Revision sheet: Police administrative et contentieux administratif

Plan du Cours

  1. DĂ©finition et missions de l’administration
  2. Services publics et leurs catégories
  3. Police administrative et ordre public
  4. Instruments de l’action administrative
  5. ContrÎle de légalité administrative
  6. Assouplissements et limites de la légalité
  7. Écrans normatifs et droit europĂ©en
  8. Principes du service public
  9. Actes et contrats administratifs
  10. Dignité humaine et ordre public
  11. Proportionnalité des mesures de police
  12. Voie de fait et compétence judiciaire
  13. Recours pour excĂšs de pouvoir
  14. Plein contentieux et responsabilité fautive
  15. Responsabilité administrative sans faute

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
24 aoĂ»t 1790La loi des 16 et a posĂ© le principe de sĂ©paration des autoritĂ©s administratives et judiciaires, interdisant aux juges judiciaires de juger l’administration.
24 mai 1872La loi a transformĂ© le Conseil d’État en vĂ©ritable juridiction, consacrant le passage de la justice retenue Ă  la justice dĂ©lĂ©guĂ©e.
13 dĂ©cembre 1889L’arrĂȘt Cadot a mis fin au systĂšme du ministre-juge en reconnaissant au Conseil d’État une compĂ©tence gĂ©nĂ©rale sans dĂ©cision ministĂ©rielle prĂ©alable.
6 novembre 1936Dans l’arrĂȘt Arrighi, le Conseil d’État a consacrĂ© la thĂ©orie de la loi-Ă©cran en refusant d’annuler un rĂšglement d’application pour inconstitutionnalitĂ©.
28 juillet 1951Selon l’arrĂȘt Laruelle de l’AssemblĂ©e du Conseil d’État, l’administration condamnĂ©e pour une faute personnelle peut exercer une action rĂ©cursoire contre l’agent fautif.
30 septembre 1953Le dĂ©cret a créé les tribunaux administratifs, devenus les juridictions administratives de premiĂšre instance, tandis que le Conseil d’État est devenu juge d’appel.
31 dĂ©cembre 1987La loi a créé les cours administratives d’appel et fait du Conseil d’État le juge de cassation des dĂ©cisions rendues par ces cours.
16 fĂ©vrier 2009Depuis l’arrĂȘt SociĂ©tĂ© Atom du Conseil d’État, les sanctions administratives infligĂ©es aux administrĂ©s relĂšvent du recours de plein contentieux.

1. DĂ©finition et missions de l’administration

Notions clés & Définitions

  • Droit administratif : La branche du droit public qui rĂ©git l’administration, mĂȘme si celle-ci est parfois soumise au droit privĂ©.
  • Administration : ComposĂ©e de personnes morales publiques, notamment l’État, les collectivitĂ©s territoriales et les Ă©tablissements publics.
  • PrĂ©rogatives de puissance publique : Des pouvoirs particuliers permettant Ă  l’administration de faire prĂ©valoir l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral sur les intĂ©rĂȘts particuliers.
  • Service public : Une activitĂ© d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral exercĂ©e directement par une personne publique ou sous son contrĂŽle.

Astuce mémo

IntĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral → pouvoirs spĂ©cifiques → droit et juge administratifs

2. Services publics et leurs catégories

★ À maütriser

📌 Le SPA relĂšve du droit administratif et du juge administratif, tandis que le SPIC relĂšve principalement du droit privĂ© et du juge judiciaire.

📌 Tout service public est prĂ©sumĂ© ĂȘtre un SPA, mais cette prĂ©somption est renversĂ©e lorsque son objet, ses ressources et son fonctionnement le rapprochent d’une entreprise privĂ©e.

Compléments

  • Les trois critĂšres de l’arrĂȘt Union syndicale des industries aĂ©ronautiques du 16 novembre 1956 sont l’objet du service, l’origine de ses ressources et ses modalitĂ©s de fonctionnement.

  • L’arrĂȘt Bac d’Eloka a Ă©tabli que le service public ne constitue pas un critĂšre absolu de compĂ©tence du juge administratif, car les SPIC relĂšvent du droit privĂ© et des juridictions judiciaires.

Astuce mémo

SPA : droit administratif ; SPIC : droit privé

3. Police administrative et ordre public

Notions clés & Définitions

  • Police administrative : L’activitĂ© de l’administration destinĂ©e Ă  prĂ©venir les atteintes Ă  l’ordre public.

