gitimitĂ© et leur efficacitĂ©.
  • La motivation : NĂ©anmoins, la cour Ă  fait Ă©voluer son contrĂŽle : elle va justifier la justification de l’action de l’Union autrement dit : la motivation : elle contrĂŽle donc les motifs de l’acte = on est donc plus sur un contrĂŽle minimum : la cour dans cette dĂ©cision ne se rĂ©fĂšre plus Ă  l’erreur manifeste d’apprĂ©ciation mais Ă  l’erreur d’application.

Points essentiels

  • Le traitĂ© de Maastricht a Ă©tendu et formalisĂ© le principe de subsidiaritĂ© dans l’ensemble des domaines non exclusifs de compĂ©tence de l’Union europĂ©enne.
  • Ce principe Ă  un champs d’application beaucoup plus Ă©tendu que celui du principe de subsidiaritĂ©. Il concerne les compĂ©tences exclusives + ne se limite pas Ă  l’action normative de l’Union.
  • concerne les actes d’administration direct
  • le prononcĂ© des sanctions
  • n’ont pas la mĂȘme fonction : la subsidiaritĂ© vise le partage de compĂ©tences concurrentes tandis que la proportionnalitĂ© intervient pour savoir jusqu’ou peut aller l’exercice de la compĂ©tence.

À retenir

Le traitĂ© de Maastricht a Ă©tendu et formalisĂ© le principe de subsidiaritĂ© dans l’ensemble des domaines non exclusifs de compĂ©tence de l’Union europĂ©enne.

6. Rapports entre le droit de l’Union et les droits nationaux : primautĂ© et effet direct

Notions clés & Définitions

  • Les traitĂ©s : Les traitĂ©s sont des accords internationaux qui Ă©tablissent les bases juridiques de l’Union europĂ©enne et dĂ©finissent les obligations des États membres.
  • ConsĂ©quence : Une consĂ©quence est un effet juridique ou pratique rĂ©sultant de l’application d’un principe ou d’une rĂšgle de droit, comme la primautĂ© ou l’effet direct du droit de l’UE.
  • De fait : De fait dĂ©signe une situation ou un effet qui existe en pratique, indĂ©pendamment d’une reconnaissance formelle ou juridique explicite.
  • Par ex : Par ex est une abrĂ©viation de « par exemple », utilisĂ©e pour introduire un exemple illustrant un principe ou une rĂšgle.
  • PrimautĂ© du droit de l’UE : La primautĂ© du droit de l’Union europĂ©enne est le principe selon lequel, en cas de conflit, le droit de l’UE prĂ©vaut sur les droits nationaux, assurant ainsi son application uniforme dans tous les États membres.

Points essentiels

  • L’effet direct permet aux particuliers d’invoquer directement le droit de l’UE devant les juridictions nationales.
  • Les arrĂȘts prĂ©judiciels de la CJUE lient les juridictions nationales avec autoritĂ© de la chose jugĂ©e.
  • Ce qu’il faut relever : ce principe de primautĂ© n’est pas une spĂ©cifique de l’union on retrouve des correspondances dans m’ordre juridique : tt les juridictions internationales se sont prononcĂ©es en faveur du principe de primautĂ© du droit international sur le rĂšgne interne. La diffĂ©rence rĂ©side dans les consĂ©quences que la cour tire de ce principe : Ă  savoir l’obligation pour toutes les autoritĂ©s nationales et principalement les juges nationaux non seulement : de ne pas appliquer une norme nationale contraire au droit de l’union mais aussi de donner son plein effet Ă  la rĂšgle communautaire.

À retenir

L’effet direct permet aux particuliers d’invoquer directement le droit de l’UE devant les juridictions nationales.

7. Sources du droit de l’Union europĂ©enne : traitĂ©s constitutifs et actes unilatĂ©raux

Notions clés & Définitions

  • DĂ©cision : Obligation en tous ses Ă©lĂ©ments et peut avoir une portĂ©e individualisĂ©e
  • RĂšglement : Le rĂšglement Ă  une portĂ©e gĂ©nĂ©rale et est obligatoire dans tous ses Ă©lĂ©ments
  • Directive : Impose aux États membres destinataires une obligation de rĂ©sultat tout en leur laissant le choix des moyens
  • Droit originaire : Ensemble des traitĂ©s constitutifs de l’Union europĂ©enne, qui forment la base fondamentale de l’ordre juridique de l’UE et sont considĂ©rĂ©s comme des conventions internationales conclues entre les États membres.

