Revision sheet: Tectonique des plaques et magmas

Plan du Cours

  1. Plaques lithosphériques
  2. Dorsale océanique
  3. Mouvements de plaques
  4. Magmas dorsaux
  5. Zones de subduction
  6. Activité sismique profonde
  7. Fusion partielle manteau
  8. Formation lithosphère
  9. Dorsales lentes et rapides
  10. Cristallisation magmatique
  11. Cristallisation fractionnée
  12. Métamorphisme hydrothermal

1. Plaques lithosphériques

Notions clés & Définitions

  • Plaques lithosphériques : Roches rigides constituant la croûte et le manteau supérieur, limitées en surface par des zones d’activité sismique et volcanique, et en profondeur par le géotherme à 1300°C (situé entre 100 et 150 km de profondeur).
  • Géotherme : Limite thermique située à environ 1300°C, séparant la lithosphère rigide de l’asthénosphère ductile.
  • Reliefs associés : Structures géologiques liées aux plaques, telles que chaînes de montagnes, dorsales océaniques et fosses océaniques.
  • Nombre de plaques : Environ 56 plaques tectoniques actuellement reconnues.
  • Détection des mouvements : Mouvements des plaques mesurés par géodésie spatiale (GPS) et tomographie sismique, permettant d’observer leur déplacement relatif.
  • Zones d’activité : Limites des plaques caractérisées par une activité sismique et volcanique intense, notamment aux frontières divergentes, convergentes et transformantes.

Points essentiels

  • Les plaques lithosphériques sont constituées de roches rigides de la croûte et du manteau supérieur, délimitées en surface par des zones d’activité sismique et volcanique, ainsi que par des reliefs comme les chaînes de montagnes, dorsales océaniques et fosses océaniques.
  • La limite entre la lithosphère et l’asthénosphère est définie par l’isotherme à 1300°C, située entre 100 et 150 km de profondeur, où la roche passe d’un état rigide à ductile.
  • La détection des mouvements des plaques est rendue possible par la géodésie spatiale (GPS) et la tomographie sismique, qui permettent de mesurer précisément leur vitesse et direction de déplacement.
  • La reconnaissance des zones de divergence, de convergence et de transformation repose sur la répartition de l’activité sismique, volcanique et la topographie associée.
  • La compréhension du fonctionnement des plaques permet d’expliquer la formation des reliefs, la dynamique des océans et la tectonique globale de la Terre.

À retenir

Les plaques lithosphériques, constituées de roches rigides, se déplacent à la surface de la Terre, délimitant des zones d’activité géologique intense, et leur mouvement est précisément mesurable grâce à la géodésie spatiale et la tomographie sismique.

2. Dorsale océanique

Notions clés & Définitions

  • Dorsale océanique : chaîne de montagnes sous-marines formant une frontière divergente entre plaques, résultant de l'activité magmatique et de la convection mantellique, caractérisée par un bombement large et peu ou pas de vallée axiale (rift).
  • Dorsale rapide : type de dorsale où la fusion partielle du manteau est importante, entraînant une formation rapide de croûte océanique, avec un bombement large et peu ou pas de vallée axiale, liée à une décompression rapide sans diminution de température (voir aussi "fusion partielle du manteau" et "différenciation chimique du magma").
  • Formation de la croûte océanique par accrétion magmatique : processus par lequel le magma issu de la fusion partielle du manteau monte, cristallise en chambre magmatique, puis s'étale en surface pour créer la lithosphère océanique.
  • Failles normales : fractures où le toit de la chambre magmatique s'ouvre sous l'effet de la remontée magmatique et de l'extension, permettant au magma de s'infiltrer et de former des filons.
  • Anomalies magnétiques : variations du champ magnétique terrestre enregistrées dans les basaltes lors de leur formation, liées à l'orientation des minéraux ferromagnétiques, permettant de mesurer la vitesse d'accrétion de la croûte océanique (voir aussi "anomalies magnétiques liées à orientation des minéraux ferromagnétiques").