Points essentiels

  • Les trois composantes classiques de l’ordre public sont la sĂ©curitĂ© publique, la tranquillitĂ© publique et la salubritĂ© publique.

  • La jurisprudence a ajoutĂ© la moralitĂ© publique, sous rĂ©serve de circonstances locales particuliĂšres, et la dignitĂ© de la personne humaine, qui peut ĂȘtre protĂ©gĂ©e sans circonstances locales particuliĂšres.

📌 La police administrative prĂ©vient les troubles Ă  l’ordre public et relĂšve du juge administratif, tandis que la police judiciaire constate les infractions et engage les poursuites sous le contrĂŽle du juge judiciaire.

4. Instruments de l’action administrative

Notions clés & Définitions

  • Acte administratif unilatĂ©ral : Un acte juridique adoptĂ© unilatĂ©ralement par une autoritĂ© administrative afin de modifier l’ordonnancement juridique sans le consentement des administrĂ©s.
  • Contrat administratif : Un contrat conclu par une personne publique, soumis au droit administratif et relevant de la compĂ©tence du juge administratif.

★ À maütriser

  • Un acte rĂ©glementaire pose une rĂšgle gĂ©nĂ©rale et impersonnelle, tandis qu’un acte individuel s’applique Ă  une ou plusieurs personnes nommĂ©ment dĂ©signĂ©es.

Compléments

  • Dans un contrat administratif, la personne publique peut contrĂŽler et sanctionner son cocontractant, modifier ou rĂ©silier unilatĂ©ralement le contrat pour un motif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

Astuce mémo

Acte unilatéral imposé ; contrat négocié

5. ContrÎle de légalité administrative

Notions clés & Définitions

  • Principe de lĂ©galitĂ© : Impose que les actes de l’administration soient conformes Ă  l’ensemble des rĂšgles de droit qui leur sont supĂ©rieures.
  • IncompĂ©tence : Existe lorsqu’une autoritĂ© administrative prend une dĂ©cision dans un domaine, sur un territoire ou Ă  un moment ne relevant pas de sa compĂ©tence.
  • Vice de procĂ©dure : Consiste Ă  ne pas respecter une procĂ©dure prĂ©alable obligatoire, comme la consultation d’un organisme dĂ©terminĂ©.
  • DĂ©tournement de pouvoir : Consiste pour une autoritĂ© administrative Ă  utiliser ses pouvoirs dans un but diffĂ©rent de celui pour lequel ils lui ont Ă©tĂ© confĂ©rĂ©s.

Points essentiels

  • Les normes supĂ©rieures aux actes administratifs comprennent la Constitution et le bloc de constitutionnalitĂ©, les traitĂ©s internationaux et le droit de l’Union europĂ©enne, la loi et les principes gĂ©nĂ©raux du droit.

  • L’administrĂ© qui estime un acte administratif illĂ©gal peut former un recours pour excĂšs de pouvoir afin d’en demander l’annulation au juge administratif.

📌 La lĂ©galitĂ© externe concerne la maniĂšre dont une dĂ©cision administrative a Ă©tĂ© prise, tandis que la lĂ©galitĂ© interne concerne son contenu et sa conformitĂ© aux normes supĂ©rieures.

📌 Un vice de procĂ©dure est substantiel s’il a pu influencer le sens de la dĂ©cision ou s’il a privĂ© les intĂ©ressĂ©s d’une garantie.

📌 L’erreur de fait porte sur l’inexactitude matĂ©rielle des faits, tandis que l’erreur de qualification juridique porte sur l’apprĂ©ciation juridique de faits exacts.

📌 Le contrĂŽle restreint se limite Ă  l’erreur manifeste d’apprĂ©ciation lorsque l’administration dispose d’un pouvoir discrĂ©tionnaire, tandis que le contrĂŽle normal sanctionne toute erreur de qualification lorsque sa compĂ©tence est liĂ©e.

Astuce mémo

Constitution → traitĂ©s et UE → loi → PGD

6. Assouplissements et limites de la légalité

Notions clés & Définitions

  • Circonstances exceptionnelles : La thĂ©orie des circonstances exceptionnelles permet Ă  l’administration de prendre les mesures indispensables Ă  une situation grave, mĂȘme si elles auraient Ă©tĂ© illĂ©gales en temps normal, afin de prĂ©server l’ordre public et la continuitĂ© de l’État.
  • Actes de gouvernement : Des actes pris par des autoritĂ©s administratives dans les domaines politiques des relations entre pouvoirs publics ou des relations internationales, et qui Ă©chappent au contrĂŽle du juge administratif.