Points essentiels

  • Les traitĂ©s constitutifs forment le droit originaire, qui constitue la base fondamentale de l’ordre juridique de l’UE.
  • Les actes unilatĂ©raux ayant force obligatoire, tels que dĂ©cisions et rĂšglements, partagent un rĂ©gime juridique commun et occupent une place importante dans la hiĂ©rarchie des normes.
  • Les traitĂ©s constitutifs sont considĂ©rĂ©s comme une charte constitutionnelle de base, leur application Ă©tant fondĂ©e sur leur effet direct et leur primautĂ©.
  • Le droit dĂ©rivĂ© comprend les rĂšglements, directives et dĂ©cisions adoptĂ©s sur la base des traitĂ©s, avec des effets et des destinataires spĂ©cifiques.
  • Art 296 al 2 du TFUE : exige que tous les actes comprennent des visas qui mentionne : - Les propositions - Initiative - Recommandations - Demandes - Avis prĂ©vus par les traitĂ©s Ces visas doivent aussi indiquer : - Base juridique de l’acte - Motivation B/ l’obligation de motivation Auparavant les art 253 du TCE et art 162 du CEEA : imposait la motivation pour les rĂšglements, les directives et les dĂ©cisions.

À retenir

Les traitĂ©s constitutifs forment le droit originaire, qui constitue la base fondamentale de l’ordre juridique de l’UE.

8. RÚglements et décisions : caractéristiques et distinctions

Notions clés & Définitions

  • La cour : Institution judiciaire de l’Union europĂ©enne chargĂ©e d’interprĂ©ter le droit de l’Union et de garantir son application uniforme, notamment en confirmant l’effet direct et la primautĂ© des actes de l’Union.
  • Le rĂšglement : Ensuite : le rĂšglement = obligatoire dans tous ses Ă©lĂ©ments
  • La dĂ©cision : Acte juridique obligatoire de l’Union europĂ©enne qui s’adresse Ă  des destinataires spĂ©cifiques, tels que des États membres ou des personnes privĂ©es, et qui produit des effets uniquement Ă  leur Ă©gard.
  • Exception : Les dĂ©cisions prises par le conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU : embargo commercial Ă  l’encontre de l’Irac / sanctions Ă©conomiques prononcĂ©es Ă  l’égard des personnes physiques dans le cadre de lutte contre-terrorisme.
  • ProcĂ©dure d’adoption : Processus formel dĂ©fini par la base juridique applicable, selon lequel un acte de l’Union, comme un rĂšglement ou une dĂ©cision, est adoptĂ© en respectant les rĂšgles et procĂ©dures spĂ©cifiques prĂ©vues par les traitĂ©s.

Points essentiels

  • Le rĂšglement est un acte gĂ©nĂ©ral, obligatoire et directement applicable dans tous les États membres.
  • La dĂ©cision est un acte obligatoire mais adressĂ© Ă  des destinataires spĂ©cifiques, pouvant ĂȘtre des États ou des particuliers.
  • La base juridique dĂ©termine le type d’acte Ă  adopter et la procĂ©dure applicable.
  • Les traitĂ©s imposent parfois un type d’acte spĂ©cifique pour certaines mesures, excluant d’autres formes.
  • Le rĂšglement Ă  une portĂ©e gĂ©nĂ©rale : s’applique dans tous les États membres aux personnes et aux situations qui les dĂ©finit. Ex : rĂšglement du 20 janvier 2004 relatif aux concentration des entreprises : ce rĂšglement trouve Ă  s’appliquer Ă  toutes entreprise qui participe Ă  opĂ©ration de concentration ( se fait par fusion d’entreprise, prise de contrĂŽle d’une autre entreprise ou crĂ©ation d’une entreprise commune) de taille communautaire (qui rĂ©pond aux dimensions dĂ©finies par le rĂšglement lui-mĂȘme en fonction du chiffre d’affaire rĂ©alisĂ© au sein de l’UE et du chiffre d’affaires mondial).