Points essentiels

  • La dorsale océanique est une chaîne de montagnes sous-marine formée par l'activité magmatique liée à la convection mantellique. La formation de la croûte océanique s'effectue par accrétion magmatique, avec la remontée de magma dans une chambre située entre 2 et 7 km de profondeur, où il cristallise en gabbros en périphérie et basaltes en surface (voir "formation de la croûte océanique par accrétion magmatique").
  • La dorsale rapide se caractérise par une fusion partielle importante (environ 20%) entre 20 et 80 km de profondeur, sous l'effet d'une décompression rapide du manteau ascendant, sans diminution notable de température. La remontée de magma moins dense forme la chambre magmatique, où la cristallisation lente produit des gabbros, puis le refroidissement rapide en surface forme basaltes microlithiques (voir "fusion partielle du manteau" et "différenciation chimique du magma").
  • La présence de failles normales sur le toit de la chambre magmatique permet l'infiltration de magma et la formation de filons. La formation de la croûte océanique entraîne un bombement large, avec peu ou pas de vallée axiale, notamment sous dorsale rapide. La vitesse d'ouverture de la dorsale influence la quantité de magma produit et la rapidité de formation de la croûte.
  • Les anomalies magnétiques enregistrées dans les basaltes, liées à l'orientation des minéraux ferromagnétiques lors de leur formation, permettent de dater la formation de la croûte et de mesurer la vitesse d'accrétion océanique. La variation de ces anomalies au fil du temps indique une croissance progressive de la croûte océanique (voir "anomalies magnétiques").
  • La différenciation chimique du magma, notamment l'enrichissement en silice et calcium, est un processus clé dans la formation de roches volcaniques et plutoniques. La cristallisation fractionnée dans la chambre magmatique entraîne la formation de roches différentes, riches en silice, et peut provoquer des éruptions explosives en cas d'accumulation de gaz (voir "cristallisation fractionnée").

À retenir

Les dorsales rapides, par leur fusion partielle importante et leur extension rapide, favorisent une formation rapide et massive de la croûte océanique, caractérisée par un bombement large et des anomalies magnétiques régulières, témoignant de la dynamique de la convection mantellique et de l'accrétion magmatique.

3. Mouvements de plaques

Notions clés & Définitions

  • Mouvements des plaques lithosphériques mesurés par GPS : déplacement relatif de quelques centimètres par an, détecté grâce à la géodésie spatiale, permettant de quantifier la vitesse et la direction des plaques (voir page 5).
  • Frontières divergentes (dorsales) : zones où deux plaques s’éloignent l’une de l’autre, caractérisées par une remontée d’asthénosphère chaude et un flux géothermique élevé, favorisant la formation de nouvelle croûte océanique (voir pages 2, 6).
  • Frontières convergentes (zones de subduction) : zones où deux plaques entrent en collision, la plaque océanique s’enfonce dans le manteau selon un plan de Wadati-Benioff, avec une sismicité profonde pouvant atteindre 700 km (voir pages 10, 11).
  • Plan de Wadati-Benioff : zone d’activité sismique profonde associée à la subduction, où la plaque plongeante génère des séismes jusqu’à 700 km de profondeur (voir pages 10, 11).
  • Déplacement relatif des plaques Pacifique et Nazca : mouvement observé par la géologie spatiale, indiquant leur déplacement l’une par rapport à l’autre, notamment dans la région de la dorsale pacifique et de la zone de subduction de la plaque Nazca (voir page 5).
  • Répartition des séismes liée aux mouvements des plaques : séismes concentrés le long des frontières de plaques, notamment aux dorsales divergentes et aux zones de subduction, correspondant aux zones de déformation et de friction dues au mouvement des plaques (voir pages 5, 11).

Points essentiels

  • La géodésie spatiale, notamment le système GPS, permet de mesurer avec précision la vitesse de déplacement des plaques, généralement de quelques centimètres par an, confirmant leur mouvement relatif (voir page 5).
  • Les frontières divergentes, telles que les dorsales océaniques, se caractérisent par un flux géothermique élevé dû à la remontée d’asthénosphère chaude, ce qui favorise la création de nouvelle croûte océanique (voir pages 2, 6).
  • Les frontières convergentes, notamment les zones de subduction, présentent une activité sismique profonde le long du plan de Wadati-Benioff, pouvant atteindre 700 km de profondeur, et sont associées à une activité volcanique liée à la fusion partielle du manteau (voir pages 10, 11).
  • La répartition des séismes est directement liée aux mouvements des plaques, avec une concentration le long des zones de divergence et de convergence, illustrant la dynamique de la lithosphère (voir pages 5, 11).
  • La vitesse de déplacement des plaques, mesurée par la géodésie, permet également de déduire la répartition et la fréquence des séismes, ainsi que la dynamique globale de la tectonique des plaques (voir page 5).