★ À maütriser

  • La thĂ©orie jurisprudentielle exige des circonstances d’une gravitĂ© suffisante, l’impossibilitĂ© de respecter la lĂ©galitĂ© ordinaire et des mesures indispensables au regard de la situation.

Compléments

  • Les trois rĂ©gimes textuels d’exception mentionnĂ©s sont l’état d’urgence, l’état de siĂšge et l’article 16 de la Constitution.

  • Les actes dĂ©tachables des relations internationales ou des relations entre pouvoirs publics sont contrĂŽlables par le juge administratif, leur caractĂšre dĂ©tachable Ă©tant apprĂ©ciĂ© au cas par cas.

7. Écrans normatifs et droit europĂ©en

Notions clés & Définitions

  • ThĂ©orie de la loi-Ă©cran : Interdit au juge administratif de contrĂŽler la constitutionnalitĂ© d’un rĂšglement d’application lorsque la loi qui le fonde s’interpose entre le rĂšglement et la Constitution.

Points essentiels

  • Dans l’arrĂȘt Arcelor du 8 fĂ©vrier 2007, le Conseil d’État contrĂŽle un dĂ©cret transposant une directive en recherchant d’abord si le principe constitutionnel invoquĂ© possĂšde un Ă©quivalent en droit de l’Union europĂ©enne.

Astuce mémo

Arrighi : loi-écran ; Arcelor : équivalence européenne

8. Principes du service public

Notions clés & Définitions

  • ContinuitĂ© du service public : Le principe de continuitĂ© impose qu’un service public fonctionne de maniĂšre continue et rĂ©guliĂšre, avec une intensitĂ© adaptĂ©e Ă  la nature du service.
  • ÉgalitĂ© devant le service public : Le principe d’égalitĂ© devant le service public impose l’égalitĂ© d’accĂšs et l’égalitĂ© de traitement entre les usagers, ainsi que la neutralitĂ© Ă  l’égard de leurs opinions.
  • MutabilitĂ© du service public : Le principe de mutabilitĂ© impose que le service public s’adapte aux Ă©volutions de la sociĂ©tĂ© et permet Ă  l’administration d’en modifier l’organisation, le fonctionnement, les tarifs ou de le supprimer.

9. Actes et contrats administratifs

Notions clés & Définitions

  • Droit souple : Les circulaires et les lignes directrices orientent les comportements ou encadrent les dĂ©cisions administratives sans imposer directement une obligation, mais certains actes de droit souple peuvent ĂȘtre contestĂ©s s’ils ont des effets notables.
  • ThĂ©orie du fait du prince : Ouvre au cocontractant d’une personne publique un droit Ă  la rĂ©paration intĂ©grale lorsque cette personne publique, agissant Ă  un autre titre que celui de partie au contrat, prend une mesure imprĂ©visible qui rend l’exĂ©cution plus onĂ©reuse.
  • Acte prĂ©paratoire : PrĂ©pare une dĂ©cision ultĂ©rieure sans modifier l’ordonnancement juridique et ne peut normalement pas faire l’objet d’un recours pour excĂšs de pouvoir.

Points essentiels

  • Un acte dĂ©cisoire modifie l’ordonnancement juridique en crĂ©ant des droits ou des obligations, tandis qu’un acte non dĂ©cisoire ne produit pas directement ces effets.

Astuce mémo

Décisoire : recours possible ; préparatoire : recours impossible

10. Dignité humaine et ordre public

★ À maütriser

  • Dans l’arrĂȘt Commune de Morsang-sur-Orge du 27 octobre 1995, le Conseil d’État reconnaĂźt que le respect de la dignitĂ© de la personne humaine est une composante de l’ordre public.

  • Le maire de Morsang-sur-Orge a lĂ©galement interdit un lancer de nain pourtant consenti et rĂ©alisĂ© dans des conditions de sĂ©curitĂ©, car cette activitĂ© portait atteinte Ă  la dignitĂ© humaine.

  • Une mesure de police administrative ne peut ĂȘtre prise que pour prĂ©venir une atteinte Ă  l’ordre public.