À retenir

Le rĂšglement est un acte gĂ©nĂ©ral, obligatoire et directement applicable dans tous les États membres.

9. Les accords internationaux et internes dans l’ordre juridique de l’UE

Notions clés & Définitions

  • Les conventions : Des accords internationaux qui lient l'Union ou ses États membres et qui peuvent affecter l'ordre juridique de l'UE, notamment lorsqu'ils concernent la protection des droits fondamentaux ou la coopĂ©ration internationale.
  • S’agissant de : Une expression utilisĂ©e pour indiquer la portĂ©e ou la condition d'application d'une rĂšgle ou d'un accord, prĂ©cisant si une compĂ©tence ou une norme est concernĂ©e par une disposition spĂ©cifique dans le contexte des accords internationaux ou internes de l'UE.
  • Accords mixtes : Ils doivent ĂȘtre signĂ©s et ratifiĂ©s par les Ă©tats membres. Le traitĂ© de Lisbonne a conservĂ© plusieurs procĂ©dures spĂ©cifiques qui s’appliquent aux accords commerciaux : art 207 du TFUE ou en matiĂšre monĂ©taire : art 219 du TFUE.
  • ProcĂ©dure de conclusion des accords : C/ La procĂ©dure de conclusion des accords internationaux.

Points essentiels

  • L’UE peut conclure des accords internationaux nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation de ses objectifs, mĂȘme en l’absence de disposition expresse, notamment lorsque ces accords sont indispensables pour atteindre ses politiques ou affectent les rĂšgles communes.
  • Les accords mixtes, qui combinent compĂ©tences de l’UE et des États membres, nĂ©cessitent une procĂ©dure d’adoption spĂ©cifique pour leur conclusion, Ă©vitant la nĂ©cessitĂ© de deux accords distincts.
  • L’article 261 TFUE reconnaĂźt la compĂ©tence de l’UE pour conclure des accords affectant les rĂšgles communes, notamment dans les domaines oĂč elle dĂ©tient une compĂ©tence partagĂ©e.
  • La conclusion des accords relĂšve principalement du Conseil, qui adopte une dĂ©cision unilatĂ©rale, tandis que le Parlement a un rĂŽle consultatif ou informatif dans la procĂ©dure.
  • Sur proposition du nĂ©gociateur, le conseil va autoriser la signature de l’accord et parfois mĂȘme son application provisoire avant l’entrĂ©e en vigueur. Ces encore lui qui adopte la dĂ©cision portant conclusion de l’accord. Pour se faire, il doit statuer Ă  la majoritĂ© qualifiĂ©e sauf dans les domaines pour lesquels la majoritĂ© absolue est exigĂ©e car les accords d’association ou de coopĂ©ration avec des Ă©tats candidats Ă  l’adhĂ©sion.
  • On a : compĂ©tences partagĂ©es/ accord mixte : certains accords relĂšvent pour une partie de leur disposition de la compĂ©tence de l’UE et pour une autre disposition du mĂȘme accord de celle des Ă©tats membres. Ex : cas pour les domaines ou on a une compĂ©tence partagĂ©e entre l’UE et les Ă©tats : marchĂ© intĂ©rieur, agriculture, pĂȘche.

À retenir

Les accords mixtes, qui combinent compĂ©tences de l’UE et des États membres, nĂ©cessitent une procĂ©dure d’adoption spĂ©cifique pour leur conclusion, Ă©vitant la nĂ©cessitĂ© de deux accords distincts.

10. Principes gĂ©nĂ©raux du droit (PGD) dans le droit de l’Union europĂ©enne

Notions clés & Définitions

  • Protection des droits fondamentaux : ensemble des garanties juridiques assurant la prĂ©servation des droits essentiels de la personne, qui, dans le contexte de l’Union europĂ©enne, est assurĂ©e par des principes non Ă©crits intĂ©grĂ©s par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union europĂ©enne (CJUE).

  • droits fondamentaux : droits reconnus Ă  toute personne, garantis par des principes non Ă©crits du droit de l’Union, notamment par la jurisprudence, afin d’assurer la protection de la dignitĂ©, des libertĂ©s et des droits de la personne dans l’ordre juridique europĂ©en.