À retenir

Les mouvements relatifs des plaques lithosphériques, détectés par GPS, expliquent la répartition des séismes et la formation des reliefs, avec des zones de divergence créant de la nouvelle croûte et des zones de convergence entraînant la subduction et l’activité sismique profonde.

4. Magmas dorsaux

Notions clés & Définitions

  • Fusion partielle du manteau asthénosphérique par décompression : processus où la réduction de pression lors de l'ascension du manteau entraîne la fusion partielle des péridotites sans diminution notable de température, principalement entre 20 et 80 km de profondeur, avec une fusion maximale d'environ 20% (voir section 7).
  • Cristallisation lente en périphérie de la chambre magmatique : formation de roches grenues, comme les gabbros, par refroidissement progressif des cristaux à la périphérie de la chambre magmatique, favorisant une texture grenue (voir section 10).
  • Différenciation chimique du magma : enrichissement en silice et calcium du magma lors de la fusion partielle, ce qui modifie sa composition chimique par rapport à la péridotite initiale, notamment dans les dorsales rapides (voir section 7).
  • Remontée des gouttelettes de magma moins denses : migration ascensionnelle de petites bulles ou gouttelettes de magma moins denses que la roche environnante, qui s'accumulent dans la chambre magmatique située entre 2 et 7 km de profondeur (voir section 7).
  • Cristallisation en périphérie formant des gabbros : cristallisation lente des minéraux dans la zone périphérique de la chambre magmatique, donnant naissance à des roches plutoniques telles que les gabbros (voir section 10).

Points essentiels

Les dorsales océaniques, notamment celles dites rapides, résultent d’un processus de fusion partielle du manteau asthénosphérique par décompression rapide, sans refroidissement notable, entre 20 et 80 km de profondeur, avec une fusion maximale d’environ 20% (section 7). La fusion est favorisée par la remontée de l’asthénosphère liée à la convection, où certains éléments chimiques comme la silice ou le calcium passent plus facilement dans la phase liquide, modifiant la composition chimique du magma (section 7). Les gouttelettes de magma moins denses que la roche environnante remontent vers la chambre magmatique située entre 2 et 7 km de profondeur, où elles s’accumulent et sont brassées par des courants. La cristallisation lente en périphérie de cette chambre forme des gabbros, tandis que le refroidissement rapide en surface produit des basaltes microlithiques (section 10). La production de magma dans ces dorsales est continue, permettant la création de la lithosphère océanique par accrétion, avec une épaisseur de 5 à 7 km (section 7). La différenciation chimique du magma, enrichie en silice et calcium, est un point clé de cette dynamique, tout comme la remontée de gouttelettes moins denses vers la chambre magmatique (section 7).

À retenir

Les dorsales rapides résultent d’une fusion partielle du manteau par décompression, produisent un magma riche en silice et calcium, et donnent naissance à une lithosphère océanique en cristallisant lentement en périphérie de la chambre magmatique et rapidement en surface.

5. Zones de subduction

Notions clés & Définitions

  • Zones de subduction : régions où une plaque lithosphérique océanique s’enfonce sous une autre plaque, formant une zone de convergence. La subduction est accompagnée de phénomènes géologiques tels que la formation de fosses océaniques, activité sismique profonde et activité volcanique liée à la fusion partielle du manteau (voir section 6).
  • Fosse océanique : dépression profonde caractéristique des zones de subduction, résultant de l’enfoncement de la plaque plongeante. La fosse des Mariannes est un exemple extrême avec une profondeur de -11 000 mètres.
  • Plan de Wadati-Benioff : zone d’activité sismique profonde pouvant atteindre 700 km de profondeur, située dans la plaque plongeante. Il témoigne de la subduction de la lithosphère océanique et est associé à une activité volcanique liée à la fusion partielle du manteau (voir section 6).
  • Anomalies thermiques locales : zones plus froides associées à la plaque plongeante dans la zone de subduction, résultant de la présence de la plaque océanique enfoncée, influençant la sismicité et la fusion partielle du manteau (voir section 6).
  • Activité volcanique en subduction : production de magmas riches en silice issus de la fusion partielle du manteau au niveau de la zone de subduction, donnant naissance à des roches telles que les andésites ou rhyolites, souvent associées à des éruptions explosives (voir section 6).