Compléments

  • L’arrĂȘt SociĂ©tĂ© Les Films Lutetia de 1959 avait ajoutĂ© la moralitĂ© publique Ă  l’ordre public, mais son invocation exigeait des circonstances locales particuliĂšres.

Astuce mémo

Atteinte Ă  la dignitĂ© → interdiction de police

11. Proportionnalité des mesures de police

★ À maütriser

  • Dans l’arrĂȘt Benjamin de 1933, le Conseil d’État a annulĂ© les deux arrĂȘtĂ©s du maire interdisant la confĂ©rence littĂ©raire de RenĂ© Benjamin Ă  Nevers.

📌 Une mesure de police n’est lĂ©gale que si elle est adaptĂ©e, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e au maintien de l’ordre public.

  • Le juge administratif vĂ©rifie successivement que la mesure permet d’atteindre le but poursuivi, qu’aucune mesure moins restrictive ne suffit et que l’atteinte portĂ©e aux libertĂ©s reste proportionnĂ©e.

Compléments

  • Depuis 2011, le juge administratif utilise ce triple test pour contrĂŽler la proportionnalitĂ© des mesures de police.

12. Voie de fait et compétence judiciaire

Notions clés & Définitions

  • Voie de fait : Consiste soit en une exĂ©cution forcĂ©e irrĂ©guliĂšre portant atteinte Ă  la libertĂ© individuelle ou entraĂźnant l’extinction d’un droit de propriĂ©tĂ©, soit en une dĂ©cision manifestement insusceptible d’ĂȘtre rattachĂ©e Ă  un pouvoir administratif produisant ces mĂȘmes effets.
  • LibertĂ© individuelle : DĂ©signe notamment la libertĂ© de mouvement et peut ĂȘtre supprimĂ©e par une arrestation ou une hospitalisation sans consentement.

★ À maütriser

  • L’arrĂȘt Bergoend du Tribunal des conflits du 17 juin 2013 a restreint la voie de fait aux atteintes Ă  la libertĂ© individuelle et Ă  l’extinction du droit de propriĂ©tĂ©.

  • En cas de voie de fait, le juge judiciaire est compĂ©tent, car l’administration est considĂ©rĂ©e comme sortie de ses prĂ©rogatives.

Compléments

  • Dans l’arrĂȘt Bergoend, l’implantation sans titre d’un ouvrage public sur le terrain d’une personne privĂ©e n’a pas Ă©teint son droit de propriĂ©tĂ© et ne constituait donc pas une voie de fait.

13. Recours pour excĂšs de pouvoir

Notions clés & Définitions

  • Recours pour excĂšs de pouvoir : Permet de demander au juge administratif l’annulation d’un acte administratif unilatĂ©ral illĂ©gal.

★ À maütriser

  • Le recours pour excĂšs de pouvoir est recevable principalement contre les actes administratifs unilatĂ©raux et non contre les contrats administratifs.

📌 Les actes prĂ©paratoires ne peuvent pas faire l’objet d’un recours pour excĂšs de pouvoir, tandis que certains actes de droit souple peuvent ĂȘtre contestĂ©s s’ils produisent des effets notables.

📌 Le requĂ©rant doit avoir un intĂ©rĂȘt Ă  agir, c’est-Ă -dire que l’acte doit faire grief Ă  sa situation et que son annulation doit pouvoir l’amĂ©liorer.

  • Le recours pour excĂšs de pouvoir doit ĂȘtre exercĂ© dans les deux mois suivant la publication d’un acte rĂ©glementaire ou la notification d’un acte individuel, conformĂ©ment Ă  l’article R421-1 du Code de justice administrative.

Compléments

📌 Si l’acte est illĂ©gal, le juge administratif l’annule rĂ©troactivement, ce qui supprime ses effets futurs et remet en cause ses effets passĂ©s.

14. Plein contentieux et responsabilité fautive

Notions clés & Définitions

  • Recours de plein contentieux : Permet au juge administratif de rĂ©former un acte, de lui substituer sa propre dĂ©cision ou de condamner l’administration Ă  verser une somme d’argent.
  • ResponsabilitĂ© pour faute : La responsabilitĂ© administrative pour faute suppose une faute de l’administration, un prĂ©judice subi par la victime et un lien de causalitĂ© entre la faute et le prĂ©judice.

★ À maütriser

  • Le recours de plein contentieux s’applique notamment au contentieux des contrats administratifs et de la responsabilitĂ© administrative.