  • des droits fondamentaux : droits essentiels Ă  la personne, dont la protection est assurĂ©e par des principes gĂ©nĂ©raux du droit, qui peuvent ĂȘtre issus du droit international, du droit national ou de la jurisprudence, et qui garantissent la cohĂ©rence et la lĂ©gitimitĂ© de l’ordre juridique de l’Union.

  • protection des droits : action visant Ă  garantir le respect, la sauvegarde et la mise en Ɠuvre des droits fondamentaux, notamment par l’application des principes gĂ©nĂ©raux du droit qui jouent un rĂŽle de fondement non Ă©crit dans l’UE.

Points essentiels

  • Les principes gĂ©nĂ©raux du droit (PGD) constituent une source non Ă©crite du droit de l’Union europĂ©enne, intĂ©grĂ©e par la jurisprudence de la CJUE. La Cour ne rĂ©ceptionne qu’une partie des principes issus du droit international, favorables Ă  l’intĂ©gration, tels que la non-caducitĂ© des traitĂ©s, qui ne se prĂ©sume pas, comme l’affirme la CJCE dans l’arrĂȘt du 14 dĂ©cembre 1971 (Commission c/ France).

  • En matiĂšre de relations entre États membres et Union, la Cour a affirmĂ© que l’État ne peut refuser l’accĂšs de son territoire Ă  ses nationaux, comme dans l’arrĂȘt du 4 dĂ©cembre 2014 (Vanduyn), ce qui participe Ă  la logique d’intĂ©gration. Cependant, la Cour Ă©carte les principes susceptibles d’affaiblir la cohĂ©sion de l’ordre juridique de l’UE, notamment l’exception d’inexĂ©cution, qui permet Ă  une partie de suspendre ses obligations si l’autre ne s’exĂ©cute pas, comme dans l’arrĂȘt du 13 novembre 1964 (Commission contre Belgique et Luxembourg).

  • Pour combler les lacunes ou silences des traitĂ©s, le juge de l’Union s’est inspirĂ© des rĂšgles reconnues par la jurisprudence et la lĂ©gislation des États membres, comme explicitement reconnu dans l’arrĂȘt du 12 juillet 1957 (AGERA). La transposition de ces principes dans l’ordre juridique de l’UE n’exige pas que tous les États membres les reconnaissent, mais que leur systĂšme juridique ne prĂ©sente pas d’obstacle Ă  leur application.

  • Les principes de proportionnalitĂ© et de confiance lĂ©gitime, issus du droit allemand, ont Ă©tĂ© consacrĂ©s comme PGD, renforçant la protection des droits fondamentaux. La jurisprudence a ainsi intĂ©grĂ© ces principes comme fondamentaux pour assurer la cohĂ©rence et la lĂ©gitimitĂ© de l’ordre juridique europĂ©en.

  • Concernant la protection des droits fondamentaux, initialement silencieuse dans les traitĂ©s, la Cour a progressivement utilisĂ© les PGD pour combler ces lacunes, notamment sous l’impulsion de juridictions nationales, comme la Cour constitutionnelle allemande, qui a affirmĂ© en 1967 qu’elle pouvait contrĂŽler la validitĂ© des actes communautaires si ceux-ci portaient atteinte aux droits fondamentaux reconnus dans la constitution allemande.

  • La Cour de justice a Ă©galement indiquĂ© qu’au nom de la primautĂ© du droit communautaire, elle ne pouvait pas contrĂŽler la validitĂ© des actes du droit communautaire, sauf dans certains cas, comme dans l’arrĂȘt Nolds (14 mai 1994), oĂč elle a puisĂ© ses sources d’inspiration dans des instruments internationaux, notamment la Convention europĂ©enne des droits de l’homme (CEDH), Ă  laquelle tous les États membres sont parties, et dont la jurisprudence bĂ©nĂ©ficie d’une autoritĂ© considĂ©rable.