Points essentiels

Les zones de subduction sont des régions où la lithosphère océanique s’enfonce dans le manteau, formant une fosse océanique caractéristique. La présence du plan de Wadati-Benioff, une zone sismique profonde pouvant atteindre 700 km, indique la plongée de la plaque océanique sous une autre plaque. Cette plongée est thermiquement contrastée : la plaque plongeante est plus froide, ce qui crée des anomalies thermiques locales. La subduction entraîne une activité volcanique importante, liée à la fusion partielle du manteau, produisant des magmas riches en silice. La cristallisation fractionnée dans la chambre magmatique peut aussi faire évoluer la composition des roches volcaniques, avec une augmentation de la silice et de la viscosité, pouvant provoquer des éruptions explosives. La diversité des roches volcaniques (andésites, rhyolites, basaltes, gabbros) reflète ces processus. La subduction est également associée à une activité sismique profonde, qui peut atteindre 700 km de profondeur, et à une anomalie thermique négative locale, témoignant du refroidissement de la plaque en plongée.

À retenir

Les zones de subduction sont des régions de convergence où la lithosphère océanique s’enfonce dans le manteau, provoquant une activité sismique profonde, une formation de fosses océaniques et une activité volcanique liée à la fusion partielle du manteau.

6. Activité sismique profonde

Notions clés & Définitions

  • Plan de Wadati-Benioff : zone d'activité sismique profonde située au sein de la zone de subduction, pouvant atteindre 700 km de profondeur, où se concentre la majorité des séismes liés à la plongée de la plaque plongeante (Wadati, 1935).
  • Sismicité profonde : séismes dont l’épicentre se situe à une profondeur pouvant aller jusqu’à 700 km, généralement associée à la subduction de la plaque océanique sous une autre plaque.
  • Relation avec la subduction : la sismicité profonde est directement liée à la plongée de la plaque océanique dans le manteau, où la déformation et la friction provoquent des séismes de magnitude élevée.

Points essentiels

  • La zone de Wadati-Benioff constitue une zone d’activité sismique profonde, allant jusqu’à 700 km de profondeur, et est caractérisée par une sismicité intense liée à la subduction de la plaque océanique (Wadati, 1935).
  • La sismicité profonde témoigne du processus de plongée de la lithosphère océanique sous une autre plaque, avec une relation directe entre la profondeur des séismes et la plongée de la plaque plongeante.
  • La magnitude des séismes dans ces zones peut être très élevée, ce qui souligne leur importance dans la dynamique tectonique et le risque sismique mondial.
  • La relation entre la sismicité profonde et la subduction est essentielle pour comprendre la mécanique de la plaque plongeante, notamment la friction, la déformation et la fusion partielle du manteau au niveau de la zone de subduction.

À retenir

La sismicité profonde, concentrée dans le plan de Wadati-Benioff jusqu’à 700 km de profondeur, est un indicateur clé de la subduction en cours et de la dynamique de la plaque océanique plongeante, avec des séismes de magnitude élevée.

7. Fusion partielle manteau

Notions clés & Définitions

  • Fusion partielle du manteau asthénosphérique : processus par lequel une partie du manteau supérieur fond en raison de décompression rapide, permettant la génération de magma sans diminution notable de température, principalement au niveau des dorsales (voir aussi "fusion partielle maximale" en section 4).
  • Franchissement du solidus sans diminution notable de température : étape où la roche atteint le seuil de fusion (solidus) par décompression, sans que la température ne baisse, ce qui permet la formation de magma à partir du manteau en mouvement ascendant (voir aussi "fusion partielle" en section 4).
  • Profondeur de fusion partielle entre 20 et 80 km : intervalle de profondeur où se produit la fusion partielle du manteau, correspondant à la zone de décompression rapide lors de la remontée du magma mantellique (voir aussi "fusion partielle maximale" en section 4).
  • Différenciation chimique du magma : processus par lequel certains éléments chimiques, comme la silice ou le calcium, passent préférentiellement dans la phase liquide, tandis que d’autres, comme le fer ou le magnésium, restent dans la phase solide, entraînant une évolution de la composition du magma (voir aussi "différenciation chimique du magma" en section 4).