  • La recevabilitĂ© du recours de plein contentieux suppose un droit personnel lĂ©sĂ©, le respect d’un dĂ©lai de deux mois et, en principe, la reprĂ©sentation par un avocat selon l’article R431-2 du Code de justice administrative.

📌 La faute de service rĂ©vĂšle un dysfonctionnement du service et engage la responsabilitĂ© de l’administration, tandis que la faute personnelle est imputable Ă  l’agent et engage en principe sa responsabilitĂ© devant le juge judiciaire.

📌 Le cumul de responsabilitĂ©s permet Ă  la victime de demander l’intĂ©gralitĂ© de la rĂ©paration Ă  l’agent ou Ă  l’administration lorsque le dommage rĂ©sulte d’une faute personnelle et d’une faute de service, ou d’une faute personnelle liĂ©e au service.

Compléments

  • Le plein contentieux concerne aussi les contentieux fiscal, Ă©lectoral, des droits sociaux et des sanctions administratives infligĂ©es aux administrĂ©s.

📌 Lorsque le dommage rĂ©sulte Ă  la fois d’une faute personnelle et d’une faute de service, l’administration peut demander Ă  l’agent le remboursement d’une partie de l’indemnitĂ©, tandis qu’une faute personnelle seule peut justifier le remboursement intĂ©gral.

15. Responsabilité administrative sans faute

Notions clés & Définitions

  • ResponsabilitĂ© sans faute : La responsabilitĂ© administrative sans faute peut ĂȘtre engagĂ©e sans faute de l’administration si la victime prouve un prĂ©judice et un lien de causalitĂ© avec l’activitĂ© administrative.
  • PrĂ©judice anormal et spĂ©cial : Un dommage d’une gravitĂ© suffisante qui ne touche qu’un nombre limitĂ© de personnes.

★ À maütriser

  • Les deux principaux fondements de la responsabilitĂ© administrative sans faute sont le risque et la rupture d’égalitĂ© devant les charges publiques.

  • La responsabilitĂ© pour risque impose Ă  l’administration de rĂ©parer un dommage liĂ© Ă  une chose ou une activitĂ© dangereuse, mĂȘme lorsqu’aucune faute ne peut lui ĂȘtre reprochĂ©e.

  • La rupture d’égalitĂ© devant les charges publiques peut engager la responsabilitĂ© de l’administration lorsqu’un acte administratif rĂ©gulier cause Ă  une personne ou Ă  un petit nombre de personnes un prĂ©judice anormal et spĂ©cial.

Compléments

  • L’utilisation d’armes Ă  feu par les services de police peut engager sans faute la responsabilitĂ© de l’administration envers un tiers victime d’une balle perdue, conformĂ©ment Ă  l’arrĂȘt Lecomte du 24 juin 1949.

  • L’administration doit rĂ©parer sans faute les dommages subis par ses collaborateurs, notamment les agents publics et les collaborateurs occasionnels, Ă  l’occasion d’activitĂ©s qu’elle leur fait exĂ©cuter, comme dans l’arrĂȘt Cames du 21 juin 1895.

  • La rupture d’égalitĂ© peut concerner des actes administratifs individuels, des rĂšglements, des lois ou des conventions internationales lorsqu’ils causent un prĂ©judice anormal et spĂ©cial.

Tableaux de synthĂšse

SPA et SPIC

CritĂšreSPASPIC
Droit applicableDroit administratifDroit privé
Juge compétentJuge administratifJuge judiciaire
FinancementPrincipalement fonds publicsPrincipalement redevances des usagers
FonctionnementAdministratifProche d’une entreprise privĂ©e

Police administrative et judiciaire

DimensionPolice administrativePolice judiciaire
FinalitéPrévenir les troublesConstater les infractions et poursuivre
MomentAvant le troubleAprùs l’infraction
Juge compétentJuge administratifJuge judiciaire

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1. Quelle est la fonction principale du droit administratif ?

2. Laquelle de ces entitĂ©s appartient Ă  l’administration en tant que personne morale publique ?

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

C'est la branche du droit public qui rĂ©git l’administration.

De quoi l’administration est-elle composĂ©e ?

De personnes morales publiques comme l’État, collectivitĂ©s territoriales et Ă©tablissements publics.

Que sont les prérogatives de puissance publique ?

Ce sont des pouvoirs particuliers permettant Ă  l’administration de faire prĂ©valoir l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

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