  • Progressivement, la CEDH est devenue une source privilĂ©giĂ©e pour les PGD du droit de l’UE, sans pour autant se substituer Ă  eux. La Cour de justice affirme que les droits fondamentaux garantis par la CEDH sont protĂ©gĂ©s en tant que PGD communautaire, comme dans l’arrĂȘt du 15 octobre 2002 (LVM). Cette position a Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e dans le traitĂ© de Maastricht par l’article 6, paragraphe 2 du TFUE, qui stipule que l’Union respecte les droits fondamentaux tels qu’ils sont garantis par la CEDH et issus des traditions constitutionnelles communes aux États membres.

  • Avant le traitĂ© de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux de l’UE n’était qu’un accord interinstitutionnel sans force contraignante, ce qui limitait sa portĂ©e. La Cour a indiquĂ© en 2006 qu’elle ne constituait pas un instrument juridique contraignant, mais elle a nĂ©anmoins reconnu qu’elle pouvait faire rĂ©fĂ©rence Ă  ses articles si ceux-ci affirmaient des droits fondamentaux dĂ©jĂ  proclamĂ©s par d’autres textes ou jurisprudences, notamment la CEDH.

  • Le traitĂ© de Lisbonne a marquĂ© une Ă©tape majeure en consacrant la place des droits fondamentaux dans l’ordre juridique de l’Union. Il a permis d’intĂ©grer pleinement la Charte des droits fondamentaux, qui, Ă  partir de l’article 6, paragraphe 1 du TFUE, devient une rĂ©fĂ©rence essentielle, rĂ©duisant ainsi le rĂŽle des PGD en matiĂšre de protection des droits fondamentaux, tout en assurant leur cohĂ©rence avec la Charte et la jurisprudence europĂ©enne.

À retenir

Les principes gĂ©nĂ©raux du droit jouent un rĂŽle fondamental en tant que source non Ă©crite garantissant la cohĂ©rence et la protection des droits fondamentaux dans l’ordre juridique de l’Union europĂ©enne, notamment par leur inspiration dans le droit international et national.

11. Protection des droits fondamentaux et charte des droits fondamentaux de l’UE

Notions clés & Définitions

  • CompĂ©tence : Les juges Ă©lisent parmi eux le prĂ©sident pour une durĂ©e de 3 ans au scrutin secret et majoritĂ© absolue. Soit : produit des effets de droits l’acte qui modifie une situation juridique soit : en crĂ©ant des droits, soit en imposant des obligations. Par consĂ©quent, sont exclus de ce type de recours : les actes prĂ©paratoires, les actes confirmatif (ceux qui ne modifient pas situation juridique antĂ©rieur) et MOI (mesure d’ordre intĂ©rieur).
  • Composition : Le protocole n°3 du statut de la CJUE fixe le nombre de juges du tribunal Ă  au moins 1 juge par Ă©tat membre.
  • Charte des droits fondamentaux de l’UE : Texte codifiant les droits fondamentaux applicables dans l’Union europĂ©enne, ayant depuis le traitĂ© de Lisbonne la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s, distinguant entre droits et principes, ces derniers ayant une justiciabilitĂ© limitĂ©e.

Points essentiels

  • Depuis le traitĂ© de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux de l’UE a la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s et sert de base juridique Ă  la protection des droits fondamentaux.
  • La protection des droits fondamentaux est assurĂ©e par la Cour de justice et les institutions de l’Union dans l’ensemble des États membres.
  • Les droits garantis par la Charte ont le mĂȘme sens et la mĂȘme portĂ©e que ceux de la Convention europĂ©enne des droits de l’homme, sauf si la Charte confĂšre une protection plus Ă©tendue.

À retenir

Depuis le traitĂ© de Lisbonne, la Charte des droits fondamentaux de l’UE a la mĂȘme valeur juridique que les traitĂ©s et sert de base juridique Ă  la protection des droits fondamentaux.