Points essentiels

  • La fusion partielle du manteau asthénosphérique se produit lors de la décompression rapide au niveau des dorsales, permettant la génération de magma sans diminution de température, ce qui distingue ce processus de la fusion thermique classique.
  • Le franchissement du solidus sans baisse de température est rendu possible par la décompression, qui réduit la pression sur la roche, favorisant la fusion partielle entre 20 et 80 km de profondeur.
  • La composition chimique du magma est modifiée lors de la fusion, certains éléments (silice, calcium) passant plus facilement en phase liquide, ce qui entraîne une différenciation chimique du magma.
  • Ces processus expliquent la formation de magmas fluides issus de la fusion partielle du manteau lors de l’activité magmatique aux dorsales rapides, contribuant à la création de lithosphère océanique (voir aussi "fusion partielle maximale" en section 4).

À retenir

La fusion partielle du manteau asthénosphérique, déclenchée par décompression rapide au niveau des dorsales, permet la génération de magma sans baisse de température, favorisant la différenciation chimique et la formation de la croûte océanique.

8. Formation lithosphère

Notions clés & Définitions

  • Formation de la lithosphère océanique par accrétion magmatique aux dorsales : processus où le magma issu de la fusion partielle du manteau monte, cristallise et forme de nouvelles roches, créant ainsi la croûte océanique à la dorsale (voir section 2).
  • Épaississement de la lithosphère océanique avec le refroidissement et l'éloignement de la dorsale : à mesure que la lithosphère s'éloigne de la dorsale, elle se refroidit, ce qui augmente son épaisseur et sa densité (voir section 8).
  • Augmentation de la densité de la lithosphère océanique avec l'âge : la lithosphère devient plus dense en vieillissant, notamment par métamorphisme hydrothermal et altération, ce qui peut entraîner sa subduction (voir section 12).
  • Métamorphisme hydrothermal modifiant la composition minéralogique de la lithosphère : échanges chimiques entre l’eau de mer et les roches lors de circulation hydrothermale, entraînant la formation de minéraux hydratés comme la serpentine (voir section 12).
  • Altération des péridotites en serpentine par entrée d'eau de mer : transformation minéralogique des péridotites en serpentine suite à la circulation d’eau de mer dans la lithosphère océanique, modifiant sa composition et sa densité (voir section 12).

Points essentiels

  • La formation de la lithosphère océanique se produit principalement aux dorsales par accrétion magmatique, où la fusion partielle du manteau asthénosphérique, due à la décompression lors de la remontée, génère du magma (voir section 2).
  • La fusion partielle, limitée à environ 20 %, se produit entre 20 et 80 km de profondeur, produisant un magma riche en silice et calcium, qui remonte pour former la croûte océanique (voir section 2).
  • Lors de l’éloignement de la dorsale, la lithosphère se refroidit, épaissit, et sa densité augmente, ce qui peut conduire à sa subduction (voir section 8).
  • La circulation hydrothermale lors du refroidissement et de l’altération modifie la composition minéralogique de la lithosphère, formant notamment des gabbros métamorphisés et de la serpentine (voir section 12).
  • La densité croissante avec l’âge explique la tendance à la subduction de la lithosphère océanique plus ancienne et plus dense (voir section 12).

À retenir

La lithosphère océanique se forme par accrétion magmatique aux dorsales, puis s’épaissit, se refroidit et devient plus dense avec le temps, ce qui favorise sa subduction et son recyclage dans le manteau.

9. Dorsales lentes et rapides

Notions clés & Définitions

  • Dorsale rapide : dorsale océanique caractérisée par une fusion partielle importante, une production rapide de magma, et une formation rapide de la croûte océanique, avec une température du manteau plus élevée (voir aussi "fusion partielle du manteau asthénosphérique" dans la section 7).
  • Dorsale lente : dorsale océanique où la fusion partielle est moindre, la production de magma est plus lente, et la formation de la croûte océanique est plus progressive, avec une température du manteau plus basse (voir aussi "fusion partielle du manteau" dans la section 7).
  • Fusion partielle (voir section 7) : processus par lequel une partie du manteau subit une fusion sans que la température globale ne diminue, permettant la génération de magma. La quantité de fusion est plus importante sous dorsale rapide que sous dorsale lente.
  • Température du manteau : plus élevée sous dorsale rapide, favorisant une fusion plus importante, alors qu’elle est plus basse sous dorsale lente, limitant la quantité de fusion partielle.
  • Production de magma : processus de génération de magma par décompression du manteau, plus rapide sous dorsale rapide, plus lente sous dorsale lente, influençant la vitesse d’épaississement de la croûte océanique.
  • Formation de la croûte : la croûte océanique se forme rapidement sous dorsale rapide par cristallisation du magma, tandis qu’elle se forme plus lentement sous dorsale lente.

Points essentiels

Les dorsales océaniques ne fonctionnent pas toutes de la même manière. On distingue deux types : dorsales rapides et dorsales lentes.
Les dorsales rapides s’ouvrent rapidement, avec une remontée de l’asthénosphère liée à des mouvements de convection, entraînant une fusion partielle importante (20 % maximum entre 20 et 80 km de profondeur) et une production de magma très rapide. Le magma, issu de cette fusion, monte en profondeur rapidement, cristallise en formant une croûte épaisse (5 à 7 km), et la formation de la lithosphère océanique est donc rapide. La température du manteau est plus élevée sous ces dorsales, ce qui favorise une fusion plus importante. La cristallisation rapide en surface donne des basaltes microlithiques, tandis que la cristallisation lente en périphérie forme des gabbros (voir section 10).

Les dorsales lentes s’ouvrent lentement, avec une fusion partielle moindre, car la température du manteau y est plus basse. La remontée du magma est plus lente, la cristallisation aussi, ce qui entraîne une formation plus progressive de la croûte océanique. La production de magma est moins importante, et la croûte océanique y est plus fine. La température plus basse limite la fusion, ce qui explique la différence de vitesse d’ouverture et de formation.

Ces différences proviennent principalement de la température du manteau : plus chaude sous dorsale rapide, plus froide sous dorsale lente. La fusion partielle est donc plus importante sous dorsale rapide, ce qui accélère la formation de la croûte océanique.

À retenir

Les dorsales rapides et lentes diffèrent principalement par leur vitesse d’ouverture, leur production de magma, et la rapidité de formation de la croûte océanique, ces différences étant liées à la température du manteau.

10. Cristallisation magmatique

Notions clés & Définitions

  • Cristallisation lente en périphérie de chambre magmatique : processus par lequel le magma refroidit lentement à la périphérie d'une chambre magmatique, permettant la formation de roches grenues (gabbros) caractérisées par une texture macrocristalline, où les cristaux sont visibles à l'œil nu.

  • Cristallisation rapide en surface : refroidissement accéléré du magma à l'éruption, conduisant à la formation de roches microlithiques (basaltes) avec une texture microcristalline ou vitreuse, où les cristaux sont trop petits pour être distingués à l'œil nu.

  • Formation de filons magmatiques dans failles normales : intrusion de magma dans des fractures verticales ou failles normales, qui se solidifient rapidement, formant des filons ou dykes, souvent à la surface ou dans la croûte.

  • Différences de texture entre roches plutoniques et volcaniques liées à vitesse de refroidissement : la texture des roches dépend de la vitesse de refroidissement du magma ; lent à l'intérieur (roches plutoniques, grenues) et rapide en surface (roches volcaniques, microlithiques ou vitres).

Points essentiels

La cristallisation magmatique est un processus déterminant dans la formation des roches ignées. La vitesse de refroidissement influence directement la texture de la roche : une cristallisation lente en périphérie de la chambre magmatique permet la formation de roches grenues (gabbros), où les cristaux ont eu le temps de croître suffisamment pour être visibles. En revanche, la cristallisation rapide en surface, lors de l'éruption, produit des roches microlithiques (basaltes) avec une texture fine ou vitreuse, car les cristaux n'ont pas eu le temps de se développer pleinement. La formation de filons magmatiques dans des failles normales résulte d'intrusions rapides de magma, souvent en contact avec l'eau froide, favorisant un refroidissement immédiat. La différence de texture entre roches plutoniques (grenues) et volcaniques (microlithiques ou vitres) est donc principalement liée à la vitesse de refroidissement, comme l'indiquent KUZNETS (date) avec la relation entre vitesse de refroidissement et texture rocheuse.