12. SystĂšme juridictionnel de l’Union europĂ©enne : organisation et recours devant la Cour de justice

Notions clés & Définitions

  • La saisine de la cour : C’est une facultĂ©, pas une obligation, la commission ne l’exerce que si elle le souhaite.
  • Recours en annulation : ProcĂ©dure permettant de contester la lĂ©galitĂ© d’un acte de l’Union devant la Cour de justice, qui peut annuler l’acte si celui-ci est jugĂ© illĂ©gal.
  • ProcĂ©dure orale : Phase de la procĂ©dure devant la Cour de justice oĂč les parties prĂ©sentent leurs observations oralement, aprĂšs une phase Ă©crite, avec possibilitĂ© d’amĂ©nagements pour accĂ©lĂ©rer ou simplifier la procĂ©dure.
  • Saisir la cour : Action de porter une affaire devant la Cour de justice, que ce soit par un recours direct ou par une procĂ©dure prĂ©judicielle, pour obtenir une interprĂ©tation ou une dĂ©cision sur la validitĂ© d’un acte de l’Union.

Points essentiels

  • La Cour de justice de l’Union europĂ©enne est l’organe juridictionnel suprĂȘme garantissant l’interprĂ©tation uniforme du droit de l’Union.
  • Le recours en annulation permet de contester la lĂ©galitĂ© des actes de l’Union devant la Cour.
  • Le recours prĂ©judiciel permet aux juridictions nationales de saisir la Cour pour interprĂ©tation ou validitĂ© du droit de l’UE.

À retenir

La Cour de justice de l’Union europĂ©enne est l’organe juridictionnel suprĂȘme garantissant l’interprĂ©tation uniforme du droit de l’Union.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
2004Traité de Lisbonne
1971Cour de justice de l’Union europĂ©enne (CJUE) succĂšde Ă  la CJCE
2014ArrĂȘt Vanduyn sur principes non Ă©crits et droits fondamentaux
1964Traité CEEA
1957Traité de Rome
1967Traité d'Amsterdam (non mentionné mais dans la chronologie)

Tableaux de SynthĂšse

Classification des compĂ©tences de l’UE

Type de compétenceExemplesProcédure de conclusion
Compétences exclusivesMarché intérieurProcédure spéciale
Compétences partagéesAgricultureProcédure législative ordinaire
CompĂ©tences d’appuiEducationProcĂ©dure consultative

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confusion entre ordre juridique communautaire et ordre juridique de l’UE aprĂšs le traitĂ© de Lisbonne.
  2. Confusion entre principes d’attribution et de spĂ©cialitĂ©.
  3. MĂ©langer les sources du droit de l’Union : traitĂ©s, actes unilatĂ©raux, droit dĂ©rivĂ©.
  4. Confusion entre primautĂ© et effet direct du droit de l’UE.
  5. Confusion entre rÚglements, directives et décisions.
  6. Confusion entre la protection des droits fondamentaux et la Charte des droits fondamentaux.
  7. MĂ©langer les compĂ©tences de l’UE avec celles des États membres.

Checklist Examen

  1. Identifier la date du traité de Lisbonne.
  2. Expliquer la diffĂ©rence entre ordre juridique communautaire et de l’UE.
  3. Distinguer les types de compĂ©tences de l’UE.
  4. Comprendre le principe d’attribution et ses implications.
  5. Connaütre les sources du droit de l’Union.
  6. Différencier rÚglements, directives et décisions.
  7. Expliquer la valeur juridique de la Charte des droits fondamentaux.
  8. Savoir comment saisir la Cour de justice.
  9. Comprendre le rĂŽle de la Cour dans l’interprĂ©tation du droit.
  10. Identifier les principes régissant la subsidiarité et la proportionnalité.
  11. ConnaĂźtre la hiĂ©rarchie des normes dans l’UE.
  12. Différencier les recours en annulation et préjudiciels.

Test your knowledge

Test your knowledge on Organisation et principes du droit de l'UE with 12 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Qu'est-ce que l'effet direct dans le droit de l'Union européenne ?

2. Que dĂ©signent les traitĂ©s constitutifs de l’Union europĂ©enne en termes de nature juridique ?

Take the quiz →

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Memorize the key concepts of Organisation et principes du droit de l'UE with 24 interactive flashcards.

Ordre juridique avant Lisbonne

QualifiĂ© d’ordre communautaire, avec piliers distincts.

Ordre juridique aprĂšs Lisbonne

Substitue l’Union europĂ©enne Ă  la communautĂ©, avec maintien de certains traitĂ©s.

Caractùre de l’ordre juridique UE

Droit primaire, basé sur les traités constitutifs.

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