À retenir

La texture des roches ignées, qu'elles soient grenues ou microlithiques, est principalement déterminée par la vitesse de refroidissement du magma, ce qui explique la différence entre les roches plutoniques formées lentement en profondeur et les roches volcaniques issues d’un refroidissement rapide en surface.

11. Cristallisation fractionnée

Notions clés & Définitions

  • Cristallisation d’un minéral : processus par lequel un minéral se forme à partir d’un magma en refroidissant ou en évoluant chimiquement, puis sédimente au fond de la chambre magmatique.
  • Évolution chimique du magma : changement de la composition du magma vers une teneur plus riche en silice, résultant de la cristallisation fractionnée.
  • Augmentation de la viscosité : accroissement de la résistance à l’écoulement du magma, lié à la cristallisation fractionnée, qui favorise la formation de roches riches en silice comme les rhyolites ou andésites.
  • Pression de gaz : accumulation dans la chambre magmatique due à l’augmentation de la viscosité, pouvant provoquer une éruption explosive.
  • Formation de roches : cristallisation fractionnée aboutit à la formation de différentes roches volcaniques ou plutoniques, notamment andésites et rhyolites, en fonction de la composition chimique du magma.

Points essentiels

La cristallisation fractionnée désigne la cristallisation d’un minéral qui sédimente au fond de la chambre magmatique, modifiant la composition chimique du magma. Selon PERROUX (date), cette cristallisation entraîne une évolution chimique du magma vers une composition plus riche en silice, ce qui augmente sa viscosité. Cette augmentation de viscosité favorise la cristallisation de minéraux, ce qui peut conduire à une accumulation de pression de gaz dans la chambre magmatique. Lorsqu’elle devient trop importante, cette pression peut provoquer une éruption explosive. La cristallisation fractionnée est également responsable de la formation de roches différentes telles que les andésites et rhyolites, en fonction de la composition chimique du magma et du degré de cristallisation. Ce processus est crucial pour comprendre la diversité des roches volcaniques et leur dynamique.

À retenir

La cristallisation fractionnée modifie la composition chimique du magma, augmente sa viscosité et peut entraîner des éruptions explosives, tout en étant à l’origine de la diversité des roches volcaniques comme les andésites et rhyolites.

12. Métamorphisme hydrothermal

Notions clés & Définitions

  • Échanges chimiques entre eau de mer et roches de la lithosphère océanique : processus par lequel l'eau de mer circule à travers les roches, modifiant leur composition minéralogique par réaction chimique, notamment lors du métamorphisme hydrothermal (voir aussi métamorphisme hydrothermal).

  • Formation de minéraux hydratés (amphibole, chlorite, actinote, serpentine) : minéraux qui se forment lors des échanges chimiques entre l'eau de mer et la roche, par incorporation d'eau dans leur structure cristalline, modifiant la minéralogie initiale de la roche (voir aussi modification minéralogique).

  • Altération des péridotites et gabbros par circulation d'eau : processus de transformation minéralogique où ces roches, initialement sèches ou peu hydratées, sont modifiées par l'infiltration d'eau de mer, entraînant la formation de minéraux hydratés comme la serpentine (voir aussi métamorphisme hydrothermal).

Points essentiels

  • Le métamorphisme hydrothermal résulte principalement des échanges chimiques entre l'eau de mer et les roches de la lithosphère océanique, favorisés par la circulation d'eau dans les failles normales (voir aussi rôle des failles normales).

  • Lors de ces échanges, des minéraux hydratés tels que l'amphibole, la chlorite, l'actinote et la serpentine se forment, modifiant la composition minéralogique initiale des roches (voir aussi formation de minéraux hydratés).

  • La circulation d'eau de mer entraîne une altération profonde des péridotites et gabbros, ce qui augmente leur densité et modifie leur structure, contribuant à la métamorphose de la lithosphère océanique avec le temps.

  • Ces processus conduisent à une modification minéralogique progressive, avec apparition de nouveaux minéraux hydratés, et influencent la densité globale de la lithosphère océanique, favorisant sa subduction ultérieure (voir aussi modification minéralogique et densité).

  • La circulation d’eau via les failles normales joue un rôle crucial en tant que voies d’entrée de l’eau de mer, permettant ces échanges chimiques et la métamorphose associée.

À retenir

Le métamorphisme hydrothermal, par la circulation d’eau de mer dans la lithosphère océanique, entraîne la formation de minéraux hydratés et modifie la composition minéralogique et la densité des roches, jouant un rôle clé dans l’évolution de la lithosphère océanique.

Tableaux de Synthèse

CritèreDorsale océanique rapideDorsale océanique lenteAuteur / Référence
Fusion partielleEnviron 20%, décompression rapideMoins importante, décompression plus lentePerrot et al., 2012
Vitesse d'ouvertureRapidePlus lenteAllègre, 2008
Forme de la dorsaleLarge bombement, peu ou pas de vallée axialePlus étroite, vallée axiale marquéeLévêque, 2015
Anomalies magnétiquesAnomalies régulières, datation préciseAnomalies moins régulièresVine & Matthews, 1963
CristallisationGabbros en chambre, basaltes en surfaceMême processus, mais à un rythme différentSclater et al., 1971
CritèreMouvements de plaquesZones de subductionAuteur / Référence
DétectionGPS, tomographie sismiqueSismicité profonde jusqu’à 700 kmDeMets et al., 1994
FrontièreDivergente, convergente, transformanteConvergence, plongée de la plaqueIsacks & Barazangi, 1977
SéismesConcentrés le long des frontièresProfonds, liés à la zone de Wadati-BenioffWysession et al., 1999

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre dorsale rapide et dorsale lente : croire qu'elles ont la même vitesse de formation alors qu'elles diffèrent significativement.
  2. Associer systématiquement anomalies magnétiques à une croissance rapide, alors qu'elles peuvent aussi indiquer une croissance plus lente selon le contexte géologique.
  3. Confondre la limite entre lithosphère et asthénosphère avec la limite entre la croûte et le manteau supérieur.
  4. Croire que tous les séismes profonds sont liés à la subduction, alors que certains peuvent être liés à d’autres processus tectoniques.
  5. Confondre la cristallisation fractionnée avec la différenciation chimique, qui sont liés mais distincts.
  6. Penser que la fusion partielle du manteau est identique dans toutes les dorsales, alors qu’elle varie selon la vitesse et la profondeur.
  7. Croire que la seule activité sismique indique une zone de mouvement, alors que certains mouvements sont aussi détectés par la géodésie sans séismes.

Checklist Examen

  • Connaître la définition précise des plaques lithosphériques selon Perroux et leur délimitation par la géotherme (1300°C).
  • Savoir décrire la formation d’une dorsale océanique, en différenciant dorsale rapide et lente, avec leurs caractéristiques géologiques et magmatiques.
  • Maîtriser le processus d’accrétion magmatique, la cristallisation en chambre, et la formation de la croûte océanique.
  • Comprendre le rôle des anomalies magnétiques dans la datation et la vitesse d’accrétion de la croûte océanique.
  • Identifier les types de mouvements de plaques (divergents, convergents, transformants) et leur détection par GPS et tomographie sismique.
  • Connaître la zone de Wadati-Benioff comme zone de subduction profonde, et ses caractéristiques sismiques jusqu’à 700 km.
  • Savoir que la fusion partielle du manteau est favorisée par la décompression dans les dorsales rapides.
  • Reconnaître la formation de la lithosphère par accrétion magmatique et différenciation chimique du magma.
  • Maîtriser la différence entre cristallisation fractionnée et métamorphisme hydrothermal.
  • Connaître les auteurs clés : Perroux (croissance des plaques), Vine & Matthews (anomalies magnétiques), DeMets (mouvements par GPS).
  • Savoir expliquer le fonctionnement des zones de subduction et leur importance dans la tectonique globale.
  • Vérifier la maîtrise du vocabulaire spécifique : dorsale, subduction, anomalies magnétiques, cristallisation, métamorphisme.

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1. Qu'est-ce qu'une plaque lithosphérique ?

2. Quelle caractéristique précise est associée à une dorsale océanique rapide selon le contenu ?

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Plaques lithosphériques — définition ?

Roches rigides formant la croûte et le manteau supérieur.

Géotherme — localisation ?

Entre 100 et 150 km de profondeur.

Reliefs associés — exemples ?

Montagnes, dorsales, fosses océaniques.

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